Bonjour tous ! Désolé de l'attente, j'étais certaine que j'avais publié ce chapitre…Enfin, j'espère me faire pardonner en vous l'offrant maintenant et en spécifiant qu'il est un peu plus long que d'habitude lol Et si ce n'est pas suffisant, j'ajoute que je vais publier le prochain très très très bientôt (si ce n'est pas ce soir, ce sera demain, alors l'attente ne sera pas longue!). Et si ce n'est pas encore assez, j'ajouterai que je travaille très fort et le plus vite possible sur la suite. C'est suffisant? J'espère bien ! En attendant, bonne lecture !

P.s. ATTENTION, il y a une scène comportant des descriptions un peu plus osées, alors, vous êtes prévenus.

Chapitre 10

C'était maintenant ou jamais.

-'Je vous en supplie…Aidez-moi…Je ne veux que ma femme et mes enfants...'

De nouveaux murmures s'élevèrent autour de lui. C'était bon signe. Il ajouta quelques pleurs supplémentaires, question de mettre une touche de crédibilité. Quelqu'un claqua des doigts et tous se turent instantanément.

-'Si je te crois, que crois-tu pouvoir faire pour moi qui me serait utile? Pourquoi ne pas te tuer, tout simplement?'

-'Je ne sais pas…je ne sais pas…je ferai tout ce que vous voudrez…'

Son cœur battait à tout rompre. Il fallait qu'ils tombent dans le piège. Il fallait que tous ces idiots soient bernés par son stratagème. Le fer ne toucha plus sa peau, à son grand soulagement. On le releva et l'emmena ailleurs. Après quelques minutes de marche, ils le jetèrent dans une pièce et Ron atterrit contre un matelas dur.

-'Demain, tu auras ton verdict. Profite de ta nuit de sommeil, la carotte, car c'est peut-être ta dernière.'

Ron se réjouit intérieurement que son interlocuteur ait utilisé le mot « peut-être ». Son plan allait marcher, il le savait. Et jamais il ne se trompait. Il entendit la porte grincer, puis se refermer. La pire des étapes était passée.

Ron se réveilla alors que le Ron de son rêve s'allongeait sur le matelas et s'endormait profondément. C'était la première fois depuis le début de ses cauchemars qu'il ne se réveillait pas en sursaut.

-'Eh bien, c'est pas trop tôt,' marmonna Hermione avec un soupir. 'Tu ronfles comme un géant.'

Elle était assise à la table basse, quelques papiers sous ses mains. Ron fronça les sourcils, non prêt à subir sa mauvaise humeur si tôt le matin.

-'Que fais-tu dans ma chambre, Herm?' maugréa-t-il en se passant une main dans les cheveux. 'Tu as un bureau exprès pour ta paperasse.'

-'Je n'arrive pas à me concentrer dans ma chambre. Je soupçonne la femme de ménage de ne pas m'apprécier et d'avoir volontairement caché un poisson malodorant quelque part.'

-'C'est peut-être la crise que tu lui as fait hier parce qu'elle avait oublié de nettoyer la lampe de chevet,' répondit le jeune homme en baillant. 'De toute façon, j'aurais su si elle avait caché quelque chose. Tu hallucines.'

-'Tu as faim?' lui demanda-t-elle pour changer le sujet. Elle lui tendit l'assiette à moitié pleine de brioche à la cannelle. C'était celles qu'il avait commandé la veille lorsqu'il avait eu un petit creux. Le rouquin se leva pour se servir, puis, la bouche pleine, ajouta : 'Je croyais que tu détestais la cannelle.'

Hermione haussa les épaules. 'J'avais faim.'

Ils n'avaient pas reparlés de parchemin ni de magie depuis le matin où ils avaient partagé ce moment de complicité deux semaines auparavant. La fatigue et l'horaire stricte contenant plus de déplacements qu'il est humainement possible d'imposer à un sorcier ne leur avait pas laissé le loisir d'approfondir leur quête. Pourtant, Ron n'oubliait pas. Les cauchemars lui rappelait sans cesse que cette mission n'était pas terminée et qu'il se devait de trouver l'élément manquant. Il avait hâte que les conférences se terminent.

Laissant Hermione derrière lui, il fit sa tournée quotidienne des sentinelles afin de recevoir leur rapport puis remonta à la chambre avec le petit-déjeuner et le courrier, qu'il déposa sur la table près de la jeune femme. Il s'installa à la table près de la fenêtre et ouvrit le journal, son café tout près de lui. Une odeur étrange lui parvint aux narines, un mélange de lys et de citronnelle et il fronça le nez lorsqu'un relent salé supplanta la touche florale. Il jeta un coup d'œil vers la fenêtre, mais elle était fermée. Il tourna alors son regard vers Hermione, qui lisait une de ses lettres avec un regard horrifiée. Il voulut se lever pour voir de quoi il s'agissait, mais une vive douleur lui perfora les poumons et le fit chanceler alors qu'il essayait tant bien que mal de reprendre son souffle.

-'Ron!'

Des étoiles apparurent devant ses yeux alors que son œsophage gonflait dans sa poitrine, empêchant toute respiration. Il avait beau ouvrir la bouche et aspirer, rien n'y faisait. Il ne devait pas laisser la panique s'emparer de lui, il fallait qu'il se concentre et trouve une solution à ce qui lui arrivait. Il ne parvenait pas à voir Hermione, mais ses sanglots lui parvenaient aux oreilles, s'ajoutant au rythme effaré de son cœur qui battait à tout rompre. Son corps entier était secoué de spasmes et il s'effondra au sol, incapable de supporter ses jambes plus longtemps. Ses poumons étaient en feu, se consumant dans sa poitrine. Son besoin d'air devint insupportable. Il avait l'impression de se noyer lentement, péniblement, cruellement. Était-ce vraiment la fin pour lui? Qu'adviendrait-il d'Hermione? Au moins il pouvait être certain qu'elle n'avait rien. Il pouvait sentir le contact de sa même, frêle et tremblante, contre la sienne, serrant de toutes ses forces. C'était une bien mince consolation comparée à la mort qu'il allait sûrement rencontrer d'un moment à l'autre, mais il savait qu'il allait expirer l'esprit en paix. Il aurait tenu sa promesse. Tant et aussi longtemps qu'il serait en vie, rien n'arriverait à Hermione.

Puis, alors que tout semblait fichu pour lui, il sentit qu'on lui soulevait la tête et une odeur acariâtre s'infiltra dans ses poumons. L'oppression suffocante s'évanouissant, Ron aspira de grandes goulées d'air, incapable de faire le focus. Lorsqu'il y parvint enfin, il fut surpris de voir le visage de Bentam se dessiner devant ses yeux, les sourcils froncés et l'expression grave.

-'Ça va, mon garçon?'

Ron s'éclaircit la gorge, le souffle toujours haletant. 'Je crois bien que oui.'

Il voulut se relever, mais son patron l'obligea à rester assit. Hermione lui apporta un grand verre d'eau, qu'il bu sans rechigner. Il jura sous son souffle, toujours ébranlé par ce qu'il venait de lui arriver, et jeta un coup d'œil autour de lui. Il avait renversé la table et la chaise dans sa chute, envoyant son repas sur le plancher.

-'Merde. Il va falloir que je retourne en bas.' Murmura t'il en observant le gâchis d'œufs brouillés, de bacon et de pommes de terre rôties.

Hermione le frappa à l'épaule, mais ses yeux rougis étaient empreint de soulagement. 'Bêta. Tu frôles la mort et manger est la première chose à laquelle tu penses?'

-'Tu as eu de la chance, Weasley, une minute de plus et ton âme aurait hanté les murs de cet hôtel.' Commenta Bentam d'un ton soulagé.

Ce n'est qu'à ce moment que Ron remarqua qu'Hermione tenait toujours la lettre dans ses mains. Il s'en empara et y jeta un coup d'œil, mécontent d'y voir une réplique des menaces qu'il avait lu le jour où il avait signé le contrat pour protéger Hermione.

-'Comment est-ce que c'est arrivé ici?' murmura t'il plus pour lui-même que pour les autres. Il vérifiait toujours le courrier et jamais rien ne lui était passé sous le nez. Il avait envoyé des dizaines et des dizaines de lettres à Bentam au cours des dernières semaines afin qu'il les analyse et jamais aucune n'avait passé inaperçue jusqu'à aujourd'hui.

-'Nous n'avons clairement pas affaire à des amateurs ici,' répondit Bentam, sérieux. 'Nous avons reçu la même au Ministère, adressé à Miss Granger, et McNeil y a passé.'

-'McNeil? Comment est-ce possible?'

-'Nous avons réussi à trouver un remède, mais il était trop tard pour McNeil. C'est une grande perte pour notre équipe. Comme j'avais affaire ici, je me suis dit que je pourrais venir te donner l'antidote en personne. J'ai bien fait, à ce que je vois.'

Il lui montra le petit flacon. Ron soupira, attristé de la mort de McNeil et inquiet de ce que cette infiltration dans le courrier signifiait. Si lui-même n'était plus apte à identifier une simple lettre de menaces, alors il ne servait plus à rien.

-'Ne te blâme pas, Weasley, tu ne pouvais pas savoir.' Lui dit son patron en lui posant une main sur l'épaule. 'C'est une astuce des plus complexes. Une nouvelle manière de procéder qui nous a tous bernés.'

Ron ne répondit pas. C'était la deuxième fois qu'il n'arrivait pas à saisir le danger à temps et c'était la pire des humiliations. Mais quelle était donc cette magie pour qu'il y perde tous ses points de repères?

-'Qu'est-ce qui s'est passé?' demanda Hermione d'une petite voix, observant les deux hommes. 'Qui avait-il dans cette lettre?'

Bentam échangea un regard avec le jeune homme, qui lui fit un petit signe de tête.

-'La lettre était empoisonnée. Assez puissant pour tuer, mais assez subtile pour passer outre les charmes de détection.'

Hermione hocha la tête, puis se tourna vers le rouquin, le visage grave. 'Tu ne peux pas continuer à tout encaisser pour moi, Ron, c'est ridicule.'

Celui-ci haussa les épaules. 'C'est mon boulot.'

-'S'il-te-plaît, détruis ce foutu contrat,' insista-t-elle, suppliante. 'Je me sens affreusement mal de tout ce qui t'arrive. S'aurait dû être moi.'

Le jeune homme se releva avec un grognement sourd, le corps toujours endoloris. Il chassa les derniers spasmes de ses jambes en les secouant brièvement, puis il farfouilla dans ses poches pour trouver un paquet de cigarette.

-'Tu ne les trouveras pas…' murmura Hermione d'une petite voix, l'air piteux. 'Tu sais que l'odeur me donne mal à la tête et tu n'as pas voulu m'écouter alors je les ai jetées…Mais je peux envoyer quelqu'un en chercher, si tu veux.'

Ron prit une grande inspiration. Ce n'était pas la première fois qu'elle lui faisait le coup, mais il n'avait pas la force à ce moment de se mettre en colère.

-'J'irai moi-même.' Marmonna t-il en se passant une main dans les cheveux. Par Merlin, tout s'était passé si vite.

Bentam toussota. 'J'aurais aimé ne pas être celui qui annonce ceci, mais les conférences de presse ont été annulés. Vous courrez un trop grand danger, Miss Granger, et cette lettre n'est qu'une seule parmi tant d'autres. Vous devez retourner à Londres au plus vite.'

-'Mais-' balbutia la jeune femme, pris au dépourvu, mais Bentam apposa sa main doucement sur la sienne.

-'Je suis désolé, sincèrement. Mais ce sont les ordres du Ministère.'

Hermione hocha lentement de la tête. Ron eut un pincement au cœur de la voir ainsi ; après tout, elle travaillait sur ce projet depuis des années. De le voir remis à plus tard aussi abruptement devait être dur à encaisser. Elle se leva avec dignité et, s'excusant, se réfugia dans sa chambre.

-'Vous rentrez aujourd'hui même, Weasley,' lui annonça Bentam d'un air décidé. 'Cette mission devient trop dangereuse.'

-'Est-ce vraiment nécessaire? Je sais que je ne suis pas familier avec cette magie, mais je vais me plonger sur ce problème. Cela ne se répètera pas.'

Son patron l'observa un moment et un petit sourire à peine perceptible se fit voir sur ses lèvres moustachues. 'Cela ne relève pas de mon propre vouloir, mais j'en toucherai un mot au Ministre. Ce serait une bonne initiative que d'en savoir plus. Si vous pouvez me prouver que vous aurez la situation bien en main et que votre rapport sur le sujet est assez convaincant, je crois que j'arriverai à convaincre le Ministre. Je compte sur toi, Weasley. Et fais vite.'

Ron hocha une fois de la tête en signe d'approbation. Il y travaillerait jour et nuit s'il le fallait. Lorsque Bentam fut parti, et même si la fatigue se faisait atrocement sentir, Ron cogna doucement à la porte d'Hermione. Il ne pouvait pas la laisser se morfondre sur son sort.

-'Herm, c'est moi. Ouvre.'

La jeune femme obéit à contrecœur et le rouquin sentit sa gorge se serrer lorsqu'il vit ses yeux rougis et les traces séchées des larmes qu'elle avait versées. Sans y penser, il l'attira à lui et la serra fortement dans ses bras, partageant sa peine. Il caressa ses cheveux avec douceur alors qu'elle posait sa tête contre son épaule, versant de nouvelles larmes silencieuses. Peut-être était-ce l'admiration qu'il avait pour elle ou bien des restes de l'affection qu'il éprouvait à son égard à l'époque, lorsqu'ils avaient été meilleurs amis, mais l'envie de la surprotéger le submergea tout à coup.

-'Ne t'inquiètes pas, je vais tout arranger.' Murmura-t-il, enivré par l'odeur fruitée de sa chevelure. 'Tout va reprendre d'ici quelques temps, je te le promets.'

Les yeux de la jeune femme croisèrent les siens, plein d'espoir. Il posa ses mains de chaque côté de son visage, effleurant ses joues avec ses pouces.

-'Je te le promets,' répéta-t-il d'une voix ferme.

Hermione se mordit doucement la lèvre inférieure, le regard toujours rivé au sien, brillant de confiance. Ce seul geste foudroya le jeune homme d'un tel désir que le monde autour de lui sembla fondre. Son souffle se saccada alors qu'ils se fixaient avec une intensité presque palpable et, chassant tous les avertissements que lui envoyait sa raison, il se pencha lentement vers elle, fermant les paupières.

Le contact chaud de ses lèvres était électrifiant. Il sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale alors qu'il approfondissait leur baiser, entrouvrant légèrement la bouche afin d'atteindre sa langue. Une de ses mains attira la jeune femme un peu plus contre lui, fermant définitivement l'espace qu'il y avait entre eux, et se glissa sous sa chemise, suivant la courbe parfaite de son dos. Hermione répondit chaleureusement à ses avances, soupirant d'envie, entourant ses bras autour de son cou. Par Merlin, jamais il n'avait voulu de femme autant qu'il voulait Hermione à ce moment.

-'Ron…'

Son corps se crispa douloureusement tant la chaleur devenait insupportable. Il avait toujours aimé qu'elle murmure son nom, qu'elle s'offre à lui de la manière dont elle le faisait à cet instant. La tête légèrement penchée vers l'arrière alors qu'elle s'accrochait à sa nuque, ne permettant aucune pause à leur furieuse embrassade. La poitrine fermement pressée contre son torse, les reins arqués, prêts à onduler. Sa peau était chaude sous ses mains, son corps volontaire. Il connaissait par cœur chacune des zones érogènes qui parsemaient son anatomie. Il plongea son visage au niveau de son cou, inspirant longuement le parfum qu'elle appliquait chaque matin, appuyant ses lèvres brûlantes juste sous l'oreille. Il la sentit tressaillir et il maugréa, le bas-ventre en feu, alors que les mains de la jeune femme s'agrippaient à ses cheveux. Ron ignora la douleur, trop enivré par le désir, et remonta vers sa bouche, y goûtant plus sauvagement. Il crut perdre complètement le contrôle sur ses gestes lorsqu'elle souleva son t-shirt avec empressement afin de le faire passer par-dessus sa tête. Il n'en fallut pas plus pour que ses mains s'empressent sur les boutons de sa chemise.

-'Eh merde!' grogna-t-il sous son souffle alors que ses doigts glissaient et n'aboutissaient à aucun résultat. Hermione pouffa de rire, les pupilles scintillantes, le regard espiègle. Elle s'écarta un peu afin qu'il ait un meilleur accès, lui offrant une vue des plus provocantes sur son décolleté. Cependant, cette vision ne fit qu'accentuer sa maladresse et il empoigna la chemise de ses deux mains, déchirant le tissu aussi facilement que si c'était du papier.

-'Ron,' la gronda-t-elle, haletante. 'Elle a coûté une for-'

-'Chut,' la coupa-t-il, posant le bout de ses doigts sur sa bouche. 'Ne dis plus rien.'

La dernière fois qu'il l'avait vu ainsi accoutrée, la soirée avait été trop arrosée pour qu'il ait pu en profiter pleinement. Alors qu'il la dévorait des yeux, s'attardant sur la rondeur de ses seins, soutenus par un soutien-gorge noir, et la courbe fine de sa taille, la jeune femme le regardait faire, sa poitrine se soulevant à un rythme effaré maintenant. Il aurait aimé lui dire à quel point elle était belle, mais Hermione lui fit un petit sourire malicieux, clairement satisfaite de l'effet qu'elle avait sur lui, coupant court aux mots qu'il voulait prononcer.

Peut-être aurait-il pu reculer à ce moment. Il était conscient que ce qu'ils faisaient changerait les choses, mais il s'en foutait. Il se fichait éperdument de la voix qui lui rappelait qu'Hermione lui avait brisé le cœur auparavant et qu'il était supposé lui en vouloir jusqu'à la fin de sa vie. Chaque seconde qui passait l'éloignait de la bonne chose à faire. Pourquoi lui en voulait-il? Parce qu'elle avait choisi sa carrière plutôt que lui? Parce qu'elle avait choisi ce pour quoi elle avait étudié toute son adolescence par-dessus leur relation encore si peu stable? Aurait-il fait autrement, avoir été à sa place? Il se débattait encore avec sa conscience, essayant de peser le pour et le contre, lorsqu'Hermione enclencha le processus de non-retour, posant sa main là où le feu était à son apothéose. Toutes pensées s'échappèrent, ne laissant que cette envie, ce besoin de posséder Hermione entièrement, de la sentir se mouvoir sous lui, de l'entendre gémir et souffler son nom à son oreille, de laisser ses ongles creuser sa peau… Il allait la mener au septième ciel. Il allait lui faire connaître une passion comme jamais elle n'avait vécu. Il allait faire l'amour à Hermione Granger d'une manière dont seul un homme serait capable de le faire.

Les cartes avaient été tirées. Alors que Ron se laissait lourdement tomber sur le côté, haletant, le corps complètement éreinté, il garda un bras protecteur autour de la taille d'Hermione. Celle-ci, tout aussi essoufflée, gardait les yeux grands ouverts, fixant le plafond au-dessus d'elle. Leurs cris semblaient encore faire écho contre les murs de la pièce, soufflant sur la braise qui lentement s'éteignait dans les corps des deux amants. Ron avait encore le goût de la jeune femme sur sa langue, toujours délicieusement brûlante. Il avait oublié à quel point c'était différent avec elle. Tout semblait plus intense, plus fort. Hermione avait une saveur bien à elle, une manière particulière d'alimenter son désir et la délivrance qu'il avait ressenti lorsqu'il avait atteint l'extase était comme jamais auparavant. Et comme il semblait ne pas en avoir assez d'elle, juste la pensée de la reprendre, là, et de l'entendre à nouveau crier son nom était suffisante pour l'embraser de nouveau.

-'Tu sais…' murmura soudainement Hermione, secouant la tête. 'Pour un homme qui vient de frôler la mort, c'est…impressionnant.'

Le cœur de Ron aurait pu exploser de fierté à ce moment. Juste à voir sa tête, il savait qu'il avait atteint le but qu'il s'était fixé. Et selon ses oreilles, il savait qu'il l'avait atteint plus d'une fois.

-'Tu as certainement appris de nouvelles choses…'

Ron fronça les sourcils, relevant un peu la tête pour mieux la regarder. Elle était encore plus belle ainsi, encore nue, la sueur perlant sur sa peau.

-'Je ne suis pas Casanova…' lui dit-il en lui tournant le visage vers lui pour qu'elle rencontre son regard.

Elle eut un mince sourire et détourna la tête, n'ajoutant rien. Ron soupira, se tournant sur le dos, posant ses mains derrière sa nuque.

-'Nous avons fait une bêtise, n'est-ce pas?' Soupira-t-il, réalisant l'inévitable. 'Je peux le voir à la tête que tu fais.'

Hermione prit une grande inspiration. 'Peut-être. Cependant…je n'arrive pas à le regretter.'

Ron y songea un moment. Bien qu'il savait que ce qu'ils venaient de faire était totalement irréfléchi, lui non plus n'arrivait pas à le regretter.

-'Peut-être en avions-nous besoin…' commenta-t-il lentement.

-'Exactement. Il n'y a rien de mal à évacuer la pression.'

-'Exactement.'

-'Et nous ne sommes pas obligés d'y accorder de l'importance.' Ajouta-t-elle, songeuse. 'Nous pouvons faire comme si rien ne s'était passé.'

-'Et retourner à notre vie, comme avant. Nous n'avons qu'à ne pas laisser cela affecter notre relation de travail.'

-'Exactement. C'est un service que nous nous sommes rendus, pour se débarrasser du stress, voilà tout.'

-'Exactement.'

Ils restèrent silencieux un moment, réfléchissant à ce qu'ils venaient de se dire. C'était certainement la meilleure des solutions, Ron en était convaincu. Ils n'avaient pas à se sentir coupable d'avoir ressenti le besoin de partager un moment comme celui qu'ils venaient d'avoir, après tout, cela faisait plusieurs semaines qu'ils étaient ensemble, sans possibilités de se retrouver vraiment seul. Il ne fallait pas qu'il y pense. Dans quelques minutes, tout retournerait à la normale, les traces de leurs ébats effacés.

Ils firent leurs valises et retournèrent à Londres à contrecœur. Hermione ne prononça pas un mot, ses yeux rougis trahissant les larmes qu'elle avait versées lors de son moment de solitude dans sa chambre. Ron respecta ce silence, conscient de ce qu'impliquait cette soudaine interruption de parcours pour elle. Les rues de la ville lui semblaient tristes et grises ce jour-là. Il avait beau se répéter que c'était pour le mieux, que c'était pour leur protection à tous les deux, rien n'y faisait. Il aurait donné tout ce qu'il avait pour lui rendre son sourire. Cela lui était égal de risquer sa vie. Celui lui était égal de mourir. Tant et aussi longtemps que la joie illuminait de nouveau les prunelles d'Hermione.

Ils entrèrent dans le bureau de Bentam, qui les attendait avec impatience. Lorsqu'il les vit, il se précipita à leur rencontre pour les inviter à prendre place sur les chaises face à son bureau.

-'Bon, j'ai de bonnes nouvelles.' Débuta t'il en posant ses mains sur son ventre opulent. 'Le conseil a décidé de se réunir d'ici quelques jours pour débattre du problème et je suis certain qu'ils trouveront une solution pour compenser les conférences annulées.'

Hermione se redressa aussitôt, attentive. 'Qu'elle sorte de solution?'

Bentam eut un petit sourire. 'Comme votre campagne a eu beaucoup d'adhérents, Miss Granger, nous avons en tête d'organiser un grand rassemblement ici-même, à Londres, afin de clore votre projet. Je n'ai pas plus de détails pour le moment, mais le tout s'annonce sous une bonne augure.'

La jeune femme parut satisfaite de cette réponse. Elle élabora un peu plus avec lui alors que Ron laissait ses yeux divaguer sur les divers objets que contenait le bureau de son patron. Des parchemins entremêlés sur les différentes étagères de bois sombre, des statuettes de chien, des photos de famille, une collection de dés à coudre, des gadgets que Merlin seul aurait pu nommer. Des milliers de fois il s'était retrouvé ici et jamais il n'avait remarqué à quel point son supérieur manquait de goût.

-'Un appartement sera mis à votre disposition, si vous le souhaitez.' Proposa Bentam alors que l'attention de Ron se détachait des bibelots sur une table basse dans le coin de la pièce. 'Deux chambres, meublés, à quelques rues d'ici. Aux frais du Ministère, bien entendu. Profitez de vos quelques jours de congés. J'insiste.'

Ron jeta un coup d'œil vers Hermione, qui fit de même. Ils avaient vécus le deux derniers mois ensemble sans s'entretuer, enfin, sauf deux ou trois fois, que serait quelques jours de plus? Harry et Ginny avait certainement beaucoup à faire puisque le bébé était presque à terme et ne pourrait pas servir d'hôte. Quant au Terrier, sa mère ne leur laisserait pas une minute de repos et s'emballerait un peu trop vite de les voir ensemble.

-'D'accord.' Accepta Ron en se levant. 'De toute façon, mon contrat n'est pas terminé tant que le projet n'est pas clos alors, allons-y.'

Après s'être brièvement installé dans leur appartement, un cinq pièces des plus banals dont les murs étaient entièrement blancs, l'estomac de Ron gargouillait douloureusement. Hermione n'ayant pas terminé de ranger ses quatre valises de vêtements, le jeune homme fut en charge de dénicher de la nourriture. Après un moment de délibération, il opta pour du chinois et commanda d'un petit restaurant qu'il connaissait bien. Le hibou portant sa commande lui mordit le doigt lorsqu'il ne donna pas assez de pourboire, mais Ron y remédia en lui donnant le double. Il avait trop faim pour discuter. Hermione vint le rejoindre en soupirant, repoussant les plats les uns après les autres avec une grimace de dégoût. Finalement, elle opta pour le riz frit et observa son colocataire engloutir une quantité de nourriture inimaginable.

-'La proportion de nourriture versus le volume de ton estomac est fascinante…' commenta t'elle après un moment. 'Tu manges pour quatre.'

Ron haussa les épaules, engloutissant la moitié d'un egg roll d'un coup. Hermione n'insista pas, hochant la tête avec un petit sourire. Sur le comptoir, une bouteille de vin ornée d'une immense boucle capta son attention. Ils l'avaient trouvé sur le comptoir lors de leur arrivée, comme cadeau de bienvenue.

-'Ça te dit?' lui demanda Ron en la pointant.

-'Je ne crois pas que ça soit une bonne idée,' répondit-elle en se massant les tempes. 'La dernière expérience a été plutôt catastrophique.'

-'Tu ne sais pas. Peut-être as-tu eu la nuit de ta vie.'

Elle lui jeta un regard noir. 'Ne commence pas là-dessus, tu sais très bien ce que je veux dire.'

-'Et moi je dis que ce qui est fait est fait, autant mieux dire que nous avons passé une excellente nuit. Nous en avions besoin tous les deux. Ne le nie pas, Herm, ce n'est pas une honte d'avoir besoin de contact physique. Aujourd'hui nous l'a doublement prouvé.'

La jeune femme rougit légèrement. 'Je ne le nie pas. Je dis seulement que c'était imprudent. Qui sait ce qui aurait pu arriver. J'aurais pu…'

Elle s'interrompit tout d'un coup, songeuse. Puis, jetant un coup d'œil au calendrier, elle lui demanda : 'Quel jour sommes-nous?'

-'Le 21, pourquoi? Qu'est-ce qui se passe?

Un silence s'installa, pesant. Le visage d'Hermione semblait figé comme le marbre.

-'Oh non.' Murmura-t-elle soudainement, les yeux agrandis par la surprise.

Ron sentit la panique l'envahir. Qu'avait-elle découvert de si alarmant? Hermione avala avec difficulté.

'Je crois que je suis enceinte.'

Ron sentit le choc l'assaillir à son tour. Il n'avait certainement pas entendu correctement.

-'Tu es quoi ?'

Elle hocha la tête, comme si elle-même n'arrivait pas à comprendre.

-'Enceinte, Ron.'

-'…'

Cette notion le frappa avec une force qui lui fit perdre le focus pendant quelques secondes. 'En-enceinte dans le sens de…avec un enfant ?'

C'était une question stupide, et il le savait. Mais il semblait que toute son intelligence était sorti de son corps pour aller prendre un verre à quelque part, le laissant gérer cette nouvelle avec ce qui lui restait : … Rien, à ce qu'il semblait.

-'Je…je ne comprends pas.'

Le choc le clouait sur place. Il leva ses yeux hébété vers Hermione, qui n'avait pas bougé, et qui maintenant l'observait avec un regard impassible.

-'Comment est-ce que c'est possible ?' murmura t'il sous son souffle, plus pour lui-même que pour elle. 'Comment-'

-'Ne me dis pas qu'il faut que je te fasse un cours d'anatomie,' répondit Hermione d'une voix glaciale. 'Un homme, une femme, un moment d'inadvertance. C'est tout ce que ça prend.'

-'Merde…'

Hermione leva les yeux au ciel, se décidant enfin à bouger. Elle fit les cent pas dans la pièce, se mordillant l'ongle du pouce. Le jeune homme attendit un moment, toujours sous le choc.

-'C'est…c'est moi…le…le…'

Elle s'arrêta net. 'Bien sûr,' répondit la jeune femme, outrée. 'Même si je sais que tu es convaincue du contraire, je ne couche pas à droite et à gauche comme une vulgaire prostituée.'

Ron sentit la colère poindre en lui, mais il garda le contrôle. Il ne fallait pas qu'il se dispute.

-'Non, Hermione, je ne crois pas du tout cela.'

-'Alors tu crois que je ne suis pas capable d'avoir un homme ? Que je suis trop moche ?'

Le rouquin sentait que la tâche qu'il venait tout juste de se donner allait être plus difficile que prévu.

-'Non, Hermione, je ne crois pas que tu n'es pas capable d'avoir un homme –'

-'Arrête de dire « Hermione » dans chacune de tes phrases !' ragea t'elle en se prenant la tête entre les mains, s'asseyant de nouveau. 'Je n'ai pas quatre ans !'

-'C'est ton nom, à ce que je sache. Tu préfères Hortense, peut-être ?'

-'Non, aucunement. Maintenant, pense un peu. Je sais que ce n'est pas ta spécialité, mais pour une fois dans ta vie, ferme la et aide moi.'

Il fallait qu'il respire. Il fallait qu'il se concentre sur autre chose que l'étrangler. Ce qu'elle pouvait l'énerver. Ce fut plus facile qu'il ne l'avait prévu; la colère se dissipa lorsqu'il songea qu'en ce moment même, Hermione avait un enfant dans son ventre.

-'D'accord. Que veux-tu que je fasse ?'

Elle se leva de nouveau. 'Je ne sais pas !'gémit-elle d'une petite voix. 'Je ne sais pas ce qu'il faut faire !'

Elle était si vulnérable à ce moment, les yeux brillant par les larmes, comme une enfant qui faisait de la bicyclette pour la première fois et qui refusait de le faire sans ses petites roues. Il avait seulement envie de la serrer dans ses bras, de lui dire que tout allait bien. Cependant, Hermione n'était pas une enfant et le problème était loin d'être une histoire de bicyclette.

-'Tu es sûre que tu es enceinte?' lui demanda t-il, sérieux.

-'Non, je ne suis pas certaine. Mais j'ai assez de retard pour savoir que ce n'est pas bon signe. Je croyais que c'était le stress, que j'étais déréglée par la pression et l'anxiété et que ça se replacerait plus tard et ensuite ça m'est complètement sorti de la tête.'

Elle se voila le visage de ses mains. Ron lui tapota le dos maladroitement.

-'On devrait premièrement s'assurer que tu es bel et bien enceinte. Peut-être est-ce une fausse alerte.'

Il fallait que ce le soit. Les choses étaient déjà beaucoup trop compliquées pour qu'elle ait raison sur son état.

Hermione approuva. 'Oui, tu as raison. Ce n'est pas certain. Ça ne veut rien dire. C'est peut-être vraiment le stress.'

Elle semblait reprendre ses couleurs à présent.

-'Tu dois certainement avoir un livre de potion quelque part ? Je suis sûr que tu serais capable de concocter quelque chose.'

La jeune femme réfléchit un instant, puis refusa. Un regard déterminé venait d'apparaître dans ses yeux.

-'Non, non ce serait beaucoup trop long,' dit-elle d'une voix songeuse. 'J'ai une meilleure idée. Suit moi.'

Elle empoigna son sac à main d'un geste vif et Ron la suivit sans comprendre. Ils se rendirent du côté moldu, puis Hermione s'arrêta devant un petit café, pointant de l'autre côté de la rue. Ron lu l'écriteau phosphorescent.

-'Tu veux aller dans cette « pharmacie »,' demanda t'il, confus.

Hermione farfouilla dans son sac à main et en ressortit un billet d'argent moldu.

-'Tiens. Vas-y.'

Ron prit l'argent sans comprendre.

-'Je ne peux pas y aller,' murmura Hermione en regardant autour d'elle, s'assurant que personne ne les écoutait. 'Si on me reconnaît, tu peux être certain que ça fera la une de la gazette demain matin. Je ne peux pas risquer une seule encoche à ma carrière, pas en pleine campagne.'

-'C'est un magasin moldu, Herm-' protesta Ron, devinant que son intention était de l'envoyer seul là-dedans. Il s'interrompit en voyant son expression menaçante.

-'C'est moldu,' reprit-il en prenant soin de ne pas répéter son nom. 'Il n'y aura pas de sorcier là-dedans. Et qu'est-ce que c'est d'abord ?'

-'C'est un magasin. Et peu importe si c'est moldu ou non, je ne peux pas risquer qu'on me reconnaisse.'

-'Et qu'est-ce que tu veux que j'achète là-dedans ? Attend. Non ! Ce n'est pas le même magasin où tu m'as envoyé pour que je t'achète tes p'tits trucs !'

-'Mes petits trucs ?'

-'Tes danpoms.'

-'Tampons, tu veux dire.'

-'Peu importe ! Je ne retourne pas là-dedans ! La dernière fois les vendeuses n'ont pas arrêté de se moquer de moi lorsque je leur ai demandé où je pouvais trouver tes tampons.'

-'Pourquoi ?'

-'Parce que je ne savais pas à quoi ça servait ! Je ne suis pas une fille moi, j'ai cru que c'était un médicament, je ne sais pas ! De toute façon, elles ont surtout ri lorsqu'elles m'ont demandé si c'était pour moi.'

-'Et tu as répondu ?'

-'Qu'est-ce que tu voulais que je réponde ! J'ai dit oui. Je n'étais pas pour leur dire que j'avais une copine.'

-'Et pourquoi pas ?'

-'Parce qu'elles étaient jolies !'

-'Espèce de crétin hormonal ! Ça t'apprendra, c'est tout.'

-'J'ai jamais eu aussi honte. Je n'ai compris qu'après, en lisant la boîte, à quoi ça servait. Et j'ai pris la poudre d'escampette.'

-'Tant mieux.'

-'De toute façon, je n'irai pas,' conclut Ron en croisant les bras. 'Je ne retourne pas là dedans, c'est hors de question.'

Hermione s'énerva. 'Arrête de faire l'enfant !' murmura t'elle en le poussant. 'Vas-y !'

-'Non, je ne veux pas,' s'obstina Ron, n'ayant aucune difficulté à résister à la pression que la jeune femme exerçait pour le déplacer. 'Je ne me ferai pas ridiculiser une autre fois.'

-'Par Merlin, on dirait un adolescent qui refuse d'aller acheter des préservatifs, c'est pathétique.'

-'Des quoi ?'

-'Laisse tomber. Ron, s'il te plaît, je t'en conjure, vas-y,' le supplia t'elle, et de nouveau elle avait l'air de cette petite enfant apeurée.

Le rouquin hésita un moment, puis céda.

-'Bon, d'accord,' grommela t'il, résigné. 'Qu'est-ce que je dois aller chercher ?'

Un sourire éclaira le visage d'Hermione, qui s'empressa de lui dire où il pouvait trouver un test de grossesse. Il entra aussitôt, marchant d'un pas rapide vers l'allée trois pour en finir le plus tôt possible. Il trouva enfin ce qu'il cherchait et resta stupéfait de voir une douzaine de tests différents. Il jura sous son souffle. Hermione ne lui avait pas précisé qu'il aurait à choisir.

-'Est-ce que je peux vous aider ?'

Ron sursauta. Une jeune fille s'était approchée de lui, tout sourire. Le jeune homme sentit son visage s'enflammer, mais réussi à balbutier son problème.

-'Ce n'est pas pour moi,' ajouta t'il rapidement avant qu'elle puisse poser une seule question.

Elle le regarda étrangement, incertaine de s'il plaisantait ou pas. Elle lui conseilla ensuite le nouveau modèle, le plus fiable sur le marché. Sans attendre, Ron l'acheta et sortit. Il rejoignit Hermione de l'autre côté de la rue, qui se mit aussitôt en marche.

-'Viens.'

Hermione l'entraîna de nouveau à l'appartement. Elle verrouilla la porte derrière eux et sorti le test qu'elle avait caché dans son sac. Elle ouvrit rapidement la boîte et se mit à lire les instructions. Ron attendit, ignorant ce qu'il devait faire maintenant.

-'Comment peux-tu savoir si tu es enceinte ou non avec ce bout de plastique ?' demanda-t-il au bout d'un moment. 'Ce n'est pas magique ce truc.'

Hermione répondit sans même lever les yeux du papier.

-'Il décerne l'hormone de grossesse, l'HCG, dans l'urine.'

-'Quoi ?'

La jeune femme le regarda, surprise du ton choqué qu'il avait pris. Ron ferma les yeux un instant, croisant les doigts et les posant contre sa bouche, avant de dire :

-'Est-ce que tu en train de me dire que tu dois…pisser là-dessus ?'

Hermione approuva.

-'Tu sais que c'est dégoûtant ?'

Elle roula les yeux, puis reporta son attention sur les instructions.

-'Tu vas vraiment –'

-'Ron ! C'est une manière moldu, c'est scientifique ! Alors s'il te plaît, ne dis plus rien. Bon. J'y vais. Attend moi ici.'

-'Tu penses vraiment que j'aurais voulu te regarder faire ça ?'

Le regard noir qu'elle lui jeta le convainquit de se taire. Il attendit quelques instants, puis Hermione sortit de la salle de bain, l'air anxieux.

-'Alors ?'

-'Je ne sais pas,' répondit-elle, pâle. 'Il faut attendre trois minutes.'

Ils attendirent. Un silence gênant s'installa et Ron savait qu'Hermione pensait à la même chose qu'elle. Qu'allaient-ils faire si c'était positif ? Que se passerait-il ? Qu'allaient-ils dire à tout le monde ? Et son projet?

-'C'est seulement le stress.' Murmura Hermione, comme si elle essayait de se raisonner. 'Seulement le stress.'

Ron se répéta la même chose dans sa tête. De combien étaient les chances qu'elle soit vraiment enceinte, de toute façon? Une sur mille? Cent mille? Ce n'était qu'une seule nuit, après tout. Et Merlin sait ce qu'ils avaient fait.

-'Ça fait trois minutes.' Murmura soudainement Hermione, mais elle ne bougea pas.

Elle se tourna vers lui. Il ne l'avait jamais vu aussi stressée de toute sa vie.

-'Tu veux que je regarde ?' lui proposa t-il, voulant en finir au plus vite.

Elle hésita, puis finalement accepta. Ron se dirigea donc vers la salle de bain alors qu'elle restait derrière, impatiente. Il trouva le test sur le comptoir, tout près du lavabo, et le regarda avec hésitation.

-'Euh…Est-ce que je dois réellement le prendre avec mes doigts ?'

-'Ron !'

-'Ça va, ça va…' grommela t-il en le pinçant entre son index et son pouce.

Il l'observa un bon moment, confus. Comment est-ce que cela pouvait bien marcher? Ces moldus avaient vraiment de drôle de manières…

-'Alors ?' s'enquit Hermione, se rongeant les ongles. 'Qu'est-ce que c'est ?'

-'Je…je ne comprends pas,' avoua Ron finalement. 'Où est-ce que je dois regarder ? Je ne vois que deux barres roses…'

Hermione plaqua une main contre sa bouche. Le rouquin se figea lorsqu'il comprit ce que cela signifiait. Il regarda la barre de plastique d'un air ahuri, son cœur battant la chamade. Ça avait été un choc d'apprendre qu'Hermione était peut-être enceinte, mais en avoir la confirmation était encore plus désarmant. Elle était réellement enceinte; un enfant grandissait en elle. Un enfant de lui. Un enfant dont il serait le père. Ron avala la bile qui venait de remonter dans sa gorge.

-'Oh non…' murmura Hermione, la voix tremblante.

Ron essaya tant bien que mal de se raisonner. Il était un Chasseur, il pouvait réagir efficacement à toutes sortes de situations. Il pouvait surmonter n'importe quel choc plus rapidement qu'un clignement d'œil. Il avait appris à faire face à des épreuves suicidaires sans une once de peur, à foncer droit dans la gueule de l'ennemi sans une hésitation. Jamais il n'aurait cru que la pire des épreuves, celle qui le terrifierait jusqu'à la moelle, serait cette vie inoffensive, sans défenses, qui s'était nichée dans le ventre d'Hermione. Pour la première fois de sa vie, Ron ressentit la crainte lui nouer les entrailles. Une vague immense le submergea, remplie de toutes sortes d'émotions. Il ressentit une brûlure insupportable gonfler sa poitrine et il se crispa, le souffle coupé.

-'Ron?'

Il se détacha brusquement d'elle, s'empoignant le cœur de sa main droite.

-'Ron? Qu'est-ce qui se passe?'

Le rouquin ferma les yeux, le visage déformé par la douleur. Il aurait voulu lui dire de s'en aller, de ne pas le regarder, mais il ne le pouvait pas. Il n'y avait que cette douleur, poignante, insupportable.

-'Ron!'

Il trébucha, tombant à genoux, le sang battant à ses tempes. Que lui arrivait-il, par Merlin? Son bras gauche était engourdi, brûlant de ce feu lui aussi. Il avait l'impression qu'il allait se consumer sur place. Il sentait les mains d'Hermione sur son dos, ses paroles, au loin, qu'il n'arrivait pas à saisir. Sa tête bourdonnait, la douleur intense là aussi.

Puis elle disparut, lentement, de la pointe de ses doigts jusqu'à son cœur, comme si celui-ci absorbait le mal comme une éponge. Il put enfin ouvrir de nouveau les yeux, haletant, toujours accroupi à terre, une main contre sa poitrine et l'autre contre son crâne. Il se laissa tomber sur le sol, hébété.

-'Par tous les dieux, Ron, est-ce que ça va?' s'inquiéta Hermione en posant une main sur son bras. 'J'ai cru…j'ai cru que tu avais une attaque!'

Ron secoua la tête, incapable d'exprimer la raison de ce malaise. Ça ne pouvait pas être ça, il était jeune après tout ! Il était en santé, faisait souvent de l'exercice physique, ne faisait pas d'excès…D'où pouvait bien provenir cette douleur? Il avait littéralement senti les flammes lui brûler l'intérieur. Et Hermione…elle avait assisté à ce spectacle. L'idée qu'elle l'avait vu dans ce moment de faiblesse ne lui plaisait pas du tout. Sa fierté en prit un coup et il se releva aussitôt, ignora le sentiment de vertige qui l'assaillit.

-'Ce n'est pas vraiment le bon moment,' soupira t'il en se passant une main dans les cheveux. 'Désolée que tu aies eu à subir cela.'

Hermione le regarda d'un air ahuri. Il n'avait pas envie d'en parler avec elle. Il se sentait tout à coup épuisé, complètement vidé. Une bonne nuit de sommeil lui ferait du bien. Ou une cigarette.

Un silence s'installa entre eux, tout deux face à face à s'observer. Ce fut Hermione qui brisa le silence en premier, soupirant. La femme terre à terre et logique que Ron connaissait si bien était de retour.

-'Oh Ron, qu'est-ce que je vais faire ?'

Il ne répondit pas, pour la simple et bonne raison qu'il n'en avait aucune idée. Une migraine le harcelait maintenant.

-'Il faudrait peut-être aller à l'hôpital,' proposa t'il après un moment. 'C'est peut-être mieux…'

-'Non. Les gens de Ste-Magouste me connaissent ! On ne doit pas savoir, pas maintenant, je ne suis pas prête, je ne peux pas…je n'arriverai pas à –'

-'Calme toi, Herm, on trouvera une solution. Ce n'est pas grave.'

Elle le regarda soudainement comme si c'était le dernier des imbéciles.

-'Pas grave ? PAS GRAVE ? Est-ce que tu es complètement stupide, Ronald ? C'EST TRÈS GRAVE ! J'ai travaillé pendant des années sur ce projet, il n'est pas question que je l'abandonne !'

-'Je n'ai jamais insinué que tu devais abandonner…' se défendit-il, piqué au vif par sa colère. Il sentait de nouveau la rage s'immiscer dans ses veines et empoisonner ses pensées.

-'Je ne suis pas prête ! Est-ce que tu peux comprendre ça ? PAS PRÊTE !'

Il devait garder son calme. Respirer. Inspire. Expire. Il ne devait pas lui répondre sur le même ton. Elle était sous le choc, il était normal qu'elle panique et lui crie après. Il devait garder ses émotions sous contrôle, comme il avait appris à le faire. Seulement, cela lui demandait tellement d'efforts qu'il n'arrivait pas à sortir un seul mot. Par Merlin, il devait vraiment travailler sur ce problème de colère.

-'Ne me regarde pas comme ça ! Ne…ne me regarde pas du tout !' s'écria la jeune femme, hystérique.

-'Tu veux que je regarde le mur ?' réussit-il à répondre d'un ton complètement neutre.

-'Oui ! Non ! Je ne sais pas ! Ne fais juste pas me regarder comme ça, ça m'énerve! Par la barbe de Merlin…'

Elle se passa les mains sur le visage, puis dans les cheveux. Ron resta immobile, l'observant en silence. Elle semblait si vulnérable, tout recroquevillée sur elle-même, qu'il aurait eu envie de la prendre dans ses bras de nouveau et lui murmurer que tout allait bien se passer. Cependant, il n'en fit rien. Il y avait tant entre eux, tant de rancune refoulée, de regrets, de ressentiment.

-'C'est juste que…c'est juste que ça change tellement de chose…' murmura Hermione, plus pour elle-même que pour lui.

Il ne répondit pas. Ça, pour changer des choses, c'était certain.

-'Tu as raison,' soupira la jeune fille, résignée. 'Je n'ai pas le choix… Cependant… Cependant, nous n'irons pas à Ste-Magouste. Je connais un hôpital moldu qui fera très bien l'affaire. Une clinique privée.'

Voilà qu'elle redevenait vraiment elle-même. Sûre, déterminée. La femme d'affaire qui prenait le centaure par les cornes.

-'Je vais prendre rendez-vous à l'instant.'

Ron hocha la tête. Il n'arrivait pas à s'y faire. Hermione était bien la dernière personne avec qui il pouvait associer l'enfantement. Elle était si fonceuse, si travaillante…Comment cela s'était-il produit? Pourquoi? Pourquoi eux? Une seule nuit, une seule erreur et voilà que cet enfant venait bouleverser leur univers entier! Il pensa à Harry et Ginny, et à ses frères, déjà parents d'une marmaille de petits monstres. Quel choc ils auraient d'entendre cette nouvelle…Et que dirait sa mère? Il n'aimait mieux pas y penser. Il semblait qu'il pouvait entendre sa voix dans sa tête, le raisonnant d'une voix suraigu les notions de responsabilités, et c'était bien la dernière chose qu'il voulait entendre.

Hermione revint quelques instants plus tard, annonçant qu'ils avaient rendez-vous le lendemain à dix heures. Comme l'atmosphère était lourd, il se leva pour ouvrir la fenêtre et soupira d'aise lorsque l'air frais s'engouffra dans la pièce. Lorsqu'il se retourna pour requérir sa place, il la vit songeuse, les mains sur son ventre. Le rouquin observa la scène et il sentit son cœur chavirer.

-'Comment tu te sens ?' demanda t'il d'une voix plus rauque qu'il ne l'aurait voulu.

-'Je ne sais pas. Étrange, je suppose. Je…je ne sens rien.'

Ron avala avec difficulté. Il n'arrivait pas à décrire le sentiment qui le harcelait en ce moment. Hermione était enceinte.

De lui.

Eh voilà ! Qu'en avez-vous pensé? Des trucs qui clochent? Que ce soit négatif ou positif, j'accepte tous les commentaires constructifs avec plaisir ! Reviiiieeeewwwsss plz ! A très bientôt!