Disclaimer : les personnages appartiennent à JK Rowling, encore et toujours.
Note originale de l'auteur : Il y aura plus de Snape dans les prochains chapitres. Souvenez-vous, il sert Voldemort, il ne peut pas apparaître à Poudlard aussi souvent que ça. En espérant que ça vous plaise !
Chapitre dix.
Ginny guérissait lentement. Faible, fatiguée, avec une tendance à faire des cauchemars, elle se reposait rarement quand il n'y avait pas quelqu'un avec elle. Hermione prenait son tour pour s'asseoir à son chevet, tout comme Ron, ses parents, et bien sûr, Harry. A dire vrai, Harry passait plus de temps avec Ginny qu'eux autres combinés, et Madame Pomfresh devait bien souvent lui ordonner de sortir pour qu'il aille lui-même se reposer. Quelque part au milieu de la panique au sujet de sa maladie, Harry avait apparemment pris une décision, et Hermione en était quasiment sûre, n'avait pas l'intention d'être à nouveau séparé de Ginny.
Ginny était réticente à parler de ce qui lui était arrivée, mais toute tentative de la faire parler de son épreuve semblait augmenter ses cauchemars. Les amis et la famille en arrivèrent à un accord tacite pour ne pas lui poser de questions. Le temps que ça lui donna pour accepter ses peurs porta finalement ses fruits, et tard une nuit, alors qu'Hermione, Ron et Harry étaient assis avec elle dans le calme de l'Infirmerie, elle s'ouvrit à eux.
« Je sais que les jumeaux vous ont dit que j'étais allée jusqu'au Chaudron Baveur pour chercher le déjeuner. J'ai entendu quelqu'un m'appeler, juste au moment où je passais devant l'Apothicaire. C'était comme si ça venait de derrière le bâtiment, alors je me suis engagée dans la ruelle pour voir. » Elle frissonna. « Oh, j'ai été tellement stupide ! »
Harry lui serra la main, et Hermione se pencha en avant. « Ne t'en fais pas, Gin. J'aurais fait la même chose. »
Ginny lui adressa un sourire reconnaissant, et continua. « Il y avait quelqu'un qui se tenait debout, me faisait signe d'approcher. J'ai avancé un peu plus, et je me suis rendue compte que… je… je… »
Ron remua, mal à l'aise. « Tu n'as pas besoin d'en parler. »
« Mais il faut que je vous dise. C'était… C'était Tom. » Hermione eut une inspiration surprise. « Il était exactement comme pendant ma première année à Poudlard. Jeune… beau… il m'appelait et je ne pouvais pas m'empêcher d'aller à lui. Je ne pouvais pas. » Elle se mit à pleurer, et Hermione poussa un peu Ron pour pouvoir s'asseoir à côté d'elle et passer ses bras autour d'elle. « Il voulait que j'aille avec lui, que je redescende dans la Chambre… » Elle pleurait de plus belle. « J'ai essayé de m'enfuir, mais je ne pouvais pas bouger, alors j'ai continué à dire 'Non…Non !' et il a commencé à se mettre en colère. »
Hermione regarda Harry qui échangeait un regard avec Ron. Elle n'avait pas pris part à leur expérience dans la Chambre des Secrets, puisqu'elle était pétrifiée à ce moment-là, mais ce qu'ils en avaient raconté avait été horrible. A quel point est-ce que le souvenir de l'endroit pouvait être pire pour Ginny, qui avait failli y laisser la vie ?
Les bras d'Hermione restèrent serrés autour de son amie, elle la sentait trembler. « Prends ton temps, Ginny, » dit-elle.
« Je… Je veux en finir avec ça. » Elle prit une profonde inspiration et continua. « Il est venu jusqu'à moi, et il m'a attrapé mes bras, et son visage était là, juste en face du mien. Et c'était Tom… mais ce n'était pas lui. Il était horrible… et ses yeux étaient rouges. Et… et il m'a appelée 'petite fille stupide', et ensuite tout ce que j'ai pu sentir, c'était la douleur… et la peur. »
« Oh, Ginny, » souffla Hermione.
Elle entendit Harry siffler pour lui-même, « Voldemort. »
Le visage de Ron affichait une expression proche de la panique, « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? C'est la deuxième fois qu'il essaye de l'avoir. Comment est-ce qu'on va pouvoir la protéger ? »
« Elle va devoir rester ici avec nous, à Poudlard, » dit Harry. « C'est l'endroit le plus sûr pour elle. On va seulement devoir faire attention à ce que tous les papiers soient faits dans les règles, pour que Percy et le Ministère ne puissent pas essayer de l'enlever d'ici. »
« Percy ? » demanda Ginny. « Pourquoi est-ce qu'il ferait quoi que ce soit ? »
« C'est vrai, » répondit Ron. « J'imagine que tu n'as pas entendu parler de ce qui s'était passé avec lui. Il est arrivé ici avec des Aurors du Ministère, et a forcé tous les élèves mineurs à s'en aller contre leur gré. Ils ont essayé d'avoir Harry, mais Lupin était là pour les en empêcher. »
« Percy, » répéta Ginny d'une voix où pesait la déception. « Il n'en fera jamais d'autres. Pourquoi ? »
« Parce que c'est un connard fini, et une honte pour le nom de Weasley – voilà pourquoi, » répondit Ron. « Et si je mets les mains sur lui, je m'assurerai qu'il le sache. »
« Ça suffit, Ron, » intervint Hermione. « Ça va bien plus loin que ta querelle avec ton frère. Il faut qu'on réfléchisse à tout ça. »
Harry la regarda, spéculatif. « A quoi est-ce que tu penses ? »
« Simplement à ça. On a détruit un Horcrux, et on sait que Dumbledore en a détruit un autre. » Elle marqua une pause le temps de mettre de l'ordre dans ses idées. « Est-ce qu'il… je veux dire, est-ce que Voldemort y gagnerait à créer plus de Horcruxes ? En fait, est-ce que la portion de son âme dans le Horcrux est détruite en même temps que l'objet à chaque fois ? Il devrait encore diviser son âme pour en créer un autre, pas vrai ? »
Harry hocha la tête, « C'est ça. » Ron et Ginny écoutaient attentivement.
« Combien de fois est-ce que quelqu'un peut diviser son âme avant qu'il n'en reste plus suffisamment en lui pour survivre ? »
« Bonne question, » convint Ron.
« Peut-être qu'il ne peut plus en créer plus sans s'affaiblir jusqu'à ce point, » suggéra sa sœur.
« Dans ce cas, qu'est-ce qu'il voulait à Ginny ? » demanda Hermione. Ron se retourna vers sa sœur. « Gin, est-ce que tu te souviens de quoi que ce soit d'autre… quoi que ce soit qu'il t'ait dit ou qu'il t'ait fait ? »
Elle secoua la tête. « J'ai vu des images pendant les cauchemars, mais rien qui signifie quoi que ce soit. Je ne me souviens pas de grand chose après qu'il m'ait… »
Le silence retomba entre eux, et puis Harry parla, s'adressant directement à Ginny. « Ginny, est-ce que tu me fais confiance ? »
Hermione le dévisageait, et Ron fronça les sourcils. Les ignorant tous les deux, il attendit sa réponse.
« Bien sûr, oui. Je t'ai toujours fait confiance. »
Quelque chose remua au fond de sa tête, et Hermione retint son souffle. « Tu ne penses pas… »
Au même moment, Ron se redressa. « Harry, il est hors de question… »
« Taisez-vous, » intervint fermement Ginny. « Laissez-le parler. »
« Mais il est en train de parler de… » essaya à nouveau Hermione.
« Légilimencie, » finit Harry à sa place. « Je peux le faire. Et si tu veux, je peux chercher le souvenir de ce qui s'est passé. »
« Tu ne sais pas ce qui pourrait lui arriver si tu fais ça. Tu ne peux pas courir ce risque ! » protesta Ron.
« C'est à moi de prendre la décision, » lui répondit Ginny. Elle tenait toujours la main de Harry, et ne la lâcha pas pour lui donner sa réponse. « Je te fais confiance. Tu le sais. Mais je ne suis pas encore prête à faire ça. Pas encore. » Elle le regarda, anxieuse. « J'ai besoin de temps. »
« Je ne te forcerai pas, » lui répondit Harry. « Puisqu'on n'est tous coincés ici, du temps, on en a autant qu'on veut. »
XoXoXoXoXoXoX
L'automne semblait comme raccourci cette année, et les jours frais mais vivifiants disparurent pour être remplacés par le froid et l'humidité, et un ciel chargé de lourds nuages gris. Hermione passait une bonne partie de son temps à la bibliothèque, généralement accompagnée de Neville et Luna, pour continuer les recherches au sujet des Horcruxes. Fréquemment, Harry, Ginny et Ron rejoignaient le groupe, et leurs discussions devenaient par moment assez bruyantes. Madame Pince semblait avoir été profondément affectée par l'absence d'élèves cette année, et en conséquence ne leur en tenait la plupart du temps pas rigueur.
Hermione notait dans un calepin ses idées, les indices, et tout ce qui selon elle pourrait avoir un rôle dans leur chasse. A dire vrai, il n'y avait pas grand chose dedans. Les informations sur les Horcruxes n'étaient pas faciles à débusquer, et la bibliothèque de Poudlard ne contenait que peu d'ouvrages sur le sujet.
La tension de Harry augmentait à mesure que leurs efforts semblaient de plus en plus futiles. Il passait son temps avec Ginny, ou, de façon plus inquiétante, tout seul. Il parlait à nouveau de quitter Poudlard pour continuer ses recherches de son côté. Les efforts pour lui faire remarquer qu'il n'avait pas d'indices pour le guider n'obtenaient que réponses emportées et des périodes de silence boudeur.
Les jumeaux faisaient de fréquentes visites pour prendre des nouvelles de leur sœur, et leur présence semblait toujours alléger l'atmosphère. Un jour en particulier, ils entrèrent dans la bibliothèque, époussetant leurs manteaux. George se glissa derrière Madame Pince et lui déposa un rapide baiser sur la joue, ce qui la fit rougir et le repousser de son bureau avec un « Vraiment ! Monsieur Weasley ! » qui manquait de conviction. Fred avança droit vers la table, mit les mains sur ses hanches, et commença à rouspéter sur Hermione.
« Vous avez une mauvaise influence sur vos pairs, Mademoiselle Granger, » annonça-t-il. « Qu'est-ce qui vous prend de garder tout le monde à l'intérieur, à s'acharner sur des livres poussiéreux, alors qu'il fait si beau dehors ? »
« Beau ? » répondit-elle. « On n'a pas eu une seule journée de beau temps depuis des semaines ! »
George vint les rejoindre. « Excuse-moi, mais si tu avais fait attention à ce qui se passe autour de toi, tu aurais peut-être remarqué. »
« Remarqué quoi ? » demanda Ginny en riant. Même Harry avait le sourire.
Dans un grand mouvement de bras dramatique, les jumeaux désignèrent simultanément la grande fenêtre du fond de la bibliothèque. « Il neige ! »
Hermione sauta de sa chaise et courut à la fenêtre. Les autres suivirent. L'air était empli de dentelle blanche, tombant en silence sur les terres du château, et le paysage, gris et déprimant auparavant se changeait en féerie hivernale.
« Oh, allez, on sort, » s'écria Ginny. « Je veux la voir. »
« Il va faire froid, » rappela Luna. « Il faudra bien t'emmitoufler. »
« On va veiller à ça, » répondirent les jumeaux, et à eux deux, ils soulevèrent leur sœur et se précipitèrent hors de la pièce avec elle.
Harry leur courut après, et Hermione rit, soulagée de le voir sourire.
Une fois qu'ils se furent procurés les vêtements adaptés au temps froid, ils se retrouvèrent à l'entrée et descendirent les marches jusqu'au parc enneigé. Fred et George avaient enveloppé Ginny dans une couverture, et trouvèrent un banc relativement abrité où elle pourrait s'asseoir. Hermione vint l'y rejoindre.
« Franchement, » se plaignit Ginny. « On croirait que je suis de verre, à la façon dont ils me traitent. Je ne suis pas fragile à ce point. »
« Non, » convint Hermione. « Mais ils se sentent toujours coupables au sujet de ce qui s'est passé. Donne-leur du temps. »
Un cri l'interrompit. Un déluge de boules de neige décrivit un arc dans les airs et s'abattit sur Harry, Ron, Neville et Luna, cadeau des jumeaux. Une courte bataille s'ensuivit, qui ne s'interrompit que le temps d'établir des équipes, et rapidement deux forteresses de neige apparurent. Harry, Neville, Hermione et Ginny (malgré les protestations de ses frères) prirent place dans l'une des forteresses pendant que les jumeaux, Ron, et Luna s'installaient dans l'autre. Hermione prit rapidement les commandes de leur fort, et attribua à chacun sa position. Ginny devait assurer l'approvisionnement en munitions. Neville se joindrait à Hermione pour attaquer, pendant que Harry se chargeait de créer des diversions. Il y eut un rapide cafouillage le temps de se préparer, puis un défi crié depuis l'autre forteresse fut accepté, et la bataille commença.
Ginny utilisait sa baguette afin de maintenir une réserve de boules de neige qu'elle passait à Hermione et Neville. Ils bombardèrent l'autre forteresse tout en essayant d'éviter les boules de neige qui volaient en leur direction. Les trois Weasley et Luna s'avéraient des compétiteurs sérieux, et pendant un bref instant on aurait pu croire que l'équipe d'Hermione se ferait battre.
« Harry ! » s'écria-t-elle. « Fais quelque chose ! »
Harry avait attendu son heure, laissant la neige s'accumuler sur un toit tout proche, et maintenant, d'un mouvement de baguette, il en déplaça la totalité au dessus de l'autre forteresse, et la laissa tomber. Les autres lancèrent des bafouillements et des cris, et, saisissant l'occasion, il emmena Hermione, Neville et Ginny à l'assaut de la forteresse ennemie. La mêlée générale qui s'ensuivit laissa tout le monde couvert de neige, mouillé, et riant à la limite de l'hystérie.
Ron se remit le premier. « Oh mon dieu, » s'écria-t-il. « Où est Ginny ? »
« Juste là, » répondit-elle en riant bêtement. Ginny avait pris le dessus sur son frère Fred en s'asseyant tout simplement sur lui, et en lui enfonçant des deux mains la tête dans la neige.
« Mfffryphggllbdth ! » dit Fred.
« Est-ce que tu t'avoues vaincu ? » demanda Hermione.
« Ne le fais pas, Fr… ! » la protestation de Ron fut interrompue quand Harry lui colla une poignée de neige dans la figure.
« Finnylvvtoiiiiii ! » répondit Fred.
« Je prendrais ça pour un 'oui', » commenta Neville, et Ginny sauta du dos de Fred pour lever les bras en signe de victoire.
« On remonte à la Salle Commune, » cria Hermione, « et chocolat chaud pour tout le monde ! »
Le groupe s'empila devant le feu, riant toujours et débattant des moments critiques de la bataille. Des elfes de maison apparurent, débarrassant les piles de manteaux mouillés, et apportant des sandwiches et du chocolat. Après s'être dépensés comme ça dans le froid, la chaleur du feu était soporifique, et progressivement ils s'effondrèrent tous et se recroquevillèrent sur des fauteuils ou des coussins, savourant leurs boissons chaudes.
Hermione trouva un coussin confortable, et s'étendit par terre. Ensommeillée, elle ne regardait et n'écoutait qu'à moitié quand elle entendit Ginny et Harry qui parlaient derrière elle. Elle se tourna un peu pour pouvoir les voir. Ils étaient pelotonnés ensemble dans un fauteuil derrière elle, tous les deux absorbés par ce que disait l'autre.
« J'ai aimé que tu sois comme ça aujourd'hui, » disait Ginny. « Pas en colère ou contrarié… tu as juste pris du bon temps. »
« Ouais, » convint Harry, hochant la tête. « C'était marrant. » Il marqua une pause, puis continua à voix basse. « Je ne sais plus comment ne pas être en colère, Gin. J'en ai tellement marre de seulement attendre que quelque chose se passe. Je déteste ça… que tout soit bloqué sur pause… que ma vie entière soit sur pause… »
Ginny hocha la tête.
« Rester là, et ne pas pouvoir faire quoi que ce soit… c'est comme d'être coincé à nouveau chez les Dursley… c'est le même sentiment. »
« Tu as raison, » dit Ginny. « Nous n'arrivons à rien. C'est pour ça… Harry, c'est pour ça que je veux que tu y ailles, que tu le fasses… la Légilimencie, je veux dire. »
Harry secoua la tête. « Je ne veux pas le faire avant que tu sois prête. »
« Mais c'est ce que je suis en train de te dire. J'ai confiance en toi, et je suis prête à le faire maintenant. On ne sait pas si oui ou non il y aura des réponses dans ma tête… » elle s'esclaffa, « Diable, on ne sais pas s'il y a quoi que ce soit dans ma tête. Tu pourras au moins répondre à cette question. »
Harry attira Ginny plus près de lui, et baissa les yeux vers Hermione. De toute évidence, il avait eu conscience qu'elle les écoutait. « Tout à l'heure, » dit-il à voix basse. « Une fois que les jumeaux seront partis. »
Elle hocha la tête. Se levant, elle alla voir la partie de carte que disputaient les autres, laissant à Harry et Ginny du temps tout seuls. Ron retourna une carte, et Luna s'esclaffa en se penchant en avant pour ramasser la cagnotte. Tout le monde était calme et content, pourtant Hermione ne put empêcher un petit frisson de lui échapper. Qu'allait trouver Harry ?
XoXoXoXoXoXoX
Le dîner eut lieu, comme d'habitude, dans la Grande Salle ce soir-là. Ce qui était inhabituel, c'était le fait que les professeurs et les quelques élèves qui restaient mangent ensemble. Une grande table avait été placée au centre de la Salle, et toutes les autres tables retirées. La Directrice était assise en bout de table, et les observa tous alors qu'ils mangeaient.
L'appréhension au sujet de la soirée à venir donnait à Ginny un air pâle et elle plantait sa fourchette dans son assiette sans enthousiasme. Le professeur McGonagall la regarda, inquiète.
« Est-ce que vous vous sentez bien, Miss Weasley ? » demanda-t-elle. « Vous ne semblez pas avoir beaucoup d'appétit. »
A côté d'elle, Hermione sentit la tension de Harry alors qu'ils attendaient que Ginny réponde.
« Je vais bien, Madame la Directrice. Je crois que je suis simplement fatiguée, » répondit-elle. « Nous sommes restés dehors dans la neige pendant un bon bout de temps cet après-midi. J'en ai peut-être fait un peu trop. »
Le Professeur McGonagall sourit. « C'est probable. J'ai vu votre bataille de boules de neige. En fait, j'ai été assez tentée de venir vous rejoindre moi-même. »
Tout le monde autour de la table rit, mais Madame Pomfresh secoua la tête. « Ne vous y trompez pas. Elle est dangereuse avec une boule de neige. Méchant crochet du droit. »
Une conversation animée continua pendant le reste du repas, avec des histoires de précédentes batailles de boules de neige, et des discussions sur les stratégies pour prendre une forteresse de neige. Hermione eut l'impression qu'ils avaient bien réussi à masquer leur anxiété, puisqu'on ne leur posa plus de questions. Après avoir liquidé un plat de crumble aux pommes accompagné de crème anglaise, ils se levèrent de table, souhaitèrent une bonne nuit à leurs professeurs, et reprirent le chemin de la Salle Commune.
Ginny avait décidé qu'elle voulait que les autres restent dans la pièce avec elle. Ron, de toute façon, avait refusé de seulement envisager de ne pas être présent. Bien qu'il ait confiance en Harry, il était inquiet de la façon dont sa sœur pourrait être affectée en revisitant des souvenirs aussi traumatisants. Hermione avait le sentiment qu'il fallait qu'elle soit là pour garder une trace de tout ce qui était dit, et Neville et Luna voulait seulement être là pour soutenir Ginny. Ils s'assirent tous ensemble pendant que Harry expliquait brièvement ce qu'il allait faire, et ce que Ginny pourrait ressentir, se basant sur sa propre expérience avec Snape.
« Ça a été désagréable pour moi parce que c'était Snape, » expliqua Harry. « Dès le début, il voulait que je ressente une impression de malaise. Ça ne t'arrivera pas, » assura-t-il à Ginny.
Hermione tressaillit, mais dût admettre qu'elle n'était pas surprise par les révélations de Harry. Que Snape déteste Harry avait été évident dès leur première rencontre. Néanmoins, ça la perturbait qu'il ait pu continuer à exprimer son intense antipathie au point de saboter des leçons que Dumbledore avait considérées si importantes.
Depuis son fauteuil, Ginny annonça. « Je pense que je suis prête. Allons-y. » Harry se positionna sur le divan de façon à être bien en face d'elle et la regarder directement dans les yeux. Il sortit sa baguette, et la tint prête dans sa main droite ; la gauche, il la tendit pour prendre la main de Ginny. Autour d'eux, les autres attendaient, tendus. Hermione avait son calepin ouvert et une plume à la main.
« OK, » dit Harry. Il leva sa baguette, regarda Ginny dans les yeux, et chuchota, « Legilimens ! »
Ginny se raidit considérablement. Harry laissa immédiatement retomber la main qui tenait sa baguette et rompit le contact visuel. « Désolé. »
« Non, ça va, » lui assura Ginny. « Je pensais que ça allait faire mal, mais non en fait. » Elle prit une profonde inspiration. « Je sais à quoi m'attendre cette fois. Essayons encore. »
Harry la regarda à nouveau dans les yeux et commença à lever sa baguette quand Ginny se mit à rire. Il leva les yeux au ciel et s'adossa dans le divan. Ginny continua à rire, ce qui fit glousser Hermione, puis Ron et Neville se mirent à rire.
Ron marmonna, « Les filles ! »
Regardant tout le monde autour d'elle, Luna demanda, « Est-ce que Harry a fait quelque chose de marrant ? »
Entre deux gloussements, Hermione répondit, « Non, c'est seulement les nerfs… désolée ! »
Il leur fallut plusieurs minutes avant de parvenir à se calmer. « D'accord, d'accord ! » dit Ginny. « Je suis calme maintenant, je suis prête. »
Harry lui prit à nouveau la main, et la regarda. Elle rencontra son regard avec calme, et il leva sa baguette. « Legilimens. »
Hermione observa attentivement, Ginny semblait détendue, et Harry maintenait un contact visuel, elle en conclut dont que ça fonctionnait. Pendant un court moment, rien ne se passa, puis Ginny commença à remuer nerveusement. Hermione se sentait elle aussi devenir de plus en plus anxieuse ; Ginny respirait plus rapidement maintenant. Ses yeux était plus grands ouverts, et soudain elle gémit.
Harry rompit le contact visuel, et Ginny laissa tomber sa tête entre ses mains. Hermione se leva d'un bond et passa un bras autour d'elle. « Est-ce que tout va bien ? »
« Je crois qu'on ferait mieux d'arrêter, » dit Ron. « C'est trop perturbant pour elle. »
Ginny releva la tête et chercha la main de Harry. « Non, je… je ne veux pas arrêter. Tu y étais, Harry. Je veux continuer. »
« Est-ce que tu es sûre que ce n'est pas trop pour toi ? » lui demanda Hermione.
« Je préfère tout revoir maintenant, plutôt que par bribes dans mes cauchemars toutes les nuits, » insista Ginny. « Je t'en prie, Harry… continue simplement, et cette fois, ne t'arrête pas même si je suis bouleversée. Pas avant qu'on ait tout vu. »
Harry hésita. « Tu es sûre ? »
« Ce n'est vraiment pas aussi déplaisant que ça l'était d'être possédé, » répondit Ginny. « Alors, oui… je suis sûre. »
Une fois encore… « Legilimens ! »
Presque immédiatement, Ginny se raidit. Elle commença à gémir, et des larmes apparurent au coin de ses yeux. Le visage pâle, l'air déterminé, Harry maintint le contact. Ginny remuait nerveusement, on aurait pu croire qu'elle essayait de briser la connexion si elle n'avait pas tenu si fermement la main de Harry. Elle commença à gémir et à supplier, « Non… non ! »
Hermione entendit un son étranglé derrière elle. Les autres soutenaient Ron qui était plié en deux et semblait plutôt vert. Neville adressa un regard à Hermione et, avec l'aide de Luna, aida Ron à sortir de la pièce. Hermione frissonna en solidarité. Elle avait le plus grand mal à supporter d'entendre les cris de Ginny. A quel point est-ce que ce devait être plus difficile encore pour Ron d'entendre sa sœur revivre ces moments de torture ?
Ginny était toujours en train de chercher son souffle et de pleurer quand Harry baissa sa baguette et détourna le regard. « Ça y est ! » Elle s'effondra en avant, et Harry la rattrapa dans ses bras et la soutint alors qu'elle pleurait. Hermione pouvait voir qu'il tremblait, et qu'il avait les dents serrées de colère. Elle fit mine d'approcher, mais Harry l'arrêta d'un regard, et désigna de la tête la direction de la porte. Comprenant qu'il voulait être seul avec Ginny, elle sortit sans un bruit de la Salle Commune.
Elle retrouva les autres assis dans les escaliers. Ron était pâle, et Luna tenait une compresse pressée contre son front. Ils levèrent tous les yeux quand elle approcha.
« Comment va Ginny ? » demanda Neville.
« Elle pleure, mais ça va aller. Harry s'occupe d'elle, » répondit-elle.
« Je ferais mieux d'y aller, » dit Ron, commençant à se lever.
Luna l'en empêcha. « Il vaut mieux les laisser seuls tous les deux pendant un moment. »
« Je suis son frère ; je devrais y être. »
« Mais tu n'as pas été possédé, et tu n'as pas été torturé par Voldemort, » lui rappela Luna. « Ils se comprennent l'un l'autre d'une façon que tu ne peux pas. »
Ron fronça le nez, mais n'insista pas plus longtemps pour se lever. Une fois encore, Hermione se trouva surprise par la perspicacité de Luna.
« Tu as raison. J'imagine qu'aucun d'entre nous ne peut vraiment comprendre ce qu'ils ont vécu, » dit-elle, pensivement. « Comment est-ce que tu fais pour en savoir autant sur les gens ? »
« Oh, je les observe, et j'écoute ce qu'ils disent, » répondit tranquillement Luna. « On apprend des choses de cette façon. »
La porte de la Salle Commune s'ouvrit, et Ginny apparut. « Venez, » dit-elle. « On est prêts à en parler maintenant. »
Ron fut le premier à la porte, passant un bras autour des épaules de sa sœur alors qu'ils rentraient dans la pièce. Hermione sourit, pensant que c'était une bonne chose qu'ils aient attendu que les jumeaux soient partis avant de commencer la Légilimencie. Un grand frère Weasley surprotecteur était bien suffisant.
Ginny s'installa à côté de Harry, et les autres tirèrent des fauteuils autours d'eux. Hermione prit sa plume et son calepin. « Est-ce que je prends des notes ? »
Harry secoua la tête. « Je ne crois pas que ce soit nécessaire. On a trouvé ce qu'on voulait savoir. »
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Ron.
« C'est ce qu'on pensait, » dit Ginny. « Je ne me souvenais de rien après qu'il m'ait appelée 'petite fille stupide'. »
« Une fois que j'ai trouvé ce souvenir, nous l'avons repassé. » Harry semblait hanté. « Il l'a torturée… le Doloris… mais d'abord il l'a réduite au silence. C'est pour ça que personne ne l'a entendue crier. »
« Bordel de merde ! » s'exclama Ron. « On n'aurait pas dû faire ça. »
« Non, ça va, » s'empressa de le rassurer Ginny. « Maintenant je me souviens de ce qui s'est passé, et c'est atroce… mais je peux gérer ça. Ce n'est pas quelque chose d'horrible et d'innomé au fond de mon esprit qui me fait peur en permanence. »
« Ginny, » demanda Hermione. « Est-ce qu'il a dit quoi que ce soit qui explique pourquoi il t'a attaquée ? »
« Oui. Il a dit que Harry pourrait me regarder mourir… et que je ne pourrai rien lui dire au sujet de la Chambre des Secrets. »
« La Chambre ? »
« Oui. Ce qu'il a dit exactement, c'est 'Tu ne diras pas un mot à ton précieux Potter sur la Chambre des Secrets. Tout ce que tu sais mourra avec toi.' »
« Et il y a quoi dans la Chambre des Secrets dont il a peur que tu parles ? » demanda son frère. « Tout ce dont je me souviens, c'est d'un gros tas d'os dégueus et de Lockhart qui disait n'importe quoi. »
« C'est ça qui est bizarre, » convint Ginny en secouant la tête. « Je ne me souviens pas de grand chose moi non plus. Harry a cherché, mais il n'a rien trouvé non plus dans mes souvenirs. Alors je ne sais vraiment pas ce que Tom voulait m'empêcher de dire. »
Harry regarda Ron. « On va devoir y redescendre pour tout fouiller. »
« Attends, Harry. Est-ce que tu es sûr qu'il n'y a plus de Basilics ou d'autres monstres que tu pourrais libérer en ouvrant la Chambre ? » demanda Hermione avec un frisson.
« Je ne crois pas. En tout cas, je n'ai jamais rien vu d'autre là en bas. Jedusor et le Basilic étaient bien suffisants comme monstres, » dit Harry.
« Gin ne descend pas là-dedans, » annonça Ron. « C'est déjà un endroit bien assez risqué pour nous deux. »
« Ne t'en fais pas, je ne veux pas y aller, » lui dit Ginny. « Une fois ça m'a suffi. »
« C'est décidé alors. On y va quand ? » Ron regardait Harry.
« Demain matin. On se retrouve dans les toilettes de Mimi à neuf heures. »
XoXoXoXoXoX
Hermione arriva la première le lendemain matin, vêtue d'un vieux pull, d'un jean moldu, et de bottes. D'après la description de la Chambre, elle prévoyait un moment plutôt salissant. Elle lança un salut à Mimi, qui semblait particulièrement déprimée. Elle lança une plainte et pleura sa réponse à Hermione, avant de disparaître rapidement dans les toilettes avec des éclaboussures qui firent ruisseler l'eau des murs de chaque box. S'écartant pour éviter le jet d'eau, Hermione se cogna contre les lavabos. Se retournant pour les examiner, elle identifia rapidement celui qu'on lui avait décrit. Lavabo central, un robinet qui ne fonctionne pas, une petite image de serpent gravée dans la fixation de cuivre. Elle passa un doigt dessus, se demandant si Harry serait toujours capable de l'ouvrir après tout ce temps.
La porte des toilettes s'ouvrit dans un lourd grincement, et elle sursauta. Les garçons entrèrent dans la pièce, s'arrêtant juste le temps de reconnaître qui les attendait. Ron lui sourit. « Tu sembles nerveuse, Hermione. Tu t'attendais à voir un troll ? »
Harry ne souriait pas. « Qu'est-ce que tu fais là ? Je pensais qu'on s'était mis d'accord hier soir pour que Ron et moi on y aille seuls. »
Elle secoua la tête. « Dans tes rêves. Je viens avec vous. »
« Je ne crois pas que ce soit une très bonne idée… » commença à protester Harry, mais elle l'interrompit.
« Si tu te souviens, la seule raison pour laquelle je n'étais pas avec vous la première fois que vous êtes descendus, c'était parce que j'étais pétrifiée. Il n'y a rien qui m'arrête cette fois. »
« Mais on ne sait pas ce qu'on va trouver là en bas ! » dit Ron.
« Non, » convint-elle. « Mais on ne savait pas ce qu'on allait trouver quand on a passé la trappe qui menait à la Pierre Philosophale non plus, pas vrai ? »
« Mais… »
« Et on ne savait certainement pas ce qui nous attendait dans la Cabane Hurlante non plus, » continua-t-elle.
« Bon, c'est vrai… »
Harry eut un grand sourire. « Laisse tomber, Ron. »
Hermione sourit, contente d'avoir fait valoir son point de vue. « Allons-y, alors. »
« Très bien. » Harry avança devant le lavabo qui portait l'image du serpent. Il hésita un petit moment, puis siffla doucement. Rien ne se passa.
Ron tendit le bras et attira Hermione légèrement en arrière. « Essaie encore, Harry. Peut-être un peu plus fort. »
Harry siffla à nouveau, les syllabes de Fourchelangue semblaient étranges et dissonantes aux oreilles d'Hermione. Soudain, le robinet commença à émettre une lumière blanche, et le mur derrière le lavabo sembla trembler. Elle recula rapidement, tout comme Ron. Le robinet avait commencé à tourner, et avec un lourd grondement, le lavabo disparut lentement dans le sol, le mur derrière lui glissa en arrière, et un énorme tuyau s'ouvrit, béant, devant eux.
« C'est… c'est vraiment incroyable, » balbutia-t-elle. Avançant, elle jeta un œil dans l'ouverture – ça s'enfonçait dans le noir, et rien n'était visible depuis l'entrée où ils se tenaient. Elle leva les yeux pour voir Harry qui la regardait avec au visage une expression légèrement amusée.
« C'est ça. L'entrée de la Chambre des Secrets, » annonça-t-il. « Tu veux toujours y aller ? »
Elle hocha rapidement la tête, avant de se laisser le temps de changer d'avis.
« OK, » Harry leur fit signe d'approcher. « Je descends le premier, puis Ron. S'il y a le moindre problème, on envoie des étincelles rouges. »
Elle hocha à nouveau la tête, la gorge sèche. Harry approcha du bord du tuyau, et se laissa simplement tomber dedans. Ron attendit un instant encore. Ne voyant aucun signal apparaître, il approcha du bord, leva un pouce pour Hermione, et disparut de sa vue.
Elle avait l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine tant il battait. Devant elle se trouvaient deux choses qui lui avaient toujours fait peur… tomber de haut, et le noir. La respiration rapide, elle approcha du bord et chercha un signal. Soudain, une voix résonna dans sa tête, si claire qu'elle regarda derrière elle, dans le doute, pour s'assurer qu'elle était seule.
« Potter se lancera aveuglément à la mort elle-même sans jamais considérer un instant le danger qu'il fait courir à ceux qu'il emmène avec lui ! Et Weasley lui emboîtera sottement le pas. Mais vous, vous devriez avoir le bon sens de ne pas suivre la voie de la stupidité de Potter ! »
« Vous avez tort ! » lui répondit-elle mentalement. « C'est parce qu'il tient tant à ses amis qu'il prend les risques qu'il prend. Et je serai avec lui, et je le soutiendrai… »
Hermione sourit et finit sa phrase à voix haute. « …quoi qu'il advienne ! » Fermant les yeux, elle se laissa glisser dans le tuyau.
