Hello tout le monde !
Me revoilà avec la suite de USE ! Dans ce chapitre, c'est un moment de détente, le dernier avant la grande bataille (je crois, j'ai paumé mon plan d'intrigue), qui n'est toujours pas pour le prochain chapitre, parce que je me rallonge à chaque fois parce que j'ai des idées et qu'il faut absolument que je les mette avant la conclusion, notamment celle que vous découvrirez à la fin. M'enfin bon, ça viendra de toute façon, vous vous en doutez. X)
Je n'ai pas pu faire relire ce chapitre par ma famille cette fois-ci, donc j'ai relu moi même, et j'ai fait de mon mieux, mais signalez-moi si il y a des fautes vraiment trop flagrantes qui vous dérangent et que j'aurais raté. Je suis actuellement en avance sur mes chapitres (là où j'en suis je vous concocte le début de la grande bataille) et c'est juste de la relecture pour corriger, mais je préfère garder mon rythme parce que j'ai eu quelques imprévus. Je suis chez mes grands-parents, donc j'ai emporté mon ordi pour écrire, mais j'ai oublié le brouillon au papier, donc je suis bloquée là où je me suis arrêtée... T-T misère de moi.
Je me suis dit au début de cette fanfic que si j'atteignais les dix chapitres, je ferais un bon gros bilan sur les retours (certains feraient la fête...pas moi). Ce jour est arrivé, et finalement...Bah c'est génial ! *w* Jamais je n'aurais pensé qu'avoir des retours me ferait autant plaisir. On ne peut pas vraiment dire que j'ai passé 4 mois (Déjà?!) sur un petit nuage. J'ai eu beaucoup de stress à me demander comment les lecteurs (vous!) réagiraient, si ils allaient aimé, si je saurais m'améliorer, si à un moment j'allais perdre l'inspiration ou l'envie d'écrire sur cette histoire, l'angoisse de la page blanche, tout ça, tout ça...
Mais j'ai découvert qu'à chaque fois que je recevais une review de votre part, que je voyais que le nombre de vues avait augmenté, que quelqu'un ajoutait mon histoire en favoris, c'était une émotion fabuleuse. Il y a des gens qui aiment ce que je fais, qui me le font savoir, et c'est vraiment un immense bonheur pour moi. Peut-être que ce paragraphe est trop long, que vous vous en fichez complètement, mais je voulais vous faire savoir à quel point vous avez enrichi mon univers, rien qu'en lisant ces quelques lignes. Je vous remercie infiniment, parce qu'à chaque fois je prends plus de plaisir à écrire et à vous faire plaisir. Vous êtes géniaux, et je voulais le dire.
Voilà, maintenant je vais pleurer, mais c'est pas grave...
Enfin bref ! mes fabulations et autres mésaventures, aussi passionnantes soient-elles, ne seront jamais aussi palpitantes que celles de nos héros (c'est bien pour ça qu'on les aime), donc je vous laisse en leur compagnie !
Sans faire l'impasse sur la disclaimer, ou quelque chose de terrible pourrait bien m'en vouloir (c'est vrai, ça ! Qu'est ce qu'ils nous font quand on oublie la disclaimer ? Et qui ? Pourquoi ? Est ce qu'on disparaît, comme ça, POUF ?! O_O) : les personnages de HTTYD, ROTG, Brave et Tangled ne m'appartienne pas, parce que je suis pas assez folle pour vérifier ma théorie énoncée entre parenthèses (c'est vachement pratique, les parenthèses...).
(Bonjour, c'était le commentaire de début de chapitre le plus long que j'ai jamais fait, c'est à dire presque une page entière, et que dire de plus?XD)
Sur ce : Bonne Lecture !
***(*)***
Un grand repas fut organisé pour fêter leur retour et le fait que cette fois, il n'y avait presque pas eu de morts. Les quatre jeunes vikings assistèrent à l'éloge funèbre, et comprirent davantage l'urgence de défaire Pitch. Ils furent émus en apprenant qu'on avait fait la même chose pour eux, qu'on les avaient placés au même rang que les guerriers les plus courageux. Heureusement, le festin était là pour détendre l'atmosphère. Les quatre Beurkiens découvrirent les talents festifs de leurs hôtes. Avant de manger, ils étaient partis chercher leur dragons. L'approche avait été craintive, mais chacun s'était désormais bien habitué. Les dragons s'étaient mêlés aux humains et on leur avait apporté la nourriture appropriée. Les quatre dragonniers s'était installés ensemble à une table et surveillaient d'un œil distrait tout en discutant. Certains vikings faisait quelques spectacles, par exemple en prouvant leur adresse par des jongleries. Tout était organisé pour conserver sa bonne humeur, quoi qu'il en coûte.
-Il leur faut bien ça, avec tout ce qu'ils doivent vivre au quotidien, dit Harold.
-Tooth m'a dit que le soir, ils dansaient parfois, dit Raiponce. Ça doit être amusant.
-Bof, fit Mérida. La danse, c'est pas trop mon truc.
-Peur d'écraser les pieds de tes partenaires, Méri? se moqua Jack en buvant.
-Si c'est toi, je n'aurai aucun scrupule.» sourit-elle.
S'ensuivit une bataille d'écrasage de pieds sous la table, et Harold et Raiponce prirent soin de mettre les leurs en sécurité.
-Vous êtes vraiment des gamins, marmonna Harold. On peut même pas manger tranquille!
-Tu survivras! assura Jack. Aïe! T'es obligée d'y aller si fort?
-Toujours, avec toi! Sinon c'est pas marrant.
-Tu vas voir si ça va être marrant , quand je t'aurais mis la main dessus! Enfin, le pieds.»
Agacée, Raiponce ressortit sa poêle à frire et les frappa très fort sur le crâne. Ils se protégèrent comme ils purent et cessèrent de se battre.
-Vous êtes fatigants tous les deux! Toujours à vous mesurer l'un à l'autre. Quand comprendrez-vous que vous êtes aussi fort l'un que l'autre?
-Un jour, proposa Harold, il faudra qu'on fasse l'expérience de les séparer un jour entier. Je me demande si ils tomberont en dépression ou si ils seront encore plus infernaux.»
Jack et Mérida échangèrent un regard terrifié et se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.
-Naaan! Je veux continuer à frapper ma furie préférée tous les jours! pleurnicha Jack pour de faux.
-Je pourrai pas supporter de manquer une seule occasion pour te remettre à ta place! gémit Mérida.
-C'est pas possible... soupira Raiponce en se frappent le front du plat de la main pendant qu'ils pleuraient en faisant le plus de bruit possible.
-Attends une minute, fit Jack en s'écartant, soudain méfiant. Comment ça, me remettre à ma place? Je suis très bien là où je suis. De quoi tu te mêles?
-Il faut bien qu'on contienne ton ego d'une façon ou d'une autre. Et d'où tu veux me frapper tous les jours? C'est stupide, tu prends plus de coups que moi.
-Ça va les chevilles? Ce me semble que les victoires ça donne moitié moitié, donc t'es priée de pas oublier ma part.
-Et c'est reparti... soupira Harold. Qu'est ce que j'aimerais qu'Astrid soit là pour les assommer tous les deux.
-De toute façon, à chaque fois t'as eu de la chance, dit Mérida avec mauvaise foi. Ça compte pas comme des victoires, pour moi!
-De la chance! s'étrangla Jack. C'est parce que t'es trop bigleuse pour voir que tout est calculé!
-Qui c'est qui as les chevilles qui enfle, maintenant!?»
Raiponce et Harold se bouchèrent les oreilles pendant que les deux bagarreurs haussaient le ton. Ce qu'ils étaient bruyants! Heureusement qu'ils avaient laissés leurs armes ailleurs. Quelques vikings des plus proches se retournèrent. En voyant que cela concernait les deux jeunes gens aux cheveux improbables, ils ne se posèrent pas plus de questions, pour le plus grand soulagement de Harold et Raiponce.
-Ils se disputent presque plus fort que Bunny et Nord.» fit une petite voix.
Raiponce et Harold découvrirent une petite fille qui s'était assise à leur table. Elle regardait Jack et Mérida avec fascination, le menton dans la paume de la main.
-Comment ça? interrogea Raiponce.
-Tooth dit que Bunny et Nord se disputent parce qu'ils s'aiment bien mais ils n'ont pas envie de le dire. Vous croyez que c'est pareil pour eux?
-Euh... peut-être, dit Harold, qui n'avait jamais considéré la question de cette façon. En fait, c'est même très probable.» ajouta-t-il en souriant.
Il détailla la petite et la reconnut comme étant parmi les enfants s'étant le plus enthousiasmés devant Krokmou. Elle avait des cheveux bruns qui lui arrivaient aux épaules, et portait un gilet à capuche extrêmement coloré, comme l'arc-en-ciel. Elle ne devait pas avoir au-dessus de 10 ans, et sûrement moins que ça. À ce moment, Jack et Mérida, lassés de se disputer, revinrent à table.
-C'est bon, vous avez fini de vous battre? demanda Raiponce.
-Nan, nia Mérida. Mais on a passé une trêve. Courte, te fais pas de fausse joie.
-Oh mais je ne m'en faisais pas. Je me doute que ça va vite recommencer, assura Raiponce en soupirant.
-Euh... Bonjour?»
Jack venait de s'adresser à la petite fille à côté de lui. Elle s'était installée à genoux sur le banc et le fixait avec intensité, le mettant un peu mal à l'aise. En fait, elle fixait plus précisément ses dents.
-Waah! T'as les dents toutes blanches! Comment tu fais? Tooth avait raison quand elle disait que tes dents scintillaient comme de la neige de printemps qui vient juste de tomber!»
Elle semblait réellement émerveillée. Jack appela ses amis au secours d'un regard. Mérida se retint d'éclater de rire et se cacha derrière son bras pour rigoler.
-Oui, euh, bon. dit Jack. C'est bien gentil, p'tite Quenotte, mais là t'es un peu près, tu crois pas?
-Oh, pardon.»
Elle se rassit correctement mais continua à fixer Jack avec admiration, un grand sourire aux lèvres. Le jeune homme, se sentant décidément mal à l'aise, soupira profondément. Puis Tooth apparut derrière eux.
-Ah, tu es là! dit-elle à la petite fille. Viens, il ne manque plus que toi!
-J'arrive!
-Plus qu'elle pour quoi? demanda Raiponce, curieuse.
-J'ai dégagé un morceau de mur, les enfants voulaient faire de la peinture.
-De la peinture? s'étonna Jack. Il y en a, par ici?
-Oui. C'est Bunny qui la fabrique lui-même.
-Ce lapin fabrique de la peinture? rigola l'albinos. J'aimerais bien voir ça, tiens!»
(*)
Ils se levèrent de table et suivirent la ribambelle d'enfants jusqu'à une grande salle aux murs nus, suivis par leurs dragons. Le guerrier tatoué distribuait des pots de différentes couleurs avec des pinceaux à chaque enfant.
-J'en veux un, s'il te plaît!» s'écria Quenotte.
Bunny lui en tendit un en souriant. Raiponce demanda avec enthousiasme si elle pouvait participer et Tooth lui assura qu'il n'y avait aucun problème. Entraînés, les trois autres participèrent à leur tour. Raiponce dessina des soleils et des motifs de toute beauté, que les enfants tentaient d'imiter avec application. Harold peignit des dragons, et chaque gamin lui demandait l'histoire de tel ou tel saurien, et il s'empressait de raconter. Mérida représenta des ours, car c'était tout ce qu'elle savait dessiner.
-Des ours? s'étonna Jack en souriant. Il y en a plein. Tu ne sais faire que ça?
-Un problème avec ça? demanda Mérida, sur la défensive.
-Mais pourquoi des ours? insista-t-il.
-J'ai toujours été fascinée par ces bestioles, répondit Mérida, de la peinture brune sur les mains et les joues. Les ours sont si forts, et ils protègent leur famille avec une telle hargne. Je les trouvent très courageux.
-Je vois. Tu sais, dit-il comme si l'idée lui traversait tout juste l'esprit, d'une certaine façon, tu ressemble à un ours.
-Ah oui? s'étonna Mérida.
-Absolument. Tu es bourrin, toujours de mauvaise humeur, mal léchée... Hey!»
Il esquiva habilement le pinceau qu'elle venait de lui jeter à la figure.
-Va fondre, l'engelure!»
Jack leva les yeux au ciel avec le sourire alors qu'elle reprenait son travail. Il prit à son tour un pot de peinture et un pinceau. Cherchant un endroit libre, il repéra la petite Quenotte qui dessinait dans un coin en tirant la langue tant elle était concentrée. Amusé, il la rejoignit. S'asseyant en tailleur à côté d'elle, il trempa son pinceau dans la peinture bleu glacé.
-Qu'est ce que tu dessines? demanda-t-il.
-Des fées!» fit la petite.
Jack détailla les images et distingua effectivement ce qu'elle voulait représenter. Ses fées avaient un long nez pointu, une petite traîne plume et une crête colorée.
-Qu'est ce qu'elles tiennent dans leurs mains? dit-il en essayant d'identifier le petit objet blanc.
-Ce sont des dents! répondit la petite. Moi je fais les mini-fées, mais Tooth sait super bien dessiner la reine des fées. C'est la fée des dents!
-Oh, je comprends.
-Et toi, qu'est ce que tu vas dessiner?»
Jack fixa le mur vide avec intensité, songeur. Puis il apposa son pinceau sur la pierre et commença à tracer des figures géométriques extrêmement complexes.
-Ce sont des flocons? s'étonna Quenotte. Ils sont beaux!
-Et surtout, ils sont tous différents.
-Waah! Qu'est ce que tu sais faire d'autre?
-Eh bien, en fait... je ne sais faire que ça. Je n'ai jamais appris à dessiner autre chose, expliqua-t-il, embarrassé.
-Et ça se moque de moi parce que je ne sais faire que des ours?»
Jack sursauta en poussant un cri de surprise. Mérida était arrivée par derrière et contemplait les flocons avec curiosité. Elle lui jeta un coup d'œil accompagné d'un rictus moqueur alors qu'il reprenait contenance, la main sur le cœur et le souffle court.
-Débarque pas comme ça, enfin! protesta-t-il. Tu m'as fichu les jetons!
-Encore un peu de progrès et je réussirais à te tuer d'une crise cardiaque! se félicita-t-elle. C'est vrai qu'ils sont tous différents, tiens.
-Mais combien de morts tu as déjà essayer de me faire subir, espèce de grande folle? se plaignit-il en la pointant de son pinceau.
-On en as déjà parlé, de ça, Frosty, dit-elle en redirigeant le pinceau vers le mur. Et fais gaffe avec cet outil, tu pourrais te blesser.
-Et en quel honneur, je te prie? C'est un pinceau, dit-il avec un regard appuyé.
-Oh, je suis sûre que tu serais capable te le planter dans l'œil d'une façon ou d'une autre.
-Tu as vraiment une bien piètre estime de moi, pas vrai? soupira-t-il en reprenant son dessin.
-Ça alors! fit Mérida, faussement effarée. Bébé Frost déprime! Il faut tout de suite lui redonner le sourire!»
Elle tourna le visage de Jack vers elle et essaya de lui faire ouvrir la bouche pour former un sourire.
-Aïe! protesta-t-il. Ha fait hal! Arrête!
-Mais non, pas comme ça, voyons!»
Quenotte venait d'intervenir après les avoir regarder se disputer en pouffant. Avec le plus grand sérieux du monde, elle glissa ses doigts dans la bouche de Jack et l'écartela fermement.
-Comme ça, tu vois?» dit-elle à Mérida.
La jeune rousse relâcha sa prise pour éclater de rire à loisir. Hilare, elle regardait Jack tenter de se libérer de Quenotte en marmonnant des paroles incompréhensibles.
-Hon, cha suffit 'aintenant!»
Il prit Quenotte par les poignets et la força à lâcher prise. Il prit soin de l'écarter de lui avant de la relâcher pendant que Mérida se roulait par terre.
-On met pas les doigts dans la bouche des gens après avoir fait de la peinture! ordonna-t-il en se frottant les joues. Et toi, arrête de ricaner bêtement. T'as l'air fine avec tes cheveux dans tous les sens...
-Et toi...hou! Hou!hou!... Alors? J'ai... j'ai jamais vu des cheveux aussi ébouriffés. Ha! Ha! Ha!
-Hin, hin. ricana Jack avec un air sinistre. Je te retiens à essayer de me faire sourire, tu m'as défoncer la bouche!
-Je suis sûre que tu t'en remettras, assura-t-elle en reprenant son souffle pendant que Quenotte riait aux éclats. Après tout, tu es l'inimitable dessinateur de Flocon!»
Elle s'apprêtait à lui donner une grande claque dans le dos, comme à son habitude. Alors qu'elle levait le bras, Jack se crispa pour absorber le choc. À la place de la claque à laquelle il s'attendait, il reçut une légère tape sur le crâne. Il se retourna, étonné.
-Allez, je t'épargne pour aujourd'hui, dit Mérida, magnanime. Joyeux flocons!»
Elle s'éloigna alors que Jack marmonnait. Quenotte ria.
-Qu'est ce qu'il y a de si drôle? demanda Jack à la petite.
-Vous vous entendez vraiment bien tous les deux! constata-t-elle.
-Il faut croire, soupira-t-il d'un air fataliste. Avec le temps qu'on passe à se crier dessus, c'est étonnant.»
(*)
Le brouhaha général augmenta d'un cran et il se retournèrent. Bunny et Raiponce était en train de peindre les visages des enfants avec de la peinture. Quenotte, aussitôt charmée par l'idée, vint faire la queue à son tour.
-Ça a l'air génial! s'enthousiasma-t-elle lorsqu'elle arriva en face de Raiponce. Tu peux me faire une dent sur la joue droite et une pièce sur la joue gauche, s'il te plaît?
-En voilà une qui sait ce qu'elle veut! s'amusa Raiponce. Je vais te faire ça.»
Jack rejoignit Harold qui achevait de dessiner Angus.
-La passion pour les dents de cette petite me ferait presque flipper, dit-il en s'asseyant dos à une partie vide du mur.
-Tu aurais dû voir quand elle a aperçu Krokmou, sourit Harold. On aurait dit qu'elle voulait se faire avaler tant elle s'est approchée de sa bouche!
-Oh, je crois que j'imagine très bien.»
Il y eut un bref flottement, puis Jack demanda:
-Quelle heure crois-tu qu'il est?
-Deux ou trois heures de l'après-midi, je dirais.
-Mouais. Je me demande si il ne serait pas temps qu'on aille chercher Stoïck et compagnie. Ils ne doivent pas être si loin, tu crois?
-Tu as raison, dit Harold après avoir réfléchit un moment. Ils doivent bientôt être arrivés à la passe.»
Il poussa un soupir et reposa son pinceau, interrompant son dessin.
-Tu ne le finis pas? s'étonna Jack.
-Ça me donne une raison de revenir, tu ne crois pas? dit Harold avec un sourire.
-Oui, c'est juste.» confirma pensivement Jack.
Ils échangèrent un sourire entendu et se levèrent. Ils prévinrent Mérida et Raiponce de leur départ, celles-ci leur conseillant d'être prudents.
-Faites attention! ordonna Raiponce. On ne sait jamais si vous pourriez tomber sur les hommes de Pitch.»
Jack partit prévenir Nord, et Mérida en profita pour prendre Harold à part, histoire de régler quelques détails. Les deux dragonniers enfourchèrent ensuite leurs dragons et décollèrent en direction du passage caché, pendant que les deux jeunes filles restaient avec les résistants. Bunny fut appelé à la salle d'entraînement pour entraîner des adolescents désireux de faire leurs preuves, laissant les enfants à Mérida et Raiponce. Une fois qu'ils eurent tous eu leur peinture sur le visage, ils découvrirent que le peinture était quelque chose de très fatigant, surtout à leur âge. La plupart, assez épuisés, décidèrent de retourner dans les parties de la grande caverne réservée à leur famille.
-On fait quoi, nous, maintenant, avec tout ce bazar? demanda Mérida.
-On n'a qu'à ranger, dit Raiponce. On nettoie un peu tout ça. Au fait, je vais demander à Tooth si elle n'as pas des cartes vierges. J'ai envie de tracer la carte de la vallée des dragons.
-Pas bête, ça! convint Mérida.
-Tu peux garder Maximus? Pas que j'ai peur que tu fasse le bazar, mon grand, assura-t-elle en le voyant se renfrogner. Mais si les enfants reviennent, il ne faut pas que tu les effraies, même s'ils t'énerves, d'accord?
-Ne t'inquiètes pas, je m'en occupe.»
Raiponce quitta la pièce à la recherche de la petite femme, en laissant la rouquine gérer les enfants restants et les dragons. Elle commença à ranger, aidée de Maximus. Angus fit mine de l'aider, mais elle le frappa sur le museau.
-Pas toi, Angus! La dernière fois que tu as essayé de m'aider, la maison était pire qu'avant.»
Le dragon partit bouder dans un coin, vexé, faisant rire la petite Quenotte.
Raiponce erra quelques temps dans le camp, demandant sur son chemin où se trouvait la résistante à ceux qu'elle croisait. Ses pas la guidèrent jusque dans la grande salle, où il n'y avait plus grand monde. Juste au moment où elle allait quitter la pièce, la porte s'ouvrit avec fracas, la faisant sursauter. Elle fit volte-face et découvrit Flynn, essoufflé. Il fouilla la salle du regard et se figea quand ses yeux tombèrent sur la blonde. Raiponce, intriguée d'une telle réaction, s'approcha du voleur.
-Flynn? Tout va bien?»
Le viking sembla reprendre ses esprit et secoua la tête, comme pour se reconcentrer. Sans prévenir, un grand sourire illumina son visage. Il la prit par la main et l'attira contre lui.
-Tu es vivante!» murmura-t-il, une vague de soulagement perçant à travers sa voix.
Raiponce comprit alors que le voleur s'était terriblement inquiété pour les quatre dragonniers. Se voulant rassurante, elle passa ses bras dans le dos de Flynn et le frictionna gentiment.
-Oui, nous sommes de retour.» confirma-t-elle en souriant.
Flynn l'écarta brusquement, la rendant confuse. Son visage avait une teinte plus rouge et il semblait troublé. Il se passa précipitamment une main dans les cheveux.
-Oui, bon, euh... où sont les autres? Non, d'abord...Comment? Comment tu... comment vous vous en êtes sortis? Vous auriez dû...Attends! Tu es blessée quelque part?»
Il la prit par les épaules et la scanna du regard. La jeune fille éclata de rire. L'empressement inquiet du voleur à son sujet lui faisait étrangement plaisir.
-Mais oui, je vais bien. Tout le monde est de retour. En fait, nous faisions de la peinture il y a quelques minutes, tout est rentré dans l'ordre. Là, je cherche Tooth.»
Flynn sourit doucement et hocha la tête. Tout allait bien. Aucun d'entre eux n'était mort, tout allait bien. Il ne pouvait mettre des mots sur l'immense soulagement qui l'avait envahi quand Jamie lui avait annoncé que les dragonniers étaient vivants. Raiponce et tous les autres étaient vivants, et il avait aussitôt voulu vérifier par lui-même. Il avait failli donner des soupçons à Pitch, mais il n'en avait que faire.
-Ça tombe bien, dit-il. Je dois faire mon rapport à Tooth. Tu me racontes en chemin?»
Raiponce hocha joyeusement la tête et ils partirent à la recherche de la viking, discutant sur le chemin des aventures des dragonniers.
(*)
Jack guidait Harold et Krokmou, un air déterminé sur le visage. Toundra répondait à la moindre de ses sollicitations avec rapidité. Elle sentait la tension qui occupait son cavalier. Ils avaient avancé pendant longtemps, empruntant des détours et des raccourcis pour esquiver les vikings ennemis. Au bout d'un moment, Jack ralentit. Un dernier virage et ils découvrirent une petite caverne, dont la seule autre issue était un passage au-dessus de l'eau qui traversait la barrière de glace par en-dessous. Ils se posèrent au bord, dans la neige.
-Lorsque tu verras un grand rocher en face de toi, indiqua Jack, il te suffira de chercher un accès par la droite. Il y aura encore une petite route en zigzag et tu déboucheras au sud de la faille que nous avons empruntée pour venir.
-Entendu, dit Harold en hochant la tête. J'espère arriver au bon moment.»
Il s'apprêtait à redécoller quand Jack l'arrêta.
-Harold... hésita-t-il, la tête basse.
-Oui?
-Merci. Merci de m'avoir fait confiance, alors que j'étais le mouchard de Pitch, tout ça...J'y repense souvent, ces derniers temps, et...
-Tu sais, je ne crois pas être la personne que tu dois principalement remercier, Jack.»
Jack redressa la tête, intrigué, et rencontra le regard amusé du dragonnier.
-À mon avis, c'est surtout à Mérida que tu devrais dire ça. De nous trois, c'est elle qui t'as le plus soutenu. Elle te fait presque aveuglément confiance...
-Comment ça? fit Jack en fronçant les sourcils, confus.
-Oh, je t'en pris, Jack, soupira Harold en levant les yeux au ciel. Je sais que je ne suis pas vraiment un spécialiste en la matière, mais ça crève les yeux que vous n'êtes pas que des amis. Alors sers-toi un peu de ta cervelle. Sinon, je vais finir par croire Mérida quand elle dit que ton crâne est aussi blanc qu'il est vide.
-Hey! protesta Jack en rougissant, gêné des sous-entendus de son ami. Que je sache, t'es pas encore le chef, t'as pas d'ordres à me donner!
-Quel est le rapport avec ce que je viens de dire?» demanda Harold en haussant un sourcil.
Il se retenait de ne pas rire devant la confusion de son ami, ce dont Krokmou et Toundra ne se privaient certainement pas. Il se sentait un peu secoué, d'ailleurs.
-Ah, je sais pas! s'écria Jack agacé en se frottant le crâne. Va plutôt chercher ces fichus Beurkiens, que je vois plus ta sale tête de gringalet sournois!
-Voilà bien le Jack que je connais! rigola Harold. Une bonne vieille andouille qui se complaît dans l'exagération et la surenchère.
-Je t'en ficherais des andouilles! menaça Jack en souriant. Maintenant, file avant que je ne décide de te couper la tête!
-C'est marrant, d'habitude c'est Mérida que tu menaces comme ça. Tu veux que je me batte avec toi? Ou alors tu as compris qu'il faudrait plutôt être gentil avec elle et tu m'agresses à la place?»
Jack lui lança un regard fulminant et Harold éclata de rire.
-Par Odin, tu veux vraiment que je te coupe la tête, constata Jack.
-Je préfère pas. Pas très pratique pour garder la tête sur les épaules, tu ne crois pas?»
Jack laissa échapper un profond soupir, puis reprit son sérieux.
-Vas-y maintenant, où ils te fileront entre les doigts.»
Harold hocha la tête et reprit également sa concentration. Il allait partir quand il sembla se rappeler quelque chose.
-Jack, encore une chose: n'essaie pas d'approcher Pitch et ses hommes tout seul.»
Jack eut l'air interloqué, et Harold soupira.
-Tu sais très bien de quoi je parle. Tu avais l'intention d'aller voir pour ramener des infos en plus ou je ne sais quoi. Ne le fais pas.
-Mais, de quoi tu parles? fit Jack en riant jaune, mal à l'aise, avant de s'interrompre devant le regard sévère d'Harold. Mais, comment...enfin, pourquoi? Je pourrais peut-être...
-''Je pourrais'' rien du tout! Mérida et Raiponce sont d'accord avec moi. Je t'interdis de faire un détour. Tu rentres chez les résistants dès maintenant.
-Mais...
-Jack.»
Harold avait tendu sa main vers le jeune homme, comme pour lui interdire de dire un mot de plus.
-Je te fais confiance, quoi que tu fasses. Mais on est tous inquiets pour tout le monde, ne l'oublie pas.»
Sur ces derniers mots Harold adressa un signe de tête à Jack, qui lui rendit avec un temps de retard, encore interloqué. Il regarda le viking partir. Une fois celui-ci hors de vue, il se pencha sur Toundra.
-On y va, ma belle? Je crois que si je lui désobéi, je ne donne pas cher de ma peau.»
Toundra approuva d'un ronronnement et ils s'envolèrent vers le chemin du retour.
Jack retournait dans sa tête les paroles du viking fluet, plus perturbé qu'il ne le laissait paraître.
-Qu'est ce qu'il a voulu dire exactement, à ton avis?» demanda-t-il à Toundra.
Étrangement, cela ne lui posait aucun problème de s'adresser à un dragon. Toundra lui répondit par un haussement d'épaule que Jack interpréta à son gré.
-Toi aussi, tu trouves qu'il devrait éviter de parler par énigme? C'est bien ce que je pensais. Il pouvait le dire simplement, qu'ils sont inquiets pour moi. Il devrait pourtant savoir que je suis pas très subtil.»
Il hocha la tête et recommença à regarder devant lui. Pour rentrer plus rapidement, il décida d'utiliser des chemins un peu plus audacieux qu'il n'aurait dû. Il passa au-dessus d'un campement ennemi, volant au ras du toit de glace pendant que de la sueur froide coulait dans son cou. S'il se faisait attraper ici, il était mort. Cette réalité ne l'empêcha pas d'observer attentivement les lieux pendant qu'il les survolait. Les guerriers s'activaient pour il ne savait quelle tâche.
Un étrange sentiment lui éteignit le cœur. Rien n'avait changé depuis dix ans. Toujours le même paysage glacé et inacueillant. Toujours cette liste de travail interminable. Toujours cette tension fugace qui régnait, cette mésentente de caractères diamétralement opposés forcés de se côtoyer. Avec un peu plus d'attention, il se rendit compte qu'il y avait bien quelque chose qui avait changé. Les hommes semblaient las, fatigués.
Jack ne l'avait dit à personne, mais il compatissait pour leurs ennemis. Il avait vécu longtemps parmi eux. Ils étaient des hommes, des humains comme les autres qui se battaient pour un but qui n'était pas toujours le leur. Ils n'étaient pas inébranlables comme des machines. Ils en avaient assez de batailler depuis bientôt cinq ans pour une terre dure, dont la situation politique instable rendait leur domination précaire. La menace des résistants pesait comme une ombre sur leurs visages épuisés. À un moment, même lui en était venu à les détester. Après tout, comment cela se serait-il passer s'ils avaient abandonner tout de suite? Peut-être n'aurait-ils pas eu à se battre pendant si longtemps, et Pitch aurait été maître de l'archipel.
Jack réalisa soudain qu'il était étrange que Pitch veuille tant s'emparer de cet archipel. Que pouvait lui apporter cette prison de glace pour qu'il s'acharne dessus depuis cinq ans? Il fronça les sourcils, sentant qu'il venait de mettre le doigt sur quelque chose d'important. Pourtant, il ne parvenait pas à tirer une conclusion de cette question. Son instinct lui disait simplement qu'il y avait là un indice, une clé... dont il ne connaissait pas la porte. Il soupira. Il regrettait de ne pas parvenir à achever sa réflexion. Ce n'était pas qu'il était bête. Parfois, il faisait preuve d'une grande vivacité d'esprit. Mais il arrivait qu'il lui manque un élément, la dernière pièce pour tout comprendre. Et par Odin, ce que c'était frustrant de se savoir à un cheveu de trouver la solution sans y parvenir!
Il sortit brutalement de ses pensées quand Toundra effectua un brusque virage pour éviter une stalactite. Il reporta son attention sur le camp qu'il quittait presque, lorsqu'il aperçut aux abords une file de silhouettes plus petites. Il repéra cinq enfants. Le simple fait de voir des enfants en train de travailler le révulsait. Mais le pire fut quand il se rendit compte qu'il les connaissait. C'était Monty, Caleb, Claude, Choupette et Pipa! Ces cinq-là, avec Jamie, avaient dû recevoir une formation accélérée de sa part. Moins doués que Jamie, seul Pipa arrivait presque à son niveau. Pitch n'avait pas hésiter à les maltraiter, sans tirer grand-chose d'eux.
Il avait fini par les abandonner à des tâches pénibles tels que le ramassage de bois qu'ils finissaient actuellement sous l'œil menaçant d'un goêlier. Ils étaient squelettiques, décharnés, et même sans voir leur yeux, Jack sut à leur stature voûtée qu'ils étaient en mauvaise santé, et sûrement désespérés. Jack tira vivement sur les rênes pour faire demi-tour et Toundra se cabra, mécontente du traitement que lui infligeait son cavalier.
-Vite, Toundra, il faut les aider!» ordonna Jack.
La dragonne se débattit. Elle semblait faire passer la sécurité de Jack avant tout et souhaitait ardemment rentrer au camp.
-Mais enfin, qu'est ce qui te prend? demanda Jack d'une voix paniquée. On doit y aller!»
En désaccord, la dragonne résista aux sollicitations de Jack. Ils se retrouvèrent ballottés dans les airs. Jack tentait de la diriger vers les enfants mais Toundra refusait catégoriquement.
Alors qu'il avait failli passer par-dessus bord, il dû se laisser faire et ils firent un atterrissage en catastrophe sur un promontoire. L'impact éjecta Jack de sa selle et il roula dans la neige sur plusieurs mètres pendant que Toundra se relevait en s'ébrouant. Jack se redressa vivement et fit face à la dragonne.
-Toundra! cria-t-il, furieux. Pourquoi tu refuses d'y aller?»
Toundra affronta son regard sans ciller. Elle n'avait aucunement l'intention de céder, surtout quand elle voyait la détresse derrière la colère du viking. Jack, les dents serrées, se tourna vers le campement en contrebas, alarmé. Au moment où Caleb allait recevoir un coup de fouet pour avoir laisser tomber son chargement, Jack ferma les yeux, incapable de supporter le spectacle. Il fit volte-face vers la dragonne avec agressivité et elle fit un pas en arrière, surprise.
-Pourquoi est-ce que je ne peux pas les aider? Il faut que quelqu'un les aide!» hurla-t-il.
Il leva la main et Toundra frissonna. Elle redoutait la réaction de Jack, mais refusait de se laisser faire. Jack figea aussitôt son geste, les yeux écarquillés. La dragonne riva ses yeux aux siens avec intensité. N'y va pas, disait-elle, tu pourrais te tuer, et personne ne souhaite ça. Ou alors était-ce seulement ses propres pensées qui se reflétaient dans les pupilles étroites de la dragonne. La fureur de Jack retomba aussi vite qu'elle était venue. Il baissa lentement le bras et se rendit compte qu'il voyait flou.
-Toundra, s'il te plaît... réclama-t-il en s'essuyant les yeux d'un revers de manche. Je ne peux pas les laisser là. Je ne peux pas les laisser mourir de froid, de faim et de souffrance sous mes yeux!»
Il tomba à genoux dans la neige. La dragonne se rapprocha de lui et posa délicatement son museau contre son front. Jack tenta de se retenir de sangloter, en vain. Il en avait assez de voir tant de douleur. Il ne souhaitait qu'une chose, la fin de ce cauchemar éveillé. Doucement, il passa ses bras autour du cou de Toundra et plongea son visage dans la fourrure immaculée. Il se résigna à écouter l'appel de la dragonne qui ronronnait doucement pour le consoler.
-Je suis désolé Toundra, murmura-t-il. C'est juste que... c'est juste que tout ça m'épuise. Je voudrais qu'on en finisse, une bonne fois pour toute.»
Il se redressa. Toundra lui adressa un regard entendu, rempli d'affection. Jack jeta un dernier coup d'œil affligé aux cinq enfants et soupira.
-Allons-y, dit-il. Je ferais personnellement payé à Pitch ce qu'il a fait, mais pour l'instant nous devons rentrer.»
Il se releva, essuya ses larmes et remonta en selle. Juste avant de s'envoler, Toundra lui adressa un regard qui semblait dire '' c'est ce que j'essaie de te dire depuis tout à l'heure''. Jack hésita à rajouter un ''abruti'' ou ''crétin'' après cette phrase, puis se rappela que ce serait davantage le genre de Mérida de l'insulter de cette façon et il sourit doucement.
***(*)***
Et voilà, fin de ce dixième chapitre !
On se retrouve dans deux semaines pour la suite !
À la prochaine ! X)
Ah, et je viens de me rendre compte que j'ai publié ce chapitre avec une semaine d'avance...-_-
Bah c'est un cadeau de grandes vacances et voilà! XD
