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Réponses aux reviews !
Eh oui, Louve, désolée, le chapitre précédent était carrément sombre... C'est le seul chapitre de ce type dans toute la fic, promis. Enfin, dans le tome 1 du moins ! Les intrigues des adultes et des petiots vont progressivement se mêler après...
Mwahaha, Hiyoru, tu as vu juste : je complexifie un peu le bazar ! Et ça me permet de donner quelques infos sur le monde magique... Enfin,, là, surtout les job des adultes. Le fonctionnement des élections sera expliqué dans "les Rôdeurs 2" par exemple. Et oui, Alva était quand même un poil homophobe à la base. Seulement, tu peux difficilement rester intolérant quand tu vis avec Nathan... xD
Ah, et, les tatouages des Réfractaires se mettent un peu n'importe où : épaule, poitrine, dos, bras... Enfin, ça se verra dans la suite x)
Woah, Don-jul, le MEGA-commentaire ! Alors, les réponses à tes questions dans l'ordre : oui, Draco a sauvé la femme de Steve (bon, elle est morte là, mais il l'a sauvée avant). Pour convaincre Alva de rester, Draco a utilisé des arguments interdits au moins de 18 ans... JE RIGOLE, JE RIGOLE ! Il lui a dit qu'ils iraient tous les ans en Russie, voilà. Sinon, Duplis est le sort de magie rouge inventé par Alva dont elle a parlé dans le Poudlard Express, dans le Parfum, et oui c'est pas un truc très sympa. Le "Logan" de la brigade d'Aurors "Epsilon" de Ron n'a rien à voir avec Wolverine xD Pour les Réfractaires... Non non, c'est pas ça le plan, mais l'idée d'utiliser la peur des autres va effectivement être utilisée. Et OUI, on va revoir Ryan ! Chris n'aime pas l'invasion du monde Moldu dans le monde sorcier, surtout dans l'univers du sport (le foot, les clubs avec de nouvelles règles, tout ça, ça lui parasite son boulot), donc il râle souvent contre eux, et du coup, il n'est pas contre le idées des Réfractaires. On attend de voir ce qui va se passer ensuite pour lui... Et ne te fie pas à l'aspect inoffensif des gamins, on parle des Rôdeurs quand même...
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Post-il sur un kiwi : Gah, la rentrée c'est bientôt. Je suis à la fois impatiente d'y retourner (j'adore ma fac, mes cours, mes amies, et le loir narcoleptique avec qui je vais pouvoir déconner en amphi), et un peu anxieuse. L'année dernière, j'ai eu mes exam de justesse... Et cet année ça sera encore plus dur... Arg.
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Enfin bref. Vous vous en foutez je suppose x)
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Joyeuse retenue
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Après les vacances de Noël, la routine de Poudlard reprit, monotone. Enfin, monotone dans la mesure du possible, entre les boules puantes, les sorts jetés dans les couloirs, les enchantements perdus et autres joyeusetés.
Mais évidemment, ça n'était pas assez…
– Je m'ennuie ! Je veux de l'action !
Al' leva les yeux au ciel, et abattit un coussin vert et carré sur la tête de Scorpius qui gémissait à fendre l'âme. Comme ledit coussin était fragile, usé et déjà un peu déchiré, il répandit une pluie de plumes sur le cadet des Malefoy, qui se mit à crachoter du duvet sous les rires du reste de sa promotion.
– Al' ! protesta Lucy qui venait d'entrer dans la salle commune.
– Ça fait une heure qu'il me casse les oreilles, se plaignit le jeune Potter. Moi aussi je m'ennuie, mais je n'en fait pas un drame de Shakespeare !
– Shake-quoi ? fit Owen en clignant des yeux.
– Un Moldu qui écrivait des pièces de théâtre, soupira Gareth. La littérature classique, tout ça. Mortellement ennuyeux. Je dessinais des balais dans les marges.
Ça fit rire quelques personnes. Oscar, accompagné de deux garçons de deuxième année, rejoignit leur groupe sans plus de manière. Au passage, il enleva quelques plumes des cheveux de Scorpius.
– On dirait que tu sors d'une tempête de neige.
Le regard de l'Ankou se fit rêveur :
– Ah, la neige… Les canons, les obus, les sculptures enchantées, les charmes de tir guidé… La totale…
– Vraiment ? s'extasia Gareth. Mais d'où tu connais ça ?
Scorpius se rengorgea :
– Ma mère est Russe, elle adore la neige.
Albus haussa les sourcils, imitant sans le savoir l'expression d'un Malefoy sarcastique :
– Mon père m'a raconté qu'un jour, tes parents avaient déclenché une bataille de boules de neiges à Pré-au-Lard. Et ma tante Hermione a dit qu'ils étaient, je cite « très mignons tous les deux sous la neige ».
Scorpius devint écarlate. Imaginer ses parents « mignons », c'était désespéramment romantique et… Yerk, il ne voulait même pas imaginer ses parents comme ça. Ses parents, si calmes, sûrs d'eux, fiers, dignes, intelligents… Ses parents, mignons ?!
– Al', ta tante a dû halluciner. C'est juste… Oh, beurk ! On peut parler d'autre chose ?
– D'accord, fit Lucy en s'installant sans aucune façon entre Al' et l'Ankou. Est-ce que l'un de vous a avancé le devoir d'Histoire sur les baguettes magiques ?
Owen tomba de son fauteuil et lâcha d'une voix inhabituellement aigue :
– Le devoir ! Il est pour quand ?
– Une semaine, lâcha Flora. Lucy est la seule qui fasse son travail avec autant d'avance.
– Rose et Dylan le font aussi, se défendit la petite Zabini.
– Mais ce sont des Serdaigles ! s'exclama l'Ankou. Ils sont programmés pour apprendre, c'est dans leurs gènes, ils meurent dans d'atroces souffrances s'ils n'écrivent pas un mètre de parchemin par jour ! Ils sont effrayants !
– Ta sœur est à Serdaigle.
– Et elle est effrayante ! Non ?
Lucy ouvrit la bouche, mais vu comment tous les autres acquiesçaient vigoureusement, elle préféra se taire. Oscar vint à son secours :
– A propos de ce devoir, si mes souvenirs sont bons, c'est à propos de la découverte des différentes propriétés du bois, ou un truc comme ça, non ?
– Oui, approuva Lucy. On doit disserter sur les découvertes successives des fabricants de baguettes en ce qui concerne les types de bois et les affinités de nos propres baguettes.
Les autres premières années ouvrirent des yeux ronds. La plupart d'entre eux n'avaient même pas ouvert leurs livres, ni même lu leurs devoirs. Ils n'avaient aucune idée de ce dont parlait Lucy.
La fillette leva les yeux au ciel, exaspérée par leur ignorance, puis se tourna vers les deux petits leaders des Serpentards :
– Al', l'Ankou, en quoi sont vos baguettes ?
– Aubépine et phénix, fit Al' d'un air incertain.
– Bois d'orme et crin de licorne, dit Scorpius.
– Bon, fit Lucy avec satisfaction. L'aubépine a des affinités avec les natures conflictuelles et le phénix avec les guerriers, Al' pourrait donc écrire une dissertation sur la découverte des capacités de l'aubépine, les différents sorciers célèbres avec ce type de baguette, et conclure avec le mélange entre le cœur et le bois de la baguette. L'orme est souvent associé à la noblesse, à la majesté, au pouvoir, mais les crins de licornes ont une affinité prononcée avec les magies de protections. L'Ankou pourrait donc faire une dissertation sur la symbolique de l'orme, puis sur ses propriétés, et ensuite conclure par le type de magie que révèle un mélange entre orme et crin de licorne.
Les autres la regardèrent, sidérés, puis Scorpius déclara platement :
– Toi aussi, tu es effrayante.
– On peut parler d'autre chose que de boulot ? supplia Melinda.
L'un des garçons qui accompagnait Oscar, un garçon au teint hâlé et à l'accent italien, sourit jusqu'aux oreilles en entendant ça :
– D'accord. J'ai entendu parler d'un plan avec des œufs, avant les vacances, pourquoi il n'a pas été mis en œuvre ?
Scorpius se redressa, prenant l'air calculateur d'un homme d'affaire. L'effet était un peu gâché par le duvet sur ses vêtements et ses cheveux.
– Oh oh… Comment tu t'appelles ?
– Anthony Danares. Un grand fan des Rôdeurs.
– Les Rôdeurs ? répéta Al'.
– C'est comme ça qu'on appelle votre duo, sourit Anthony. Et vos nombreux amis.
– C'est une référence aux Maraudeurs, expliqua Oscar d'un ton docte. Vous en avez entendu parler ? Enfin, contrairement à vous, c'était des racistes et leurs blagues étaient souvent cruelles et dirigées contre les autres Maisons. C'est pas votre genre, c'est pour ça que votre pseudo est plus… Gentil. Vous savez que vous êtes sans doute les premiers depuis Draco Malefoy à avoir des amis dans autant de Maisons ?
– Draco Malefoy et Alva Malefoy, grogna Lucy dans un grand élan de féminisme. Pourquoi les gens ne tiennent jamais compte des filles ?
– Ce n'est absolument pas notre cas, l'assura Gareth. Mais pour en revenir à ce que tu disais, Anthony… Alors, les Rôdeurs, c'est pour quand ?
Al' et Scorpius échangèrent un regard sournois, puis Albus se pencha vers les autres :
– Est-ce que vous savez quel usage on peut faire d'un Sortilège de Ciblage et des quelques douzaines d'œufs pondus par les poules des Gryffondors ?
– Nous t'écoutons, ô maître ! fit Jo avec une feinte vénération.
– Alors écoutez-moi…
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Lettre de notification de retenue du professeur Laughlin.
Elèves en retenue :
Serpentard, dix-sept élèves.
Albus Potter
Scorpius Malefoy
Owen Pritchard
Gareth Flint
Jonathan Carter
Lucy Zabini
Flora Davies
Melinda Parkinson (premières années)
Anthony Danares
Noah Kap
Robin Goldenhood
Victoria Trianon (deuxièmes années)
Jackson Tridavad
Améthyste Rosalius
Olivier Hestivon (quatrièmes années)
Roland Rosalius
Thomas Hestivon (cinquièmes années)
Gryffondor, neuf élèves.
Naima Jones
Evannah Avilgaard
Devon Dawlish
Alan Parks
Matthew Bluesky
Arnold Goodhand (premières années)
Juliette Misty
Daniel Goldenhood
Tom Bluesky (deuxièmes années)
Serdaigle, quatre élèves.
Dylan Aristide-Malefoy
Rose Weasley (premières années)
Demetria Malefoy
Abigail Robins (deuxièmes années)
Poufsouffle, deux élèves
Laura Findel
Marcus McDougal (premières années)
Motif de la retenue :
Ensorcellement de nombreuses armures situées dans la totalité du château.
Utilisation d'un sortilège de Ciblage afin que des œufs soient projetés du heaume des armures sur un élève (J. Potter, Gryffondor) dès que celui-ci se trouve à portée de tir.
Dégradation de l'établissement.
Dégradation des vêtements de l'élève mentionné ci-dessus.
Entrave au bon fonctionnement des cours dans les classes de Sortilèges et de Métamorphoses de deuxièmes années, où se trouvaient des armures.
Chahut dans les couloirs de l'école.
Punition demandée :
Retenue le samedi durant trois semaines.
Interdiction de Quidditch pour les élèves membres de leur équipe pendant un mois.
Professeur surveillant la retenue : A déterminer.
Remarque de l'enseignant :
Plus de vingt ans de carrière et je n'ai jamais vu ça. Trente deux élèves, trente-deux élèves, de Maisons différentes qui plus est ! Jamais vu ça. Jamais.
Je comprends que personne ne veille surveiller leur retenue. Mais qu'est-ce qu'on va faire d'eux ?
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Scorpius haussa un sourcil sarcastique tout en parcourant du regard la salle de classe vide où ils se trouvaient. Visiblement, aucun prof n'avait voulu surveiller leur retenue. On les avait donc bouclés dans une salle pour tout le samedi après-midi, espérant ainsi que ça leur ferait les pieds, et qu'ils ne feraient pas trop de dégâts.
– J'ai ramené du boulot, lâcha Dylan.
Comme si ça avait été un signal, ceux d'entre eux qui avaient apporté du travail commencèrent à s'installer. Évidemment, tous les Serdaigles, ainsi que la plupart des Serpentards, en faisaient partie.
L'Ankou, lui, se renfrogna : à cause de cette retenue, il loupait son cours de karaté, et c'était la seule chose qui l'ennuyait… Il s'assit résolument dans le coin le plus éloigné des travailleurs, où il fut vite rejoint par une petite assemblée.
– On fait un jeu ? proposa Al'.
– D'accord, lança Naima avec enthousiasme. On est combien ?
Ils étaient douze, uniquement des Serpentards et des Gryffondors. Ils s'attribuèrent donc chacun un numéro, puis quelques uns parmi eux se mirent à écrire sur des papiers des questions, des gages ou des actions à exécuter.
1 – L'Ankou Malefoy
2 – Al' Potter
3 – Flora Davies
4 – Melinda Parkinson
5 – Gareth Flint
6 – Owen Pritchard
7 – Anthony Danares
8 – Noah Kap
9 – Améthyste Rosalius
10 – Naima Jones
11 – Matthew Bluesky
12 – Daniel Goldenhood
Scorpius parcourut rapidement leur groupe du regard. Al', son meilleur ami Flora, la petite blonde élégante Melinda, son amie brune et timide Gareth le caïd Owen le plus sournois de la promotion Naima la grande tête brûlée de Gryffondor il les connaissait déjà. Les autres…
Anthony Danares d'abord. Serpentard, deuxième année. Grand, châtain, les yeux sombres, l'air hautain. Sympa, mais arrogant et susceptible. The italo lover dans toute sa splendeur.
Noah Kap. Serpentard, deuxième année. Noir de peau, mince comme un fil de fer, un sourire éblouissant, et des cheveux assemblés en une multitude de petites tresses. Exubérant et un peu décalé. Scorpius le trouvait à la fois amusant et bizarre.
Améthyste Rosalius, surnommée Amy. Serpentard, quatrième année. Brune aux yeux noisette, physique assez quelconque. Avec un prénom aussi pourri, elle devait être de sang pur et d'une famille de snob. D'un autre côté, elle avait des mèches roses dans ses cheveux, et sa cravate était de travers…
Matthew Bluesky. Gryffondor, première année. Brun, yeux gris, petite taille, air futé, sourire en coin. Il avait l'air de planer dès qu'il posait les yeux sur Naima, et Scorpius diagnostiqua un coup de foudre aux effets aggravés. Beurk.
Daniel Goldenhood, Gryffondor, deuxième année. Blond, la peau claire et le regard rêveur. L'Ankou le trouva tout de suite sympathique. Encore plus quand Matthew leva les yeux au ciel en voyant les Serdaigles travailler.
Finalement, ils se servirent d'un chapeau –créé à partir d'une chaise gentiment métamorphosée par un cinquième année– pour y fourrer tous les papiers.
Puis l'Ankou tira la première feuille, et lu à voix haute :
– « Penses-tu que 5 est consommable ? A quel point ? »
– Il y a des obsédés sexuels dans cette salle, fit platement remarquer Owen.
Gareth se tortilla sur son siège. Forcément : cinq, c'était lui. Les quelques filles du groupe l'observèrent un moment, puis Amy haussa les épaules :
– Trop jeune.
– Il n'a que trois ans de moins que toi, protesta Flora.
Naima esquissa un sourire carnassier :
– Flora trouverait-elle Gareth consommable ?
Les joues de la blonde prirent aussitôt une teinte cramoisie. Melinda vint à sa rescousse :
– Non.
– Et toi ? attaqua la Née-Moldue.
– Et moi non plus. Et toi, Jones ?
– Moi ? fit Naima avec dédain. Je suis une Gryffondor. L'honneur des lions, tout ça. Je ne consomme pas les serpents.
Al' s'écroula de rire devant tant d'assurance, et dégringola de sa chaise dans un grand fracas. Scorpius, tout aussi mort de rire, essaya de l'aider à se relever, et faillit se casser la figure à son tour.
– Bande de pas doués, se moqua Amy.
– Retourne consommer Gareth, toi !
…
– « Définissez les joueur par un adjectif », déchiffra Naima. Fastoche ! L'Ankou : espiègle. Al' : marrant. Davies : stupide. Parkinson : hautaine…
– D'où est-ce que je suis stupide ? s'indigna Flora.
– Je ne suis pas hautaine, se rebiffa Melinda. Je suis beaucoup plus agréable que toi, espèce de garce aux cheveux en pétard !
– Mes cheveux sont très bien, grogna Naima.
– Je ne suis pas stupide !
– Tu es blonde ! s'exclama la Gryffondor en agitant le papier avec le gage.
– Tu as quelque chose contre les blonds ? se vexa Scorpius.
La Gryffondor réalisa son erreur, et se rétracta :
– Non, pas du tout, mais…
– Je ne suis pas stupide ! martela Flora avec hargne.
Naima leva les yeux au ciel et prit le parti de l'ignorer, continuant son énumération :
– Flint… Euh, costaud. Pritchard : rusé. Voilà. A qui le tour ?
– Retire ce que tu as dit ! continuait Flora avec colère.
Demetria, qui lisait un épais grimoire, leur jeta un regard agacé :
– Un peu de silence !
…
– « Que se passerait-il si 12 mettait 7 enceinte ? »
– Si Daniel mettait Anthony enceinte ? répéta Matthew d'un ton incrédule.
Il y eut un silence interloqué. Puis :
– Un COMMING-OUT ! s'exclama Owen en rugissant de rire.
Gareth et lui se tapèrent dans la main, morts de rire. La plupart des joueurs étaient hilares. Le Gryffondor et le Serpentard se fixèrent, également horrifiés, puis Anthony finit par balbutier :
– Je ne suis pas gay !
– Moi non plus, protesta Daniel Goldenhood.
– Mais moi, je le suis encore moins ! insista Anthony d'un air paniqué.
– La question n'est pas de savoir si tu l'est, fit Noah d'un ton docte. Mais de savoir ce qui se passerait si tu devenais l'heureux papa du gosse de Daniel.
– Alors, vous déciderez de fonder une famille ? plaisanta Naima.
– Vous vous mariez ? suggéra Flora d'un air sournois.
Cette idée sembla suffisamment horrifiante à Anthony pour qu'il retrouve ses moyens, et il se tourna vers Daniel d'un air menaçant :
– J'avorte. Et si je n'y arrive pas, je noie le gosse et je nie tout lien de parenté avec lui. Hors de question qu'un étranger, Gryffondor en plus, entre dans la famille des Danares !
– Tu as douze ans et tu es déjà cinglé ? fit Naima avec une pointe d'incrédulité. Il y a de la consanguinité dans ta famille ?
Anthony faillit se jeta sur elle, mais l'Ankou lui flanqua son coude dans le ventre avec suffisamment de force pour qu'il se plie en deux. Charitablement, Noah expliqua :
– Les Danares sont une famille princière d'Italie. Anthony fait partie de la branche ambassadrice de Grande-Bretagne. Leur famille veut conserver à tout prix la pureté du sang et les alliances par des mariages.
– Comme les Malefoy ? fit Daniel Goldenhood d'un air perdu.
Scorpius haussa un sourcil hautain. Les Goldenhood étaient une petite famille de Sang-Mêlés, il était donc logique de le Gryffondor n'y connaisse rien. L'Ankou expliqua donc avec une insupportable condescendance :
– Les Danares n'ont pas la moitié du prestige d'un Malefoy, d'un Black ou d'un Netaniev. En revanche, oui, ils sont totalement coincés, encore plus que tous mes ancêtres réunis.
– Il faut bien ça pour acquérir le prestige, grogna Anthony sans conviction.
– Certes, concéda Amy. Mais ça prendra des générations. Tu ne risques pas de voir ta famille surpasser les Malefoy de sitôt, surtout avec la politique actuelle.
Plusieurs regards vides se posèrent sur elle, et la Serpentard fronça les sourcils :
– Mais enfin, vous êtes un minimum au courant, non ? Que les Malefoy sont l'une des dernières bases du système actuel ? D'autant plus que le père de l'Ankou accumule le patrimoine des Malefoy, mais aussi celui des Black, et qu'il a une alliance extrêmement solide avec la plus puissante famille de Russie.
– J'y comprends rien à la politique, fit Naima en haussant les épaules. Mais bon. Du coup, qu'est-ce qu'on fait du gosse ?
– On le fait disparaitre, répondit sombrement Anthony.
…
– « Action ou vérité pour 3 ? »
– C'est moi ! s'exclama Flora d'un ton joyeux.
– Action ou vérité ?
Flora réfléchit quelques instants, puis déclara avec assurance :
– Vérité.
– Où se trouve la salle commune de Serpentard ? fit Naima d'un air moqueur.
Un concert de protestations s'éleva du groupe en vert et argent. Finalement, Scorpius plaqua une main contre la bouche de Flora durant quelques secondes, puis la libéra d'un air triomphant :
– Voilà, elle vous a dit la vérité.
– Tricheur !
– Serpentard, rectifia l'Ankou avec un large sourire.
…
– « Lancez un défi au joueur à côté de vous », lut Matthew Bluesky.
Il était entouré par Daniel Goldenhood et Anthony Danares, et les regarda l'un après l'autre d'un air pensif. Sentant venir la catastrophe, ses deux voisins s'écartèrent précipitamment :
– Ah non, je passe mon tour !
Naima écarta Daniel, et s'installa à côté de Matthew d'un air nonchalant :
– Vas-y, annonce la couleur !
Les deux Gryffondors se regardèrent dans les yeux quelques secondes, dans un grand silence, et Scorpius se demanda avec intérêt si ce moment un peu bizarre n'allait pas précéder un french kiss sauce Gryffondor. Mais finalement, Matthew haussa les épaules :
– Cap ou pas cap d'aller pisser devant le bureau de Londubat ?
Al' s'étrangla et se mit à tousser. Naima, elle, cilla à peine avant de répondre tranquillement :
– Cap !
Dans le groupe de ceux qui travaillaient, les trois autres Gryffondors de première année émirent un gémissement à fendre l'âme.
Scorpius, lui, haussa les épaules et déclara platement :
– Tu manques d'inventivité, Bluesky.
– Tu aurais fait quoi ? demanda Gareth avec une certaine appréhension.
Al' et l'Ankou se regardèrent, comme s'ils parlaient par télépathie, puis ils se retournèrent vers le reste du groupe et dirent d'une même voix :
– Entrer chez McGo et lui piquer ses soutifs !
– Trop bien ! s'enthousiasma Matthew.
– On le fera, hein ? s'assura Owen.
Cette fois, ce fut Roland Rosalius, cinquième année à Serpentard, qui releva le nez de son bouquin d'un air agacé :
– Ok, vous le ferez, mais plus tard et en silence !
– J'ai des boules Quies si tu veux, proposa généreusement Abby.
– Oh ! s'exclamèrent plusieurs travailleurs. J'en veux !
…
– « 2 et 8 feraient-ils un bon couple ? »
Al' et Noah Kap se regardèrent, surpris. Anthony se mit à rire, prévoyant l'explosion de dénégations de la part des deux joueurs désignés, mais Noah se contenta de secouer la tête :
– Navré, t'es trop jeune pour moi, Rôdeur.
– Pas de souci, l'assura Al' en souriant. Je le prends bien.
– Tant mieux. Je ne voulais pas qu'on se fâche.
– Ouais.
– Mais je suis désolé que ça n'ai pas marché entre nous.
– Ouais, approuva Al' avec sérieux. On reste amis, hein ?
– Bien sûr.
Ils se serrèrent la main, puis regardèrent les autres joueurs, qui les fixaient avec des yeux ronds. Anthony, surtout, avait l'air aussi choqué que s'il s'était pris une enclume sur la tête.
Finalement, Matthew pouffa.
– Belle esquive. Vraiment.
– C'était carrément impressionnant ! fit Melinda avec de grands yeux.
– Oui, approuva Gareth en riant. Je n'oserai plus jamais utiliser le mot subtilité après ça.
– Tu as fait ça pour me faire passer pour un crétin ? réalisa Anthony.
Al' esquissa un sourire mi-penaud, mi-amusé.
– Ne le prend pas mal.
– Al', mon héros ! fit Naima en faisant mine de se pâmer.
Flora en profita pour lui tirer les cheveux, et faillit se manger un coup de poing en plein visage. Deux secondes plus tard, les deux filles se sautaient à la gorge.
…
– « Devinez de qui 7 est amoureux. »
– Ok, après les obsédés sexuels, on a les romantiques incurables, commenta l'Ankou d'un ton plat.
– Qu'est-ce que tu as contre le romantisme ? cilla Melinda.
Anthony renifla avec dédain :
– C'est un truc de filles.
– Aurais-je entendu une intonation condescendance, espèce de sexiste ? grogna Amy d'un air menaçant.
– Bien sûr que non, s'offusqua Anthony. Mais tu ne peux pas nier que le rose, les cartes de St Valentin, tout ça, c'est davantage utilisé par les filles.
– Pas forcément, intervint Al'. Mon père est le plus grand sentimentaliste que j'ai jamais vu.
Scorpius fit la grimace :
– Ton père est bizarre de toute façon.
– Pas faux.
– Le romantisme rend stupide, objecta Owen. Ça te fait baver, regarder dans le vide, cesser de manger, ânonner des mots sans queue ni tête, avoir l'air d'un somnambule ou d'un arriéré mental…
– Comme un zombie ?
– Oui, en plus moche, confirma Owen.
– Comme James Potter ? fit innocemment Flora.
Tout le monde éclata de rire, puis Matthew se leva et imita un zombie sur quelques mètres, bras tendus, la bave aux lèvres et les yeux blancs :
– De-me-tri-a… Je… T'aime…
Hurlants de rire, les Serpentards l'acclamèrent. Demy, qui avait entendu malgré les boules Quies qu'elle avait dans les oreilles, leur lança un regard noir, que démentait son sourire amusé. Matthew s'inclina devant elle, comme un acteur qui a fait un bon spectacle, puis retourna à sa place sous les rires et les félicitations de ses camarades.
– En bref, l'amour ça grille le cerveau, résuma Anthony.
– Etant donné que c'est toi le numéro sept, j'en déduits que tu n'es pas amoureux ?
– Brillante conclusion, se moqua le Serpentard de deuxième année. Non, je ne le suis pas.
– Sauf de son reflet dans le miroir, glissa perfidement Noah.
Il évita de peu le coup de poing qu'Anthony fit mine de lui envoyer, faisant rire les autres, et l'Ankou leva les yeux au ciel :
– Très bien, problème réglé. Anthony et son égo vont se marier.
– Cool !
…
– « Faites un bras de fer avec 10 : le perdant devra changer de couleur de cheveux tous les jours pendant une semaine ».
Naima regarda Gareth, qui venait de finir de lire le papier, et elle grimaça. Le caïd des Serpentards était beaucoup plus costaud qu'elle. Néanmoins, avec la bravade typique de sa Maison, elle posa son coude sur la table et regarda son adversaire avec défi.
– Par égard pour ta dignité, je t'autorise à te déclarer perdante d'office, offrit Gareth en prenant place en face d'elle.
– Je ne renonce jamais sans me battre, grogna Naima.
– C'est stupide.
– C'est pour l'honneur, rétorquèrent les trois Gryffondors du groupe.
Gareth haussa les épaules, puis attrapa la main de Naima. Ce fut Al' qui fit le décompte, et donna le départ. Les deux adversaires poussèrent de toutes leurs forces sur leurs bras… Mais, sans surprise, la main de Naima toucha le bois de la table au bout de quelques minutes seulement.
– Tu t'es bien battue ! clama Daniel en tapant sur l'épaule de la première année.
– Malheureusement, tu vas devoir te teindre les cheveux de toutes les couleurs, sourit Gareth. Navré !
Naima haussa les épaules :
– Pas de problème. Ça va faire hurler Laughlin, au moins.
Les autres éclatèrent de rire, ou la félicitèrent. Naima acheva avec un sourire en coin :
– Filez-moi toutes les teintures que vous voulez… Sauf du vert et argent, par pitié !
Noah ricana, et Matthew donna un coup de coude taquin à son amie :
– On va te faire des cheveux arc-en-ciel, t'inquiète.
– Je savais que j'aurais pas du prendre le numéro dix, marmonna Naima.
Daniel pouffa, et proposa généreusement :
– Je peux prendre ton gage, si tu veux. J'aime jouer les chevaliers en armure volant au secours des damoiselles en détresse.
– Je n'ai rien d'une damoiselle en détresse, se défendit Naima.
Effectivement, avec sa coupe afro rétive, sa mâchoire volontaire, son uniforme froissé dont les manches étaient remontées jusqu'aux coudes, sa cravate desserrée, et son caractère de cochon… On aurait pu difficilement la qualifier de demoiselle en détresse. Néanmoins, comme les Rôdeurs cherchaient toujours la contradiction, l'Ankou fit mine de l'observer d'un air attentif :
– Ça se discute. Imaginons que tu te retrouves face à… Je ne sais pas… Une armée. Ou un dragon. Tu serais en détresse. Je t'accorde que tu n'as rien d'une damoiselle mais je suppose que le terme s'applique plus à ton sexe qu'à un titre quelconque, donc…
Al' hocha la tête, et compléta la phrase laissée en suspens :
– … Donc, en théorie, tu pourrais parfaitement être, un jour, hypothétiquement, une damoiselle en détresse.
Naima leva les yeux au ciel devant l'aberration de la chose :
– Si je me retrouvais face à un dragon ou un danger quelconque, je suis sûre que ça serait de ta faute, à Al' et toi. Vous seriez responsable de tout. Et par tricherie en plus. Ou complot. Et où est-ce que vous auriez trouvé un dragon ? Rien que pour ça, je pourrais vous faire arrêter. Ah.
Son « Ah » triomphant arracha un sourire à Al' et l'Ankou, et finalement, Naima se tourna vers Daniel en haussant les épaules :
– Enfin bref, c'est sympa mais non, j'ai pas besoin que tu prennes mon gage.
…
– « Que se passerait-il si 1 surprenait 3 et 12 en train de coucher ? »
– Et voilà, le retour des obsédés sexuels !
– Qui couche avec qui ?
Amy parcourut la liste avec leurs noms, puis pouffa :
– Visiblement, c'est Daniel Goldenhood et Flora Davies qui couchent ensemble, et qui se font surprendre par l'Ankou !
– Ah bravo, fit Scorpius d'un air horrifié. Je suis traumatisé maintenant.
Melinda, elle, fit semblant de fondre en larmes et se pendit au cou de son amie en sanglotant :
– Flora, comment as-tu pu faire ça ?
– Daniel, tu fraternises avec l'ennemi ! bondit Naima. Infâme traître qui pue !
– Du sang ! clama Gareth dans l'agitation générale. Du sang !
Flora et Melinda firent un faux mouvement et tombèrent de la chaise de la blonde dans un grand fracas. Matthew en profita pour hurler à tue-tête :
– Au meurtre !
– Mais non, y pas de meurtre !
– Au viol, alors !
– Du sang, du sang !
– Daniel, tu es un pédophile !
– Quoi ?! Mais non, je…
– Du sang, du sang !
– Mais la ferme !
– Au viol !
– Daniel et Flora, au secours, image mentale horrible…
Finalement, Demy soupesa sa gomme et, d'un tir précis, l'envoya en plein dans le front de Gareth qui se balançait sur sa chaise en scandant « du sang, du sang ! ». Le première année bascula en arrière avec un glapissement, et s'écroula sur le sol de pierre, sous les rires des autres.
Alors qu'il se relevait, se frottant le front d'un air mauvais, Demetria se leva et toisa les joueurs d'un air menaçant :
– Si jamais mon idiot de frère surprend deux autres idiots en train de forniquer, il fait des photos, vous fait chanter vous et votre famille, partage l'argent avec moi, et je pars au Bahamas pour les vacances ! Fin du jeu !
Al' émit un sifflement impressionné, mais se tassa sur son siège quand le regard de l'aînée des Malefoy se braqua sur lui. Le silence était absolu. Finalement, Demy se rassit à sa place, et se replongea dans son livre.
Il y eut quelques secondes d'immobilité, puis les joueurs se remirent à parler… En chuchotant.
– On va garder la théorie de Demy, conclut l'Ankou. Mais je partirai aux Bahamas avec elle.
– Je peux venir ? interrogea Al' d'un air candide.
…
– « Donnez un gage à 1 et 2. »
L'Ankou et Al'. Donne un gage avec l'Ankou et Al'. Hum. Mauvais, ça. Les deux Rôdeurs se regardèrent, avant de poser sur Amy, qui avait lu la question, un regard prédateur.
– Vas-y, donne-nous un gage…
– Cette question est un peu pourrie, non ? fit Naima. Ils passent leurs vies à faire des bêtises, alors une de plus ou de moins…
– Ça peut être un gage méchant pour eux, remarqua Noah.
– Un gage reste un défi, et ils adorent les défis. Conclusion : cette question est pourrie.
– Pas faux, concéda Anthony. On pourrait pas la mettre de côté pour plus tard, Amy ? … Amy ?
Amy n'avait pas bougé. Et pour cause… Al' et l'Ankou la regardaient toujours fixement, et ça devenait un peu effrayant. Ou même carrément flippant. Amy esquissa prudemment un mouvement de recul, et les deux garçons avancèrent le coup d'autant. La Serpentard se figea, puis soupira.
– Bon, d'accord. J'ai besoin d'un coup de main…
Anthony bondit et lui arracha le papier des mains, avant de l'agiter sous le nez des deux Rôdeurs d'un air mécontent :
– Ok, vous voulez un défi ? Dessinez des moustaches de chat à McGonagall !
Depuis la porte s'éleva alors une voix réfrigérante qui les fit tous sursauter.
– Oh, très mature Mr Danares. Et c'est professeur McGonagall.
D'un air coupable, les comploteurs rencontrèrent le regard du professeur Laughlin, qui était campée dans l'embrasure de la porte et les toisait avec agacement. Pendant quelques instant, elle eut l'air tiraillée entre l'envie de leur crier dessus et celle de laisser couler.
Finalement, elle poussa un long soupir, et s'écarta de la porte :
– Allez, disparaissez.
Ils ne se le firent pas dire deux fois.
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Lettre d'Albus Potter à Harry Potter :
Cher Papa,
Tout va bien. Oui, on a été collé, mais ne t'inquiète pas : les profs en ont tellement marre de nous qu'ils n'ont pas voulu en déléguer un à la surveillance, et qu'on a juste passé notre samedi après-midi dans une salle vide à faire un jeu idiot. Mais je te jure que ça n'arrivera plus !
Oh, ne te méprends pas, ça ne veux pas dire qu'on ne se fera plus coller. Personne n'est parfait. Seulement, Inari-san a harcelé le professeur Laughlin et il a été décidé que nous n'aurions plus de retenue le samedi après-midi, période réservée au karaté.
J'espère que tout le monde va bien à la maison. Ça fait un bout de temps que je ne t'ai pas demandé des nouvelles d'Ouranos. Pauvre toutou. Est-ce qu'il est toujours aussi gros ?
Magnum va bien, il aime beaucoup Poudlard. Il aime beaucoup l'Ankou aussi, et ça a l'air d'être réciproque. Si l'Ankou parvient à ses fins, les Malefoy vont se retrouver avec un furet comme animal de compagnie. Je n'ai toujours pas compris pourquoi cette idée faisait rire le professeur Londubat…
Je t'embrasse fort,
Al'
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A suivre...
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