Note : Toujours fidèle à mes délais aléatoirement longs, me revoilà avec un nouveau chapitre. Cette fois, je peux le dire, c'est l'avant-dernier ! J'ai hésité d'ailleurs à n'en faire qu'un car après avoir relu le dernier (que j'avais écrit a long time ago) je me suis aperçue que je devais zapper pas mal de choses dedans (soit parce que je les ai finalement égrenées au fil des chapitres, soit parce que les violons jouaient vraiment trop fort). Du coup, le dernier va me demander pas mal de travail… je me demande même si le plus simple ne serait pas que je le réécrive complètement en gardant juste mon idée de trame mais sans être influencée par les mots que j'avais utilisés… affaire à suivre !
Une fois encore, les passages en italique et entre guillemets ne m'appartiennent pas, ils sont tirés de la version française du tome 6.
Merci à tous ceux qui suivent cette fic et particulièrement à colibri vert, Atchoum16, Caramelise et chizuru300 qui m'ont laissé un message sur le dernier chapitre ! J'espère que celui-ci ne vous décevra pas. Et si vous voulez une petite parenthèse comique avant le prochain, n'hésitez pas à aller faire un tour sur « Nom d'un surnom ! », des petits drabbles parodiques que j'ai postés en janvier :)
Précédemment : Tonks et Remus se sont embrassés chez elle le jour de Noël jusqu'à ce que Remus prenne de nouveau peur. Il ne veut pas lui donner de faux espoirs mais n'arrive pas non plus à la repousser car ça lui briserait le cœur. La Métamorphomage arrive à réfréner ses espoirs en sachant que la route est encore longue tandis que le loup-garou se voit la mordre dans un rêve. Ébranlé par ce cauchemar, il est retourné effectuer sa mission auprès des lycanthropes en marge de la société. Malheureusement, l'un d'eux s'en est pris un soir de pleine lune à sa petite amie et Remus, sous le choc de cet accident, a violemment rabroué Tonks alors qu'elle l'avait suivi…
Chapitre X
Un sifflement lui indiqua que le projectile fonçait droit sur elle. Elle réussit de justesse à se retourner et dans le mouvement en profita pour fracasser sa batte sur la balle meurtrière. Savage applaudit mais déchanta bien vite lorsque le Cognard choisit de s'attaquer à lui à une allure décuplée.
- Wow, tout doux, tout doux ! tenta-t-il maladroitement alors qu'il ne parvenait à le repousser que de quatre ou cinq mètres à chaque fois, ce qui ne décourageait en rien le prédateur.
Tonks s'approcha en rigolant et lui demanda :
- Besoin d'un coup de main, Savage ? Ce n'est pas en caressant les Cognards qu'on s'en débarrasse, tu sais ?
- Je sais, mais j'étais Poursuiveur, moi, j'avais jamais à m'occuper de ces fous furieux, dit-il alors qu'il s'efforçait de contrer les attaques incessantes.
Tonks lui indiqua de se reculer à la prochaine tentative pour qu'elle prenne le relais.
- Allez, un dernier pour la route, murmura-t-elle avec un sourire alors qu'elle levait sa batte, prête à l'assaut.
Elle la frappa si fort que la balle en fer atteignit l'autre bout du terrain si bien qu'ils eurent tout le temps de se positionner pour assurer une capture efficace afin de la ranger.
Une fois enfermée dans le coffret, Savage se permit un commentaire :
- Alors, elle n'était pas bonne mon idée de défouloir ? Tu semblais sacrément remontée, j'espère que tu n'imaginais pas ma tête à la place de ce Cognard.
- Pourquoi j'aurais fait ça ? Tu as quelque chose à m'avouer, Savage ? le taquina Tonks. Non, au contraire, c'était une très bonne idée, merci beaucoup.
- Contente-toi de ne pas dire aux autres que tu m'as ridiculisé et on sera quitte. Si Fiertalon l'apprend, je suis bon pour trois mois de sarcasmes, au moins !
- C'était gentil à toi de me proposer de jouer alors que tu es si mauvais. Je devais vraiment avoir une sale tête pour que tu te dévoues à ce point, essaya-t-elle de plaisanter mais sans parvenir à ôter la tristesse dans sa voix.
- J'avoue, tu fais peur à voir depuis quelques temps… je comprends mieux pourquoi le Cognard fuyait si loin de toi du coup !
Tonks ricana malgré elle.
- Plus sérieusement, je suis content si ça t'a permis de relâcher la pression. On a tous des mauvais moments à passer, j'espère que le tien touche à sa fin. C'est vraiment moins drôle quand tu n'es pas assez en forme pour te moquer de Dawlish, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
- Ouais… merci encore.
Ils se séparèrent au niveau des douches. Tonks savoura le jet d'eau chaude, plus détendue qu'elle ne l'avait été depuis un mois.
Un mois.
Cela faisait un mois que Remus lui avait crié dessus. Elle refoula la boule qui menaçait de s'installer dans sa gorge et souffla lentement. Inutile de ressasser une nouvelle fois cette scène chaotique. Elle avait assez souffert comme ça chaque jour à se questionner sur les « et si elle avait agi de telle façon plutôt que… est-ce que… ? » Quoi qu'elle eût pu faire ce jour-là, Remus aurait réagi de la même manière. Ce n'était pas uniquement sa faute. Il s'était passé quelque chose. Elle ne savait toujours pas bien quoi, mais elle en était persuadée. Jamais elle ne l'avait vu si en colère, si… bouleversé. Il était arrivé un accident, très probablement avec cet autre loup-garou qui avait hurlé de chagrin avant que Remus ne la sorte du sous-terrain. Oui, c'était la conclusion qu'elle avait tirée, l'hypothèse la plus probable : ce loup-garou avait blessé quelqu'un et Remus s'identifiait à lui, s'en blâmait peut-être même, torturé comme il l'était.
Elle ferma le robinet d'eau, s'approcha du miroir situé au-dessus du lavabo et d'un geste de la main en retira la buée. Oui, ce n'était pas sa faute, pas entièrement sa faute… mais ça ne changeait rien au fait qu'elle avait mal. Elle grimaça devant ce visage si fade, sans vie, qu'elle ne reconnaissait plus, toujours encadré malgré elle par des cheveux ternes à des lieues de ce qu'elle aimait. Elle avait le droit d'être triste, elle avait le droit d'avoir peur, se dit-elle, mais elle n'en pouvait plus de ce poids qu'elle supportait en silence. Elle avait le droit d'être en colère aussi ! Cette petite séance de Quidditch improvisée le lui avait rappelé. Alors elle ferma les yeux, se concentra sur les sensations qu'elle venait d'éprouver en frappant de façon si salvatrice dans ce Cognard, sur le rire qui était monté tout seul en elle devant le jeu ridicule de Savage. Elle s'observa à nouveau, contente de voir un sourire timide s'afficher sur son visage malgré son cœur qui saignait. Elle avait le droit de souffrir mais elle n'avait pas le droit de laisser tomber, de s'apitoyer sur son sort et de cesser de vivre comme elle venait de le faire depuis un mois. Elle devait lutter. Aller de l'avant.
Résolue, elle fila s'habiller avant de rejoindre son collègue pour leur tour de garde. La pause était finie. La vie reprenait son cours normal. Avec ou sans Remus.
oOoOoOoOoOo
Remus se laissa tomber sur son canapé, exténué. Cela faisait un mois et demi qu'il n'était pas rentré chez lui pour se reposer. Un mois et demi qu'il aidait Jack Barton à se remettre de… l'accident, tout en continuant sa mission pour l'Ordre. Il avait besoin de dormir, il tenait à peine debout depuis deux ou trois jours. Il n'arrivait plus à fermer l'œil plus de trois heures d'affilée depuis que… il était sans arrêt réveillé par des cauchemars remuant tout ce qui l'avait perturbé ces derniers mois… tout ce qu'il redoutait… la peur, les larmes et les cris de désespoir de sa mère... de Jack… le sang qui recouvrait ses mains… sa propre colère… sa peur et les cris qu'il n'avait pu retenir contre Nymphadora, les larmes de cette dernière, son sang…
Il ferma ses yeux et comprima ses paupières à l'aide de ses paumes. Il n'en pouvait plus de cette souffrance qu'il ressentait constamment, de ce dégoût de lui-même, du courroux qui l'habitait. Il voulait que ça s'arrête. Il devait trouver un moyen. Tirer un trait.
Il se releva, sortit de chez lui et réunit ses dernières forces pour transplaner à Pré-au-Lard. Dumbledore accepterait sûrement de l'aider. Il lui devait bien ça, non ? Après tout, c'était sur ses ordres qu'il s'épuisait dans ces conditions de vie misérables. Il arrivait au portail orné de sangliers ailés lorsqu'il entendit des éclats de voix qui lui semblèrent familiers. Il s'avança pour observer les individus qui discutaient tout en restant suffisamment en retrait pour ne pas être vu. Sa gorge s'assécha tandis qu'il reconnut Nymphadora. Visiblement, Fiertalon venait la relever de sa garde. Ils plaisantaient sur un point que Remus n'avait pas saisi. Elle souriait.
Il lui fallut plusieurs minutes pour se remettre de cette vision. Il se rendit compte que ses mâchoires s'étaient serrées douloureusement. Alors qu'elle s'éloignait vers le château, il tenta de se reprendre. Il était à la fois rassuré de la voir vivante et assez sereine pour rigoler avec son collègue mais également… frustré… perturbé qu'elle semble aller aussi bien alors que lui n'arrivait pas à surmonter leur dernière rencontre. Et il se détestait de ressentir cela. Il aurait simplement dû être ravi de la voir tourner la page, ce qui lui permettrait de le faire aussi. Mais au lieu de cela, il réalisait qu'une part de lui espérait qu'elle soit encore bouleversée pour que… pour qu'il s'excuse… qu'elle lui pardonne. Mais elle n'avait pas besoin de lui. Pas comme lui avait besoin des autres, de leur amitié, de leur… Il enfonça ses ongles dans ses paumes et se força à respirer calmement. Ce n'était pas lui. S'il n'était pas aussi fatigué, jamais il ne penserait de telles choses. Il savait ce qui était le mieux pour lui. Pour elle. Il était vraiment temps qu'il récupère.
Il se présenta devant Fiertalon afin qu'il lui ouvre les portes.
- Tiens, Lupin ! Comment ça va ? demanda-t-il avant de constater l'air abominable qu'il affichait.
- Fiertalon, le salua Remus avec un hochement de tête.
- C'est bête, tu viens de louper Tonks de peu.
- Oui, je… je l'ai vue s'éloigner. Elle a l'air en forme, se força-t-il à dire avec le moins de ressenti possible.
- Mouais… disons plutôt qu'elle essaye, confia l'Auror.
Remus haussa les sourcils en guise d'interrogation pendant que l'autre sorcier lui faisait subir les contrôles de sécurité basiques.
- Ses pouvoirs ne sont toujours pas revenus. Je ne sais pas ce qui la mine comme ça, mais ça commence à faire long. Je pensais qu'avec les fêtes de Noël, elle nous reviendrait un peu plus enjouée mais c'était pire. Elle était dévastée. Elle n'a vraiment repris pied qu'il y a une dizaine de jours mais bon… par moment on la sent encore ailleurs… comme absente.
Remus déglutit difficilement, les sourcils désormais froncés.
- Attention, je ne dis pas qu'elle fait mal son boulot, hein ! C'est juste… comme vous êtes amis, peut-être que ça lui ferait du bien d'en parler…
- Je… je n'ai pas vraiment le temps… je… je vais voir ce que je peux faire, finit-il devant l'air inquisiteur de son vis-à-vis.
- Bien, c'est sympa. Elle patrouille du côté des remparts du lac.
- Merci, dit Remus alors que l'Auror lui faisait signe qu'il pouvait y aller.
Le loup-garou ne fit cependant pas le tour du château pour la rejoindre. Il n'en avait jamais eu l'intention, n'en avait pas la force. Il ne voulait pas être ainsi soulagé du chagrin de Nymphadora… il ne devait pas aller la consoler, il ne résisterait pas à… elle y arriverait sans lui… il avait été horrible avec elle et c'est l'image qu'elle devait garder de lui… parce qu'il était horrible, même si la simple idée qu'elle soit triste par sa faute lui retournait l'estomac, il devait laisser les choses en l'état… Il s'évertua à faire taire les voix dissonantes qui s'élevaient dans sa tête tout en se dirigeant vers le bureau de Dumbledore. Il allait lui demander de l'aide… qu'il le soulage de certaines pensées ou qu'il l'aide à se procurer des potions pour dormir d'un sommeil sans rêve… cela lui était égal, du moment qu'il puisse tout oublier au moins pendant douze heures.
oOoOoOoOoOo
Vers fin mars
Tonks accéléra le pas vers le château.
Elle venait de croiser Hagrid qui arrivait de Pré-au-Lard. La rumeur courrait qu'une attaque de loup-garou avait eu lieu, l'œuvre de Fenrir Greyback, une fois de plus. Le nom des Montgomery circulait mais on parlait aussi de dommages collatéraux, d'altercations. Il n'avait rien pu lui dire à propos de Remus, n'avait pas non plus de nouvelles de lui depuis des mois.
Elle franchit les grandes portes et traversa le hall d'entrée à grandes enjambées sous le regard curieux, parfois anxieux, de certains élèves.
Elle n'avait pas tergiversé bien longtemps avant de prendre la direction du château. Sa conscience professionnelle la tiraillait mais ce n'était rien en comparaison de l'incertitude de la situation, de sa peur pour Remus… Elle ne l'avait pas revu depuis le funeste lendemain de pleine lune. Et les derniers sentiments qu'elle avait eus à son égard n'étaient pas glorieux : déception, colère, rancune. Fiertalon lui avait appris qu'il était passé à Poudlard et qu'il l'avait délibérément évitée. Ça l'avait blessée. N'était-il pas suffisamment adulte pour se rendre compte qu'il avait exagéré le problème ? que par sa faute, elle était encore plus incapable de retrouver ses pouvoirs ? qu'il suffisait qu'ils mettent à plat les choses calmement ? Non, Monsieur préférait se morfondre tout seul dans son coin et la laisser à l'écart. Elle savait que tout ceci était douloureux pour lui aussi, que ce n'était pas évident, mais elle en avait marre qu'il s'isole et qu'il se monte la tête, ça ne faisait qu'empirer les choses, pour elle comme pour lui.
Elle emprunta un raccourci afin d'atteindre le bureau de Dumbledore plus rapidement.
Dumbledore. Qu'il lui fasse des remontrances lui importait peu à l'instant. Elle ne pouvait pas rester à patrouiller comme si de rien n'était, dans l'ignorance. Il fallait qu'elle lui demande s'il avait plus d'informations. C'était aussi sa faute si Remus était dans cet état. Elle avait toujours été contre cette mission. Et maintenant, s'il était arrivé quelque chose à Remus, elle ne se pardonnerait jamais la dernière missive qu'elle lui avait envoyée... pour son anniversaire. Elle avait hésité plusieurs jours avant de le faire. Avait esquissé de nombreuses ébauches, soit trop remontées, soit trop mielleuses. Elle voulait qu'il comprenne qu'elle regrettait sincèrement de l'avoir suivi mais que le problème ne venait pas que d'elle. Mais elle avait tantôt peur qu'il le prenne encore plus mal, tantôt envie de le faire réagir une nouvelle fois, peu importe comment, du moment que ce silence entre eux soit rompu… qu'il ait le courage de revenir vers elle. Alors elle lui avait acheté une carte d'anniversaire aux couleurs de Gryffondor comme ils en vendaient pour les enfants à Pré-au-Lard. Une carte colorée où s'affichaient fièrement les mots courage et hardiesse en étendard. Pour lui rappeler qui il pouvait être. Et elle avait juste signé « à l'homme que j'aime malgré lui. N. ». C'était idiot. Elle l'avait regretté dès l'instant où sa chouette s'était envolée. Il allait la détester davantage encore. Il était en train de risquer sa vie tous les jours et c'était ce qu'il se dirait. Mais parfois, elle espérait quand même qu'il s'aperçoive que cette mission n'était pas ce qui lui demandait le plus de courage. Qu'il devait surmonter ses peurs. Alors elle s'était interdit de lui expédier une lettre d'excuse. C'était à lui de comprendre et de faire le premier pas. Même si c'était pour la repousser une nouvelle fois. Au moins, elle serait fixée. Mais maintenant, si jamais il était mêlé à cette attaque, si jamais… Son cœur s'emballa en même temps qu'elle atteignait la gargouille du bureau directorial.
Elle lança le mot de passe actuel avec détermination. Apprit de la statue que Dumbledore était de sortie. Resta paralysée plusieurs minutes.
De sortie ? Pourquoi fallait-il qu'il s'absente aujourd'hui ? N'était-il pas censé les prévenir de ses petites excursions ? se dit-elle avec frustration avant de blêmir. Ou bien… cela avait peut-être un lien avec l'attaque ? Peut-être était-il parti en urgence pour… À qui pourrait-elle demander des renseignements maintenant ? Qui pouvait avoir gardé contact avec Remus parmi ses connaissances ? Il n'était pas venu aux dernières réunions de l'Ordre et dès qu'elle la voyait, Molly hochait la tête tristement en signe de dénégation avant même qu'elle lui demande si elle avait des nouvelles. Pour ce qu'elle en savait, il était peut-être même mourant dans un sous-terrain morbide depuis sa dernière visite à Poudlard. Cette constatation la maintint dans une sorte de brouillard. Elle repartit vers son poste de garde sans vraiment faire attention au chemin qu'elle empruntait jusqu'à ce qu'elle entende un « Aïe ! » sonore. Elle scruta le couloir et vit un corps apparaître.
« - Harry ? ».
Il « tomba à la renverse » et lui demanda avec étonnement :
« - Qu'est-ce que vous faites là ? […]
- Je suis venue voir Dumbledore, répondit Tonks. »
Il nota « qu'elle avait l'air dans un état épouvantable […] plus mince qu'à l'ordinaire, ses cheveux couleur souris raides et ternes.
- Son bureau n'est pas là, lui dit-il. Il est de l'autre côté du château, derrière la gargouille…
- Je sais. Mais il n'y a personne. Il a encore dû s'absenter.
[…]
- Pourquoi vouliez-vous le voir ?
- Rien de particulier, répondit Tonks qui tripotait la manche de sa robe d'un geste apparemment inconscient. Je pensais qu'il savait peut-être ce qui se passait… J'ai entendu des rumeurs… Des gens ont été blessés…
- Oui, je sais, ils en parlent dans les journaux, dit Harry. Ce petit garçon qui a essayé de tuer ses…
- La Gazette est souvent en retard sur l'actualité, l'interrompit Tonks qui ne semblait par l'écouter. Tu n'as pas reçu de lettres de membres de l'Ordre, ces temps-ci ?
- Plus personne ne m'écrit, répondit Harry, depuis que Sirius…
Il vit ses yeux se remplir de larmes.
- Je suis désolé, murmura-t-il maladroitement. Je voulais dire… moi aussi, il me manque…
- Quoi ? demanda Tonks, le visage sans expression, comme si elle ne l'avait pas entendu. Bon, eh bien… à un de ces jours, Harry.
Elle tourna brusquement les talons et repartit dans le couloir. »
Remus n'avait même pas écrit à Harry. Le dernier vestige de ses amitiés passées. Alors à qui d'autre ? En dernier espoir, elle se dirigea vers la volière pour demander à Molly et Arthur s'ils avaient du nouveau et, à défaut, pour les inciter à mener l'enquête. Après tout, eux aussi étaient ses amis et avaient le droit de s'inquiéter de ces rumeurs.
oOoOoOoOoOo
Quelqu'un frappa au carreau de la cuisine. Elle se demanda qui cela pouvait bien être à cette heure, elle n'attendait personne. Elle prit sa baguette en main au cas où et se dirigea vers la porte avant de s'exclamer avec surprise :
- Remus ?
Il hocha la tête avec un faible sourire alors qu'elle ouvrait.
- Bonjour, Molly. J'espère que je ne dérange pas.
- Bien sûr que non, quelle idée ! Tu es toujours le bienvenu ici, je te l'ai déjà dit.
Par mesure de précaution elle lui posa une question dont lui seul était censé connaître la réponse et le prit dans ses bras une fois qu'il l'eut donnée.
- Tu sais que tu nous as fait peur. Arthur et moi commencions sérieusement à nous inquiéter de ne plus te voir. Dumbledore nous a bien rassurés une ou deux fois succinctement mais il se fait rare et avec cette consigne de ne pas t'envoyer de hibou… Alors quand T… Arthur a entendu cette rumeur au Ministère, je n'ai pas pu m'en empêcher, tu comprends ?
- Oui, bien sûr. Je suis désolé. J'aurais dû vous tenir informés. Le début de l'année a été… difficile.
- Regarde-toi, tu as des cernes jusqu'au milieu des joues. Viens, je vais te préparer une bonne tasse de thé.
Il la remercia tout en s'asseyant sur la chaise qu'elle lui tira avant de s'affairer avec la bouilloire. Il prit le temps d'apprécier l'atmosphère chaleureuse de cette pièce. Ça lui avait manqué. C'était peut-être ce qu'il était venu chercher ici après avoir reçu ce courrier : le réconfort d'un foyer.
- Merlin soit loué, il ne t'est rien arrivé ! dit-elle en lui servant le breuvage mordoré. Avec cette nouvelle attaque… Greyback semble agir de plus en plus ouvertement…
- Oui, le Ministère lui fait de moins en moins peur. Et ça lui permet de marquer des points auprès des autres loups-garous. Ils sont nombreux à se désinhiber, à suivre ses traces, souffla-t-il avec mépris et défaitisme.
- Tu as fait ce que tu pouvais, Remus. Ta mission ne consistait pas à les ramener tous à la raison. Si tu as réussi à en convaincre au moins un, c'est déjà une victoire.
- Si tu le dis, capitula-t-il en portant sa tasse à ses lèvres.
- Est-ce que… est-ce qu'elle va durer encore longtemps ?
- Non, ne t'inquiète pas. Dumbledore aussi a dû trouver que je faisais trop peine à voir. Il m'a dit de prendre une semaine pour récupérer. Il me confiera d'autres tâches plus ponctuelles par la suite.
- Tant mieux. Tu vas pouvoir venir manger ici plus souvent. Je vais te requinquer, tu vas voir.
Il sourit malgré lui. Il n'avait pas l'intention de les importuner régulièrement, mais il ne pouvait pas nier que ça lui ferait plaisir de revoir Arthur, Maugrey, Kingsley et… les autres.
Il déglutit une nouvelle gorgée, plus tendu. Il n'était pas venu pour poser des questions et il restait fatigué malgré les potions fournies par Pomfresh mais il n'avait pas rêvé, Molly avait hésité à prononcer le prénom d'Arthur tout à l'heure… Bien sûr, il ne doutait pas qu'ils s'inquiétaient sincèrement pour lui… Molly s'inquiétait pour tout le monde… mais quelqu'un d'autre semblait s'en faire davantage encore. Quelqu'un qui avait bravé son interdiction de lui envoyer de la correspondance, le jour de son anniversaire, pour bien lui signifier qu'elle ne l'oubliait pas.
- Comment va-t-elle ? s'entendit-il alors demander d'une voix rauque alors qu'il gardait son regard fixé sur sa tasse.
- Elle tient le coup, répondit doucement Molly. Je crois qu'aujourd'hui, s'apercevoir qu'elle pouvait te perdre alors que vous ne vous êtes même pas expliqué… ça lui a fait vraiment peur.
- S'expliquer, soupira Remus.
Il avait l'impression qu'à chaque fois qu'il avait essayé avec elle, il en avait été incapable. Alors il lui avait crié dessus. Très pédagogique comme méthode pour un ancien professeur, se dit-il avec sarcasme.
- Votre amitié lui manque. Pas à toi ?
Il ressentit un pincement au cœur en revoyant les images de leur complicité au 12 Square Grimmaurd avec Sirius. Les blagues échangées sur Fol Œil. Sa maladresse irrécupérable dont elle arrivait à rire. Ça lui semblait tellement loin…
- Je vais… – il se racla la gorge – je vais lui écrire… peut-être que les choses pourront redevenir comme avant.
- Oui, si c'est ce que tu veux, Remus.
- Comment vont les enfants ? s'enquit-il afin de changer délibérément de conversation.
La phrase de Molly n'était pas innocente, il le savait. Mais il n'était pas là pour remuer une nouvelle fois les sentiments qui l'agitaient. Il avait réussi à retrouver une certaine stabilité avec les potions qui lui évitaient ses cauchemars, ce n'était pas pour revivre les événements des mois écoulés. Non, il savait ce qu'il devait faire, ou ne pas faire. Alors il allait prendre un parchemin et une plume, l'expliquer calmement à Nymphadora avec des mots soigneusement choisis, s'excuser au passage pour tout ce qui s'était passé entre eux et lui demander s'ils ne pouvaient pas simplement redevenir amis, oublier tout cela et repartir à zéro, comme au bon vieux temps.
Alors, ce retour à la case départ, vous y croyez ? Ça me fait bizarre parce que j'ai écrit ce chapitre quasiment d'une traite à la différence des précédents alors je n'ai pas beaucoup de recul… d'ailleurs, il doit rester des fautes mais relire encore une fois aujourd'hui ne servira à rien, je le ferai dans les prochains jours si j'y pense…
