Après avoir passé la matinée au FBI sans grande avancée du côté de leur mission, Liz s'éclipsa du bureau pour rendre une petite visite à Tom. Ils allaient parler un peu tous les deux et s'il ne coopérait pas, elle saurait se montrer persuasive. Elle voulait des réponses maintenant, assez jouer. Refermant la porte derrière elle, Liz alla s'installer sur la chaise qu'avait utilisé Reddington à leur dernier entretien, restée au milieu de la pièce. Elle la replaça face à son prisonnier qui se montrait de plus en plus affaibli par ses journées passées enfermé.

- tu es venu seule aujourd'hui ou tu attends ton chevalier ?

- La ferme Tom ou je te bâillonne. Que sais-tu sur la nuit de l'incendie ?

- Quel incendie ?

- Tu le sais très bien ! Réponds !

- Je parle ou je me tais ? C'est pas très clair...

Énervée, Liz lui donna un coup dans le tibia pour le stimuler.

- Reddington ne t'a toujours rien dit ? C'est lui qui a mis le feu à la maison de tes parents ce soir là.

- Et pourquoi aurait-il fait ça ? Répliqua t-elle sur la défensive.

- Il était en mission à cette époque. Il traquait ton père.

- Pourquoi a-t-il mis le feu ?

- Je ne sais pas...

- Tom ! cria-t-elle sur les nerfs. Pourquoi Red a-t-il mis le feu chez moi ?

- Un accident sûrement.

- Alors ce n'était pas intentionnel. Red n'a jamais voulu me faire de mal ?

Les pupilles de Tom se dilatèrent. Il en savait plus.

- Que sais-tu Tom ? Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?

- Il ne savait pas que tu étais là ce soir là. Reddington est venu rendre visite à ton père. Il venait pour lui parler. Ça a mal tourné. Tu n'aurais pas du être là… Il a…

Tom marqua une pose. Il ne devrait pas lui dire ça.

- Continue !

Face au mutisme de Tom, Liz s'emporta. Il fallait qu'il parle.

- Continue ! Si tu ne me dis pas tout ce que tu sais, je te jure que cette fois j'en finis avec toi Tom.

Il savait qu'elle le ferait, elle en était devenue capable. A quoi bon lui cacher, si ce n'était pas lui qui lui disait maintenant, elle finirait par le savoir très bientôt de la bouche de Reddington.

- C'est lui qui t'a sauvée des flammes.

Liz fut surprise par cet aveu.

- C'est Red qui m'a sauvée ? J'ai toujours cru qu'il s'agissait de mon père.

Elle repensa au jour où Red avait réparé la boîte à musique. C'était la même mélodie qu'il lui avait fredonnée le soir de l'incendie, quand il l'avait sorti des flammes. Cette musique si rassurante à son oreille, qu'elle avait oubliée après toutes ces années. Pourquoi est-ce que le visage de Red n'était-il pas réapparu dans son souvenir quand elle avait ré-entendu cet air ?

- Pourquoi ne me l'a-t-il jamais dit ?

- A toi de lui poser la question. Tu es tombée amoureuse de lui... n'est-ce pas ?

- Quoi ?

- Je l'ai vu l'autre soir... tous les deux...

- Il ne s'agit pas de ça.

- Es-tu vraiment sûre Liz ? Je te connais. J'ai vu comment tu le regardais... ça n'avait rien d'innocent. Je ne suis même pas sûr que tu m'aies déjà regardé comme ça un jour. Tu es... différente avec lui.

Liz voyait en cet instant de quoi parlait Red. Le plan. Celui de mettre Tom plus bas que terre. Celui de le rendre jaloux, de lui montrer qu'elle pouvait continuer à vivre après lui, sans lui. Elle perçut ce voile de désespoir, d'avoir perdu la femme qu'il avait sûrement aimé un jour, à sa façon. Ça ne la touchait plus. Liz avait tourné la page.

- Dans ce cas, j'ai ta bénédiction ? Le taquina t-elle sournoisement.

- Liz… je t'en prie...

- Merci Tom. Tu es un amour ! Lui dit elle dans un sourire hypocrite.

Liz hésita sur la marche à suivre. Devait-elle appeler Reddington pour qu'ils aient une conversation ? Après ce qu'elle lui avait dit la veille, elle doutait que Red soit très enclin à avoir une discution. Elle préféra donc attendre naïvement qu'il finisse par craquer et qu'il la recontacte dans l'après-midi. Ce qu'il ne fit pas. Regardant une énième fois sa montre, Liz se décida. Elle rangea sa fierté de côté et lui téléphona. Encore une fois, elle ne fut pas étonnée de voir qu'il ne décrochait pas à son appel. Monsieur boudait ? Liz recomposa un numéro de téléphone et rappela.

- Oui ?

- Aram, j'ai encore besoin de tes services.

- Pour trouver Reddington ?

- S'il te plaît.

- Ne bouge pas, je te fais ça tout de suite.

Elle l'entendit taper sur le clavier, composer divers codes d'accès suivis d'un silence.

- C'est bizarre, j'arrive pas à le localiser…

- Quoi ? Comment ça se fait ?

- Je ne sais pas. Soit il se trouve dans une zone hors de portée des réseaux pour ne pas qu'on le retrouve, soit il a désactivé volontairement sa puce… ou alors…

- Aram ?

- Quelqu'un l'y a forcé...

Le coeur de Liz tambourina dans sa poitrine.

- Oh non ! Mengele !

- Quoi ?

- Hier, quand je suis revenue au bureau, je n'ai pas revu Red. Ils ont du le capturer !

- Liz, détends-toi. On n'en sait rien. Ce n'est peut-être rien.

- Passe-moi Cooper.

- Liz… tenta t-il de la calmer.

- Passe- moi le directeur Cooper !

- Monsieur, c'est l'agent Keen, elle veut vous parler, entendit-elle au loin.

- Cooper ?

- Monsieur, Reddington s'est fait kidnapper par les hommes de Mengele. Il faut venir à son secours tout de suite ! Cela fait déjà plus de 24h…

Il pouvait même déjà être mort. Elle chassa cette idée et se concentra pour faire tout ce qui était en son pouvoir pour pouvoir le sortir de là. Vivant.

- Agent Keen, comment le savez-vous ?

- Reddington et moi avons été séparés pendant notre mission et il n'a plus donné signe de vie depuis… sa puce a été désactivée.

- Très bien, nous allons mettre en place un plan de secours, étudier les possibilités…

- C'est urgent monsieur ! La coupa t-elle affolée. On n'a peut-être pas le temps de monter un plan, il faut agir !

- Agent Keen. Je pense être toujours à la tête du groupe et savoir ce qu'il faut faire pour ne pas risquer la vie de mes hommes. Nous jeter dans la gueule du loup ne nous servira a rien.

- Oui monsieur. Abdiqua t-elle.

- Je vous tiens au courant.

Il raccrocha.

Liz paniqua. Comment pouvait-elle rester là à attendre que, on ne savait pas trop quand, il y ait un plan de secours. Sa tension monta, la faisant trembler de toutes parts. Et s'il était déjà trop tard ? Par réflexe, elle appela Dembe. Il saurais quoi faire. Pas de réponse. Sa panique redoubla d'intensité. Lui non plus n'était pas présent sur les lieux quand elle était ressortie de l'entrepôt. Peut-être l'avaient-ils eu aussi ? Liz appela alors la deuxième personne la plus importante aux yeux de Reddington parmi ses associés : Mr Kaplan.

- oui ?

- Kate, c'est Liz. Dit-elle au bord des larmes. Reddington s'est fait kidnapper...

- Calmez vous. Est ce que vous en avez informé le FBI ?

- Oui, mais le temps qu'il monte un plan d'action, il pourrait... Elle renifla, empêchant ses larmes de couler en imaginant ce qu'il pourrait lui arriver.

- Très bien. Je vais voir ce que je peux faire. Elle raccrocha à son tour.

Liz garda le téléphone en mains une larme filant sur sa joue. Elle avait l'impression que tout le monde l'abandonnait que le monde s'écroulait autour d'elle. Il fallait qu'elle y aille.. Personne n'arriverait à temps,elle ne pouvait compter que sur elle..

Revenant sur les lieux Liz retrouva la voiture de Dembe et son petit mot qui n'avait pas bougé. Des flash des derniers moments qu'ils avait échangé refirent surface. Elle s'en voulait terriblement de savoir que la dernière chose qu'elle lui avait dit était qu'elle n'éprouvait rien pour lui et qu'elle voulait qu'il la laisse tranquille. Et si c'était la dernière chose qu'elle lui dirait jamais ? Elle refusait que Red s'en aille avec l'idée qu'elle était fâchée contre lui. Tout cela n'avait plus la moindre importance. Elle avait besoin de lui dans sa vie. Elle ne s'imaginait pas le perdre aujourd'hui. Décidée à retrouver son sauveur, Liz oublia son angoisse pour ce lieu sordide et parcourut les couloirs, arme au poing, réceptive à tout signal.

Son angoisse grandissait à mesure qu'elle avançait sans trouver la moindre trace de vie. Et s'ils l'avaient déplacé ailleurs ? C'est à ce moment là qu'elle aperçut une légère trace de sang au sol.

- Red... souffla t-elle.

Courant presque, elle suivit les marques qui se faisaient de plus en plus importantes. Ils la menèrent au sous-sol qui avait été aménagé en cachots. Ses yeux se posèrent sur chaque recoin cherchant le moindre signe de vie de Reddington. Son cœur s'arrêta.

- Red !