Bonne Lecture…
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Même ces mots dans sa bouche n'eurent aucun effet. Ceux qu'il y a quelques heures m'auraient laissé pantelante de joie, me glissèrent dessus sans provoquer aucune réaction en moi.
Je sentis ses mains attraper mon visage et le retourner doucement vers lui, il me regarda dans les yeux, pendant de longues minutes où je ne réagis même pas. Ses doigts glissèrent sur mes joues avant qu'il ne me relâche. Le plus tranquillement du monde, il s'installe sur le rebord de ma fenêtre ne me quittant pas des yeux et attendant sans doute une quelconque réponse.
- Je n'ai rien à offrir Gabriel…à personne.
Je me détournai de lui, lui faisant clairement comprendre qu'il pouvait s'en aller, et que je ne continuerai pas plus loin cette conversation.
Cependant il n'eut pas l'air d'abandonner et reprit la parole, de sa voix grave et séduisante empreinte d'une vague douleur que je ne compris pas.
- Moi je peux t'offrir ce que tu désires le plus au monde.
Je relevai la tête, piquée. Comment osait-il ? Il devait très bien se douter que la vie d'Aaron était se qui comptait le plus pour moi, et il venait me balancer qu'il savait ce que je désirais le plus au monde et qu'il pouvait me l'offrir ! Folle de rage, je serai les poings à les faire saigner et le vrillai d'un regard dégoûté.
-
Comment peux-tu affirmer une chose pareille ? Ce que je désire
personne ne peux me le donner ! Maintenant dégage de cette
maison Gabriel, je ne veux plus jamais avoir affaire à toi !
Tu m'entends ? (je criais à présent) Disparais de ma
vie !
- Je peux sauver ton ami.
Les larmes qui avaient commencé à couler sur mes joues se tarirent instantanément alors que je restai sans voix. Il continua de sa voix monocorde et velouté.
- Bien entendu, fit-il en
fixant la nuit au dehors- ce geste m'affaiblira beaucoup étant
donné l'état dans lequel se trouve ton « ami »
et comme tu dois t'en douter, je ne ferai pas cela gratuitement. En
échange, je ne te demande pas grand chose, enfin cela dépent
de toi…
- De moi ?
- Oui, je veux que tu sois à moi,
Aaron aura la vie sauve, seulement si tu promets d'être
totalement à moi.
Je le regardai les yeux écarquillés par la stupeur, quel connard, mais quel connard ! Pourtant ma décision était déjà prise, après tout c'était à cause de moi qu'Aaron était en ce moment même dans le coma et quand bien même je n'y aurais été pour rien, j'aurais quand même accepté.
- Je…tu sais très bien quelle est ma
réponse…
Je baissai les yeux, comprenant enfin l'ampleur
de mon geste.
- Qu'il en soit ainsi.
Il disparut dans les ténèbres et je ne me demandai même pas comment il allait faire pour le sauver, je savais, je ne sus pourquoi, qu'il allait le faire et que je serai à lui. Je me forçai à ne plus y penser, Aaron serait bientôt de retour parmis nous et c'était le principal !
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J'étais allongée sur mon lit de douleur depuis Dieu sait combien de temps, à ressasser inlassablement mes idées noires, lorsque la sonnerie du téléphone retentit à l'autre bout de l'appartement. Et là, dilemme cornélien. Les nouvelles que m'apporterait cette conversation seraient forcément horribles. D'un côté, la possibilité que Gabriel ait raté son coup, qu'il soit mort et Aaron avec, de l'autre qu'il ait réussi, que Aaron ait survécu et…que je ne le reverrais peut-être jamais.
Je restai donc là, affalée, les bras en croix. Mieux valait ne pas savoir, décrétai-je.
La sonnerie stridente
s'arrêta, pour reprendre de plus belle dix minutes plus
tard.
Ca ne s'arrêterait donc jamais ! Pourquoi ne pouvais-je pas
demeurée là, seule, sans que l'on ne me dérange
plus de quelques minutes ? Et pour toujours tant qu'à faire…
Ce serait toujours mieux que la misérable vie qui m'attendait. Mais qu'est-ce qui m'avait prit d'accepter ce ridicule arrangement ? Oui, ridicule, c'était le mot. Comme s'il pouvait quoi que ce soit là où la médecine la plus évoluée avait baissé les bras…
Et soudain, une petite voix sournoise tout droit sortie de ma petite cervelle me répliqua avec malice un fait que mon subconscient avait depuis longtemps établi. Ma situation ne me dérangeait pas tant que ça. Bien sûr, ma conscience s'évertuait à me convaincre que j'avais accepté ce marché pour Aaron, et uniquement pour ce but louable, mais au fond de moi je savais qu'il n'en était rien. Le désir, voilà la seule véritable raison qui m'avait poussé à dire oui, le désir que je ressentais pour cet individu si délicieusement ignoble et dangereux, le désir que ressentait tout être humain, plus ou moins consciemment d'appartenir à quelqu'un…
N'était-ce pas la définition même de l'amour ? Le vrai, le puissant amour ? Deux êtres qui s'appartiennent l'un l'autre, entièrement, avec passion et tendresse, violence et douceur…
J'en étais là de mes élucubrations lorsque mon téléphone portable cette fois se mit à sonner, faisant résonner une petite mélodie ridiculeusement joyeuse dans la pénombre lourde et accablante de ma chambre. Exaspérée, je saisis l'appareil, décrochai et le collai rageusement à mon oreille.
-
Allo ?!
- Euh…A…Alix ? C'est Tom.
- Oh ! Du nouveau avec
Aaron ? demandai-je, tremblante d'anticipation.
- Oui, il est
sorti du coma. Il t'a demandé.
- Ah..euh...oui, je vais
venir. Je pars, à tout de suite !
Je me rassis sur mon
lit, résignée. Voilà, il était temps pour
moi d'aller rendre visite à Aaron, une dernière fois si
Gabriel le permettait et de me tourner courageusement vers mon triste
destin...
Triste, vraiment ? Alors pourquoi mon coeur battait-il à
une telle vitesse rien qu'à la mention dans mon esprit du nom
de Gabriel ? Non, ce n'était décidemment pas de
peur...
D'un bond je fus debout, je laçai rapidement mes baskets de ville et descendit dans la rue.
Il paraissait si faible. Pâle et faible, comme un mort. Mais il ne l'était pas, Aaron était bel et bien vivant, et il avait l'air de se remettre particulièrement bien à en juger par les petites lueurs qui dansaient dans ses yeux.
A le voir ainsi, me regardant d'une façon si tendre, je ne pouvais m'empecher de détourner mon regard, de peur que les larmes ne se mettent à jaillir. Bien heureusement, il ne s'en rendit pas compte. Nous échangeâmes ainsi quelques banalités avant que l'infirmière ne vienne et me chasse sans ménagement, invoquant je ne sais quel réglement, horaires de visite et autres bêtises du genre. Je faillis lui crier dessus, lui faire comprendre que c'était peut-être la dernière fois, qu'elle n'avait pas le droit...mais me retins juste à temps, au moment où Aaron me fit un petit sourire confiant.
- On se retrouve dehors, me lança-t-il, espiègle.
J'acquiescai lentement et tournai les talons pour me retrouver dans ce couloir froid et blanc. J'avisai un peu plus loin les parents de mon ami qui devisaient gaiemment, mais ne repérai pas Tom. Tant mieux, il m'avait l'air d'être très gentil, et le revoir dans de telles conditions m'aurait mise d'autant plus mal à l'aise.
Je me rendis à l'accueil et hésitai un moment à la vue d'une silhouette sombre se détachant derrière la porte vitrée.
- J'arrive..., murmurai-je.
Et je me dirigeai lentement vers Gabriel qui m'attendait, un sourire exquis flottant sur ses lèvres rouges et je ne pus m'empêcher d'admirer une fois de plus son effrayante beauté.
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Et là vous me demandez pourquoi un autre chapitre si vite ? Hinhinhin et bien juste pour contredire mademoiselle Happy Mad, alors comme sa nos dates de publication sont trop éloigné ? Je vais bouder si sa continue et puis vous z'avez qu'à aller vous plaindre aux autres, c'est toujours moi qui fait tout le boulot !
Larmichette
Bref, merci pour les revieweurs ( han, j'suis sure que sa s'écrit pas comme sa…)
Biz'
