Bonjour ! Bonsoir ! Bon matin !

Bon... Quelques petits problèmes IRL, mais me revoilà avec ce nouveau chapitre ! Et le bon jour ! ; )

Joie et bisous !

Sur cela, bonne lecture !

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X - Hémorragie

- Tu vas mourir Mani. Et je vais me faire un plaisir de torturer tes amis en terminant par la délicieuse Victoria et ton petit protégé.

- Tu… Ne… Les… Toucheras… Pas…

- C'est ce qu'on verr-

Une détonation sourde emplit l'espace coupant la parole à Finéas qui tomba à la renverse, une balle logé entre le cou et la clavicule. Shinddha tremblait, son arme dans les mains. Il avait attendu, attendu, attendu pour avoir une fenêtre de tir. Il avait vraiment eu peur de toucher Mani. Il avait réussi à l'éviter, mais n'avait pas atteint ce qu'il visait.

Mais personne ne s'intéressa à l'étudiant qui essayait de reprendre contenance de sa sueur froide. Mani s'était retourné vers Finéas qui commençait à cracher du sang. La carotide avait été touchée.

- Tu es toujours… Aussi faible… Le double-

- LA FERME !

Alors qu'il était au seuil de la mort, Finéas continuait de le narguer. Il n'était le double de personne et surtout pas de lui. Ils n'avaient pas choisi la même voie, malgré leur formation commune. Ils étaient incomparables. Même si l'un avait toujours rapporté les exploits à lui, la lumière sur lui, les honneurs sur lui. Mani n'était en aucun cas sa doublure. Et en ça, il était un meilleur élément de la Méta que lui.

Il leva son poing et avec rage l'éclata contre le visage de Finéas. Il laissa la haine prendre complétement possession de son corps et fit pleuvoir des coups alors que l'autre ne pouvait plus réagir, la vie s'échappant en litre de sang.

Cet instant fut insoutenable pour la plupart et ils détournèrent les yeux. N'entendant plus que les cris de Mani, et la violence de ses coups. Plusieurs minutes s'écoulèrent jusqu'à ce que la colère du garde s'efface.

Mani finit par se redresser. Le visage de son adversaire était méconnaissable. Une seule personne le regardait encore, et c'était Victoria. Elle hocha juste la tête dans la direction du gardien de son frère, les larmes aux yeux avant de caler sa tête contre l'épaule de Théo.

Claudiquant, le garde retourna près du groupe. Ils devaient sortir du hangar maintenant, ils n'étaient pas encore tirés d'affaire et la cavalerie n'allait plus tarder à arriver. Mais il eut à peine le temps de faire trois pas, qu'une nouvelle voix étrangère résonna dans l'espace du petit réfectoire. Venant de derrière eux, par la même porte qu'ils avaient empruntée.

- Merci beaucoup de m'avoir débarrassé de ce gêneur, mais vous aller le rejoindre bientôt !

Tout le monde se retourna pour faire face à leur nouvelle opposante. A peine eut-il posé les yeux sur la femme que Balthazar sortit le flingue qu'il n'avait pas encore utilisé. Une fureur explosive monta en lui, et avant qu'elle n'ait eu le temps de rajouter quoi que ce soit il la braqua.

- Relâchez-le !

Dans l'instant de flottement où Mani avait perdu l'esprit, Shinddha n'avait pas tout de suite entendu les pas derrière lui. Et c'était trop tard au moment où il s'en était aperçu, il s'était fait désarmer, une lame contre sa gorge et une voix qui lui ordonnait de la boucler, à l'oreille.

Maintenant, il se retrouvait là, prit en otage alors que Balthazar avait son arme pointé sur eux.

- Vous n'êtes pas en état de négocier ! Vous faites le moindre geste et votre ami y passe. Je n'hésiterais pas comme cette enflure de Finéas.

- RELACHEZ-LE !

Balthazar était hors de lui. Ils avaient fait tout ce chemin, ils avaient accompli l'objectif qu'ils s'étaient fixé et ils étaient à deux doigts d'en finir avec cette histoire. Il avait plus ou moins réussit à sauver ses amis, mais c'était hors de question qu'il perde Shinddha une deuxième fois. Il ne le supporterait pas.

Il voyait rouge. Il savait très bien qui elle était. Il l'avait compris aux premiers mots qu'elle avait prononcés. Le bluff ce n'était pas son truc. Manaril avait perdu la plupart des membres de son Clan, elle n'avait plus rien à perdre et irait jusqu'au bout.

Un sourire éclaira son visage et elle leva l'arme de Shinddha droit sur le lycéen. Le couteau contre la gorge, l'étudiant paniqua et essaya de se débattre, mais la voix susurrée à son oreille l'immobilisa. Les larmes lui montèrent aux yeux.

- Doucement, mon beau. Tu bouges, il crève.

Il perdait son self-control et sa respiration s'accélérait dangereusement. Face à lui, il ne voyait que Balthazar le regard fixe sur son agresseur. Sa mâchoire était tellement tendue qu'elle en devenait seyante comme ses pommettes. Avec le faible éclairage, il avait l'impression que ses yeux luisaient, notamment celui fendu. Mais surtout, il ne tremblait pas.

Shinddha se sentait impuissant. Balthazar était prêt à faire ce qu'il fallait, quitte à se sacrifier. Et le blond ne supportait pas de le perdre comme ça.

- Qu'est-ce que vous croyez ? Que je vais vous laisser filer ? Vous avez détruit le plan que j'avais mis au point depuis trois ans ! Avec tous les pions que j'avais placés, dans la Milice et dans la Méta. J'ai fait ça seule, sous le nez des autres Clans ! Et c'est une bande de gamins qui fout tout en l'air en quelques minutes !

- Tout ne semblait pas aussi parfait que vous ne le pensiez. Vous avez perdu !

- Perdu ?! Perdu ! Ah ah ! Mais j'ai plein d'autre atout dans ma manche petit !

- Tu l'as entendu Manaril, c'est fini. Maintenant relâche le gamin comme il te l'a demandé.

Une nouvelle voix venait de s'élever, venant de la pièce aménagé en cuisine par laquelle ils devaient s'échapper. Un homme s'avança nonchalamment une arme pointé sur la chef du Clan du Pendulus. Il s'approcha lentement, passant à côté des amis de Balthazar avant de se poster à la même hauteur que lui.

- Toi !

- Tu ne pensais tout de même pas que je n'étais pas au courant de tes petites manigances, Manaril. Aurais-tu oublié qui est le boss ?

- Qu'est-ce que tu fiches ici ! s'exclama le lycéen sans lâcher du regard la menace, mais légèrement perturbé par cette soudaine apparition

- Quoique tu en penses, j'ai toujours un œil sur toi. J'ai bougé mes pions, pour que tu ne rencontres pas trop de résistance avec tes amis.

- Putain ! Les corps déjà refroidis, c'était toi. Pourquoi, je n'y ai pas pensé avant.

- Tu as encore beaucoup de choses à apprendre.

Balthazar serra les dents, encore plus que cela n'était possible, et empêcha un frisson de dégoût se propager le long de sa colonne. Ses hommes de main avaient fait le sale boulot. Mais il était là, lui aussi. Son père était venu le chercher. En personne.

- Je te laisse une dernière chance Manaril. Si tu te rends, sans plus de dommage, je suis prêt à passer un nouveau marché avec toi. Bon, il va de soi que tu subiras quelques châtiments pour tes actes, mais bon, tu seras en vie.

- Un nouveau deal ? Alors que tu me promets la torture ?!

- Que veux-tu ! l'humeur légère se changea soudainement en un ton sec, menaçant et surtout dangereux. Tu es en train de menacer la vie de mon fils. Je ne suis pas aussi « indulgent » envers ceux qui ose s'attaquer à lui.

- Ton fils ?!

La chef du Pendulus dévisagea Balthazar et remarqua alors son œil maléfique. Celui-là même qui était semblable au regard de l'homme dans son costume bordeaux impeccable qui la braquait comme si elle n'existait pas vraiment. La ressemblance était frappante. Le plus jeune était vraiment le portrait craché de son paternel.

Manaril se mit soudainement à rire. Elle allait mourir. Quoiqu'elle choisisse, elle mourrait. Elle avait menacé le fils du Diable, elle ne s'en sortirait jamais indemne. Et de toute façon, elle avait tous perdu. Elle n'aurait jamais dû faire confiance à ces renégats de la Méta. Elle aurait dû continuer à sa façon et ne pas se laisser attendrir par de belles paroles.

Mais avant de partir, elle pouvait encore emmener deux personnes avec elle. Elle n'avait pas à hésiter. Elle tuerait d'abord le fils, ce qui entrainerait sa propre mort. Mais elle égorgerait très facilement son otage avant.

Balthazar ne sut pas ce qui le crispa le plus. Le rire strident de Manaril ou l'éclat de pure folie qu'il vit briller dans son regard. L'arrivée de son père l'avait mis encore plus sur ses gardes. Il était prêt à chaque éventualité. Tout était en train de dégénérer, petit à petit, et il devait s'en cesse ajuster son positionnement pour être sûr de ne pas blesser Shinddha.

Puis il la vit. La perle rouge glissant sur l'acier. Dans un instant suspendu.

Le feu explosa.

Le corps tomba alors sur le sol.

Dans la tête de Balthazar, tout se passait au ralenti. Les sons étaient comme étouffés contre ses oreilles. Il vit la chevelure blonde s'éparpiller dans une gerbe de sang. Le couteau tâché tombé en rebondissant sur le sol avant de s'immobiliser. Le canon de son arme encore fumant droit devant lui. Mais il n'y avait plus personne debout. Il était sonné, il ne réalisait pas encore ce qui venait de se passer. Il avait visé le cœur. Le cœur. Alors pourquoi. Pourquoi, c'était son crâne qui avait explosé ?

Il entendit à peine qu'on l'appelait et qu'on lui baissait les bras. Il réagit que lorsqu'on lui posa la main sur l'épaule. Ce fut comme si soudainement le temps s'était remis à accélérer. Les sons éclatèrent à ses tympans, les couleurs furent plus vives, l'odeur du sang l'agressa. Il reprit une respiration.

Balthazar se dégagea de la prise de son père et se mit à courir vers les corps au sol. Il se jeta à terre près de son ami le cœur battant à cent à l'heure. Son regard était perdu. La blancheur de sa peau se confondait presque avec la blondeur de sa chevelure. La mâchoire de Balthazar trembla, avant de le prendre d'autorité dans ses bras.

Le reste du corps du lycéen se mit à trembler petit à petit. La pression retombait enfin et avec les tensions qu'il avait accumulées. Il aurait voulu pleurer, hurler et exprimer tout ce qu'il ressentait sur le moment, mais il ne le pouvait pas. Il devait être fort. Prouver qu'il pourrait continuer d'avancer. Qu'il savait se maitriser. Il ne verserait plus de larmes aujourd'hui, ni jamais plus d'ailleurs. Parce que c'était fini.

Balthazar commença à haleter et ferma les yeux quand l'étreinte qu'il avait lui fut rendue avec de plus en plus de force. Il pouvait presque sentir le cœur de son comparse battre aussi rapidement que le sien. Il n'arrivait pas encore vraiment à comprendre ce qui venait de se passer. Mais Shinddha allait bien et c'était tout ce qu'il comptait à ses yeux. Il avait eu tellement peur.

Il se recula après quelques instants et examina le cou de son ami. Il n'y avait qu'une légère entaille, pas vraiment profonde et qui se soignerait facilement et ne laisserait aucune trace. Un véritable soupir de soulagement passa ses lèvres et il osa enfin lever les yeux vers son ami. Son regard cristallin était indescriptible et il ne put que sourire avec un petit rire nerveux. Il avait l'impression que beaucoup trop de choses lui avait échappé en allant trop vite.

Il finit par se relever et attrapa la main de Shinddha pour qu'il fasse de même. La porte à leur opposée s'ouvrit alors dans un grand fracas. Un homme armé rentra et braqua tout le monde. D'un rapide coup d'œil, il vit deux corps et de trop nombreuses personnes encore debout avec des armes.

- Milice Inquisitorial ! Les mains en évidence ! Maintenant !

Le temps était visiblement écoulé. La cavalerie venait d'arriver sur les lieux. Ça serait d'autant plus dur pour le groupe de filer maintenant.

- Tu arrives trop tard, Oppenheimer ! Il n'y a plus personne à arrêter ici.

- Enoch ?!

Le Magister avança dans la pièce, baissant légèrement son arme. Tout le monde reconnu enfin la silhouette de l'homme, sauf évidement Théo, Victoria et le père de Balthazar –manifestement- qui l'avaient identifié à la voix.

L'homme regarda alors tour à tour, chacune des personnes présentes. Et il poussa un grand soupir. Il avait dû rater une information.

- Qu'est-ce que tu fais là Enoch ? Donne-moi une bonne raison de ne pas t'embarquer ?

- Je protégeais mon héritier et je viens de débarrasser Lyoto du Pendulus. Je pense que s'est suffisant pour que tu oublies ma présence sur ses lieux.

Les dents du Magister crissèrent. Il détestait ces mafieux et leurs assurances de supériorité. Il garda son arme en main et avança plus franchement dans la pièce.

- J'ai reçu un mail visiblement indétectable et intraçable, il y a un quart d'heure. Une certaine Icy qui me disait que Victoria DeSilverberg venait d'être libéré de ses ravisseurs et elle me fournissait également le reste des codes pour ouvrir les autres cellules d'otages, ici même.

En ce moment, des membres de la brigade sont en train d'arrêter Milich et ses associés au poste central de la ville haute. J'en conclu que d'une manière ou d'une autre vous avez eu accès à des informations confidentielles, mais que vous avez sus caché vos traces. Rien ne vous retient donc ici. Je ferais en sorte d'oublier votre rencontre. Partez.

Mani, ramenez Théo et Victoria à la maison. N'oubliez pas, vous étiez avec moi lorsque nous sommes arrivées ici et je vous ai expressément demandé de la ramener en lieu sûr.

- Bien Monsieur.

L'homme de la justice commença à partir examiner les corps. Doucement le groupe sorti de son inertie et ils commencèrent à se retourner vers la porte. Balthazar ne bougea pas immédiatement. Il y avait un élément qui ne collait pas. Il ne comprenait pas pourquoi, mais il avait comme le sentiment d'oublier quelque chose d'important.

Il retourna son visage vers le corps de Manaril à quelques mètres de lui. Une balle dans la tête, et une balle dans le cœur, finalement, il ne l'avait pas loupé. Il avait juste tiré en même temps qu'Enoch, avec l'impossibilité de savoir véritablement qui avait tué la blonde.

- Balthazar, viens !

Relevant le regard, le dénommé dévisagea son père. Il était plus qu'évident, à son intonation, qu'il ne rentrerait pas avec les autres. L'épée de Damoclès venait de lâcher, il allait rejoindre les rangs des Diables comme le lui imposait son sang.

Il garda la tête droite, le visage dénué d'expression et avança pour rejoindre la sortie. Il n'était pas prêt, pas après tout ce qui venait de se passer, mais il ne voulait rien montrer de ses émotions à son père.

A l'intérieur, il était anéanti.

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