( 18 04 08 ) Bonjour ! Je sais, je suis inexcusable pour cette si longue attente. Mais le voilà enfin, ce chapitre numéro dix ! Merci beaucoup pour tout vos encouragements dans les reviews, ça me fait vraiment plaisir, et ça donne du punch quand j'ai un peu ( voire beaucoup ) la flemme d'écrire cette fan fiction. Donc merci, merci et encore merci !
Hormis Tanja, Wolfang, Allan et Zéphyr, l'univers et les personnages appartiennent à Christopher Paolini.
Chapitre 10
Vol de Nuit
Murtagh connaissait la déception, ce sentiment amer qui sert le cœur tel un étau de fer chaud. Durant son enfance et son adolescence, on l'avait souvent déçu. Les Autres, par leurs paroles et leurs actes, ou au contraire leurs non – actes l'avaient déçu, indigne de la confiance qu'il leur avait accordé. Car Murtagh, fort jeune et plein d'espoir à cette époque avait accordé sa confiance par trois fois. Deux déceptions, une mort.
Le premier, était Galbatorix, unique ami et maître de son décédé père. Le Roi lui avait promis un royaume magnifique et prospère, où Murtagh aurait richesse et gloire. Mais grandissant trop vite dans cet univers cruel et violent, l'orphelin avait finit par comprendre que ce beau discours n'était qu'illusion. C'était le désarroi qui avait alors accompagné la déception de la trahison. Des années de mensonges brisées. Une enfance illusoire qui s'écroule, basée sur de faux rêves.
Le second, c'était Tornac. Mais cet arrêt de confiance était prématuré. Ni la trahison, ni la déception ne pouvait être de son œuvre. Il avait été le père que l'adolescent n'avait jamais eu. Grâce à lui, Murtagh était l'homme qu'il était à présent, ou plutôt qu'il fut. Car à cette heure, Murtagh n'était rien de plus qu'un simple objet de guerre, un petit jouet sur lequel on se défoule les jours de grande colère. C'est Tornac qui l'avait sorti du doute et de la perdition. Tornac qui l'avait aidé à se reconstruire. Tornac qui avait supporté les cris de colère du futur dragonnier à son entrée dans l'adolescence. Tornac qui connaissait tout de Murtagh. Qui anticipait chacun de ses actes et connaissait ses pensées les plus profondes et secrètes. Tel un père pour son fils, c'est Tornac qui lui épongeait le front quand il avait de la fièvre. C'est lui qui lui enseignait l'art de l'escrime et les baies à ne pas manger lorsque l'on est en forêt. Mais tragiquement, ce maître d'armes juste et bienveillant mourut, en emportant dans sa tombe tout le respect et la confiance que Murtagh était capable de donner.
Eragon était le troisième. Bien que la relation installée entre les deux frère fut légère et jamais vraiment bien approfondie, Murtagh comptait sur son cadet. Un lien de confiance et d'amitié, l'un des tous premiers, était né entre les deux hommes, malgré leurs différents. Mais tout cela c'était finit sur une belle déception. Regorgeant d'orgueil certes, mais le parjure en été sortit déçu. Eragon avait été si faible, si pitoyable le soir de la bataille sur les Plaines Brûlantes. Comme le dernier des lâches, il avait demandé la pitié ce jour là. Il avait après tout peut être eu raison car Murtagh la lui avait accordé. Lui laisser la vie sauve était le seul et dernier acte bienveillant qu'il pourrait accorder à son frère. Le dernier, avant de nouveaux serments.
Oui, la déception et la perte de confiance d'un être dans lequel il avait placé quelques espoirs de bonheur ou juste de satisfaction lui été connu. Mais le sentiment qui l'envahissait à cet instant, le degrés de déception qui coulait dans ses veines, lui brûlant le cœur, était indescriptible. Il avait été utilisé, manipulé par cette gamine inexperte. Cette fille en qui il avait placé quelques espoirs de tranquillité l'avait trahi. Elle s'était jouée de lui ; et lui, comme le dernier des idiots, s'était laissé avoir.
-« Sombre crétin … » murmura t il pour lui même.
-Ce n'est pas toi qui souhaitait l'aider ? interrogea Thorn d'un ton moqueur dans l'esprit furieux de son dragonnier
- « Elle s'est servie de moi ! s'exclama le brun ! Elle.. elle m'a utilisé comme … »
- Comme tu l'aurais fait si tu avait été dans la même situation, acheva le dragon rouge.
De rage, Murtagh ne dit rien Thorn avait raison, et le dragonnier le savait Il s'imagina un instant prisonnier une nouvelle fois chez les Vardens, avec cependant son statut de traître. Si il n'était pas mort, il aurait en effet réagit comme la varden. Comme Tanja.
Mais tout de même, il souhaitait la tuer, la faire souffrir. La colère coulait dans ses veines, rongeant la douleur de son épaule blessée Son unique objectif était d'attraper Tanja.
Tanja...
La vitesse lui sifflait dans les oreilles. Le jour se lèverai dans quelques heures, et il fallait qui la rattrape. A cette pensée, il grimaça de fureur. Murtagh essaya en vain de contrôler les émotions dévastatrices qui l'habitaient.
- Arrête de te faire du mal, Murtagh ! Tu sais parfaitement que tu ne souhaites pas la tuer ! Sa mort te ferrai souffrir plus qu'autre chose… murmura Thorn de sa voix rauque. Tu a des penchants sado-masochistes ou quoi ?
Le dragonnier grogna en guise de réponse. Evidement qu'il ne voulait pas la tuer. Mais son impulsivité, cadeau de son père, le lui permettait. Et passer ses nerfs sur la cause même de sa fureur était un bon moyen de se calmer.
- « Dans quoi on s'est encore fourrés Thorn ! »grogna le jeune brun.
Thorn ria sombrement. Tout deux savaient ce qui les attendaient. La torture pour les deux compagnons et la mort pour Tanja, si il la rattrapait. Sa faiblesse la condamnait. Le roi allait la tuer et lui, était obligé de la lui livrer. Murtagh évalua à contre cœur les chances qu'il avait de rattraper la jeune Varden. Elle était parti une quinzaine de minutes avant lui et jouerai de l'obscurité. Mais elle allait devoir s'arrêter à un moment ou à un autre, et un dragon émeraude dans l'aube naissante est bien loin d'être discret …
Murtagh s'était calmé. Sa respiration, auparavant saccadée par la fureur, s'était ralentie au fil de ses longues expirations. Touts sentiments nocifs s'était finalement échappés de son corps pour donner naissance à l'appréhension d'attraper Tanja. Une appréhension terrible. A la fois jouissive et maladive. Où tout cela les mèneront ils ? Le jeune homme resserra davantage ses cuisses autour de la selle de cuir et frissonna légèrement au contact de l'air humide sur son torse nu.
Le temps passa, lent et silencieux, et aucun dragon n'apparaissait à l'horizon. Perdu dans ses pensées, Murtagh se mordit la lèvre, tandis que Thorn riait dans sa barbe.
- Ha ha, je ne crois pas qu'elle se soit forcée, Murtagh … Se moqua le dragon.
- « Hum… » grogna ce dernier peu convaincu.
- Murtagh ! s'exclama le dragon. Tu n'es pas pourtant novice dans la matière. Tu as vu mieux que moi l'état dans lequel tu la mise. On ne fait pas semblant à ce jeu là. Et puis elle est beaucoup trop candide pour cela. Non non non, fit la bête rougeoyante, si tu veux mon avis, elle a du reprendre ses esprits un instant et a profité de la brèche qui s'offrait à elle. Et puis tu n'es pas non plus innocent dans la situation. On peut même dire que tu es responsable de tout cela !
- « Thorn ! » s'exclama le garçon, outré.
- Tu parles ! rigola le dragon. « Ta compagnie m'est agréable gnangnangnan … » Non mais on aura tout vu. Tu sais pertinemment qu'elle en pince pour toi ! Tu l'as bien cherché !
- « Je lui ai plutôt rendu service ! Et puis le meilleur moyen de se débarrasser d'une tentation, c'est de si soumettre. »
Thorn ricana un bref instant, même si il n'était pas tout à fait satisfait des réponses de son dragonnier. Murtagh avait encore tant de choses à apprendre. Il se demandait même si les humains devenait un jour sage. Murtagh quand à lui, chassa ses pensées futiles de son esprit. Après tout, il avait des choses plus graves à penser que ces histoires d'adolescents.
Néanmoins …
Murtagh soupira, affligeai de son propre comportement.
« Maudite Varden » songea t il.
A quelques lieues de là, Zéphyr survolait la plaine en direction du Sud Est, à la recherche du bois de pins et de Hêtres, précédemment décrit par Wolfang. La dragonnière, plongée dans un mutisme profond depuis son départ, se laissait aller dans une semi inconscience, surveillant vaguement le paysage flou qui défilait. Elle n'avait pas soigné ses plaies. Elle n'avait eu ni la force, ni le courage. Le sang coulait encore un peu des entailles sur ses bras et sa poitrine. A quoi bon, elle ne sentait pas la douleur. Complètement déconnectée.
- Tanja … murmura enfin Zéphyr, brisant le silence trop lourd.
La jeune fille émit un grognement rauque signifiant qu'elle entendait.
- Essaye un peu de te réjouir. Tu vas retrouver les tiens … fais semblant d'être contente, que nous n'aillons pas fait tout ça pour rien.
Pour rien, oui. En espérant que tout ça est servi à quelque chose de conséquent. Le monde allait changer, elle n'en doutait pas une seconde mais comment ? Et à quel prix ?
- Oui, finit elle par lancer dans l'esprit de Zéphyr, l'air faussement enjoué. Nous sommes libres à présent. Libres comme l'air
Le dragon d'émeraude acquiesça mais si il avait perçu l'amertume dans la voix de l'adolescente. Elle avait cessé de pleurer, c'était une déjà une bonne chose. Il n'aimait pas voir la jeune fille en pleurs. Surtout pour un homme qui faisait d'elle presque tout ce qu'il voulait. Mais il respectait ses choix, tout comme Tanja acceptait ses réflexions et ses pensées, même quand elles différaient des siennes.
- Tanja, dis toi que la fin justifie les mo… recommença Zéphyr
- Non, la fin ne justifie rien du tout. Les gens n'oublient pas tout. Murtagh n'oubliera pas. Je l'ai trahi, j'ai brisé le fragile lien qui nous unissait. Je suis une véritable salope. Tu réalises ce que j'ai fait ! Je me dégoûte moi même.
- Ce qui est fait est fait Tan'. Tu ne pourra rien y changer.
- Oui, je sais. Et c'est ça le pire. Enfin il est vivant. J'ai été bien orgueilleuse de croire que je l'avait tué. Moi, tuer Murtagh !
L'adolescente ricana amèrement un instant. Elle croyait paraître forte, mais il n'en n'était rien. Elle avait le cœur déchiré et cela ce voyait sur chacun de ses traits. Malgré ses efforts pour le chasser, le visage furieux de Murtagh qui hurlait son nom restait gravé dans sa mémoire. Elle soupira. Zéphyr avait raison. Ce qui était fait, était fait. Et c'est ce qui avait le mieux à faire. Il ne lui restai plus qu'a ce convaincre que Murtagh était un personnage horrible et monstrueux, un traître répugnant qui méritait cette trahison. Mais cela aller être très, très compliqué.
- Je peux t'aider si tu veux. Te dresser une liste de tout ce qu'il t'as fait endurer durant ta captivité. Et puis il y a Eragon. C'est son frère, c'est presque pareil.
- Ahh par Vrael ! Zéphyr, tais toi. Personne n'égale Murtagh.
- Ce n'est pas la bonne technique pour te débarrasser de lui, si tu veux mon avis. Essaye de retrouver la haine que tu avais pour lui au début …
La jeune dragonnière ne répondit pas. . Elle s'efforça de faire le point malgré son désarroi et son esprit embrouillé. Ils étaient libres, seraient bientôt en compagnie d'Allan et Wolfang, échapperaient à Murtagh car ce dernier, si pas trop amoché les poursuivait, irai vers le sud, vers le Surda, et non vers le sud est…
Elle avait agi comme la dragonnière des Vardens. Et non comme Tanja De Troil. Elle n'avait fait que son devoir ….
C'est ça, trouve toi des excuses, gamine, articula t elle pour elle même.
Puis, à l'horizon, apparu des brumes matinales un petit bois. Les deux compagnons de se dirent rien même si dans leurs esprits l'espoir et l'appréhension fourmillaient. Ils survolèrent la canopée, frôlant la cime des pins, à la recherche d'une quelconque lueur qui aurai pu signaler la présence des deux Vardens. Apres plusieurs passages, Zéphyr en repéra une enfin, vacillante dans une clairière.
Une impulsion de ses grandes ailes translucides et il entama la descente. L'atterrissage se fit difficilement : le dragon n'avait pour habitude que d'atterrir dans la cour pavé du palais.
« Je crois que nous allons devoir suivre un nouvel entraînement, Zéphyr », souffla la dragonnière dans l'esprit de la bête.
Le dragon ne répondit rien, concentré, et légèrement vexé aussi. Tanja bondit se le sol en se réceptionnant sur son genou. Elle avala sa salive et saisit sa sacoche débordante de victuailles pour la mettre autour de son cou. Puis, expirant lentement pour chasser l'angoisse et le chagrin qui l'habitait depuis maintenant trop longtemps, elle tapota comme le plus naturellement du monde l'encolure verdoyante de son dragon.
Ce dernier l'interrogea du regard.
« Rien » fit Tanja, très concentrée. « J'applique une toute nouvelle méthode. L'amnésie imaginaire… »
- La trahison ne te réussit pas trop on dirai…
- Mais quelle trahison ? interrogea l'adolescente
- Par Vrael, ma dragonnière est complètement folle.
- Ca marche bien n'est ce pas ?
Tanja était vraiment douée pour évacuer tout ce qui pouvait lui nuire moralement. Un peu trop peut être. Cette habitude d'ignorer la réalité finirai sûrement par lui retombait dessus. Mais peu importe. Elle n'était pas encore là.
Zéphyr à ses cotés, elle s'approcha doucement de la clairière dans laquelle crépitait un petit feu. Deux hommes étaient assis. L'un, encapuchonné dans une cape pourpre, semblait dormir tandis que l'autre lançait négligemment des bouts de bois dans les flammes.
Zéphyr et Tanja s'arrêtèrent derrière le tronc d'un gros pin, même si le dragon, toujours aussi brillant malgré l'obscurité, était loin de passer inaperçu.
« C'est eux. » fit elle dans l'esprit de son dragon « C'est Allan qui est de dos, et là bas » continua t elle en montrant du doigt a silhouette encapuchonnée « c'est Wolfang »
Elle sonda un instant les environs en cherchant toute intentions malveillante, mais hormis eux quatre et quelques écureuils et oiseaux sauvage, il n'y avait pas âme qui vive. Restant tout de même prudente, Tanja s'avança lentement vers le rouquin. Ce dernier l'entendit arriver, et méfiant, se retourna brusquement, son épée à la main.
Reconnaissant la jeune fille, il abandonna son arme sur le sol et serra maladroitement Tanja dans ses bras. Son étreinte s'affirma soudainement à l'arrivée de Zéphyr qui sortait du couvert des arbres.
- Oh, fit le jeune Varden. Il est vraiment beau.
Je suis Zéphyr, répondit l'intéressé dans l'esprit du rouquin
Ce dernier sursauta mais finit par s'habituer aux intonations graves et reposantes de Zéphyr.
La dragonnière quand a elle s'était approchée de Wolfang. Malgré sa discrétion pour ne pas faire de bruit, il se réveilla et lui sauta dessus en éclatant de rire.
« Ha ha ! Tan ! Je savais que tu arriverais à planter ce crétin ! »
Ton frère à autant de délicatesse que toi … fit Zéphyr dans l'esprit de la jeune fille.
« Chuut » fit elle dans l'esprit du dragon. « Ne me force pas à aborder ce sujet avec lui. Du moins pas maintenant. »
Wolfang serra davantage sa sœur contre son torse la sentant tremblait.
« Pas trop de mal ? » demanda t il, même si il n'attendait pas de réponse de sa part.
Curieusement, Tanja se semblait renaître dans les bras de Wolfang. Toutes les forces qui l'avaient précédemment abandonné revenait en elle comme si elles avaient toujours étaient là, intouchables et inébranlables.
Quelques heures plus tard, elle était soignée, habillée de façon plus présentable qu'auparavant et avait, par l'intermédiaire de Zéphyr, raconté les quelques mois qu'elle avait passé au château. Cependant, ils passèrent sous silence les divers éléments qui touchait de trop prés l'intimité de la jeune fille. Les deux Vardens ne furent pas dupes mais ne demandèrent rien à propos de Murtagh, ni comment elle avait déjoué la surveillance du parjure. A la tombée de la nuit, les trois adolescents se mirent en route. Allan et Wolfang n'avaient pas de cheval, et comme Zéphyr était trop jeune pour les transporter tous les trois, ils feraient donc le périple jusqu'au Surda à pied.
- Comme dans le bon vieux temps ! lança Allan de son imperturbable optimisme.
Tanja lâcha un sourire à son compagnon. Comme le temps où ils vagabondaient insouciants sur les routes lui paraissait loin. Sans cesse à la recherche d'aventures pour prouver leur courage et leur responsabilité aux membres du Conseil Varden, ils avaient parcourent l'Alagaesia en long et en large durant deux bonnes années. Du Du Weldenvarden aux Beors en passant par la mystérieuse Crète et le désert du Hadarac, ils avaient affronté bon nombre de danger qui, à présent, faisait d'eux les agents les plus jeunes du peuple rebelle.
Fin du chapitre 10. Reviews !
