Résumé : Voldemort n'est plus, Harry l'a vaincu. Mais à quel prix ? Hermione est plongée dans le coma, victime d'une magie dont il ignore tout. Cependant, contre toute attente, un jeune sorcier bien particulier semble pouvoir lui venir en aide. Harry va alors découvrir le dernier secret qui entoure sa famille... #résumépourri !

Statut : En cours d'écriture.

Pairing : Drago et Hermione. Bah ouais, ils sont trop mignons, tous les deux !

Raiting : M, parce que je préfère prévenir que guérir... S'il y a besoin de changer par la suite, on verra. Pour le moment, je laisse comme ça.

Genre : Romance, évidemment. Famille, c'est le nœud de l'histoire. Et aussi un peu de suspense, parce que je suis sadique et que vous aimez ça !

Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à sa Majesté JKR Rowling. Seul l'histoire rocambolesque sort de mon esprit, et des personnages qui n'en font qu'à leur tête...

Note d'Auteur : Bonsoir tout le monde ! Voici un nouveau chapitre avec lequel j'ai eu pas mal de difficultés... beaucoup d'émotion à transmettre, et c'était vraiment... particulier. Je me suis même mise à pleurer à plusieurs reprises en l'écrivant... Enfin, j'espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à le lire :)

Mais avant ça, réponse aux reviews !

Maraille : Oui, effectivement, c'est rare d'avoir le point de vue de Molly, sauf sur des fictions qui racontent éventuellement sa jeunesse. Et je partage ton point de vue, Molly Weasley, c'est l'allégorie de la famille, elle est juste incroyable cette femme ! J'espère que ce chapitre te plaira également !
Berenice : Et bien merci beaucoup pour ce simple et fort joli commentaire. En tout cas, si tu as aimé le chapitre précédent, je pense que tu devrais adoré celui qui arrive... Enfin, j'espère.

Et maintenant, place à l'émotion ! Je vous souhaite une bonne lecture !
Dabisous !

YumiKate


Le Poids du Silence

Chapitre 10 : Adieux


Mardi 3 Mai 1999 - Fin d'après-midi

Hermione se réjouissait d'avoir retrouvé tout ses proches, et d'être réunie avec eux. Mais la peine était toujours bien là, dans son cœur, d'autant plus que ce sentiment était également partagé par toutes les personnes présentes dans le salon du Square Grimaud. Chacun faisait de son mieux pour maintenir la conversation, qui tournait autour des vies tranquilles des uns et des autres, comme s'ils avaient peur du silence, et de ce qu'il apporterait dans leurs esprits et leurs cœurs… Et pour une fois, Hermione ne se contentait pas d'écouter. Elle participait activement, posant des questions, ravivant la conversation lorsqu'un léger silence se faisait ressentir.

Cela faisait déjà bien vingt minutes que la pièce était ainsi animée lorsque de grandes flammes vertes s'élevèrent dans la cheminée avant de laisser apparaître un Drago Malefoy au visage à la fois surpris, embarrassé et épuisé.

Hermione se figea, choquée. Que faisait il ici ? Et d'abord, comment connaissait il l'adresse d'Harry ? Et pourquoi personne ne semblait aussi inquiet qu'elle ? A ses côtés, seul Molly s'était tendue en voyant l'ancien serpentard surgir de la cheminée et, perspicace, la jeune fille savait parfaitement que ce n'était absolument pas pour les mêmes raisons.

Que s'était il donc passé entre son petit frère et son ancien rival pour qu'ils deviennent aussi proches ?

Harry se leva presque immédiatement et avança vers le blond, le visage fermé. Sa voix trahit néanmoins son inquiétude lorsqu'il demanda :

- Tu as des nouvelles ?

Drago haussa un sourcil, perplexe, avant de désigner le reste du groupe d'un mouvement de tête interrogateur. Harry se tourna alors vers Molly, une expression nerveuse au visage. La matriarche se contenta simplement de répondre, la voix gorgée de larmes :

- J'en ai besoin, Harry.

Et comme si c'était le signal, tout le monde se tendit brusquement. L'air ambiant devint soudainement chargé d'appréhension, de tristesse, d'inquiétude. Hermione se souvint alors de la mission qu'Harry avait confié à Drago, un peu plus tôt, à l'hôpital. Cependant, elle ne comprenait pas bien comment les autres pouvaient le savoir. Était-il habituel qu'Harry et Drago travaillent ensemble ? Certes, le brun lui avait expliqué qu'ils avaient tout les deux passé beaucoup de temps à chercher une solution pour elle, mais ce ne pouvait pas être suffisant pour justifier d'une telle collaboration. Et surtout, pour que ce soit presque une évidence aux yeux des autres…

Drago s'avança calmement jusqu'à la table et y déposa sa serviette avant d'enlever sa veste et de s'asseoir avec eux. Il lui lança un petit sourire entendu, qu'elle ne comprit absolument pas, ce qui la rendit d'autant plus perplexe. Puis il prit une grande inspiration avant de se lancer :

- Comme tu me l'as demandé, Potter, j'ai fais appel à mes… connaissances, afin de mieux comprendre ce qui s'est passé. Malheureusement, pour le moment, je n'ai pas beaucoup d'informations. Je sais juste qu'il s'est fourni la Goutte du Mort Vivant chez Lucifer.

Tout le monde sursauta, à l'exception d'Arthur, Harry et Hermione. Cette dernière n'avait simplement pas comprit la référence. Qui était ce Lucifer ? Et pourquoi avaient-ils tous réagit ainsi à la mention de son nom ? Le père de famille se contenta de hocher la tête tristement tandis qu'Harry grinçait des dents :

- Cette sale vipère… J'aurais dû l'enfermer quand j'en avais l'occasion…

- Tu ne pouvais pas savoir, Potter. Et, de toute façon, il aurait trouvé son poison ailleurs, tu le sais parfaitement.

Le brun s'emporta :

- Non ! S'il avait eu du mal à s'en procurer, peut-être que nous l'aurions retrouvé plus tôt…

- Impossible.. Il n'était pas aussi idiot que ça, je suis certain qu'il avait métamorphosé son physique pour que personne ne puisse le reconnaître tant qu'il était à Londres…

Hermione n'en revenait pas. Non pas que l'idée soit mauvaise, puisqu'elle pensait la même chose. Mais le fait que Malefoy puisse chanter les louanges de Ron la laissait dubitative. Alors qu'elle s'apprêtait à intervenir, Harry se tourna subitement vers Molly et demanda à voir la lettre que Ron avait laissé derrière lui. Les larmes aux yeux, la mère de famille lui tendit un parchemin, les mains tremblantes. Alors, la brune se rapprocha de son frère afin de lire avec lui.

"Maman,

Si tu lis cette lettre, c'est que je n'ai définitivement pas eu le courage de te dire toutes ces choses en face. Pardonne ma lâcheté, et ne te réprimande pas. Certes, tu ne m'as pas élevé comme ça, mais la vie l'a fait pour toi, et nous ne pouvons blâmer personne.

J'ai fais une connerie, Maman. Quand je suis parti de Londres pour faire le tour du monde, je t'ai menti. J'ai suivi quelques pistes pour sauver Hermione, d'abord en Bulgarie, puis en France, où j'ai fini par baisser les bras. Et je me suis bourré la gueule inlassablement. Je voulais juste oublier à quel point ma vie était devenue misérable. Je voulais oublié la mort de Fred, et de tous les autres. Je voulais oublié le coma d'Hermione. Je voulais oublié à quel point j'étais impuissant. A quel point le ministère était pourri jusqu'à la moelle. Alors j'ai bu. Encore et encore. Et quand j'étais trop ivre pour lever le coude, je prenais des potions et je recommençais, encore et toujours.

J'ai honte de moi, Maman. J'ai honte, parce que je me suis détruis sans même m'en rendre compte. Et la sentence est tombée. Je suis malade. Et je vais mourir. Mon foie n'a pas supporté le traitement que je lui ai infligé. Et aucune médecine ne peut me sauver. Ni la sorcière, ni la moldue. Concrètement, il ne me reste que quelques semaines. Deux mois, tout au plus. Mais je ne tiendrais pas jusque là. Je refuse de voir mon corps s'émietter progressivement. Je refuse de me transformer en un vulgaire légume, incapable de se retenir de se pisser dessus simplement parce que j'ai fais une connerie. Et surtout, je refuse de vous imposer cette souffrance. Je refuse de vous forcer à me voir mourir à petit feu. Je sais que tu m'en veux, que tu es révoltée. Je sais que tu penses qu'en tant que mère, c'est ton rôle de t'occuper de moi. Alors arrête tout de suite de culpabiliser de ne pas avoir été présente. Tu as tort de penser ainsi. C'était mon choix, d'agir comme je l'ai fait.

J'ai fait une connerie, Maman. A l'heure où tu liras cette lettre, j'aurai mit fin à mes jours. Ce n'est pas par lâcheté. Je crois que, pour la première fois de ma vie, j'agis avec courage. Je veux dire, vraiment. J'affronte les conséquences de mes actes. Je ne fuis pas, même si on pourrait prendre ce geste comme tel, ce n'est pas le cas. J'ai simplement décidé de la mort que je voulais.

Mon seul regret aura été de ne pas te serrer une dernière fois dans mes bras. De ne pas avoir put te dire une dernière fois à quel point je t'aime et à quel point je suis fier de t'avoir eu comme mère. A quel point j'ai été heureux de vivre dans une famille aussi aimante que celle que tu as créée. Alors merci, Maman. Pour toutes ces années de bonheur, de protection et d'amour que tu m'as offertes.

Je t'aime plus que tout au monde.

Ton fils.

Ronald"

Les larmes aux yeux, Hermione relâcha un souffle qu'elle n'avait pas eu conscience de retenir. Alors qu'Harry déposait la lettre devant lui, les mains tremblantes, la jeune fille eut l'étrange sensation que ce n'était pas fini. Ou bien était-ce un douloureux espoir ? En réalité, Hermione ne pouvait pas croire que Ron ne lui ait pas accordé un seul mot. Ni à elle, ni à Harry. Ils étaient pourtant tout les deux ses meilleurs amis… Était-ce égoïste de ressentir cette dure frustration à l'idée qu'il n'ait pas pensé à eux, alors qu'il s'apprêtait à se donner la mort ?

Une petite voix dans sa tête insista fortement. Mue par une trop grande intuition elle demanda simplement à Harry de jeter un sort de révélation au parchemin, sous le regard surpris de tous. Et alors qu'elle se refusait d'espérer, les mots s'effacèrent et d'autres prirent leur place. Le brun lui sourit largement, la félicitant silencieusement, puis il se pencha de nouveau sur le parchemin pour lire à voix haute, tandis que tout le monde tendait l'oreille pour écouter ces nouveaux mots d'adieux :

- "Harry. Je savais que tu aurais l'intelligence de jeter un sort de révélation à mon parchemin. Comme tu t'en doutais, je ne pouvais pas partir sans m'adresser à toi. Tu as lu ce que j'ai écrit à ma mère, aussi, je ne reviendrais pas sur ma décision, ce serait remuer la potion dans le mauvais sens et nous n'avons pas besoin de ça. Cependant, je tenais à m'adresser à toi une dernière fois, parce que je te connais et que je sais ce que tu t'apprêtes à faire. Tu vas vouloir gérer ton deuil à ta façon, c'est à dire en menant l'enquête, parce que c'est ta façon de gérer les émotions, en agissant comme un hippogriffe, tête baissée dans la mêlée. Alors je vais te dire tout ce que tu as besoin de savoir. Je suis certain que tu sais déjà où je me suis procuré le poison. Lucifer est un sale type, et je suis sûr que tu sauras profiter de cette occasion pour le mettre derrière les barreaux une bonne fois pour toute. C'est un cadeau que je te fais, mon vieux. Alors profites en bien. Enfin, lorsque je suis parti de Londres, je suis aller voir Viktor Krum, en Bulgarie. J'ai suivi une piste qu'il m'avait fourni, concernant un vieux grimoire qui, finalement, se trouvait être celui du père Goyle. Nous en avions déjà fait le tour, et j'étais de nouveau dans une impasse. Alors je suis parti en France, dans l'espoir de trouver quelque chose dans la bibliothèque de l'académie de BeauxBâtons. En vain, malheureusement. Et c'est là que j'ai sombré. Je me suis laissé aller dans un bar, et la presse sorcière l'a apprit. J'ai réussi à empêcher cette histoire de s'ébruiter. La journaliste, parce que je sais que tu vas la chercher, n'était nulle autre que Sami Skeeter, la cousine de cette peste de Rita. A croire qu'elles ont ça dans le sang. Après ça, j'ai décidé de m'isoler pour éviter d'attirer l'attention sur moi et j'ai vécu dans un petit village nommé Wissant, près de Calais. Je vivais dans un hôtel près d'un bar qui s'appelle 'La dernière chance', ironique n'est-ce pas ?, et qui est tenu par un jamaïcain qui porte le nom de Frank. Présente toi à lui si le cœur t'en dit, il te donnera le double des clés de ma chambre d'hôtel et te dira tout ce que tu as besoin de savoir sur ma vie là bas, et sur ma maladie aussi. Enfin. Je suis revenu à Londres quand j'ai su que j'étais condamné, mais ma décision était déjà prise et vous n'auriez rien put faire. Je me suis incrusté à la cérémonie commémorative de la Victoire sous l'apparence d'un certain Louis Dupont afin de vous voir une dernière fois, et de m'assurer que vous soyez tous heureux. C'était ma façon à moi de vous dire au revoir, et à présent, tout le monde sait à quel point je suis lâche, parce que je me doute que tu auras lu cette lettre à voix haute devant toute ma famille, n'est-ce pas ? Tu vois, je te connais comme si tu étais mon propre frère. D'ailleurs, en parlant de ça…"

Là, le jeune homme se tut et lança un regard hésitant en direction d'Hermione. Celle-ci comprit que la suite de la lettre la concernait et elle hocha la tête dans un accord silencieux. Alors, Harry reprit la parole d'une voix plus douce :

- "... je voudrais que tu fasse quelque chose pour moi. Je voudrais que, contrairement à moi, tu ne baisse jamais les bras. Je voudrais que tu gardes espoir et que tu te battes inlassablement pour sauver ta sœur. Parce qu'elle le mérite. Parce que tu le mérites. Et, une fois qu'elle sera sortie de son coma, je voudrais que tu dise à Hermione à quel point je l'ai aimée. Je suis sûr que tu le savais, Harry. Tu n'as jamais été aveugle, et de toute façon, je n'ai jamais été discret. Alors dis lui. Dis lui à quel point sa présence à mes côtés durant toutes ses années m'a été précieuse. A quel point la voir sourire m'était vital. Dis lui que je regrette que nous n'ayons jamais eu l'occasion de vivre la vie que j'avais imaginé pour nous. Enfin, dis lui les mots que je n'ai jamais su lui dire, et ceux que je continue de cacher. Prends soin d'elle, Harry. Assures toi qu'elle soit heureuse et comblée, quoi qu'il puisse arriver. Mais surtout, prend soin de toi. Ne t'arrête pas de vivre simplement parce que tu culpabilise de ne pas être à sa place. Hermione ne voudrait pas que tu t'empêche de vivre ta vie et d'avancer simplement parce qu'elle n'est pas là pour être témoin de ton bonheur, ni pour le partager. Prends soin de Ginny, prend soin de ma mère aussi. Elles auront toutes les trois besoin de toi. Je t'aime Harry, mon frère depuis le premier jour et jusqu'au dernier. Ron"

Cette fois, Hermione ne put retenir ses larmes. Le visage ravagé de chagrin, elle se laissa tomber encore plus profondément dans sa chaise et pleura sans retenue. Un silence religieux s'installa alors dans la pièce et personne n'osa prononcer le moindre mot. Finalement, Harry finit par souffler à l'attention de la jeune fille :

- Ron ignorait qu'il était l'ancre et que tu te réveillerais après sa mort.

Hermione hocha la tête et finit par répondre :

- Et heureusement, d'ailleurs. Parce que sinon, il aurait agit de la même façon, mais bien plus tôt…

Elle lança un regard désolé à Molly, retenant ses nouvelles larmes de culpabilité. La matriarche le remarqua et se leva subitement pour la prendre dans ses bras pour une étreinte rassurante :

- Non, Hermione. Ne culpabilise pas, je te l'interdis. Tu n'y es pour rien, et je ne t'en veux pas le moins du monde. Ron n'a pas agit ainsi pour te sauver, il s'est suicidé parce qu'il se savait condamné et qu'il ne voulait pas mourir comme un malade, mais comme un homme fort et sain d'esprit. Tu n'y es pour rien, tu m'entends ?

La jeune fille hocha la tête, pourtant peu convaincue. Puis elle alla se réfugier dans les bras de son frère qui, elle le savait, elle le sentait, avait besoin de soutien autant qu'elle. Dans cette histoire, elle avait peut-être perdue l'homme de sa vie, mais Harry avait également perdu son frère de cœur...

XXX

Alors que la famille Weasley, ainsi que Luna, Neville, Seamus et Dean, s'en allaient enfin, Hermione repensait aux mots que Ron avait demandé à Harry de lui transmettre : "dis lui les mots que je n'ai jamais su lui dire, et ceux que je continue de cacher". Quels étaient ces mots qu'il continuait de cacher et que voulait exactement dire cette phrase ? De nouveau guidée par cette même intuition inexpliquée, elle s'approcha du parchemin laissé à l'abandon sur la table. Harry avait demandé à Molly s'il pouvait le conserver afin de l'apporter comme preuve à son supérieur pour incriminer Lucifer, qu'elle avait découvert être un sorcier de la pire espèce qui tenait une boutique sur l'Allée des Embrumes où il vendait tout un tas d'objets de magie noire, ainsi que des potions aux effets plutôt sombres, comme des somnifères ou même des drogues, et proposant également ses talents de tueurs à gage.

Elle se concentra sur cette intuition. Sur cette petite voix dans sa tête qui la poussait à agir. Elle leva sa baguette et prononça le sortilège de révélation d'une voix sourde. Elle ferma les yeux, n'osant pas les rouvrir. Et si elle s'était trompée ? Et si les paroles de Ron n'avaient aucun sens caché ?

Elle inspira une grange gorgée d'air avant d'ouvrir les yeux et de sourire largement. Elle avait vu juste, encore une fois. Les mots adressés à Harry avaient disparus, laissant place à une nouvelle lettre d'adieu. Une qui lui était destinée. Le cœur battant la chamade, Hermione se mit à lire :

"Hermione. Mon amour...

Je ne sais pas depuis quand je suis mort à l'heure où tu lis ces mots. Au mieux, quelques semaines, si Harry a trouvé une solution. Au pire, plusieurs années. Tu es peut-être devenue une femme encore plus magnifique tu ne l'étais déjà lorsque je t'ai vue la dernière fois, le jour de ma mort… Je suis heureux que tu ais eu l'intelligence de trouver les mots que je continue de cacher. Je savais que tu saurais lire entre les lignes et comprendre le sous entendu. Ton frère a du te raconter la façon dont j'avais caché ma lettre à son intention, et, brillante comme tu l'es, tu en as déduis que j'avais fait de même pour toi. Tu as toujours été la plus intelligente de nous.

Ma mère et Harry, et peut-être les autres aussi, ont dû te raconter mon histoire. Et je t'imagine déjà, les lèvres pincées de désaccord face à ma décision. Je sais que tu n'approuves pas. Je t'imagine vraiment me réprimander, me dire qu'il y a forcément une solution, que nous aurions cherché ensemble, que nous aurions retourné la terre entière pour me sauver de ma maladie. Mais il n'y avait rien qui pouvait me sauver. J'étais destiné à mourir, quoi qu'il arrive. Alors cesse de te torturer, s'il te plaît.

Si je t'écris cette lettre, Hermione, c'est pour te partager un rêve. Un magnifique rêve que j'ai fait le jour où tu es revenue de l'infirmerie, en deuxième année, après avoir été pétrifiée par le reflet du Basilic. J'ai cru mourir mille fois en te voyant là, sur ce lit, immobile, figée dans une expression de surprise douloureuse. Et lorsque tu nous as souri, à Harry et moi, pour la première fois après ces dures semaines, j'ai su. J'ai su que jamais plus je ne pourrais vivre sans voir ce sourire tout les jours de ma vie. Et chaque journée passée loin de toi depuis était une torture inouïe.

Ce soir là, pour la première fois de ma vie, j'ai rêvé de mon futur. Pour la première fois, j'ai rêvé de toi. De nous. Ensemble, mariés, heureux et épanouis dans notre beau chalet à la montagne, parce que je sais que tu préfères la montagne, entourés de nos deux magnifiques enfants, Hugo et Rose, deux petits roux aux yeux ambrés, comme les tiens. Désolé Hermione, aucun Weasley n'a jamais été autre chose que roux, et je ne crois pas que nos enfants auraient fait exception à cette règle génétique. Nous aurions choisi leur nom de façon à ce que leurs initiales soient les mêmes que les nôtres. Quel romantisme ! Je serai devenu auror, afin de te protéger et de protéger nos enfants des monstres qui seraient encore et toujours tapis dans l'ombre. Non pas des mangemorts, c'était évident qu'Harry parviendrait à vaincre Voldemort. Non, simplement des petits brigands sans scrupules. Et toi, tu serais devenue responsable du département de la justice magique. Oui, j'aurais travaillé pour toi et ça m'aurait été égal, tant j'aurai été fier de ma femme. Tu aurais enfin accompli ton rêve d'aider les créatures magiques à obtenir de meilleurs droits, et tu continuerais de te battre en faveur des opprimés…

Malheureusement, ce rêve m'a été brutalement arraché lorsque j'ai apprit ma maladie. Tu me diras, c'est de ma faute, et tu aurais parfaitement raison. J'ai été égoïste. A toi, je ne peux pas mentir. J'ai été égoïste de t'abandonner à ton sort et de ne pas poursuivre mes recherches. J'ai été égoïste de m'apitoyer sur mon sort et de me mettre à boire bien plus que de raison afin d'oublier mes tourments, jusqu'à en détruire ma santé. Je crois que, même si nous avions trouvé un remède miracle, j'aurai été indigne de ton amour.

Enfin, les choses sont comme elles sont et nous ne pouvons pas remonter dans le passé. Même un retourneur de temps ne pourrait pas me permettre de revenir suffisamment loin pour m'empêcher d'être malade. Et si je te dis tout ça, Hermione, c'est pour que tu ne fasse pas les mêmes erreurs que moi. Je t'en supplie, ne reste pas bloquée dans le passé, à revivre perpétuellement un rêve qui ne se réalisera jamais. Ne te condamne pas à souffrir indéfiniment. Tu mérites d'être heureuse. Oh que oui, tu le mérites plus que quiconque. Alors profites de ta vie. Tombe amoureuse, fonde une famille, change le monde et rend leur conditions de vie plus agréable à ces pauvres Elfes de Maisons, comme tu l'as toujours souhaité !

Je terminerai cette lettre en te disant que jamais je n'ai été aussi heureux qu'à tes côtés, même en tant que simple ami. Tu as été mon rayon de soleil dans un monde trop sombre. Je t'ai toujours aimé, aussi tôt que mon cœur en a été capable, et je t'aimerais jusqu'à mon dernier souffle, sois en certaine.

Sois heureuse, Hermione. Sois le pour nous deux.

Je t'aime.

Ronald."


NA : Wow. Je vous l'avez dit, trop d'émotions ! J'espère que ça vous as plu au moins. J'attends vos réactions avec impatience ! Le prochain chapitre... euuuuh, j'ai pas encore fini de l'écrire, donc je ne peux pas vous dire comment il s'appellera... De toute façon, je crois que cette idée a fait un flop, puisque personne n'a vraiment réagit à ça, aha !
Allez, sur ce, à demain !
Dabisous !
YumiKate