Joyeux Noël !


Chapitre 10

« Commandant, on vient de retrouver votre femme. »

« Quoi ! »

« Si, je vous assure. Hippolyte l'a identifiée grâce aux caméras de surveillance. »

« Mais... »

« Elle s'est échappée, oui. »

« Alors Frankin ne doit pas être très loin. Allons-y ! »

Elle acquiesça et ils démarrèrent en trombe, suivis par de nombreuses autres voitures de police.

Guidés par les indications d'Hippolyte, ils arrivèrent à l'endroit le plus récent où se trouvait Charlotte.

Mais quand ils y arrivèrent, Frankin y était déjà.

Ayant acculé Charlotte dans une impasse, il se dirigeait lentement vers elle, un cruel sourire aux lèvres.

Mais elle ne disait rien, le fixant droit dans les yeux.

Ne jamais montrer sa peur à son ennemi, c'était la première chose qu'il lui avait appris.

Quinze ans plus tard, elle l'appliquait à merveille.

Il cria :

« Frankin ! Laissez-la ! »

Le dealer et ses acolytes tournèrent la tête vers les flics et ils firent immédiatement feu.

Charlotte se boucha les oreilles et s'accroupit, sachant qu'une balle perdue pouvait être très dangereuse.

Elle vit Thomas avancer, pas à pas.

Mais Frankin gardait sa position et bientôt, il l'attrapa par le bras, l'obligeant à se relever.

Il lui colla le canon de son flingue contre la tempe et elle vit la mâchoire de Thomas se crisper.

« Lâchez-la, Frankin. »

« Sinon quoi ? »

« Je vous tue. »

« Mais le risque est grand. Je pourrais également tuer votre femme. »

Elle s'écria :

« Thomas, non ! Ne fais pas ça ! »

« Écoutez votre femme, Rocher. Ça vaudrait mieux pour vous deux. »

« Je sais encore me servir d'une arme. »

« Soit. »

Un coup de feu partit, elle se raidit, attendant la vague de douleur.

Mais à la place, elle sentit un liquide chaud couler sur son cou.

Elle rouvrit les yeux et sentit la prise de Frankin se ramollir avant de disparaître totalement.

Elle se recula et se retourna.

Frankin était touché à la gorge, essayant vainement de parler.

Elle tourna alors la tête et vit Thomas, l'arme toujours dans la même position, le regard fixé sur le dealer.

Celui-ci finit par s'effondrer sur le sol et les policiers s'activèrent.

En un instant, elle fut dans les bras de Thomas, savourant son étreinte dure et musclée et sa présence, chaude et rassurante.

Elle enfouit son visage dans le creux de son cou comme elle sentait qu'il l'embrassait dans les cheveux.

« Je te demande pardon, Charlotte. »

Elle fronça les sourcils et se recula, le questionnant :

« Pardon pour quoi ? »

« Pour n'avoir pas su te protéger. »

« Mais Thomas, tu ne pouvais pas savoir. »

« Mais j'aurais dut. »

« Tu m'as sauvée. C'est le principal, non ? »

Oo*oO

Quand Lucas vit Charlotte sortir de la voiture de police, il s'élança immédiatement vers elle, s'écriant :

« MAMAN ! »

Elle sourit et le reçut à bras ouverts.

Il se serra longuement contre elle, silencieux, se contentant d'agripper une de ses boucles blondes entre ses doigts.

Finalement, elle se releva et le questionna :

« On rentre ? »

« Oui. »

Ils pénétrèrent alors dans le hall de l'appartement et toujours enlacés, ils prirent l'ascenseur pour arriver chez eux.

Thomas y était déjà, posté à la fenêtre.

Lucas questionna Charlotte du regard mais elle secoua la tête.

Elle s'occuperait de lui plus tard.

Pour l'instant, c'était son fils qui avait besoin d'elle.

Ils s'installèrent sur son lit et elle passa une main sur son front, ébouriffant ses cheveux.

« Tout va bien, Lucas. Tu n'as plus rien à craindre. »

« Il... il ne reviendra plus ? »

« Non, je te le promets. »

Son fils hocha la tête puis se serra à nouveau contre elle.

Elle l'embrassa dans les cheveux et elle l'entendit profondément respirer.

Elle sourit puis, tout doucement, elle les positionna sur le lit, allongés.

Et Lucas ne tarda pas à s'endormir, rassuré mais épuisé par cette attente.

Un baiser sur le front et elle se releva.

Désormais, c'était le père qu'il fallait rassurer.

Mais en passant devant un miroir, elle vit sa tête et ses cheveux, en partie rougis par le sang de Frankin.

Un petit nettoyage ne serait pas de luxe, non.

Oo*oO

Penchée en arrière, rinçant ses boucles blondes, Charlotte sentit une main se poser sur sa taille.

Elle sourit et se releva, fixant Thomas.

Il avança davantage et elle se retrouva collée contre le mur de la douche.

Elle chuchota, passant une main sur la joue barbue de son époux :

« Thomas... »

« J'ai cru te perdre, Charlotte. »

« Je sais. »

« On n'avait aucun élément et... »

« Et tout s'est bien passé. »

« Comment ? »

« L'inattention de mon gardien. »

Il acquiesça mais ne dit rien.

Elle soupira :

« Thomas, tu vas continuer longtemps à t'accuser pour ce qu'il s'est passé ? »

« J'aurais dut rester avec toi. »

« Et quoi ? Tu serais mort, à l'heure qu'il est ! »

Inspirant profondément, elle prit son visage entre ses mains, l'obligeant à la regarder.

« J'ai été enlevée, oui, mais aujourd'hui, c'est terminé. J'ai envie de passer à autre chose et tu dois le faire aussi. Pour toi et... pour nous. »

Les yeux gris étaient suppliants et il finit par acquiescer, soupirant.

La seconde d'après, il rencontrait deux lèvres contre les siennes.

Quand il la serra contre son torse, elle gémit, retrouvant toutes les sensations qui, depuis quinze ans, faisaient son bonheur.

Ils quittèrent la douche et elle se retrouva assise sur ses genoux, griffant son dos musclé et tatoué.

Haletante, elle releva la tête et ils s'embrassèrent.

Il grogna et elle gémit face à un coup de reins plus puissant que les autres.

Enfin, il se raidit et bascula les positions.

Et alors qu'il s'affalait sur elle, le visage niché au milieu de ses boucles blondes gorgées d'eau, elle tourna la tête vers la table de nuit où trônait, intacte, la boîte de préservatifs.

Oups...