Meredith eut à peine le temps de rentrer, que Roxanne se jeta sur elle. La jeune femme l'entoura de ses bras sans se poser davantage de question. Elle s'inquiéta lorsqu'elle sentit le grip de l'enfant se resserrer sur ses hanches.
-Roxanne ? Dit-elle d'une voix douce.
-Je ne veux pas partir. Dit tristement la petite.
-Quoi ? Mais qui parle de partir ? Où est Arizona ?
Roxanne se recula regardant gravement son ainée.
-Elle est en haut, avec une femme. Elle dort.
-Quoi ? Fit Meredith se demandant si il se passait bien se qu'elle pensait qu'il se passait. Elle se doutait que sa devait être le cas, connaissant sa sœur.
-Ok, expliques moi tout depuis le début, tu veux bien ?
-Marc m'a conduit au parc, là bas il y avait Arizona et une femme. Arizona a semblée très fâchée. Elle a giflé Marc et on est rentré. Là elle m'a dit de faire mes bagages.
-Ok, cette femme ce ne serait pas Callie ?
-Je crois que c'est sa. Elles sont dans sa chambre.
-Et Arizona dort ? Demanda-t-elle incrédule.
-Oui.
Meredith sourit à Roxanne, elle déposa un baisé sur chacune de ses joues.
-Ne t'inquiètes pas ! Je pense que sa peut s'arranger. Je vais aller voir sa. Sa fait combien de temps qu'elles sont la haut ?
-Plus de deux heures.
Meredith monta franchement curieuse de voir sa sœur dormir auprès d'une inconnue. Sa ne lui ressemblait pas le moins du monde. Elle ne prit pas la peine de frapper avant d'entrer. Elle vit alors Callie maladroitement allongée sur un pouf, tenant fermement le corps endormie d'Arizona contre elle. La Latina semblait soulagée de la voir arriver. Meredith regarda attentivement sa sœur. Elle semblait plus sereine que ce qu'elle avait été depuis longtemps.
-Torres as-tu drogué ma sœur ?
Comme pour Roxanne Callie détecta le sérieux et la préoccupation dans la question. Il faut dire que jusqu'ici les deux femmes n'avaient jamais entretenu de rapport chaleureux. Il n'était pas étonnant que Meredith est des doutes sur les intentions de Callie.
-Non. Peux- tu m'aider s'il te plait ? J'ai des crampes. J'ai peur de la réveiller si je bouge trop.
Meredith secoua doucement la tête souriant. Elle s'approcha des deux femmes se penchant contre elles. Elle plaça son bras à travers le dos d'Arizona permettant à Callie de retirer le sien, puis elle plaça son autre sous ses jambes, avant de basculer son corps et par la même façon celui de sa sœur vers l'arrière. Elle tenue sa sœur dans ses bras quelques secondes, le temps pour Callie de rouler sur le côté, puis doucement elle la déposa sur le pouf. Sa ne sembla en rien perturber son sommeil.
Callie s'étira de tout son long. Elle accepta la main que Meredith lui tendit et la suivit silencieusement à l'étage inférieur, après s'être assuré que tout était correct pour Arizona. Toujours dans le silence, Meredith l'invita à s'installer à la table de la cuisine, tandis qu'elle se mit à préparer du café. Callie l'observa attendant que son hôtesse prenne la parole. Elle se doutait que beaucoup de choses se passaient dans l'esprit de la jeune femme. Et elle respecta son temps de réflexion. Une fois la cafetière prête à être mise en route, Meredith s'installa face à Callie. Elle la regarda dans les yeux.
-Qu'est ce que tu veux exactement à ma sœur ? Elle le dit avec plus de fermeté qu'elle ne l'aurait voulu. Callie ressentant l'inquiétude de sa collègue voulu la rassurer au mieux.
-Je suis là pour la protéger. J'ai été engagée pour assurer sa sécurité.
-Par qui ?
-Bailley, mais le service n'est pas au courant.
-Je vois. Elle sembla se détendre, elle avait confiance en son patron.
-Qu'est ce que tu lui as fait pour qu'elle dorme ? L'insomnie de la demoiselle ne semblait en rien être un secret.
-Je l'ai mise en colère, puis je l'ai fait pleurer jusqu'à l'épuisement. Elle le dit simplement sans même une pointe d'humour. Meredith hocha simplement la tête en réponse.
-Je suppose qu'elle s'oppose à ton aide et que c'est pour sa que ma nièce craint de devoir partir.
-Oui. J'ai un peu forcé les choses.
-Je vois. Qu'est ce que tu sais au juste ?
-Quasiment rien. Je sais qu'elle est journaliste, que vous êtes demi-sœur et qu'elle à adopté Roxanne.
-C'est déjà beaucoup ! Lui dit-elle gentiment avant de se lever pour sortir deux tasses, le sucre et le lait. Elle se rassit regardant longuement Callie, elle semblait s'apprêter à dire quelque chose, mais chercher le courage de le faire.
-A quel point je peux te faire confiance ?
-Je ne dirais rien à personne. Se sont mes ordres. Bailley veut juste l'aider et moi aussi.
-A quel point la situation est-elle mauvaise ?
-Au point qu'elle reconnaisse avoir besoin de protection.
Meredith leva un sourcil incrédule, mais elle ne vit que la sincérité dans le regard de la brune. Elle soupira, se levant une nouvelle fois pour aller chercher la verseuse. Elle remplissant les tasses du breuvage, puis se réinstalla.
-Ok, tu dois me promettre que ça reste entre toi et moi.
-C'est promis.
Elle la regarda encore un moment cherchant à se rassurer.
-Cette maison est entièrement sécurisée. Mise à part moi, Dereck, Arizona et Roxanne personne ne peut y entrer. Pas sans avoir désactivé le système que ma sœur à patiemment installer. Tout mouchard, tout appareil d'écoute, est désactivé à partir du moment où l'on se trouve sur cette propriété.
Callie acquiesça comprenant que ces informations n'étaient rien d'autre que des mises en garde. Voyant que Callie avait saisie le message, Meredith continua.
-Je ne sais pas tout. Je suppose que se sont des mots que tu as du pas mal entendre lorsque quelqu'un parle de ma sœur. Fit-elle avec un peu de légèreté.
-Oui sa semble être le mot d'ordre.
-C'est une mesure de sécurité pour elle. De garder le plus important secret. "Sécurité" est l'un des mots préférés d'Arizona. Je sais qu'elle court un danger. Je ne sais pas lequel, mais je sais que c'est suffisamment grave pour qu'elle ressente le besoin de venir me voir.
-Sa n'arrive pas souvent ?
-Sa allait faire quatre ans que je ne l'avais pas vu. Elle m'écrivait parfois mais c'est tout. Les courriers venaient de différents pays d'Europe de l'Est.
-Tu as une idée de ce qu'elle y faisait ?
-Non, je sais juste qu'elle est journaliste et qu'elle ne fait jamais ses enquêtes à moitiés. Sa lui arrive de s'infiltrer pour en apprendre plus.
-Pas vraiment des méthodes de journalistes ! Dit Callie pour elle-même, mais la remarque n'échappa pas à Meredith.
-Son père était marines, avant de devenir un agent du NCIS. Il lui à beaucoup apprit.
Callie sentit une pointe de colère dans la voix de la blonde, mais elle décida de ne pas insister sur ce point. Cherchant plutôt un sujet plus doux.
-Tu sais quelque chose sur Roxanne ?
-Non, juste qu'elle l'a adoptée il y a un peu plus de six mois. Mais c'est tout. Que se soit Arizona ou Roxanne aucune des deux ne semble vouloir aborder le sujet. Je sais juste que la mère de l'enfant est décédée et qu'à parement elle connaissait bien Arizona.
-Une amante ?
-Non, plutôt un indique ou une collègue. Mais se ne sont que des suppositions.
-Je vois. Il y a autre chose que tu penses qu'il soit important que je sache ?
-Elle va partir, d'ici une à deux semaines. C'était son plan avant que tu n'interviennes. Roxanne devait rester ici le temps qu'elle face ce qu'elle a à faire.
-Et qu'est ce qu'elle a à faire ?
-Je ne sais pas. Et il y a de forte chance qu'elle avance cette date maintenant.
Callie hocha la tête comprenant la situation. Elle se doutait que Meredith en savait plus que ce qu'elle voulait bien lui dire. Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir de garder quelques informations. Après tout c'était la seule, qui, jusqu'ici répondait à ses questions en connaissance de cause. Elle n'insista donc pas.
-Est-ce que sa te dérange si je reste ? Au moins jusqu'à ce qu'elle se réveille.
-Non, au contraire.
-Merci.
Arizona roula doucement sur le côté. Elle ouvrit brusquement les yeux lorsqu'elle sentit le contact du bois sur sa peau. Elle était désormais allongée par terre. Elle se leva d'un bon. Ce geste rapide lui donna des vertiges, elle chancela un peu. Un bras vint la soutenir par les épaules.
-Doucement. Fit une voix douce qu'Arizona associa aussitôt à Callie.
La Latina la fit s'assoir sur le lit et s'installa à ses côtés mais de façon à lui faire face.
-C'est mieux ?
-Oui. Chuchota Arizona toujours un peu confuse.
-Ma première mission est donc accomplit. J'ai veillé sur ton sommeil. Sa va faire sept heures que tu dors.
Elle vit les yeux bleus s'emplir d'inquiétude.
-Tout c'est bien passer. Tout le monde va bien. Roxanne est couchée depuis deux bonnes heures.
Arizona se frotta les tempes.
-Je ne dors jamais comme sa.
-Tu en avais besoin.
-Je t'en veux encore.
-Je sais. Mais tu dois avouer que de lâcher un peu prise ne t'as pas fait de mal.
-C'est faux, j'ai juste eut de la chance. Tu as eut de la chance qu'il ne se passe rien pendant ce temps là.
-Mon boulot consiste à ce qu'il ne se passe rien. Je suis bonne dans mon boulot voilà tout.
-Et modeste !
Callie sourit à la pointe d'humour. Arizona semblait beaucoup moins en colère que ce qu'elle aurait crut.
-Tu as tout intérêt à accepter mes services, se sont les meilleurs.
Arizona se mordit la lèvre inférieure, songeant sérieusement à ce qu'elle devait faire.
-Avant toute chose, il faut que je mange quelque chose.
Elles mangèrent un plat de pâtes laissé par Meredith. Pendant tout le repas Arizona réfléchit. Elle n'avait pas beaucoup d'options. Callie en savait trop pour ne pas être dangereuse et pourtant elle semblait sincèrement assurer sa protection. Personne ne l'avait fait perdre le contrôle comme cette femme l'avait fait quelques heures auparavant. Dangereuse était vraiment un mot qui lui convenait.
-Si j'accepte que tu assures ma protection, tu gardes tout secret, c'est bien sa ?
-Oui.
-Et si je refuse.
-Je garderai aussi tout secret. Dit-elle sans même y réfléchir.
Arizona se leva, tournant le dos à Callie. La décision qu'elle allait prendre allait sans doute changer la donne. Pendant encore quelque instant elle hésita. Puis elle finit par lui faire face.
-Ok, j'accepte. Mais tu travailleras sous mes règles.
Callie ne put empêcher un large sourire de se propager sur son visage.
-Il va de soit. Dit-elle sans cacher son enthousiasme.
-Bien, rentre chez toi. On verra le reste demain. J'ai des règles à écrire.
Callie acquiesça, sachant que dans cette forteresse, il ne pouvait pas lui arriver grand chose. Pendant le sommeil d'Arizona, elle avait fait le tour de la maison et elle devait reconnaitre qu'Arizona n'avait pas lésiné sur les dispositifs de sécurité. Il y en avait pour des milliers de dollars de matériel. Que du matériel de professionnel. Si qui avait suscité une fois encore la curiosité de Callie. Mais elle c'était retenu de poser des questions. Elle en avait bien assez fait ce jour là.
-Bonne nuit et à demain.
-A demain Calliope.
Arizona regarda partir la jeune femme avant de se rendre au garage. Là, elle prit sa voiture et roula jusqu'à chez Teddy. Elle ne fut pas étonnée de voir de la lumière chez elle-même à une heure aussi tardive. L'une comme l'autre souffrait du même trouble du sommeil.
Elle rentra sans sonner. Teddy était assise sur son canapé regardant la télé.
-Je t'attendais plutôt. Tu en as mit du temps. Fit-elle sans même prendre la peine de jeter un regard à la nouvelle venue.
Arizona se laissa tomber sur le canapé à ses côtés, les yeux rivés sur l'écran de télé.
-Ouai, je sais. Figures toi que quelqu'un a eut la bonne idée de me mettre sous la surveillance d'un garde du corps. Sa me prends beaucoup de temps de l'éviter.
-Pas sous la surveillance, sous la protection nuance.
-Je savais que tu étais derrière tout sa.
-Je le fais pour ton bien, tu es trop fière, trop méfiante et trop butée pour demander de l'aide.
-Accordé. Et toi ?
-Moi ? Ils n'ont rien et ne savent rien sur moi. Je ne suis pas grand-chose pour eux, même pas l'ombre d'une menace. Ils ne me feront rien.
Arizona la regarda attentivement pour la première fois depuis son arrivée. Son amie était fatiguée sa ne faisait aucun doute. Elle vit une boite d'anxiolytique posée sur la table du salon.
-J'ai finit par accepter son aide.
-Vraiment ! Fit Teddy en se tournant vers elle, visiblement très surprise.
-Oui vraiment. Je veux que tu viennes avec moi. Que tu vives chez Meredith le temps que sa se calme.
-Non, non, c'est bon. Je vais bien.
-Si j'arrive à accepter de l'aide, tu peux également le faire. Tu n'as aucune protection ici.
-J'ai une arme à feu !
-Tu es incapable de tirer.
Elles restèrent un moment silencieuse. Puis Arizona adopta un ton grave.
-Teddy, s'ils apprennent que tu es lié à moi, ils te feront du mal. Pas parce que tu es une menace, mais parce qu'ils pourront m'atteindre à travers leurs actes. Et sa, sa n'arrivera pas.
Teddy savait très bien à quoi pensait Arizona en disant cela.
-Si je vais chez ta sœur, Torres saura qu'on est lier.
-Elle le sait surement déjà.
-Tu comptes tout lui dire ?
-Je n'en sais rien. Il y a quelque chose qui me dit que je peux me reposer un peu sur elle. Mais, je ne suis pas vraiment prête à lui faire pleinement confiance. Elle a convaincu Marc d'amener Roxanne au parc !
-Je sais, Il est passé. Le pauvre n'avait pas le moral.
-Je vais le faire attendre encore un ou deux jours, sa lui apprendra.
-Callie est son amie et…
-N'oses même pas le défendre. Dit-elle en ponctuant ses mots de son index.
-Bon prend quelques affaires et on y va.
C'est dans le plus grands silence qu'Arizona conduit Teddy jusqu'à chez sa sœur. Elle l'accompagna jusqu'à sa chambre.
-Tu n'as cas dormir là ce soir. J'irai dormir avec Roxanne. Demain on te préparera la chambre d'ami.
Teddy s'assit sur le lit, passant un rapide regard sur la salle. Elle était déjà venue ici lorsqu'elles étaient étudiantes. Cette maison était alors, celle de la Mère de Meredith et Arizona. Cette pièce était tout simplement la chambre de l'époque D'Arizona.
Son regard s'arrêta sur la même photo qu'elle avait dans son bureau. Arizona suivant son regard, prit le cadre entre ses mains et sourit tristement à l'image. Elle le posa sur la table de chevet, caressant du bout des doigts le sourire de la jeune demoiselle entre elle et Teddy.
Puis elle se tourna vers Teddy et lui chuchota : « Tout ira bien ! ». Elle-même peu convaincu par ses dires, elle préféra se retirer avant que l'ambiance ne s'alourdisse encore plus.
Elle entra à pas feutrer dans la chambre de sa fille. Roxanne dormait à point fermé. Pendant un long moment elle resta la regarder, observant attentivement l'abdomen de l'endormit se soulever au rythme de sa respiration. Elle avait tellement de choses sur son esprit, qu'elle ne parvenait plus à réfléchir.
L'aide de Callie ne serait peut être pas une si mauvaise chose que sa après tout. C'est sur cette pensé qu'elle se glissa dans le lit de l'enfant l'entourant de ses bras. Et comme quelques minutes auparavant elle lui chuchota : « Tout ira bien ». Avant de déposer un doux baiser sur son front.
