La force des enfants

— Je vous préviens, si vous tentez quoi que ce soit… menaça Arthur.

— Vous n'y pourrez rien, rétorqua froidement Vamp-la-Soif. Mais je vous assure que je ne veux aucun mal à Harry.

Arthur soupira et finit par toquer à la porte de la maison que Barthelemy avait évitée en venant. Un homme vint leur ouvrir. Il avait des cheveux blancs, mi-long, et souffrait d'un léger strabisme.

— Ah ! Arthur, tu viens chercher tes enfants ? demanda-t-il avant d'apercevoir Barthelemy. Merlin ! Serait-ce… ?

— Xenophilius, dit Arthur en toussotant. Je vais ramener les petits chez nous, il n'y a plus de danger.

Le visage de l'homme aux cheveux blancs montra clairement qu'en ne répondant pas à sa question, Arthur confirmait indirectement ses doutes. Il finit toutefois par les laisser entrer ses yeux – même celui qui se dirigeait vers son nez – ne quittèrent pas un seul instant Barthelemy de vue. Le vampire s'agaça très vite de l'indiscrétion de cet homme.

— Bon sang, mais qu'est-ce que cela sent ? demanda Arthur en grimaçant.

— Oh, c'est juste une concoction pour éloigner les Cresphornius.

— Qu'est-ce ? ne s'empêcha pas de demander Vamp-la-Soif, levant un sourcil.

— Des petites créatures invisibles assez vilaines d'apparence, répondit le sorcier. Elles ont tendance à rendre avariée toute la nourriture qu'elle croise. En fait, elles se nourrissent de leur saveur.

De sa vie de vampire, jamais Vamp-la-Soif n'entendit parler de telles créatures. Il s'évita la peine de demander comment le sorcier pouvait bien déterminer l'apparence des « Cresphornius » si celles-ci étaient invisibles. Il laissa rapidement tomber l'idée d'y réfléchir plus longtemps.


— Vous voulez quoi ?

Sa voix s'étrangla vers la fin. Barth sentit la tension monter d'un cran. Le sorcier montrait tous les signes d'un homme prêt à perdre son sang froid. Sans doute sa nature de vampire l'aidait à se retenir un peu.

— Je veux reprendre Harry avec moi, affirma Barthelemy d'une voix ferme et déterminée.

— Reprendre Harry ? répéta Arthur Weasley. Comment ça « reprendre » Harry ?

— C'est une longue histoire.

— J'aime les longues histoires, ironisa sèchement le sorcier.

Vamp-la-Soif narra comment il trouva l'enfant, l'amena chez lui, le fit soigner et sauver par le docteur Maladre. Il expliqua aussi pourquoi il avait finalement changé d'avis et comment il avait retrouvé sa trace. Le sorcier ne l'interrompit pas une seule fois mais laissa comprendre, à travers des expressions du visage et des soupirs d'agacement, qu'il n'était pas vraiment convaincu.

— Laissez-moi au moins voir l'enfant, demanda Barthelemy. Et vous verrez qu'il me reconnaîtra. Il était conscient lorsque je l'ai amené chez moi. Il saura qui je suis.

— Il est hors de question que je vous laisse en présence du petit, rétorqua Arthur. Écoutez, malgré toute ma volonté – et je vous assure que j'essaie –, comment voulez-vous que je vous crois ?

— Qu'importe la manière, répondit Barthelemy. Je suis là pour Harry, et je ne repartirai pas sans le voir.

— Mais pourquoi lui ? Pourquoi pas un autre ?

— Parce que c'est justement lui.


On ne peut pas dire qu'il avait juste suffi de raconter son histoire. Arthur n'avait aucune preuve que le vampire disait vrai et quand il essaya de joindre le docteur Maladre par cheminée, celui-ci resta introuvable. Si Arthur supposa avec humeur que le médecin était à son travail, une étrange intuition avait parcouru l'esprit de Barthelemy. L'image et les paroles d'Emilien avant le départ lui revenant en mémoire.

— Papa ! s'écria une petite fille, rouquine, qui alla se blottir dans les bras de son père aussi vite que ses petites jambes le lui permirent.

Rapidement, toute une flopée d'enfants et d'adolescents – roux – se joignirent au côté d'Arthur Weasley. Ils avaient tout âge mais certainement pas plus âgé que dix-sept ans pour l'aîné, un adolescent à l'air plutôt rebelle qui l'observa avec nonchalance et défi.

Et puis, il arriva. Plus réservé que les autres, il jeta un coup d'œil vers le sorcier et enfin, il le regarda, lui. Harry écarquilla les yeux. Barthelemy s'empêcha de respirer. De toute façon, il n'en avait guère le besoin. Arthur guetta la réaction des deux avec appréhension, sa main caressant sa baguette magique, prêt à réagir.

Harry s'avança timidement pour aller se réfugier dans les pans du long manteau noir qui recouvrait la maigre silhouette de Barthelemy. Vamp-la-Soif fut bien moins expansif. Ce n'était pas vraiment de la timidité, juste un certain embarras. Il finit tout de même par se pencher pour prendre l'enfant dans ses bras. A côté d'eux, Arthur semblait de plus en plus nerveux. C'était le moment fatidique, l'instant de vérité. S'était-il trompé en suivant les conseils de Dumbledore ?


— Que dois-je faire professeur ? demanda Arthur par la cheminée en jetant un bref coup d'œil vers l'escalier, des fois que le vampire viendrait guetter sa conversation. Il n'en démord pas et je ne peux rien faire contre lui. En plus… c'est étrange mais une partie de moi voudrait croire en sa sincérité… pourtant, je sais bien, c'est un… (il baissa d'un ton) vampire !

Le directeur de Poudlard ne parut pas le moins du monde étonné, ou même inquiété. Il avait les mains croisées sur son ventre et sa longue barbe argentée. Ses yeux cachés derrière des lunettes en demi-lune exprimaient un étrange ravissement.

— Arthur, mon ami, je crains que la seule chose raisonnable à faire est d'accorder à ce vampire sa requête, finit-il par dire.

— Professeur, c'est…

— Je connais l'histoire de ce vampire, l'interrompit gentiment Albus Dumbledore. Mon ami, Théodore Maladre m'a grand parlé de lui et de ce qu'il a fait pour Harry, et je puis vous confirmer que ce vampire dit vrai. C'est bel et bien lui qui a sauvé l'élu et qui l'a confié au soin de mon ami.

— Si vraiment ce qu'il m'a confié est vrai, comment pourrions-nous cependant lui faire confiance ? Malgré tout, il n'en reste pas moins un vampire ! Et Harry, un enfant !

— Arthur, Harry n'est pas un enfant ordinaire, poursuivit le directeur. Loin de là. Encore aujourd'hui, il attire les convoitises et la haine de certains. Je pense qu'il mérite d'être protégé. J'ai observé ce vampire, répondant au nom de « Vamp-la-Soif », et je peux vous dire qu'il n'est pas non plus un vamp ordinaire…

— Quand bien même, il n'en reste pas moins un démon !...

— Arthur, laissez-le voir l'enfant. Vous vous rendrez compte vous-même de ce qu'il convient de faire. J'ai confiance en votre jugement et je sais que vous ferez le bon choix. Je conçois cependant qu'il vous faudra savoir réagir dans le cas où mon jugement nous induirait en erreur. J'ai là quelques artifices qui pourront vous aider à vous défendre si cela s'avérait nécessaire…


Arthur observait la scène. Ses enfants étaient rentrés chez eux. Ils se trouvaient à présent dans le salon du Terrier. Molly n'osait pas entrer dans la pièce et ne cessait de le menacer : s'il ne se débarrassait pas immédiatement du vampire, elle ferait scandale. Et Merlin lui était témoin qu'il préférait ne pas s'attirer le courroux d'aucun car sa femme, comme le vampire, avait de sacrés arguments pour l'inquiéter. Pourtant, il ne se résolut pas à interrompre l'échange du couple étrange que formaient le vampire et l'enfant. Il y avait autour d'eux une étrange aura comme si les deux venaient de la même famille. Ils dégageaient la même intensité. Et le regard du vampire était pas moins brûlant que celui de l'enfant qui ne lâchait plus sa main. Ils discutaient à voix basse de quelconque histoire.

Le sorcier ne savait pas quoi faire. Il sentait bien qu'à présent, il allait être difficile de séparer les deux êtres mais il ne parvint pas à se convaincre de laisser le vampire emporter l'enfant même si Albus Dumbledore semblait lui faire confiance.

Finalement, comme la nuit s'avançait, Harry s'endormit sur les genoux du vampire. Celui-ci le souleva et s'approcha d'Arthur qui n'avait pas quitté la pièce. Il lui tendit l'enfant.

— Je ne peux pas rester plus longtemps, il faut que je reprenne des forces…

A cette évocation, Arthur fronça les sourcils, comprenant très bien ce que cela sous-entendait. Il récupéra néanmoins l'enfant.

— Prenez soin de l'enfant, affirma Vamp-la-Soif. Je reviendrai le voir…

Arthur referma la porte derrière le vampire avec soulagement, l'enfant dormant dans ses bras. Il alla le coucher et rejoindre sa femme pour la rassurer. Néanmoins, elle ne le resta pas longtemps car, comme Barthelemy l'avait dit, le vampire revint voir Harry tous les soirs, pour une partie de la nuit. Puis il s'en allait, sûrement pour chasser, pensa Arthur.

Cela dura pendant un mois et demi. Quand Septembre arriva, les adolescents les plus âgés firent leur rentrée à l'école de sorcellerie et les plus jeunes restaient suivre les cours donnés par leur perceptrice en journée. Ils avaient l'interdiction de parler des visites du vampire mais les deux jumeaux, de loin les plus énergiques, s'amusaient souvent à jouer au loup et au vampire, ce qui avait le don d'exaspérer leur mère dont les nerfs arrivaient à bout.

Durant plusieurs jours, Arthur sembla très distrait au boulot, sans compter les cernes qui ne cessaient de s'agrandir et de se faire remarquer si bien que son supérieur l'incita à prendre quelques jours de repos. Il le refusa. Chez lui, il ne cessait de se disputer silencieusement avec sa femme qui désapprouvait les allées et retours du vampire. Elle l'incitait à demander de l'aide, à en parler au bureau. Elle n'arrêtait pas de le menacer que cela ne pouvait pas durer, que le vampire finirait par tous les tuer, si ce n'était en se nourrissant d'eux mais surtout, en les épuisant.

Pourtant, Arthur ne parvenait pas à faire ce qui aurait été le plus normal, c'est-à-dire prévenir les autorités. Plus il observait le vampire en compagnie d'Harry, plus il se rendait compte que Vamp-la-Soif n'était pas le monstre qu'on aurait pu croire.

Et puis, un soir que Barthelemy s'apprêtait à repartir après avoir passé deux heures auprès d'Harry, Arthur l'accompagna à l'extérieur. Il resta un moment silencieux avant de se lancer.

— Harry est un enfant remarquable, commenta-t-il en guise d'introduction. Il est sage, attentionné et attentif. Molly et moi n'avons rien à lui redire et on s'est très vite attaché à lui. Les enfants l'adorent et il se plait chez nous. Je voudrais savoir pourquoi… il hésita un instant, mesurant l'indiscrétion de sa question autant que sa nécessité : pourquoi tenez-vous tant à le voir ? à vouloir le garder près de vous ? à le protéger tandis que votre nature vous inciterait plutôt au contraire ?

Le vampire ne répondit pas immédiatement. Il prit même de la distance avec Arthur, semblant se perdre dans ses pensées. Sa peau pâle réfléchissait la lumière de la lune à demi-pleine. Arthur remarqua alors que l'homme qu'était le vampire avant sa transformation devait s'approcher des trente ans. Mais ses traits jeunes ne cachaient pas la vieillesse que son regard exprimait. Arthur nota ainsi la similitude de Vamp-la-Soif avec le petit Harry. Le garçon comme le vampire possédait des yeux envoûtant. Mais à la différence du premier, le second possédait dans les siens les multiples traces d'un passé qui ne semblait pas très joyeux.

— Il y a… la voix du vampire s'éleva dans la pénombre, faisant sursauter Arthur qui ne s'y attendait plus. Il y a très longtemps, quand j'étais encore en vie, j'habitais en France où j'avais passé toute mon enfance. Je suis venu en Angleterre à l'âge de dix-huit ans pour y rencontrer mon épouse qui était la promise que mes parents m'avaient désignée à la naissance. Après mon mariage, je me suis installé ici, non loin de la ville où ses parents habitaient je ne voulais pas lui priver de ses proches en l'amenant en France. Nous étions heureux. Nous le sommes devenus plus encore le jour où ma tendre femme mit au monde un garçon. Mon fils. Il s'appelait Nataniel. Je le vis grandir pendant dix années entières. Malheureusement, s'occuper d'une famille, élever un enfant, pour ma part, cela signifiait également travailler dur pour lui permettre de vivre une vie décente et avoir un avenir assuré dans la société anglaise…

La société du temps de Barthelemy était dure et cruelle, bien plus que dorénavant, et même si les familles de sang pur sorcières essayaient de maintenir le système, ce n'était plus tout à fait pareil.

— Pour cela, je me suis beaucoup absenté, et mon enfant a fini par grandir sans moi pendant ces dix années… Et puis, vint la révolte. Et je ne parle pas d'une révolte de moldus, de révolution ou d'une guerre comme il en arrivait souvent à cette période. Non, c'était d'une révolte des créatures magiques. Une guerre de clans. Un seigneur noir, différent de celui-dont-vous-ne-prononcez-pas-le-nom, en profita pour semer la terreur. A ce qu'on sait, il n'avait pas l'intention d'occuper le pouvoir. Tout ce qui l'intéressait, c'était de voir les forces se s'inverser dans un chaos terrible. C'est par son arrivée que tout s'est vraiment joué. Il s'appelait…

— Archibald Goodheart, devina Arthur. Nous, nous l'avions étudié à Poudlard, se pressa-t-il de rajouter alors qu'il se rendit compte qu'il venait de couper la parole au vampire.

Vamp-la-Soif acquiesça d'un signe de tête.

— Quoiqu'il en soit, il arriva à convaincre les lycanthropes à se joindre à la partie, poursuivit-il. Bien sûr, ça n'a pas plu aux vamps qui décidèrent de se mêler au jeu et de s'organiser une partie de chasse spéciale… Dès lors, la vie devint infernale pour tout le monde, riches ou pauvres, car les moldus – dont je faisais encore partie – ignoraient tout de ce qui les attaquait. On crut à la malédiction, à une punition divine, les plus fanatiques se mirent à chasser « la sorcière » sans même avoir une simple idée de comment différencier les vrais des faux.

Il y eut un silence glacial pendant lequel le vampire sembla vibrer d'émotion.

— Eleanor, ma tendre épouse, fut l'une d'elle.

La voix du vampire s'étouffa dans ce qui s'apparentait à un sanglot mais les larmes ne coulèrent guère sur les joues de Barthelemy. Arthur, touché par l'histoire, et inquiété par la tension qui animait le vampire, n'osa prononcer un mot, ni même lui demander en quoi, malgré tout, cela avait un rapport avec Harry.

— Quand ils m'ont enlevé ma femme, je n'ai rien pu faire pour la sauver, reprit Vamp-la-Soif. Je suis devenu fou de rage. C'était injuste je ne croyais pas du tout en cette abomination ! Ma femme, une sorcière ? Elle n'avait jamais fait de mal à personne, elle était douce, aimable et attentionnée… elle me ruinait à force d'aider nos voisins, nos amis, et même nos serviteurs… J'ai décidé de me venger.

» J'ai laissé mon fils à ma belle-famille et je suis parti à la recherche d'un groupe de rebelles, comme nous les appelions vu notre ignorance quant à leur réelle nature. J'ai cherché longtemps et puis j'ai fini par trouver un groupe. Mais quand je les ai vus, ils étaient en pleine action et là, j'ai compris. J'ai compris qui ils étaient. J'ai voulu faire marche arrière et fuir. Malheureusement, l'un deux m'a entendu et m'a pris en chasse. Je n'étais qu'un humain. Contre eux, je ne pouvais rien faire. Il m'a rattrapé et il m'a battu. C'était une véritable ordure, un homme sans foi ni loi, qui ne connaissait même pas les règles vampiriques. Il aimait se battre et qu'importe que je ne sois pas à la hauteur. Il me brisa nombre d'os et je crus mourir par la douleur. Je ne sais pas par quel miracle je respirai ni pourquoi j'étais encore conscient. Mais ce que je vis dépassai de loin ce que j'aurais pu imaginer, même dans mes rêves les plus fantastiques.

» Alors que le vampire s'approchait de moi et que je sentais déjà son odeur fétide s'approcher et ses dents sanguinaires claquer sur mon cou, quelque chose se produisit. Un craquement sonore retentit et très vite le vampire valdingua loin de moi. A peine eussé-je tourné la tête que j'aperçus Nataniel en pyjama qui me regardait innocemment. Sur le coup, je ne réalisai pas du tout ce qui se passait et crus être déjà mort. Comment aurais-je pu comprendre que mon fils, le sang de mon sang, venait faire preuve de magie ? Moi qui ne croyais pas en l'existence des sorciers et avec mon état, je n'étais pas capable de comprendre par quel miracle il se trouvait là.

» Bien sûr, pendant ce bref temps de surprise, le vampire s'était relevé et prononça des paroles folles que je me rappelle très bien mais que je refuse de répéter…

Des bruits de craquement d'os se firent entendre tandis que les mains du Vampire se contractaient au possible. Sa voix finit par exprimer toute la haine qui montait en lui, tout ce poison qui rendait ses yeux magnifiques et intenses.

— Toujours est-il que ce… ce démon s'est jeté sur mon fils et l'a…

Il se prit la tête dans les mains. Arthur ne bougea pas, l'horreur de toute cette histoire le prenant lui-même par la gorge. Le réflexe, terrible mais humain, fit qu'il s'imagina à la place du vampire. Avec un de ses fils à ses côtés et lui, qui ne pouvait rien faire pour le sauver et devait se contenter de hurler à l'agonie en observant… quoi ? une telle monstruosité ne possédait pas de nom. Un cri dément quitta la gorge du vampire et déchira le ciel, faisant fuir les oiseaux installés aux environs.

Puis, le corps de Barthelemy fit volte face. Le vampire abaissa les mains et son visage sombre se releva à la lueur de la lune. Une haine sans limite déformait les traits du vampire qui en devenait démon. Arthur saisit à l'instant même où l'autre s'était retourné le danger dans lequel il était alors plongé. Mais il n'eut pas le temps de réagir que le vampire s'était jeté sur lui et le soulevait par le col, les ongles s'enfonçant dans la peau de son cou.

— Arrêtez ! supplia Arthur en essayant en vain de se libérer. Je vous en supplie reprenez-vous ! Je comprends…

— Ne me dîtes surtout pas que vous comprenez ! hurla Vamp-la-Soif. Je n'avais rien fait, moi, pour mériter un tel sort ! J'ai toujours fait le bien, du mieux que je le pouvais. J'ai manqué ruiner ma famille en me mêlant d'affaires dangereuses pour mes amis. J'ai toujours défendu les droits de mes confrères, respecter ceux qui ne méritaient même pas que je les regarde ! Et qu'ai-je en récompense ? La haine, la jalousie et ce qu'il y a de pire ! la mort de ma femme ! celle de mon fils !

Les mains du vampire s'étaient mises à trembler et sa poigne, même forte, s'affaiblissait un peu si bien qu'Arthur pouvait respirer de nouveau, malgré son cœur affolé.

— Arrête !

La voix aigue résonna à leurs côtés et le sorcier comme le vampire tourna la tête pour apercevoir Ron, tenant un ours dans les bras, qui s'avançait vers eux. Le cœur d'Arthur manqua un battement. Et il n'était pas seul. A ses côtés, les deux jumeaux et la petite Ginny les observaient avec attention.

— Laisse notre père tranquille, lança un des jumeaux.

— Oui, laisse papa ! suivit l'autre.

La petite fille lâcha la main de son grand-frère et vint se blottir contre les jambes de son père, malgré l'appel des jumeaux pour la retenir. Vamp-la-Soif les observa un moment, désemparé, les yeux grands ouverts. De tous, il paraissait le plus effrayé. Et très vite, il lâcha le col d'Arthur pour se reculer d'un bond rapide et long.

Le sorcier se pencha pour prendre sa fille dans ses bras tandis que ses autres enfants le rejoignaient en pleurant. Quand il se releva, le vampire n'était plus là.

En rentrant à la maison où Molly morte d'inquiétude accourait vers eux, ils se rendirent compte avec horreur qu'Harry également avait disparu.