Forks High School Intrigues

Comme je dis toujours à chaque début de nouveau chapitre : hey !

Presque 180 reviews ! Waouh ! Merci à vous qui me lisez, aux personnes qui commentent depuis le début, anonymes ou non, et merci à toutes les personnes qui mettent un petit mot en passant ...

Entre Dr. House et Dr. Cullen, la concurrence est rude ! Qui aura le plus de patientes ?

Bon, trêve de parlotte inutile, voici le chapitre 10 !

Ah oui, j'oubliais : ce chapitre est comme un Kinder, il y a une surprise à l'intérieur !

Good Reading & Enjoy !

Bichette


Chapitre 10 : Cousins


Cousins – Vampire Weekend

Le mercredi, les cours furent exceptionnellement allégés. Et pour cause, les « vrais » entraînements pour les matchs avaient tout juste commencé. Quant aux répétitions pour le spectacle, elles n'auraient lieu que l'après-midi. Les emplois du temps avaient donc été aménagés pour chacun. Moi y compris. J'allais passer ma journée entière à photographier les préparatifs du Wintry Show. Et malgré ma réticence au début d'y participer, je me surprenais à être enthousiaste et avoir hâte. De quoi, je n'en savais trop rien. Peut-être de m'impliquer dans ce spectacle qui mettait tout le lycée en ébullition.

De huit heures moins le quart jusqu'à l'heure du déjeuner, je devais donc prendre des clichés de corps d'athlètes, au gymnase, mais aussi à la patinoire. Je n'étais pas faite pour la photo sportive, je le savais, mais Angela m'avait rassurée, me disant qu'avant tout, ce que recherchaient les gens n'étaient pas forcément le sens caché et la profondeur de l'image, mais plutôt sa simplicité.

Je passais les trois premiers quarts d'heure du matin à la patinoire, observant le hockey sur glace. Mon dieu, ces gars étaient bien matinaux ! Mon gros manteau enroulé autour de moi, je ne ratais pas une miette de l'entraînement. Je ne pourrais faire un sport comme celui. Avec une crosse dans les mains, je dégommerais d'un seul coup la moitié de l'équipe. Un vrai danger public.

Vint ensuite le tour du hockey féminin où je croisais Jenny puis du handball. J'étais admirative de leur talent. Je réalisais plusieurs clichés plaisants où les joueurs étaient en suspension dans les airs et finissais à chaque fois par une photo de l'équipe au grand complet.

Comment tous ces matchs allaient-ils pouvoir se jouer en une seule matinée ? Emmett m'avait pourtant assuré qu'ils tiendraient jusqu'à quinze heures.

Je le vis d'ailleurs ce matin-là. Il avait endossé son maillot de capitaine de l'équipe de football*, marqué au nom de « McCarty » dans son dos. (Ndlr : américain, of course !) Son épaulière rendait la carrure encore plus impressionnante. La trentaine de joueurs – les remplaçants compris (Ndlr : le football américain comporte onze joueurs dans chaque camps, mais aussi un grand nombre de remplaçants.) commencèrent à courir au petit trot autour du terrain puis à faire de rapides accélérations d'une end zone*² à l'autre. Je les observais faire leur échauffement, assise dans les gradins, mon appareil photo à la main.

Emmett avait une sacré réputation avec son poste de quaterback. Plusieurs universités l'avaient déjà contacté pour intégrer leur équipe. Emmett rêvait de devenir joueur professionnel. Malheureusement, ses parents jugeaient cet avenir d'un très mauvais œil, cette carrière n'étant pas assez « sérieuse » à leur goût.

Je vis soudain du haut de mon siège un éclat cuivré passer à toute allure sur le terrain et mon regard en fut immédiatement attiré. Edward. J'avais complètement oublié qu'il faisait parti de l'équipe. Edward, quant à lui, était halfback à cause de sa vitesse. Une rumeur circulait comme quoi il était le joueur le plus rapide que Forks High School ait jamais connu. Alors qu'il passait à ma hauteur, il me regarda puis me fit un signe de la main avant de repartir en trottinant. Je mis quelques secondes à répondre à son salut, trop occupée à le détailler. Pitoyable.

L'entraînement fini, Emmett courut vers moi précipitamment, m'attrapa par-dessous la taille et me jeta sur son épaule. Par chance, mon appareil était resté à terre. Je me débattais aussi bien que je le pouvais, tentant m'échapper de son emprise. Et Emmett continuait de rire.

– Lâche-moi tout de suite ! lui ordonnais-je, en frappant sur son dos avec mes poings serrés.

– Pas maintenant ! ricana-t-il en me donnant une petite tape sur les fesses.

En me dévissant le cou, j'arrivais quand même à voir où il m'emmenait.

– Non, non, NOOON ! Emmett, pose-moi à terre ! hurlais-je, la vision de la flaque de boue, qui s'était formée au fond du terrain à cause de la pluie, se rapprochant dangereusement.

– Je t'avais dit que je te ferais payer pour la mousse à raser dans la bouche ! rigola-t-il.

– Bordel Emmett, repose-moi ! braillais-je, la flaque n'étant plus qu'à deux mètres de nous.

– Ne rêve pas trop, tu l'as bien mérité !

– Emmett, je t'ai fait des cookies l'autre jour ! Je suis ta cousine et euh ... je le dirais à Rosalie ! Et aussi à Charlie ! Oh bon sang, laisse-moi partir, je ... je ferais tout ce que tu veux ! lâchais-je, à court d'argument.

–Tsss, je veux juste te lancer dans la boue Bella, ce n'est rien du tout ! Et après tu seras pardonnée de toutes les bêtises que tu m'as faîtes, de la glace aux poivrons jusqu'aux cheveux dans ma brosse à dents... répliqua-t-il.

Pitié, oh nooon !

Et les joueurs derrière étaient toujours pliés en deux, totalement morts de rire.

– S'il-vous plaît les gars, aidez-moi ! les suppliais-je, me tortillant pour glisser de l'épaule d'Emmett.

Mais ils continuaient de se rouler par terre.

Il y eut soudain une secousse, où Emmett vacilla avant de tomber la tête la première dans la flaque, alors que je retombais dans une roulade, un mètre plus loin, épargnée de la boue. J'aurai sûrement des bleus dans le dos.

– EDWARD ! rugit Emmett, décollant son visage de la terre, crachant ce qu'il avait avaler par erreur, la bouche grande ouverte.

Edward s'était apparemment jeté sur Emmett, nous faisant ainsi tomber. Mon cousin, essayant de retrouver son équilibre m'avait lâchée dans sa chute, ce qui expliquait pourquoi moi, j'étais propre. Mon sauveur se tordait de rire au sol, son bras toujours enroulé autour de ma taille, ayant voulu amortir ma chute. Je commençais par glousser en voyant la tête boueuse d'Emmett, avant de finalement exploser de rire à mon tour, l'observant se consumer de fureur.

– EDWARD ET BELLA ! hurla-t-il en se relevant difficilement, son torse trempé tout marron.

– COURS ! me cria Edward en attrapant ma main, m'entraînant à l'autre bout du terrain, alors qu'Emmett se saisissait d'un gros morceau de boue et nous poursuivait en braillant.

Je courrais, toujours tirée par Edward. Le terrain de football américain mesure presque cent dix mètres, et je peux vous dire qu'on les sent passer un à un. Et Edward courait vraiment très, mais très vite, ce n'était pas une légende. Je n'arrivais plus à suivre son rythme, bien que je sois toujours accrochée à sa main. Me prenant les pieds dans la pelouse, je m'étalais de tout mon long par terre. Ni une, ni deux, Edward me releva prestement et me jeta par-dessus son épaule, comme l'avait fait Emmett auparavant.

– Hé ! protestais-je.

– Tu souhaites réellement te recevoir une boule de boue à la figure ? répliqua Edward, le souffle court, continuant de courir.

– Euh, pas exactement, répondis-je, un peu secouée par la course.

Et Emmett nous poursuivait toujours derrière.

– CULLEN ! RAMÈNE TON DERRIÈRE ICI SUR LE CHAMP !

– Désolé Capitaine ! J'ai votre cousine en otage ! ricana-t-il, atteignant enfin le local à matériel.

Il entra rapidement à l'intérieur et claqua la porte au nez d'Emmett, toujours sans me lâcher, ce qui n'était certainement pas pour me gêner. Nous entendîmes le bruit de l'impact de la boue contre la porte, suivi d'un grognement rageur d'Emmett. Et Edward riait toujours.

– Est-ce que tu peux m'aider à descendre de là ? lui demandais-je timidement.

– Oh, oui bien sûr, s'empressa-t-il de dire en fléchissant les genoux et en attrapant ma taille.

– Tu crois qu'il est parti ? le questionnais-je en le regardant droit dans les yeux, n'entendant plus Emmett dehors.

– Sans doute. Il a du aller prendre une douche.

Je me saisissais alors de la poignée, ouvrais vivement la porte et, ... PAF ! Un gros morceau de boue fut projeté sur ma poitrine.

– Oups ! Désolé ! fit Emmett, pas honteux pour deux sous. Je pensais que c'était Edward.

– EMMETT MCCARTHY ! As-tu au moins deux neurones en état de fonctionnement dans ce cerveau désespérément vide ? m'écriais-je, enlevant la terre de ma chemise blanche, désormais fichue.

– Désolé, répéta-t-il, mais toujours mort de rire.

– Je fais comment moi maintenant ? demandais-je, perplexe. Je n'ai pas de vêtements de rechange, je n'avais pas prévu cela ...

Emmett médita cette remarque quelques instants, songeur. Se dirigeant vers les vestiaires, il me fit signe de la suivre d'un coup de la tête et l'équipe lui emboîta le pas. Ouvrant les casiers à la volée, Emmett farfouilla à l'intérieur, tentant de dénicher quelque chose à me mettre. Enfin, c'est ce que je compris entre deux « BAM ! » retentissant à cause des chocs de métal... Au bout de cinq minutes, Emmett se tourna vers moi, dépité.

– Désolé Bella, les cheerleaders n'ont oublié aucun vêtement cette fois-ci. Et je n'ai pas de tee-shirt à te prêter, tu nagerais dedans.

– J'ai un sweat propre dans mon sac, se manifesta alors Austen, un gabarit nettement plus petit que celui de mon cousin.

– Parfait, le problème est résolu, conclut Emmett en frappant dans ses mains. Tiens, tu peux te doucher ici et te changer là, m'expliqua-t-il en me fourrant le haut et une serviette dans les bras après m'avoir montré les douches des cheerleaders.

Ma douche finie, je revêtais le sweat d'Austen. Sortant des vestiaires, je cherchais ceux des garçons, non pas pour aller les espionner, mais plutôt pour remercier Austen. Je m'approchais d'une porte blanche, un faisceau de lumière passant dessous, intriguée par les éclats de voix qui en sortaient. Poussant l'entrebâillement, je reconnu celle d'Emmett, dominant les autres.

Put me in a special school,
'Cause I am such a fool,
And I don't need a single book to teach me how to read.

Un rire silencieux me prit alors en entendant Emmett chanter. Et surtout en faisant attention à ce qu'il chantait. Mais il n'était pas le seul. Kurt, un des widereceivers, vint alors prendre la suite de la chanson.

Who needs stupid books?
The alphabetey crooks,
And I will learn by studying the lessons in my dreams

Ouvrant d'avantage la porte, je vis Benjamin monter sur le banc qui traversait le vestiaire, prenant la parole, tout en se déhanchant de façon exagérée, appuyant sur chaque syllabe qu'il chantait.

So turn off the T.V.
'Cause that's what others see
And movies are as bad as eating chocolate ice cream

Sur le mot "cream" il sauta à terre.
Une autre voix qui ne m'était pas inconnue mais que je n'avais jamais alors entendue ainsi se fit entendre.

They only sicken me
Don't let me play for bar
I'll sack the quarterback and jack the brother of the ball,
finit Edward en claquant la porte de son casier sur la fin du vers.

Soudain, le reste des joueurs qui n'avait encore rien dit, se mit à chanter en cœur le refrain. Je sursautais en entendant leurs voix puissantes.

I'm a troublemaker
Never been a faker
Doin' things my own way
And never givin' up.
I'm a troublemaker
Not a doubletaker
I don't have the patience to keep it on the up.

I picked up a guitar,
What does this signify?
I'm gonna play some heavy metal,
Wishing you would die,
reprit Emmett, parfaitement dans les temps.

– You wanted arts and crafts?
How's this for arts and crafts? suivit Kurt, pendant que Benjamin claquait lui aussi une porte métallique sur chaque « crafts ».

– That's right ! s'exclamèrent tout les autres joueurs, suite au court solo de air guitar de Kurt.

– I'm growin' out my hair
I'm movin' up to Cherokee
I'm gonna be a rockstar
And you are gonna bear with me
'Cause I can't book a job,
Like any other slob,
Punchin' in and punchin' out,
chanta Edward, tout en lassant nonchalamment ses lacets.

Marryin' a bi-atch, reprit Emmett, tout en mimant sa future femme avec des gestes qui ressemblaient étrangements à ceux de Lauren.
Havin' Seven ki-ads,
Givin' up and growin' old,

– And hopin' there's a god,
poursuivit de nouveau toute l'équipe en reprenant le refrain.

I'm a troublemaker
Never been a faker
Doin' things my own way
And never givin' up
I'm a troublemaker
Not a doubletaker
I don't have the patience to keep it on the up

J'étais complètement stupéfaite. Ils auraient pu monter un concert à eux tous seuls. Et le pire – ou le meilleur – est qu'ils ne chantaient pas faux du tout. Je restais donc pantoise, à les regarder se préparer tout en continuant leur chanson comme si de rien n'était.

– I'm gonna be star
And people will crane necks
To get a glimpse of me
And see if I am havin' sex
, entonna Benjamin, remontant encore une fois sur le banc.

And studyin' my moves
They try to understand
Why I am so unlike
The singers in the other bands
, chanta alors Edward, tyrant sur la fermeture de son sac comme si de rien n'était.

– I'm such a mystery
As anyone can see
There isn't anybody else
Exactly quite like me
And when it's party time
Like 1999
I'll party by myself because I'm such a special guy,
dit un gars du nom de Peter, qui n'était encore pas intervenu jusqu'à présent.

I'm a troublemaker
Never been a faker
Doin' things my own way
And never givin' up.
I'm a troublemaker
Not a doubletaker
I don't have the patience to keep it on the up,
fit de nouveau la trentaine de joueurs en claquant tous leur casier sur le dernier mot.

I'm a trouble maker
Keep it on the up, crièrent-ils quatre fois en répétant "UP!" à chaque fin de phrase.

Never givin' up, conclua Edward, refermant son propre casier d'un coup de pied.

J'étais, je dois le dire, complètement sur les fesses. Qui aurait cru qu'une équipe de football américain chantait dans les vestiaires ? Je devais reconnaître que c'était l'une des meilleures interprétations que « Troublemaker » des Weezer que je n'ai jamais entendu.

Un courant d'air fit alors ouvrir en grand la porte grinçante. L'équipe au grand complet se tourna vers moi, cherchant du regard d'où venait ce bruit. Je vis Emmett me dévisager, moi, la mâchoire complètement décrochée par ce que je venais d'entendre et de voir, les gars marquant le tempo en fermant leur casier, Benjamin sautant sur le banc, Kurt et son solo de guitare, Emmett chantant – ce qui était rare – et Edward fredonnant comme si de rien n'était.

– Bella ? demanda Emmett en m'observant dans un grand état d'incompréhension.

– C'était quoi ce truc ? lâchais-je enfin.

Et ils se mirent tous à rire en voyant ma réaction.

Ces types étaient définitivement fous.


POV Edward.

Je quittais ma chambre en avance ce matin là. Pas que j'étais matinal, certainement pas, mais simplement parce que je m'inquiétais. Je m'inquiétais inutilement que Bella Swan vienne nous photographier aujourd'hui.

Je rejoignais Emmett dans les vestiaires, pour une partie théorique nous permettant de nous préparer pour le match important qui aurait lieu avant les vacances. Je ne comprenais justement pas cette importance. D'autres en accordaient beaucoup trop, et étaient prêts à tous les coups bas. Et si le match ne se jouait pas à la loyale, et bien je répondrais moi aussi par des coups bas.

Voir Emmett me fit automatiquement penser à Bella. Il parlait tout le temps d'elle dans les vestiaires. J'apprenais peu à peu à en apprendre plus sur elle, même si j'aurai préféré qu'elle m'apprenne ce qu'Emmett disait. Mais à chaque fois que j'engageais la conversation avec Bella, je m'y prenais mal. Je savais qu'elle aimait la glace « Cookie Dough » de Ben & Jerry's, qu'elle était une fan de littérature classique, qu'elle détestait le shopping, qu'elle avait une petite cicatrice en dessous du genou gauche parce qu'elle était tombée à vélo étant petite, ... Autant de petits détails insignifiants mais qui bizarrement avaient une certaine valeur à mes yeux.

Sortant de ma rêverie pendant laquelle je m'étais changé, je regardais distraitement le head coach exposer ses dernières tactiques mises au point. Je ne l'écoutais que d'une oreille, attendant avec anxiété le moment où il nous faudrait aller sur le terrain.

– Alors, des questions ? demanda notre entraîneur, en joignant ses mains. Edward, t'as l'air un peu dans les vapes ce matin, faudrait peut-être que tu commences à te réveiller ou alors je m'en chargerai.

– Il lui manque sans doute une partie de cerveau, railla Benjamin, en enfilant son facemask.

Depuis qu'il était venu à la bibliothèque alors que nous travaillions Bella et moi, il ne cessait de faire des sous-entendus, plus ou moins énervants. Je ne le connaissais pas sous cet angle-là. Nous avions toujours été en de bons termes.

Enfin, jusqu'à maintenant.

– Peut-être, mais moi, j'ai le mérite d'en avoir au moins une moitié, répliquais-je en marchant sur le terrain, humide par la rosée du matin.

Je commençais alors à chercher Bella du regard mais n'eu pas le temps de poursuivre mon inspection, l'entraîneur nous ayant ordonné de faire des tours de terrain pour nous échauffer, puis des accélérations.

Enfin, je l'aperçue dans les gradins, assise sur un des sièges en plastiques, son appareil dans la main. En la voyant, mon cœur fit un drôle de truc que je n'identifiais pas dans ma poitrine. Je ressentis alors le besoin de manifester ma présence et lui adressait un petit signe de la main accompagné d'un sourire. Mais si elle mit quelques temps à réagir à mon geste, je crois qu'elle le vit, puisque ses lèvres s'étirèrent alors d'une façon tout à fait adorable.

Se sentir observer par elle était à la fois agréable et ... déconcertant. Agréable parce que j'appréciais sa présence, peu importe ce qu'elle pouvait en penser. Cela ... m'apaisait, et je ne savais pas trop expliquer pourquoi. Déconcertant parce que d'une façon ou d'une autre, j'avais peur de la décevoir. Je l'avais déjà déçue, et je n'avais pas envie de recommencer.

L'entraînement se termina enfin et je vis Emmett quitter le terrain et courir en direction de Bella. Celle-ci me jeta un regard apeuré juste avant qu'Emmett ne la balance sur son épaule, comme s'il avait soulevé un simple sac. Bella se débattait comme elle pouvait, tandis qu'Emmett riait au éclat. J'étais envieux de cette complicité qu'Emmett avait souvent mentionné dans les vestiaires. Et je ne pouvais m'empêcher de le questionner sur ce qu'ils avaient vécu ensemble. Je voulais connaître Bella.

J'observais Bella crier à Emmett de la lâcher et je ne pouvais m'empêcher de la trouver hilarante. Je vis alors ce que son cousin projetait de faire : la balancer dans la flaque de boue qui s'était formée cette nuit.

Percevant l'intention d'Emmett, Bella se tortilla de plus belle pour échapper à son emprise, tout en essayant de lui faire du chantage affectif. J'éclatais de rire.

Désespérée, elle appela le reste de l'équipe à l'aide. Message que je reçus parfaitement. Emmett voulait jouer avec Bella, et bien moi aussi je voulais jouer avec eux.

Me levant du sol où j'étais assis, je courrais vers Emmett, le percutais et le plaquais au sol. Mais, voulant éviter une chute à Bella, qui semblait très sujette à ce genre de chose, j'enroulais mon bras autour de sa fine taille, dans l'objectif d'amortir le choc. Emmett tomba en plein dans la flaque, son plan s'étant retourné contre lui. J'éclatais une nouvelle fois de rire.

Anormalement, je me sentais bien, à rire allongé dans l'herbe humide, Bella presque couchée sur mon torse. Je ne souhaitais pas bouger d'ici.

Mais c'était sans compter sur Emmett qui voulu nous poursuivre. Refusant de lâcher la petite main chaude de Bella, je la relevais en l'entraînait dans ma course. Trébuchant, je ne vis d'autre choix que celui de la mettre sur mon épaule à mon tour. Mais contrairement à Emmett, j'essayais d'être le moins brutal possible et de la déposer délicatement. A mon plus grand plaisir, elle ne protesta pas trop.

Je m'engouffrais rapidement dans le local pendant qu'Emmett continuait de nous hurler dessus. Enfin, il se calma et bientôt, je n'entendis que le souffle de Bella.

– Est-ce que tu peux m'aider à descendre de là ? demanda-t-elle timidement après quelques minutes de silence

– Oh, oui bien sûr, m'empressais-je de dire en fléchissant les genoux et en attrapant délicatement sa taille. J'essayais de garder ce contact le plus longtemps possible, le savourant durant chaque seconde. Mais je dû trop rapidement à mon goût y mettre fin.

– Tu crois qu'il est parti ? me questionnai-t-elle en le regardant droit dans les yeux. Je ne cessais de me noyer dans les méandres que ses prunelles de chocolat qu'étaient ses propres yeux.

– Sans doute. Il a du aller prendre une douche, répondis-je, bien que je veuille qu'elle reste plus longtemps en ma compagnie. Ces moments étaient toujours trop courts, je ne savais expliquer pourquoi.

Au moment où elle ouvrit la porte, Emmett lui projeta un énorme morceau de terre sur sa chemise. L'immonde boue tachait sa délicate peau d'ivoire. Vint alors le problème des vêtements de rechange. Emmett ne réfléchissait jamais aux conséquences de ses actes. Un grand gamin dans l'âme en quelque sorte.

J'eu soudain une idée, une idée qui me plaisait tellement que s'en était inquiétant. Mais avant que je puisse la formuler à vois haute, Austen me coupa la parole pour proposer à Bella un de ses sweat propre. Je grinçais de dents.

Je me promis qu'un jour, Bella porterait un de mes sweat. Un de mes sweat de football.

Marqué dans le dos au nom de Cullen.


POV Bella.

Après avoir dit au revoir à l'équipe, je me rendais à la cafétéria dans un flou total, mon esprit rendu brumeux par les nombreuses pensées qui s'y bousculaient.

Edward ne cessait jamais de m'étonner. Après avoir été si distant, voilà que nous avions du contact, si je puis dire. J'avais même ressenti une certaine complicité dans nos échanges. Et c'était lui qui l'avait voulu.

Et bizarrement, cela ne me déplaisait pas.

Plusieurs personnes se retournèrent sur mon passage, sans que je sache trop pourquoi. Je m'examinais rapidement, aucune trace de boue ne subsistait et je portais un haut propre.

M'emparant de mon plateau, je me dirigeais vers la table qu'occupait Angela et les autres. Jessica me dévisagea d'un drôle d'air.

– Comment ça se fait que tu aies le sweat d'Austin Marks sur le dos ? s'étonna-t-elle.

– Co... Comment sais-tu cela ? bafouillais-je.

– Les noms des joueurs sont marqués dans le dos de leurs sweat.

– Oh oui, c'est vrai j'avais oublie, fis-je distraitement en me dévissant le coup, tentant de trouver ledit nom dans mon dos. Ma tentative fut un échec.

– Bon alors ? demanda de nouveau Jessica, attendant toujours visiblement ma réponse.

– Emmett m'a balancé de la boue après l'entraînement de football.

– Et ? s'enquit-elle.

– Et quoi ? Austen a juste été assez sympa pour me passer un de ses sweat propres. C'est tout, fis-je en piquant un morceau de carotte dans mon assiette.

– Il n'aurait pas du, dit Angela.

– Pourquoi ? Je n'allais pas me balader toute la journée avec ma chemise boueuse.

– Comment t'expliquer ça ... Bon, chaque différent joueur de chaque différent club se voit offrir tout au long de sa scolarité des vêtements marqués à son nom. Et généralement, les joueurs ne passent jamais ces vêtements là.

– Et ? demandais-je, ne voyant pas du tout où elle venait en venir.

Jenny et Angela échangèrent un regard gêné.

– Quand les joueurs prêtent par exemple une veste à une personne, en théorie, cela veut dire que cette personne représente quelque chose de suffisamment important à leurs yeux pour qu'elle puisse et qu'elle ait le privilège de se promener avec le nom du joueur dans le dos.

Je comprenais maintenant la méprise des élèves qui m'avaient détaillée lors de mon entrée à la cafétéria. Me tournant de ma chaise, j'entendis alors à nouveau ce petit bruit insolite qui ne m'inspirait pas bonne augure.

Bordel, qu'est-ce que c'était que ce truc ?

Mais avant que je ne puisse penser d'avantage, Edward se présenta à notre table, passant sa main dans ses cheveux de bronze. Tic que j'avais remarqué qu'il avait lorsqu'il était nerveux.

– Euh, Bella ... Je crois que tu as oublié quelque chose dans les gradins, expliqua-t-il, alors qu'il fouillait dans son sac à la recherche de je ne sais trop quoi.

– Oh, c'est vrai ! Merci, lui dis-je en prenant l'appareil photo qu'il me tendait.

Encore une photo, ce petit déclic se fit entendre.

– On se voit tout à l'heure ? rappela-t-il.

– Ah, oui, pour le Wintry Show, remarquais-je. On se voit là-bas, déclarais-je en le voyant s'éloigner.

– Edward ! l'interpela Alice, sans lever les yeux de son assiette. Vous pourriez peut-être y aller ensemble, non ? Comme cela, tu pourras montrer à Bella où se passent les répétitions.

Je fixais Alice, l'obligeant à me regarder. Que cherchait-elle à faire ?

– Nooon ! Qu'est-ce que tu fabriques ? articulais-je silencieusement en mimant les paroles sur mes lèvres, même si en réalité, je mourrais d'envie de me jeter à son coup.

En guise de réponse, elle m'adressa un petit sourire ravi.

– Vous feriez bien de partir, les répétitions ont déjà commencé depuis dix minutes, ajouta-t-elle, après avoir jeté un regard à son portable.

Je me levais silencieusement, attrapais mon sac et allais rejoindre Edward qui m'attendait un peu plus loin.

– C'est parti, plaisanta-t-il en m'ouvrant la porte pour sortir dehors.

Il ne croyait pas si bien dire ...


* Je tenais à remercier le gars inconnu dans le couloir qui m'a permis de me débloquer pour ce passage. En fait, j'ai eu une petite panne d'inspiration à ce stade de l'écriture. C'est littéralement les Etats-Unis dans les couloirs du lycée. (Je parie que vous ne voyez pas du tout où je veux en venir). On trouve sur le dos de la plupart des élèves sweat à capuche, sweat d'université, veste de football américain ou de baseball, ainsi que des chemises à carreaux, à profusion. Et donc, lors d'un embouteillage dans les couloirs, je me trouvais derrière ce gars qui portait une veste de football américain, et ça fait « tilt » dans ma tête et la situation s'est débloquée d'elle-même ! Merci à toi, inconnu du troisième étage.

*² La totalité des termes de football américain utilisés dans ce chapitre sont vérifiés. Vous m'excuserez par ailleurs si j'ai fais des erreurs ...

Par ailleurs, je vous conseille vivement d'écouter Troublemaker de Weezer en imaginant ce que les joueurs font ...

Je me suis aventurée dans un petit POV d'Edward. Je ne sais pas du tout ce que ça va donner. Dîtes-moi ce que vous en pensez. Vous avez droit de me taper si vous n'êtes pas contents !

Mlle-choco, tu as deviné ce que je voulais faire avant que je ne le fasse ! Tes vœux sont exaucés !

Encore ce drôle de petit bruit bizarre ! Mais je vous ai donné un indice, cherchez-le !

Prochain chapitre : les répétitions et un peu de Lauren au programme ! Ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu !

Bon alors voici le moment que vous attendez tou(te)s !

Attention, *Tatadadam* c'est l'heure de la minute : « Joue avec moi » !

Imaginez, vous êtes chez vous, seule. Il y a une semaine, vous avez participez à un jeu stupide sur internet sponsorisé par Kinder© où le cadeau était un œuf Kinder© géant de votre taille. A votre plus grande surprise, vous avez gagné ce concours. Vous attendez donc impatiente que le livreur arrive. Soudain, on sonne à votre porte. Vous l'ouvrez et un homme pénètre dans votre appartement avec un énorme œuf au chocolat posé sur un plateau à roulette. Après avoir signé le reçu, vous revenez au salon où le cadeau à été déposé. Vous déchirez le papier rouge et orange, et salivez à la vue de tout ce chocolat. Vous décidez alors de cassez l'œuf pour ainsi récupérer la surprise. Vous saisissant d'un petit marteau, vous entamez la coque qui s'ouvre en deux sous le coup. A ce moment précis, plusieurs solutions s'offrent à vous. Choisissez celle que vous désirez. Soit vous trouvez à l'intérieur de l'œuf Kinder© :

– Rien. Vous vous êtes fait arnaquée. Le chocolat est de la plus mauvaise qualité. Vous vous consolez en mangeant un paquet géant de chamallows devant la saison 8 de Friends, installée confortablement dans votre canapé, tout en vous vernissant les ongles. Alors : TAPPEZ DU PIED !

– Une superbe petite voiture en plastique rose à monter avec toute une plaquette d'autocollants. Vous passez trois heures à essayer d'ouvrir la petite boîte jaune, puis le reste de la semaine à la monter, malgré le mode d'emploi prévu pour un enfant de quatre ans, et à la décorer, par vos plus grands soins. Votre travail fini, vous vous demandez ce que vous allez en faire pour finalement aller la vendre dans un vide-grenier. Alors : FRAPPEZ DANS VOS MAINS !

– Edward Cullen, vêtu d'un smoking noir assez décontracté, trois boutons de sa chemise blanche déjà ouverts. Il passe une main dans ses magnifiques cheveux, tout en tenant dans l'autre une rose rouge. Il descend gracieusement de la coque et se poste devant vous. Vous regardant avec son petit sourire en coin qui vous fait littéralement fondre, il vous dit d'une voix suave : « Je devrais peut-être t'aider à manger tout ce chocolat. Avec la chaleur qu'il fait ici, il va bientôt commencer à fondre. », ajoute-t-il en enlevant sa veste noire. Alors : CLIQUEZ SUR REVIEW !

Libre à vous d'augmenter le chauffage. Celles qui le désirent peuvent éventuellement remplacer Edward Cullen par Robert Pattinson, ou même carrément trouver les deux dans le Kinder©, ils n'ont qu'à se tasser un peu, je suis sûre qu'ils peuvent rentrer dedans.

Si seulement toutes les surprises des Kinder étaient comme celles-ci ... *soupire* Mais on prendrait toutes cinq kilos en un mois ... (A moins qu'on trouve une autre façon de les perdre, en faisant du « sport », si vous voyez ce que je veux dire ...) Non, non, non, pas de sous-entendus !

Miss. Jagger, je t'autorise à remplacer Edward Cullen par Jack Force ! Pour celle qui ne le connaisse pas, c'est l'un des personnages de la série de livres intitulée Blue Blood, écrite par Melissa de la Cruz. Je vous conseille de les lire, ils sont géniaux !

Merci de m'avoir lue et d'avoir pris le temps de le faire !

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