Bonjour. Les vacances sont enfin arrivées et je peux enfin finir ce chapitre. Je suis sincèrement désolée pour ce long retard, mais je n'avais ni le temps, ni l'inspiration. Mais avec les vacances, je devrais parvenir à rapidement finir le chapitre suivant, qui est déjà en bonne voie (inspiration soudaine :) ). En espérant que vous aimerez toujours autant, malgré tout.

Je ne vous en voudrai pas si vous ne voulez plus suivre cette fic, je comprendrai. Merci quand même à ceux qui avaient lu mon dernier chapitre, à vos super reviews.

Disclaimer : NCIS ne m'appartient pas, seule cette histoire et mes idées sont à moi.

Bonne lecture.


Chapitre 10 : Fantôme du passé

Washington était calme, du moins aussi calme qu'était une grande ville lorsque les rayons du soleil commençaient à peine à apparaitre et à chauffer les piétons, forcés d'aller travailler. C'était le petit matin, en milieu de semaine, et malheureusement pour chaque enfant, les cours avaient repris depuis deux semaines. Les lycées, collèges et écoles se remplissaient petit à petit, des embouteillages se formaient, d'autres persistaient sur les routes et les piétons s'agglutinaient sur les trottoirs, marchant rapidement, fuyant le froid d'un hiver approchant. Une routine normale pour Washington.

Cependant, tout n'était pas aussi normal que d'habitude. Dans un appartement en ville, deux personnes se disputaient alors qu'elles se préparaient à partir. Une jeune fille enfila sa veste, les yeux brillants de colère tandis que son père rassemblait ses dernières affaires pour pouvoir partir travailler.

– Pourquoi tu ne veux pas ? s'exclama-t-elle.

– Ava, non, c'est non ! Tu n'iras pas, point.

– Tout le monde va aller à cette fête à New York. C'est loin, mais je peux me débrouiller ! Je suis plus une gamine !

– Rien de ce que tu pourras dire ne me fera changer d'avis. Tu n'iras pas à cette foutue fête.

Ils sortirent de l'appartement et Tony le ferma à clé. Ava descendit les escaliers à grandes enjambées furieuses. Elle ne comprenait pas pourquoi son père refusait qu'elle aille à New York avec toutes ses amies, lui qui n'avait jamais raté une seule occasion de faire la fête quand il était jeune. Elle se planta devant sa voiture et attendit qu'il arrive. Elle n'avait qu'une hâte, être au lycée, loin de son père, pour être libre et faire ce qu'elle voulait. Il ouvrit et grimpa dans l'habitacle.

– Je vais pas me saouler ni faire des conneries, si c'est de ça que t'as peur.

– Ava, j'ai dit non.

– J'arrive pas à croire que toi, qui étais le type populaire, présent à toutes les fêtes, dise ça.

– On ne parle pas de moi, Ava. New York est à plus de trois heures de route, tu ne connais pas la ville et tu ne sais pas qui il y aura d'autre. Je ne sais pas qui il y aura à part ceux que j'ai déjà rencontrés. Ce qui signifie qu'il en est hors de question, Ava.

Elle grogna et tourna la tête vers la fenêtre. Elle constata qu'ils arrivaient enfin devant son lycée et soupira. La voiture s'arrêta et la jeune fille ouvrit la portière. Cependant, la voix de Tony l'arrêta et elle se tourna vers lui.

– Ce n'est pas contre toi, Ava.

– Je te déteste. C'est juste une fête et tu me pourries la vie !

– Très bien, alors fais ce que tu veux, je m'en moque.

Elle claqua la portière et s'éloigna tandis que Tony démarrait en trombe. Tous deux étaient furieux. Ce n'est que lorsque Tony entra dans le NCIS et la sonnerie du lycée retentit qu'ils regrettèrent amèrement leurs derniers mots.

***

Ziva entra dans l'ascenseur et se retourna, appuyant sur le bouton de l'étage des bureaux. Les portes se refermaient lorsqu'une main apparut entre les deux. Elle fronça les sourcils et vit le visage de Tony apparaitre. Elle sourit et il vint se placer à côté d'elle. Elle tourna la tête vers lui et constata qu'il était de mauvaise humeur. Elle haussa un sourcil quand elle remarqua dans ses yeux verts transparents de la culpabilité.

– Tony ?

Il soupira et baissa la tête. Elle sut alors qu'il préférait en discuter en privé et appuya sur le bouton d'arrêt de l'ascenseur. Celui-ci se stoppa immédiatement et les lumières s'éteignirent. Elle leva des yeux marron inquiets vers lui et attendit patiemment qu'il lui parle. L'italien posa son sac sur le sol et s'appuya contre la paroi métallique.

– On s'est disputés.

– A propos de quoi ? l'interrogea-t-elle, surprise.

Un nouveau soupir lui échappa. Ava et Tony ne se disputaient presque jamais. Les rares fois où cela arrivait, ils finissaient par se réconcilier immédiatement après. Si Ziva avait compris une chose, c'était que l'un et l'autre ne supportaient pas de se blesser ou de ne plus se parler. Ils s'aimaient beaucoup trop pour ça. C'était quelque chose à laquelle Ziva n'avait pas été habituée, puisque son père n'était pas vraiment un modèle d'amour et de gentillesse, tout comme celui de Tony, mais depuis qu'elle était avec Tony, elle s'y était habituée. Et elle aimait plus que tout ce qu'elle avait avec eux. Leur dispute était donc vraiment une mauvaise chose.

– Une fête. Elle veut aller à une stupide fête à New York.

– New York ? C'est à plus trois cents kilomètres de Washington. (365)

– Je sais. Je lui ai dit non et elle m'en veut.

– Tu lui as dit pourquoi tu ne voulais pas…

– Bien sûr, Ziva. Mais elle ne veut rien entendre. Je suis partie en disant qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait, je m'en moquais.

Il secoua la tête et donna un coup dans la paroi métallique. Ziva s'approcha de lui et posa la main sur son bras. Il lui sourit et hocha la tête. L'israélienne réactiva l'ascenseur, mais il ne démarra pas. Tous deux froncèrent les sourcils et s'entreregardèrent. Ziva attrapa son téléphone dans sa poche, tout en laissant son sac glisser de son épaule sur le sol. Malheureusement, elle n'avait pas de réseau. Tony, lui, avait, pendant ce temps, essayé le bouton d'appel d'urgence, mais il ne marchait pas. Il soupira alors. Ce n'était vraiment pas son jour.

– Coupure de courant.

– Quoi ? s'exclama Ziva.

– Le bouton d'appel ne marche pas et la caméra non plus. C'est une coupure de courant.

Ziva souffla de frustration, puis ses yeux brillèrent d'une lueur inhabituelle. Elle eut un sourire et se tourna vers Tony. Celui-ci la contempla sans comprendre et haussa les sourcils.

– On est coincés pour un moment, non ? Pas de caméra, pas de Gibbs… Juste nous deux, dans un ascenseur.

Un sourire étira peu à peu les lèvres de Tony tandis qu'il s'approchait d'elle, comprenant où elle voulait en venir. Elle recula jusqu'à la paroi. L'italien posa ses deux mains de chaque côté d'elle et plongea ses yeux dans les siens. Elle se mordit la lèvre et sourit. Elle passa ses bras derrière la nuque de son homme et l'attira à elle pour l'embrasser passionnément. Il se détacha légèrement d'elle et glissa à son oreille :

– Je suis étonné de ne pas avoir eu l'idée avant toi…

A l'extérieur, personne ne se doutait de ce qu'il se passait. A vrai dire, ils étaient plus occupés à comprendre d'où venait cette panne de courant. Quant au reste de l'équipe des deux agents, ils n'étaient même pas au courant qu'ils étaient arrivés au NCIS, encore moins qu'ils étaient dans l'ascenseur, bloqués. Ils se trouvaient en fait en route pour Norfolk où le meurtre d'un marine avait été signalé.

– Tony, y'a eu un meurtre à Norfolk, si tu croise Ziva, préviens-la, je n'arrive pas à la joindre. On se retrouve là-bas.

McGee raccrocha et soupira. Ça faisait une demi-heure qu'il essayait de contacter Ziva et Tony sans succès. Il atterrissait directement sur leur messagerie à tous les deux. Il sentait Gibbs qui s'énervait, mais ne pouvait rien faire de plus. La voiture s'arrêta brusquement et il faillit se cogner la tête contre la portière. Les deux agents descendirent et se dirigèrent vers la scène de crime. Deux policiers s'approchèrent d'eux.

– Le quartier-maitre Gonzales, une balle dans la tête. C'est la jeune femme là-bas qui l'a trouvé. Elle est un peu secouée.

Gibbs hocha la tête et vint s'accroupir à côté du corps. Il fronça cependant les sourcils lorsqu'il remarqua que la veste était mal boutonnée. Il mit des gants et l'ouvrit. L'homme portait une autre veste en-dessous. Les yeux de l'ancien marine se posèrent sur un portefeuille qui dépassait d'une des poches. Il l'attrapa et l'ouvrit. Ses yeux se posèrent alors sur les papiers de l'homme et il sentit la colère monter. Il se releva et tendit le portefeuille au policier le plus proche.

– Ce n'est pas un Marine.

– Quoi ?

– On a voulu nous éloigner du NCIS… souffla-t-il. McGee ! cria-t-il en avançant rapidement vers la voiture.

Le jeune agent qui prenait des photos le rejoignit rapidement en fronçant les sourcils. Il se demandait pourquoi ils s'en allaient aussi vite. Ils grimpèrent dans la voiture et, avant même qu'ils puissent s'attacher, Gibbs démarra en trombe. McGee s'agrippa fermement à la portière et s'attacha rapidement.

– Patron ? demanda-t-il d'une petite voix.

– Ce n'est pas un Marine. Il ne s'appelle pas Gonzales, mais Garcia. Ce type est un simple avocat.

– Pourquoi cette mise en scène ? s'étonna McGee.

– Pour nous éloigner du NCIS assez longtemps.

L'informaticien se tourna vers Gibbs avec des yeux écarquillés. Le NCIS était visé directement… Ce n'était peut-être pas un très bon signe. Il eut une pensée pour Abby qui s'y trouvait et ses yeux se remplirent d'inquiétude. Elle était seule dans son labo à ne se douter de rien… « Abby… » pensa-t-il. Il ferma les yeux, cherchant à chasser ces mauvaises images de sa tête. Ils devaient tous aller bien.

***

Abby cherchait à comprendre d'où venait la panne électrique depuis son ordinateur portable lorsqu'elle entendit des pas derrière elle. Elle sourit et se retourna. Cependant, ce n'était pas exactement la personne qu'elle s'attendait à voir. Elle leva les mains en l'air devant l'arme pointée sur elle et obéit silencieusement à l'homme qui la tenait. Il l'entraina vers l'open-space où elle vit presque tout le personnel réuni. Elle constata néanmoins l'absence de l'équipe de son renard aux poils argentés et de deux autres équipes. La panne et leur absence lui firent comprendre rapidement que cette attaque avait été minutieusement préparée. Quelqu'un vint lui attacher les mains et la fit s'assoir à côté de Ducky. Ce dernier tourna la tête vers elle et fut soulagé de constater qu'elle n'avait rien. Il lui fit un léger sourire auquel elle répondit.

– Tout le monde est là, souffla un des hommes à celui qui devait être le chef.

– Très bien, dit-il en hochant la tête. Dites aux autres de se préparer.

L'homme s'éloigna après avoir hoché la tête. Le chef se tourna vers ses otages et scruta chaque visage. Il eut un léger sourire en constatant que son plan se déroulait parfaitement bien. Ceux qui pouvaient l'arrêter n'étaient pas là. Il se tourna vers le directeur, qui le toisa, le défiant de faire quelque chose qui pourrait très mal se terminer.

– Directeur Sheppard. Heureux de vous revoir.

– Qui êtes-vous ?

– Une vieille connaissance de vous et l'agent Gibbs. Mais peu importe. Je tiens à préciser à l'ensemble du personnel que rien ne leur sera fait s'ils se tiennent tranquilles.

– Relâchez-les.

– Pas tout de suite.

Son sourire s'agrandit et il s'éloigna, laissant tous les otages aux mains de ses hommes, qui, malheureusement pour ceux-ci, étaient nombreux et particulièrement bien armés.

***

Gibbs freina brusquement en arrivant à l'entrée de la rue très encombrée où se trouvait le bâtiment du NCIS. Les deux agents descendirent et s'avancèrent vers une autre équipe, qui, comme eux, se demandait ce qu'il se passait. Plusieurs voitures de police se trouvaient devant le bâtiment, tous les hommes étaient armés et attendaient les ordres. Gibbs s'avança jusqu'à la banderole de sécurité et fut arrêté par un des policiers.

– On ne passe pas, monsieur.

– NCIS, agent spécial Gibbs, indiqua-t-il en sortant sa plaque. L'agent spécial McGee.

Le policier hocha la tête et le laissa passer, rejoignant ainsi l'autre équipe.

– Qu'est-ce qui se passe, agent Baker ?

– Une panne de courant qui ne touche que le NCIS. Impossible de contacter par téléphone ceux à l'intérieur, tout est brouillé. Le bâtiment a été envahi par tout un groupe armé. Ils ont tout le personnel en otage et ont bloqué toutes les issues.

– On sait combien d'otages ils ont ?

– Non. Pour l'instant, on essaie de remettre le courant. On veut pouvoir au moins avoir une idée de ce qu'il se passe à l'intérieur avec les caméras.

– McGee…

– Je vais les aider.

L'agent s'éloigna et se dirigea vers le véhicule où d'autres agents et des informaticiens se trouvaient, planchant sur le problème. Gibbs décrocha son téléphone et appuya sur une de ses touches de raccourcis. Il soupira d'agacement lorsqu'il tomba directement la messagerie de Tony. Il ignorait où étaient ses deux agents, ce qui l'agaçait énormément. Son regard se porta sur l'entrée du bâtiment, une lueur d'inquiétude, imperceptible y brillait : lueur d'inquiétude pour ses deux agents, pour Abby, pour Ducky et pour Jenny. Pour sa famille.

***

Tony sortit son portable de sa poche et soupira. Toujours pas de réseau. Il passa son bras autour de la jeune femme appuyée contre lui et posa la tête contre la paroi de l'ascenseur. Cela faisait trois heures qu'ils étaient bloqués dedans. Ils commençaient tous deux à trouver le temps long et se demandaient ce qu'il pouvait bien se passer à l'extérieur. Pourquoi personne n'avait essayé de chercher à savoir si quelqu'un était enfermé dans l'ascenseur ? Il entendit Ziva soupirer.

– Combien de temps on va encore rester dans cet ascenseur ?

– Pas la moindre idée. Il doit se passer quelque chose.

– Réessaye le bouton d'appel d'urgence, souffla-t-elle en tournant la tête vers lui.

– Pas la peine. La caméra n'est pas…

Sa voix se dissipa lorsqu'il vit la lumière rouge de la caméra s'allumer. Instantanément, tous deux se redressèrent et Tony appuya sur le fameux bouton. Mais malheureusement rien ne se produisit. Ziva tourna la tête vers lui en haussant les sourcils, ne comprenant pas le moins du monde ce qu'il se passait exactement. Tony jeta un coup d'œil à la caméra et ferma les yeux. Il commençait peu à peu à comprendre et il n'aimait pas du tout ça.

– Je crois que c'est une attaque.

– Quoi ? s'exclama-t-elle.

– Pas de réseau, pas de courant… Quelqu'un s'en prend au NCIS.

– La caméra ?

– Ceux à l'extérieur. Ils essayent de savoir ce qu'il se passe dedans et ont réussi à récupérer la vidéosurveillance.

– Donc… les terroristes ne savent pas qu'on est là.

– C'est ça.

– Ça nous donne un avantage. On peut tenter quelque chose de l'intérieur.

– Ziva…

– Réfléchis ! Les autres ne doivent pas pouvoir entrer, mais nous, on est déjà dedans !

– Ziva… On est encore moins bien lotis que ceux à l'extérieur. On ne sait pas du tout ce qu'il se passe, on ignore le nombre d'hommes, d'otages, leurs armes…

– Se jeter dans la gueule du chien, c'est ça ? souffla-t-elle en comprenant où il voulait en venir.

– C'est loup, mais t'as compris l'idée.

Il s'approcha d'elle et passa ses bras autour de la jeune femme. Elle se laissa aller contre le torse de l'italien et soupira. Elle détestait être impuissante et ne rien pouvoir faire. Elle savait qu'il avait raison, mais ne pouvait s'empêcher de vouloir sortir de cet ascenseur pour tenter quelque chose. C'était plus fort qu'elle. Elle avait été entrainée ainsi, à agir dès qu'elle le pouvait ; rester patiemment dans un ascenseur… Ce n'était pas quelque chose dont elle avait l'habitude.

– On est ensemble, c'est le plus important, Ziva.

Elle sourit et hocha la tête. Il déposa un baiser sur son front et la tira vers la paroi, où ils reprirent leur place. Ziva n'était pas la seule à ne pas supporter cette situation. Tous deux détestaient attendre.

***

Gibbs se trouvait au-dessus de McGee et observait les différents écrans montrant une vue de l'intérieur du bâtiment. Ils étaient parvenus à récupérer les caméras de surveillance et pouvaient maintenant se faire une idée de ce qu'il se passait à l'intérieur, mais rien ne les rassurait. Ils avaient réussis à compter une vingtaine d'hommes, armés d'armes lourdes et sûrement d'autres. Cependant ils savaient que les caméras ne couvraient pas tous les moindres recoins et pouvaient être coupées manuellement et définitivement, ce qui ne les aidait pas vraiment. Les vingt-cinq hommes qu'ils avaient comptés étaient donc le nombre d'hommes minimum présent.

Le jeune informaticien changea de caméra pour celle des ascenseurs. Le premier ne montra qu'une cage vide et il passa au suivant. La surprise s'empara des deux agents lorsqu'ils virent Tony et Ziva, bloqués, mais surtout dans les bras l'un de l'autre. Les yeux de Gibbs se rétrécirent en deux simples fentes qui effrayèrent son plus jeune agent et auraient eu le même effet sur les deux autres s'ils étaient présents.

Il pensait les avoir prévenu. Il pensait avoir été clair, il pensait que le message était passé, mais il semblerait qu'il se soit trompé. Il contint sa colère et serra le poing. Une fois sortis de là, ils allaient entendre parler de lui et comprendraient leur erreur. Il ne parvenait pas à croire qu'ils avaient pensé, ne serait-ce qu'un instant, qu'il ne l'apprendrait pas. Ses yeux bleus glace se posèrent sur ses deux agents. Il vit l'impatience de Ziva transparaitre lorsqu'elle se leva et commença à faire les cent pas sous les yeux amusés de Tony. Son poing se serra un peu plus. Ils pensaient réellement pouvoir s'en sortir comme si de rien n'était ? Ils pensaient vraiment qu'ils s'en tireraient ? Il donna un coup sur le dossier de la chaise de McGee et s'éloigna.

Ce dernier observait l'écran et ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était temps. Il avait vu ses deux collègues se tourner autour pendant longtemps et il savait qu'un jour ou l'autre, ça arriverait. Il ne pensait juste pas qu'ils se cacheraient ainsi et les leurreraient. Tony se leva et posa ses mains sur les épaules tendues de l'israélienne. Aussitôt, il lui sembla qu'elle se détendit. Elle sourit et se tourna vers lui. McGee ne pouvait pas entendre et ne lisait pas sur les lèvres, il n'avait donc aucune idée de ce qu'ils racontaient, mais de toute évidence, Tony avait réussi à distraire Ziva.

Jetant un coup d'œil à Gibbs qui se trouvait à l'extérieur du véhicule, discutant avec l'agent Baker et d'autres agents, il décida de revenir sur son but premier. Alors qu'il commençait sa manœuvre pour changer de caméra, Gibbs entra à nouveau et eut le temps de voir, juste avant que l'image ne change, ses deux agents s'embrasser. Sa colère grandit un peu plus, mais d'un autre côté, il sentit autre chose pour ses deux agents. De la joie.

***

Abby observait les hommes qui les surveillaient. Elle pouvait dire qu'ils étaient des professionnels et qu'ils n'hésiteraient pas une seule seconde à tirer. Ses yeux se posèrent sur la directrice, qui scrutait le chef, cherchant à savoir qui il était, fouillant dans sa mémoire, puisque de toute évidence, ils devaient se connaitre. Une pensée pour l'équipe traversa l'esprit d'Abby. Elle était heureuse de les savoir tous les quatre hors du bâtiment. Elle savait qu'ainsi ils pourraient tous les sauver, en préparant un plan pour les sortir de là. Elle avait remarqué un peu plus tôt que les caméras avaient été rallumées et se doutait que McGee était derrière son écran, Gibbs, Tony et Ziva avec lui.

– Bien. Je pense que maintenant je peux vous dire qui je suis, Directeur Sheppard.

Le chef s'approcha d'elle et retira son masque. Abby retint un hoquet de surprise et d'horreur devant le message déformé, brulé de l'homme. Les yeux de Jenny s'écarquillèrent tandis qu'elle avalait l'information. Elle savait qui il était désormais et c'était loin de la rassurer. Un sourire, qui ressemblait à une grimace, étira les lèvres meurtries de l'homme.

– Je vois que vous vous souvenez finalement de moi.

– Bob Longs. Je vous croyais mort.

– Comme beaucoup. L'explosion m'a cependant laissé quelques séquelles comme vous pouvez le voir.

– Pourquoi avoir éloigné Gibbs ? Il est autant responsable de cette bombe que moi.

– Je préfère m'en prendre à ceux auxquels il tient. La petite scientifique, le médecin légiste et vous.

Jenny le fusilla du regard et il éclata de rire. Il s'éloigna et donna de nouveaux ordres à ses hommes. Jenny croisa le regard apeuré d'Abby et lui fit un sourire réconfortant. Elle mima avec ses lèvres une phrase qu'Abby comprit, sachant lire sur les lèvres. Elle hocha la tête et eut un sourire, bien que plus léger, à son tour. Gibbs va nous sortir de là. Tout finira bien. Oui. Il les sauverait et tout se terminerait bien.

***

Tony et Ziva étaient de nouveau assis contre la paroi de l'ascenseur et patientaient, même si cette situation commençait à sérieusement leur peser à tous les deux. Ziva souffla et laissa sa tête retomber contre le torse de Tony. Elle se demandait si quelqu'un avait ne serait-ce penser un seul instant que des personnes pouvaient être coincées dans l'ascenseur. Ses yeux se posèrent sur la caméra, un geste certes inutile, mais elle se demanda un instant si quelqu'un la regardait à ce moment précis. Soudain, elle écarquilla les yeux et se leva brutalement, surprenant Tony et lui donnant au passage un coup de coude involontaire dans les côtes. Il leva des yeux confus vers elle, tout en se massant la poitrine à l'endroit où son coude l'avait touché.

– On nous observe ! Imagine que Gibbs ou McGee, ou même Abby, soit derrière l'écran qui…

– Ziva ! Je pense que c'est vraiment le dernier de nos problèmes pour l'instant. Et puis rien ne nous dit qu'ils aient regardé les ascenseurs. Quel intérêt ils auraient ?

– Je crois que j'ai réagi en excès.

– Excessivement chérie serait mieux, sourit Tony en se levant.

Elle leva les yeux au ciel, amis un sourire apparut tout de même sur son visage, la trahissant. Elle s'approcha de lui, mais s'arrêta en entendant du bruit venant d'au-dessus d'eux. Ils échangèrent un regard avant de lever les yeux vers la grille d'évacuation, donnant sur le toit de l'ascenseur. Des bruits de pas se firent entendre, puis quelqu'un bougea la grille avant de l'enlever. Les deux agents virent un homme cagoulé apparaitre. La surprise transparut chez lui, mais il se reprit et pointa une arme vers eux. Un très gros calibre qui découragea le couple de tenter quoi que ce soit. Ils ne virent pas le sourire de l'homme, mais le devinèrent.

– Toi, là ! dit-il en remuant le bras vers Tony. Approche.

L'italien s'exécuta et s'avança sous l'homme. Celui-ci lui tendit une valise et l'agent la prit, sentant que son contenu n'allait pas du tout lui plaire. L'homme disparut et remit la grille en place. Ils entendirent à nouveau du bruit, puis tout redevint silencieux.

Tony posa la valise par terre et tenta de soulever la grille, sachant qu'il y avait peu de chance qu'il l'ait laissé débloquée. Il avait raison. Il soupira et se tourna vers Ziva qui avait ouvert la mallette. Il vit son visage angoissé et ferma les yeux. C'était bien ce qu'il pensait. Une bombe.

– Trente minutes, souffla Ziva.

***

Gibbs établissait le plan d'action avec les autres équipes, qui ne se trouvaient pas dans le bâtiment. Le SWAT était présent, prêt à intervenir à leurs côtés et à suivre leurs ordres. Chaque agent était prêt à suivre Gibbs dans le bâtiment et sauver chaque personne qui s'y trouvait, car pour la plupart, une personne de ce bâtiment était un ou une amie, un proche auquel il tenait.

McGee, toujours dans le van de la police, examinant chacune des caméras afin d'aider les agents à établir leur plan d'action, écarquilla les yeux et se précipita vers son patron. Ce dernier leva les yeux vers lui, à la fois agacé d'être interrompu et inquiet quant à ce qui avait pu causer ce soudain accès chez le jeune agent.

– Patron… Je pense que vous voulez voir ce que j'ai découvert.

Gibbs le suivit, intrigué quant à cette fameuse découverte. Le jeune agent lui montra deux images différentes. La première montrait l'open-office où les agents et le personnel étaient retenus en otage. Il vit les hommes cagoulés toujours autour d'eux, mais repéra également un autre homme, dont le visage était découvert et qui ne faisait pas partie des otages. Ses yeux se rétrécirent, comme si cela allait l'aider à voir mieux cette personne, sauf que ce ne fut pas le cas. Il tourna la tête vers l'informaticien qui comprit. L'image de l'homme s'agrandit et son visage inspira une grimace à McGee. Cependant, il inspira de la colère à Gibbs, qui reconnut cet homme.

– Robert Longs. Je le croyais mort.

– Patron ? l'interrogea McGee.

– Il y a longtemps, quand je travaillais avec Jenny. Une enquête sur des attentats mineurs nous avait menés à cet homme. On l'a piégé et il s'est fait sauté dans le bâtiment, tuant trois agents et ses six hommes.

– Il cherche à se venger…

– Alors pourquoi je ne suis pas dans ce bâtiment, McGee ! s'exclama Gibbs. Je suis celui qui l'a piégé.

– Je… Je pense que la deuxième caméra ne va pas vous plaire, patron, dit McGee, préférant changer de sujet.

Gibbs porta son attention sur la seconde image, la colère bouillant toujours en lui. Il se retint de frapper McGee en voyant qu'il s'agissait de Tony et Ziva. Il allait se tourner vers le jeune agent lorsqu'il remarqua la valise devant Ziva. Il fronça les sourcils.

– Qu'est-ce que c'est ?

– Ziva est concentrée et Tony ne semble plus rien dire et la laissait faire. Si cet homme a commis des attentats dans le passé… Je pense que c'est une bombe.

Gibbs ferma les yeux, essayant de ne pas perdre le peu de contrôle qu'il lui restait et de ne pas s'en prendre au pauvre McGee qui ne faisait que son travail. Il inspira profondément et quitta le van. Le temps était compté, ils devaient intervenir le plus vite possible.

***

Ziva fixait la bombe, manipulant avec précaution les différents fils. Elle préférait ne pas regarder le temps qu'il lui restait, Tony, par contre, ne regardait que ça, voyant les secondes défiler petit à petit pour arriver au zéro fatidique. Il avait totalement confiance en elle, mais la peur ne peut être évitée dans un moment pareil. Surtout lorsque l'on voit les secondes défiler rapidement devant soi.

– Arrête de regarder le temps, souffla Ziva.

– Peux pas m'en empêcher.

– Eh bien, essaye. Je vais arrêter cette bombe.

– Je sais. Mais c'est plus fort que moi.

Ils restèrent silencieux quelques secondes. Secondes durant lesquelles Tony parvint à détourner son attention du compte à rebours et à regarder l'israélienne, l'observant se concentrer sur leur problème. Il soupira et ferma les yeux. Il se laissa tomber contre la paroi derrière Ziva et celle-ci tourna brièvement la tête vers lui.

– Tony ?

– La dernière chose que j'ai dite à Ava était que je me foutais d'elle.

Elle leva les yeux au ciel et reporta son attention sur la bombe. Sans qu'elle ne puisse rien y faire, ses yeux dérivèrent vers le compte à rebours. Six minutes et des poussières. Elle secoua la tête et reprit sa tâche.

– Tu vas pouvoir lui reparler.

– Même si tu arrêtes cette bombe, Ziva, les types qui sont dans le bâtiment le sauront. Je ne donne pas cher de notre peau.

Elle arrêta une seconde ses gestes avant de les reprendre. Elle n'avait pas pensé à cette éventualité. Elle n'avait même pas la tête à penser à ce qui se passerait une fois le temps écoulé, bombe désamorcée ou pas. Elle n'était même pas sûre qu'ils soient encore dans le bâtiment, rien ne le leur prouvait. Elle se mordit la lèvre et élimina un autre fil. Il ne lui en restait que six. Et parmi ces six fils, l'un était celui à couper.

– Gibbs ne les laissera pas faire.

– On ne sait même pas s'il est là-haut.

– Tu es obligé d'être aussi pessimiste ?

– Je suis réaliste.

– Tony, souffla-t-elle, avec une voix douce. Je refuse que tout se termine ici. Alors s'il te plait…

Elle sentit ses bras l'entourer et eut un léger sourire. Il déposa un baiser sur sa joue et elle sentit son souffle brûlant dans son cou. Elle posa brièvement sa main sur les siennes et recommença sa dure besogne. Il posa sa tête contre la sienne et souffla :

– Désolé. Je t'aime.

– Moi aussi.

A l'extérieur, dans le van, Gibbs et McGee fixaient l'écran de l'ordinateur où ils voyaient Tony et Ziva avec la bombe. Eux aussi fixaient la bombe. Ils ne pouvaient pas intervenir tant qu'ils n'étaient pas sûrs qu'elle fût coupée. Ils ne pouvaient pas risquer la vie des agents à l'extérieur du bâtiment, mais ils ne pouvaient pas non plus risquer celle de ceux à l'intérieur. C'était un dilemme qui leur pesait, mais ils devaient attendre. Ils n'avaient pas vraiment le choix. Et pour l'instant, rien ne leur montrait dans l'attitude du couple que la bombe était hors d'état de nuire.

Gibbs serra les dents et le poing en voyant Tony embrasser Ziva et lui souffler quelque chose. Il allait avoir une conversation sérieuse avec eux et n'allait pas les laisser s'en sortir comme ça. Oh non… Il concentra son attention sur la bombe et essaya de voir le temps qu'il restait. Il plissa les yeux et parvint à voir les chiffres.

– Neuf minutes.

McGee ferma les yeux. La vie de tout le personnel du NCIS reposait dans les mains expertes de Ziva. Désormais, tout dépendait d'elle.

***

Abby observait les hommes et cherchaient une faille dans tout leur plan parfaitement préparé. Elle ne voulait pas croire qu'ils allaient gagner aussi facilement et qu'ils allaient s'en sortir en tuant tout le monde. Elle ne comprenait même pas pourquoi ils avaient décidé de tous les tuer quand ils en avaient clairement après le Directeur et Gibbs, et seulement eux. Pourquoi tuer tout un tas d'innocents qui ignoraient qui ils étaient ? Elle n'avait jamais compris pourquoi les terroristes tuaient des innocents alors qu'ils visaient des personnes en particulier, pourquoi certaines personnes avaient autant besoin d'emporter plein de monde avec eux, et elle ne comprendrait jamais. Elle préférait ignorer la logique de ces tueurs, de ces terroristes. Elle ne savait même pas s'il y avait vraiment une logique derrière tout ça.

– Tout est en place, dit un homme en arrivant.

– Très bien, souffla le chef.

– Par contre, Bob, il y avait deux agents dans cet ascenseur.

– Des agents ?

– Ouais, un couple qui va être soufflé, ricana l'homme.

– Ou qui va arrêter la bombe ! s'exclama Longs. Va les tuer !

– Je…

Longs attrapa son arme et tira sur l'incapable en face de lui avant de crier de remettre en marche l'ascenseur. Abby et Palmer sursautèrent, comme tout le personnel, qui n'était pas des agents. Ils n'étaient pas habitués à voir des personnes se faire tuer devant eux dans leur métier. Longs soupira, il devait toujours s'occuper de tout lui-même.

Dans l'ascenseur, Ziva souffla également, mais pour d'autres raisons. Elle tenait dans ses mains le dernier fil qu'elle espérait de tout cœur être le bon. Elle tourna la tête vers Tony et ils se regardèrent quelques instants dans les yeux. Il finit par l'embrasser et la même pensée les traversa : c'était peut-être leur dernier. Elle s'écarta de lui et saisit son couteau. Sans quitter des yeux Tony, elle plaça la lame sous le fil. Inconsciemment, ils retinrent tous deux leur respiration.

– Je t'aime, soufflèrent-ils à nouveau d'une même voix.

Ziva coupa le fil.

Leurs yeux se posèrent sur le compte à rebours et ils relâchèrent leur souffle en souriant. Deux minutes et trente-huit secondes. L e temps était figé. Ziva et Tony se levèrent et il l'embrassa. Soudain, ils sentirent l'ascenseur se remettre en marche. Tony attrapa son arme, tout comme Ziva et ils se placèrent de chaque côté des portes automatiques. Ils se regardèrent, la même angoisse et la même détermination dans les yeux. L'essentiel était d'avoir arrêté la bombe.

***

Gibbs défonça la porte et pénétra dans le bâtiment. McGee était derrière lui, avec cinq agents. D'autres entraient par les autres issues et entrées du bâtiment. Ils s'empressèrent de grimper les marches, le plus silencieusement possible, mais rapidement tout de même. Ils avaient vu l'ascenseur redémarrer et ne donnaient pas longtemps à Tony et Ziva pour tenir, même s'ils restaient parmi les meilleurs agents du NCIS ; face à une vingtaine, voire plus, d'hommes armés jusqu'aux dents, leurs deux Sig pour seules armes, aussi bons soient-ils, ils n'en étaient pas moins mortels et humains.

Tandis qu'ils se rapprochaient de l'étage, ils entendirent des coups de feux et accélérèrent. Le temps leur était plus que compté. Arrivés à l'étage, des voix s'ajoutèrent aux coups de feu. Gibbs et McGee s'échangèrent un regard et le jeune agent hocha la tête. Gibbs défonça la porte et pénétra dans l'open-space. Aussitôt, les hommes qui se trouvaient à côté se retournèrent, mais l'effet de surprise étant de leur côté, les agents s'en débarrassèrent rapidement.

Les otages en profitèrent pour s'éloigner des zones de tirs et éviter ainsi d'être dans la ligne de mire. Jenny rejoignit Abby et Ducky et leur fit signe d'avancer, ceux-ci observant les portes de l'ascenseur. Ils obéirent sans discuter, leur inquiétude cependant intacte. D'autres agents arrivèrent par l'escalier menant au MTAC, surprenant les hommes occupés par Gibbs et son équipe. Cependant, leur nombre ne semblait pas diminuer, des hommes arrivant par les issues non bloquées par les agents.

Les coups de feu s'échangeaient, des hommes tombaient des deux côtés, la situation ne semblait pas changer. Abby et Ducky rejoignirent les autres otages tandis que la directrice attrapait une arme à terre près d'un corps et allait prêter main forte à Gibbs.

– Jethro, tu as mis le temps.

– On ne pouvait pas intervenir tant que la bombe n'était pas désactivée.

– Ziva ?

Il hocha la tête et reprit ses tirs. L'open-office n'était plus qu'un lieu de carnage, un champ de bataille où les deux camps s'affrontaient sans prendre le dessus. Pourtant, ils devaient y arriver pour le bien de tous les agents présents, de toutes les personnes à l'intérieur du bâtiment.

Gibbs risqua un coup d'œil vers l'ascenseur, tentant d'apercevoir un signe de la part de ses agents, mais il ne vit rien d'autre que les hommes de Longs qui tiraient en direction de l'ascenseur. En direction de ses agents. Il serra les dents et se baissa à couvert. Il avança lentement vers les bureaux de son équipe, d'où il aurait une meilleure vue sur l'ascenseur et pourrait mettre hors d'état de nuire ceux qui tiraient sur Tony et Ziva. Ils restaient ses agents, les personnes qu'il se devait de protéger malgré le fait qu'ils lui aient délibérément désobéi.

Il jeta un coup d'œil par-dessus le meuble derrière lequel il était et eut un léger sourire en coin : personne ne se doutait qu'il se trouvait là et il allait en profiter. Il visa soigneusement l'homme le plus proche et tira. Il s'écroula une balle dans la nuque. Son coéquipier tourna brièvement la tête vers lui, surpris et se prit une balle dans la poitrine par un des agents dans l'ascenseur.

Gibbs décida de s'approcher un peu plus, en restant couvert. Il arriva au bureau de Ziva et se plaça derrière la cloison qui le séparait du « couloir ». Il vérifia ses balles et se mit en position. Il tira et le troisième homme devant l'ascenseur s'écroula. Cependant, les autres avaient compris et ne cherchèrent pas à s'en préoccuper. Il tira à nouveau et en atteignit un autre. Malheureusement, il allait devoir se déplacer s'il souhaitait toucher les trois hommes restants. Prudemment, il se glissa à découvert, tout en longeant la cloison. Il n'avait pas le choix, il allait devoir faire avec.

Tony regarda Ziva qui continuait de tirer sur les hommes, qui les retenaient dans cet ascenseur et les rendaient impuissants. Il avait vu Gibbs se déplacer près de leurs bureaux et savait qu'il était à l'origine des trois hommes à terre, en plus de celui sur lequel il avait tiré. Malheureusement, il en restait sept, dont quatre étaient hors de vue de Gibbs et trois de la sienne. Il soupira.

Il rechargea son arme et jeta un coup d'œil dans l'open-office. Les sept hommes les bombardaient toujours et les équipes en renfort étaient aux prises avec les autres hommes. Il vit plusieurs hommes à terre, mais il ne put distinguer s'ils étaient vivants ou morts. Il ne vit aucun des otages et espéra qu'ils s'en étaient tous sortis vivants. Son regard se porta vers l'endroit où se trouvait Gibbs. Il leva les yeux au ciel en voyant qu'il s'était mis à découvert pour pouvoir s'approcher. Mais très vite, son expression changea.

Il leva son arme et, sans prendre la peine de vérifier que Ziva le couvrait bien, visa quelqu'un debout derrière Gibbs. Deux coups de feu retentirent au milieu de ce vacarme, semblant plus forts que tous les autres. L'italien eut l'impression de vivre la scène au ralenti.

Longs s'effondra à terre, une balle entre les deux yeux. Gibbs leva ses yeux bleus vers Tony et les plongea dans ceux verts inquiets et effrayés. Il porta ensuite sa main à sa poitrine et sentit un liquide chaud couler entre ses doigts. Il n'eut pas besoin de regarder sa main pour savoir que c'était du sang. Son sang.

– Gibbs ! s'exclama Tony.

Ziva fronça les sourcils et lui lança un regard incrédule. Ce moment d'inattention faillit lui couter une balle dans le bras et elle se dépêcha de recommencer à tirer. L'italien fixait la forme immobile de Gibbs, contre la cloison, ne souhaitant qu'une chose : pouvoir le rejoindre. Mais il savait aussi que s'il tentait une sortie, il finirait mort au bout de trois pas, criblé de balles. Il ferma les yeux et tenta de se calmer.

Tony attrapa son portable, priant pour qu'il ait du réseau. Sa prière fut entendue et il appela une ambulance. Mieux valait qu'elle arrive trop tôt que trop tard. Il garda ses yeux fixés sur Gibbs, tandis qu'il délivrait le plus rapidement et calmement possible les informations demandées -nom, adresse, type de blessure et autres détails obligatoires qu'il aimerait parfois sauter. Ziva posa des yeux inquiets et interrogatifs sur lui, mais il ne le remarqua pas, trop concentré sur Gibbs, étendu contre la cloison. Il cherchait un moyen sûr de pouvoir le rejoindre le plus tôt possible, mais il n'en trouvait pas. Et alors qu'il commençait à se dire qu'il ne trouverait jamais, les coups de feu s'arrêtèrent.

Ziva jeta un coup d'œil à l'extérieur de l'ascenseur et soupira de soulagement. Elle vit alors l'ombre de Tony passer devant elle tandis qu'il se précipitait aux côtés de Gibbs, ne perdant pas une seule seconde de plus, et retirant sa veste, qu'il appuya sur la blessure de l'ancien sniper dès qu'il fut à côté de lui, afin de tenter de ralentir l'hémorragie. Elle quitta l'ascenseur et écarquilla els yeux lorsqu'elle comprit enfin l'inquiétude et l'impatience de Tony. Elle fut rejointe par McGee et Jenny qui retinrent une exclamation de surprise. De l'autre côté, près de leurs bureaux, Abby et Ducky apparurent. Les yeux d'Abby s'écarquillèrent et la panique s'insinua en elle, frappée par la scène devant elle. Le médecin légiste se dépêcha aux côtés de Tony, afin de lui venir en aide, étant plus compétent dans ce domaine.

Jenny, Ziva et McGee semblèrent enfin réagir et s'approchèrent à leur tour de Tony et Gibbs. Abby vint les rejoindre, des larmes commençant à couler sur ses joues, laissant des sillons noirs, traces de son mascara. Ducky posa la main sur son épaule dans un geste de réconfort, qui n'eut que peu d'effet sur la jeune femme, qui finit par enfouir son visage dans les bras de McGee. Ziva tenta d'aider Tony, mais celui-ci la repoussa légèrement, sans même s'en rendre compte, tellement concentré sur ce qu'il faisait, tellement préoccupé par l'état de Gibbs et par sa respiration, qui devenait sifflante et irrégulière.

– Tony, souffla-t-elle. Tony.

Des bruits de pas précipités se firent entendre derrière eux. Ziva et Jenny tournèrent la tête pour voir les ambulanciers arriver avec leur matériel. L'israélienne posa la main sur le bras de Tony et lui murmura que les secours étaient là. Il hocha lentement la tête et s'éloigna du corps immobile de l'ancien Marine tandis qu'il était pris en charge par les secouristes. Il se releva et posa ses yeux sur ses mains recouvertes de sang. Il sentit la main de Ziva sur sa joue et tourna la tête vers elle.

– Il va s'en sortir.

Il lui fit un faible sourire en hochant la tête. Une simple balle ne peut pas venir à bout de Gibbs, pensa-t-il pour se rassurer.

***

Ava se leva du banc sur lequel elle était assise et regarda la rue à la recherche de la voiture de son père. Elle soupira en constatant, qu'une fois de plus, elle n'était nulle part en vue. Peut-être était-il sur une enquête, peut-être était-il bloqué dans un embouteillage ou… n'importe quoi d'autre. Elle ne pouvait, ne voulait pas croire qu'il ne viendrait pas à cause de leur dispute du matin-même. Jamais il ne pourrait la laisser seule devant le lycée, jamais il ne l'oublierait ainsi. Elle attrapa son portable dans sa poche et observa quelques secondes l'écran. Rien. Pas un message, pas un appel. Elle ferma les yeux, rongée par le regret. Elle n'avait pas voulu le blesser ou chercher à…

Elle ouvrit les yeux et appuya sur sa première touche de raccourci. Il était occupé ou retardé, mais il ne l'avait pas oubliée, ni volontairement laissée devant le lycée. Elle refusait de croire le contraire. Alors qu'elle pensait qu'il ne répondrait jamais, les bips cessèrent et quelqu'un décrocha.

– Papa ?

– Ava ? C'est Ziva.

– Mon père est avec toi ? demanda-t-elle, étonnée que ce soit l'israélienne qui lui réponde.

– Oui, mais… Il est occupé. Qu'est-ce qu'il y a ?

– Je voulais savoir s'il venait toujours me chercher.

– Il… Je vais venir à sa place, d'accord ?

– Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a ? s'inquiéta-t-elle.

– Il n'a rien. Des soucis au NCIS. Ne t'inquiète pas. Tu es au lycée ?

– Oui.

– Okay, j'arrive d'ici dix minutes.

Elle raccrocha, laissant Ava quelque peu inquiète. La jeune fille soupira et rangea son portable, décidant de penser à autre chose. Elle retourna s'assoir sur le banc qu'elle avait quitté un peu plus tôt, et attendit. Que pouvait-il bien se passer au NCIS pour que son père ne puisse pas venir la prendre ? Elle se le demandait vraiment. Elle fronça les sourcils, ayant l'impression d'être observée. Elle scruta la rue, mais ne vit personne de suspect. Elle secoua la tête, pensant qu'elle devenait vraiment paranoïaque et dingue.

Cependant, elle était loin de se douter que quelqu'un l'observait effectivement depuis sa voiture, garée au bout de l'allée, un appareil photo dans les mains. Il prit une dernière photographie de la jeune fille avant de démarrer la voiture et de s'éloigner lentement, quittant la rue.


Alors ? Que pensez-vous de ce chapitre ? Donnez-moi vos impressions.

AngelShep