Coucou ! C'est Lily avec le chapitre 9, intitulé « Retour à la vie ? » ! Je suis vraiment désolée, j'ai eu un petit contre-temps qui m'a empêchée de publier hier…pour me faire pardonner, je publierai le prochain chapitre en avance !
Je voudrais vous remercier pour vos reviews cette fois plus nombreuses que ce à quoi je suis habituée :)
Oliverkriss : et oui, Bucky est réveillé…ça risque de ne pas être easy pour lui dans les prochains chapitres…quant à Clint et Pietro, je savoure la lente progression entre eux, niark ! Ils ne sont pas au bout de leur peine...avec l'entrée en scène de nouveaux protagonistes dans ce chapitre ;) Je précise que mon correcteur orthographique a renommé Wanda, Panda, et que par conséquent il est probable que j'en laisse s'échapper quelques uns ! x) Ce n'est pas volontaire ! Merci pour ta review :)
KoreanChocolate : je suis navrée de t'avoir faite pleurer :/ Mais je suppose que ça veut dire que ma fic te fait de l'effet, ce qui est positif x) Pour les commentaires -constructifs ou non, ils font plaisir pareil-, ne t'en fais pas, mieux vaut tard que jamais ! Par curiosité, c'est quoi, « un bout de temps » ? Oui, je l'admets, j'en ai fais baver à Bucky…et c'est pas fini ! Sorry…tu auras encore matière à m'engueuler au cours des prochains chapitres…en tout cas, tu devrais reviewer plus souvent, tes commentaires sont très rafraîchissants :) Merci !
Charliestone : oui…rude…et ça risque de ne pas aller mieux tout de suite pour Bucky et même entre les deux…mais comme je l'ai dis, je ne suis pas très portée sur les fins tristes x) ! Quant à Pietro et Clint…chaque chose en son temps dirons-nous… Merci pour ton commentaire :D
Val : pas un, pas deux, mais TROIS reviews, dis-donc ! Je suis gâtée ! Pour la peine j'ai vraiment honte de publier en retard. Merci beaucoup pour ces commentaires :) J'espère que la suite te plaira !
AshButterfly : la tristesse ne sera que passagère ! Je suis très contente que ma fic te plaise :) j'essaye de monter quelque chose de cohérent pas à pas :) ton commentaire me fait plaisir…c'est vrai que j'aime bien ajouter des détails :3 parfois peut-être un peu trop…en tout cas, j'espère que la suite va te convenir ! Merci encore pour ta review !
Sur ce, bonne lecture !
TTTTTTTTTTTTTTTT
Un champ de coton. Il était immergé dans un champ de coton. C'était doux, moelleux. Il y était étonnamment bien, lui qui pourtant détestait les périodes d'inaction prolongées. Là, tout son corps était environné de coton et il n'y trouvait rien à redire. Ce qui était étrange, c'était que son esprit aussi. Il se sentait vaseux. La soudaine conscience de ce fait amena la conscience d'autres détails. Il faisait noir. Noir et cotonneux. Mais il savait comment régler ce problème de luminosité, il l'avait déjà fait la veille, et l'avant-veille, et encore celles d'avant. Ses paupières papillonèrent, aggressées par une lumière pourtant douce. C'était désagréable de revenir à la vie.
TTTTTTTTTTTTTTTT
Le réveil avait été dur pour les jumeaux, ce lundi matin. Il était temps de retourner à l'université, car ils avaient tous les deux cours tôt dans la matinée. Cependant, aucun n'en avait vraiment envie. Ils avaient peiné à se lever, s'était préparés sans entrain, et avaient quitté en traînant des pieds leur appartement douillet pour affronter les premiers frimats du mois de septembre, qui s'étirait vers octobre. En sortant, ils avaient croisé les enfants Barton, qui avaient égaillé un bout de leur chemin.
Ce ne fut donc pas de gaieté de coeur qu'ils arrivèrent à l'université, parmi d'autres étudiants plus ou moins enthousiastes. Wanda ne ratait jamais un cours, même si l'envie n'y était pas. Quant à Pietro, même si cela ne l'enchantait pas, il devait honorer sa part du contrat conclu avec Clint. Il avait vraiment besoin d'un coach, et même s'il ne savait pas ce que valait l'ancien militaire de ce côté-là, il se disait qu'il valait mieux essayer. Alors il jouait le jeu. Il allait en cours. Cela allait être ennuyeux au possible. Mais il allait en cours.
Il embrassa sa sœur avant de se diriger vers le bâtiment où se déroulaient la majeure partie de ses cours, ruminant intérieurement une mauvaise humeur mal réveillée. Lorsqu'il entra dans la salle, à une heure tout à fait acceptable, qui plus était, car il était à l'heure comme tout le monde, on lui jeta des regards vaguement surpris. Cela l'agaça.
« -Ben alors, Blanche-Neige ? On ne joue plus au cancre ? Lui lança un jeune homme brun lorsqu'il passa devant lui.
Pietro le fixa bêtement, ne le remettant pas tout de suite. Il finit par se rappeler que ce n'était pas la première fois qu'on l'appelait Blanche-Neige, et que ce type-là lui était vaguement familier. Soudain, lumière. C'était le type à côté duquel il s'était assis le mardi précédent, en cours d'anatomie. Pietro s'était agacé de tout connaître, et avait soupiré un peu trop bruyamment, s'attirant un commentaire de ce mec… « Mini-Hulk ». C'était ainsi qu'il l'avait appelé lorsqu'il avait répliqué -pauvrement, certes- à son « Blanche-Neige ». Ne voulant pas donner à Mini-Hulk l'occasion de le ridiculiser en le contrant par une répartie plus originale, il ravala sa verve et son accent agacé, et l'ignora superbement.
Il alla s'asseoir dans le fond, là où on le laisserait tranquille. Une vingtaine de minutes plus tard, ses doigts pianotaient déjà sur son pupitre. Ennuyé, il assistait à un cours d'Histoire du sport, alors qu'il savait déjà de quoi il était question. Connaissant déjà les pendants et aboutissants du chapitre au programme ce matin-là, il considéra un instant de sécher ce cours-là et d'affirmer à Clint qu'il y avait bien assisté. Cet espoir soudain dura peu de temps, car son téléphone vibra à cet instant précis. C'était Clint. Ce mec était omniprésent. Pietro déchanta en vitesse. L'ancien marins lui demandait de lui envoyer une photo de la salle pour avoir une preuve que le Sokovien était bien en cours. Le jeune homme soupira. Le quadragénaire ne plaisantait pas. Il se résigna à s'ennuyer, et nota dans un coin de sa tête qu'il lui faudrait apporter de la lecture pour passer le temps.
TTTTTTTTTTTTTTTT
Il était assis dans le train, du côté de la fenêtre. Son regard tourné vers l'extérieur était dans le vague. Il ne voyait rien de New York, coquettement illuminée de rose et de orange, ou des immeubles indécemment grands, et semblables. Le paysage lui était indifférent, car ses yeux étaient déjà pleins d'autres images. S'y reflétaient des souvenirs des heures qui avaient précédé son départ. Son amant dans leur lit, endormi. Une tasse brisée sur le sol de la cuisine. Le bord des rideaux à peine auréolé du bleu cobalt de la fin de la nuit. Les yeux bleus. Les grandes mains. La chaleur si intense d'un coeur amoureux, qu'elle en devenait visible. Son sac fait, à côté du canapé.
Une envie de pleurer le prit soudain. Pas un spasme de crocodile, ou une poussée d'émotion suscitée par un beau film. Non. Sa gorge nouée, son coeur glacé. De peur et d'amour. Il considéra un instant de sortir du train, avant de se rappeler que le serpent de métal était en mouvement, que c'était un train direct, et que le prochain arrêt serait Chicago. Il déglutit plusieurs fois pour raisonner le nœud dans sa gorge et les frissons vides dans sa poitrine. Mais tout aussitôt, son corps entier se contracta de nouveau. Le train était pris d'un immense tremblement. Incompréhensible. Une fin du monde. Il s'agrippa à son siège, sans comprendre, comme un lapin pris au piège se débat sans savoir qu'il lui sera impossible de s'en défaire.
Il s'accroche à son fauteuil. Le wagon est violemment secoué. Un épouvantable vacarme retentit soudain. Une plainte inhumaine de métal qui se rompt. Un choc. Une embardée. Le wagon dévalle. La vitre vole en éclat. Il se protège vainement de ses bras.
Un hurlement.
Et soudain, l'univers a changé. Il est dans une pièce blanche, lumineuse. L'air est sain, mais aseptisé. Au mur un calendrier annonce un lundi de septembre. Il s'est redressé presque avec violence, la bouche vibrante de son cri de terreur. Soudain, une grande main sur son flanc, sur sa nuque, dans ses cheveux. Soudain, une voix douce à ses oreilles. Soudain des yeux bleus dans les siens.
Steve. Steve qui le prend dans ses bras pour l'apaiser.
Un cauchemar.
Bucky se mit à pleurer.
TTTTTTTTTTTTTTTT
Satisfait, Clint jeta un coup d'oeil à la photographie que Pietro venait de lui envoyer. Elle montrait une salle assez grande, vue du fond. Elle était vieille, un peu décrépie, avec des tables et des sièges en bois usé, mais encore utilisables. Il y avait pas mal d'étudiants dans ce cours-là, dont une bonne part de gros bras, le genre quarterback qui mettait plus d'énergie dans le jeu que dans l'étude. Le genre que devait détester Pietro, se dit Clint.
Il reconnu, projeté au mur, un power point sur un chapitre d'Histoire du sport. Il vérifia sur l'emploi du temps que le jeune homme lui avait donné à sa demande, et oui, c'était bien à ce cours-là que Pietro était censé être à cet horaire précis, le lundi matin. Pour l'instant, le gamin respectait sa part du marché. L'ancien marins ne savait pas combien de temps cela durerait, et se préparait à lui coller aux baskets pour être bien sûr qu'il ne fasse pas l'école buissonière.
Il lui renvoya un sms.
9h01 : Bien sûr, tu me montreras tes notes. Ça m'intéresse.
La réponse ne se fit pas attendre.
9h02 : Nan mais t'es sérieux ? T'es sûr que t'es un ancien marins ? Tu serais pas plutôt un ancien du KGB ?
9h03 : Prend des notes, gamin.
9h03 : Je connais le contenu de ce cours, l'ancêtre.
9h06 : Pas moi. Note.
9h07 : Tu m'emmerdes.
9h10 : Je suis ton coach. C'est mon boulot.
9h14 : Ah, maintenant, c'est un métier à part entière ? Mais comment je te paye moi ? En nature ?
9h16 : Tu aimerais bien. Tu me payes en m'empêchant de m'ennuyer.
9h24 : Qui aimerait bien quoi ? Donc c'est moi que tu emmerdes pour t'empêcher de t'emmerder ?
9h31 : T'as tout compris, petit. Allez, au charbon.
9h32 : Ouais ouais
9h35 : Je ne plaisante pas.
9h37 : TU VAS ME LAISSER SUIVRE CE COURS EN PAIX, OUI ?
Clint haussa un sourcil surpris en lisant cette réponse, avant de lâcher un petit rire. Pietro était vraiment un drôle de personnage.
TTTTTTTTTTTTTTTT
Bucky regardait silencieusement par la fenêtre. Il n'avait pas dis un mot depuis qu'il s'était réveillé en sursaut une heure plus tôt. Encore un cauchemar. A chaque fois, un long silence suivait son réveil. Steve comprenait, il ne cherchait pas à le forcer. Il se contentait de rester là, de veiller sur lui. Des cernes ourlaient ses yeux. Un pli soucieux barrait son front. Il avait assuré à Sarah qu'il était temps qu'elle aille prendre du repos, qu'il veillait sur leur Bucky. Mais et lui ? Quand donc comptait-il prendre du repos ?
C'était ce que Bucky se demandait de loin en loin. Il avait du mal à conserver des pensées cohérentes et continues. Son cerveau grouillait de flashs, de réflexions décousues, de questions effrayantes et saugrenues. Il ne savait plus où il en était. Il savait qu'il avait perdu son bras. Son bras gauche. Il savait qu'une partie de sa vie était finie. Définitivement. Plus jamais il ne danserait.
Il ne savait pas quoi en penser. Il ne ressentait plus rien. Rien qu'un grand vide. Qu'une lassitude inouie. Il voulait dormir. Dormir encore. Il voulait disparaître. Disparaître sans faire de vagues. S'évanouir lentement, s'effacer. Juste histoire qu'on le laisse tranquille. Qu'on le laisse comprendre qu'une partie de lui avait été arrachée avec son bras. Que la vie qu'on lui avait rendue avait été amputée de moitié. Il était danseur. Il s'était toujours considéré ainsi. S'il n'était plus danseur, alors qu'était-il ? Que pouvait-il bien être ? Que voulait-il… ?
Il n'osait pas regarder Steve. Il n'osait pas le regarder parce que ce qu'il avait déjà vu dans son doux regard bleu et amoureux, c'était les réponses aux questions qu'il se posait. Des réponses violentes, cruelles. Il ne savait pas s'il avait envie de connaître ces réponses.
Il voulait juste que Steve cesse de le regarder.
TTTTTTTTTTTTTTTT
Comme tous les matins, Sam se leva de bonne heure. Il avait mal dormi. Cela ne l'empêcha pas de se lever tôt. Il lui était de toute façon impossible de rester au lit après une certaine heure. Les restes de la discipline militaire, sans doute. Il s'étira lestement, comme un chat. Comme chaque matin, il fit craquer ses articulations, son dos, son cou. C'était sa façon de se remettre en marche, de chasser les derniers lambeaux de sommeil qui lui collaient à la peau. Ainsi, sans hâte mais fermement, il se leva, secoua ses couvertures, fit son lit impeccablement. Ce rituel lui permit d'éclaircir ses esprits. Il prit une douche brève, petit-déjeuna, et s'habilla pour son sport matinal. Il ne sortirait pas courir ce matin-là, car il manquait de temps, mais il ferait au moins quelques pompes et tractions.
A peu près une heure plus tard, il était en route pour son travail. Certes, ce n'était pas exactement un métier dans le sens propre du terme, car il était bénévole…mais c'était une occupation essentielle pour lui. Pour remplir ses journées trop longues de retraité de l'armée. Ainsi, trois jours sur sept, il travaillait dans une association de soutien aux anciens combattants. Les grands blessés, les traumatisés de guerre, les retraités, égarés par leur retour à la vie civile. Sam savait ce que c'était, pour l'avoir vécu. Il ne s'en vantait pas.
A la place, il travaillait sur sa propre expérience pour guider d'autres anciens de l'armée. Cette occupation s'était avérée salutaire pour lui. Il avait quitté l'armée quelques années auparavant. Les pires années de sa vie. Ce retour à la vie civile avait été une des choses les plus douloureuses qu'il avait pu vivre, car le départ de l'armée s'était fait dans de tragiques conditions. Son meilleur ami était mort dans une embuscade. Riley avait sauvé la vie de Sam en faisant rempart de son corps. Sam avait du attendre deux ans avant de refaire une nuit complète. Il lui arrivait encore de faire des cauchemars.
A présent, pour donner un sens, peut-être, à cette vie creuse sauvée par Riley, il donnait de son temps, trois jours par semaine, pour permettre à d'autres de ne pas errer comme lui avait pu le faire. Il avait voulu en donner beaucoup plus, au début, avant de se rendre compte que se crever à la tâche de lui amènerait pas la paix, ne lui ramènerait pas Riley, que ces moments de bénévolat n'étaient en aucun cas un retour à la vie militaire. Non, elles étaient un pont pour un voyage sans retour, loin de cette vie de discipline et de camaraderie qu'il avait appris à aimer, malgré sa dangerosité. Oui, Sam avait eut du mal à comprendre que lorsque l'on quitte l'armée, même si l'on reste militaire dans l'âme, c'est définitif.
Par une triste analogie, l'accident de Bucky lui avait rappelé la mort de Riley. Le danseur ressemblait beaucoup par certains côtés à son ami disparu. Il était enjoué, taquin, séducteur, mais profondément gentil et tout à fait sincère dans sa façon de se comporter avec les autres. Sam l'avait tout de suite apprécié, lorsqu'il l'avait rencontré, avec son Steve. Ils avaient tissé une amitié qui avait aidé Sam à reconstruire une partie de lui, cette partie de son âme ébréchée par la mort de Riley. En vérité, il avait été terrorisé à l'idée de perdre Bucky, cet ami cher qui, sans avoir vécu ce qu'il avait pu connaître, le comprenait, l'écoutait, l'aidait. Les deux hommes avaient même développé ensemble un projet qu'ils avaient prévu de proposer prochainement à l'association. Il s'agissait, en associant les talents de Bucky et l'expérience de Sam, de redonner confiance aux grands blessés par le biais de la danse.
Avec une pointe de tristesse, Sam ne put s'empêcher de se dire que, peut-être, en l'état actuel des choses, ce projet ne verrait jamais le jour.
TTTTTTTTTTTTTTTT
« -Eh ! Blanche-Neige !
-C'est pas vrai, marmonna Pietro, il va jamais me lâcher, celui-là…
-Eh ! Mais attends-moi !
Excédé, le jeune Sokovien jeta un coup d'oeil à sa montre, avant de se retourner vers l'importun. D'ici une dizaine de minutes, il serait en retour à son cours d'athlétisme de 14h. L'autre Mini-Hulk avait intérêt à être efficace. Car c'était bien le jeune homme brun qui accourait vers lui, suivi d'un autre, un peu plus grand que lui. Avec surprise, Pietro constata que Mini-Hulk arborait un sourire sincère et sympathique.
« -Excuse-moi, tu as cours d'athlétisme, n'est-ce pas ? Demanda gaiement le jeune homme. Ça fait plusieurs fois que le prof appelle ton nom en début de cours, et que tu es absent.
-Tu m'as fais m'arrêter simplement pour me rappeler que je suis un cancre ? Grogna Pietro.
-Hey, mec, relax, contra Mini-Hulk. Je crois qu'on est parti sur de mauvaises bases, toi et moi. T'as l'air d'un mec plutôt sympa en vrai…enfin, pas quand tu fais cette tête-là…
-Viens-en au fait, lâcha le Sokovien, de plus en plus agacé.
-Je m'appelle Johnny, le coupa le jeune homme en lui tendant la main, Johnny Beegood.
-Tu...tu te fous de ma gueule ? Pouffa soudain Pietro.
-Non. Tu vois, on est quitte, répondit Johnny avec un demi-sourire agacé. Et toi ? Je suppose que tu ne t'appelles pas Blanche-Neige ?
-Pietro. Pietro Maximoff, répondit le jeune homme en souriant cette fois franchement et serrant la grosse paluche de Johnny.
-Enchanté Pietro. Et navré pour le surnom stupide.
-T'inquiète, on est quitte pour ça aussi. Je t'appelais Mini-Hulk.
-Sérieusement ?
-Je trouve que ça te va plutôt bien, rit le jeune homme qui l'accompagnait.
-T'Challa !
Le Sokovien lança alors un regard plus approfondi au grand black qui était arrivé avec Johnny. Il était un peu plus grand que lui, d'une demi-tête, alors que Pietro n'était déjà pas petit. Ses vêtements assez prêts du corps laissaient deviner un corps athlétique, rompu à l'exercice, aux muscles élastiques et bien développés. Rien d'excessif, tout dans la mesure et les bonnes proportions. Il avait un beau visage, aux traits altiers, et un port de tête qui soulignait l'éclat particulier de ses yeux. Il émanait de lui une certaine bienveillance, et une intelligence silencieuse. Pietro se rendit compte que T'Challa l'observait avec autant de minutie qu'il le faisait lui-même. Gêné, il entreprit de se présenter.
« -Salut.
-Hello, sourit T'Challa en dévoilant des dents très blanches. T'Challa Tchakson. Enchanté, ajouta-t-il en lui tendant une main que Pietro serra.
-Pareil, renchérit le Sokovien.
-J'aime ton accent, lui dit franchement le jeune homme, d'où viens-tu ?
-T'Challa ! Excuse-le, il est plutôt direct comme mec…
-Ne t'inquiète pas, ça ne me gêne pas, rit Pietro. Je viens de Sokovie.
-Vraiment ? S'étonna T'Challa.
-Tu connais ? S'étonna encore plus le coureur.
-Oui, j'ai eu l'occasion de m'y rendre durant des vacances.
-Oh…ce n'est pas exactement le lieu que je choisirais pour des vacances, en ce qui me concerne, grimaça Pietro.
-Bon allez les filles, trève de bavardages ! Les interrompit Johnny. Nous allons être en retard !
TTTTTTTTTTTTTTTT
Le lendemain soir, comme prévu, Wanda fut chez les Barton. Comme convenu avec Clint, elle s'était reconvertie en baby-sitter pour les enfants Barton, pendant que leur père se rendait à sa première nuit de travail, comme ce serait le cas tous les mardis et jeudis soirs. Pour ses premières nuits d'absence, Clint avait préféré que Wanda reste avec eux toute la nuit, afin de rassurer les enfants -cet argument avait suscité l'exaspération de Cooper, 15 ans, qui avait répliqué que c'était plutôt pour le rassurer lui, leur père. En tout cas, l'ancien Marins avait voulu s'assurer que cela ne dérangeait pas la jeune femme, qui lui avait assuré que non. De toute façon, le mercredi, elle commençait tard, et en profitait pour bien avancer dans son travail le mardi soir. Cela l'arrangeait, en fin de compte. Et si cela pouvait rassurer Clint en prime, pourquoi s'en priver ? Bien sûr, cela, elle ne l'énonça pas à voix haute, pour ménager l'amour propre du père de famille.
Plus tard, quand Clint se serait fait à l'idée, Wanda ne passerait plus que la soirée avec les enfants, ainsi que le coucher, et attendrait une heure ou deux pour voir s'ils dormaient bien, avant de retourner chez elle. Cooper aurait le numéro de Wanda pour appeler au moindre problème, et la jeune femme dormirait sur une oreille. De toute façon, Clint rentrait sur le coup des 5h du matin, ce qui constituerait de courtes nuits.
En attendant, Wanda s'était aménagé un petit espace douillet pour la nuit, dans le canapé du salon des Barton, large et confortable. Les enfants étaient déjà couchés depuis plusieurs heures, mais la jeune femme était toujours penchée sur son travail. Minuit sonnèrent à la belle horloge de Laura. Wanda travailla encore plusieurs dizaines de minutes avant d'apposer un point final au travail qu'elle devait rendre en fin de semaine. Encore un travail sur Lacan. Dès qu'elle avait le choix pour un exposé ou une dissertation, elle le choisissait, trouvant le personnage fascinant et ses études passionnantes.
Elle eut un instant d'absence rêveuse, le stylo suspendu au-dessus de sa feuille. Maintenant que son esprit n'était plus accaparé par son travail, et qu'il s'autorisait à vagabonder comme à son habitude, il se dirigeait naturellement vers un autre individu, tout aussi fascinant, et pas moins mystérieux et hermétique que les travaux lacaniens. A ce jour, la Sokovienne le reconnaissait, et même, s'en agaçait, Paul Bettany restait une énigme pour elle. Vision. Ou quel que soit le nom qu'on pouvait ben lui donner. Cet homme la fascinait, exerçait sur elle un étrange pouvoir d'attraction dont il ne semblait pas avoir le moindre soupçon.
Ils s'étaient croisés de nouveau ce matin-là, à la bibliothèque de l'Université, au rayon psychanalyse. Cette fois, plongée dans ses pensées, elle avait failli lui marcher dessus. A la place, elle avait trébuché en cherchant à l'éviter, et avait manqué chuter droit dans les étagères. Elle n'avait échappé à un carambolage généralisé de livres et d'étagères que grâce aux excellents réflexes du jeune professeur, qui en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, s'était redressé de sa position assise et l'avait rattrapée dans ses bras. Le geste, tout à fait instinctif, mais pas moins intime, car elle échoua tout contre son torse, les laissa tous les deux rouges et bafouillants. Après cela, Paul Bettany avait tout simplement pris la fuite, la laissant pantoise au milieu des livres ouverts.
Elle ne l'avait revu que plus tard, lorsqu'elle se dirigeait vers la sortie avec son frère, harassé par des cours qu'il n'avait plus l'habitude de suivre. Vision s'était soudain approché d'elle, sous le regard soupçonneux du Sokovien agacé. Sans faire grand cas du jeune homme, il lui avait proposé de boire un café. Gênée, elle lui avait proposé de reporter au lendemain, car il lui fallait rentrer chez elle. Son demi-refus avait eut l'air de sécher Paul Bettany sur place. Lorsqu'elle avait tenté de le relancer pour le lendemain, il avait marmonné quelque chose d'incompréhensible et avait de nouveau fuit. Purement et simplement.
Avec agacement, Wanda rassembla les différents feuillets noircis d'encre de son devoir, les rangea soigneusement dans une pochette plastifiée, et tenta d'oublier cet étrange personnage entre les pages d'un roman de Dickens. Une heure du matin sonnante la trouva endormie dessus, un léger sourire aux lèvres.
TTTTTTTTTTTTTTTT
Voilà pour ce chapitre 9. Un retour à la vie un peu pataugeant et tâtonnant pour les habitants de l'immeuble…Un Bucky qui ne sait plus trop où il en est, un Steve dans le même état, un Pietro qui retourne en cours et…fait des rencontres, une Wanda et un Bettany qui jouent à suis-moi je te fuis…
Au prochain épisode, entre autres, début de l'entraînement de Pietro, convalescence de Bucky, and more...
N'oubliez pas de me donner votre avis sur le chapitre 9, et prochain rendez-vous samedi ! Bisoux !
