Chapitre 10
Il faisait encore noir à l'extérieur. Il était tôt et je n'arrivais pas à m'endormir, encore. Alors je réfléchissais. A ce qui venait de se passer entre Ron et moi et à l'amour que je lui portais qui, au même titre que la tristesse, me bouffait de l'intérieur.
Je me levai silencieusement et, jetant un coup d'œil attendri au corps endormi de Ron, je pris une plume et un morceau de parchemin qui se trouvaient dans le tiroir du haut de la table de nuit et traçai sur le papier d'une écriture un peu tremblante à cause de l'obscurité et de l'émotion :
Ne t'inquiète pas pour moi quand tu ne me verras pas dans le lit ce matin. Je vais sur la plage que nous avons croisée hier dans nos recherches. Si le cœur t'en dit, viens me rejoindre…
Je t'aime
Mione
Satisfaite, je posai le mot sur mon oreiller, m'habillai, me brossai les dents, glissai ma baguette magique dans la poche intérieure de mon blouson et sortis en silence de la chambre.
Je descendis les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée. Le bar était vide et Matthew semblait avoir été dormir. J'ouvris la porte qui menait vers l'extérieur, et le vent froid de l'aurore me frappa de plein fouet. Respirant avec plaisir l'air iodé et pur de la mer, je me mis en marche.
Nous étions en effet tombés sur une petite plage la vielle, alors que nous cherchions la trace de mes parents. Elle était déserte, sauvage, loin des plages à touristes qui se trouvaient généralement à Sidney.
Je déambulai durant une dizaine de minutes dans les rues qui commençaient tout doucement à s'éclaircir, même si le soleil n'était pas encore levé. J'aurais peut-être dû avoir peur, durant la nuit, nous ne savions jamais sur qui nous pouvions tomber. Mais j'étais rassurée par la présence de ma baguette magique, et, surtout, je me disais que rien ne pouvais m'arrêter.
Je finis par arriver sur la plage et m'assis dans le sable, adossée à un rocher. Je me laissais bercer par le va et vient rassurant de la mer qui venait lécher le sable à intervalle régulier, dans une danse hypnotique, qui, sans raison apparente, me redonnait espoir.
Le vent me caressait le visage et faisait voleter mes cheveux devant mes yeux. Je fermai les paupières durant quelques secondes, profitant de ce moment de tranquillité, de solitude, de lâcher-prise.
Puis je sentis une présence à mes côtés. J'ouvris les yeux et vis Ron qui s'était installé juste à côté de moi, sans prononcer un mot. Je me rapprochai de lui, et il passa un bras autour de mes épaules.
Un doux silence s'installa, puis je poussai une exclamation de surprise.
Sans prévenir, le ciel s'était enflammé. Littéralement. Une explosion de rouge, d'orange et de rose. Un brasier gigantesque, un tableau digne des plus grands artistes peintres, mais un événement bien réel qui m'émerveillait et qui me donnait l'impression d'être toute petite dans l'immensité qu'était le monde. Le soleil, immense, flamboyant, qui montait doucement dans le ciel, qui illuminait le monde en se disant sûrement que les humains étaient bien idiots de se croire importants alors qu'ils étaient minuscules, un grain de poussière dans l'univers.
Nous restâmes un long moment sur cette plage, blottis l'un contre l'autre dans l'air frais du matin, puis, toujours en silence, d'un accord tacite, nous décidâmes de retourner retrouver Harry et Ginny à l'auberge.
Il était deux heure de l'après-midi et, pour la première fois depuis longtemps, mon estomac criait famine. Nous déambulions dans les rues de Sidney depuis des heures, et nous n'avions toujours rien trouvé. Depuis la bataille finale je n'avais jamais plus eut faim et le sentiment me surpris. Ron avait l'air lui aussi d'être affamé.
Je fis signe aux autres de nous arrêter et désignai un établissement qui se dressait à l'autre bout de la rue :
- On fait une pause ? proposai-je.
Mes amis hochèrent la tête de concert et ils me suivirent jusqu'au bâtiment. Je poussai la porte vitrée et restai figée sur place. Des dizaines d'ordinateurs s'alignaient sur la côté droit du magasin alors que, du côté gauche, des personnes étaient installées et mangeaient.
- Un cybercafé, soufflai-je, essayant de réaliser la chance que le hasard m'offrait sur un plateau d'argent.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demandèrent Ginny et Ron en cœur.
Harry et moi éclatâmes de rire. Elevés tous les deux par des moldus, nous savions bien évidemment ce qu'était un ordinateur, ce qui n'était pas le cas de nos amis au sang-pur.
Nous nous installâmes à une table et je laissai Harry expliquer aux deux autres l'utilité de l'engin, pendant que j'essayais de réaliser que tout ceci n'était pas un rêve. C'était exactement ce dont j'avais besoin pour retrouver mes parents !
Une fois qu'Harry eut fini ses explications, Ron se retourna vers moi, perplexe.
- Et en quoi cette… chose peut-elle nous aider ?
Je souris et lui répondis patiemment :
- C'est très simple, Ron. Il suffit que j'entre le nom de mes parents dans le moteur de recherche pour que l'adresse s'affiche. Enfin, en espérant qu'ils soient sur internet…
Il me dévisagea, perplexe :
- Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais on peut tenter le coup…
Je laissai Harry et Ginny à la table, leur confiant la mission de nous commander à manger, et entrainait Ron par la main jusqu'à un des ordinateurs libres, à côté d'un jeune homme, un casque sur les oreilles, ce que je jugeais parfait vu les questions que Ron allait sûrement me poser.
Je m'assis sur la chaise pendant que Ron posait les mains sur le dossier du siège et je cliquai sur la page permettant d'ouvrir internet explorer. Lorsque ce navigateur avait été inventé, j'étais toujours à Poudlard (si je ma mémoire était bonne, j'étais en cinquième année), je n'avais donc pas vraiment eus l'occasion de m'en servir, à part lorsque j'étais en vacances et que mes parents m'emmenaient dans des cafés comme celui-ci (nous n'avions pas d'ordinateur à la maison).
Mes mains tremblaient au-dessus du clavier lorsque je tapai lentement le nouveau nom de mes parents suivi de leur profession. Lorsque les résultats s'affichèrent, je déglutis péniblement et fermai brièvement les paupières, sentant mon courage fondre à une vitesse folle. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais trouver, ou même si j'allais trouver quelque chose, et ça me faisait peur.
Je sentis la main de Ron se poser sur mon épaule et y exercer une légère pression. Je rouvris les yeux et parcouru du regard les résultats qui s'offraient à moi.
Le premier site venu me donna déjà les réponses que j'attendais. Le couple Wilkins, dentistes domiciliés au quartier Potts Point, à Sydney.
Mes jambes et mes mains étaient secouées de tremblements nerveux. Il y avait un numéro de téléphone. J'allais enfin entendre la voix de mes parents, j'allais enfin pouvoir les voir. Enfin, j'aurais des réponses.
Je me retournai vers Ron et levai les yeux vers lui. Il dû y lire mon appréhension car il s'accroupit pour me faire face. J'interceptai le regard que Ginny et Harry me lançaient depuis l'autre bout de la pièce et je leur fis signe d'approcher.
- Ça va, Mione ? me demanda Ron en posant une main sur ma jambe.
Le contact de sa peau contre mon jean me rassura et j'inspirai profondément avant de lui avouer en désignant l'ordinateur du doigt.
- Il me faudrait un téléphone…
- Un quoi ?
- Un téléphone, Ron. Tu sais, le truc qui sert à appeler les gens à distance.
- Ah oui… je vais demander à un des serveurs s'il en possède un…
Il s'éloigna en chuchotant « téléphone, téléphone, téléphone… », probablement pour se rappeler le nom de l'objet qui lui était presque inconnu. Je tournai mes yeux vers Harry et Ginny et leur expliquai rapidement la situation.
- Mais c'est génial ! s'exclama Harry lorsque j'eus terminé. Je n'aurais jamais cru qu'on arriverait si vite à retrouver tes parents…
- Tout ça grâce à une merveilleuse invention nommée internet… répondis-je en soupirant. Faut-il encore qu'ils répondent…
- Tu sais ce que tu vas leur dire ?
Je haussai les épaules :
- Je vais improviser.
Je n'allais tout de même pas leur dire que j'étais en réalité leur fille dont ils ne se souvenaient pas car je leur avais effacé la mémoire pour les protéger d'un dictateur sorcier qui semait la panique dans le monde magique. Ils allaient me prendre pour une illuminée, c'est certain.
Ron revint avec un téléphone fixe en main et me le tendit. Je lui lançai un pâle sourire en guise de remerciement et tentai de composer le numéro malgré mes mains qui tremblaient. Après m'y être reprise à deux fois, je collai le combiné contre mon oreille et attendis.
- Ça sonne, indiquai-je inutilement à mes amis, alors que la nervosité commençait à former une boule de plus en plus compacte au niveau de mon estomac.
- Met sur haut-parleur, dit Harry alors que les deux autres lui lançaient un regard interrogateur.
Je m'exécutai et écoutai le bruit de la sonnerie en priant silencieusement pour que mes parents décrochent.
- Ça me rend folle, marmonnai-je.
Ron posa une main réconfortante sur mon épaule au moment où j'entendis que quelqu'un décrochait à l'autre bout du fil.
- Cabinet Wilkins, bonjour ?
Ma mère. Sa voix, que je n'avais plus entendue depuis si longtemps, me fit l'effet d'un électrochoc. Elle m'avait tellement manqué que l'entendre de nouveau me fit presque physiquement mal.
- Allô ? répéta la voix.
Je repris mes esprits et pris conscience que si je ne répondais pas immédiatement, elle risquait de raccrocher. Je soufflai alors un grand coup, me rendant compte par la même occasion que j'étais en apnée depuis une période de temps indéterminée, et répondit d'une voix étranglée :
- Allô ?
- Bonjour, puis-je faire quelque chose pour vous ?
Mon cœur battait si vite dans ma poitrine que j'avais l'impression que tout le monde pouvait l'entendre. Ma mère ne reconnaissait pas ma voix. Evidemment, c'était prévisible, mais ça faisait quand même mal. Horriblement mal.
- Je m'appelle Hermione Granger, répondis-je, ne sachant pas quoi dire d'autre.
Ma mère marqua une pause à l'autre bout du fil.
- Pouvez-vous répéter ?
- Mon nom est Hermione Granger, dis-je d'une voix tremblante.
- Votre nom me dit quelque chose. Serait-il possible qu'on se connaisse ?
Mon cœur rata un battement. Ron serra mon épaule tandis que Harry et Ginny me dévisageaient, attendant ma réaction.
- C'est possible, répondis-je prudemment, décidant que je n'allais certainement pas tout lui expliquer par téléphone.
- En tout cas, c'est un très joli prénom. C'est comme ça que mon mari et moi aurions appelé notre fille si nous en avions eu une.
Je déglutis péniblement, incapable de répondre à sa phrase. Heureusement, elle enchaîna sans se rendre compte de mon malaise :
- Si je puis me permettre, quelle est la raison de votre appel ?
- Heu… je…
Je pris une grande inspiration et fis jouer mon imagination :
- Je suis étudiante et je voudrais bien venir durant une journée observer des professionnels. J'ai cru comprendre que vous étiez dentistes, c'est bien cela ?
- Oui, bien sûr, que pouvons-nous faire pour vous aider ?
- Serait-il possible de venir observer votre cabinet ?
Ma mère ne répondit pas immédiatement et je fermai les yeux, de peur qu'elle refuse ma proposition. Je repris donc, parlant à toute vitesse :
- C'est que mon oncle est déjà venu se faire soigner chez vous, et il était très content.
Ma mère sembla flattée à l'autre bout du fil quand sa réponse fusa :
- Évidemment, ce serait un plaisir de vous aider, mademoiselle. Voulez-vous fixer une date ?
- En réalité, j'espérais pouvoir vous rencontrer avant, pour faire connaissance, comprenez-vous ?
- Bien sûr, bien sûr…. Disons… demain en fin de journée, vers 18h, cela vous conviendrait ?
- C'est parfait, soufflai-je, pleine d'espoir. Tout simplement parfait.
- Très bien, je vous dis à demain alors.
- Oui, merci beaucoup…
Je marquai une pause avant de prononcer d'une petite voix :
- Madame…
Et la communication fut coupée.
Lentement, très lentement, je reposai le téléphone sur le bureau où était posé l'ordinateur. Mes yeux s'étaient remplis de larmes et je les sentis bientôt couler le long de mes joues, brûlantes et libératrices.
Ron s'accroupit face à moi et me prit dans ses bras.
- Tu as été géniale, tout simplement géniale.
Je plongeai mon visage dans son cou et un sanglot rauque secoua mes épaules.
- Arrête de pleurer, me dit-il en caressant mes cheveux. Tu vas retrouver tes parents, c'est merveilleux, non ?
Je hochai la tête, mais je n'arrivais toujours pas à arrêter les larmes de couler. J'étais trop heureuse, trop soulagée, et à la fois j'avais peur. Parce que je savais que le plus dur restait à faire. Rendre la mémoire à mes parents n'allait pas être chose aisée, et ça, j'en étais parfaitement consciente. Et ça me tuait.
Réponses aux reviews :
Tsubasa no Yume1 : Merci beaucoup pour ta review, je suis hyper contente que la fic te plaise! :D
Lyra Morgana : alors tout d'abord merci infiniment d'avoir laissé une review si complète, j'ai vraiment adoré lire ton avis et il m'a fait super plaisir :D J'espère que l'histoire de la quête des parents d'Hermione correspond à tes attentes, et je suis contente que tu trouves que Ron est plutôt doux, c'est un de mes personnages préférés et s'il peut être vraiment maladroit parfois, il peut aussi faire preuve d'une grande douceur :D En bref, merci beaucoup beaucoup pour ta review :D
Guest : Merci beaucoup pour ta review, ça me fait plaisir que mon style te plaise :D J'espère que la suite te plaira tout autant :D
Romioneforever : Alors avant de commencer, j'aime ton pseudo :D Ensuite, merci d'avoir pris le temps de laisser une review, c'est super gentil et ton commentaire m'a vraiment fait plaisir :)
