Note de l'auteur :
Arf... Je m'inquiète de vos avis pour ces deux derniers chapitres. (Et oui, celui-ci est l'un des deux. D'ailleurs, ils m'ont particulièrement posée problème et se sont écrits selon leur bon vouloir, sur un coup de tête... ou presque). C'est pour ça que j'aime les one-shot, tout est posté en une seule fois ! Parce que j'ne sais pas vous, mais à me relire, je finis par hésiter et me poser des questions. A la fin, j'me demande si j'ai bien fait ou s'il faudrait que je change des choses, alors qu'à la base, j'en étais quasi-fière. (J'vous dis pas le casse-tête...) Bref, j'arrête de blablater. Sans plus tarder... le début de la confrontation ! (Quel suspense...)
(Bonne année !)
A son réveil, Sasuke s'était promis d'étrangler son idiot de blond s'il ne le trouvait pas aujourd'hui. Heureusement pour le concerné, il n'était plus caché au moment des recherches.
- Dobe.
Il regarda son coéquipier se retourner dans sa direction et ne se gêna pas pour l'étudier en silence durant son mouvement. L'idiot semblait aller bien et ce simple constat le soulagea. Ses vêtements étaient les mêmes, ce qui lui indiquait qu'il n'était pas rentré de la nuit, et étaient sales et maculés de peinture. Cela faisait donc un petit moment qu'il s'appliquait à nettoyer l'appartement. D'ailleurs, celui-ci avait meilleur aspect. Néanmoins, il n'oubliait pas le matelas éventré qui était à sa droite. Lui qui l'avait pensé dans un bon état la veille... Mais cela voulait dire que Naruto l'avait retourné pour y dormir et donc, que le vandalisme de son appartement datait d'au moins deux jours, non ? Et putain, les tags sur ses murs étaient là hier ? Pourquoi ne les avait-il pas remarqué et pourquoi lui avait-on écrit ça ?
- Qu'est-ce tu fous là ?
Sasuke fronça les sourcils, nageant entre deux eaux. Plusieurs questions s'amassaient sur le bout de sa langue et il ne savait pas laquelle poser pour commencer. Ses sentiments s'emmêlaient dans sa poitrine et la vision de son coéquipier, une tâche blanche sur la joue ne l'aidait pas à réfléchir correctement. Cela l'agaçait, d'autant plus qu'il ne comprenait pas son propre comportement. Alors grognant, il recula jusqu'à pouvoir poser ses fesses sur la rambarde et croisa les bras, la tête rivée sur le par terre du balcon. Son air boudeur, qu'il n'avait pas conscience de laisser paraître, fit hausser un sourcil à Naruto.
- Sas'ke ?
- Pourquoi ton appartement a-t-il été saccagé ?
Naruto cligna des yeux, incrédule devant l'air toujours boudeur – et quelque chose d'autre qu'il n'arrivait pas à définir – de son coéquipier d'ordinaire si indifférent. Il ouvrit la bouche, la referma, puis s'exprima finalement.
- Quelle importance ? Et comment tu –
- Sa violence... Pourquoi une telle rage ? Pourquoi ce guet-apens hier ? Pourquoi ce bleu sur ta joue, même s'il a disparu aujourd'hui ? Pourquoi –
- Eh là, stop ! Pause !
Naruto, choqué, secoua ses mains devant lui pour arrêter le flot de questions qu'il subissait. Légèrement affolé aussi. Comment, par merlin, Sasuke était-il au courant de tout ça ? Et qu'allait-il dire pour se sortir de l'impasse ? Parce qu'il ne pourrait pas échapper à l'interrogatoire, quoi qu'il tente.
- Qu'est-ce qu'il se passe, Naruto ?
Sasuke avait relevé la tête, son regard charbon posé sur Naruto, à qui cela coupa le souffle.
- … Qu'avez-vous fait de Sasuke ?
- La ferme, idiot ! Ce n'–
- Aaah merci, il est là ! rétorqua-t-il aussitôt, un rire au bord de ses lèvres.
Sasuke leva les yeux au ciel, clairement exaspéré. Invisible à tous, une chaleur se diffusait en lui, douce et rassurante.
- Naruto... Pourquoi ? demanda-t-il plus simplement, comme s'il résumait toutes ses questions.
- Tout village a besoin d'un martyr, consentit-il à répondre.
- Tu plaisantes ?
- Non, pas vraiment, répliqua-t-il d'un air détaché. Et même sans ça, tu sais bien comment sont les villages. Certains événements sont souvent vus comme de mauvais présages et les rumeurs circulent facilement. Je suis né le jour où mes parents sont morts, mais aussi le jour où Kyuubi est apparu faisant des milliers d'autres morts. Mes stries sur les joues me donnent un air animal, paraît-il. Personne ne connaît mes parents, mon nom de famille n'est sur aucun registre du village. Je te laisse deviner le cheminement de pensées des villageois.
- Mais je suis un orphelin aussi et –
- Oh pitié, Sas'ke... C'pas comparable ! T'es un Uchiha et – eh, ne me regarde pas comme si je venais de t'insulter, tu sais très bien ce que je veux dire par là.
- Non, contra-t-il, buté.
- Si. Déjà, tes parents ne sont pas morts à ta naissance, tu les as connu. Et malgré ce qu'il s'est passé, tu représentes ton clan, avec tout son héritage. Sa puissance, ses connaissances et tout le potentiel que tu as déjà démontré. A côté, je ne suis rien. Juste un mauvais présage.
- Comment peux-tu dire –
- Allez, arrête de l'ignorer Sas'ke. Vous faites semblants mais tout le village est au courant, bordel. Je suis son souffre-douleur. Qui pouvait être une meilleure cible ? Certainement pas l'enfant qui a survécu à une tragédie, enfermant en lui tout ce qu'il reste de la force de son clan, protégé dès lors par le village, et qui s'est muré dans l'indifférence pour venger les siens. Par contre, le gamin turbulent, bruyant, qui n'en fait qu'à sa tête et dont les parents sont morts depuis sa naissance... Qui va s'en soucier ?
Dans d'autres circonstances, Naruto aurait ri de la tête de Sasuke, parce qu'il n'avait décidément pas l'habitude de le voir avec des expressions sur le visage. C'était assez agréable à voir et plaisant à décrypter.
- A leur place, j'aurais fait le même choix, termina-t-il en haussant les épaules.
Il récupéra son pinceau et s'attaqua au pan de mur de la cuisine, tournant le dos à son coéquipier muet. Tâchant de se concentrer sur ses gestes, sa nervosité s'exprima rapidement sur son propre visage, lui qui avait tout fait pour paraître sérieux durant son déballage. Il se mordit la lèvre, hésitant. En avait-il trop fait ? Son discours était-il resté cohérent ? Il craignait le contraire, certaines choses devaient être bancales. Il ne savait même pas d'où lui était venu toutes ces idées mais elles étaient sorties d'elles-même de sa bouche, sans qu'il puisse y réfléchir avant de les exposer à Sasuke. Il n'avait pas le temps de penser à ce qu'il venait de dire que déjà, d'autres mots passaient la barrière de ses lèvres. Il avait enchaîné sans difficulté, s'enfonçant dans une explication farfelue dans un seul but. Cacher une vérité, pourtant plus simple et concise puisqu'une seule phrase pouvait résumer son histoire. Je suis l'hôte de Kyuubi.
