Sirius et Severus VI

Disclaimer : Tout est à JKR et je ne tire aucun profit de cette histoire.

Avertissement : Ceci est un slash, càd une histoire d'amour entre homosexuels. Homophobes s'abstenir.

Pairing : SB/SS, DM/HP + quelques autres couples sous-entendus.

Note de l'autrice : Ben voilà, après de grosses hésitations quant à si j'allais vous donner ce chapitre aujourd'hui ou la semaine suivante, j'ai décidé que je ne pouvais quand même pas vous priver de ça. Chui gentille, hein ? Bref, la réminiscence est courte et le chapitre est... long (fatalement). Vous assisterez au prometteur début du bal tant attendu et à... Un certain rapprochement entre X et Y ? Bref, décerné à Zazou qui est juste à côté de moi à ce moment, le dixième chapitre. On est à la moitié héhé! J'espère qu'il vous plaira.

Pour les reviews, j'y répondrai dimanche et encore merci pour tous vos encouragements vu que c'est grace à eux que ce chapitre est là aujourd'hui. Noyeux carnaval !


C'était une nouvelle époque. Il était « mort » tué par le petit Potter sans que personne n'y comprenne quelque chose. 11 ans d'horreur sous Son joug et au sommet de sa puissance, Il était mis en défaite par un môme d'à peine un an. Il n'y avait que deux réactions possibles. L'incompréhension majoritairement partagée par mes ex-compagnons de crimes Mangemorts ou du moins par ceux qui admettaient Sa « mort ». La réjouissance, sentiment bien plus répandu, dans l'autre camp. Mon camp, je devrais dire. Mais personnellement j'étais partagé entre le soulagement, l'incompréhension et la tristesse. Le soulagement car je n'aurais plus à endosser ce rôle de double agent avec son compte de risques et de pression. Même si je restais convaincu qu'Il n'était pas vraiment mort (un tel homme pouvait-il mourir ?), qu'il était simplement quelque part, affaibli à attendre son heure. Soulagé aussi d'avoir changé de camp à temps. Quelques mois plus tard, et j'aurais été jugé et emprisonné.Triste parce que le premier but de mon changement de camp avait été de protéger Lily de cette prophétie. Au final, j'avais échoué et elle et Potter étaient morts. Pas de regrets pour ce dernier mais j'étais… Enfin, la mort de Lily m'avait abattu comme pour beaucoup. Eux au moins, avaient la chance de ne pas ressentir de culpabilité face à cela. Peut-être arriverais-je à vivre avec un jour… Quant à l'incompréhension, elle était double. D'une part, j'étais littéralement sur le cul quant à la façon dont Il avait disparu. Si l'on tenait compte de la prophétie, c'était plutôt logique mais je n'avais jamais accordé beaucoup de crédit à cette part de la magie. D'autre part, la plupart de mon incompréhension portait sur Black. L'espion Black, l'assassin indirect de ses meilleurs amis. Mais comment cela était-il possible ? S'il y avait bien quelque chose que je pensais savoir sur lui, c'était qu'il tenait énormément à Potter et il le trahissait ? Malgré les preuves, malgré la conviction de Dumbledore lui-même, j'avais énormément de mal à y croire. Black du côté de Voldemort, c'était presque aussi incroyable que le tour de force du fils Potter…

On fêtait toujours Sa mort à travers toute l'Angleterre, et déjà, on jugeait les supposés ou avoués Mangemorts. Bellatrix, son mari et le fils Croupton avaient eu l'idée stupide de se dévoiler publiquement, affirmant qu'Il n'était pas mort, qu'ils Lui resteraient fidèles jusqu'au bout. Tant de stupidité de la part de Bella… Une preuve de plus des changements qu'avaient provoqués en elle le Seigneur des Ténèbres… Lucius n'avait pas eu la même dévotion et c'était heureux. Narcissa n'aurait certainement pas survécu à cela. Avec un peu de chance, il redeviendrait le Lucius d'auparavant et s'occuperait enfin d'elle et de Draco. Je l'espérais pour eux. Quant à Black…

Tout, jusqu'à ses derniers agissements, étaient contre lui. Tuer Pettigrow. Non, vraiment, j'avais du mal à admettre toute cette histoire. Dire que jusqu'à quelques semaines auparavant, j'étais persuadé que ce fameux espion n'était autre que Pettigrow lui-même. Les apparences peuvent-elles être aussi trompeuses ? Je ne devrais pas me poser la question, moi, le Maitre des apparences.

Mais justement, comment Black avait-il pu m'abuser, nous abuser, à ce point ?

J'aurais voulu lui parler un moment avant l'audience, mais je pouvais toujours rêver. A la limite, Dumbledore aurait pu mais lui-même était convaincu de la culpabilité de Black. Surement aussi sous le choc.

Je m'étais rendu à son procès. J'avais besoin de le voir par mes yeux pour le croire. Il a duré dix minutes, au maximum. Les preuves étaient accablantes, des dizaines de moldus avaient assistés à la scène, vraiment tout était contre lui. Il n'a pas dit un mot, même lorsqu'on lui a demandé. Il est resté au milieu de la salle d'audience, attaché au fauteuil, ses yeux fixant le vide comme s'il ne réalisait pas vraiment où il était. Ce n'était pas un comportement logique. Après l'assassinat des Potter et de Pettigrow, il aurait du soit hurler son innocence ou, à l'image de Bellatrix, affirmer son allégeance. On m'a rapporté qu'il avait rit comme un dément après avoir tué son ancien ami. La folie ne pouvait pas être l'explication. La veille de cette fameuse nuit ou Il avait été défait, Black avait été égal à lui-même, lucide.

Avec les antécédents de Black, notamment sa tentative ignoble d'assassinat sur ma personne que je n'avais évidemment toujours pas digérée, j'aurais du y croire. Et pourtant…

Il a été emprisonné à vie à Askaban, sans surprise. Croupton n'était pas le genre à accorder à des gens comme lui la peine « facile » qu'était le baiser du mangemort. Le laisser croupir là-bas jusqu'à la mort dans la peur omniprésente semblait la seule peine appropriée à ce genre de personne. Beaucoup étaient de son avis.

- Jusqu'au bout, il nous aura trompés, marmonna Narcissa, Draco dans ses bras, en quittant le ministère à mes côtés.

Au début, elle avait hurlé à l'erreur judiciaire mais comme pour beaucoup, le témoignage de Dumbledore l'avait finalement convaincue.

- C'est difficile à croire, non ? commençai-je. Que Black puisse s'allier à… Lui et lui livrer les Potter.

- Oui, très, mais tu as entendu Dumbledore comme moi. Il était le Gardien du Secret. Quand je pense que c'était le parrain du petit Harry...

Elle m'a regardé faisant à tous les coups la comparaison entre Black et moi. J'étais le parrain de son fils après tout. Merlin merci, elle ne semblait pas penser que je pourrais faire de même. Mais qui pourrait faire de même? Qui pourrait faire cela tout court en fait ? Une personne ignoble mais Black n'était pas si ignoble que cela n'est ce pas ? Apparement, si.

Je devais me faire une raison. Au jeu des apparences, Black avait été le plus fort et nous l'avions tous cru…


Severus se réveilla avec le mal detête du siècle. Il resta un temps indéterminé les yeux fermés, la douleur lui vrillant les tempes, avant d'oser les ouvrir. Il constata directement qu'il était dans une chambre inconnue, une de l'hôpital Ste Mangouste, certainement. Il reconnaissait l'odeur caractéristique de l'endroit. Il se redressa légèrement et tourna la tête vers le poids qu'il sentait sur ses jambes. Ses yeux s'agrandirent de surpriselorsqu'il reconnut, allongé et endormi à moitié sur son lit, Sirius Black. Mais qu'est ce que Black foutait là ?

Brusquement, la mémoire lui revint...

Flash-back, le retour

La première nuit avait été pénible mais rien en comparaison de la seconde. Dès son arrivée, le Maitre avait tenu à le voir pour lui expliquer ce qu'il attendait de lui. Il voulait simplement que Severus travaille avec Macnair et quelques autres mangemorts sur un travail qui Lui tenait particulièrement à cœur et qu'Il voulait achevé pour le lendemain soir, au plus tard. Sans poser de questions, Severus s'était attelé à la tache et avait été assez surpris de sa nature. Elle portait sur les sortilèges d'Ancienne Magie et sur la manière de les briser. Macnair et les autres étant d'une débilité confondant, il avait accompli la plupart du travail de recherche seul. Qu'importe, il était plutôt content que ce travail n'aie pas de rapport direct avec les rêves de Potter. Cela lui avait pris une bonne partie de la nuit et toute sa journée. C'était assez étonnant de Sa part de mettre en péril sa condition « d'agent infiltré » en le gardant plus d'une soirée. Evidemment, Dumbledore ne lui en tiendrait pas rigueur et Il le savait mais c'était néanmoins la première fois qu'il lui demandait autant. Il devait vraiment être mal entouré. Ce n'était que le second soir où il avait compris la raison de cette recherche. Le maître avait insisté pour que Severus assiste à la séance de torture mentale désormais quotidienne qu'Il infligeait à Potter. Severus avait bien sur accepté et caché sous son masque, il avait attendu l'arrivée de la victime du jour. Dès que Macnair l'avait traînée dans la pièce, il l'avait reconnu. Il ne l'avait vu qu'une seule fois, sur une photo moldue qui plus est et avec quelques années de moins,mais il n'y avait aucun doute. La personne qu'Il avait prévu de torturer ce soir là n'était autre que Pétunia Evans, la tante de Potter. C'était la raison de la recherche, Il voulait briser les sorts de protection mis en place par Dumbledore. Severus était en quelque sorte le responsable de la présence de Pétunia ici. La surprise et l'horreur n'effleurèrent qu'à peine son visage, heureusement caché partiellement par le masque. Le Maitre n'était pas une personne stupide et sa présence ce soir ainsi que celle de Pétunia n'était pas le fruit d'un hasard malheureux. Il avait toujours eu des soupçons sur Severus et ses liens avec Lily Evans. De toute évidence, en plus de torturer Potter, Il avait décidé de mettre son Mangemort à l'épreuve. La séance de torture lui paru durer une éternité. Il serra les poings à s'en blesser les paumes sans faire le moindre geste et en se maudissant pour cela. Mais que pouvait-il faire d'autre ? Il espéra simplement tout au long de la séance qu'elle s'achève enfin, que le test soit terminé. Mais Il n'en avait pas décidé ainsi. A un moment donné, après une horrible série de Doloris, Il abaissa sa baguette, un sourire hideux déformant son visage déjà passablement horrifique. Il se tourna vers Severus et dit deux mots qui glacèrent le Mangemort d'horreur :

- Prends là.

C'était sans équivoque. Il lui demandait de la violer et s'il ne le faisait pas…

Sachant déjà que son choix était fait, il essaya de rester de marbre et hocha la tête douloureusement. A cet instant, le visage de Voldemortse convulsa, le rendant plus affreuxencore qu'il ne l'était déjàet c'est la voix de Potter qui s'échappa de ses lèvres :

- Ne la touchez pas !

Potter avait du faire preuve d'une volonté hallucinante pour prendre le contrôle du plus grand Legimens que le monde ait jamais porté. Mais il n'avait pas le tempsde s'extasier.Severus profita de cet instant pour lancer un sort de sa composition à son Maitre. La prise de contrôle momentanée de Potter sur son corps et le fait que le sort qu'on lui lançait lui était totalement inconnu ne laissa pas au Maitre l'occasion de se défendre et il le prit en pleine face. Il tomba.Cela ne durerait pas longtemps, il en fallait bien plus pour Le mettre à terre, mais c'était assez pour permettre à Severus d'attraper le bras de la femme, évanouie, et de transplaner jusqu'à Pré-Au-Lard. Il ne fut de toute évidence pas assez rapide car un sort l'atteint d'il ne sait où et lorsqu'ilapparutdans levillage sorcier, il était blessé. Il avait atterri au Trois Balais. Sans vraiment réfléchir, sachant seulement qu'il devait trouver de l'aide, il prit la poudre de cheminette et se rendit au Manoir Malfoy.

Il se rapellait avoir attendu de longues minutes dans l'antichambre, perdant son sang et ses esprits en même temps quand Black était apparu. Laissant de côté sa surprise, il avait essayé de le prévenir de ce que Potter s'apprétait certainement à faire au moment même et puis, il avait du perdre connaissance.

Fin du flash-back

Encore troublé par ses souvenirs, Severus jeta un regard circulaire et constata qu'en plus de Black, Lupin et Narcissa étaient également endormis dans les bras l'un de l'autre. Ne s'attardant pas à leur position plus qu'étrange, il regarda le lit voisin et reconnut avec un soupir de soulagement Pétunia Evans et son neveu. Elle allait bien et Potter n'avait pas couru dans la gueule du Seigneur des Ténèbres. Il avait réussi…

Mais maintenant, il était officiellement un traître. Autant dire qu'il était mort. Enfin, pasencore, il n'y avait pas de lieu plus sur que Poudlard mais quand viendrait la fin de l'année…

Il préférait ne pas y penser.

Black remua légèrement et raffermi sa prise autour de sa main.

… De sa main ?

Severus regarda sa main et constata qu'en effet, Black la serrait entre ses doigts. Il resta à contempler un momentleurs deux mains enlacées, son ventre fourmillant pour Merlin sait quelle raison. Il esquissa un geste pour la retirer mais se ravisa au dernier moment. La main de Sirius était chaude et… réconfortante. Son regard dévia vers le visage de l'endormi. Ses mèches lui retombaient sur le visage empreint d'une expression sereine qu'il n'aurait jamais eu s'il avait été réveillé et face à lui. Severus se surprit à espérer que Black ne se réveille pas trop vite…

Était-ce le choc de la nuit éprouvant qu'il avait vécu ou autre chose ? Il préférait ne pas trop y penser et profiter simplement de ce sentiment envahissant…

Il caressa sans s'en rendre compte, du bout des doigts la main de son ennemi et remarqua enfin les vêtements plus qu'étranges qu'il portait. Un sourire infime naquit sur son visage. Avec cet accoutrement et ses cheveux lâchés de cette manière, Black aurait presque ressemblé à une fille.

Mais malheureusement pour Severus, Black se réveilla peu après et semblant se rappeler de l'endroit où il se trouvait et des circonstances qui l'y avaient amenés, il plongea son regard dans celui de l'ex espion désormais. Severus soutint son regard. Des dizaines de répliques cinglantes passaient dans sa tête mais aucune ne sortit de sa bouche. Black se redressa lentement et son regard dévia jusqu'à leurs mains. Même dans la pénombre, Severus put le voir rougir. Il sourit, amusé. Black le regarda à nouveau, semblant perdu et finalement, retira sa main et se leva. Ce fut au tour de Severus de rougir légèrement en réalisant qu'il avait continué à caresser sa main même lorsqu'il s'était réveillé. Pour cacher son trouble et pour mettre fin au silence gênant qui s'était installé, il demanda :

- Tu te travestis maintenant, Black ?

Black jeta un regard à ses vêtements et soupira, excédé :

- Une lubie de Narcissa.

- Ça te donne un charme féminin non négligeable, se moqua-t-il.

Black lui jeta un regard noir. Il décida de changer de sujet. Il ne voulait pas envenimer la situation.

- Ça fait longtemps que je suis endormi ?

Black passa sa main dans ses cheveux, signe révélateur qu'il était un peu nerveux et répondit :

- Je ne sais pas.

C'était une réponse claire. Severus leva les yeux au ciel, déjà exaspéré. Black, lui, jeta un regard à Narcissa et Remus enlacés tendrement.

- J'ai des scrupules à les réveiller, avoua-t-il. Qui aurait cru que Remus et ma cousine… ?

- Ils sont ensemble ? s'étonna Severus.

Il avait toujours pensé que Remus était avec Black.

- Ils étaient sur le point d'avouer quand tu es… arrivé.

- Je pensais que tu étais avec Remus, dit-il sans vraiment le vouloir.

Black se retourna vers lui, l'air halluciné.

- Moi et Remus ? Je n'ose pas demander ce qui a bien pu te faire penser un truc pareil, Snape.

- J'ai vu une photo de vous… Explicite à Square Grimmaud.

L'ex-Gryffondor fronça les sourcils de consternation avant de s'exclamer, l'air victorieux :

- Ah ! Tu as du tomber sur une des photos trafiquées que j'avais faites pour faire enrager ma mère !

Alors tout ce temps, il n'y avait rien eu entre lui et Lupin ? Mais alors l'autre matin, quand Black s'était ramené dans ses appartements débraillés après une vraisemblable nuit de débauche, avec qui était-il ?

Severus repoussa ses pensées. C'était franchement pas le moment de se préoccuper de conneries comme ça. Même s'il était inexplicablement ravi de cette nouvelle information.

- Pauvre Cisthéna… marmonna-t-il, bêtement.

Son cerveau s'était fait la malle avec la dernière phrase de son interlocuteur.

- Il n'y a bien que toi pour dire un truc pareil, grogna l'autre, qui ne partageait bien sur pas son avis.

- Ta mère enrageait déjà assez sans que tu en rajoutes, stupide gryffondor.

- J'étais effectivement stupide, concéda Black, un sourire aux lèvres.

- Était ? le nargua Severus plus par habitude que par véritable envie.

Il leva les yeux au ciel avant de déclarer :

- Je vois que tu redeviens égal à toi-même, Snape. C'est bon signe. Nous étions inquiets.

- Nous ?

Black le regarda longuement avant de répondre, la tête penchée et un sourire plus penaud qu'autre chose étiré sur son visage :

- Ouais, nous.

Un sourire impossible à contenir naquit sur ses lèvres et il détourna la tête vers Pétunia et son neveu pour sauver la face.

- Tu as réussi à retenir Potter de partir voir… l'autre.

- Mouais. Grâce à toi…

- C'est une sorte de « merci » ou je deviens fou ?

- Tu deviens fou.

Severus retourna la tête vers Black en levant les yeux au ciel.

- Tu m'emmerdes Black ! Quelle heure est-il ?

- 16 heures, répondit-il après avoir jeté un sort quelconque pour obtenir l'heure. Tu seras sur pied pour ce soir ?

- Je ne manquerais ça pour rien au monde, dit-il avec un sourire diabolique.

- Après tout c'est de ta faute si nous sommes liés à cette promesse stupide.

- Tu m'insultes, Black. M'accompagner à un bal n'est pas la fin du monde.

- Sur ce point, nos avis divergent grandement, Snape.

Leur conversation même faite à voix basse du réveiller Narcissa. Elle se releva immédiatement et se précipita au chevet de son meilleur ami, inquiète ce qui le toucha:

- Comment tu te sens, Sev ?

- Pourrait être pire, marmonna-t-il. Depuis quand tu sors avec Lupin, Narcissa ?

Il n'avait pas envie qu'on s'attarde sur son cas. Narcissa blêmit à vue d'œil à ses paroles.

- Que… Mais que… C'est encore mon crétin de cousin qui se fait de fausses idées !

- Mais oui, Narcissa, époumone toi tant que tu veux, nous ne te croyons pas, la nargua Black.

Severus tiqua au « nous ». Beaucoup de présomptions de la part du clébard, non ?

Narcissa leur jeta tour à tour des regards furieux et choqués.

- Qui aurait pu penser que vous vous allierez contre moi un jour ?

- Tu sais que tu es mariée, Narcissa ? murmura Severus un immense sourire collé au visage.

Emmerder sa harpie d'amie après tout ce qu'elle lui avait fait subir ces derniers jours était un véritable plaisir.

- Par l'enfer, Severus, je vais te… cria-t-elle.

Elle fut aussitôt interrompue par Black qui jetait des regards soucieuxvers son filleul.

- Tu vas réveiller Harry à crier si fort !

- Vous en faites pas pour moi, je ne dors pas, marmonna le jeune homme d'une voix pourtant endormie.

Black se précipita vers lui.

- Harry ? Ça va ? Comment tu te sens ? Quelle débilité de nous faire croire que tu dors !

- C'était pour éviter tes questions dignes d'une mère poule, Padfoot.

Narcissa étouffa un rire.

- Au moins, toi, tu as droit aux questions inquiètes de Black. Peux pas en dire autant.

- C'est de la jalousie, Sev ? demanda narquoisement Narcissa.

Dès qu'il sortait d'ici, il la tuerait.

- Va réveiller ton crétin d'amant au lieu de te moquer d'un homme grièvement blessé.

- Sortez les violons, marmonna Potter, bien réveillé à présent.

Black éclata de rire à son tour et Snape siffla :

- Retenue, Potter.

- Sev ! s'indigna Narcissa qui essayait tant bien que mal de réveiller le loup qui dort…

- Tu n'as pas le droit, Snape, on n'est pas au sein de l'école.

Ce dernier grogna, contrarié.

- De toute façon, j'ai déjà des retenues jusqu'à la fin de l'année, crut bon de rappeler Potter.

Et à raison ! Lui foutre un coup de poing ! A lui !Il ne s'était toujours pas remit de cette énième humiliation.

- Fallait pas me casser le nez, Potter, dit sèchement Severus.

- Harry a cassé le nez de Sev ? hallucina Narcissa avant de se tourner vers son amant, Mais tu te réveilles toi ! Par Merlin, il est pire que Draco !

- Tu t'entoures décidément très mal, Narcissa, constata Severus, d'humeur à taquiner.

- La Pleine Lune approche et dans ces moments là, impossible de réveiller Moony. Tu devrais le savoir, Cissy…

- Tu commences sérieusement à me chauffer, espèce de crétin dégénéré. Une allusion de plus et je t'ensorcelle !

- Avez-vous remarqué comme elle devient violente dès qu'on parle de son amant ? constata à nouveau Severus. C'est de l'amour violent, il me semble…

- Vous êtes toujours comme ça ? demanda Harry, l'air aberré, je vais finir par plaindre Draco…

Severus nota l'utilisation de Draco mais personne d'autre ne sembla le déceler. Black, se pencha à nouveau vers son filleul, inquiet.

- Harry, je crois que tu devrais te reposer. Tu veux quelque chose à manger ? Qu'on appelle un médicomage pour qu'il t'examine. On peut virer Snape de son lit pour que tu puisses dormir, si tu veux.

- Mais te gêne pas Black, je suis quantité négligeable, surtout ne t'inquiètes pas, je pète la forme et je serais plus que comblé de prêter mon lit à Potter !

Pour preuve, il se leva, contre les indications de Narcissa et désigna son lit des mains, énervé. Potter lui jeta un regard étonné avant de plonger la tête entre ses bras et d'éclater de rire. Severus remarqua alors seulement qu'il portaituniquement un pantalon de pyjama avec des motifs de lions. Un inscription voyageait sur toute la surface disant : « J'aime les Gryffondors ».

- AAAAAARGH ! QUEL EST LE CRETIN QUI A OSE ? hurla-t-il horrifié en tirant à lui un drap pour cacher son immonde accoutrement.

Narcissa lui dit, se retenant visiblement d'éclater de rire :

- C'est à Sirius. C'est lui qui t'a habillé.

- PARDON ?

- Ne crie pas si fort, Snape, tu vas réveiller la tante d'Harry.

- Tu m'as habillé, Black !

Black détourna le regard, un peu gêné selon toutes vraisemblances mais un sourire qu'il peinait à cacher jurait avec son air pudique.

- Il a bien fallu.

- Espèce de clébard obsédé, comment as-tu… ? Comment as-tu pu… ? Je vais te tuer par Merlin !

Quel cauchemar. Qu'il se réveille. Black l'avait changé, il ne s'en remettrait jamais.

- Narcissa, comment as-tu pu le laisser me… !

Il était à cours de mots, trop horrifié à l'idée que Black l'avait vu nu.

- Je ne voulais pas que Sirius manque de remarquer ton corps si... Alléchant.

Elle le gratifia d'un sourire à la fois moqueur et lubrique. Mais il hallucinait ou quoi ?

- Je confirme, Snape, dit Black, mort de rire.

Il était en plein délire, ce n'était pas possible.

- Franchement, je ne vois pas pourquoi vous dites tous ça. Moi, je ne trouve rien d'alléchant en Snape, dit Harry, visiblement énervé pour Merlin sait quoi.

- Et bien, franchement, Potter, ça me rassure. Loin de moi l'idée de vouloir tenter le Survivant.

- Repu d'étudiants influençables après mon fils, hein Sev ?

Et voilà, on y revenait. Fatalement. Fa-ta-le-ment !

- Narcissa, on ne va pas remettre le sujet sur le tapis. On était saouls, on s'est embrassés. Point. Je n'ai pas perverti ton petit ange par l'enfer !

- Embrassés ? s'étonna Potter. Mais Sirius m'a dit que vous aviez… que vous… euh…

Sirius leva les mains en voyant Narcissa se tourner vers lui.

- Heeey, Harry délire, hein ! J'ai jamais insinué que… Par Merlin, non j'ai pas…Non !

- J'espère bien Sirius, j'espère bien ! Ce n'est pas le genre d'idées qu'on donne à des enfants.

- Hey ! protesta Harry, je ne suis pas un…

- Si Potter, vous n'êtes qu'un enfant qui devrait apprendre à se taire quand il en a l'occasion ! siffla Snape, épuisé.

Narcissa, Potter et Black dans une même pièce, c'était tout simplement ingérable. Comme pour lui donner raison, une médicomage entra, l'air furieux dans la pièce :

- Douce Rowena, on vous entend jusqu'au rez-de-chaussée ! Taisez-vous ou je vous expulse !

Il reconnut alors la médicomage qui était venu faire une conférence l'autre jour. Son cerveau fit le lien avant même qu'il ne lui demande et Severus jeta un regard à Black. Qui était accroupi à ses pieds, entre les deux lits, invisible aux yeux de la jeune femme. Julia, il pensait…

Quand elle fut ressortie, Black se releva, l'air de rien.

- Laisse moi deviner, Sirius, commença Narcissa. Une énième conquête ?

- Alors c'était elle, la fille de l'autre jour, déclara Harry, tout en remettant la couverture sur les épaules de sa tante qui dormait toujours. Mais si tu veux mon avis, continua-t-il avec un regard pour la tenue de son parrain, elle ne t'aurait pas reconnu là-dedans.

Black se prit la tête dans les mains, visiblement à bout de nerfs.

- Tu ne trouves pas que ça lui va bien, Harry ? demanda Narcissa, un grand sourire aux lèvres.

- Si, il est charmante, rigola ce dernier.

Ils rigolèrent tandis que Severus croisait le regard de Black un instant. Il avait la réponse à sa question, désormais.

Tu couches avec elle ?

Pas encore.

C'était chose faite maintenant.

- La pauvre, je la plains, dit finalement la jeune femme, revenant sur Julia.

- Narcissa, elle n'est pas à plaindre, c'est une folle furieuse. Autant que possible, j'aimerais ne plus jamais la revoir. J'y vais. Snape, 20h00 dans le hall. Ne sois pas en retard, je n'aime pas attendre.

- 20h30 et devant mes appartements, Black. Hors de question que tu mènes le bal.

Black marmonna quelque chose comme : « Va être la pire soirée de ma vie » avant de demander une nouvelle fois à Harry s'il allait bien. Devant la réponse positive et un rien agressive de ce dernier, il les salua d'un signe de la main et sortit. Peu après, Narcissa parvint enfin à réveiller Remus et Severus s'apprêta à partir avec eux. Narcissa eut la présence d'esprit de demander à Harry s'il ne préférait pas rester avec sa tante, jusqu'à son réveil.

- Si j'aimerais mieux.

- Alors je vais rester avec toi. De plus, je me doute que tu n'as rien prévu pour le bal de ce soir ?

- C'est que … commença Potter, le rouge aux joues.

Narcissa avait souvent cet effet là sur les hommes.

- J'ai tout ce qu'il faut au Manoir. Je vais demander à Dumbledore de transférer ta tante à l'infirmerie de l'école, d'accord ? On sera surement de retour dans une heure ou deux. tu te sens le coup d'attendre seul ici ?

Potter hocha la tête, sur de lui. Ils sortirent enfin, en demandant néanmoins au chef du service de veiller de loin sur le Golden Boy.

Une heure plus tard, après l'entretien obligatoire avec Dumbledore, Narcissa le laissait enfin à Poudlard, une robe de son choix dans les bras. Il n'avait bien sur, rien prévu non plus, avec toute cette histoire. Il se dirigea vers ses appartements et croisa plusieurs élèves sur le chemin qui le désignèrent du doigt. De toute évidence, son absence prolongée n'était pas passée inaperçue. A peine avait-il regagné ses appartements que Draco débarquait sans frapper.

- Sev ! Tu vas bien ? J'ai cru comprendre que tu étais… malade ?

L'air de Draco était plus que sceptique. Severus s'en voulut un peu de mentir de la sorte à son filleul mais il ne pouvait pas lui dire où il se trouvait réellement. Quoiqu'à présent, tout était différent. Le Seigneur des Ténèbres savait de quel côté il était, il n'avait plus à se cacher.

- Je n'étais pas vraiment malade, Draco.

- Je m'en doutais. Explique-moi, j'ai l'impression d'être un véritable ignorant depuis hier.

En quelques phrases, Severus lui expliqua le rôle qu'il avait joué dans la guerre et qu'il ne jouait désormais plus, insistant bien sur le fait qu'il était dans le camp opposé au Maitre. Il zappa l'épisode de la tante de Potter. Draco n'avait pas besoin de connaître ce genre de détails. Il attendait vraiment la réaction de Draco avec impatience. L'emprisonnement de son père lui avait un peu ouvert les yeux et il avait peut-être ôté définitivement les œillères qu'il portait jusque là. Peut-être cette discussion convaincrait-elle Draco de ne pas faire de mauvais choix.

- J'imagine que Lucius fait partie de ces gens que tu as abusé ? demanda Draco sans ton accusateur pourtant.

- En effet.

- Je me doutais que tu faisais quelque chose de ce genre. Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?

- C'est simple, Draco. Nous ne savons pas de quel côté te mettre.

- Pas de celui du Seigneur des Ténèbres, ça c'est certain ! répliqua sèchement Draco.

Severus sourit, appréciant cette réponse.

- Je pense que tu devrais en parler plus sérieusement avec le directeur. Il pourra mieux t'aider que moi.

Son sourire s'élargit en voyant la grimace clairement réticente de Draco. Il lui ébouriffa les cheveux en rigolant :

- Pas ce soir, crétin. Tu as le temps pour te décider, tu sais…

- Vraiment ? Même avec ces rêves que fait Potter ?

Severus haussa les sourcils, étonné. Le garçon évitait son regard. Il répondit après un moment :

- Il y a un truc entre toi et Potter, ou je ne m'appelle plus Severus Snape. Peu importe ce que c'est. Pour Potter et ses cauchemars, je m'en charge. Tu voulais savoir autre chose, petite fouine ?

Son filleul plissa les yeux de colère au surnom mais il ne pouvait pas démentir. Il se contenta de lui tendre un paquet cadeau. Severus le prit, abasourdi :

- Si c'est un cadeau de St-Valentin, ta mère va me tuer…

- C'est pour tes cheveux, abruti, répliqua Draco, sa voix traînarde de retour, Mère veut justement que tu l'utilises pour ce soir. Merlin te vienne en aide si elle se met aussi à interférer dans ton hygiène personnelle…

- Dehors Draco.

Son filleul lui fit un sourire moqueur avant de quitter les lieus sans demander son reste. Severus toisa la bouteille de shampoing sans inscription et décida de l'utiliser. Il le regretterait plus tard.

Lorsqu'il se retrouva à nouveau devant sa glace, il ne put se retenir de pousser un soupir de dépit. Ne jamais faire confiance à Narcissa. Ses cheveux empestaient la vanille et sa robe, à l'image de celle que portait Sirius le jour même, lui donnait l'allure d'une fille. Néanmoins, le résultat n'était pas si mauvais, juste un peu trop… Trop. Rien à voir avec ses éternelles robes noires. Mais n'ayant rien d'autre à se mettre, il se prépara mentalement à sortir affublé de la sorte. Il trouverait bien l'occasion de tuer Narcissa au cours du bal.

Il regarda son bras un instant, observant la marque qui le défigurait. Il était clairement exposé désormais et c'était certain qu'à présent le Maitre mettrait autant d'acharnement à le tuer que Potter lui-même. Ses jours étaient inexorablement comptés.

Son regard dévia sur une autre marque, qui Merlin merci, ne lui causait pas autant de soucis. Ou presque. Sa nouvelle perspective d'avenir commencait doucement à lui ouvrir les yeux. Il se disait qu'il avait perdu énormement de temps avec Black. Maintenant, est-ce que Black serait de cet avis ? Rien n'était moins sur mais il allait essayer...

Peu après, Sirius vint le chercher à son appartement, visiblement très peu amusé par son propre accoutrement. A peu de choses près, c'était exactement la même robe que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, en plus sombre.

- Laisse moi deviner, Black. Narcissa ?

Black hocha la tête, d'un air dépité. Il regarda un moment son «cavalier» (Merlin, il allait avoir du mal à s'y faire !) et constata :

- Au moins, nous sommes assortis.

- Génial, Snape, l'honneur est sauf, répliqua-t-il sarcastique.

Severus leva les yeux au ciel, excédé. La soirée promettait d'être longue.

Lorsqu'ils arrivèrent au bal, la plupart des couples étaient déjà présents et occupés à danser sous les regards inquiets ou bienveillants, au choix, des parents. Ils rejoignirent presque machinalement Narcissa qui semblait mourir à petit feu à côté de Cassiopée.

- Mais regarde moi cette jeunesse dépravée, Narcissa. J'ose espérer que tu ne t'es pas abaissée à de telles frivolités lors de ta scolarité ici. J'ai toujours trouvé que Poudlard était un endroit bien trop laxiste. Dumstrang, au moins, est une école de discipline. Tu ne veux pas y envoyer Draco pour sa dernière année ? Il y serait certainement bien plus à sa place qu'au milieu de tous ses…

- Madame Malfoy, lança Black, un air absolument hypocrite ravi sur le visage, comment allez-vous ? Vous etes toujours éblouissante de classe !

Cassiopée lui jeta un regard froid et dit, l'ignorant totalement :

- Doux Salazar, Narcissa, il m'est avis que votre cousin a sa place en prison.

Black éclata de rire et se servit un verre de ponch. Severus le rejoint plus machinalement qu'autre chose et l'imita. Il s'en resservit un autre verre tandis que Narcissa et son « cavalier » (dur !) parlaient de Cassiopée. Laquelle semblait en grande conversation avec Dumbledore lui-même. Si Severus ne se trompait pas, ces deux-là avaient fait leurs études ensemble…

- Bon sang, cette femme est hallucinante ! Tu dois bien rire, Cissy….

- Sincèrement Sirius ? Non.

- Au fait, merci infiniment pour ces robes. C'est un véritable cauchemar à porter ce truc, râla Severus en se servant un troisième verre.

- Mais vous êtes absolument adorables dedans, s'extasia-t-elle. En passant ! Est-ce que vous savez que vous êtes sous une branche de gui ?

Severus leva les yeux, à moitié horrifié et vit, qu'en effet, il y avait bel et bien une branche de gui sous Black et lui. Il fusilla sa future ex-amie du regard :

- N'espère pas Narcissa, ce n'est pas Noël à ce que je sache.

- Oui, que fous cette branche de gui là ? Hors de question que j'embrasse ce type.

- Merci Black de tes merveilleuses réflexions. J'aime me sentir apprécié.

Non, mais quand même ! Qu'il dise carrément que c'était un véritable cauchemar vivant de l'embrasser tant qu'il y était !

- Tu n'espères pas sérieusement que je t'embrasse, Snape ?

Severus sentit un sourire naître sur ses lèvres :

- Dans le genre, «Comme au bon vieux temps, revivons notre passé fusionnel» ? Déjà donné merci.

- Le fusionnel n'était pas…

Black s'arrêta soudain de parler et ouvrit les yeux d'étonnement. Ou d'horreur. Il n'eut pas le temps de vérifier que son «cavalier» s'agrippait à sa robe et posait sa tête sur sa poitrine.

- Par l'enfer, Black, est ce que je peux savoir ce que tu fous au juste ? siffla-t-il, plus troublé qu'il n'aurait voulu par ce simple rapprochement.

Il allait mal s'il commençait à trembler dès que Black l'attrapait par le col de sa robe.

- Julia. A dix heures. Par pitié, Snape, aide moi à sortir incognito d'ici.

Malgré son trouble, Severus trouva le moyen d'éclater de rire. Après un fou rire, il remarqua que Narcissa avait disparu, surement pour leur laisser le champ libre. Ces manœuvres étaient de moins en moins discrètes. Il se décida finalementà aider Black et ils sortirent discrètement de la salle. Black le lâcha enfin lorsqu'ils furent dans le parc. Ils se baladèrent un moment, Black s'époumonant tout seul :

- Si je tenais l'abruti qui a invité cette folle à ce bal. Seigneur, je suis le jouet de la fortune ! dit-il d'un ton dramatique.

- Shakespeare, nota Severus, impressionné.

Il ne savait pas que c'était le genre de lectures de Black.

- Qui ?

Ok, il retirait tout ce qu'il venait dire.

- Tu n'as jamais lu Shakespeare, Black ? T'as vraiment aucune culture.

- Je suis resté 13 ans en prison, Snape. C'est pas le meilleur pour connaître les grands écrivains du moment.

- Tu t'enfonces, se moqua-t-il, Shakespeare est un auteur du 17° siècle. (1)

- Et tu lis ce genre de vieilleries ?

Par Merlin, était-ce possible, quelqu'un d'aussi… ? Il manquait de mots.

- C'est ce qu'on appelle des classiques, répliqua Severus excédé. Tu es sans espoir.

- Soit, je suis sans espoir. Que vas-tu faire maintenant ?

Severus le toisa un moment sans comprendre.

- Quoi ? Tu vas rester là toute la soirée ?

Il n'était pas du tout déçu. Enfin, si peut-être un peu. Il n'avait pas vraiment envie de rentrer maintenant sachant que tout le château faisait la fête. D'accord, il était vraiment déçu.

- Tu peux en inviter d'autres à danser, Severus, je ne serais pas jaloux, promis, se moqua Black.

- Je n'aime pas danser, répliqua-t-il simplement.

- Ça ne m'étonne pas.

- Ce qui veut dire ? demanda-t-il piqué à vif par cette simple remarque.

- C'est pas ton genre, c'est tout.

Voilà que Black se targuait de connaître son style !

- Tu es le roi des Présomptions, toi, hein ?

Black lui jeta un regard plein de dédain qui l'énerva prodigieusement.

- Prouve moi que j'ai tort.

- C'est un défi, Black ? dit-il en se rapprochant soudain de son partenaire forcé, une idée naissante derrière la tête.

Ce dernier fronça les sourcils, soupçonneux. Après un moment, il eut un grand sourire :

- Quoi ? Tu vas m'inviter à danser ? Toi ? Ici ?

Le sourire de Severus s'élargit, tandis qu'il passait sa main dans le dos de Black. Ce dernier réprima un frisson et le sourire moqueur du premier s'élargit plus encore.

- C'est bon, Snape, j'ai pas envie de danser.

Il avait une tête de plus que Black et cette position de supériorité lui plaisait énormément.

- Tu me mets au défi et puis tu te défiles ? Peur, Black ?

- Connaissant ta réputation de pervers, je pourrais craindre que tu…

Severus se rapprocha encore, tirant un autre frisson à Black et se délectant de lui faire un tel effet. Leurs torses étaient désormais l'un contre l'autre et leurs visages face à face. Black semblait complètement perdu.

- Que je… ? insista-t-il.

- Que tu me sautes dessus, ce que je te sens sur le point de faire, Snape.

- Avoue qu'en réalité c'est ce que tu espères que je vais faire, murmura Severus, toujours souriant.

Sirius se dégagea soudain de son étreinte et s'éloigna de quelques pas. Il pointa d'un doigt accusateur Severus :

- La dernière fois que tu m'as parlé de la sorte, tu étais ivre. Tu as bu !

- Il y avait peut-être un truc dans le ponch, admit Severus, pas dérangé d'avoir été repoussé par Black.

Plutôt soulagé même. A cet instant, un cri retentit à quelques mètres d'eux :

- PAR MERLIN OU CETTE FILLE A-T-ELLE EMMENE GINNY ?

Sans hésitation, il s'agissait de la mélodieuse voix de Ronald Weasley. Il passa, suivi par quelques autres, près d'eux. Quand le calme revint, Severus fit signe à Sirius de le suivre :

- Tu trouveras bien le moyen d'éviter ta dernière conquête dans la foule. Au pire, je la boxerais si elle se montre trop entreprenante envers mon cavalier, plaisanta-t-il en se détournant, prêt à partir.

Sirius le retint par le bras, réduisant ostensiblement la distance qui les séparait.

- Je voulais… euh… Te remercier pour la tante d'Harry et tout ça.

Severus lui jeta un regard dubitatif, sans pour autant se dégager.

- Avoue qu'en réalité, c'est juste un prétexte pour te rapprocher de moi.

- Je vais tuer celui qui a mis de l'alcool dans le ponch, râla Black en l'entraînant vers la salle de bal.

Sans démentir et sans le lacher, nota Severus, toujours inexplicablement ravi de cette nouvelle donne entre lui et Black. Il n'était pas autant sous l'effet de l'alcool qui l'avait fait croire mais si cela pouvait multiplier les situations de la sorte, il allait peut-être prétendre l'être plus souvent…

En fait, l'inexplicablement était de trop. Il savait exactement ce qu'il ressentait...


Et bien voilà ! (Je vais changer de phrase, je pense) Vous avez le début du bal avec l'essentiel de ce qu'il s'y passera pour Sirius et Severus. La suite aux prochains chapitres (où l'on comprendre bien évidemment pourquoi Ron hurlait à la mort après sa sœur) en espérant que cet avant-goût vous a plu. Peut-être un peu surréaliste mais c'était ça ou l'impasse. Enfin, sachez que j'ai débordé trèèèès légèrement sur la conversation dans l'hôpital, dans un grand élan d'inspiration. J'espère que ce modeste chapitre vous a plu évidemment Pour celles qui le font, continuez de me reviewer, ça me motive ! Et pour celles qui ne le font pas, c'est pas grande, je vous adore quand mêmeuh !

(1) Alors en effet, j'avais mis 19°S (bonjour la honte) et pour ceux qui se demandent d'où je sors cette citation, c'est dans Romeo et Juliette après le meutre de Thybalt et elle est de Roméo, ignorants ! Et c'est moi qui dit ça…