Un décès dans la famille

Titre : A death in the family

Auteur : Norah Rose

Traductrice : Azweig

Statut de l'histoire : terminée (14 chapitres)

Statut de la traduction : en cours (12/14 chapitres)

Note de l'auteur : Désolée pour la mise à jour tardive (et courte). Je me suis inscrite sur Pinterest (ndt : site semblable à weheartit). Sérieusement. C'est mon excuse. C'est juste tellement drôle. J'ai une page entière consacrée à Benedict GINGERbatch (ndt : jeu de mot absolument intraduisible. « cumber » signifie embarrasser, gêner, d'où l'idée de la rougeur, remplacée ici par l'adjectif « roux » , couleur naturelle des cheveux de Benedict Cumberbatch. Voilà pour l'explication). Quel homme magnifique. Enfin bref, voici mon lien Pinterest si quelqu'un parmi vous a un compte et veut me rejoindre et s'amuser /skyytweet/ !

Oh, et merci de votre lecture, bien entendu. J'aimerais avoir vos impressions !

Note de la traductrice : J'ai avancé ma fanfiction Harry Potter (le chapitre 02 de Amor ex oculis oriens sera posté dans la semaine, selon mes prévisions) et, prise d'un élan purement productif, j'ai traduit ce chapitre et le suivant d'une traite. Je pense donc que je posterai le chapitre 11 mardi ou mercredi pour vous faire languir un peu tout de même. Si le chapitre 09 vous a donné des étoiles dans les yeux, ce chapitre-ci risque de vous plaire, en continuant sur la même lancée. Personnellement, j'ai trouvé Sherlock tout à fait mignon, ce qui lui va bien sans lui correspondre totalement… Faites-moi savoir ce que vous en pensez ! Un remerciement aux fidèles revieweuses (vive le néologisme !) qui se reconnaîtront et une pensée spéciale à Dupond et Dupont, que cette fiction a tenu éveillé jusque tard dans la nuit (ou plutôt, tôt dans la matinée).


Chapitre 10

Avant même que le sourire de John n'ait eu le temps de s'évanouir complètement, Sherlock avait une fois encore réduit la distance qui les séparait. Il pressa ses lèvres contre celles de John avec force et réussit à le rapprocher. Il embrassait John avec désir, comme s'il avait attendu ce moment depuis toujours. John fut momentanément figé par cette passion à l'état brut mais il se rattrapa très vite.

Il glissa une main dans les cheveux de Sherlock et les agrippa assez fermement pour avoir du contrôle mais pas assez pour causer de la douleur. Il s'amusa avec les boucles sombres sous ses doigts et amena son autre main au visage de Sherlock, faisant courir la paume de sa main contre la peau douce de sa joue, retraçant la forme anguleuse de ses pommettes.

Alors que les mains de Sherlock étaient jusqu'ici restées sur les épaules de John, elles étaient maintenant en train de se déplacer plus bas, descendant vers sa poitrine. Sherlock dessina les muscles tendus à travers le tissu fin de sa chemise attentivement, comme s'il était en train de l'examiner, assimilant les moindres détails.

Les baisers étaient plus frénétiques maintenant, avec des mordillements occasionnels plutôt que les doux effleurements qu'ils avaient partagés précédemment. Ce ne fut seulement lorsque Sherlock commença à tâtonner maladroitement pour enlever la chemise de John que John se détacha de l'étreinte.

La tête de John tournait, bien que ce ne soit pas à cause de l'alcool ou du chagrin maintenant, c'était simplement à cause de Sherlock. Sherlock, avec ses yeux brillants, l'air d'attendre quelque chose, et ses lèvres rouges. Sherlock, avec cette touche de couleur sur ses joues de porcelaine alors qu'il essayait de reprendre son souffle. Sherlock, avec ses doigts méticuleux et habiles. Sherlock, qui était clairement avide de plus.

Et John s'était encore éloigné.

Sherlock le regarda, ses yeux grands ouverts en signe de confusion. Ce n'était pas logique. Les actions de John étaient évidemment hors de son champ de compréhension.

« Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? » demanda Sherlock, sa voix tremblant légèrement à cause de l'adrénaline et peut-être un peu de peur à cause de la réaction imprévue de John. L'imprévu ne réussissait pas bien à Sherlock. Etre dans l'erreur ne lui réussissait également pas. Le fait qu'il ait ne serait-ce que demandé choqua John pendant un moment.

Sherlock continua à le fixer avec curiosité et John ne put pas retenir le petit sourire qui illumina son visage. Parce que c'était absurde, vraiment. Sherlock était l'homme le plus brillant qu'il n'ait jamais rencontré, dont il n'ait jamais entendu parler, et pourtant il pouvait être si oublieux de ce fait. Il pouvait saisir une affaire dans ses moindres détails et rater l'élément le plus évident, le cœur du problème.

« Tu n'as rien fait de mal. Mon dieu, tu… » John émit un petit rire dans un souffle. « Tu as tout fait exactement bien. » John humidifia rapidement ses lèvres et le goût de Sherlock qui s'y était imprégné était presque suffisant pour briser sa maîtrise de soi.

L'expression de Sherlock s'adoucit légèrement mais il resta concentré sur John. « Alors je ne comprends pas. »

« Pourquoi est-ce que je me suis éloigné ? »

« Evidemment. » Ses yeux balayèrent John du regard alors qu'il faisait un rapide constat. « Tes pupilles sont complètement dilatées. Tu as répondu de manière très enthousiaste. Et basé sur la manière dont tu ne cesses de bouger pour trouver une position plus confortable, tu es physiquement exci… »

« Waouh, Sherlock. D'accord. Oui. Ouais. Merci pour cette fine observation. » La voix de John craqua au sarcasme et il sentit une rougeur se répandre sur ses joues. Il maudit sa timidité maladive et sa pudibonderie dans la vie privée. Il venait juste de rouler un putain de patin à Sherlock et, oui, il était complètement en train… de l'apprécier, mais bonté divine, Sherlock n'avait pas à être si franc en formulant à voix haute le moindre petit détail. Certaines choses n'avaient pas besoin d'être dites.

« Alors je ne comprends pas pourquoi nous ne continuons pas. Je suis consentant. Tu es consentant. Nous sommes tous deux physiquement excités. C'est la progression naturelle de notre relation. »

« Relation ? » demanda John, avant qu'il ne puisse retenir le mot.

« Une relation, oui, John. Ou peut-être préférerais-tu le terme amitié ? Ou peut-être juste collègues ? » La voix de Sherlock était tranchante et ses yeux étincelaient sombrement alors qu'il rappelait à John le temps où il avait nié être ne serait-ce que l'ami de Sherlock. Il lui semblait que c'était si longtemps auparavant. C'était si longtemps auparavant, et la culpabilité le submergea comme s'il avait dit cela hier.

« Ce n'est pas juste, Sherlock, et tu le sais, » renvoya-t-il. « Une relation, ouais. C'est… » Il fait une pause et prit une profonde inspiration. « Bien. Une relation c'est bien. »

« Bien ? » dit Sherlock, un sourcil se soulevant subtilement.

« C'est bien, » répéta John, le coin de sa bouche se tordant en un sourire. « Très bien. »

Sherlock eut un léger sourire et puis il étendit le bras pour atteindre John. « Nous devrions continuer alors » dit-il, rapprochant John et manœuvrant avec une vitesse alarmante pour rencontrer ses lèvres. Pendant un moment, John fut perdu une fois de plus, complètement perdu dans Sherlock. Dans ses lèvres, ses cheveux, la mince silhouette de son corps. Ce ne fut seulement lorsqu'il entendit Sherlock gémir doucement contre sa bouche que John se rappela à lui-même.

Cela prit tout ce que John avait de force en lui-même pour s'éloigner de Sherlock. Vraiment tout. Il ne voulait rien de plus que de… continuer, mais ce n'était pas bien du tout. John s'éloigna de Sherlock et se jeta dans le coin opposé du lit. Il se pinça le haut du nez et ferma les yeux pendant un instant.

« Non, » dit-il calmement, lorsqu'il eut regagné un minimum de contrôle. Il ouvrit les yeux et regarda Sherlock. Son visage était tendu, peint d'un mélange de douleur et de confusion que John espérait ne jamais plus revoir et en être la cause.

« Je me rends compte que je ne suis pas tout à fait autant expérimenté que tu ne l'es dans cette affaire, John. Tu as manifestement eu beaucoup de partenaires sexuels différents et mon propre passé démontre que j'en ai sérieusement été dépourvu, mais je peux t'assurer que je peux certainement maintenir la cadence. Je peux le faire. Il n'y aura aucun problème. Je t'impressionnerai. » La douleur était maintenant partie de son visage, remplacée par un aplomb plein de suffisance, qui envoya un choc électrique direct à travers le corps de John. Putain de merde. Il était déjà impressionné. Il était toujours impressionné.

Sherlock Holmes était en train d'essayer de dire qu'il voulait avoir des relations sexuelles avec lui. Ce n'était pas juste. Ce n'était même pas, ne serait-ce qu'un peu, juste.

« Je… » Alors que John commençait à parler, un son embarrassant sortit de sa bouche. Ce n'était pas un couinement. Non. Définitivement non. Il n'admettrait jamais cela. C'était cependant un son assez aigu et inélégant. Il simula un toussotement et poursuivit. « Je n'ai jamais douté de tes, hum, compétences. Crois-moi. »

Et il n'en avait sincèrement jamais doutés. Sherlock était plutôt bon en tout. Il était précis et méticuleux et brillant et fantastique… et dieu, il apparut à John à quel point il avait très envie de coucher avec lui.

« Alors pourquoi ? » demanda Sherlock, interrompant le désordres des pensées de John.

« Parce que Sherlock, pas… pas comme ça. » dit-il, après une courte pause. Il était vaguement conscient qu'il était en train de reprendre les mots de Sherlock lorsqu'il avait été ivre. C'était drôle. Auparavant ç'avait été lui qui avait désespérément essayé de faire « progresser leur relation » et maintenant, les rôles s'étaient inversés.

« Comme ça ? » dit Sherlock, un pli se formant entre ses sourcils.

« Dans la chambre d'ami de la maison de ma mère, avec ma sœur dans la chambre d'à côté, le jour des funérailles de mon père. » Eh bien, ça semblait vraiment ridicule dit comme ça.

« Ah. Pas comme ça. » répéta Sherlock, baissant le regard avec un air déçu.

« Tu comprends. » dit John, parce que Sherlock avait beau faire la moue, il savait qu'il avait compris.

« Bien sûr. » affirma Sherlock, se levant du lit en lissant les plis de ses vêtements. Il fit courir une main dans ses cheveux en bataille dans le but de les remettre en ordre.

« Tu n'as pas à partir. » dit John, se redressant plus droit sur le lit, observant Sherlock.

« Je veux un thé. » répondit brièvement Sherlock.

John acquiesça. « D'accord. Le thé est une excellente idée. Je viens moi aussi. »

Sherlock ne dit rien et John ressentit le besoin de combler le silence. « Sherlock, tu n'es pas vraiment en colère ? Tu comprends, hein ? »

L'expression de Sherlock s'adoucit. « Je ne suis pas en colère. Légèrement frustré sexuellement, oui. Mais pas en colère. »

John n'eut pas à se force pour rire. Sherlock. Frustré sexuellement. Bon dieu. Il fallait qu'il ajoute cela à la liste grandissante des choses que John ne pouvait pas croire que Sherlock ait dites.

« Juste légèrement frustré ? » interrogea John, d'un ton espiègle.

Sherlock lui lança un regard agacé avant d'ouvrir la porte de la chambre. « Le thé » souffla-t-il, se tenant près de la porte, attendant John avec un air de pure irritabilité sur le visage.

Une fois que John eut repris le contrôle de son rire, il offrit un petit sourire à Sherlock. « Allons-y, alors. Je vais nous faire deux tasses. »


Ces deux-là me rendent dingue. J'ai beau avoir lu la fanfiction en entier il y a peu de temps, à chaque fois que je traduis un chapitre c'est comme si je redécouvrais l'intrigue et les personnages et attendais impatiemment la suite de l'histoire pour en connaître le dénouement. Le cliffhanger est supportable pour ce chapitre, je vous laisse sur l'image -ô combien délicieuse- d'un Sherlock sexuellement frustré. A très bientôt!