Avant de commencer aujourd'hui, je tiens à lancer un grand merci à Halay qui a signé la 100ème review!

Youhou!

Déjà, après seulement 8 chapitres!

Remarquez, vous avez été très nombreuses à commenter le dernier chapitre et j'ai adoré chacune de vos review. Comme d'hab, j'ai répondu personnellement à beaucoup mais je ne fais pas l'impasse sur les remerciements aux autres.

Alors, avant de vous lancer sur le chapitre 9, un grand merci (dans l'ordre chronologique) à So06 (J'espère que Edward sera assez "in love" pour toi.), à Sandrine (j'ai essayé de trouver le juste milieu entre le dark et le bisounours... pas facile! Alors dis-moi ce que tu en auras pensé!), à Guest n°1 ( voilà la suite! A lire jusqu'au bout de la nuit si tu veux ;) ), à Guest n°2 ( Tu voulais du dark Edward, j'espère que ce sera assez pour toi. Dis moi ensuite!), à Alex16 ( encore du rapprochement au menu aujourd'hui), à Flopy69 évidemment (Encore un long chapitre pour toi madame! J'espère que ça te plaira aussi. Bisous), et enfin à Lizz24 (j'espèe avoir réussi un mix entre le dangereux et l'attentionné comme tu voulais.)

Bref, vous aurez compris, voici un chapitre du POV de Bella mais où on en apprend bizarrement beaucoup plus sur Edward et ses manières...

J'ai ADORE écrire ce chapitre alors j'espère que vous y trouverez toutes votre compte parce que le Edward de ce chapitre, sans être complètement dark est quand même loin d'être un ange.

J'ai vraiment VRAIMENT hâte de savoir ce que vous en aurez pensé.

Bisous

Lily

Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer


Chapitre 9 – My Bloody Valentine

Pov Bella

La lumière est chaleureuse et enveloppante, comme chaque nuit, et je fixe des yeux le velours de la méridienne devant moi.

Il semble doux et confortable mais je reste debout, figée.

Il est derrière moi et tous mes sens sont en alerte, mon corps tendu dans l'attente.

« Assieds-toi, Bella. »

Sa voix… C'est un doux ténor qui glisse sur moi comme une caresse et ma peau frissonne.

J'obéis.

Il me rend si docile.

Je tremble.

« Tu veux tellement comprendre… Laisse-moi te montrer, Bella. »

Je lui tourne toujours le dos.

Je ne le vois pas.

Je ferme les yeux.

Je n'ai pas froid quand sa main se pose sur mon épaule pour écarter mes cheveux. Je suis bouillante.

Ses doigts glacés caressent mon cou.

« Laisse-moi te montrer jusqu'où ça peut aller… »

Mon dieu. Il est si proche.

Sa voix dans mon oreille et son souffle sur ma nuque…

Je halète.

J'attends.

Touche-moi, je t'en prie…

Je gémis quand ses lèvres se posent sur mon épaule. Ses mains descendent, parcourent mes flancs, caressent mon ventre.

Je ne maitrise plus rien.

Ma tête se penche sur le côté pour lui livrer un meilleur accès à ma gorge.

Il sème des baisers humides et froids jusque derrière mon oreille tandis que ses mains remontent vers mes seins.

Je lâche un long râle, tendant mon corps vers ses caresses.

Il gronde. C'est brutal, animal… et ce son résonne dans tout mon corps en y déclenchant des spasmes de plaisir.

Mon haut est si fin que c'est comme s'il empoignait ma peau nue, caressant, pinçant mes pointes en une douce torture.

Mon cœur et ma respiration s'emballent quand il raffermit sa prise, me ceinturant d'un bras pour plaquer mon dos contre son torse.

Il est à la fois si doux et si fort. Je ne pourrais pas lui échapper, même si je le voulais.

Mais je ne le veux pas.

Seigneur, j'en veux plus. Tellement plus. Maintenant.

S'il te plait.

Ses baisers dans mon cou se font voraces. Il me hume, se délectant de mon odeur mais je n'ai pas peur.

Car une de ses mains descend inexorablement, le long de mes côtes puis sur mon ventre, s'immisce entre mes jambes et je vais encore une fois à sa rencontre. Je n'ai jamais ressenti une telle envie, un tel besoin.

Vas-y, caresse-moi, je t'en supplie…

Il répond parfaitement à mon désir et je gémis de plus en plus fort, allant au-devant de chacun de ses gestes. Et le plaisir monte…

Encore…

Mon dieu…

« Edward ! »

Je me redressai, hagarde, au milieu de mon lit défait.

Il me fallut une minute pour réaliser que j'avais été réveillée par mon propre cri.

Qu'est-ce qui venait de se passer au juste ?

Mon cœur battait encore à tout rompre et j'étais trempée de sueur. Les draps étaient emmêlés autour de mes jambes comme si je m'étais débattue dans mon sommeil. Les oreillers gisaient au sol.

J'étais certaine que, à en juger par les apparences, on aurait pu croire que je venais de vivre dans ce lit une expérience sauvage et débridée…

Ce rêve… Bon sang.

J'avais déjà eu des rêves érotiques mais jamais aucun n'avait eu un tel résultat.

Merde Bella !

Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

Tu ne peux pas rêver d'Edward comme ça ! Tu ne dois jamais laisser une telle chose se produire !

C'est un vampire.

Il est dangereux.

C'est un prédateur. Chacun de ses mots est à prendre à double sens. Il va essayer de t'embobiner avec sa voix de velours et son regard de séducteur. Il est peut être magnifique, fort, troublant, attirant et tellement intrigant que tu te demandes ce que ça ferait de… mais il est dangereux !

Je secouai la tête frénétiquement, maudissant mon inconscient qui venait me torturer pendant mon sommeil. Comme si la réalité n'était pas déjà assez difficile à gérer comme ça !

Puis je m'extirpai à toute vitesse du lit que j'observai ensuite un instant d'un œil noir et méfiant comme si tout était sa faute. Saleté de lit !

Saleté de méridienne !

Saleté de vampire !

Je me ruai dans la salle de bain et mis l'eau de la douche en route. J'avais besoin de me vider la tête de toutes ces conneries.

J'enlevai donc en vitesse mes vêtements que je laissai trainer sur le sol en pierre. Ils étaient déjà dans un piteux état après avoir été portés plus de quarante-huit heures. Dormir avec n'arrangeait pas les choses mais il était hors de question que je dorme nue maintenant que je savais qu'un vampire curieux et sans-gêne se payait des promenades dans ma chambre dès que je fermais les yeux.

Mon dieu.

Et s'il avait été là tout-à-l' heure ?

Je serais morte de honte s'il avait assisté à ça !

Comment aurais-je pu encore essayer de lui faire croire que j'étais imperméable à ces manigances après ça ?

Je poussai un profond soupir de rage et me glissai sous le jet d'eau chaude.

Il fallut de longues minutes pour que mon corps se détende et que je sois en mesure d'analyser la situation.

J'avais rêvé d'Edward.

Ok. Il allait falloir que je vive avec ça.

Mon inconscient m'avait trahie.

Je n'y pouvais plus rien. C'était fait. Et ça ne voulait strictement rien dire !

Après tout, j'étais retenue prisonnière dans une forteresse remplie de créatures suceuses de sang tortionnaires. Et le seul interlocuteur que j'avais depuis deux jours était un vampire mâle, sexy en diable, qui prenait un malin plaisir à cacher sous ses airs polis toutes ses tentatives pour me rendre dingue.

Il n'y avait rien de surprenant à ce que mon esprit soit complètement retourné.

Tout était la faute d'Edward et de cet endroit.

Je ne devais pas me laisser avoir. J'étais Isabella Swan. J'étais une fille rationnelle et sensée qui avait déjà vu des horreurs dans sa vie sans perdre de vue ce qu'elle était.

Il ne fallait pas que je laisse tout ce qui se passait ici me changer…

Et je ne devais surtout pas cesser de voir Edward comme ce qu'il était réellement. Un monstre.

Je sortis de la douche et m'enveloppai dans un serviette.

Pourtant…

Je ne parvenais pas à expliquer ce qui se passait quand j'étais en présence d'Edward.

La veille j'étais déterminée et en colère quand j'étais entrée chez lui mais tout avait basculé dès qu'il avait commencé à me parler de lui… J'avais été fascinée. Par ce que j'avais appris des vampires d'abord, leur pouvoirs immenses et leurs infimes faiblesses, puis par ce que j'avais appris sur Edward.

Et je n'avais pas été renseignée que par ses mots.

La colère passée, je l'avais observé. Il semblait continuellement tendu sous ses airs décontractés et j'avais été presque choquée quand j'avais finalement compris pourquoi : il ne voulait pas me faire de mal.

Ce constat m'avait frappée comme une évidence quand il était allé se rassoir en silence sur la méridienne après m'avoir fait une démonstration de sa force en broyant sans effort un presse-livre en bronze de la taille d'une brique. Il aurait facilement pu me soumettre à sa volonté dès le premier instant et j'aurais eu beau résister de toutes mes forces, cela aurait été parfaitement inutile, mais il n'avait rien fait.

Il désirait mon sang. Je le savais. Je l'avais vu dans ses yeux à plusieurs reprises. Et j'étais presque certaine qu'il se retenait de respirer autant que possible quand il était près de moi.

Mais il ne cédait pas à son envie.

Je m'étais demandé pourquoi. Et je n'avais toujours pas de réponse satisfaisante à cette question hormis le fait qu'il ne voulait pas me blesser. En tout cas pour l'instant.

Me que voulait-il de moi alors ?

Je ne croyais pas un instant à son histoire de « la nature humaine est un mystère que je voudrais que vous m'aidiez à éclaircir ». Il y avait autre chose ?

Le sexe ?

Non !

Il aurait facilement pu obtenir cela par la force s'il l'avait voulu.

Pourtant il avait couché avec Tanya. Et les détails que m'avait fournis cette dernière avaient probablement contribués à alimenter mon rêve, même s'il n'y avait qu'à regarder Edward pour savoir qu'il devait être un amant exceptionnel. Ou alors il n'y avait plus aucune justice.

Son regard quand il m'avait approchée de sa démarche assurée de prédateur… Cette faim dans ses yeux… Son sourire… Puis sa main sur moi, sur ma joue… J'avais peut-être sous-entendu pour le faire enrager que jamais une humaine saine d'esprit ne le laisserait approcher, je devais bien admettre qu'il savait manifestement s'y prendre.

Bref, tu t'égares là, Bella ! Encore.

Je m'observai un instant dans le petit miroir au-dessus du lavabo.

J'étais plus pâle que d'habitude et des cernes sombres soulignaient mes yeux fatigués.

Je manquais de sommeil. A qui la faute ?

Il fallait que je trouve un moyen pour sortir d'ici. J'avais une vraie vie qui m'attendait dehors : une famille, des amis, un travail. Des gens comptaient sur mon retour. Je ne pouvais imaginer la peine que ressentiraient mes parents si je disparaissais ainsi, que je ne revenais jamais.

Donc, même si je devais y laisser ma raison, il fallait que je continue à jouer à ce jeu de questions-réponses jusqu'à ce que je trouve comment m'enfuir.

Je lançai un regard dépité vers mes vêtements. Il allait falloir que je fasse avec…

Je passai donc mon jean et le haut noir que j'avais à mon arrivée.

Je venais juste de fermer le dernier bouton quand on frappa à la porte.

Je m'immobilisai, le cœur tambourinant subitement. Qui était-ce ? Il faisait encore jour et je n'avais jamais eu de visite tant que le soleil était encore si haut dans le ciel.

La peur me paralysait totalement et je restai ainsi, figée, espérant que mon silence découragerait mon visiteur, même si j'étais toujours pleinement consciente que le verrou qui maintenait cette porte fermée se trouvait à l'extérieur.

« C'est moi, Bella » dit une voix que j'aurais reconnue entre mille. « Puis-je entrer ? »

Il demandait à entrer ?

Depuis quand ?

Je dus me racler la gorge pour répondre et enfin retrouver la maitrise de mon corps et de mes gestes.

« Oui. »

Le verrou cliqueta, la porte s'ouvrit et Edward envahit mon espace de sa présence envoutante.

Il était vêtu d'un jean sombre et d'un tee-shirt noir assez près du corps. C'était la première fois que je le voyais ainsi habillé de façon décontractée et j'eus du mal à déglutir. Il était tellement beau que je me demandais comment il pouvait seulement passer pour un humain, même dans la pénombre et de loin.

Il avança d'un pas prudent au centre de la pièce qu'il détailla d'un regard rapide.

Cette chambre était déjà petite mais elle semblait encore plus minuscule maintenant qu'il était là. C'était comme si un fauve sauvage et dangereux venait de pénétrer dans mon espace. Et, quand il posa enfin son regard sur moi, je sentis un frisson me parcourir entièrement, me rappelant la sensation qui m'avait habitée pendant mon rêve. Je me sentis rougir et dus faire un effort pour ne pas baisser les yeux et ainsi lui montrer mon trouble. Ce que j'avais tendance à faire un peu trop souvent

Il plissa les yeux, comme si il cherchait une nouvelle fois à lire en moi.

« Bonjour Bella » murmura-t-il.

Mon dieu. Cette voix.

Elle était à elle seule un vrai pousse au crime !

« Bonjour… » répondis-je d'une voix mal assurée.

Il me considéra encore un instant en silence, la tête légèrement inclinée sur le côté puis sembla renoncer à quelque chose et leva vers moi un volumineux sac en carton noir.

« Je m'excuse de faire ainsi irruption dans ta chambre » commença-t-il avec un sourire en coin. « J'ai bien compris que tu ne souhaitais pas particulièrement ma présence ici mais j'ai oublié de te donner ça hier soir. Et comme je savais que tu étais réveillée… »

Il savait que j'étais réveillée ?

Ah oui, c'est vrai que ses oreilles supersoniques captaient le moindre murmure à plusieurs kilomètres.

Je fus prise d'un nouveau rougissement en réalisant qu'il n'avait pas eu besoin d'être là pour profiter de mes folies oniriques. Merde ! Pourvu que je n'ai pas parlé en dormant !

Le nouveau sourire en coin dont il me gratifia ne me rassura pas le moins du monde mais, comme il s'abstint de faire le moindre commentaire, je décidai de faire comme si de rien n'était. De toute façon le mal était fait.

Et, à moins de me retenir de dormir, je ne pourrais pas empêcher qu'une telle chose se reproduise.

« Qu'est-ce que c'est ? » demandai-je en regardant le sac d'un œil suspicieux.

« Des vêtements. »

Je haussai les sourcils, surprise. Il m'apportait des vêtements ?

Comme je ne faisais toujours pas un geste pour prendre le sac qu'il tendait à bout de bras, il esquissa un nouveau sourire.

« Tu peux le prendre, tu sais ? Il ne va pas te mordre. »

Monsieur faisait de l'humour !

Je levai les yeux au ciel et lui pris enfin le sac des mains. Il était lourd. Combien de fringues y avait-il là-dedans ? Je tournai le dos à Edward pour aller poser mon bagage sur le lit dont je tirai rapidement les draps pour cacher le désordre laissé par mes rêveries déplacées.

« C'est Alice qui a trouvé ça pour toi. Elle a pensé que tu pourrais en avoir besoin.

- Alice ? Ta sœur ? »demandai-je en me retournant vers lui.

« Oui » répondit-il avec un haussement d'épaule. « Elle a toujours eu une obsession pour la mode et elle a du mal à concevoir qu'on puisse porter deux fois la même tenue. Etant donné son âge, je te laisse imaginer la taille de son dressing.

- Mais pourquoi s'inquièterait-elle du fait que moi je n'ai plus rien à me mettre ? »

J'étais sincèrement curieuse. Qu'est-ce qu'une vampire pouvait bien trouver d'intéressant à la détresse vestimentaire d'une simple humaine qu'elle ne connaissait pas ?

Edward resta silencieux un instant puis répondit en haussant une nouvelle fois les épaules bien que je retrouvais la tension dans son regard.

« C'est Alice. »

Comme si cela expliquait tout. Mais je voyais bien qu'il me cachait quelque chose.

Sachant pertinemment que je n'obtiendrais rien de plus de lui, je lui tournai à nouveau le dos pour sortir le contenu du sac.

J'étalai sur le lit et sous mes yeux ébahis, trois robes, de nombreux hauts tous plus fabuleux les uns que les autres et quatre pantalons, le tout arborant des étiquettes avec des noms que je n'avais même jamais vu en vrai tel que Prada, Armani, Versace ou Dior.

Le sac contenait encore deux boites que je n'osais même pas sortir tant j'étais en état de choc.

Il y en avait là pour une fortune ! J'étais persuadée que l'ensemble de ces vêtements valait plus cher que ce que je gagnais en plusieurs mois.

« C'est de la folie ! » protestai-je en faisant face à Edward qui m'observait d'un air amusé.

« L'argent n'est pas un problème, Bella.

- Mais c'est complètement dingue, je n'ai pas besoin de tout ça.

- Il faut bien que tu te vêtisses.

- Peut-être mais ta sœur aurait tout aussi bien pu se fournir chez H&M ! »

Je ne savais si je devais être ravie ou horrifiée. J'étais sonnée tout simplement.

Comment devais-je prendre ce cadeau ?

Ses yeux toujours plongés dans les miens, Edward fit un pas vers moi et la sonnette d'alarme qui retentit dans ma tête en chassa immédiatement toutes les questions.

« Tu n'as qu'à voir ça comme un cadeau pour moi, Bella.

- Pour toi ? » bredouillai-je.

Il esquissa à nouveau ce sourire un peu tordu qui me faisait bouillir le sang.

Tu es si faible Bella !

« Ma sœur a dû penser que te voir ainsi me ferait plaisir… »

Je déglutis avec peine, incapable de détourner les yeux.

« Et puis, j'ai besoin que tu te fasses encore plus belle pour ce soir. »

Quoi ?

Je clignai des yeux pour tenter de me soustraire à son emprise et retrouver un semblant de capacité à réfléchir mais c'était peine perdue.

« Pourquoi ? » murmurai-je.

« Je vais t'emmener quelque part… J'aime beaucoup le dos-nu noir. »

Il commença à reculer mais je ne retrouvai complètement la possibilité de respirer que quand il fut près de la porte.

« Je viendrai te chercher. A tout à l'heure, Bella. »

Et soudain, j'étais à nouveau seule. Il était parti, laissant derrière lui une impression de vide à la fois rassurante et frustrante. Je n'aurais pas assez d'une vie complète pour démêler les sensations que ce type me faisait ressentir.

Il voulait m'emmener quelque part…

Cela signifiait-il en dehors de Volterra ?

Si c'était le cas, je tenais là peut-être ma première vraie chance de m'échapper. S'il m'emmenait dans un endroit où d'autres humains se trouvaient, il n'oserait tout de même pas me retenir si je me mettais à courir, ou si j'appelais au secours.

Un vague espoir se fraya un chemin dans mon cœur mais je le bridai tout de même. Il ne fallait pas que je me fasse de fausses joies. Si ça se trouve, il comptait juste me mener dans un endroit de la cité que je ne connaissais pas et, s'il voulait que je me prépare, cela voulait dire que nous ne serions pas seuls. L'idée d'être confrontée à d'autres vampires ne me parut pas meilleure pour occuper mes pensées et je la chassai donc aussi rapidement en reportant mon attention sur le sac.

J'en sortis la première boite, longue et rectangulaire. Elle contenait deux paires d'escarpins à talons, une noire et une rouge. Un seul regard à leurs semelles d'un rouge écarlate m'informa qu'elles étaient encore hors de prix. Je les posai au pied du lit et sortis, à la fois résignée et excitée la dernière boite, plus petite.

Des sous-vêtements.

En soie, en dentelles, en coton. Il y en avait pour tous les gouts.

Est-ce que Edward avait vu tout ça ?

Je me rappelai ces mots : « Ma sœur a dû penser que te voir ainsi me ferait plaisir… »

Mon dieu…

Non, Bella, ne commence pas à penser à ça !

J'observai la profusion de luxe étalée sur mon lit, le regard vide. Et je crois bien que je restai ainsi un moment, cherchant à faire le tri entre toutes les émotions qu'éveillait en moi ce cadeau.

Le soleil commençait à descendre et je débattais maintenant de si oui ou non je pouvais utiliser ces vêtements. Je devais bien reconnaitre que j'en avais follement envie. Après tout, jamais je n'avais eu l'occasion de porter de haute couture…

Mais mon côté tête de mule me poussait aussi à refuser ce présent tout à fait déplacé. Je n'étais pas une poupée !

J'effleurai les étoffes du bout des doigts et je m'arrêtai sur un haut somptueux en soie noire mate. Je le pris précautionneusement dans mes mains. Il était léger, souple et très agréable au toucher.

La coupe semblait parfaite. Un bouton de nacre fermait le tissu au niveau du cou. C'était un dos nu.

Je réprimai un frisson en réalisant que j'avais involontairement porté mon attention sur le vêtement même pour lequel Edward avait exprimé sa préférence.

Pouvais-je faire ça ?

Pouvais-je me permettre de laisser s'exprimer mon envie de le suivre dans ce jeu trouble où il semblait vouloir me mener ?

Si je mettais ce haut, lui prouverais-je mon obéissance ou bien assumerais-je mon envie de le séduire ?

Parce que je voulais le séduire. Je voulais le troubler autant qu'il me troublait. Je voulais lui montrer que je n'étais pas faible.

Sans plus y réfléchir, je me levai et retirai mes vêtements. Je passai alors le haut noir. La soie glissa comme une caresse sur ma peau nue. Il tombait impeccablement, soulignant ma taille et découvrant largement mon dos. J'enfilai ensuite un pantalon de toile gris clair parfaitement ajusté et la paire d'escarpins noirs.

Le tout m'allait parfaitement et je dus me forcer à ne pas trop me demander comment cette Alice avait fait pour connaitre mes mensurations et ma pointure.

Quelques minutes plus tard, j'avais accentué le maquillage sur mes yeux et relevés mes cheveux en une longue queue de cheval qui venait maintenant balayer mon dos.

Edward pouvait venir, j'étais prête à le recevoir et à le battre à son propre jeu.

Comme à son habitude, il attendit la nuit pour se montrer.

Trois coups furent frappés à ma porte et j'ignorai les battements sourds de mon cœur pour inviter mon visiteur à ouvrir.

Il marqua un temps d'arrêt sur le seuil, une main toujours accrochée à la poignée qui émit un grincement métallique. Ce fut alors à mon tour de sourire. Je lui faisais de l'effet.

Ceci étant dit, il était également parfait vêtu d'une chemise noire au col ouvert et d'un pantalon sombre, les cheveux savamment ébouriffés et le regard perçant vrillé sur moi. Mais j'étais tellement satisfaite de mon petit effet que cela pris le pas sur mon trouble et j'avançai d'un pas décidé vers lui.

« Tu es très belle. » dit-il d'une voix sourde.

Je souris innocemment, comme si tout cela était parfaitement naturel.

« Merci. Où allons-nous ? »

Il me contempla encore un instant en silence. Je me sentis alors rougir à nouveau, perdant un peu de mon assurance sous son regard insistant.

« C'est une surprise » finit-il par répondre en se ressaisissant. « Suis-moi. »

Et, sans un mot de plus, il m'entraina à travers les couloirs. Nous ne prîmes ni le chemin de sa chambre ni celui du salon du haut. J'en fus secrètement soulagée car je ne me sentais pas encore prête à revoir ces filles. Je me rappelais la fureur dans les yeux d'Irina après qu'on lui ait enlevé sa sœur et le sourire de Victoria. Je ne doutai pas que ces filles me feraient payer le fait qu'Edward ait répudié Tanya pour moi, même si je n'y étais pour rien.

Nous descendîmes un escalier puis encore un autre et enfin, derrière une lourde porte métallique, Edward me fit entrer dans un immense garage dans lequel se trouvaient de nombreuses voitures racées ou motos de collection. Un tel endroit paraissait totalement incongru dans ce décor moyenâgeux mais je n'eus pas le loisir de m'en étonner plus car je devais suivre Edward qui se déplaçait avec aisance et rapidité, ce qui m'était bien moins évident sur mes talons de huit centimètres.

Il me conduisit jusqu'à une berline sport gris métallisé dont il m'ouvrit la portière côté passager.

« Monte. » dit-il en m'invitant d'un geste de la main.

Un instant hésitante, je pris pourtant appuis sur la main qu'il me tendait pour m'aider à monter dans le véhicule. Ce contact fut toutefois trop bref pour me troubler beaucoup plus que je ne l'étais déjà du fait de sa seule présence.

Je ne le vis pas contourner la voiture et il fut assis près de moi avant même que je ne m'en rende compte. Ce qui me fit sursauter. Je ne m'y habituerai jamais !

Il démarra le moteur et une porte automatique se souleva face à nous, s'ouvrant sur une cour pavée éclairée de hauts lampadaires en fer forgé. Sans un bruit, la voiture avança à l'extérieur et nous laissâmes bientôt les lumières de Volterra derrière nous.

Dans le noir total de la nuit italienne, nous roulions en silence et une tension de plus en plus pesante prenait petit à petit possession de l'habitacle. Je n'osai pas tourner les yeux vers Edward qui conduisait sans dire un mot. En prêtant l'oreille, je me rendis compte qu'il ne respirait pas et du coin de l'œil, je pouvais voir les jointures de ses doigts blanchir, crispées sur le volant.

J'aurais pu lui poser des questions, lui demander encore une fois où nous allions ou s'il comptait battre un record quelconque d'apnée mais je préférais pour l'instant qu'il se coupe de mon odeur voir qu'il m'oublie plutôt qu'il me réponde. Notre proximité m'était déjà bien assez difficile à supporter sans y ajouter un danger supplémentaire.

De longues minutes s'écoulèrent avant que les lumières d'une ville n'apparaissent au bout de la route. Si je comprenais bien les panneaux, nous approchions de Pise. Ce brusque retour à la civilisation me fit un drôle d'effet, ne serait-ce que le fait de croiser les phares d'autres voiture, de me rappeler qu'il y avait un monde réel en dehors des murs de ma cellule paraissait soudain presque invraisemblable.

Edward engagea la voiture sur le périphérique et les lumières éclairèrent par intermittence son beau visage concentré. Il nous fallut encore quelques minutes pour atteindre notre destination.

Edward gara la voiture sur un parking donnant sur une rue pavée. Il sortit du véhicule et vint rapidement ouvrir ma portière.

Tant de bonnes manières chez cet homme ! On aurait presque pu en oublier ce qu'il était réellement.

Enfin dehors, il retrouva l'usage de la parole.

« J'espère que mademoiselle a fait bon voyage. »

Je levais les yeux au ciel.

« Ça va très bien merci. Vas-tu enfin me dire où tu me conduis ? »

Il me gratifia de son superbe sourire en coin qui, malgré la pénombre ne perdait pas une once de son pouvoir sur moi.

« Je souhaiterais te montrer quelque chose. Viens. »

Il m'encouragea à commencer à marcher vers la rue.

« Et j'oubliais, » reprit-il. « J'espère que tu ne songes pas profiter de notre petite escapade pour me fausser compagnie. »

J'arrêtai immédiatement de marcher pour le regarder avec méfiance .Il semblait plus amusé par l'idée que vraiment menaçant mais je me doutais qu'il ne fallait pas s'y fier.

« Si tu me fuis, Bella, je te rattraperai. Et, là où nous allons, personne ne t'entendra si tu cries. »

Mon sang se glaça dans mes veines.

Où m'emmenait-il ?

Affichant un sourire avenant et charmeur en totale contradiction avec ses paroles, il me présenta son bras comme l'aurait fait un cavalier ou un ami. Je relâchai un souffle tremblant et passai mon bras sous le sien, remerciant le ciel d'avoir pensé à passer une veste et qu'ainsi nos peaux ne soient pas une nouvelle fois en contact. Avec la tension que je ressentais à présent dans tout mon corps, je ne l'aurais pas supporté.

Il recommença à marcher et je n'eus d'autre choix que de le suivre à travers les rues sombres jusqu'à une artère plus passante et enfin jusqu'à l'entrée brillamment éclairée d'un night-club.

Je levai un regard interrogateur vers Edward qui me répondit d'un sourire malicieux.

Nous entrâmes rapidement à l'intérieur et fûmes immédiatement assaillis par le rythme assourdissant de la musique. J'étais perdue. Tout ça allait trop vite. Que faisions-nous ici ? Etions-nous dans un de ces club pour vampires ? Et, si oui, pourquoi Edward m'avait-il amenée ici ?

A bien y réfléchir, Pise ne figurait pas sur la liste des villes dans lesquelles Afton et sa famille possédait des établissements…

Mais pourquoi étais-je là ?

Pendant que nous faisions la queue devant le vestiaire, Edward me pris par surprise en se plaçant derrière moi et en saisissant l'encolure de ma veste qu'il fit glisser sur mes bras. Ses doigts m'effleurèrent, traçant un chemin d'électricité pure sur ma peau et je haletai brusquement. Il se pencha alors à mon oreille.

« Nous ne sommes pas ici dans ce que tu appelles un open bar pour vampires. Tu m'as lancé un défi hier soir… Tu veux tellement comprendre… Laisse-moi te montrer, Bella. »

Mon dieu.

J'avais du mal à respirer.

Ces mots murmurés à mon oreille étaient les mêmes que ceux que j'avais entendus en rêve avant que tout ne dérape.

Ses doigts s'égarèrent sur la peau nue de mon dos. La sensation que cela me procura était indescriptible.

« T'ai-je dis à quel point j'étais heureux que tu ais choisis ce haut ?

- Non » parvins-je difficilement à répondre.

« Tu es magnifique. » murmura-t-il une dernière fois tout contre moi avant de s'écarter pour tendre nos vestes à la jeune femme au comptoir qui sembla subitement manquer d'air.

Sa caresse m'avait laissée tremblante. Et c'est d'un pas mal assuré que je le suivis et que je passai les portes qui s'ouvraient sur l'intérieur du club. La piste était déjà pleine de monde. Des hommes et des femmes se déhanchaient au rythme d'une musique à la pulsation à la fois rapide et envoutante. Des faisceaux de lumière venaient rompre la pénombre ambiante, éclairant tantôt la piste, tantôt les abords qui étaient occupés par des petites alcôves avec banquettes et tables rondes. Au fond de la salle, le bar occupait toute la largeur et des tables hautes permettaient de se poser quelques minutes le temps de consommer puis de retourner danser.

Edward fendit la foule pour se diriger vers une de ces tables. Il n'avait aucun mal à se frayer un chemin, les gens semblant se pousser inconsciemment sur son passage, comme si une sorte de sixième sens les prévenait du danger. Je le suivis et nous prîmes place sur deux tabourets hauts, face à face.

Le rythme de la musique se répercutait dans tous mon corps, brouillant ma perception des choses.

En face de moi, Edward me regardait sans dire un mot. Le voir ainsi entouré de monde, d'humains, était particulièrement troublant. Dans cette ambiance sombre, sa peau paraissait moins pâle et ses yeux n'avaient plus cette étrange couleur. Il était juste incroyablement beau et je compris déjà qu'il pouvait lui être facile de se fondre parmi ces gens.

Je réalisai alors à son sourire que la leçon avait commencé.

Il voulait me montrer qu'il pouvait se fondre dans la foule pour… trouver ses proies ! Mon dieu !

Mes yeux s'écarquillèrent d'effroi.

« Non… » murmurai-je en secouant la tête.

Son sourire s'élargit. Il était à la fois inquiétant et beau à mourir maintenant.

« Tu m'as défié Bella. » dit-il comme si cela suffisait.

Je restai muette de stupeur. Il ne pouvait pas faire ça. Pas devant moi. Pas du tout. Jamais.

C'était mal !

« Non. » répétai-je.

Il se pencha vers moi, me transperçant de son regard rieur.

« C'est ce que je suis, Bella. Tu voulais comprendre et je vais te montrer. Mais ne t'inquiète pas. Rappelle-toi que je ne tue que très rarement mes victimes. »

La belle affaire !

« Tu ne peux pas faire ça, Edward. Je ne veux pas voir ça ! »

Il se recula en souriant. Autant tenter de parler à un mur.

Une serveuse s'approcha.

« Que désirez-vous boire ? »

Je lançai un dernier regard désespéré à Edward qui me sourit encore en haussant les sourcils.

« Que veux-tu boire, Bella ? » me demanda-t-il innocemment.

La serveuse tourna alors les yeux vers lui et je pense que, si cela avait été possible, sa mâchoire lui serait tombée sur la poitrine. Elle mit quelques secondes à se ressaisir et, bombant le torse pour mettre en valeur son décolleté, elle lui jeta un regard aguicheur.

Ok. Deuxième leçon : je n'étais pas la seule à être éblouie par la beauté du diable.

« Je n'ai pas soif. »

Edward passa brièvement sa langue sur sa lèvre inférieure sans me quitter des yeux et la serveuse étouffa un couinement.

« Nous prendrons deux bloody mary, s'il vous plait » dit-il sans lever les yeux vers elle.

La jeune femme mit quelques instant avant de se détourner et de partir chercher nos boissons qu'elle ramena par contre en un temps record.

« Si je peux faire quelques chose d'autre, pour vous, faites-moi signe. » ajouta-t-elle en minaudant en direction d'Edward qui ne lui accorda pourtant pas plus d'attention.

« Bois. » m'ordonna-t-il quand la serveuse se fut éloignée.

Je n'avais pas soif. J'avais juste envie de m'enfoncer les doigts dans le fond de la gorge et de vomir après cette démonstration de veulerie féminine. Je regardai pourtant mon verre avec circonspection.

« C'est de très mauvais gout, tu sais ? » demandai-je

« Quoi donc ?

- Le fait d'avoir choisi ce cocktail en particulier. Ce n'est pas drôle.

- Je trouvais pourtant que c'était approprié. » répondit-il avec un sourire ironique. « De toute façon, ce n'est pas de cela dont j'ai envie… »

Son regard se fit à nouveau sombre.

« J'ai choisi pour toi. Irais-tu jusqu'à me retourner la politesse ? »

Quoi ?

Je restai bouche bée, ne voulant pas comprendre ce qu'il entendait par là.

« Choisis pour moi, Bella. »

Sa voix était basse et sérieuse.

Je ne pouvais détourner mes yeux des siens. Mon cœur battait maintenant plus fort que la musique dans ma tête.

Qu'il aille au diable !

Je ne pouvais pas faire ça.

« Bien. » dit-il en se reculant sur son siège. « Je vais donc être obligé de choisir moi-même. »

Il détourna son regard et observa la piste de danse puis les abords. Je pus alors détailler son profil, son expression concentrée alors qu'il ne faisait ni plus ni moins que choisir son repas parmi mes congénères.

Soudain, il s'immobilisa et ses lèvres s'étirèrent en un sourire satisfait.

« J'ai toujours eu une préférence pour les brunes. »

Je suivis son regard et découvrit sa cible : une jeune femme en robe bleue nuit était assise seule sur une des banquettes à quelques mètres de nous. Elle était grande et belle. Sensuelle mais pas ostentatoire. Et, durant la minute que je passai ainsi figée par l'angoisse à la fixer, elle regarda deux fois la fine montre en argent qu'elle portait au poignet.

Elle attendait quelqu'un.

Il était évident que cette fille n'était ni une professionnelle, ni une fille facile.

J'aurais sans doute pensé qu'Edward n'avait pas choisi là la proie la plus évidente si j'avais été capable d'une pensée objective. Mais, à cet instant et alors qu'il se levait lentement de son siège, je n'étais habitée que par la peur de ce qui aller arriver à cette femme. Je ne réfléchis donc pas une seconde à mes gestes quand j'accrochai ma main au bras d'Edward pour le retenir.

« Non, ne fais pas ça. Je t'en prie !»

Mon dieu. Il était si fort.

Son biceps sous mes doigts était dessiné et dur comme de la pierre.

Ses yeux, tout d'abord braqués sur mes doigts pâles posés sur le tissu sombre de sa chemise, remontèrent sur mon poignet, puis mon bras et mon épaule nus. Lentement. Ils s'attardèrent sur mes lèvres et un frisson m'embrasa toute entière. Et, quand il se pencha une nouvelle fois vers moi en plongeant son regard dans le mien, j'oubliai un instant où j'étais.

« N'aies pas peur, Bella… » me souffla-t-il.

Il s'éloigna avant que je ne reprenne mes esprits et je n'eus d'autre choix que de l'observer, comme hypnotisé, approcher de la jeune femme d'une démarche lente et assurée.

La musique pulsait maintenant en un rythme lancinant, presque hypnotique. Des couples s'étaient formés sur la piste qui dansaient enlacés, suivant le rythme langoureux et saccadé en des ondulations parfois un peu trop suggestives. Ces gens venaient ici pour oublier leur quotidien, être quelqu'un d'autre, laisser s'exprimer leur sensualité l'espace de quelques heures. C'était irréel… Et je regardai, moi-même dans une sorte de transe malsaine, la scène qui se déroulait devant moi.

La femme leva d'abord vers Edward un regard plein de dédain quand il s'arrêta devant elle pour lui parler. Mais elle cligna plusieurs fois des yeux quand elle vit son visage. Ses lèvres s'écartèrent sur une inspiration subite et involontaire.

Je ne pouvais pas entendre ce qu'il lui dit mais elle baissa une nouvelle fois les yeux sur sa montre puis esquissa un sourire charmeur en hochant la tête et en se levant.

Elle était plus grande que moi et plus pulpeuse aussi. Une fois debout, je ne pouvais que constater la finesse de sa taille et la rondeur de sa poitrine serrée dans le fourreau sombre de sa robe. Elle était magnifique et tellement plus belle que moi que je ressentis dans mon ventre un pincement de jalousie très mal venue.

Mais je n'eus pas le temps de m'y attarder car toute mon attention était focalisée sur le sourire satisfait d'Edward qui ne m'adressa pas un seul regard.

Nouveau pincement.

Ils se dirigèrent tous les deux vers la piste de dance, se frayèrent un chemin mais ne se perdirent pas au milieu de foule ondulante de sorte que je les voyais toujours de là où j'étais et que je pus parfaitement voir la main d'Edward se poser sur la hanche de la femme pour approcher son corps du sien. Si près.

Que pouvait-elle ressentir aussi proche d'un tel homme ?

Elle ne le quittait pas des yeux, retroussant les lèvres en un sourire sensuel tout en plaçant ses deux mains sur ses épaules.

Pouvait-elle en sentir la dureté et la froideur ?

Se rendait-elle compte qu'elle était face à un être mythique, irréel et dangereux ?

Ils se mirent en mouvement, suivant la musique, et voir Edward bouger ainsi me fit l'effet d'un électrochoc. Il était tellement à l'aise, tellement viril, tellement sensuel en cet instant que je me sentis rougir rien qu'à le regarder. Leur danse devint rapidement de plus en plus suggestive à mesure que leurs corps se rapprochaient.

C'était trop. Mon cœur battait à tout rompre. Je ne pouvais pas regarder ça. Je ne devais pas.

Je ne pouvais pourtant pas détourner les yeux.

Les deux mains d'Edward reposaient maintenant dans le creux des reins de la femme et ses doigts à elle naviguaient lentement vers ses cheveux cuivrés en désordre. Et quand ils s'y mêlèrent, je déglutis difficilement, une tension brutale se nouant dans ma gorge.

Edward pencha son visage vers la femme.

Il n'allait pas la mordre là, si ? Au milieu de cette foule… qui ne leur prêtait pas la moindre attention.

Mais non, il effleura l'oreille de la femme de ses lèvres tout en continuant d'onduler tout contre elle et lui murmura quelque chose à quoi elle acquiesça avec un sourire absent. Mon dieu. L'effet qu'il lui faisait était clairement visible sur son visage. Elle était complètement sous le charme, en transe, face à la conduite séductrice de son cavalier.

Elle semblait avoir complètement oublié son rendez-vous ou même les règles de bonnes manières car elle le suivit en roulant des hanches vers la banquette où elle était installée à peine quelques minutes plus tôt et s'assit tout près de lui.

Je regardai alors sans pouvoir m'en détourner la main d'Edward se poser à nouveau sur la taille de la femme, son visage s'enfouir dans son cou et ses lèvres embrasser sa gorge en remontant vers son oreille.

Des fourmillements remontèrent le long de ma colonne vertébrale et je respirais de plus en plus difficilement.

La pulsation sourde de la musique résonnait dans tout mon corps.

La femme ferma les yeux et pencha la tête en arrière pour laisser Edward embrasser puis lécher le lobe de son oreille. Sa main remontait doucement vers ses seins. Et je la vis nettement convulser une fois quand il commença à la caresser à travers le tissu de sa robe.

Son visage n'était plus qu'un masque de plaisir intense…

Mon dieu, j'étais à bout de souffle.

Quand elle leva les mains vers son visage pour l'attirer à elle, il se laissa faire et j'assistai, impuissante et tremblante au baiser le plus érotique qu'il m'eut été donné de voir. C'était profond et intense. Edward déplaça son corps pour la surplomber légèrement, m'empêchant de voir clairement ce qu'il lui faisait mais il me suffisait de voir leurs visages…

Les doigts de la femme se crispaient dans les cheveux d'Edward, les emmêlant davantage. Et ils restèrent là pendant qu'il délaissait sa bouche haletante pour embrasser son menton, puis sa gorge…

Elle avait toujours les yeux clos, perdus dans les affres d'un plaisir que je ne pouvais qu'à peine imaginer donc elle ne vit pas les lèvres d'Edward s'étirer dans un sourire carnassier quand il effleura la peau fine de son cou en la humant avidement.

Ce sourire était pour moi.

Mon cœur battait trop fort, trop vite. Et je savais qu'il entendait ça.

Il détourna un instant la tête pour croiser une fois mon regard en étirant les lèvres, me dévoilant pour la première fois ses armes. Pourtant cette vision ne m'effraya pas, elle ne fit qu'amplifier ma tension. Cette fraction de seconde s'étira assez pour que je réalise que j'appréhendais ce qui allait se passer dans un état d'excitation extrême.

Mais je n'eus pas le temps de chercher à analyser la raison de cette sensation car déjà il se retournait vers elle.

Les lèvres de la femme s'écartèrent dans un gémissement silencieux quand les dents d'Edward percèrent sa peau. Il n'y avait aucune trace de douleur sur son visage mais, alors qu'Edward réaffirmait sa prise en la serrant étroitement contre lui, ses traits se crispèrent comme sous une jouissance extraordinaire. Elle crispa à nouveau ses doigts dans les cheveux de son bourreau et son corps convulsa encore une fois.

Cette fille prenait son pied. Elle n'était pas une de ces groupies de Volterra. C'était une fille normale, probablement sensée. Et elle ne réalisait pourtant pas que son compagnon, celui-là même qui l'embrassait et la caressait à l'instant était également en train de boire son sang.

Elle ne le réalisait pas parce que ce qu'Edward était en train de lui faire subir semblait digne de l'orgasme le plus phénoménal…

Lentement, Edward releva le visage vers elle, embrassa ses lèvres et elle ouvrit finalement les yeux, le regard perdu et vide. Il caressa son visage d'une main et elle lui sourit lascivement.

Il lui murmura alors quelque chose et elle tenta de retenir son bras. Il tourna alors la tête vers moi en me désignant d'un geste. Pour la première fois, la femme et moi échangeâmes un regard. Elle sembla d'abord surprise.

Que lui avait-il dit ?

Mais elle me fit alors un sourire complice et dit encore quelque chose à Edward, toujours sans lâcher son bras. Il sourit en plissant le nez et en secouant la tête. Elle sembla profondément déçue et minauda avec un regard sensuel et aguicheur mais il se leva et, sans plus lui accorder la moindre attention, revint s'asseoir face à moi.

Dans son dos, la femme semblait reprendre ses esprits. Elle se passa une main dans les cheveux, cherchant à reprendre contenance. De là où j'étais, je ne voyais qu'une légère ombre dans son cou là où Edward avait posé ses lèvres. La blessure semblait propre et ressemblait plus à la marque laissée par un baiser passionné qu'à une morsure. Elle passa ses doigts sur ses lèvres gonflées et renvoya un regard plein d'envie vers notre table mais un homme se présenta alors devant la sienne. Elle eut l'air surprise, chamboulée, alors que son rendez-vous semblait enfin être arrivé.

A quelques minutes près, ce type trouvait sa fiancée en bien compromettante situation…

« Tu n'as pas bu ton verre. » constata Edward d'une voix amusée.

Je reportai alors mon attention sur lui. Il était impeccable. Pas une tâche, pas un accroc sur sa chemise hors de prix. Et ses cheveux, plus ébouriffés qu'à son entrée, lui donnaient juste l'air encore plus sexy qu'avant.

Il avait raison. J'avais besoin d'un verre.

Je vidai donc mon bloody mary d'une traite et reposai le verre vide avec fracas sur la table.

Edward me dévisageait en souriant. Je ne savais pas quoi lui dire. Ce à quoi je venais d'assister était simplement trop dérangeant et pas seulement parce que je venais de voir un vampire s'abreuver au cou d'une jeune femme innocente mais parce que ça avait éveillé en moi des sensations que je ne pouvais consciemment pas accepter.

Et cette musique toujours aussi envoutante noyait toutes ces questions dans une atmosphère trouble qui ne m'aidait pas du tout.

« Viens danser avec moi. »

Quoi ?

Je relevai les yeux vers lui.

Il s'était levé et me tendais la main. Son visage exprimait un air sérieux me signifiant que je ne pouvais pas refuser. De toute façon, si j'étais honnête avec moi-même deux secondes, je n'avais pas envie de refuser.

Je saisis sa main.

Elle était tiède. Plus froide que la mienne mais plus chaude que lors de nos contacts précédents.

Etait-ce le sang de la femme ou la chaleur de son corps qui en avait ainsi changé la température ?

Il m'attira avec lui au beau milieu de la piste et je me laissai faire, envoutée, quand il posa ses deux mains sur mes hanches pour m'attirer à lui.

« Approche… » me murmura-t-il.

Et j'obéis encore une fois, passant mes bras sur ses épaules et, quand il resserra sa prise sur mes reins, une main effleurant la peau découverte de mon dos, je me laissai aller à suivre le rythme qu'il m'imposa, les yeux perdus dans les siens.

J'observai leur couleur s'assombrir sous l'effet du sang humain qu'il venait de boire mais tout mon corps n'était capable que de répondre au sien. J'étais totalement à sa merci, prisonnière de ses bras d'acier. J'aurais pu chercher à m'enfuir mille fois depuis le début de cette soirée. J'aurais pu me débattre et hurler maintenant que nous étions si près d'êtres humains qui auraient pu me venir en aide. Mais je n'arrivais pas à me décider à le faire…

« Est-ce que tu comprends mieux maintenant ? » me demanda-t-il à quelques centimètres à peine de mon visage.

Je fis non de la tête. Il plissa les yeux, cherchant une nouvelle fois à lire en moi.

« Tu es extrêmement frustrante, tu sais ? »

Que voulait-il dire par là ?

Qu'il était déçu parce qu'il pensait que je n'avais pas compris comment il s'y prenait pour chasser parmi les humains ?

J'avais très bien compris pourtant. Je comprenais parce que je ressentais parfaitement le pouvoir qu'il avait sur moi, la fascination et le désir qu'il éveillait dans chaque partie de mon corps et de mon esprit.

C'était ça que je ne comprenais pas.

Mais il était hors de question que je le lui avoue.

« Pourquoi l'as-tu choisi, elle ? » demandai-je finalement.

Il plissa une nouvelle fois les yeux, comme s'il se demandait où je voulais en venir.

« Pour que tu vois ce dont je suis capable. » répondit-il finalement. « Elle n'est ni paumée ni seule…

- Pourtant elle t'a suivi. » terminai-je pour lui.

« Pourtant elle m'a suivi. » répéta-t-il. « Et elle était prête à me suivre encore Si j'avais voulu la tuer, cela m'aurait été facile

C'était donc de cela qu'ils avaient parlé avant qu'il ne la délaisse complètement.

« Pourquoi lui as-tu parlé de moi ? »

Il esquissa un sourire qui me donna de nouvelles palpitations.

« Parce qu'elle me proposait que je la suive chez elle. Je lui ai donc fait comprendre que je n'étais pas seul non plus.

- Mais elle m'a souri. » insistai-je sans comprendre.

Son sourire s'étira.

« Parce qu'elle voulait te proposer de te joindre à nous. »

Je restai figée un instant, choquée.

« J'aurais bien aimé voir ça. » murmura-t-il sans cesser de sourire alors qu'une nouvelle lueur animale s'allumait dans son regard.

Mon dieu.

Je tentai de prendre un air choqué pour cacher mon trouble.

« Dans tes rêves Edward Cullen ! » crachai-je avec le plus de mépris dont j'étais capable.

Il éclata d'un rire franc et joyeux.

« Ne fais donc pas ainsi ta mijaurée, Bella. » se moqua-t-il. « Tu as apprécié ce que tu as vu.

- Quoi ? Non ! »

Il pinça les lèvres et me vrilla d'un nouveau regard perçant.

« Ce n'est pourtant plus du tout l'odeur de la peur que je sens sur toi, Bella… »

Il se pencha vers moi en disant ses mots et effleura mon cou avec son nez en un contact qui me coupa le souffle. Que sentait-il avec ses sens hyper développés de tueur irrésistible ? Ma confusion ? Ma… Mon excitation ?

Seigneur !

Tuez-moi maintenant !

Sa main remonta sur la peau nue de mon dos pour saisir ma nuque juste sous mes cheveux et il obligea ma tête à se pencher en arrière. Je ne pus rien faire pour l'empêcher quand ses lèvres se posèrent sur ma gorge et remontèrent jusqu'à mon menton.

« Non… ce n'est définitivement plus de la peur… »

Mon cœur menaçait de sortir de ma poitrine serrée contre son torse de pierre. Il fallait que je sorte d'ici… Il fallait que…

« Il faut que j'aille aux toilettes » parvins-je à haleter péniblement.

Il mit un temps infini à se redresser, me tenant toujours fermement contre son corps, semblant savourer chaque contact et chacune de mes inspiration rapides et saccadées. Puis il me relâcha doucement et je me ruai vers les toilettes comme si je prenais la fuite.

Je tirai le verrou derrière moi et, ainsi enfermée, loin de lui et de sa présence enivrante, je me regardai dans la glace au-dessus du lavabo.

J'étais toujours pâle mais mes joues étaient roses et mes yeux fiévreux. La chair de poule courrait sur mes bras et je n'arrivais pas à reprendre mon souffle.

Qu'est-ce qui m'arrivait, bon dieu ?

Je ne pouvais pas, je ne devais pas ressentir ce que je ressentais maintenant, cette attirance malsaine et insupportable. Mon corps était tendu à l'extrême dans une envie perpétuelle que je ne pouvais pas me permettre d'assouvir.

Il n'était pas humain !

Je devais m'accrocher à cette phrase, me la répéter comme un mantra pour arracher de ma tête tout ce que j'avais vu ce soir.

Je voulais rentrer chez moi. Maintenant. Retrouver ma vie et oublier tout ça.

Mais il ne me laisserait pas faire, je le savais.

Alors je voulais m'enfermer dans ma cellule et ne plus jamais en sortir. Ne plus jamais le voir. Ma raison n'y survivrait pas.

Je sortis des toilettes et retrouvai Edward à notre table.

Sous son regard calme, je vidai le deuxième cocktail en restant debout puis reposai brutalement le verre sur la table.

« Je veux rentrer. »

Il haussa les sourcils, surpris, mais se leva pour accéder à ma demande.

« Les désirs de mademoiselle sont des ordres. » me souffla-t-il de sa voix enjôleuse qui réveilla de nouveaux frissons dans tout mon corps.

Qu'il se taise !

Nous récupérâmes nos vêtements au vestiaire puis marchâmes en silence jusqu'à la voiture.

Le trajet jusqu'à Volterra se fit sans un mot. J'étais crispée, tendue au possible dans l'effort que je faisais pour ne penser à rien, et surtout pas à sa présence si près de moi.

Il ne fit pas un geste vers moi, ne prononça pas une parole, comme s'il respectait la bulle dans laquelle je m'étais enfermée pour me protéger de lui. C'était bizarre.

Mais je ne voulais pas penser à cela non plus.

Arrivés à la forteresse, il me raccompagna dans ma chambre dans laquelle j'entrai sans lui adresser le moindre regard.

« Je te souhaite une bonne nuit, Bella… » dit-il doucement avant de sortir.

Sans tirer le verrou.

Je me tournai brusquement vers la porte.

Pourquoi ne m'avait-il pas enfermée ?

Je pouvais sortir…

Je pouvais partir…

Ils me rattraperaient surement mais je pouvais essayer.

Pourquoi avait-il fait ça ?

Croyait-il vraiment que ce qu'il m'avait montré ce soir me donnerait envie de rester au point d'annihiler mes espoirs de liberté ?

C'était complètement dingue !

Pourtant…

Je faisais les cent pas dans ma chambre entre le lit et la porte. Mon cœur battait à toute vitesse. Je sentais encore ses mains sur moi, ses lèvres sur ma peau. Je revoyais le visage de cette femme et ses sursauts de plaisir. Je revécus mon envie et ma jalousie. Oui ma jalousie.

Je ne pouvais pas comprendre.

Je n'avais pas toutes les données.

Il me manquait quelque chose.

Et, avant que je ne m'en rendre compte, j'avais ouvert ma porte et laissé mes pas me conduire à travers les couloirs sur ce chemin que j'avais déjà emprunté plusieurs fois.

Il ouvrit sa porte avant même que je ne m'arrête devant.

Il m'avait entendu arriver. Evidemment.

Sa chemise était un peu plus déboutonnée et ses cheveux étaient encore plus désordonnés, comme s'il venait de passer de longues minutes comme moi à se triturer les méninges. Il me regarda entrer d'un œil prudent.

« Tu m'as demandé si je comprenais maintenant » commençai-je en marchant de long en large car, si je m'arrêtais pour réfléchir, je n'irais pas au bout de ce que j'étais venue faire. « Mais je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre Edward. Ma raison m'empêche d'accepter ce que j'ai vu ce soir parce que c'est mal. Pourtant je jure que je vais devenir folle si je ne parviens pas à rendre toutes mes pensées plus claires… et je n'y arrive pas parce qu'il me manque quelque chose… »

Je m'arrêtai enfin de bouger pour lui faire face. Il se tenait toujours immobile, attendant sans me quitter des yeux que j'aille jusqu'au bout de mon raisonnement tordu.

« Il y a une chose que je ne connais pas et que je dois explorer si tu veux que je comprenne vraiment. »

Je marquai une pause pour me donner du courage.

« Toi. »

Il plissa les yeux et un pli soucieux barra son front parfait.

« Moi ? »

J'inspirai profondément une dernière fois, tremblant de tous mes membres.

« Oui toi. Et ce que tu leur fais pour qu'elles te cèdent. Montre-moi... »


ps: je me ronge les ongles dans l'angoisse là... Alors à vos claviers s'il vous plait pour une petite (ou longue) review!

Confiez-moi tout: vos déceptions et ce que vous avez préféré. Si vous ne l'avez jamais fait avant, c'est le moment!

Et bien sûr, ce que vous espérez pour la suite. Vous savez que j'aime beaucoup tenir compte de vos souhaits!

Biz

Lily