Chapitre 9

Point de vue : Elena

La nuit avait été longue pour tout le monde. Caroline n'avait pas arrêté de se plaindre, ne sachant pas ce qui lui arrivait. J'avais passé la nuit a essayé de le calmer pour qu'elle puisse se reposer. Son visage devenait de plus en plus livide, perdant sa beauté naturelle. Pendant ce temps, Bonnie avait cherché dans tous les grimoires espérant trouver un sort pour conjurer le sort. De l'étage, je l'avais entendu hurler de colère à chaque fois qu'elle lisait un de ses grimoires, sans rien trouver.

Il était 8h00 du matin. Toujours chez Bonnie, j'arpentais le salon dans l'espoir de trouver une solution. Mais il n'y en avait qu'une, qu'une qui me venait à l'idée.

- Bonnie... Il faut qu'on lui dise la vérité, lançai-je en me tournant vers mon amie qui se massait les tempes.

- Pardon ? S'exclama-t-elle.

Elle se redressa les yeux exorbités. Ça n'allait pas être facile de lui faire accepter l'idée.

- Il faut qu'on dise à Caroline ce qu'il se passe, recommençai-je avec un temps d'arrêt.

- Tu rigoles ? Ironisa-t-elle. Tu nous vois aller la voir et lui dire : « Ecoutes Caroline, tu as été attaqué par un vampire, dont on ne sait même pas encore l'identité, qui voulait à tout prix te transformer. Et maintenant et bien tu te transformes en vampire. N'est-ce pas génial ? ».

Elle s'était levée, agitant ses bras pour montrer sa colère. C'était la première fois que je la voyais dans cet état là.

- Pas de cette manière.

- Hors de question ! Je ne le ferais pas !

- Tu proposes quoi comme solution ? Demandai-je en haussant le ton.

Elle se tourna vers moi, les yeux remplis de haine. Je m'attendais à ce qu'elle riposte mais elle se contenta de soupirer et s'affaler sur le canapé. La réponse était claire.

- Je m'en chargerais... murmurai-je pour la rassurer.

Je m'étais assise sur le canapé, essayant de préparer quelque chose pour lui annoncer la nouvelle. Bonnie avait raison, facile à dire mais le faire était une autre histoire. Mais qu'allions nous faire ? Lui cacher la vérité et attendre qu'elle meure, puisque c'était son sort si elle ne se nourrissait pas. Nous ne pouvions pas choisir à sa place... Ce n'était pas notre rôle. Caroline devait choisir si elle acceptait où non d'être un vampire. C'était la seule façon que j'avais pour ne pas regretter. Mais regretter quoi ? Ce n'était pas de ma faute après tout... Stefan a choisi de se prendre à elle, pour se venger de nous être défendu. Soudain, je me mordis la lèvre. J'aurais peut être du suivre le vampire et rien faire finalement. Je passai mes mains dans les cheveux en baissant la tête et retins le plus possible mes larmes. Mes yeux étaient rivés sur le sol.

- C'est ma faute... soupirai-je.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Parce que si nous n'avions pas tué Joseph, Stefan n'aurait pas eu besoin de se venger, crachai-je.

- C'était pour te défendre, Elena, répondit Bonnie.

- Oui, mais si j'avais su les conséquences, je n'aurais rien fait de tout ça !

- Fais quoi ? S'exclama une voix derrière moi.

Je sursautai. Caroline. Nous ne l'avions pas entendue pas entendu descendre. Je me tournai dans sa direction. Elle avait l'air vraiment mal, dans sa couverture rose. Ses yeux étaient remplis de sang et étaient gonflés par ses pleurs incessants. Ses cheveux, habituellement d'un blond doré, étaient devenus ternes. Elle était en train de mourir, tout simplement. Il fallait qu'elle prenne une décision maintenant. Nous ne pouvions pas attendre plus longtemps. Plus nous essayions de repousser la discussion, plus Caroline perdait des minutes. Je me dressai sur mes jambes, l'air sérieux. Le temps n'était plus aux plaisanteries. Plus maintenant.

- Caroline... il faut que je te parle...

- Je suis désolée, je ne peux pas rester, murmura Bonnie les larmes aux yeux.

Elle accourra dans les escaliers sans se retourner. Caroline me scrutait du regard, indécise.

- Qu'est-ce que tu veux me dire Sara ?

Les larmes coulèrent sur mon visage. Il fallait que je lui raconte depuis le début. Je lui demandai de s'assoir à côté de moi et pris ses mains. Je me mis à tout lui déballer, sans me retenir. Les larmes affluaient sur mon visage, brulantes. Pendant tout ce temps, elle n'avait rien dit, se contentant de pleurer et de serrer mes mains.

- Je... je vais devenir quoi ? S'exclama-t-elle après un petit temps de silence.

- Tu es en train de te transformer en vampire, Caroline, soupirai-je. Encore une fois, je suis sincèrement désolée... Je...

Ses mains se mirent à trembler. J'enroulai mes mains autour de ses épaules et elle s'écroula en sanglots dans mes bras. C'était trop dur de la voir comme ça. Je n'arrivais pas à l'accepter. Comment pouvait-on enlever la vie à une personne aussi attachante, vivante. Celui qui avait fait ça, le payerai sans aucun doute. J'allais me venger, plus déterminé que jamais. Stefan allait souffrir pour ça, même si je devais y laisser ma vie. Tout ce que j'espérais c'est que sa mort soit la plus douloureuse possible. Il ne méritait pas de mourir sans souffrir. Il avait tué Caroline, lui avait enlevé tout espoir de vieillir, fondée une famille, mourir comme une humaine. C'était la pire chose qu'on pouvait lui faire.

- Qu'est-ce que je dois faire ? Renifla-t-elle en se desserrant de mon étreinte.

- Tu dois prendre une décision, murmurai-je.

- Laquelle ?

- Si tu acceptes de vivre en tant que vampire, avec toutes les contraintes qu'il en suit, ou si tu préfères en ... finir...

Le dernier mot me brula de l'intérieur. Au cours de toutes ces années, je n'aurais jamais pensé avoir à le dire pour elle.

- Quand tu dis contraintes..., pleura-t-elle de nouveau.

- Ta soif de sang, répondit Bonnie qui était revenue dans le salon en douce.

Caroline et moi nous retournâmes vers notre amie qui s'était posé contre le canapé. Elle nous fit un petit sourire. Je regardai ses yeux, toujours remplis de larmes.

- Et les autres ?

- Tu pourras parfois être incontrôlable... Tout ce que tu feras se rapportera au sang, uniquement à ça. Tu agiras, diras, pensera pour le sang. Les premiers temps seront très durs. Il faudra que tu apprennes à te contrôler, et nous n'avons pas de coach à titré. Tu devras un peu apprendre toute seule, expliqua la métisse.

- Mais je ne veux pas mourir... Je... je ne veux pas mourir..., éclata-t-elle en sanglots.

Je lui pris le visage avec fermeté. Il fallait maintenant qu'elle réalise, elle devait prendre une décision et maintenant. Sinon, c'était son corps qui prendrait décision pour elle.

- Écoute-moi Caroline ! M'exclamai-je. Regarde-moi ! Tu dois prendre une décision tu comprends ? Tu dois choisir si tu veux vivre, d'une autre manière, ou pas. Toi seule peux prendre cette décision. Nous te laissons le choix. Quoi qu'il se passe, nous seront toujours là pour toi. Si tu décides de mourir, nous l'accepterons, parce que nous comprenons que vivre comme ça est dure, mais si toutefois tu décides d'affronter cette vie, nous t'aiderons parce que nous sommes et serons toujours tes amies. Parfois, avoir le choix est plus simple pour affronter ses peurs.

Je lui lâchai le visage et m'écartai un peu d'elle pour qu'elle puisse respirer. Elle toussa. Bonnie jeta un regard dans ma direction. Si la décision devait être prise, c'était maintenant où jamais. Caroline n'avait plus beaucoup de temps, et elle s'en rendait maintenant compte. Elle se tourna vers moi, sérieuse.

- Je veux être un vampire.

Je me tournais vers Bonnie qui acquiesça, ne laissant paraître aucune émotion. Il fallait maintenant qu'on trouve un moyen de la nourrir.

Point de vue : Damon

Je m'étais levé énervé, dans une chambre d'hôtel. J'avais passé la nuit à ruminer toute cette histoire. Je regrettais amèrement mon geste. Je m'étais promis de ne pas ressentir ça, mais c'était plus fort que moi. Je mettais préparé rapidement pour rejoindre mon frère, à deux heures de route. En chemin, j'avais tenté de prendre une décision, mais à chaque fois, je revenais au point de départ. Si je décidais d'affronter mon frère, mes chances de sauver ces humaines étaient minces. J'avais peut être le même âge que Stefan, mais ma force n'était pas aussi décuplée que la sienne, surtout depuis qu'il avait son régime spécial. Du jour au lendemain, il était devenu une sorte d'alcoolique. Nous étions tous dans l'impossibilité de l'arrêter. Il n'existait pas de cure pour notre espèce. Pour certains, le côté bouché de Stefan plaisait, d'où son surnom officiel : « The Ripper ». Mais pour d'autres, c'étaient une aberration. Les critiques allaient de bons trains, mais personnes ne réagissaient. Peut être qu'une discussion allait lui faire changer d'avis. Après tout, j'étais son frère et la famille avait été sacrée pour lui. Avait été, pensai-je. Je soupirai, incapable de savoir si cela allait marcher ou non. Mais après tout, qui ne tente rien à rien. Les kilomètres avaient défilés sans m'en rendre compte. J'étais maintenant devant la Pension. Je rentrais, impassible. Stefan était posé sur un fauteuil, dans le salon, une humaine entre les mains. Je sentis le gout sucré du sang me fouetter en plein visage. Dès qu'il m'entendit rentrer, il se tourna vers moi, le visage m'acculé de sang avec un grand sourire.

- Veux-tu te joindre à moi mon frère ?

- Sans façon. Je peux te parler ?

Il soupira et jeta l'humaine à terre pour lui ordonner ensuite de quitter les lieux. Il s'essuya le visage avec un tissu posé sur l'accoudoir. Un rituel.

- Stefan, il est peut être temps d'arrêter... lançai-je doucement.

- De quoi parles tu ?

- De tout ce que tu fais à cette humaine.

Il haussa un sourcil. Je déglutis, peut être n'avais-je pas mon mot à dire finalement.

- C'est un jeu Damon ! S'exclama-t-il avec un grand sourire qui en disait long.

- Mais à quoi ça te sert ?

- Ça sert à me divertir. Tu sais l'éternité est parfois ennuyeuse. Il faut s'occuper.

J'ouvris la bouche, ne sachant pas quoi répondre. Tout ça n'était qu'un jeu pour lui ? Depuis 10 ans, il avait laissé cette jeune fille avec l'espoir d'y échapper, pour ensuite revenir... parce qu'il s'ennuyait ?

- C'est ridicule, soupirai-je en baissant la tête.

Stefan se rua sur moi. Je n'eu pas le temps de riposter qu'il m'avait déjà balancé contre la bibliothèque.

- Tu sais ce qui est ridicule ? Ton envie de l'aider.

- Ça n'est pas le problème..., soufflai-je en me redressant.

- Si c'est le problème ! Grogna-t-il. C'est la chose qui te bloque d'être vampire, n'importe quel vampire : un tueur. Je le sens, avant tu faisais ça sans le moindre mal, mais aujourd'hui je sens que tu changes. Tu as mis deux jours à accomplir ta mission, chose que tu ne faisais pas avant. Et maintenant tu me demandes de l'épargner ? Qu'est-ce qui te plait temps chez elle ?

Mes muscles se tendirent, agacé par ce qu'il venait de dire. Je me jetai sur lui, mais il fut rapide et m'attrapa par les épaules.

- Je ne suis pas amoureux d'elle, soupirai-je. J'en ai juste marre de faire ce que bon te semble, d'assouvir tes moindres désirs. Je veux que tu arrêtes !

- Écoute-moi Damon, murmura-t-il en s'approchant de mon oreille. Tu n'as pas d'ordre à me donner. L'humaine, c'est où je veux, quand je veux. Et j'ai décidé que ce n'était pas terminé.

A ces derniers mots, il me lâcha au sol et partit avec un petit rire. Je tombai sur les genoux, essoufflé et choqué. J'essayai de reprendre mes esprits. Stefan était devenu un malade. Sa soif de pouvoir et sa soif de plaisir étaient beaucoup plus grande que je le pensais. Il ne changera jamais. Stefan était devenu le Ripper et je l'avais laissé faire, pensant que tout allait être plus amusant. Je me levai énervé et jetai à travers la pièce son fauteuil. S'en était trop.

- L'humaine c'est où tu veux, quand tu veux ? Saches que ça va se passer différemment, cher frère, murmurai-je en serrant la mâchoire.

Je sortis en trombe de la Pension pour rejoindre ma voiture pour prendre en direction de Mystic Falls. J'allais aider ces humaines, par tous les moyens.


Réponses reviews :

Emlam : merci :) la suite et bien la voilà :) Et du sadisme tu veux ? Du sadisme tu auras ;P

Tchoupi 95 : Oui je sais que ça fait bizarre mdr mais n'y pense pas :)