La vérité selon L.C. - Chapitre 10
...
Des milliers de pensées se bousculaient dans la tête de Jacob alors qu'il sortait de quoi préparer l'en-cas de sa nouvelle amie.
Il ne comprenait pas pourquoi sa présence l'affectait de cette manière. Certes, il était heureux de la voir enfin après ces semaines de discussion et l'intérêt qu'elle lui portait depuis le début lui faisait très plaisir, mais pas au point de réagir comme un ado en pleine crise hormonale !
Son estomac se noua en songeant à tout ce qui lui était passé par la tête en l'espace de quelques minutes. Il se savait en manque de sexe depuis très longtemps et avait souvent ressenti le besoin de se soulager à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, mais jamais il n'avait imaginé faire des choses avec une autre femme que Bella. Était-il malade ou juste troublé par le fait d'avoir l'attention entière de quelqu'un rien que pour lui ?
Il ne voulait pas y penser pour le moment. Leah était venue pour oublier ses soucis et il était bien décidé à tout faire pour qu'elle passe un bon séjour. A commencer par lui préparer un délicieux sandwich.
Lorsqu'il sortit de la cuisine avec le plateau de Leah, il fut surpris de tomber nez-à-nez avec Bella.
– Tu vas apporter un en-cas à ton amie ? sourcilla-t-elle.
– Tu ne devais pas t'en aller ? répliqua-t-il sur le même ton.
Il lui sembla voir Bella vaciller légèrement et s'en voulut d'avoir été aussi sec.
– Edward a repoussé notre rendez-vous. Je le rejoins ce soir, finalement.
– Ce soir ? répéta Jacob. Tu n'es pas d'astreinte, ce soir ?
– Je devais, mais je me suis dit que puisque ton amie était à l'auberge, tu passerais la soirée là, alors...
– Je comptais l'emmener faire un tour dans le coin, ce soir ! s'exclama Jacob, agacé.
– Oh, désolée... Je dirai à Edward de passer me rejoindre ici, dans ce cas...
– Non, c'est bon, claqua Jacob, qui ne supportait pas de voir son rival traîner dans le coin. Je me débrouillerai.
– Merci, Jake ! T'es le meilleur ! s'écria Bella avant de s'éloigner vers l'accueil.
Une vague d'irritation submergea Jacob. Il n'était pas du genre à refuser quoi que ce soit à quiconque, mais le fait que Bella le mette sans arrêt devant le fait accompli le mettait hors de lui. Malheureusement pour lui, il était toujours incapable de lui dire non, car elle le connaissait mieux que personne.
Il inspira profondément avant d'aller frapper à la porte de la chambre de Leah et se figea en l'apercevant, comme la première fois. Ses cheveux étaient encore mouillés et il aurait donné n'importe quoi pour finir sa course comme la gouttelette qui venait de glisser à l'intérieur de son débardeur.
Pense à autre chose ! Pense à autre chose ! se répéta-t-il. Un truc qui te dégoûte... Edward Cullen ! C'est ça ! Pense à Cullen !
– J'allais descendre, l'informa-t-elle. J'ai cru que tu m'avais oublié et... Wow, c'est pour moi, tout ça ?
– Avec les compliments de la maison ! déclara Jacob, dont le mantra semblait visiblement faire effet.
Leah se poussa pour le laisser rentrer et admira sans retenue le postérieur du jeune homme alors qu'il se dirigeait vers le coin terrasse.
– Alors, comment tu trouves la vue ? Tu aimes ? demanda Jacob en installant le plateau sur la table de la terrasse.
– Oh, oui... répondit-elle d'une voix rauque, les yeux rivés sur les fesses de Jacob. C'est parfait...
– Je t'avais dit que tu apprécierais d'être à la Push !
– J'adore...
– Hum... Leah ? Tout va bien ?
La jeune femme sortit de sa contemplation et s'empourpra devant l'air amusé de Jacob.
– Tu ne parlais pas de la Push quand tu disais que tu adorais, n'est-ce pas ? demanda-t-il en esquissant un sourire en coin.
– Touchée... souffla-t-elle, honteuse. Désolée, je suis en manque de sexe, alors...
Jacob déglutit et Leah s'empressa de rectifier le tir en voyant l'embarras de son ami.
– Non, non ! Je ne voulais pas dire que je voulais coucher avec toi ! C'est juste que t'es loin d'être moche et moi... J'ai du mal à ne pas mater les beaux gosses quand je suis en manque... Attention, je ne suis pas en train de te draguer ! Je veux dire... On est amis, et puis tu aimes la pâlotte, là... Merde, je suis en train de m'enfoncer... conclut-elle en s'affalant sur l'un des sièges de la terrasse.
– Non ! C'est bon, rassure-toi ! rigola-t-il nerveusement. Ça me flatte, tu n'imagines pas à quel point... Et puis, je sais ce que c'est d'être en manque de sexe et j'ai du mal à ne pas te mater aussi, comme tu dis...
– C'est vrai ? s'étonna Leah en arquant un sourcil, perplexe.
Bon sang, qu'est-ce qu'elle est hot quand elle fait ça ! Merde... Edward Cullen ! Edward Cullen !
– Oui, hum... Tu ferais mieux de manger... bredouilla Jacob en s'asseyant à son tour, mal à l'aise.
Leah afficha un sourire en coin et n'insista pas, intérieurement soulagée de le voir aussi embarrassé qu'elle.
– Alors, qu'est-ce qu'il y a de bon à faire dans le coin ? demanda-t-elle.
– Tout dépend de la durée de ton séjour !
– J'ai prévu de rester une petite semaine pour le moment. On verra si je le prolonge si j'en ai envie par la suite.
– Eh bien, il y a des sentiers de randonnée, des superbes plages à voir, et je compte bien t'amener à la découverte de tes origines !
– Ça a l'air assez sympa, comme programme ! s'exclama-t-elle en prenant une bouchée de son sandwich. Promets-moi qu'on ira quand même faire la fête dans un bar pendant que je suis là. J'ai vraiment besoin de prendre une cuite, là...
– C'est si tendu que ça, entre ton rédacteur et toi ? questionna Jacob, curieux.
– Plus que tu ne l'imagines... soupira-t-elle. Enfin, j'ai pas trop envie de parler de lui. Qu'est-ce qu'on fait, ce soir ?
Jacob grimaça, redoutant la réaction de la jeune femme.
– En fait, je vais devoir rester ici ce soir... expliqua-t-il en évitant son regard.
– Laisse-moi deviner... Ta précieuse Bella devait voir son précieux Edward et ça ne pouvait évidemment pas attendre demain ? pouffa cyniquement Leah.
– J'ai vraiment du mal à la comprendre... confessa Jacob dans un soupir. Ce matin elle s'excusait de m'avoir mis de côté et avait l'air de prendre conscience que rien n'était pareil entre elle et moi, et là, pouf ! Elle remet Edward sur le tapis !
– Elle crève de jalousie, c'est tout ! Y'a pas à cogiter là dessus dix-mille ans ! expliqua Leah entre deux bouchées. Il est drôlement bon, ce sandwich !
– Je ne vois vraiment pas de quoi elle pourrait être jalouse ! sourcilla Jacob.
Leah leva les yeux au ciel et secoua la tête, dépitée par le manque de clairvoyance de Jacob.
– Tu lui as donné de mauvaises habitudes, Wolfie ! Tu as toujours été présent pour elle et elle a été habituée à ce que tu accoures pour elle au moindre bobo. Tu l'as fait passer avant tout dans ta vie. Avant tes envies, avant ta famille, avant ta propre vie ! Et maintenant, tu as décidé de ne plus lui laisser la première place. Ça la fait flipper ! C'est du jus d'orange pressé maison, ça ?
– Oui. Tu crois vraiment qu'elle a la trouille ?
– Tu ne lui as pas parlé de moi, et mon arrivée surprise lui a fait découvrir qu'elle ne te connaissait plus aussi bien qu'elle le pensait. Elle me voit comme sa remplaçante. T'aurais fait attention au regard noir qu'elle m'a lancé quand je me suis présentée au lieu de reluquer mes nichons, tu...
– Je n'ai pas reluqué ta poitrine ! nia Jacob.
– Tu ne me regardais pas dans les yeux, en tout cas ! rétorqua nonchalamment Leah. Oh mon Dieu ! Qui a fait ces muffins ? Il me faut absolument la recette !
– Je n'ai PAS reluqué ta poitrine, Leah ! Insista-t-il.
– Oui, et je n'ai pas reluqué ton joli petit cul... On s'en fout, des détails ! L'important, c'est qu'elle est jalouse et que comme toutes les filles jalouses et gâtées, elle a voulu te faire un coup tordu pour te punir de vouloir avoir une vie privée qui ne l'inclut pas.
– Ouais... grommela le jeune homme.
– Ne me dis pas que tu penses encore au fait que je t'ai surpris à mater mes nichons ?
– Pour la dernière fois, je n'ai pas maté ta poitrine.
– Bon, OK. Si ça te fait plaisir, je fais semblant de te croire. Toujours est-il que ta Bella est jalouse !
– Ça ne change rien à la situation. Elle est toujours avec Cullen.
– C'est vrai, mais j'ai bien l'intention de lui faire voir ce qu'elle a raté en faisant l'idiote ! Je veux qu'elle ouvre les yeux et qu'elle s'étouffe de jalousie !
– Je ne vois pas ce que ça changerait, si c'est vraiment le cas. J'ai pas envie de me faire de faux espoirs, tu comprends ?
– Je sais, mais je veux que tu comprennes que tu vaux beaucoup mieux que de rester dans l'ombre en attendant que Mister Playboy se barre de nouveau. Je sais que tu es amoureux d'elle, mais aimer quelqu'un ne signifie pas tout accepter ! Tu ne mérites pas d'être la cinquième roue du carrosse, ni d'être traité comme un bouche-trou. Il est temps de retrouver ta fierté et ça risque de lui faire très mal, mais c'est ce qui est le mieux pour toi.
– Et tu penses que j'y arriverai en une semaine ?
– Non, mais on va s'éclater ! Moi, en tout cas, je compte bien profiter de cette semaine ! Je peux compter sur toi ?
Jacob hocha la tête, perdu dans ses pensées, et les deux amis finirent par se détendre et savourer leur présence dans ce lieu avec l'autre dans un silence confortable. Jacob ferma les yeux et se laissa bercer par le bruit des vagues tandis que Leah l'observait tout en mangeant son deuxième muffin.
– Wolfie ? l'interpella-t-elle lorsqu'elle eut terminé.
– Hmm ? murmura-t-il à moitié ensommeillé.
– Je ne connais toujours pas ton prénom, tu sais !
– Jacob... C'est Jacob, mon prénom...
– Jacob ? hoqueta Leah avant d'éclater de rire. T'es sérieux ?
– Pourquoi ? Je trouve que mon prénom est superbe ! grogna-t-il, vexé en ouvrant un œil afin de l'observer.
– J'ai jamais dit le contraire ! se défendit Leah. C'est... Tu vas trouver ça débile...
– Lance-toi !
– Ok... Disons que ma mère est super croyante... Tu sais, le genre grenouille de bénitier qui n'apprécie pas trop la vie dissolue de sa fille et qui l'encourage à aller se confesser pour expier le fait qu'elle soit accro au sexe avant le mariage... Il paraît qu'elle m'a appelée Leah parce qu'elle a lu la bible et qu'elle trouvait son histoire touchante. Bien sûr, épouser un homme qui préfère votre sœur et avoir une tonne d'héritiers pour qu'au final, ce soit le fils de votre sœur qui soit choisi pour faire de grande choses, ça donne envie d'espérer la même chose pour son enfant ! Enfin bref, toujours est-il qu'elle m'a appelée Leah, et qu'elle n'arrête pas de me dire qu'un jour je trouverai mon âme-sœur, celui pour qui je suis destinée comme Leah l'était pour son mari... Et tu sais comment il s'appelait, ce mec ? Jacob ! Et j'avais jamais entendu quelqu'un de mon entourage porter ce prénom jusqu'à ce que je te rencontre... Si ma mère nous voyait maintenant, elle dirait que c'est un putain de signe et me forcerait à t'épouser sur le champ ! Jacob ? Jacob ! Tu m'écoutes ?
La respiration régulière du jeune homme et l'air paisible qu'il arborait suffirent à Leah pour comprendre qu'il s'était endormi. Le cœur de la chroniqueuse se réchauffa en le détaillant longuement et, n'ayant pas le cœur de le réveiller, elle rentra dans la chambre récupérer une des couvertures supplémentaires qu'il lui avait apporté et la posa délicatement sur lui avant d'aller s'allonger sur son lit.
...
Elle n'eut cependant pas le temps de fermer les yeux car la sonnerie de son téléphone portable retentit. Elle le récupéra et refusa immédiatement l'appel, de peur de réveiller Jacob, avant de vérifier l'identité de l'appelant et de composer le numéro de son frère. Ce dernier répondit aussitôt et la panique dans la voix de Seth atteignit Leah en plein cœur.
– Bon sang, tu m'as foutu une de ces trouilles, Lee ! Est-ce que ça va ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi est-ce que j'ai reçu un appel désespéré d'Angela me disant que tu n'es pas à ton boulot et que tu ne veux parler à personne du Daily ?
– Essaye de te calmer, Seth. Je vais bien.
– Tu es sûre que ça va ? J'ai jamais entendu Angela aussi malheureuse... Ca m'a tellement inquiété que je suis venu chez toi, et comme tu ne répondais pas...
– Je ne suis pas à Seattle, et Angela s'en remettra. J'avais besoin de quelques jours de vacances et elle a juste peur de perdre son job à cause de moi.
– Pourquoi tu lui ferais perdre son job? s'alarma Seth.
– C'est une longue histoire et j'ai vraiment pas envie d'en parler, là. J'aimerais bien profiter de ma période de repos et repenser à des gens qui ne pensent qu'à leur tronche ne va pas du tout m'aider à ça.
– Bon, OK. Repose-toi bien, mais donne de tes nouvelles, d'accord ?
– C'est promis, assura Leah avant de raccrocher.
Toute trace de fatigue avait disparu et la jeune femme savait qu'elle ne trouverait pas le repos de si tôt. La chambre d'hôte lui semblait soudain bien trop étroite et elle finit par quitter la pièce, craignant d'exploser à cet instant.
Alors qu'elle descendait les escaliers, la voix étouffée de Bella retint son attention.
– Je sais, Edward, et je suis vraiment désolée de chambouler ta soirée, mais... Non, je ne pouvais pas faire autrement... Non, tout va bien avec Jacob... Non, il n'a rien fait, c'est... C'est compliqué. Écoute, viens me chercher ce soir et je te promets que je me ferai toute petite en t'attendant. Je sais bien que c'est une réunion importante, mais j'ai pensé que comme Jacob m'avait laissé quartier libre ce soir, on aurait pu... D'accord... Oui, j'appellerai Alice pour qu'elle me tienne compagnie le temps que tu rentres... Moi aussi, je t'aime...
Leah s'empressa de descendre pour ne pas se faire surprendre en train d'espionner et afficha un sourire narquois lorsque Bella sortit de la pièce où elle se trouvait. Cette dernière lui retourna un sourire crispé.
– Comment se passe votre installation ? lui demanda-t-elle malgré tout poliment.
– Très bien, merci. Cet endroit est vraiment très agréable, et la qualité portée aux attentes du client... Vraiment, je recommanderai cet endroit !
– Et vous venez d'où, si ce n'est pas trop indiscret.
– Oh, de Seattle. C'est pas très loin, alors je pense que vous me verrez certainement très souvent dans le coin ! Du moins, je l'espère... conclut Leah en laissant échapper un soupir faussement rêveur.
Bella sembla déstabilisée par la réponse de la jeune femme et se racla la gorge avant de reprendre maladroitement.
– Hum... Où est Jake ?
– Oh, il se repose dans la chambre... répondit Leah avec désinvolture.
– Dans... Dans votre chambre ? répéta Bella, incrédule, tandis que la chroniqueuse jubilait rien qu'en voyant sa mine déconfite.
– Oui. De ce que j'ai compris, entre l'auberge et moi, il n'a pas vraiment eu le temps de récupérer... Il s'est endormi comme une masse, alors je me suis dit que j'allais venir vous le dire au cas où vous auriez besoin de lui... Ça vous éviterait de vous inquiéter !
– Comme c'est gentil de votre part ! railla Bella. Et sinon, où vous êtes-vous êtes connus ?
– C'est une très longue histoire...
– J'ai tout mon temps, vous savez ! insista Bella.
– Hum... Vous ne devez pas travailler ? sourcilla Leah, consciente qu'elle ne faisait qu'agacer davantage sa « rivale ».
– Il n'y a personne dans le coin...
– Écoutez, Bella... Je n'aime pas trop qu'une inconnue me questionne sur ma vie privée. Si vous voulez des réponses à vos questions, vous n'avez qu'à les poser à Jacob. Bien que je pense qu'il vous en aurait déjà parlé s'il voulait que vous le sachiez !
Bella fusilla la jeune femme du regard et serra les poings.
– Oh, une dernière chose ! ajouta Leah en souriant de plus belle. N'essayez pas de refaire un coup foireux comme celui que vous avez fait à Jacob aujourd'hui.
– Je... Je ne vois pas de quoi vous parlez... balbutia Bella.
– Si vous voulez la jouer comme ça, il n'y a pas de problème. Jacob est bien trop gentil pour vous remettre à votre place, mais moi, je n'hésiterai pas à le faire, martela Leah en lui lançant un regard noir.
– Je...
– Demain soir, vous allez prendre son tour d'astreinte et vous allez le faire sans qu'il vous le demande.
– Je comptais bien le faire ! s'insurgea Bella.
– Et ne comptez pas non plus sur sa présence durant les six prochains jours. C'est clair ? Il est pris.
– Il a des responsabilités ici ! protesta Bella.
– C'est vrai qu'il en a. Mais il n'est pas le seul à en avoir, n'est-ce pas ? Vous êtes son associée à part égale, non ?
– O-Oui...
– Alors vous allez vous débrouiller sans lui durant les prochains jours. Il a assuré vos arrières pendant tout ce temps, maintenant, c'est à vous de le faire. Et si vous ne vous en sentez pas capable, c'est que vous n'êtes pas digne de la confiance que Jacob vous accorde, et je me ferai un plaisir de le lui faire réaliser, claqua sèchement Leah.
Bella resta bouche bée devant l'aplomb de la jeune femme. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un lui parlait sur ce ton. Rachel lui avait plus d'une fois fait des remarques désobligeantes avant son départ en vacances, mais Jacob avait toujours été là pour tempérer les choses. Cette fois-ci, elle n'était plus sûre qu'il prendrait son parti. La venue de Leah et l'attitude de Jacob face à cette femme ébranlaient les certitudes de Bella, qui se sentait vraiment en position de faiblesse alors que son ennemie déclarée la défiait du regard.
De son côté, Leah était très fière de son coup. Elle sentait que Bella n'était pas sûre d'elle et prenait un malin plaisir à appuyer là où elle était certaine de lui faire mal.
– Tout va bien ?
La voix de Jacob les forcèrent à rompre leur duel silencieux, et le jeune homme fronça les sourcils en comparant la mine triomphante de Leah et celle défaite de Bella.
– Tout va bien ? répéta-t-il, inquiet.
– Tout va très bien ! S'exclama Leah. J'ai informé Bella que j'étais ici pour une semaine et elle s'est gentiment proposée de te libérer de l'accueil pour qu'on puisse passer du temps ensemble !
– C'est vrai ? s'étonna Jacob. Tu ferais ça, Bell's ?
– Si ça te fait plaisir, bien sûr... Il n'y a pas de raison que tu ne passes pas la semaine avec ton amie... Après tout, elle est là pour toi... souffla Bella, la gorge nouée.
– Wow... C'est... Merci ! s'écria-t-il en courant la prendre dans ses bras, non sans avoir lancé un regard perplexe à Leah, qui lui fit un clin d'œil entendu.
Bella lui rendit son étreinte de toutes ses forces et Jacob ne put s'empêcher de se demander si sa nouvelle amie n'avait pas finalement raison.
– Je... Je vais... Retourner à l'accueil, bredouilla Bella en se détachant de lui.
– Qu'est-ce que tu lui as fait ? gronda Jacob en croisant les bras une fois que la jeune femme fut hors de vue.
– Je lui ai juste donné quelques conseils, répondit simplement Leah. Même en vacances, je ne peux pas m'en empêcher ! C'est grave, docteur ?
– Leah...
– Relax ! Elle n'est pas partie en pleurant, hein ? C'est que je ne lui ai pas dit tout ce que j'avais sur le cœur. J'ai juste fait ma L.C. !
Jacob fronça de nouveau les sourcils tandis que Leah éclatait de rire et elle lui promit de lui expliquer ce que cela signifiait un jour alors qu'elle l'entraînait de nouveau dans sa chambre.
