EAUX TROUBLES
Merci énormément pour votre patience et vos reviews!!! SangoNoAki, lily forever, morganneS, Chocopif (faut varier), elodie, angel lily, tchingtchong, Mayra5619, Xx Naiissa xX, Meadows (ben oui tu vois, je peux quand même vivre sans toi! Mais c'est dur :-P), chalini, Roze Potter, Malum-est et Chibi… (ouf ça en fait des noms, j'imagine pas ceux qui ont 1000 reviews)… bref, ce chapitre est pour vous :D
10
Des eaux et des bas
-Je suis avec un jeune pleurnichard de première année, dit Remus d'un ton morne. Quand je lui ai demandé c'était quoi son ancienne maison, il s'est mis à brailler alors j'ai jamais pu savoir…
-Moi ils m'ont mis avec un préfet à grosse tête! bougonna Sirius. Et je sais qu'il était à Serdaigle, il me l'a assez dit!
-Pas de chance jusqu'à maintenant, commenta James d'un ton indifférent.
-Et toi Cornedrue? demanda Sirius. Tu vas nous faire chier avec un sympa Gryffondor de sixième année?
-Sais pas, dit James en haussant les épaules.
-Comment ça tu sais pas? fit Sirius alors que Remus haussait les sourcils.
-Ya personne dans ma chambre, dit James avec ennui.
Les deux autres en restèrent pantois.
-Vous m'avertirez quand vous aurez recommencé à respirer, dit James en tournant les talons.
Il était arrivé à la porte du petit salon lorsque Sirius le rattrapa par le bras.
-Minute moumoute! Où tu penses aller comme ça?
-Prendre l'air! dit James, agacé, en tentant de dégager son bras. On étouffe ici!
-Ça va pas? s'étrangla Sirius. On gèle comme des poux sur la tête de Mr Net! Et on est en plein milieu d'une conversation là!
-S'il te plait, Sirius.
Sirius vit à son regard que James ne plaisantait pas. Légèrement déconcerté, il libéra son meilleur ami et le regarda s'enfuir du salon sans rien dire.
-C'est moi qui fabule ou il va pas bien? finit par demander Remus, au fond du salon.
-Il va pas bien, dit Sirius. Je sais pas si c'est encore Williams qui fait des siennes…
-Tu crois? dit Remus. Remarque, c'est vrai qu'il a pas choisi la plus tranquille…
-Bel euphémisme. Cette fille est une vraie furie!
-C'est aussi un euphémisme, remarqua Remus.
-Mouais, concéda Sirius. Disons sauvage?
-Je ne sais pas. À mon avis, aucun autre terme que « Williams » ne convient pour la décrire.
-C'est bien la preuve que sortir avec elle doit être saoulant à force!
Les deux amis haussèrent alors les épaules, impuissants. James ferait bien ce qu'il voudrait de sa vie sentimentale! C'est à ce moment que Peter entra en coup de vent dans le salon.
-ILS M'ONT FOUTU AVEC ROGUE! cria-t-il sans laisser le temps aux autres de s'accommoder de sa présence.
-QUOI?!?? s'étranglèrent Sirius et Remus.
-Carrément! dit Peter, affolé. Quand je l'ai vu entrer dans ma chambre avec ses valises, j'ai frôlé la crise de cœur! Mais il n'y a pas d'erreur, c'est bien là qu'on l'a assigné! Les gars, je sais pas quoi faire, c'est tout simplement…
-Génial! dit Sirius avec un grand sourire.
-Ah bon? fit Remus.
-Tu te fous de ma gueule encore? dit Peter. C'est monstrueux!
-Mais non! dit Sirius en frottant ses paumes l'une contre l'autre. Imagine tous les coups qu'on va pouvoir faire à ce graisseux, maintenant qu'on a accès à sa couchette et à ses affaires!
-Très malin! Des plans pour qu'il vienne me trucider pendant mon sommeil!
-Tu sais c'est quoi ton problème, Queudver? T'es trop parano!
-Et ton problème à toi Sirius, tu veux qu'on en parle???
-Les gars! s'interposa Remus.
Peter et Sirius se regardaient en chiens de faïence, toutes dents dehors.
-Dis donc Sirius, t'étais passé où à la p'tite soirée d'hier? Je t'ai pas vu! dit Remus pour changer de sujet.
-J'ai rencontré Beauregard en me cachant d'Alma, dit Sirius en détournant son regard coléreux de Peter.
-C'est pas vrai?!? s'exclama Peter avec vélocité, toute parcelle haineuse ayant disparu de ses petits yeux mouillés. Et pourquoi t'as rien dit?
-T'as rien demandé, andouille!
-Et vous avez fait quoi? s'enquit Remus, à qui la tournure de la conversation ne plaisait pas.
-Rien d'exceptionnel, dit Sirius. On a discuté.
-T'aurais pu m'inviter! grognassa Peter en croisant les bras.
-Mais bien sûr! Je serais allé te chercher, couvert de ma superbe nappe de lopette, pour te dire « Aller Petie, viens te joindre à notre garden party! »
-Sirius! dit Remus d'un ton avertisseur.
-Aller, avoue-le que tu voulais garder la fille pour toi tout seul! accusa Peter.
-Peter! intervint à nouveau Remus.
-La garder pour…, commença Sirius, complètement abasourdi. Alors c'est donc vrai Peter : t'es con! Tu faisais pas semblant tout ce temps-là!
-Sirius!
-Con, moi? s'égosilla Peter. Et qui joue au gay innocent à longueur de journée pour abuser les autres et mieux s'emparer des meilleures filles après, hein?
-Peter!
-Mais qu'est-ce que tu racontes, espèce d'abruti galeux?!? s'emporta Sirius. C'est vraiment n'importe quoi : jouer au gay, moi? Et pour mieux m'emparer des filles encore!? En vérité, Pettigrow, t'es simplement JALOUX parce que MOI je n'accumule pas les échecs quand j'aborde une fille! Connard!
-Sirius!
-Comment MOI je serais jaloux d'un type qui n'est jamais sorti avec aucune fille alors qu'il pourrait avoir celle qu'il voudrait? Avoue donc ce qu'on sait tous depuis longtemps : t'es réellement gay!
-Peter!
-Pardon!?! J'suis pas gay! Mais ça te fait du bien de t'en prendre à moi non? Pourtant j'y peux rien si les filles se tournent naturellement vers moi plutôt que toi : t'es laid, moi pas. C'est la loi de la nature!
-Sir… Oh et pis! Y'en a marre! (Remus sortit du salon en claquant la porte, mais personne ne fit attention à lui.)
-Je suis peut-être laid mais au moins, je suis bien avec mon orientation sexuelle, MOI! se défendit alors Peter.
-Et pas moi peut-être? gueula Sirius.
-T'as jamais été attiré par une fille! LOPETTE!
-Je suis très attiré par les filles! MOCHETÉ!
-Dans ce cas, prouve-le! FIFOUILLE!
-Très bien! FACE DE BOUSE!
-T'as une semaine pour te faire une copine! Et je veux voir les rapprochements entre vous! AVALEUR DE SUBSTANCE SEMENCIERE!
-Rhô! Quand t'auras perdu, ignoble petit crétin, je veux te voir cirer mes bottes pendant deux semaines!
-Quand tu auras perdu, je veux te voir déployer tous tes efforts pour m'obtenir un rancard avec une jolie poulette!
-Tenu! dit Sirius en tendant sa main.
-Tenu! répéta Peter en la lui serrant.
Et le petit grassouillet quitta dignement la salle.
-FACE D'ANUS DE VERACRASSE EN DIARRHÉE! hurla Sirius derrière lui.
Et il sortit à son tour.
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« Marre de toujours jouer au médiateur! » pesta Remus en errant dans un couloir.
Il n'était que 7h30 du matin : c'est-à-dire, trop tôt pour se rendre à son cours de sortilèges. Les maraudeurs s'étaient donné rendez-vous tôt dans le petit salon de la septième tour pour être tranquilles. Remus n'avait pas pu leur raconter en détail son escapade lycanthropique de l'avant-veille à la bruyante et bondée petite soirée d'hier – à savoir qu'il avait fait sa transformation dans un lieu spécialement prévu à cet effet, dans la huitième tour, et comment il avait fait la rencontre de l'autre lycanthrope, Barbara. Et puis, ils devaient en profiter pour s'apprendre en grande primeur avec qui ils devaient désormais partager leur chambre…
Ça, c'était un sale coup! Pour bien marquer la fin des Quatre Maison, quelqu'un (McGonagall n'avait pas précisé qui, mais tous les regards s'étaient tournés vers le visage rougissant de Dumbledore) avait eu l'idée de répartir tous les étudiants dans les chambres au hasard. Car, évidemment, tout le monde s'était d'abord placé en colocation avec des amis de sa maison et de son niveau…
Le tout dépendait maintenant du hasard. Ou peut-être pas, comment savoir? Quoiqu'il en soit, Remus préférait cent fois Peter au petit morveux braillard qui occupait désormais le lit voisin…
Interrompu dans ses pensées par une mélodie tristounette, Remus s'arrêta pile devant une salle qu'il n'avait jamais explorée. Par la porte entrouverte s'échappaient des notes semblant provenir d'un piano… Intrigué, Remus entra.
C'était une grande salle à l'allure sévère, austère. Les longs rideaux carmin étaient tirés sur les fenêtres, rendant la pièce sombre bien qu'éclairée par quelques torches. Les murs et la cheminée étaient en pierre et il y avait quelque chose de « suspendu » dans l'air, comme si tout – même la poussière – retenait son souffle.
Le piano était au fond de la salle. C'était un grand piano à queue. De l'angle où il était, Remus ne voyait pas la personne qui jouait de l'instrument. Doucement, il s'approcha.
La musique cessa, mais Remus ne perçut aucun mouvement derrière le piano. Il s'arrêta devant l'instrument et attendit. Le musicien ne se manifesta pas.
Remus contourna le piano par la droite et jeta un regard: personne. L'instrument avait-il le pouvoir de jouer tout seul? De plus en plus intrigué, il retourna derrière le piano en entreprit de regarder à l'intérieur…
THHHHHHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINN! (À titre informatif : ceci est une note aiguë d'un piano).
OUAAAAAAAAAAAARRRRRGGGGGG! (A titre informatif : ceci est un cri d'adolescent)
Remus, qui avait la tête à l'intérieur du piano, fut projeté sur le mur. Sonné, les cheveux dressés sur la tête, il se releva tant bien que mal.
Assise sur le banc du piano, une jeune fille aux cheveux châtains stoppa à nouveau sa mélodie. Avait-elle encore rêvé ou il y avait bien eu un bruit – un cri – cette fois? Elle contourna le piano par la gauche, pour s'en assurer.
Remus fit de même à son tour, par la droite.
Tous deux en arrivèrent à la même conclusion : toujours personne. Ce piano était hanté : pour l'un, il jouait tout seul, pour l'autre, il poussait des hurlements.
« École de demeurés! » songea Remus en quittant la salle.
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James mâchouillait ses céréales, l'air absent. Ça avait un goût de carton, ce truc. Peu lui importait.
Depuis la veille, d'étonnantes images s'étaient déterrées de son esprit et s'amusaient à le tourmenter. James avait passé la nuit à faire des rêves décousus, constitués de bribes de souvenirs dont il avait complètement oublié l'existence jusqu'alors.
S'était-il souvenu, avant cette nuit, de la première fois où il avait vu Lily Evans?
C'était dans le Poudlard Express. Ils avaient onze ans, c'était leur premier voyage à bord. La jeune fille était venue s'asseoir dans son compartiment avec ce déjà graisseux Snivellus. James n'avait pas fait attention à elle, et inversement.
La première fois où il lui avait parlé, ça, il s'en souvenait. C'était en cours de potion, elle l'avait snobé au sujet d'un philtre et il l'avait enfermée dans les cachots sans remords. Il l'avait trouvée tellement peste, elle l'avait haï depuis ce jour.
Elle avait glissé dans les escaliers, une fois, en deuxième année. C'était lui qui l'avait rattrapée de justesse avant qu'elle ne se casse le cou. Elle ne l'avait jamais remercié.
La première fois où elle avait cessé de se faire des nattes. Pourquoi diable avait-il remarqué ce détail sans importance? Tant pis… c'était au début du mois de décembre, en deuxième année. Elle était assise juste en face de lui, en métamorphose, et il avait regardé un moment le soleil jouer dans les longs cheveux roux foncés, qui cascadaient sur ses épaules…
Le premier sourire qu'elle lui avait adressé. Il venait d'entrer dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, ils avaient gagné leur premier match.
Un soir, dans la salle commune, elle avait reçu un hibou qui ne lui avait pas plu. Elle avait jeté le parchemin au feu et s'était rapidement enfuie dans son dortoir.
Sara et elle avaient eu une retenue pour s'être engueulées durant un cours, en quatrième année. Elles avaient lavé les armures du deuxième étage en compagnie de Sirius et lui. Lily s'était accroupie un moment devant James, il avait aperçu ce qui semblait être un début de décolleté…
Elle relevait souvent le bas de ses robes pour plonger ses jambes dans le lac, à l'arrivée du beau temps.
Elle s'était déjà vernis les ongles d'orteils dans la salle commune. « Couleur 'Rose des champs' » avait-elle dit à sa meilleure amie.
Il lui avait déjà demandé de sortir avec lui, l'an dernier. Juste comme ça, pour fanfaronner. Après ce qu'elle lui avait répondu, il n'avait plus jamais osé. Tu me fais vomir!
Quand Remus s'était-il mis à s'intéresser à elle? Maintenant qu'il y repensait, James n'avait jamais été très chaud à cette idée. Et il ne comprenait pas pourquoi… Et il ne s'en était jamais rendu compte.
Il y avait eu cette fête, après la victoire d'un match, ce septembre. Sara était venue le trouver, les yeux pétillants, pour lui dire à quel point il était blablabla et qu'elle le trouvait si blablabla. Parce qu'il était grisé par l'alcool et la victoire, parce qu'il était flatté, parce qu'elle était mignonne et parce que ses copains, goguenards, se trouvaient tout près, il l'avait embrassée. Et c'était l'expression de Lily dont il se souvenait, davantage que celle de Sara. Elle était derrière eux et elle avait plongé, l'espace d'une seconde, ses yeux mécontents dans ceux déboussolés de James.
Ses yeux. Ses prunelles vertes qui ne le quittaient plus, qui restaient là, comme un point lumineux dans un coin de son esprit.
Et merde, c'était agaçant. Des minutes comme ça, des secondes dans sa vie et dans la sienne, il y en avait eu des tas. Pourquoi son esprit avait-il retenu celles-là? Pourquoi les repassait-il en boucle? James ne comprenait pas ce qui lui arrivait et ça l'agaçait encore plus.
Comme Sirius avait raison! Les filles, ça n'apportait que des emmerdes!
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-T'ES COMPLÈTEMENT CINGLÉE!
-TOI DE MÊME, BLONDASSE!
-C'EST PAS MOI QUI AI CHERCHÉ À NOUS ENFERMER DANS CE PIÈGE À RAT!
Adorabelle et Alma s'engueulaient copieusement, en cette tendre matinée, quelque part dans la huitième tour.
-J'AI PAS cherché À NOUS ENFERMER! s'outragea Alma.
-C'EST POURTANT CE QUI EST ARRIVÉ! ET J'AIMERAIS BIEN SAVOIR COMMENT!
Là, Alma sembla mal.
-Bon, OK! finit-elle par capituler. J'ai cherché à t'enfermer. (Elle appuya fortement sur le t).
-Super, soupira Adorabelle.
C'était une salle gigantesque, occupée par un labyrinthe géant. Le labyrinthe étant par ailleurs lui-même occupé par un tas de pièges à nigauds : des balles de baseball qui volaient de partout et à toute allure, des animaux sauvages et méchants, des trous énormes dans le sol, etc.
Une heure plus tôt, Alma avait intercepté Adorabelle à la salle de bain, paniquée, en affirmant que quelqu'un s'était évanoui dans la huitième tour et qu'il n'y avait pas âme qui vive dans ce château pour lui porter secours. Vu l'heure matinale, Adorabelle avait cru à cette fable et avait suivi Alma dans les tréfonds du château.
« Je croyais que les deux premiers étages de cette tour étaient interdits d'accès et…bloqués? avait-elle dit, suspicieuse, sur les lieux.
-Fariboles, avait répondu Alma avant de déverrouiller les portes à l'aide d'un mot de passe prononcé dans une autre langue. C'est seulement pour éviter que vous, les intrus, ne veniez fouiner partout. »
Elle avait poussé Adorabelle à l'intérieur ensuite, l'air triomphante. Mais cet air avait disparu rapidement de son visage lorsque la porte s'était refermée sur elle aussi.
« Verrouillée de l'extérieur! » s'était-elle exclamée, totalement affolée.
-Et quel était le but recherché en m'enfermant ici? demanda Adorabelle avec froideur.
-Me…euh…débarrasser de toi…
Adorabelle brandit sa baguette et la pointa sur la gorge d'Alma.
-Complètement cinglée, c'est bien ce que je disais! cria-t-elle. Tu comptais réellement me laisser crever ici?
-Mais non, dit Alma d'un ton las, en dégainant lentement sa baguette. Tu t'en serais sortie avec quelques cicatrices et une bonne frousse, Dorcas vient ici un soir sur deux, elle t'aurait aidée…
-Quelques cicatrices et une bonne frousse? répéta Adorabelle en plissa les yeux. Et quel intérêt?
-Sirius Black! cracha finalement Alma, sa baguette en main. C'est lui l'intérêt!
-Sirius Black?
Adorabelle fut si étonnée par la réponse qu'elle en rabaissa sa baguette.
-Je comprends pas…
-Oh, joue pas à ça, hein! s'énerva Alma en pointant à son tour sa baguette sur la gorge d'Adorabelle. Je vous ai vus ensemble hier!
-Et alors? fit Adorabelle en secouant la tête.
-Je ne te laisserai pas marcher dans mes plates-bandes! Il est à moi!
À la grande surprise d'Alma, Adorabelle éclata de rire. Ce fut au tour de la brunette de rabaisser sa baguette.
-Tout ça est totalement ridicule! dit Adorabelle. On ne faisait que parler. Sirius Black est doté d'une bouche et d'un sens de la communication, il a le droit de s'en servir! Je ne marche dans les plates-bandes de personne!
-Tu étais une menace! se défendit Alma.
-Je ne veux pas de lui et il ne veut pas de moi! protesta Adorabelle.
-Il t'a appelée Bella!
-Oh, je t'en prie! soupira Adorabelle. C'est n'importe quoi…
Est-ce qu'Alma se rendit compte de l'absurdité de la situation? Toujours est-il qu'elle rengaina sa baguette et que ce fut la fin des hostilités.
-On fait quoi maintenant? demanda Adorabelle.
-On pourrait parler. Ça te dirait de te servir de ta bouche et de ton sens de la communication?
-Ha. Ha. Morte de rire.
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-OK, dit Sirius à Peter. Je me poste ici, à l'entrée de ce couloir, et je roule une pelle à la première fille qui se présente. Tu vas bien voir que je ne suis pas gay!
-C'est trop facile, dit Peter d'un petit ton suffisant. L'entente était que tu te fasses une copine!
-Deux Gallions qu'elle voudra être ma copine après ça! dit Sirius en tendant la main.
-Je te crois sur parole, grimaça Peter en ignorant la main.
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-Alma? fit une voix étonnée.
-Dorcas! Alléluia, nous sommes sauvées!
La fille aux cheveux châtains venait de faire irruption dans l'aile du labyrinthe où patientaient justement Adorabelle et Alma.
-Qu'est-ce que tu fiches ici? dit Dorcas qui n'avait pas l'air aussi contente de voir les deux filles. Alma, c'est une fille de Poudlard que tu as emmenée ici?!
-Je t'expliquerai, marmonna Alma. En attendant, tu peux me dire comment on sort d'ici?
-À condition que tu n'y remettes jamais les pieds, stupide! se fâcha Dorcas. Tu n'as rien à faire ici, et elle encore moins! ajouta-t-elle en pointant un index mécontent sur Adorabelle.
-Je sais, je sais…
-Non tu sais pas! Sinon, tu serais pas là!
Alma déglutit.
-Espèce de crétine demeurée! poursuivit Dorcas. Imagine que vous ayez tout déréglé? Ça pourrait mettre la vie de Barbara et de l'intrus en danger!! Tu es vraiment inconsciente, ma parole!
Alma sembla se ratatiner sur elle-même, bien qu'elle soit plus grande que Dorcas. Cette dernière, malgré sa petite taille et son visage juvénile, faisait particulièrement peur lorsqu'elle était énervée. Adorabelle préféra ne pas se faire remarquer et ne bougea pas d'un poil.
-Aller, suivez-moi! grogna Dorcas.
-Merci, Dorcas, vraiment je…
-Ta gueule! l'interrompit Dorcas. Je ne veux rien entendre qui sorte de ta bouche de sotte pustuleuse!
-ok…
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-Sirius?
-Qu'est-ce tu veux?
-Ya personne sur ce couloir.
-J'avais remarqué, figure-toi! J'ai des yeux dans la figure! Oooh!
-On pourrait aller ailleurs? Parce que je commence à avoir faim là…
-Tais-toi! J'entends des voix…ouais, ça provient de la tour huit…
…
-Des voix féminines!
-Alors c'est vrai, tu vas fourrer ta langue dans la bouche de la première fille qui se pointe?
-C'est drôlement moins élégant quand c'est toi qui le dis, mais oui, Queudver, c'est ce que je vais faire. Observe et prends des notes.
-Pourquoi?
-Un jour, yaura peut-être une mocheté qui consentira à t'embrasser, et ce jour-là, t'auras besoin de mes conseils de maîtres.
Sirius sortit un mini brumisateur de sa poche et en vaporisa un coup dans sa bouche. « A nous deux ma belle! » pensa-t-il. « Merlin…j'espère qu'elle sera belle. »
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-Dorcas a vraiment un caractère de cochon, ronchonna Alma en marchant derrière Adorabelle. C'est une chance qu'elle nous ait pas accompagnées plus loin, je crois pas que je l'aurais supportée!
-Si ça peut te faire plaisir, je crois pas qu'elle soit capable de te supporter non plus! dit Adorabelle. Ça mène où, ce couloir? Et pourquoi on marche trois kilomètres comme ça?
-Continue devant, ça se rend à la septième tour. Et les wagonnets sont pas fonctionnels avant 8h30 alors faut marcher!
-Yahoo, dit Adorabelle sans enthousiasme.
-On y arrive.
-Passe devant, dit Adorabelle avant de s'accroupir. Mon lacet s'est défait!
-OK. Euh…dis…
-Hum?
-Pour ce que j'avais prévu en t'emmenant…euh…
-On oublie, dit Adorabelle. Si tu promets de ne jamais retenter un truc du genre!
-Évidemment! dit Alma en roulant les yeux. Bon… à un de ces jours.
-Ouais…c'est ça.
Elles se quittèrent là. Adorabelle refit soigneusement les boucles de ses chaussures et reprit sa marche.
Une vision qu'elle ne s'attendait certainement jamais à avoir à ce moment-là s'offrit à elle lorsqu'elle atteignit le couloir de la septième tour.
Sirius Black embrassait Alma à pleine bouche, devant le regard ébahi d'un petit grassouillet. Adorabelle sentit une désagréable sensation semblable à une crampe, quelque part dans sa cage thoracique, et elle ne put rien faire d'autre que de regarder la scène sans bouger. Lorsque Sirius se détacha d'une Alma pantelante et extatique, son regard se posa sur Adorabelle et son visage s'allongea.
-Bella…, dit-il, désorienté. Tu étais là…
Le nom la fit tiquer, autant que Peter Pettigrow. Elle leur tourna le dos et s'éloigna rapidement. Pas assez, cependant, pour ne pas entendre Peter dire :
-Bella?! Comme ta cousine Bellatrix?
Adorabelle était à plusieurs mètres lorsque Sirius la héla.
-Hey! dit-il. Euh…désormais, ton nom sera Dora, OK?
-NON! cria Adorabelle avec une brusquerie qui l'étonna elle-même. Désormais, pour toi, ce sera Miss Beauregard!
Sirius resta longuement planté là, l'air vague et incertain, après sa disparition. Jusqu'à ce que le raclement de gorge de Peter lui rappelle ce qu'il lui restait à faire.
-Euh…oui…euh…Alma? dit-il en se tournant vers les yeux toujours extatiques de la jeune fille.
Il n'aurait jamais cru prononcer ces mots un jour, il n'aurait jamais cru le faire devant celle-là et il ne comprenait pas pourquoi ça lui coûtait autant.
-Tu veux bien être…ma copine?
Moins de flafla dans le prochain, on en saura plus sur les habitantes de Gouzbomp! A la prochaine, donc!
