Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)

Auteur : Sahad.

Note : Petit chapitre, désolé(e), mais je me suis bien amusée en l'écrivant alors voilà. Pardon aussi à ceux à qui j'ai dit que je ne posterai pas aujourd'hui, je pensais vraiment que je n'aurais pas le temps de le faire. Mais finalement, j'ai réussi. Schuuuuuuldi !

Note 2 : réponse aux reviews !

Vanille : Merci Vanille pour ta review, c'est pour des lectrices comme toi que j'écris, alors c'est génial si mon travail te plaît. La suite devrait être à ton goût, je pense. (smile)

Ré-A : Lol, ta review est marrante. Effectivement, Gustav a toujours l'air très calme, ça doit être parce qu'il dit jamais rien pendant les interviews... Pis l'a une tête de panda !!! (On dirait un nounours, c'est cool). Pour répondre à ta question, je suis dans une école de commerce, mais si je travaille aussi tard, c'est parce que c'est la période partiel. Voilàààà... Amuse-toi bien en lisant.

Crystal d'avalon : Désolé(e) pour les adresses, je pensais que ça passerait... Je te dirais pas merci pour ton ''mere'', paraît qu'il ne faut pas, mais j'apprécie beaucoup (smile). J'espère que ce chapitre te plaira autant que les autres.

Ena : Voilà la suite, pitchoune ! Héhé...

Vanity : Merci pour tes encouragements. Eh oui, Lorenz est méchant ! Héhéhé... J'avais envie de le plomber, en fait. Lol. Enfin, voilà. La suite promet si je parviens à l'écrire comme je l'imagine.

Dstine : Nan, en fait, ce que je veux dire par ''console'' c'est plutôt dans le genre gameboy, c'est juste que je m'exprime mal, désolé(e). Le revirement de Lorenz est dû à une pulsion soudaine de ma part : personne l'appréciait alors j'ai voulu remonter sa popularité et puis j'ai eu envie de le plomber après. Je suis zarb ! Lol. Love you, sweetheart.

Suboshi : Je pensais pas t'émouvoir à ce point. Uwow... Je poste la suite comme tu l'espérais. J'espère qu'elle te plaira et t'inspirera pour quelques dessins quand tu auras fini celui que tu dois faire en art.

Phenix260 : Pas tout à fait après les partiels : j'en ai encore 3 mais je poste quand même. Comme quoi, la fanfic, c'est une drogue. Lol. Tu as tout compris à l'histoire, rassure-toi. Amuse-toi bien avec la suite.

Lukia-Chan : De 1, de rien, c'est un plaisir d'écrire et de vous faire plaisir. Je suis content(e) que mon travail plaise. Et de 2, ben... Justement à cause des révisions. Et non, ils ne se retrouveront pas (seulement) 7 ans plus tard : ils ont trop de choses à mettre au point avant. Héhéhé...

Reila666 : Lol, eh beh, content(e) que ça te plaise. Ça s'écrit scotchée. (smile) J'espère ne pas avoir à faire bouillir de l'eau pour te décoller de l'ordinateur, lol, ça serait dommage, ne ? J'ai adoré tes commentaires. Pour mes goûts, je te laisse voir ma bio parce que sinon ça n'en finit pas (rire).

Dja : Merci beaucoup pour les compliments, ça me fait vraiment plaisir. Mais tu sais, tu n'as pas besoin de t'enregistrer pour laisser des com', enfin sur mes fics au moins. Mais maintenant, tu vas pouvoir en poster aussi, ne ? Tu vas en écrire ?

FurtiV : Quand arrêteront-ils de souffrir ? Hmmm... Pas tout de suite ! Bwahahaha ! (rire du méchant de l'histoire) T'inquiète, je les aime bien, je vais pas les démolir comme ça.

Manouchka : Pas de problème, je veux bien voir ton blog, ça me plairait bien, tu me laisses ton adresse de blog ? J'ai chopé la crève, j'espère que ça ne s'en ressent pas trop sur l'histoire.

Alia : Les 2, mon capitaine ! Lol. Pauvre Lorenz, tout le monde le déteste (bon, c'est un peu de ma faute aussi), le pire c'est qu'à la base, j'ai pris le nom de la série ''Siska'', et c'est un perso que j'aime bien... Je sais pas pourquoi je l'ai autant plombé mais le pire, c'est que ça m'amuse ! (rire)

Staz : Bon, je t'ai déjà répondu par PM, mais je recommence ici. Muahaha. Je suis cruel(le), parce que je le vaut bien ! (en plein délire) Désolé(e), c'est mon rhume qui me monte à la tête... Arf.

Bonne lecture !!!

Chapitre 10 :

Bill n'était pas resté bien longtemps à l'infirmerie : il n'avait que quelques blessures légères et ses points de sutures n'avaient rien eu ; il avait rassemblé ses affaires en expliquant la situation à Gustav qui avait simplement hoché la tête, adressant un sourire à Georg qui s'était contenté d'hausser les épaules. Le jeune brun esquissa un sourire avant de quitter le bungalow : Georg était du genre à toujours vouloir avoir raison et le fait que Tom était venu parler à l'androgyne l'avait empli de remords quant à ce qu'il avait dit... Mais il se refusait à aller le voir. Cette facette chez leur aîné faisait rire Bill qui n'attendit pas plus longtemps pour aller réintégrer le bungalow numéro treize.

Le châtain était assis sur son lit, un manga dans les mains ; il leva les yeux de sa lecture et gratifia son colocataire d'un signe de tête auquel le jeune brun répondit :

« Hallo Tom. »

« Hallo Bill. » répliqua l'intéressé. « Bon retour. »

« Danke. » sourit son vis-à-vis.

« Bitte. »

Bill attrapa son sac et le vida dans le grand tiroir qui se trouvait sous le lit : voilà, ses affaires étaient rangées. Tom haussa un sourcil et esquissa un sourire face à ce spectacle avant de replonger dans sa lecture. Le jeune brun s'assit sur son propre lit à son tour et murmura :

« Paraît que t'as dormi chez Gustav. »

« Ouais... Je me suis engueulé avec Georg alors j'avais pas envie de le voir. » expliqua le garçon aux dreads.

« Ouais, je sais, tu me l'avais dit, mais je pensais pas que c'était à ce point-là... » soupira son vis-à-vis. « Il s'en veut, tu sais ? Il sait pas comment venir s'excuser. »

« Ça n'efface pas ce qu'il a dit. » décréta purement et simplement Tom.

Le jeune brun leva les yeux au ciel : son colocataire avait vraiment un sale caractère. Mais ça l'amusait... Il haussa les épaules et attrapa une enveloppe qui se trouvait sur son lit, la considérant avec curiosité, il leva un regard interrogateur vers le châtain qui, se sentant observé, leva les yeux et expliqua :

« Ah, ça. C'est une lettre pour toi. Elle est arrivée ce matin. »

« AH, danke... C'est sympa de l'avoir prise pour moi. » le remercia Bill.

« Ça te coûtera un pain au chocolat au goûter. » lança Tom avec un large sourire.

« Bouh ! Méchant ! » répliqua son interlocuteur en lui tirant la langue.

Ils éclatèrent de rire et Bill repartit dans la contemplation de sa lettre : c'était sa mère qui lui écrivait. Il l'ouvrit et la lu en silence. Elle lui demandait s'il allait bien, s'il s'était fait des amis et s'il s'amusait ; elle l'informait aussi qu'elle viendrait le chercher à la gare à son retour et qu'il lui manquait beaucoup. Le jeune brun ne put s'empêcher de sourire, heureux d'avoir des nouvelles de sa mère, elle lui avait joint une photo d'elle qu'il regarda longuement avant de ranger le tout, se tournant vers son vis-à-vis :

« Et toi ? Tu as eu du courrier ? »

« Nein. » nia Tom. « Mon père est pas du genre à écrire beaucoup... En plus, il est occupé en ce moment. »

« Ah... »

« On va manger ? » proposa Tom.

« Ok. »

Bill n'insista pas et accompagna son ami jusqu'au réfectoire pour le déjeuner. L'ambiance était pesante à table : Georg et Tom refusant catégoriquement de s'excuser en premier ou d'admettre qu'ils avaient peut-être un peu tord. Rien. Silence radio. Bill lança un coup d'œil à Gustav qui leva les yeux au ciel en secouant la tête : leurs amis étaient de véritables têtes de mule.

Ils durent participer au jeu de soirée, au grand damne du jeune garçon aux dreads qui ne rêvait que de son lit. Quel ne fut d'ailleurs son cri de joie lorsque le jeu prit fin et qu'ils purent revenir dans leur bungalow... Tom ne mit que quelques secondes à se mettre en pyjama, soit un grand t-shirt qui lui arrivait jusqu'aux genoux, et à se glisser dans son lit. Son colocataire esquissa un sourire amusé en le regardant et suivit son exemple, enfilant un marcel et un short avant de se faufiler sous ses draps.

« Tu mets que des trucs sans manches ? » demanda subitement le châtain.

« Pourquoi tu demandes ça ? » s'étonna Bill.

« Ben, parce que je t'ai toujours vu avec des trucs sans manches. » répondit son vis-à-vis comme si cela coulait de source.

« Ah... J'aime bien pendant l'été. Je préfère avoir les épaules libres... » expliqua-t-il.

« Ah... »

Sur ces quelques mots, Tom s'enfonça un peu plus dans son lit, remontant sa couette jusque sous son nez, signe que le sujet ne l'intéressait plus. Le jeune brun le fixa un long moment, couché sur le côté, hésitant... Il éteignit la lumière, lançant un vague ''gute Nacht'' auquel la voix de son interlocuteur répondit. A l'extérieur, le vent commençait à souffler, faisant gémir les feuilles et grincer les branches ; Bill frissonna puis reporta son attention sur la forme qu'il discernait dans la pénombre et qu'il devinait être son colocataire.

« Tom... ? »

« Hm ? » la tête sur l'oreiller s'était légèrement levée.

« Heu... Dis... » souffla-t-il. « Heu... On est amis, ne ? »

« Ben... » il y eût une légère hésitation. « Ouais. »

« D'accord. Danke. » et sur ces quelques mots, il s'enfouit dans ses couvertures.

« ... Bitte... ? » Tom ne comprenait pas spécialement la situation mais préféra ne pas poser de questions.

Il s'écrasa un peu plus dans son oreiller et ferma les yeux, mais ce n'était que pour les rouvrir quelques minutes plus tard, incapable de trouver le sommeil malgré son état de fatigue. Il s'allongea sur le dos et scruta le plafond, laissant son esprit vagabonder ci et là : que pouvait bien faire son père ? Ce mois loin de la maison avait-il permis à une de ces horribles-futures-ex-belles-mères de pénétrer sur son territoire ? Son père n'était pas stupide, non, il était juste... Bon, si, il était stupide de se laisser approcher par ces créatures bouffies d'orgueil et d'envie, mais... Il lâcha un profond soupir, croisant les doigts pour que ça ne soit pas le cas. Un coup de tonnerre le tira de ses pensées, il n'avait rien contre l'orage, il l'aimait bien même : cela avait l'étrange capacité de l'apaiser. Un autre bruit attira son attention, une sorte de plainte ; il tourna la tête vers le lit qui était face au sien : Bill s'était roulé en boule... Le jeune châtain se souvint alors de cette soirée où son colocataire était venu le voir à l'infirmerie : il avait une sainte horreur des orages...

« Bill ? Wie geht's ? » demanda-t-il.

Il n'obtint pas de réponse. Pourtant, il était persuadé que son vis-à-vis ne dormait pas. Avait-il peur ? Ou bien n'osait-il simplement pas le dire ?

« Biiiill. » insista Tom. « T'es sûr que ça va ? »

Toujours aucune réponse. Le garçon aux dreads poussa un profond soupir et se leva pour s'approcher de son ami : le jeune brun lui tournait le dos, inlassablement recroquevillé dans une boule presque parfaite.

« Bill... » appela encore le châtain alors qu'il approchait.

Lorsqu'il posa la main sur son épaule, il sentit celle-ci sursauter. Haussant un sourcil, il tira dessus pour forcer le jeune androgyne à se retourner et à la façon dont il luttait, le châtain en déduit aisément qu'il ne dormait effectivement pas. Tirant un peu plus fort, il parvint à le trouver face à lui et demeura figé quelques secondes : son vis-à-vis avait le visage de quelqu'un prêt à pleurer, les larmes pointant au coin des yeux. Ce fut une voix cassée qui le réveilla :

« Waaaaaaaaaas ? » grogna Bill, tentant de faire comme si on venait de le réveiller.

« Arrête, ça prend pas. Je suis pas stupide. » soupira Tom.

« Ah non ? » demanda ironiquement son interlocuteur.

« Nein. » décréta le châtain. « Bon, fais-moi une place. »

« Was ? » Bill avait les yeux écarquillés, surpris d'une telle demande.

« T'as peur des orages, nan ? » répliqua son vis-à-vis. « Alors fais-moi une place : je vais dormir avec toi, t'auras moins peur. »

Le jeune brun le considéra encore quelques instants avant d'obéir, quelques peu poussé par Tom qui se hissait dans le lit, rabattant les couvertures sur lui. Il s'allongea à côté de son colocataire, passant un bras sous l'oreiller pour le surélever ; Bill l'observa un moment, ne sachant pas vraiment quoi faire. Remarquant son hésitation, le jeune garçon aux dreads haussa un sourcil avant de lancer :

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Nein... Rien... » murmura le brun. « Danke... »

« T'inquiète, c'est normal entre ''amis''. »

Le jeune androgyne hocha la tête et tressaillit en entendant un nouveau coup de tonnerre, ce qui sembla faire sourire son vis-à-vis pendant quelques secondes jusqu'à ce que Bill ne se cramponne à lui, noyant son visage dans son t-shirt au niveau de son torse. Tom se sentit rougir furieusement et lâcha un hoquet de surprise à ce contact, ce qui sembla réveiller le jeune brun qui s'écarta :

« Ah ! Schuldi ! Je... J'ai pas fait exrprès... ! Je... »

« C'est bon. » le coupa son interlocuteur en enfonçant la tête dans son oreiller. « Si ça te rassure... »

Bill le considéra quelques secondes avant d'accepter l'invitation, se blottissant contre son ami, ses doigts s'agrippant à son t-shirt et son front se posant contre l'une de ses clavicules. Le châtain déglutit, baissant les yeux sur la tignasse nuit et sang qui lui frôlait le cou ; le jeune brun pouvait sentir l'odeur de son vis-à-vis, sentir sa chaleur, à la fois douces et réconfortantes. Tom déglutit, mal à l'aise, il n'avait pas l'habitude d'être aussi proche de quelqu'un ; le souffle plus lent et régulier de son ami l'informa que celui-ci sombrait dans le sommeil. Peut-être valait-il mieux faire de même... Il ferma les yeux à son tour et bougea un peu pour s'installer plus confortablement, se laissant bercer par la douce chaleur qui l'enveloppait...

OoOoO

« Tom ? Tom... »

« Hnnnnnnnnnn ? » grogna l'intéressé.

« Réveille-toi. » l'appela doucement son colocataire.

« Pas envie. » décréta le jeune châtain.

« Alors enlève au moins ton bras de sur mes épaules, parce que j'aimerai bien aller prendre mon petit déjeuner. » répliqua Bill.

Cette remarque sembla persuader Tom qui retira son bras avant de tirer les couvertures sur lui, apparemment peu décidé à se lever. Le jeune brun esquissa un sourire amusé, attrapant son oreiller et l'écrasant sur la tête du dormeur en riant ; son ami se leva cette fois-ci d'un bond et contre-attaqua avec le sien, entamant une bataille de polochons sans merci. Les rires fusaient lorsque Gustav ouvrit la porte, essuyant une cuisante double attaque :

« Aïe... »

« Désolés. » sourirent ses deux cadets.

« Vous êtes super désolés... » soupira le blond. « Bon, vous venez ? »

« On arrive ! » lâchèrent à nouveau les enfants en cœur.

Leur aîné resta interdit quelques secondes : jamais il ne l'avait remarqué jusqu'alors à cause de leurs différents mais à présent, quelque chose le dérangeait... Il ne savait pas exactement quoi, mais lorsque les garçons avaient parlé d'une même voix, ils lui avaient semblé incroyablement ressemblants. Tom enfila rapidement un grand t-shirt et un pantalon qu'il attacha à l'aide d'une ceinture, sans quoi il lui tomberait constamment sur les genoux, et Bill attrapa, lui, une chemise sans manches et un jean moulant sur les hanches et se terminant en pattes d'éléphant. Chacun prendrait sa douche après.

Ils se rendirent au réfectoire où ils retrouvèrent Georg et où ils purent à nouveau profiter d'un parfait silence radio entre le châtain et lui. Mais, cette fois-ci, Gustav détailla davantage ses deux camarades ; son regard allait sans arrêt de l'un à l'autre. Il fut interrompu dans son observation par l'arrivée d'un moniteur :

« Tom ? »

« Hn ? » le garçon releva la tête de son bol de céréales.

« Courrier pour toi. » annonça l'homme en lui tendant une enveloppe.

Les yeux du jeune châtain s'agrandirent sous l'incrédulité, il regarda tour à tour l'enveloppe et le moniteur comme s'il n'en revenait pas. Il murmura d'ailleurs :

« Pour moi ? »

« C'est ton nom qu'il y a sur l'enveloppe. » soupira le moniteur. « Expéditeur : Jörg Kaulitz. C'est bien pour toi, non ? »

« Heu, oui, c'est mon père (1). » répondit l'enfant en se saisissant de l'objet. « Danke. »

Il attaqua directement l'enveloppe, laissant là son petit déjeuner, ne remarquant pas le visage soudainement très blême de Bill. Ce détail n'échappa d'ailleurs pas à Gustav : le jeune brun avait laissé sa tartine de nutella en suspension, interrompant son geste qui consistait à l'amenée à sa bouche, et fixait l'enveloppe avec de grands yeux. Tom, lui, lisait sa lettre avec intérêt, cherchant à savoir s'il allait devoir chasser une potentielle belle-mère dès son retour :

« Bon, il n'en parle pas... Pas de nouvelle, bonne nouvelle, non ? » se murmura-t-il.

Il rangea la lettre dans sa poche et reprit son repas. Bill le scrutait toujours avec de grands yeux, la main tremblante ; il se remit tout de même à manger mais son trouble était encore perceptible. Le repas se termina sans d'autres interruptions et chacun pouvait retourner à son bungalow, le jeune brun en profita pour intercepter son colocataire et lui parler seul à seul :

« Tom ! »

« Was ? »

« Viens dans le bungalow, faut qu'on parle. » lança l'androgyne.

« Hein ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? » s'étonna le châtain.

« Mais rien ! Viens ! » insista Bill.

Tom haussa un sourcil et suivit son vis-à-vis, surpris de le voir fermer la porte du bungalow à clé. Ceci fait, le jeune brun revint vers lui, s'attrapa par les bras et le fit asseoir sur le lit.

« Tu vas me dire ce qui se passe ? » s'impatienta le garçon aux dreads.

« Tu t'appelle Tom Kaulitz ? » l'interrogea soudainement son ami.

« Hein ? Ben, oui. » le châtain ne comprenait l'intérêt de la question.

« Et tu as bien dit que ton père s'appelle Jörg, n'est-ce pas ? » poursuivit-il.

« Oui. » Tom avait toujours du mal à suivre son vis-à-vis.

« C'est pas possible... » souffla alors Bill comme pour lui-même.

« Quoi ? Qu'est-ce qui n'est pas possible ? » s'étonna son interlocuteur. « Je crois que je sais encore comment je m'appelle et comment s'appelle mon père. »

« Non, c'est pas ça. »

Bill se leva du lit et arpenta la pièce, triturant nerveusement une de ses mèches nuit et sang. Tom l'observa un moment déambuler dans la pièce, ne comprenant pas l'état d'anxiété de son ami ; qu'y avait-il de si incroyable ? Il patienta néanmoins une à deux minutes avant de reprendre la parole :

« Bill, c'est quoi ton problème ? »

L'androgyne leva la tête vers lui, apparemment indécis ; il s'approcha tout de même et s'assit sur le lit, à côté de lui tout en lui faisant face :

« Je m'appelle Bill Kaulitz. Et ma mère m'a toujours dit que mon père s'appelait Jörg Kaulitz. »

Il y eût un long moment de silence dans la pièce, Tom avait apparemment beaucoup de mal à croire ce qu'il venait d'entendre, ou même à le comprendre : son ami disait porter le même nom que lui et avoir le même père ? C'était n'importe quoi.

« Tu délires... »

« Ah oui ? Regarde si je délire. » répliqua son vis-à-vis en attrapant son sac pour en sortir un portefeuille : il lui écrasa sa carte d'identité sur le visage. « Alors, je délire toujours ? »

Le châtain grogna en prenant la carte et l'écarta de sa tête pour mieux la voir ; là, il écarquilla les yeux : effectivement, son colocataire s'appelait bien Bill Kaulitz. Mais ce qui l'arrêta surtout, ce fut une toute autre information : né à Leipzig, le 1er septembre 1989. Il entrouvrit la bouche plusieurs fois sans parvenir à en sortir un seul son : son esprit ne parvenait pas à réaliser, c'était impossible... On ne lui avait jamais dit qu'il avait un frère... Il leva la tête vers son ami et la secoua négativement en soufflant:

« C'est pas... Possible... »

« Si, c'est possible ! » s'énerva Bill. « Ma mère m'a dit que mon père était parti mais il ne nous a jamais rien écrit ou quoique ce soit ! Est-ce qu'un père ferait ça ? »

« Mais... »

« En plus, tu as toi-même dit que tu vivais avec ton père seulement, non ? » poursuivit l'androgyne.

« Ja, aber... (oui, mais...)» murmura le châtain.

« Et tu trouves pas ça bizarre ? » s'entêta le brun. « Ta mère s'appelle pas Simone Kaulitz ? »

A cet instant, les yeux de son vis-à-vis s'écarquillèrent, il semblait en état de choc, comme si l'on venait de le gifler sans raison. Il baissa la tête, son regard fixant un point dans le vide alors qu'il commençait à trembler : sa mère... Sa mère n'était donc pas morte... Elle était vivante... Quelque part... Il sentit les larmes lui brûler les yeux avant de glisser le long ses joues. Vivante... Elle était vivante...

Bill sentit le remord l'assaillir : peut-être avait-il été trop brusque en lui annonçant cela. Il s'approcha un peu plus et prit son colocataire dans ses bras, le berçant doucement, sa joue contre le sommet de sa tête :

« Pardon... J'aurais pas dû dire ça comme ça... Mais c'est que c'est tellement incroyable... J'ai jamais vu mon père alors... Quand j'ai entendu son nom, ça m'a fichu un gros coup... Pardon... »

« Elle vit... » souffla Tom.

« Hein ? » le jeune androgyne s'écarta un peu pour pouvoir voir son visage.

« Elle vit... » répéta le châtain avant de se jeter dans les bras du brun. « Elle est vivante ! Ma mère est vivante ! »

Son vis-à-vis crut pendant quelques secondes qu'il allait tomber mais il se rattrapa et se remit de sa surprise : c'était normal que son ami réagisse ainsi... Lui, il n'avait jamais vu son père, mais on ne lui avait jamais dit qu'il était mort. Il attendit un peu que Tom se calme et reprit :

« Tu me crois maintenant ? »

« Ja. » sourit le châtain.

« Tout ça... On est frères... C'est dingue... » souffla Bill. « Enfin, ça expliquerait qu'on se ressemble autant côté visage... »

« On est jumeaux. » rectifia son interlocuteur.

« Hein ? » le brun écarquilla les yeux.

« Moi aussi, je suis né à Leipzig, le 1er septembre 1989. » expliqua Tom.

Bill en resta pantois, la bouche entrouverte, les yeux ronds : jumeaux ? Ils étaient jumeaux ? Il n'en revenait pas... Puis, pris d'une impulsion soudaine, il sauta dans les bras de son frère en riant à gorge déployée, manquant de les faire tomber tous les deux. Il se redressa :

« Pardon, mais c'est tellement... Uwa... ! Je trouve ça... Génial ! »

« Content d'être ton frère. » sourit Tom. « Ça tombe bien, ça me faisait chier d'être fils unique. »

« Moi aussi. » avoua Bill. « Tous les gens que je connais ont au moins un frère ou une sœur... Mais si je m'attendais à ça... Uwa... Un jumeau... ! »

« C'est dingue... Normalement, ça choque d'apprendre un truc comme ça... Moi, je suis juste content. » murmura le châtain.

« Pareil même chose. » rit son vis-à-vis.

Ils étaient presque euphoriques, riant à tout va, lorsque Tom perdit tout à coup son sourire, intriguant son frère qui riait encore :

« Quoi y a ? »

« Mais... On n'habite pas du tout au même endroit... » réalisa-t-il. « Comment on va faire pour les voir tous les deux ? »

« Ah... C'est vrai que j'habite à Magdebourg... » souffla Bill.

« Et moi, à pétaouchnok de là. » déclara son vis-à-vis.

« Ça veut dire qu'après cette colo, on sera pas ensemble... » réalisa à son tour le jeune brun.

« C'est trop con... Alors qu'on vient juste de faire connaissance... » grogna le garçon aux dreads.

Ils n'en revenaient pas, c'était trop stupide. Le jeune androgyne semblait complètement abattu à cette nouvelle et son jumeau n'était pas dans un meilleur état ; ils venaient tout juste de comprendre qui ils étaient réellement l'un pour l'autre : des frères, des jumeaux... Et ils fallaient qu'ils fassent comme si de rien n'était ? Reprendre leur vie normale ? Ça leur paraissait inconcevable.

« C'est pas juste... » gémit Bill. « Pourquoi ? Pourquoi les parents ne nous ont-ils jamais rien dit ? »

« Un chacun... Quels crétins. » grommela Tom.

Mais c'était bien plus que ce mensonge qui blessait le jeune châtain : pourquoi n'avaient-ils jamais pris de leurs nouvelles respectives ? Sa mère ne voulait-elle pas le voir ? Pourquoi avait-elle choisi de garder Bill et pas lui ? Parce qu'elle ne l'aimait pas ? Ses doigts se crispèrent sur son bras.

« Ils sont vraiment débiles. »

« Qu'est-ce qu'on peut faire ? » demanda son frère. « Leur dire qu'on est au courant ? Qu'on sait ? »

« Non, ça changera rien, ils vont repartir chacun de leur côté et ça redeviendra comme avant et on... »

Tom ne termina pas sa phrase, une lueur soudaine lui traversant les yeux. Un large sourire d'excitation étira ses lèvres alors qu'il se levait de lit pour parler :

« J'ai trouvé ! »

« Quoi ? » Bill haussa un sourcil fasse à la soudaine bonne humeur de son frère.

« Tu as déjà vu ''A nous quatre'' ? C'est un film qui est passé pendant l'année à la télé ! » expliqua nerveusement le châtain.

« Je ne regarde pas beaucoup la télé... » avoua l'androgyne. « Et t'as pas plus précis que ''dans l'année'' ? Y a 365 jours, je te signale. »

« Mais le film te dit rien ? » enchaîna son vis-à-vis.

« Nein. » répliqua Bill. « C'est important ? »

« Et comment ! Ça vient de me donner une super idée ! » s'exclama joyeusement son frère.

« Ben, raconte. Je comprendrais peut-être un peu mieux. » soupira le brun.

« On va échanger nos places et les forcer à se revoir! » annonça Tom sur ce ton toujours enjoué.

« Was ? » les yeux de son jumeau menaçaient de sortir de leurs orbites.

« Ecoute, tu as envie de connaître papa, vrai ? » demanda-t-il.

« Heu, oui... »

« Et moi, je crève d'envie de voir maman. Alors, comme on se ressemble, on va échanger de place et les obliger à se reparler! » expliqua le châtain.

« Mais... On a seulement le même visage, Tom. Regarde mes cheveux et les tiens, nos piercings, on a trop de trucs différents pour passer l'un pour l'autre... » soupira Bill, découragé.

« Mais nan ! Ça, c'est pas un problème ! » décréta son frère. « La colo organise un voyage en ville demain, on n'a qu'à en profiter ! »

« Je vois pas le rapport. » grogna le brun.

« Ben, on passe chez le coiffeur, on achète des piercings plats pour cacher nos vrais piercings et on en achète des faux pour mettre là où on devrait en avoir ! » insista Tom.

« Et tu crois que ça va marcher ? » demanda l'androgyne, sidéré par l'inventivité dont pouvait faire preuve son jumeau.

« Bien sûr que oui ! » sourit le châtain, content de voir son frère marcher dans son sens. « Mais faut compter au moins 3 € (2) pour les faux piercings, 6 à 7 € pour les plats, environ 60 € de coiffeur chacun pour les teintures ou les rajouts... T'as emmené combien d'argent avec toi ? »

« J'ai 70 € normalement... » répondit Bill.

« Ah ouais, ça risque d'être un peu juste... Bon, je t'avancerai. » déclara Tom.

« T'as combien ? » demanda le brun, curieux.

« 200 € pour le séjour. » répliqua le châtain, comme si cela coulait de source. « Mon père prévoit toujours large pour les voyages scolaires, alors il a fait pareil pour cette colo. Bon, t'es d'accord ou pas ? »

Bill ne répondit d'abord pas, hésitant à suivre son jumeau dans un plan aussi tordu... Mais Tom était son frère et il ne le reverrait peut-être pas... Et ils n'avaient pas eu l'occasion de beaucoup rire ensemble, sans parler du fait qu'il voulait voir son père.

« Ok, je marche ! »

« Cool ! J'ai donc deux semaines pour devenir toi et toi pour devenir moi ! On va s'éclater ! »

Les deux garçons hochèrent la tête et lancèrent un joyeux cri de guerre, sûrs d'avoir trouvé LA solution. L'aventure promettait d'être fabuleuse !

A SUIVRE...

Note :

(1) J'aurais mis le temps mais j'ai finalement trouvé leurs noms aux darons ! Yatta !! Merci au site : Normalement, il n'y avait pas encore l'euro, mais on va le mettre quand même si ça ne vous dérange pas.