B-bonsoir...*se cache*
Bon, déjà, une chose, désolée, j'avais dit que je répondrai par MP aux commentaires, mais n'étant pas du touuuut de nature tête en l'air, je n'ai pas du touuuut oublié. *antiphrase*
Donc merci de vos commentaires, et promis, cette fois, je répondrai !
Autre chose, j'ai fini ce chapitre à la bourre. Maiiiis c'est la faute aux crêpes de la Chandeleur, j'ai pas pu écrire du tout hier T_T
J'ai donc écrit vendredi soir et aujourd'hui toute la journée. Vénérez-moi /shot
J'arrête mes bêtises. Bonne lecture, et warning : fluff !
Playlist (pas dans l'ordre xD) : The Ballad of Mona Lisa, Panic ! At The Disco
Va Fangool, Nephew
Don't Wanna Go Home, Jason Derulo (- cherchez l'intru :D)
Russians, Sting
Paniquée, Louise se laissa tomber au sol, rouge pivoine, attrapant rapidement une serviette, rampa jusqu'à la porte, se releva tant bien que mal et s'enroula dans le tissu éponge blanc, cherchant désespérément du regard ses deux amies – qui, hélas, n'étaient plus dans la chambre. Toujours en état de choc, elle décida de les chercher ; elle avait définitivement besoin de conseils. Elle ne savait pas comment réagir. Etait-ce vrai, était-ce une farce, devait-elle lui sauter au cou ou faire comme si de rien n'était pour l'instant ?
Elle ouvrit violemment la porte et dévala les escaliers, se maudissant alors qu'elle serrait la serviette contre elle pour ne pas s'être habillée avant. Elle ouvrit plusieurs portes à la volée, hirsute, tombant d'abord sur Angleterre qui commença à crier des insanités, ses joues clignotant comme des ampoules à la vue de sa tenue légère avant de lui fermer la porte au nez, puis sur Espagne qui avait eu un sourire qui n'annonçait rien de bon, l'incitant à déguerpir, puis elle s'était heurtée à Grèce, passif, qui l'avait attrapée par les épaules et avait lancé :
« …Toi aussi, tu as perdu ton chat ? »
Elle n'avait réussi qu'à bredouiller quelques mots sans queue ni tête avant de reprendre sa folle course pour trouver ses amies et leurs – plus ou moins – bons conseils.
Elle avait défoncé la porte de Norvège, Danemark et Islande, les deux premiers se lançant des regards tendus, l'air d'être prêts à sauter à la gorge de l'autre pour une raison inconnue, et le plus jeune se contentait de lâcher quelques ricanements tandis qu'il lisait un livre, affalé sur le lit.
Prusse, dans sa chambre et celle d'Allemagne, semblait en plein délire d'air guitar, ainsi elle préféra le laisser aux bons soins de l'autre blond désespéré qui lisait des revues canines.
Le cœur battant, les larmes aux yeux et les fesses gelées, elle se laissa glisser contre le mur du couloir, fatiguée, une drôle d'excitation montant peu à peu en elle.
Elle aimait Francis et Francis l'aimait.
Enfin, peut-être.
Mais sinon, pourquoi aurait-il écrit ces mots entre ses omoplates ?
Il était temps de faire preuve de courage…
Lentement, elle se releva, un sourire béat étirant bientôt ses lèvres. Elle toqua à la dernière porte qu'elle n'avait pas ouverte, mais n'attendit pas d'autorisation et pénétra dans la pièce.
Surpris, il la regardait, rosissant de la voir si peu couverte, et comprenant peu à peu ce qui l'amenait, il lui rendit son sourire.
Elle passa distraitement une main dans une des mèches blondes laissées libres de son catogan, et murmura :
« …C'est vrai ? »
Il hocha la tête, entourant sa taille de ses bras, et elle posa délicatement ses lèvres sur les siennes, timide, alors qu'un feu d'artifice de sensations explosait en elle, mais celle qui revenait le plus était sans doute le bonheur. Le bonheur pur d'être dans les bras de celui pour qui son cœur battait, et de savoir qu'il l'aimait en retour.
La tempête s'était calmée le lendemain, permettant aux Nations de rentrer à l'hôtel, certaines avec plus de soulagement que d'autres. Elin ne remettrait plus jamais ne serait-ce que le bout de l'orteil dans ce manoir, et elle savait que ses amies n'en pensaient pas moins. Les Régions avaient encore deux jours pleins devant elles avant de devoir à nouveau se séparer, et avaient donc décidé de faire un peu de tourisme – il ne fallait pas oublier malgré ce sombre entracte qu'elles se trouvaient à la Grosse Pomme, New York !
Féroé se sentait extrêmement fatiguée depuis les évènements surnaturels survenus la veille, et c'est avec une béatitude certaine qu'elle avait retrouvé ses affaires dans sa chambre d'hôtel – notamment Corben et Popode, elle se sentait presque invincible avec eux, récemment rejoints par quelques paquets de Daim et autres réglisses – et qu'elle avait tenté de dormir, tirant les rideaux pour bloquer la lumière du jour.
Evidemment, la veille, elle n'avait pas dormi, trop anxieuse. Malheureusement, bien qu'elle ait cette fois-ci trouvé le sommeil, des cauchemars grotesques s'acharnèrent sur elle et sa symbiose vint lui rappeler qu'elle n'était pas totalement achevée.
Excédée, et épuisée, elle donna un shoot rageur dans une chaise, réussissant à peine à la faire bouger mais parvenant à se faire mal. Elle jura fortement, et tomba tête la première dans les coussins. Elle resta ainsi à geindre sur son sort quelques instants, jusqu'à ce que la porte mitoyenne de sa chambre s'ouvre, se ferme et que peu après, une main se pose sur son épaule.
« …T'as mouru ?
- J'aurais préféré, grommela-t-elle en se retournant, lançant un regard noir à Danemark, ses cernes accentuant le geste.
- Toi non plus, tu n'as pas dormi, pas vrai ?
- Ça se voit pas ? Non mais parce que je pète la forme, là ! rétorqua-t-elle ironiquement.
- Hey, t'en prends pas à moi, je m'inquiète juste ! s'offusqua-t-il en fronçant les sourcils.
-…Je suis désolée…C'est que…Je sais pas, je suis à cran.
- C'est les nerfs, la fatigue et la peur que tu as eu, affirma Matthias en dégageant quelques mèches rousses du visage d'Elin en un geste affectueux. Repose-toi, je reste avec toi, si tu veux. J'ai bien besoin de tirer ma flemme, moi aussi… »
Elle rit doucement et hocha la tête. N'importe quelle proposition lui permettant de dormir était la bienvenue. Elle laissa un peu de place au blond qui s'allongea à ses côtés. Il eut un moment d'hésitation, puis désigna la couette sous laquelle Féroé s'était prestement lovée.
« …Je peux me mettre sous les draps, moi aussi ? J'ai froid…
- …D'accord. Mais enlève tes chaussettes…et garde ton jean, par contre », rosit-elle en détournant les yeux.
Il rit et ébouriffa ses cheveux, déclarant une fois de plus à quel point il la trouvait mignonne. Elle songea vaguement que la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés seuls, tous les deux, dans cette chambre, elle était en petite tenue et il s'apprêtait peut-être à l'embrasser. Rougissant follement à ce souvenir, elle repensa dans la foulée à ce qui s'était déroulé au sous-sol. Elle tenait vraiment à savoir lequel de lui ou Norvège l'avait gratifiée d'un baiser – bien qu'elle n'avait aucune idée de ce qui aurait pu motiver ce dernier, et supposait plutôt qu'il s'agissait de Danemark, bien que l'attitude discrète et presque honteuse de ce qui était considéré comme un secret ne lui correspondait que très peu…
Néanmoins, elle avait du mal à s'imaginer demander directement à Matthias s'il l'avait embrassée – et si c'était le cas, que ferait-elle ? Elle se sentait étrange depuis quelques temps – et sachant que les messages subliminaux n'étaient pas le fort du blond, elle décida de lui tirer les vers du nez tout en tournant autour du pot.
« …Matthias…
- Oui ?
- J'avais vraiment peur, au sous-sol. J'avais peur…que la chose tue Norvège, nous rattrape, voire qu'elle tue tout le monde, en réalité. Et même lorsque Lukas est revenu…Je…Je n'étais pas tranquille…En quelque sorte…Lorsque tu as rallumé la lumière…tu as… »
Elle s'arrêta, la gorge serrée, prise à son propre jeu. Elle ne simulait pas ; l'émotion était encore vive, et même si elle avait espéré pouvoir la dompter pour arriver à ses fins, lâcher tout ce qu'elle avait sur le cœur était extrêmement gênant.
« …Tu m'as soulagée, délassée d'un poids…Tu devais avoir peur, toi aussi, n'est-ce pas ? J'imagine que tu as dû chercher sans relâche pour tomber aussi vite sur le panneau d'alimentation... »
Elle ferma les yeux. La machine était lancée ; elle allait avoir sa réponse.
« J'étais pressé, et je dois t'avouer qu'il me tardait d'y voir à nouveau quelque chose, gloussa-t-il. C'était le seul objectif que j'avais en tête…Sauver tout le monde d'une mort par réfrigération !
- Tu…Tu n'as vraiment fait que ça ?
- Oui, pourquoi ? »
Il fronça les sourcils et se redressa sur les coudes.
« Il s'est passé autre chose ? »
Elle se mordit la lèvre inférieure et il se rallongea avec un rire un peu nerveux, ne remarquant pas le changement d'expression d'Elin.
"Seigneur…C'est…Lukas…Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il…Il…il m'aime ? Je…J'ai répondu au baiser…Mais alors…La tension entre les deux…C'est…à cause de moi ? Et moi, qui est-ce que je préfère ? Norge ou…"
« Danmark… » murmura-t-elle en fermant une ultime fois les yeux, les bras de ce dernier autour d'elle alors qu'elle sombrait dans un sommeil sans rêve.
« Prusse, je veux te donner un surnom. »
Assise en tailleur sur son lit, Keira regardait l'albinos s'acharner sur sa PSP, alors qu'un magazine était ouvert sur ses genoux.
« Là-dedans, ils disent que ça resserre les liens et développe une certaine complicité dans l'intimité.
- Et toi tu crois les âneries de ces bouquins ?
- J'expérimente avant de croire quoi que ce soit. Et puis regarde. Francis et Louise se donnent des petits surnoms neuneus depuis qu'ils sont ensemble, et c'est rare qu'Elin appelle l'un des Nordiques par leur nom de Nation voire leur prénom dans l'intimité. Tu n'es pas d'accord, Pruprusse ? »
Choqué, il reposa sa console et haussa un sourcil.
« Tu tiens à me rendre un-awesome aux yeux du monde entier ou quoi ? Bon, ça serait difficile à faire…Mais…On va pas tenter le diable, hein…
- J'aurais bien choisi Gil', mais c'est tellement basique. Bébert ?
- Nein. Trente fois non.
- Hmm…Prussinouchet ?
- Mais d'où tu sors toutes ces horreurs ?
- AH ! Je sais ! Poméranie !
-…Was. Tu te fous de ma gueule ?
- Ben, ça fait partie de la Prusse, la Poméranie…Enfin, faisait…
- N'enfonce pas le couteau dans la plaie, geignit-il.
- Et puis, les chiens sont cute là-bas !
- Oui mais c'est le nom d'une région, objecta-t-il. T'as qu'à m'appeler awesoman, je me reconnaîtrais.
- Ça pue encore plus que Bébert, comme surnom.
- Hé ! Moi, au moins, je ne lis pas des conneries dans un putain de magazine pour les mégères en mal d'amour !
- Tu sous-entends quoi, là ? fulmina celle aux yeux verts.
- Que tu te fais royalement chier et que tu t'en prends à moi pour passer le temps. »
Elle leva les yeux au ciel, boudeuse. Au départ, elle voulait juste passer un peu plus de temps avec lui et partager un bon moment…
"Mouais. Cela dit, il a pas tort. Je m'emmerde…"
Elle descendit du lit avec un sourire carnassier et l'attrapa par le col.
« …Ça te dirait de passer le temps de façon un peu plus agréable, alors ?~ »
Gilbert lui rendit son sourire, et Keira sut à cet instant qu'elle arriverait à ses fins.
Pendant ce temps, Louise, dans un état rêveur, et Elin réveillée de sa sieste avec Danemark par la première, se dirigeaient vers la chambre de Saxe pour l'inviter à la procrastination à leurs côtés – à savoir regarder la télévision, manger des sucreries et se moquer des émissions et du reste du monde entre copines – et, arrivées devant la porte, s'arrêtèrent en reconnaissant deux voix ; celle de Keira et celle de Gilbert.
« Ow ! Ahh ! Mais doucement ! Tu y vas trop fort !
- C'est pas ma faute, elle est coincée !
- Enlève-moi ça de suite ! Aïe ! Tu me fais mal ! G-Gilbert !
- Je suis désolé, Keira…mais c'est toi qui as insisté, hein…
- Bon, tire plus fort, qu'on en finisse ! »
Perplexes, la rouquine et celle au carré plongeant se fixaient sans un mot.
« Euuuuuuh ! lâcha Elin en pointant de son pouce la porte.
-…I-il se passe bien ce que je pense qu'il s'y passe ?
- Si nous pensons à la même chose, ouais…
- AÏE !
- Punaise, il est en train de lui faire mal, on doit intervenir, Lou !
- M-mais je ne tiens pas spécialement à voir Keira se faire…enfin…
- Se faire tirer ?
- O-ouais. Et p-puis, c'est leur vie priv…
- LÈVE TES SALES PATTES DE MA MEILLEURE AMIE ! »
Provence n'avait pas terminé sa phrase que Féroé, prise d'un élan héroïque, avait ouvert la porte sans autre préavis que son cri. Bien obligée de regarder la scène face à elle, elle éclata de rire en même temps que la féringienne.
Keira, toujours assise en tailleur et les cheveux moins ébouriffés qu'à l'ordinaire, était dos à Prusse, qui lui brandissait d'un air triomphant une brosse à cheveux où étaient accrochées quelques mèches brunes.
Etonnés de cette intervention soudaine, ils regardèrent les deux jeunes femmes hilares dans l'entrée, et l'albinos sembla se rendre compte le premier du quiproquo, rejoignant bientôt les deux autres Régions de son rire particulier, tandis que Saxe se frottait le crâne, souffrant encore du coup de brosse plus qu'énergétique du prussien.
« Kesesesese ! À quoi est-ce que vous pensiez ?
- Tu sais très bien à quoi on pensait ! Tu ne serais pas en train de rire, sinon !
- Oh non. Vous avez pas osé, les filles… comprit enfin la méchée en secouant la tête, un pouffement lui échappant.
- Tu cries pour tout, aussi, intervînt à son tour Louise. Et Prusse criait aussi, alors…Bref.
- Tu viens glander avec nous ? coupa Elin en remontant ses grosses lunettes en demi-lune.
- Attends, tu veux que je laisse ce boulet tout seul ?
- Ouaip.
-…Ça marche, j'arrive.
- Hey ! »
Et sans plus d'explication, les trois jeunes femmes l'abandonnèrent avec sa brosse, les cheveux qui y étaient accrochés, sa console et ses cinq mètres absolument inutiles. Il haussa les épaules, lança l'objet au loin et reprit sa partie là où il l'avait arrêtée.
Danemark arborait une expression plus que sérieuse qui jurait avec ses traits habituellement candides, tournant comme un lion en cage dans la chambre. Il n'était pas inquiet à propos d'Elin, non, elle lui avait laissé un mot, signalant son kidnapping - plus ou moins consenti – par son amie aux yeux noisette. Mais il avait trouvé son attitude un peu plus tôt étrange et était certain qu'elle ne lui avait pas tout dit. Il s'était passé quelque chose entre le moment où ils étaient rentrés dans la pièce et celui où il avait rallumé la lumière, et elle ne voulait pas lui en parler. Tout ce qu'il en savait, c'était que Norvège était forcément impliqué et que l'évènement avait fortement troublé sa protégée. Encore une fois, il se demanda pourquoi l'idée de la voir avec un autre le rendait tant jaloux, mais il se refusa à nouveau à regarder les choses en face, comme pour l'incident de la salle de bain. Il était en colère, voilà tout.
Remonté, il se dirigea vers la chambre du norvégien, mais n'y trouva personne. Perplexe, il sillonna le couloir, toquant à la porte d'Islande, d'Angleterre et même de Roumanie qu'il connaissait à peine, mais aucune trace de Lukas.
Le blond allait regagner sa chambre, bredouille et frustré de ne pas avoir pu soutirer des informations à celui à la barrette, avant de voir France collé à la porte de Louise, rougissant et l'air choqué. Bon, jusque-là, rien de très inquiétant, France était un stalker né – et puis, après tout, c'était la chambre de sa petite-amie, il avait tous les droits d'être là. Néanmoins intrigué, il s'approcha du blond, qui lui fit signe de garder le silence.
« Il se passe quelque chose de bizarre dans la chambre, mais je ne suis sûr de rien… expliqua-t-il en chuchotant. Écoute… »
À son tour, Matthias colla son oreille contre la porte et rosit.
« M-mais c'est quoi ces cris ?
- C'est ce que j'essaie de comprendre…
- Oh mon Dieu…Francis…Ne me dis pas qu'elles…
- J'en ai bien peur, soupira le français en hochant gravement la tête, essuyant ses yeux d'un revers de main dramatique.
- Elles se font un sandwich à trois ! paniqua Danemark. Un sandwich ! Mais elles sont trop jeunes, tu entends, et puis, tu sors à peine avec Louise, et c'est moooooi qui devais apprendre ces choses-là à Elin !
- Mais allez ! Tape plus fort ! intervînt la rouquine de l'autre côté.
- Nooon ! Je ne peux pas laisser faire ça ! Pas à Féroé ! geignit-il en cachant son visage dans ses mains.
- Et Provence est bien trop innocente ! ragea Francis. Keira doit les avoir entraînées là-dedans !
- Nous devons arrêter ce massacre ! »
Déterminé à effacer à jamais ces images obscènes de la féringienne de son esprit, Matthias ouvrit violemment la porte, imitant sans le savoir les gestes qu'avait fait un peu plus tôt la rouquine.
« Eliiiin ! Sauve ta petite fleur !
- P-pardon ? » s'étrangla cette dernière.
Assise sur le petit canapé aux côtés de Lou, Keira et étrangement, Norvège, elle serrait fermement la télécommande de la télévision dans sa main, pointant involontairement le match de tennis à l'écran.
« Ça explique les cris suspects, lâcha platement France.
- Ahh, Norge, qu'est-ce que tu fais là aussi ? C'est ignoble de profiter des jeunes femmes comme ça !
- De quoi est-ce que tu parles encore, pauvre couillon, soupira Lukas.
- C'est la journée des quiproquos, ricana la méchée en faisant un clin d'œil à Louise qui ne savait plus où se mettre en comprenant ce que les deux hommes avaient imaginé.
- Vous n'êtes qu'une bande de pervers ! ragea Féroé, ses lunettes de travers. Dehors ! Gros dégueulasses ! »
Matthias se gratta l'arrière du crâne.
« Je dois parler à Lukas…C'est urgent. Tu viens, mec ?
- Fais vite. Je veux voir la fin du match », grogna le norvégien en rejoignant l'autre nordique.
Ils quittèrent précipitamment la pièce – Francis n'avait même pas pu glisser un mot doux à sa dulcinée – sous les coussins transformés en obus par celle aux yeux gris.
"Elle vise bien", se rappela Matthias avec ironie en songeant à une scène semblable dans la salle de bain, deux jours plus tôt.
S'assombrissant dès que la porte de la chambre fut à nouveau fermée et que Francis eut quitté les lieux pour rejoindre Prusse et Espagne, le danois fronça les sourcils.
« Que s'est-il passé au sous-sol, chez Amérique ? gronda-t-il.
- Je ne vois pas de quoi…
- Ne me mens pas ! le coupa-t-il en haussant la voix.
-…Je me demandais bien combien de temps cela prendrait avant que tu viennes me voir pour ça, susurra le norvégien avec un très discret sourire narquois. Et bien si tu veux tout savoir… »
Norvège laissa quelques secondes de silence, se délectant de l'impatience et de la jalousie évidentes de son interlocuteur qui semblait prêt à en découdre si la réponse ne lui convenait pas – et Lukas savait à quel point ses prochains mots lui déplairaient, et il savourait d'avance cette douce vengeance. Il faisait cela pour lui montrer à quel point il avait souffert de voir Elin tendre les lèvres à Matthias cet autre jour, à quel point il souffrait de voir la complicité entre eux deux, et tous ces moments partagés où il n'était qu'au second plan aux yeux de la rouquine – il comptait bien tout faire basculer en sa faveur, et allait faire comprendre le véritable sens d'"à l'amour comme à la guerre" au danois.
« …Je l'ai embrassée. Et elle ne m'a pas repoussé… »
Danemark avait l'impression d'avoir pris un seau d'eau froide sur la tête. Bouillonnant, il serra les poings.
« Et ça t'amuse de me faire du mal avec ça, hein, petit con ?
- Tu n'imagines même pas à quel point.
- J'ai toujours trouvé amusant le côté amour-haine qu'avait notre relation…Mais tu vas trop loin, Lukas. »
Norvège haussa un sourcil. Son rival était anormalement calme. À une époque, il aurait déjà balancé ses poings dans sa figure, mais la colère qui émanait de lui était froide – mais tout aussi violente. Il commença à regretter sa manière de lui annoncer les choses ; il lui était impossible de faire machine arrière, à présent.
De l'autre côté de la porte, Elin rangeait tant bien que mal le bazar qu'elle avait mis dans la chambre de Provence en envoyant valser tous les coussins, se confondant en excuse. Elle remonta une énième fois ses lunettes et s'affala sur le lit une fois sa tâche achevée.
« …Quelque chose ne va pas, pas vrai ? lança soudainement Keira. Tu n'es pas aussi bavarde que d'habitude…
- Et tu es encore plus lunatique que lorsque tu avais tes règles, ajouta Louise en s'asseyant aux cotés de la féringienne. Tu sais que tu peux tout nous dire, pas vrai ?
- …Je n'ai pas envie de vous plomber le moral avec mes problèmes idiots, soupira Féroé en se tournant sur le côté.
- Tu sais, s'il s'agit de problèmes de cœur, ça nous intéresse encore plus, blagua doucement Lou.
- Ou des problèmes de cul, fit innocemment Keira avant de se manger un coussin. Ne me faîtes pas les gros yeux, c'est lié en général !
- Tu es totalement hors-sujet, pouffa la rousse. Comme d'habitude…C'est juste que…Tu t'entends trop bien avec Gil'…
- Bébert, corrigea celle aux yeux verts avec un rictus diabolique.
- Avec Bébert, reprit Elin avec un petit sourire qui se fana bien vite. Et toi, tu sors carrément avec l'élu de ton cœur…
- Qu'est-ce qu'il embrasse bien, commenta Provence d'un air rêveur. Et il sent toujours bon l'eau de Cologne…
- Je te parie cents balles qu'elle est passée à la casserole avant la fin du mois, rit Saxe en désignant la brunette qui rougissait follement.
- Pari tenu, gloussa la féringienne. En fait… »
Elle expliqua la situation de triangle amoureux dans laquelle elle se trouvait. Elle ne comprenait pas ce qui avait poussé Norvège à faire ça, lui qui se montrait toujours si distant envers elle – en même temps, il était distant avec tout le monde…
En y réfléchissant, elle voyait maintenant quelques petites attitudes qui auraient effectivement pu traduire son récent attachement, et les deux autres Régions lui avouèrent avoir remarqué un changement de comportement à son égard de la part du norvégien.
Et puis, il y avait Danemark, plein d'attentions pour elle depuis le début qui lui faisait un rentre-dedans évident depuis quelques temps – sans en arriver au niveau prussien – et qui la dévorait régulièrement du regard, qui la protégeait, la faisait rire et la faisait se sentir à l'aise, l'entourant de ses bras quand elle avait froid…
Elle geignit, bien plus affectée par cette histoire qu'elle ne l'aurait voulu. Auparavant, le bilan était clair ; elle était attirée par Matthias et ce dernier semblait ne pas rester indifférent au charme de celle aux yeux gris. Mais elle se sentait également étrange aux côtés de Norvège, et ce nouvel inconnu dans l'équation de ses sentiments lui compliquait encore plus la vie – Elin n'avait jamais trop apprécié les mathématiques.
Elle ne savait plus quoi faire, comment agir, qui aimer et qui mettre dans la friendzone…
Un immense chahut dans le couloir résonna alors, coupant court aux doléances de la rouquine, et d'un accord tacite, les trois jeunes femmes se précipitèrent à l'extérieur, armées chacune à leur manière : Keira avait saisi un tabouret, Louise un magazine et Elin avait fait apparaître le bon vieux truc vert.
Horrifiées de la scène se déroulant devant elles, Elin perdit rapidement ses moyens et se précipita sur les deux Nordiques qui se sautaient à la gorge. Keira indiqua à Louise de courir chercher de l'aide – elle restait là en renfort pour son amie qui lui faisait pour l'instant signe de rester en arrière. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, bien qu'elle eût sa petite idée sur la cause de la querelle, alors que les trois nordiques échangeaient insanités, menaces et mots paniqués en danois et norvégien.
Elin s'était tout de suite mise entre Norvège et Danemark ; le premier avait la joue tuméfiée et saignait légèrement de la bouche, et elle devina que les poings serrés de Matthias y étaient pour quelque chose. Fou de rage, il vociférait des insultes que Féroé aurait préféré ne pas comprendre, alors qu'elle essayait en vain de les calmer.
« Comment oses-tu encore me regarder en face ! Tu savais qu'elle me plaisait ! Pire, que j'avais des sentiments pour elle !
- Te prendre pour le Roi de la Scandinavie ne te laisse pas le monopole sur les femmes, cracha Lukas. Elle ne t'appartient pas, que je sache !
- S'il-vous-plaît, arrêtez ! cria-t-elle, tentant d'ignorer le fait qu'elle savait pertinemment qu'ils parlaient d'elle. La violence ne vous mènera à rien…
- Elin, reste en dehors de tout ça, siffla Danemark en la saisissant par le bras pour l'écarter. Ce connard et moi avons quelques comptes à régler.
- Je ne peux pas vous laisser vous entretuer pour des histoires pareilles ! fulmina-t-elle en reprenant sa place entre eux deux. Ne m'obligez pas à vous séparer de force.
- Avec quoi ? Ton bout de plastique ? commenta Norvège. Certaines choses te dépassent, Elin, alors va-t'en et laisse-moi exploser la face de ce débile congénital.
- Vous avez conscience que je ne vous laisserai pas faire, gronda-t-elle, sa voix étrangement basse. Arrêtez cette dispute idiote maintenant.
- Comme c'est ironique. Tu es la cause de la dispute et tu la qualifies d'idiote, ricana le danois. Maintenant, retourne faire mumuse avec Corben et tes copines et laisse-nous tranquille…
- Pauvre con ! »
La gifle fusa, bientôt suivie d'un sanglot rageur. Elle tambourina son torse de toute la force de ses poings, avant de se reculer et de tomber à genoux. Keira se précipita vers son amie pleurant entre deux phrases venimeuses en danois.
« Si tu crois que c'est drôle de savoir que vous vous déchirez à cause de moi ! Tu ne sais pas ce que ça fait d'être celle qui doit prendre une décision qui pourrait tout changer ! Pour quelqu'un qui aurait des sentiments pour moi, je vous trouve bien égoïstes, tous les deux !
- Elin, je… »
La gorge de Matthias était sèche. Il s'était comporté comme un idiot, encore une fois, sans penser que Féroé venait d'apprendre d'un seul coup que deux hommes avaient de sérieuses vues sur elle, et que forcément, lui balancer à la figure qu'elle était la cause de tous leurs malheurs n'était pas une très bonne idée pour gagner son cœur.
Il murmura des excuses que la féringienne entendit à peine mais prit tout de même en compte, lança un dernier regard noir à Norvège – qu'il finirait un autre jour, qu'il ne s'inquiète pas pour ça, ce con – et s'enferma dans sa propre chambre, croisant Louise et le Bad Touch Trio qui arrivaient à la rescousse de façon paniquée – mais hélas, après que le mal eût été fait.
Le lendemain, le petit groupe, toujours tendu mais faisant comme si rien ne s'était passé, se leva tôt pour faire leur journée de tourisme. Il neigeait encore sur la métropole, mais rien de très catastrophique ou qui viendrait contrecarrer leurs plans pour l'instant. Amérique tenait à leur servir de guide – il avait de plus une invention "absolument géniale", pour le citer, à leur montrer. Angleterre avait frissonné à l'évocation des talents d'inventeur de celui aux lunettes, et leur avait conseillé de se montrer prudents, avant de siroter son thé en silence.
Dans le salon de l'hôtel, et prêts pour leur expédition new-yorkaise, se trouvaient les trois Régions, Prusse, France, Danemark et Norvège, les deux derniers se fusillant du regard.
« On a vraiment fait une affaire en logeant sur Manhattan, constata Keira devant la carte dépliée devant elle. Y'a tout ce qu'on veut visiter.
- On va se faire piller le porte-monnaie, gémit Louise.
- Mais n'es-tu pas enthousiaste à l'idée d'enrichir ta culture générale et ton expérience personnelle avec ces visites ? déclara Elin, excitée, frémissant jusqu'au bout de ses lunettes.
- Alors, quel est le programme de la journée ? demanda France en s'asseyant aux côtés de Louise, déposant un petit baiser sur sa tempe.
- On fait le MET, l'Empire State Building et la Statue de la Liberté. C'est ce qui nous semblait le plus important – et puis, visiter New York en une journée… soupira Elin de façon nostalgique, regrettant d'avance tout ce qu'elle ne pourrait pas voir.
- S'il nous reste un peu de temps, on fera quelques emplettes. Hors de question que je quitte les Etats-Unis sans de vraies Vans, pouffa Keira. Et un beau sac Eastpak.
- Et sans jean Levi's, renchérit Louise.
- Et sans sous-vêtements Victoria's Secret.~
- T'es vraiment vicieuse… fit Saxe, sceptique en fixant la rouquine en plein délire.
- Oh ! Et peut-être une nouvelle paire de lunettes de chez Ray-Ban !
- Ça y est, constata celle aux yeux verts avec fatalisme tandis que Féroé passait en mode fangirl. On l'a perdue.
- Alfred ne devrait plus tarder », les informa Prusse en vérifiant l'heure sur son portable.
Aussitôt que son nom fut cité, Amérique débarqua en trombe dans la pièce, traînant un étrange objet derrière lui.
« Guuuuuys ! Regardez-moi ça ! Ma toute nouvelle invention !
- On s'en serait doutés, railla Prusse. Oh, et ravi de te voir, aussi.
- Mettez vos manteaux, récupérez vos affaires, on décolle !
- Littéralement ou au sens figuré ? Non mais parce que j'ai qu'une confiance très moyenne en ce type, murmura Elin à ses deux amies.
- Surtout depuis qu'on est allées chez lui, ajouta Louise avec un frisson.
- Contente-toi de mettre ton manteau. Au pire on l'explosera à coup de truc vert après, proposa sagement Keira.
- Je vous voyais délicates et comme des demoiselles à protéger, mais avec le recul, je me dis que la seule chose que je dois protéger de vous, c'est moi… déclara Matthias avec un rire nerveux.
- Vos menaces de tortures sont de plus en plus violentes, fréquentes et dangereusement inventives, acquiesça platement Norvège en rejoignant Amérique à l'extérieur.
- Voilà ! s'exclama ce dernier une fois que tous furent dehors. Un parapluie géant ! Tout le monde se met dessous, et il se tient comme un parapluie normal, sauf qu'il y a une anse par personne – à peu près. J'ai encore du mal à le fermer, mais au moins, on ne se perdra pas !
- On ne passera pas inaperçus non plus, soupira France en examinant avec dégoût les motifs de l'objet. Pourquoi des hot-dogs et des hamburgers, Amérique ? Attends, non. Je n'ai pas posé cette question. C'est évident. C'est de toi qu'on parle…
- Je trouve ça plutôt mignon, personnellement, sourit doucement Louise en serrant la main de son petit-ami dans la sienne. Ç'a presque un côté romantique ou bon enfant. J'aime bien…
- Eh bien, je n'ai d'autre choix que de me ranger du côté de cette gente dame, pouffa Francis en embrassant la gente dame en question, rougissante.
- Je sais pas si je suis jalouse ou si j'ai envie de vomir, commenta la méchée en levant les yeux au ciel.
- Un peu des deux », lui répondit celle aux lunettes.
Elle saisit l'un des six manches – Gilbert et Keira en partageaient un, ainsi que Louise et Francis – préférant se placer plutôt à l'arrière, et regarda d'un air éperdu Matthias et Lukas mener leur guerre silencieuse pour se placer le plus près possible d'elle. Elle leva les yeux au ciel, à la fois flattée et lassée.
"Ils nous font un mini-remake de la guerre froide ou bien ?..."
Au bout d'un quart d'heure de marche plus ou moins organisée – Alfred tenait à utiliser son invention coûte que coûte, plutôt que d'appeler tout de suite un taxi, d'autant plus qu'il en faudrait plusieurs pour tous les emmener – les choses commencèrent à se dégrader. Amérique marchait d'un pas trop enthousiaste, Provence et France ne regardait plus où ils allaient voire s'arrêtaient d'un coup pour se bécoter, Prusse et Saxe étaient dans leur délire – dans lequel Allemagne et les chiens étaient de mise, mais ils semblaient plus comploter contre West qu'autre chose – et Danemark et Norvège continuaient leur éternelle guéguerre, tandis que Féroé sentait ses mains se frigorifier sous les flocons qui tombaient trop fort à son goût alors qu'ils allaient rejoindre le MET.
« Je ne ferai plus jamais New York à pieds, grogna-t-elle en remontant ses lunettes qui glissaient de son nez.
- Je peux te porter si tu veux.~
- Tu me dis ça un peu trop souvent pour que ça reste anodin, Dan », pouffa-t-elle en se retournant vers lui.
Hélas, Amérique, dans son élan, glissa sur une plaque de verglas, entraînant le reste du groupe dans sa chute, en plein devant le musée. Il s'explosa lamentablement les fesses au sol, Francis se jeta littéralement sous Louise pour lui éviter la chute, Gilbert et Keira s'écartèrent juste à temps pour seulement trébucher et sauver le peu de dignité qu'il leur restait, Matthias et Lukas, voulant, à l'image de France, rattraper Elin, s'entrechoquèrent et tombèrent tête la première dans une flaque de neige fondue au bord de la route, laissant la pauvre rouquine seule, coincée sous le parapluie géant, se débattant vainement pour s'en débarrasser.
« …Je crois que j'ai encore quelques corrections à apporter à l'engin », sourit nerveusement Alfred sous les regards réprobateurs des Nations et Régions touristes.
À l'intérieur du musée, Elin n'avait eu de cesse de s'émerveiller.
« Ohhh ! L'enlèvement des Sabines, de Poussin ! Et ça, c'est Une jeune fille assoupie, de Vermeer ! Kyaaah, du Monet et du Renoir ! Ohhh, je ne partirai plus jamais d'ici !
-…Tu connais les collections par cœur, ou quoi ? soupira le danois.
- Elle a de la culture générale, nuance », le reprit le magicien.
Mais ses yeux s'étaient vraiment remplis d'étoiles lorsqu'elle aperçut la carte du ciel de Dürer.
« J'ai toujours beaucoup aimé l'astronomie, expliqua-t-elle joyeusement. Voir cette pièce en vrai est inespéré… »
Il avait fallu la traîner hors du MET pour passer à la suite des visites. Elle avait boudé tout le trajet en taxi jusqu'au monument suivant.
Keira avait aussi vu des étoiles en visitant la Statue de la Liberté, mais plus de douleur qu'autre chose.
« Faire autant de marches devrait être interdit…
- Et encore, ce n'est pas la Sagrada Família en Espagne, lui confia Alfred.
- Ehhh, Keke, j'ai acheté des couronnes ! »
Et ainsi, Prusse l'avait affublée de ce sobriquet qu'elle n'aimait pas et de cette couronne en carton qu'elle appréciait tout autant…
La journée était bien avancée lorsqu'ils atteignirent l'Empire State Building, après avoir pique-niqué à Central Park – décidément, loger à Manhattan était vraiment une très bonne idée et leur avait beaucoup facilité les choses, d'autant plus qu'Alfred avait insisté pour presque tout payer.
La majorité de leur groupe s'arrêta au 86e étage, à l'observatoire. Les prix étaient assez chers mais la vue sur Manhattan qu'il offrait rattrapait largement ce bémol. Seuls Louise et Francis voulurent admirer le coucher de soleil sous les flocons à l'observatoire du 102e étage, à savoir le dernier, ouvert par miracle ce jour-là, partageant leur petit moment d'intimité.
Redescendus, Prusse regarda une fois de plus l'heure sur son portable.
« Alors ?
- Alors quoi ? rétorqua-t-il à la saxonne.
- Oh, tu sais très bien ce que je te demande.
- Oui, nous avons le temps de faire du shopping.
- Ouiiiiii ! »
Sautillant jusqu'au taxi, Keira se tînt à ses plans, et c'est avec plein de sacs que les jeunes femmes regagnèrent l'hôtel.
« Tu vois, tu les as eu tes sous-vêtements, Elin, la taquina celle aux yeux verts.
- Je me demande pour qui ils sont, ajouta Lou avec un clin d'œil, faisant légèrement rougir la féringienne.
- Pour moi, murmura-t-elle. Et France a déteint sur toi…
- Bon, elle a eu sa paire de lunettes, aussi.
- Mes paires de lunettes, corrigea-t-elle, radieuse.
- Et moi j'ai mes chaussures, mon sac, et j'ai même une belle robe ! déclara fièrement Keira en brandissant ses sacs.
- C'est drôlement joli, les vêtements, ici. Et les marques sont moins chères qu'en France…
- Normal, c'est pas de l'exporté. On se fait pigeonner, en Europe, avec les marques américaines. Méchant, Alfred ! Méchant ! scanda la brune en fronçant les sourcils.
- Mouais, pas trop méchant non plus, c'est lui qui a payé tous les déplacements et la bouffe, je te rappelle, lui glissa narquoisement la provençale.
- Gentil, Alfred ! Gentil ! »
Elles éclatèrent de rire, rapidement rejointes par le reste du groupe. Leur bonne humeur était contagieuse.
Norvège prit discrètement Elin à part du groupe, tous deux disparaissant sans que personne ne les remarque – dans l'immédiat, en tout cas.
Assis dans un coin sombre du salon, Lukas réunit tout son courage face à la jeune femme posée à côté de lui.
« …Si tu veux bien continuer à faire du tourisme, j'aimerai que tu viennes passer quelques jours chez moi, dit-il très rapidement, presque intimidé. Juste toi…et moi.
-…D'accord.
- Je comprendrais très bien que tu ne veuilles pas, après tout, Matthias risque de ne pas être content de ne pas être invité, et tu as l'air de tenir à lui, reprit-il posément, fidèle à lui-même.
- Norge, j'ai dit oui, pouffa-t-elle, mais le norvégien était parti dans sa lancée.
- J'en profiterai pour te donner quelques cours de magie. Tu m'as montré avant-hier que tu n'en avais pas tant besoin, mais…ça fait un moment qu'on ne s'est pas entraînés ensemble…
- Bien sûr. Ça me manque aussi, à vrai dire…
- Et j'aimerai vraiment que tu voies les fjords. C'est d'une beauté calme et apaisante, et j'ai l'impression de revenir aux temps Viking chaque fois que je les regarde…On pourra parler de mythologie, aussi, il y a tant de choses que j'aimerai t'apprendre. Si tu aimes le métal, on pourra en écouter aussi, est-ce que tu as déjà entendu parler de Mayhem et… »
Elle posa son index sur ses lèvres, un doux sourire lui faisant presque trois fois le tour du visage alors que le norvégien rougissait très légèrement. Elin gloussa à nouveau lorsqu'elle remarqua que la mèche flottant sur le côté de son crâne prenait de plus en plus distinctement la forme d'un cœur.
« C'est fou ce que tu peux parler lorsque tu as une idée en tête, constata-t-elle en faisant glisser son doigt dans ses cheveux blonds, entortillant une courte mèche autour de son index distraitement. Enfin, pas que je n'aime pas entendre ta voix, au contraire… »
La respiration du jeune homme s'accéléra. Avait-elle conscience de l'effet qu'elle avait sur lui ? Il avait l'impression que son cœur allait bondir hors de son torse et que des papillons se multipliaient dans son estomac. N'étaient-ce pas là des émotions réservées aux jeunes filles en fleur ? Où était donc passée sa virilité ?
"Je crois qu'elle a été aspirée dans ces prunelles grises. C'est Freyja qui l'envoie", songea-t-il mélancoliquement.
« Je t'ai dit que je viendrais avec plaisir. Tes dates sont mes dates, donc appelle-moi, d'accord ? »
Il hocha lentement la tête, soulagé qu'elle ait accepté – il aurait très mal vécu un refus – en vérifiant mentalement qu'il avait bien son numéro ; au pire, il serait toujours à même de lui redemander dans la soirée.
« Bonne nuit, Lukas », souffla-t-elle en déposant un timide baiser au coin de ses lèvres.
Elle s'éloigna ensuite, laissant le pauvre norvégien dans un état second, sûr d'au moins une chose : il était amoureux d'Elin.
MOUAHAHAHAHAHA LES GARÇONS JALOUX, C'EST LE BIEN ! 8D
Je crois qu'Elin n'arrive pas non plus à choisir entre la team Norge et la team Danmark, vos avis sur ses décisions futures ?
(j'aime bien vous voir spéculer sur ce que moi je sais déjà. Muahahaha. J'ai vraiment un côté SM, en fait...)
SONDAGE POPULARITE PERSONNAGES PROFIL A MOIIIIII ACH ACH ACH *mode allemand enragé : ON*
*sent qu'elle va se faire lapider pour ce cliché de merde, ne regrette rien, aime bien les chleuhs, au fond*
*très profond*
:okjesorsloiiiiin:
Donc ma petite Louise est casée. Rahlalala. *écrase une larme d'émotion* Attendez-vous à un dégoulinement de guimauve avec ces deux-là, et des situations plus que cocasses...Je sens que je vais m'amuser !
J'ai maaaaal au dos, j'ai passé la journée à écrire, et ça se ressent je crois xD
M'enfin, demain je vais pas au collège. Ni le reste de la semaine, d'ailleurs. Je pars en stage, c'est mieux. XD
Non mais sérieux, je bosse moins que quand j'ai cours. 0_0
9h-14h, lundi, mardi, jeudi, vendredi. J'ai encapé le bon truc je crois, 22h/semaine contre 33h d'ordinaire. FUCK YEAH \m/
Merci de vos commentaires qui me font tant plaisir et que je relis sans cesse entre deux devoirs à rendre et un nom imprononçable de la mythologie nordique~
KissU !
Kikki-Chan~
