Bonjour à tout le monde,
Je suis désolée de ne pas avoir posté hier. Mais j'étais à Paris et ce n'était pas prévu (surprise pour mon anniversaire, ma soeur m'a emmené assister à l'enregistrement d'une émission télé).
Donc voici le chapitre 10 corrigé comme toujours par Elyrine.
Merci pour votre fidélité et encore mille pardon !
Bonne lecture et à lundi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Half life de Duncan Sheik
Chapitre 10 : Problèmes de logement
« La fusion de deux énergies opposables ne donne nullement une émulation durable mais une simple cohabitation instable. »
Serge Zeller
2 février 2008. 8 ans, 11 mois et 16 jours avant l'accident.
Castiel continuait d'aimer Dean en secret. Il continuait de rêver de lui et de le désirer de toutes ses forces. Il continuait d'espérer avoir un jour une chance d'être plus qu'un ami pour lui. Même après un peu plus de huit mois à le fréquenter quotidiennement de façon tout à fait platonique, il n'avait pas réussi à oublier combien il aimait le jeune homme.
Il l'avait toutefois rangé dans un coin de sa tête. Il avait besoin de cette amitié. Pas uniquement parce qu'elle lui permettait de voir Dean régulièrement, mais aussi et surtout parce que le jeune homme était son seul véritable ami. S'il ne l'avait plus, il ne lui resterait que Gabriel. Et c'était différent avec lui. Il était son frère pas son ami. Dean était la personne à qui il se confiait. Celui avec lequel il occupait tout son temps libre. Celui qui le faisait rire et l'accompagnait au cinéma ou dans des bars. Dean lui donnait le sourire et ça n'avait pas de prix.
Il avait donc appris à ignorer ses sentiments pour se concentrer uniquement sur leur amitié. C'était une forme d'amour, après tout. Juste pas celle à laquelle il aspirait depuis leur rencontre.
Être ami avec Dean n'avait que des avantages. En plus de tout ce que le jeune homme lui apportait au quotidien, il avait la chance de le voir enfin évoluer. Il avait été là quand Dean s'était inscrit à quelques cours à la faculté. Il avait été là quand le jeune homme avait reçu ses premiers compliments et ses premiers encouragements. Il avait été là enfin quand Dean avait enfin été convaincu par ses professeurs de suivre la totalité des cours de son cursus à partir de janvier. Il avait dû réduire ses heures au café mais après une longue conversation avec Sam, il avait fini par céder. Son frère voulait le voir réussir et n'avait pas accepté qu'il refuse de s'engager totalement. Dean avait fini par accepter. Il était à présent un étudiant à part entière et ses notes étaient excellentes. Selon certains de ses professeurs, il avait de fortes chances d'être exposé dès la fin de l'année. Castiel s'était difficilement retenu de lui dire qu'il l'avait su dès le début. Il était convaincu que Dean n'aurait pas apprécié.
De son côté, Castiel continuait de préparer sa thèse. Maintenant qu'il sortait plus régulièrement, il avançait un peu moins rapidement. Il avait toutefois suffisamment d'avance pour ne pas risquer de compromettre son avenir. Il avait encore plusieurs mois devant lui avant de devoir rendre son dossier.
Castiel aurait bien sûr dû savoir que c'était au moment où tout semblait fonctionner pour lui que les choses se compliqueraient à nouveau. Il ne pouvait même pas s'en prendre à qui que ce soit d'autre qu'à lui. Tout était de sa faute.
La soirée avait commencé comme beaucoup d'autres avant elle. Normalement. Ils s'étaient retrouvés chez Castiel. Depuis qu'il ne vivait plus seul, Dean ne l'invitait que rarement chez lui. Castiel s'en fichait. Il ne se souciait pas de l'endroit où il se trouvait du moment qu'il s'y trouvait avec son ami. Et il devait reconnaître qu'il préférait l'avoir uniquement pour lui. Il devait déjà le partager avec Charlie, sa colocataire, depuis plusieurs mois. Il préférait que leur soirée ne soit qu'à eux.
Bien sûr, il était soulagé que la jeune femme ne représente aucun danger. Quand Dean lui avait annoncé son intention de prendre une colocataire, il avait été terrifié. Ce qui était stupide. Mais il n'avait pas pu s'empêcher de penser qu'elle serait séduisante et parfaite pour Dean. Qu'ils finiraient par tomber amoureux l'un de l'autre. Par se marier. Castiel se retrouverait alors seul. Mais Dean lui avait ensuite annoncé son intention de prendre sa collègue et amie Charlie. Castiel ne la connaissait pas bien mais il savait l'essentiel. Elle était cent pour cent lesbienne et n'était donc absolument pas intéressée par le jeune homme. Elle avait même une petite amie et considérait Dean comme une sorte de grand frère.
Cela ne l'empêchait toutefois pas d'être jaloux. Charlie avait la chance de voir Dean au réveil, encore endormi et sans doute absolument adorable. Elle pouvait le voir sortir de la douche, uniquement vêtu d'une serviette autour de la taille. Elle était là à son retour de l'université ou du café. Elle pouvait profiter de tous ces moments desquels Castiel était absent. Il aurait voulu être à sa place. Ce fut d'ailleurs ce qui le conduisit à faire quelque chose de fondamentalement stupide.
Dean était chez lui depuis une petite heure. Il était occupé dans la cuisine, déterminé à préparer à Castiel les hamburgers dont il avait le secret. L'odeur dans l'appartement lui donnait l'eau à la bouche. Il avait passé la dernière heure à regarder Dean travailler et à admirer le mouvement de ses muscles sous le fin T-shirt qu'il portait et le dessin de ses fesses sous son jean trop serré. Cela le poussait souvent à perdre le fil de la conversation. Et quand Dean lui signifia qu'il avait un problème, il avait la tête ailleurs et ne parvenait plus à réfléchir. C'était sa seule excuse pour ce qu'il proposa ensuite au jeune homme.
- J'adore Gilda et franchement je suis content pour elles mais… son départ me complique sacrément la vie. Je vais devoir trouver un autre colocataire… ou même changer d'appartement pour quelque chose de plus petit. Je pourrais prendre un studio. Je n'ai pas vraiment besoin de beaucoup plus. Il suffit que je puisse installer un lit.
Castiel fronça les sourcils. Il avait perdu le fil de la conversation depuis trop longtemps pour savoir de quoi le jeune homme parlait. A vrai dire, il ne se souvenait même pas qu'ils aient parlé de Charlie.
- Son départ ? Demanda-t-il en détournant son regard des fesses de Dean.
Le jeune homme lui jeta alors un coup d'œil par dessus son épaule. Il semblait amusé qu'il soit perdu.
- Tu es avec moi ? Ça doit faire une bonne vingtaine de minutes que je me plains du départ de Charlie.
Castiel se sentit aussitôt coupable. Dean méritait qu'il prête attention à ce qu'il lui disait. Mais il avait été distrait. Il se racla la gorge avant de se passer une main sur le visage.
- Désolé, je… j'avais la tête ailleurs, je suppose.
- Un problème avec ta thèse ? Tu peux m'en parler, tu sais… je ne peux sans doute pas faire grand-chose pour t'aider mais je peux au moins t'écouter. Ce sera toujours plus productif que de geindre comme un enfant qu'on a privé de son jouet préféré.
Castiel sourit face à cette analogie. Il secoua ensuite la tête.
- Non, je… c'est rien. Juste un petit problème de traduction mais il devrait se résoudre rapidement, mentit-il avec aplomb.
C'était quelque chose qu'il avait dû apprendre à faire depuis qu'il connaissait Dean. Il ne lui mentait jamais sur les choses importantes. La seule chose qu'il lui cachait était la réelle nature de ses sentiments pour lui. Et puisqu'ils n'étaient pas réciproques, ça n'avait pas une grande importance.
- Tu me parlais de Charlie ? Lança-t-il ensuite pour encourager Dean à lui réexpliquer son problème depuis le début.
Dean l'observa une seconde avant de reporter finalement son attention sur ce qu'il faisait. Castiel se força à regarder le sol pour ne pas se laisser distraire à nouveau. Il s'en était sorti avec une excuse qui tenait la route une fois mais il aurait du mal à recommencer sans avoir l'air de mentir.
- Elle m'a annoncé ce matin qu'elle allait emménager avec Gilda. Je l'avais senti venir mais je pensais que j'aurais plus de temps pour me préparer. Je pensais passer une annonce avant son départ. Mais elle s'en va à la fin de la semaine et je ne pense pas pouvoir trouver quelqu'un aussi rapidement. Je vais donc devoir rendre l'appartement. Je ne peux plus l'assumer seul et… je n'ai pas besoin d'un aussi grand espace. Je peux me contenter d'un petit studio.
Castiel n'imaginait pas son ami vivant ailleurs que dans l'appartement qu'il occupait actuellement. Il lui ressemblait bien trop pour qu'il puisse en changer. Et il n'aimait pas non plus l'idée de le savoir emménageant dans un appartement trop petit et probablement insalubre. Il avait besoin d'espace.
- Tu adores cet appartement, rappela-t-il alors.
Dean haussa les épaules. Castiel savait parfaitement ce que son ami pensait à cet instant précis. Il ne comptait pas, ce qu'il voulait n'avait aucune importance. Mais ce n'était pas acceptable. Ils allaient devoir trouver une solution.
- Tu ne peux pas déménager. L'endroit est parfait. Tu me l'as dit toi-même à plusieurs reprises… tu te sens chez toi là-bas.
- J'adore cet appartement mais je ne peux plus me permettre de le garder. C'est aussi simple que ça, Cas.
- Non, ce n'est pas aussi simple. Charlie peut peut-être retarder son départ et te laisser le temps de trouver quelqu'un d'autre. Ou elle peut assumer sa part de loyer jusqu'à ce que tu aies un nouveau colocataire.
Castiel aimait bien Charlie. Les rares fois où il l'avait vue, il l'avait trouvée drôle et gentille. Elle tenait visiblement beaucoup à Dean. Mais cette fois, elle était égoïste. Elle ne se rendait probablement pas compte des conséquences que son départ auraient sur le jeune homme. Ou elle s'en fichait. Ce qui était encore pire.
- Elles ont déjà trouvé leur appartement et… Gilda ne peut pas le payer seule. C'est pas grave. Je trouverai un autre endroit.
Castiel aurait probablement dû accepter cette réponse et s'en tenir à ça. Il aurait dû laisser Dean déménager et prendre un appartement plus petit. Il aurait dû se taire. Mais comme à chaque fois qu'il s'agissait du jeune homme, il était incapable de rester silencieux et de le laisser prendre une décision qui aurait des conséquences négatives sur sa vie ensuite. Il ouvrit donc la bouche et proposa à Dean la chose la plus stupide qui soit le concernant.
- Je pourrais être ton colocataire.
Au moment où ces mots franchirent le seuil de ses lèvres, il les regretta aussitôt. Il voulait vivre avec Dean. C'était ce qu'il désirait le plus au monde. Mais il ne pouvait pas être son colocataire. Il ne pouvait pas cohabiter avec lui. Il voulait partager sa chambre et son lit. Vivre avec le jeune homme dans cette situation l'exposerait à une tentation qu'il n'était pas sûr de pouvoir supporter. Il serait constamment avec lui. Il n'aurait plus vraiment de moments à lui pour décompresser et évacuer un peu de tension. Dean serait toujours là. Le matin au réveil. Le soir avant de se coucher. Peut-être même à moitié nu parfois. Ils partageraient une douche et Castiel savait qu'il aurait du mal à y entrer sans penser que Dean y avait été nu avant lui. De plus, il serait probablement là quand le jeune homme choisirait de ramener une fille. Il n'était pas sûr de pouvoir le supporter.
- Quoi ?
La voix de Dean le tira de ses songes et de son début de crise de panique. Il n'était visiblement pas le seul à être surpris par sa proposition. Il avait peur de la réaction de son ami, à présent. Peur qu'il ne comprenne ce qu'il attendait réellement d'une cohabitation avec lui. Ce qui l'avait poussé à faire une telle proposition.
- Je… je me disais juste que je pourrais être ton colocataire, répondit-il finalement.
Il aurait pu tenter de dire qu'il plaisantait. Mais il était convaincu que Dean trouverait cela encore plus étrange. Il était préférable de s'en tenir à ce qu'il avait dit. Il n'était même pas sûr de ce qu'il redoutait le plus à présent. Que Dean accepte ou refuse. Aucune des solutions ne lui semblait satisfaisante.
- Tu voudrais être mon colocataire ? Demanda Dean en fronçant les sourcils.
« Je voudrais être bien plus. » pensa Castiel. Il haussa les épaules.
- On passe déjà la majeure partie de notre temps ensemble. La seule différence sera que tu n'auras pas à rentrer chez toi ou moi chez moi après avoir terminé de regarder le film. Et puis mon appartement n'est pas génial, de toute façon. Je pensais en changer après la fin de mes études.
- Mais tu… tu ne me l'as jamais dit.
Castiel ne l'avait effectivement jamais abordé. Principalement parce qu'il n'y avait même pas pensé. Il ne se voyait pas continuer à vivre dans son appartement indéfiniment mais déménager ne faisait pas partie de ses priorités.
- Parce que c'était juste un projet que j'avais et… je n'ai même pas encore regardé les annonces. Disons que c'est l'occasion qui fait que je t'en parle.
- Cas, c'est… tu ne fais pas ça uniquement pour m'empêcher d'aller vivre ailleurs, hein ? Parce que franchement c'est gentil, mais je n'ai pas besoin de mon appartement pour me sentir bien.
- Non, ce n'est pas ça et… j'ai vraiment envie de vivre avec toi. On est amis et je suis sûr que ça pourrait être sympa. Non ?
Dean sourit alors et Castiel en fut soulagé. Visiblement, le jeune homme était partant. Bien sûr, c'était sans doute uniquement dû au fait qu'il ne savait pas ce que Castiel avait en tête le concernant. S'il avait su combien il fantasmait sur lui depuis des mois maintenant, il aurait refusé aussitôt.
- Ça pourrait être génial ! Confirma Dean en posant la spatule qu'il avait dans les mains et en approchant de Castiel. Il n'y a rien de mieux que de vivre avec un ami. Mais je dois te prévenir tout de suite. Je peux être un colocataire exécrable.
Castiel en doutait sincèrement. Il n'était de toute façon pas objectif quand il était question de Dean. Il ne lui trouvait aucun défaut et n'était jamais agacé par lui. Il le trouvait parfait.
- Ah oui ? Est-ce que tu es en train de sous-entendre que Charlie n'a pas du tout choisi de vivre avec sa petite amie mais qu'elle a pris la fuite parce que tu étais insupportable au réveil ?
Dean rit une seconde avant de croiser ses bras sur son torse. Bien sûr, comme à chaque fois, Castiel ne put s'empêcher d'admirer la façon dont cela faisait ressortir ses pectoraux et les muscles de ses bras. Il était incorrigible, mais il doutait que cela s'arrange quand il habiterait avec le jeune homme.
- C'est une possibilité. Franchement, je ne serais pas surpris si c'était le cas. Je veux dire… je suis réellement insupportable le matin. Du moins jusqu'à ce que j'ai avalé un café… ou dix.
- Je ne suis pas non plus très agréable quand je viens de me lever. On aura qu'à s'ignorer jusqu'à ce que ça aille mieux. Et puis, tu n'es pas toute la journée chez toi… on ne se verra que le matin et le soir. On devrait pouvoir se supporter, je pense.
Dean sembla réfléchir une seconde avant de décroiser ses bras. Il pointa ensuite un doigt en direction de Castiel.
- Il n'y a pas que ça… je suis aussi du genre bordélique. Je laisse traîner des vêtements partout… parfois même mes boxers et… je prends de très très longues douches. Oh… il m'arrive aussi de mettre la musique trop fort et de chanter par-dessus… je chante faux, au passage.
Castiel sourit malgré lui, amusé par ce qu'il entendait. Il avait les joues qui le brûlaient. Entendre Dean parler de ses boxers et de ses douches le poussait à imaginer le jeune homme nu… ce n'était pas une surprise. Il y pensait beaucoup.
- Ça sera peut-être un motif de disputes parce que je suis plutôt un maniaque du rangement mais je suis convaincu qu'on devrait pouvoir trouver un compromis. Tu pourrais laisser traîner tes affaires dans ta chambre et épargner le reste de l'appartement. Et je te promets en échange de ne rien dire s'il t'arrive d'oublier quelque chose dans le salon.
- D'accord mais… tu sais que je n'ai qu'une seule salle de bains ?
Castiel fronça les sourcils, surpris par la question de son ami. Il ne voyait pas vraiment où il voulait en venir. Pendant une seconde, il eut peur que le jeune homme ait compris combien cela lui posait problème de passer après lui dans la douche. Qu'il passerait certainement de longues minutes à se masturber dans l'intimité de la salle de bains en songeant à Dean, nu et mouillé juste avant lui.
- Quoi ? Tu… pourquoi tu me dis ça ?
Dean sourit en haussant les épaules.
- Tu es habitué à avoir une douche pour toi tout seul et… partager avec quelqu'un, c'est… ça demande des ajustements. Je sais ce que c'est parce que j'ai vécu Sam puis Charlie et crois-moi… l'un comme l'autre ont la fâcheuse tendance à passer des heures dans la salle de bains mais toi, tu… enfin tu es habitué à vivre seul.
- Avant de vivre ici, j'habitais avec mon frère et il s'enfermait des heures à l'intérieur de la salle de bains… je ne suis même pas sûr que c'était uniquement pour se préparer… c'est d'ailleurs quelque chose que je préférerais pouvoir oublier.
Dean rit à nouveau, le son arrachant un sourire à Castiel. Il n'y avait rien qu'il aimait plus au monde que de faire rire son ami et voir son visage illuminé par un sourire qui faisait apparaître de petites rides au coin de ses yeux.
- Parfois, la salle de bains est le seul endroit où on peut… disons, trouver un peu d'intimité quand on vit dans un petit appartement. Quand j'étais ado, c'était ma planque à chaque fois que je voulais fuir mon frère ou mon père. Et crois-moi… je peux comprendre ton frère sur ce point là.
Castiel sentit ses joues rougir à nouveau. Car il était évident que Dean parlait de se masturber dans la salle de bains. Peut-être avait-il continué à le faire quand Charlie vivait avec lui et peut-être le ferait-il encore une fois que Castiel aurait emménagé. C'était une image qui allait le poursuivre probablement pendant des semaines entières.
- Après tout, c'est quelque chose de naturel, non ? Surtout quand on est ado… on n'a aucun contrôle sur ce qu'on ressent quand on a quinze ans. Un rien nous excite… tiens par exemple, une fois j'ai été excité par une pub pour un shampoing. Elle durait à peine plus de quelques secondes et on ne voyait rien de très explicite mais… la femme était nue et moi excité presque constamment. J'ai dû m'enfermer dans la salle de bains en prétextant une intoxication alimentaire. Je crois que mon père a compris tout de suite.
Castiel se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de dire quelque chose de stupide, ou pire encore, de gémir comme un idiot. Il était sans doute dérangeant d'être ainsi excité par l'idée de Dean adolescent se masturbant dans la salle de bains. Sauf que dans son esprit, il ne voyait pas un adolescent de quinze ans mais bel et bien un jeune homme de vingt-trois ans. Et l'image était incroyable.
- D'ailleurs, c'est quelque chose dont on va devoir parler. On est amis et franchement, je n'ai rien à te cacher mais il y a des choses qu'on ne doit pas voir ni savoir d'un ami. Alors… disons que nos chambres sont hors limite. On n'entre pas dans celle de l'autre sans son autorisation.
- Tu veux parler de… tu veux qu'on parle de… enfin de ça ?
Dean s'assit sur une chaise en face de Castiel.
- Eh bien, il est préférable d'établir des règles. Je me fiche que tu te balades en caleçon dans l'appartement mais je refuse de rentrer dans ta chambre et de te trouver disons… occupé à quelque chose d'autre que tes études. Et je suis sûr qu'il en va de même pour toi.
Castiel dut faire un effort pour ne pas dire au jeune homme qu'il se fichait de le surprendre en train de se masturber. Qu'il voulait au contraire le regarder faire ou mieux encore… être celui qui le toucherait. Il prit quelques secondes pour récupérer le contrôle sur son cerveau et sa bouche avant de hocher la tête.
- Oui, je… je préférerais ne pas voir ça, finit-il par mentir.
Dean hocha la tête.
- Autre chose… comment on fera si l'un de nous deux veut ramener quelqu'un à l'appartement ? Charlie allait toujours chez Gilda et je n'ai pas ramené qui que ce soit chez moi depuis un moment maintenant… je suis bien trop occupé par les études et le travail mais… disons que je rencontre une fille avec qui je veux passer la nuit ou qu'un garçon t'intéresse ? Qu'est-ce qu'on fait ? On peut utiliser la technique de la chaussette sur la poignée de la porte mais on est peut-être un peu trop vieux pour tout ça, non ?
Castiel doutait d'avoir à utiliser cette technique. Il n'avait pas l'intention de ramener un garçon à l'appartement. Il n'en avait même pas envie. Il n'avait d'yeux que pour Dean. Il ne voulait que lui. Et pas uniquement pour une nuit. Il ne pouvait toutefois pas ignorer que son ami n'avait pas les mêmes idées ni les mêmes envies. Il était important de se mettre d'accord au préalable. Il refusait de rentrer chez lui et de surprendre Dean et une femme… faisant quoi que ce soit sur le canapé du salon. Il refusait d'entendre les bruits de leurs ébats.
- On pourrait se prévenir par message. Si on sait que l'autre n'est pas là, on lui demande de ne pas rentrer pendant quelques heures. Et s'il est là, on l'avertit de notre arrivée. Si tu veux ramener une femme, j'irai chez mon frère pour la nuit. Je ne veux pas me mettre en travers de votre chemin.
- Ou on pourrait… on pourrait se dire que l'appartement est à nous deux et que si on veut passer la nuit avec quelqu'un alors on doit le faire chez cette personne. C'est injuste d'exiger de l'autre qu'il trouve un autre endroit pour la nuit.
Castiel préférait nettement cette solution. Cela ne l'empêcherait pas de savoir que Dean était avec une femme mais cela lui épargnerait de la voir au réveil ou de l'entendre. Il hocha la tête.
- Ça marche pour moi.
- Est-ce que tu vois autre chose dont on devrait discuter avant ? Quelque chose qui pourrait te gêner ?
- Pas vraiment, non.
Dean parut songeur pendant une seconde. Il finit par claquer des doigts comme s'il venait de se souvenir de quelque chose d'important.
- Encore que… il y a quelque chose. Ce n'est pas vraiment grave mais je pense que je dois te prévenir. Il m'arrive de… pour faire court, je dors nu … la plupart du temps. Je déteste porter quoi que ce soit quand je suis dans mon lit et… parfois, il m'arrive de me réveiller au milieu de la nuit et d'oublier que je ne vis plus seul. Charlie m'a surpris plus d'une fois dans la cuisine, complètement nu et visiblement perdu quant à ce qu'elle faisait là. Ce n'est pas du somnambulisme parce que je suis conscient mais ça s'en approche. Il me semble important que tu le saches au cas où.
Pendant une seconde, Castiel fut totalement incapable de dire quoi que ce soit. Il était concentré sur l'image que son cerveau venait cruellement de lui fournir. Dean, entièrement nu, debout dans la cuisine et buvant un verre d'eau. Son corps exposé et parfait. Ses longues jambes légèrement arquées. Ses fesses rondes. Son sexe. Son ventre plat. Son torse musclé. Ses épaules. Castiel dut secouer la tête pour s'en débarrasser avant de pouvoir à nouveau prendre la parole.
- C'est… merci de me prévenir. Je… je sais à quoi m'attendre maintenant.
- Je peux te promettre que mis à part tous ces points, je suis un colocataire sympa. Tiens par exemple, je cuisine. C'est une tâche en moins pour toi. On pourrait établir un roulement pour le ménage et… pour les poubelles, les courses et la vaisselle. Je te ferai de la place dans les étagères du salon pour que tu puisses ranger tes affaires et je te promets qu'on va beaucoup s'amuser.
Castiel en était convaincu. Il aimait l'idée de vivre avec Dean et de le voir aussi souvent que possible. Il devrait juste s'habituer à tout le reste. Il allait devoir mettre de côté ses sentiments et ses envies pour être un colocataire exemplaire. Et comme Dean le lui avait suggéré, il restait toujours la salle de bains s'il avait besoin d'un peu d'intimité.
- La chambre est assez grande pour que tu puisses y installer ton bureau mais si tu préfères travailler dans le salon, c'est possible aussi. C'est là que je dessine la majeure partie du temps.
- Ça me va.
- Oh et d'ailleurs pendant que j'y pense, il y a quelque chose que je voulais te demander à ce sujet.
Castiel fronça les sourcils, curieux. Dean parlait beaucoup de ses études et de toutes les choses qu'il apprenait au quotidien mais il ne demandait jamais l'aide de Castiel. Son avis, parfois, mais il avait toujours du mal à lui montrer ses dessins. Il continuait de penser qu'ils étaient tous mauvais malgré tout ce que ses professeurs lui avaient dit depuis le début.
- Je t'écoute.
Dean se racla la gorge avant de se passer la main sur les lèvres. Il semblait brusquement nerveux. Ce qui était stupide. Il pouvait demander n'importe quoi à Castiel. Il ne s'exposerait jamais à un refus. Il était prêt à donner sa vie pour son ami.
- Je… mon professeur veut que nous travaillions sur quelques portraits pour le prochain semestre. On doit réaliser une série qui a du sens pour nous… des gens qui nous sont proches ou qui nous interpellent pour une raison ou une autre, et on doit expliquer pourquoi. J'ai pensé dessiner les gens dans la rue et faire une sorte de série sur des inconnus qui attirent mon attention parce qu'ils sortent de l'ordinaire… des gens tatoués ou extravagants. D'autres qui ont un visage qu'on n'oublie pas mais… je ne suis pas vraiment à l'aise à l'idée de dessiner en public alors… j'ai pensé réaliser une série sur les gens que j'aime. Je vais dessiner Sam et Jess. Charlie, probablement. J'ajouterai un portrait de ma mère, de Bobby et… enfin, je pensais aussi en faire un de toi.
Castiel ne s'était pas attendu à ce qu'il lui demande cela. A vrai dire, il n'avait jamais songé au fait que Dean pourrait un jour avoir envie de le dessiner lui. Il faisait essentiellement des portraits de Sam et de leur mère. Il ne voyait même pas pourquoi il pouvait en avoir envie. Son visage n'avait rien d'extraordinaire. Rien qui attirait réellement l'attention. Il se savait ordinaire. Cela ne lui posait aucun problème, d'ailleurs. Mais cela rendait la demande de Dean un peu surprenante.
- Pourquoi moi ? Demanda-t-il alors.
Dean plongea alors son regard dans le sien et Castiel fut surpris d'y trouver une immense affection qui fit battre son cœur un peu plus vite dans sa poitrine. Il savait que son ami l'appréciait. Il ne passerait pas autant de temps en sa compagnie si ce n'était pas le cas, mais il ne s'était jamais interrogé sur ce qu'il ressentait vraiment. Pas depuis qu'il avait compris qu'il n'était pas attiré par lui. Il était bien trop concentré sur ses propres sentiments et sur le meilleur moyen de les gérer pour penser à autre chose.
- Comment ça, pourquoi toi ? Tu n'as pas entendu ce que je t'ai dit à l'instant ?
- Si, mais je… je comprends pour Sam et Jess. Je comprends aussi pour ta mère et Charlie. Mais moi, je… on se connaît depuis moins longtemps et je… je n'ai rien d'exceptionnel.
- C'est vraiment ce que tu penses ? Demanda Dean en fronçant les sourcils.
Castiel hocha la tête.
- Oui. On est amis mais tu disais devoir faire des portraits de gens qui sortent de l'ordinaire… qui ont quelque chose en plus des autres. Ce n'est pas mon cas. Je suis juste un peu surpris que tu me le demandes.
Dean se leva alors de sa chaise et pendant une seconde, Castiel crut qu'il l'avait vexé. Mais le jeune homme ne quitta pas la pièce. Il contourna la table et prit place à côté de lui.
- Premièrement, j'ai choisi de faire une série sur les gens qui me sont proches… les gens que j'aime et auxquels je tiens plus qu'à quiconque d'autre. Ce qui inclut bien sûr mon frère et sa petite amie, mon amie et ex-colocataire, ma mère, mon père de cœur et toi. Vous êtes ma famille.
Castiel ouvrit la bouche pour dire quelque chose – il ne savait pas encore quoi – mais Dean reprit la parole avant qu'il n'en ait le temps.
- Deuxièmement, tu devrais probablement te regarder dans une glace plus souvent. Tu n'as rien d'ordinaire. Bien au contraire. Je ne suis peut-être pas un artiste confirmé mais j'ai des yeux et je m'en sers la plupart du temps. Cas… tu as un visage qu'on n'oublie pas. Si je suis le premier à te le dire, c'est que tous les autres sont des idiots. Tu as des yeux incroyables que j'adorerais pouvoir dessiner. Je vais sans doute galérer à trouver la bonne couleur pour leur rendre justice mais c'est aussi le but de l'exercice.
Castiel n'en revenait pas d'entendre de tels compliments sortir de la bouche de son ami. Il aurait voulu protester mais le nœud dans sa gorge l'en empêchait pour le moment.
- Et troisièmement, j'ai envie de te dessiner. J'ai envie d'immortaliser tes traits et que mes camarades et mes professeurs te voient et comprennent combien tu comptes pour moi. Je t'aime, Cas. Tu es mon meilleur ami. Alors ne dis pas de bêtises et contente-toi d'accepter.
Castiel avait senti son cœur s'arrêter en entendant Dean prononcer les mots « je t'aime. ». Peu importait qu'il ne les entendait pas comme il l'aurait voulu. Le simple fait qu'il le dise était génial. Il sourit alors que ses joues devaient probablement être écarlates à nouveau.
- D'accord, je… je veux bien.
- Et tu pourras même faire une blague en rapport avec le film Titanic, si tu le souhaites… je suis sûr que Charlie et Sam le feront avec toi mais puisque vous me rendez service, je vous laisserais faire.
Castiel se souvenait d'avoir vu le film avec Balthazar, une fois. Il l'avait bien aimé mais avait dû supporter son ex durant les deux heures et quelque de film. Il n'avait pas arrêté de critiquer le moindre plan et la moindre réplique et ça avait été encore pire concernant la chanson du film. Il grimaça.
- Quoi ? C'est un classique. Et Kate Winslet est canon, commenta Dean, visiblement offensé.
- Non, je… j'ai bien aimé le film. C'est juste que mon ex… il le détestait et j'ai du l'écouter se plaindre tout le long. Il le trouve stupide et il déteste la chanson de Céline Dion.
- Eh bien si je le croise un jour, je me permettrai de lui dire ce que je pense de son avis. Céline Dion a la classe et le film est génial. Bien sûr, la fin est difficilement crédible. Il y avait de la place sur cette fichue planche pour eux deux mais… la scène où il la dessine… je te jure que j'ai rêvé d'être à sa place une bonne centaine de fois.
Castiel prit quelques secondes pour repenser à ce passage. Il se souvenait d'avoir été fasciné par les yeux de Di Caprio qu'on apercevait par-dessus sa feuille. C'était une jolie scène. Il s'imaginait toutefois difficilement à la place de Kate Winslet et Dean à celle de Jack.
- Rassure-moi… tu n'en parles pas pour me préparer à l'idée de devoir poser nu pour toi ?
Dean éclata aussitôt de rire avant de secouer la tête.
- Non, je… ce n'est pas le sujet. Tu crois vraiment que j'impliquerais mon frère dans cette histoire, si c'était le cas ?
C'était effectivement stupide. Castiel ne l'avait pas envisagé sous cet angle. Il rit à son tour.
- Non, sans doute pas. Ce serait bizarre et dérangeant.
- Mais le nu est effectivement au programme. Je suppose que l'université nous fournira un modèle. S'il nous demande d'en trouver un par nous même, je peux te jurer que je te ferai signe. On pourra refaire la scène de Titanic ensemble.
Ce n'était pas la scène du film que Castiel voulait refaire avec Dean s'il avait le choix. Il préférerait nettement refaire celle où les deux héros faisaient l'amour dans les cales du bateau. Mais il doutait que Dean soit partant.
- Tu pourrais plutôt trouver quelqu'un d'autre. On est amis mais ça fait partie des choses que je ne ferais pas pour toi. Désolé.
- Tant pis pour moi, alors… je demanderai à quelqu'un d'autre. Mais je te ferais savoir que je sais me montrer parfaitement professionnel quand je dessine. Je pourrais avoir la femme la plus incroyablement belle nue sous mes yeux, je ne la toucherais pas. Ce n'est pas sexuel quand quelqu'un pose pour nous.
Castiel n'en savait rien. A vrai dire, il n'avait jamais été suffisamment intéressé par l'art en général pour se poser ce genre de questions. Mais depuis qu'il connaissait la passion de Dean pour tout ce qui avait attrait à la matière, il avait commencé à faire quelques recherches. Il s'était principalement intéressé à Van Gogh pour commencer, histoire de pouvoir en parler avec son ami. Il avait ensuite regardé le travail d'autres artistes. Picasso. Monet. Les classiques. Il n'y trouvait pas le même intérêt que Dean mais il devait reconnaître que certaines œuvres étaient belles. Il espérait pouvoir un jour se rendre au musée avec son ami pour l'entendre en parler pendant des heures. Il était presque sûr qu'il trouverait cela bien plus intéressant que ses recherches en solitaire.
- Sans doute mais le côté artiste bohème doit marcher sur les filles. Je suis sûr que c'est un plus.
- Peut-être, oui, mais je n'en abuse pas non plus. Et puis franchement… je suis sûr aussi que le fait que tu sois bientôt docteur t'aide à draguer les hommes.
Ce n'était pas vraiment le cas. Être un docteur en médecine avait effectivement du succès. Mais un docteur en langues mortes ne remportait définitivement pas les mêmes attentions. Il s'en contrefichait, de toute façon. Ce n'était pas ce qu'il cherchait.
- A vrai dire, je ne m'en suis jamais réellement servi.
- Tu devrais. Crois-moi, je suis convaincu que ça aurait un impact dingue.
Castiel haussa les épaules. Il préférait éviter le sujet de sa vie amoureuse. Car il n'en avait pas. Du moins pas depuis qu'il avait rencontré Dean et ne voulait plus que lui. Il préférait changer de sujet.
- Comment veux-tu procéder pour l'appartement ? Je peux donner ma dédit dès demain. Je devrais avoir trois mois de préavis mais mon propriétaire est quelqu'un de sympa et je suis sûr qu'il me trouvera un remplaçant rapidement.
Dean sourit avant de se lever de sa chaise pour retourner vers la cuisinière.
- Ça marche pour moi. Mais tu dois être sûr. Une fois que tu auras prévenu ton propriétaire, tu ne pourras plus revenir en arrière. Tu seras coincé avec moi !
Castiel dut une nouvelle fois se retenir de dire quelque chose de totalement inapproprié. Comme d'avouer qu'il ne demandait que ça, qu'il voulait être coincé avec Dean jusqu'à la fin de ses jours. Il méritait une médaille pour son self-control.
- Je suis sûr de moi, Dean. Je suis même impatient. Franchement, vivre seul a ses avantages mais c'est un peu triste à la longue. Je suis ravi d'avoir enfin un colocataire.
- Et moi je suis soulagé que ce soit toi qui prenne la place de Charlie. Quand j'ai passé l'annonce avant qu'elle n'emménage, j'ai eu quelques réponses dérangeantes. Il y avait même un type qui voulait emmener avec lui ses deux serpents et son araignée ! Je veux dire, qui peut choisir de vivre avec des animaux potentiellement dangereux ?
- Eh bien si cela peut te rassurer, je n'ai pas de serpents et pas plus d'araignée. J'ai failli avoir un chat, une fois, mais je ne me sentais pas capable de m'en occuper.
- Je suis allergique aux chats. Ça aurait été embêtant.
Castiel sourit en hochant la tête même si Dean ne pouvait pas le voir. Il se perdit à nouveau dans la contemplation du dos de son ami et du mouvement de ses muscles sous son T-shirt. C'était quelque chose qu'il faisait sans doute bien trop souvent mais qu'il ne pouvait tout de même pas s'empêcher de faire.
- Ça sera prêt d'ici quelques minutes. Tu mets la table ou tu veux manger au salon ?
Castiel réalisa alors combien il aimait entendre cette question. Combien tout cela lui semblait normal et domestique. C'était une scène qui se reproduirait probablement souvent quand il habiterait avec le jeune homme. Ils prendraient la majorité de leurs repas ensemble. Ils établiraient une routine. Un peu comme un couple qu'ils n'étaient malheureusement pas.
- Cas ?
Castiel s'arracha à ses songes pour répondre au jeune homme.
- Je mets la table.
Il se fichait à vrai dire de manger au salon ou dans la cuisine. Mais il estimait pouvoir discuter plus facilement avec son ami quand ils n'étaient pas distraits par la télévision. Il pouvait alors le regarder plus discrètement mais l'attention de Dean était rivée sur le film qu'ils regardaient et Castiel était jaloux. Il avait envie de manger face à face avec son ami sans rien d'autre qu'eux. Sans distraction.
- Tu sais… je pense qu'on devrait en faire une tradition. C'est quelque chose que je faisais avec Sam. On se forçait à passer au moins une soirée par semaine sans télévision pour nous distraire. On mangeait ensemble dans la cuisine et on se racontait tout de notre semaine. On pourrait faire pareil, non ?
Castiel en avait effectivement terriblement envie. Si cela ne tenait qu'à lui, il ferait disparaître la télévision de l'appartement de Dean pour ne plus avoir à le partager avec elle. Il voulait le jeune homme pour lui tout seul, à chaque minute de chaque journée.
- C'est une excellente idée, Dean.
- Ok alors… on mettra ça au point. Maintenant, dépêche-toi de mettre la table ou tu mangeras froid.
Castiel sourit en se levant de sa chaise. Il entreprit ensuite d'installer ce dont ils avaient besoin sur la table. Il jetait par moment des coups d'œil à Dean mais le jeune homme était toujours entièrement concentré sur ce qu'il faisait et ne semblait pas prêter attention à lui. Il s'autorisa donc à le regarder un peu plus longuement quand il eut terminé d'installer les assiettes, les couverts et les verres.
- Est-ce que ça fonctionnera de la même façon quand on vivra ensemble ? Est-ce que tu me donneras des ordres en permanence ?
- Si c'est ton truc, on peut en discuter, répliqua Dean.
Castiel n'avait pas réalisé que ce qu'il avait dit pouvait être interprété autrement que comme il l'avait pensé en le disant. Il était clair que Dean plaisantait.
- Pas vraiment, non. Désolé de te décevoir.
- Je ne suis pas déçu. Ce n'est pas mon truc non plus. Et puis même si ça l'était, je crois que je préférerais nettement être celui qui reçoit les ordres plutôt que l'inverse.
Castiel manqua de s'étouffer avec sa salive en entendant cela. Il pouvait facilement s'imaginer donnant ds ordres à Dean. Lui dictant sa conduite quand ils feraient l'amour, exiger de lui qu'il prenne une position ou une autre. Mais cela ne pourrait jamais être plus qu'un fantasme. Un de plus dans la longue liste de ceux qu'il avait déjà concernant son ami.
- Tout est prêt ? Demanda Dean après quelques secondes.
Il ne semblait pas du tout conscient de l'effet que ses propos avaient eu sur Castiel et ce dernier en fut soulagé. Il confirma donc que tout étai prêt puis s'assit pendant que Dean apportait ce qu'il avait passé du temps à cuisiner.
Ils passèrent le reste de leur dîner à discuter de tout et de rien. De leur semaine, des recherches de Castiel, de Sam, des clients au café. Et alors que les heures défilaient lentement, Castiel réalisa qu'il avait eu raison de proposer à Dean d'emménager avec lui. Il savait qu'il y aurait des moments difficiles et qu'il lui arriverait probablement de souffrir. Mais cela en vaudrait la peine. Car il pourrait ensuite passer des soirées entières à parler avec Dean. A le regarder manger. A débattre avec lui de ce qu'ils regardaient à la télévision. Ils pourraient rester ensemble jusque tard dans la nuit puisqu'aucun des deux n'aurait ensuite à rentrer. C'était ce qu'il voulait. Et même si ce n'était pas la totalité de ce dont il rêvait depuis de longs mois, c'était mieux que rien.
