Merci pour les gentilles reviews, bonne lecture !


Des bruits de conversations, de métal frappant du métal, de rideaux qui s'ouvrent et se ferment rapidement. Des bruits de verres, des bruits de portes se refermant en claquant.

Tout ce bruit réveilla Lucy. Elle avait mal à la tête. Elle avait mal à la gorge. Elle avait mal à cause de toute la tension dans ses muscles.

-Elle est réveillée! S'écria quelqu'un à sa gauche un peu trop fort.

"Trop de bruit." pensa-t-elle.

-Parlez doucement, enfin ! Faites lui boire ça dès qu'elle sera pleinement consciente. Je vais chercher le professeur Dumbledore.

Encore une porte qui claquait.

-Lucy, souffla la première voix. Tu m'entends Lucy ?

La jeune fille se força à ouvrir ses yeux gonflés et collants. Pourquoi étaient-ils comme ça ?

Elle observa le plafond, ne trouvant pas encore la force de remuer. Le plafond était haut, en pierre. Elle abaissa les yeux au maximum. Un peu de vert entra dans son champ de vision, en dessous des larges fenêtres. Elle mit un certain temps à faire le lien, mais cette couleur devait surement correspondre aux rideaux qu'elle avait entendu avant.

Elle bougea les doigts doucement, et sentit des draps. Elle devait se trouver dans un lit. Puis se fut le tour de ses bras et ses épaules, pour essayer de faire disparaitre la tension qui rendait son corps rigide. Enfin, elle s'aventura à déplacer sa tête sur son cou, puis elle la tourna vers l'origine de la voix.

Une personne se trouva là, assit négligemment sur un chaise mais qui se redressa dès qu'elle vit la blonde remuer. Des cheveux noirs. Des yeux gris. Un garçon. Sirius Black.

-Eh ben, tu nous as fait peur, sourit-il, maintenant rassuré. Oh, tiens, bois ça, sinon je vais me faire engueuler par Pompom.

Lucy fronça les sourcils. Il parlait trop rapidement, tout allait trop vite. Elle loucha sur le verre qu'il lui tendait avant de comprendre qu'elle devait le prendre. Elle se redressa légèrement en grimaçant et porta le liquide à sa bouche sèche. Ca avait un goût de fraise. Mais pas de la bonne fraise, plutôt de la fraise chimique, un peu le goût des médicaments moldus. Comme quoi, il y avait des choses qui ne changeaient jamais. Beurk. Bon, en tout cas, ca indiquait une chose, c'était qu'elle se trouvait bien à l'infirmerie comme elle pensait. Restait à savoir pourquoi.

Alors qu'elle avait presque fini de boire, elle entendit la lourde porte en bois s'ouvrir en grinçant. Des bruits de pas résonnèrent. Mon Dieu, mais ils ne pouvaient pas se faire discrets, là dedans ?

Un froufrou de tissu passa devant le lit et se tint à côté de Sirius. Elle remonta les yeux et bit une barbe blanche. Pas de doute, Dumbledore était là, accompagné de madame Pomfresh.

-Miss Garisson, si vous voulez répondre à mes questions, s'il vous plait ? commença le vieil homme de sa voix chaude et apaisante.

Elle ne comprit pas pourquoi il venait lui parler à elle mais acquiesça avec une certaine hésitation. Elle n'avait rien fait de mal, si ?

-Merci. Qui vous a mis dans cet etat-là?

Son hésitation se mua en incompréhension. Elle savait qu'elle était à l'infirmerie, elle savait qu'elle avait mal un peu partout, et surtout à la gorge étrangement, mais elle ne savait pas ce qui s'était passé. Elle ne savait plus. Et surtout, elle ne savait pas qui. Alors elle jeta un regard perdu à Dumbledore.

-Rosier. C'est Rosier, cracha presque Sirius pour répondre à la place de la jeune fille.

A ce nom, les yeux de Lucy s'agrandirent presque malgré elle. Rosier. Les souvenirs s'emparèrent de son esprit et elle se rappela de tout ce qu'il lui avait fait. Sa main sur sa gorge, serrée, serrée tellement fort. Ses menaces. Ses gifles qui la laissèrent comme une poupée de chiffon au sol. Son retrait de 75 points à Gryffondor, par sa faute.

Elle trembla légèrement. Finalement, elle aurait préféré ne pas se souvenir.

Elle sortit de ses pensées lorsqu'elle entendit la douce voix du vieil homme reprendre.

-Merci monsieur Black, mais je vais vous demander de nous laisser maintenant.

Sirius recula sa tête en plissant des yeux.

-Non, je ne la laisse pas. C'est moi qui l'ai trouvée, je peux répondre à sa place.

-Vous l'avez trouvée mais vous n'étiez pas là. Vous n'avez pas vécu... Tout ce qu'il s'est passé à ce moment-là.

-Mais...

-S'il vous plait monsieur Black, je ne vous l'emprunte qu'un instant. Vous pourrez revenir la voir juste après. De plus, j'ai bien l'impression qui votre tension l'effraie.

Et c'était vrai. Lucy s'était tendue lorsque la voix de Sirius s'était faite plus menaçante. Et puis, elle n'aimait pas qu'on parle d'elle comme si elle n'était pas la, alors qu'elle était juste a côté.

Sirius la regarda, l'air désolé. Il ne voulait pas l'effrayer, mais à la simple pensée de Rosier, la colère bouillait en lui. Tout ce qu'il avait fait, dit, cet être détestable... Encore un de ces satanés Sang-Pur. Pas étonnant, vu ce qu'ils faisaient, qu'il s'était enfuit loin de chez lui et surtout de sa mère.

À contre-coeur, il se leva, jeta un dernier regard à Lucy et au professeur, puis sortit. Le vieil homme le regarda un court moment, pensif, puis se focalisa à nouveau sur la jeune fille. Un gentil sourire se peignit sur ses lèvres.

-Miss Garisson, je suis désolé d'insister, mais vous rappelez vous de ce qui s'est passé ?

Elle l'observa et la scène se rejoua dans sa tête. Elle acquiesça doucement.

-Je suis allée... Commença-t-elle d'une voix cassée, rauque, suite à son étranglement.

Elle hésita. Elle était aussi en faute dans l'histoire. Mais de toute façon, elle était presque sûre que Dumbledore savait déjà presque toute l'histoire. Les tableaux avaient dû se charger de tout lui raconter.

-Je suis allée voir Rogue, parce qu'il avait blessé Lily. J'ai commencé par... Le menacer de lui faire du mal. Parce qu'il avait beaucoup blessé Lily.

Elle parlait en regardant ses mains qui tripotaient le drap du lit.

-Mais je ne lui ai rien fait, reprit-elle rapidement.

Elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle était violente. Gratuitement, en plus.

-Pourquoi ? demanda doucement le vieil homme.

Lucy releva brusquement les yeux sur lui. Pourquoi ? Il lui demandait pourquoi, finalement, elle ne lui avait rien fait ? Est-ce qu'il était fou ou quoi ?

Elle mit un petit temps avant de répondre, ne sachant pas trop quoi dire. Mais au final, elle pensa que de toute façon, il devait déjà être au courant de tout ou presque. Dans ce château, les murs parlaient. Ou plus précisément, les tableaux.

-Au début, je pensais vraiment que j'allais le frapper. Il devait ressentir la même douleur que Lily. Mais en le... Menaçant, je me suis rendue compte, qu'en fait, malgré qu'il lui ait dit toutes ces choses, il tient vraiment à elle. Peut-être même qu'il l'aime. Et je savais à ce moment là qu'il regrettait, et regretterait à chaque fois qu'il la verrait, heureuse et souriante. Il s'en voudra toujours, et ça le blessera plus qu'un simple coup de poing ou un sort.

Elle avait dit tout ça d'une traite, sincèrement. Elle leva les yeux qu'elle avait rabaissé sans s'en rendre compte, et fut perplexe en observant le regard de Dumbledore. Ses yeux étaient doux, et il acquiesçait même légèrement, mais pourtant il y avait autre chose. Comme de... De la douleur ? Du regret ? De la peine ? Peut-être plein de choses à la fois. Sûrement. Mais elle ne savait pas à quoi il pensait pour avoir cet air. Pourtant, avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, il se reprit, si bien qu'elle se demanda si elle n'avait pas rêvé.

-Bien. Et que s'est-il passé ensuite ?

Elle grimaça. Elle avait presque réussi à sortie cet épisode de son esprit. Presque.

-Eh bien... Sa voix se brisa encore une fois. Après, je suis remontée vers le dortoir. Seulement, au troisième étage je crois, je me suis sentie tirée en arrière.

Elle ne voulait pas se souvenir. Et pourtant il le fallait. Elle devait aller de l'avant, mais la sensation d'impuissance l'oppressait encore, serrant sa poitrine douloureusement.

-Avant que je ne réalise ce qui ce passait, Rosier m'avait traîné dans une salle et... Il m'a fait comprendre de ne pas menacer d'autres Serpentards.

Elle réprimanda difficilement un sanglot, mais y parvint finalement. Dumbledore la regarda avec compréhension et gentillesse, lui adressa un sourire et se leva.

-Merci, Miss. Je suis désolé de vous avoir fait revivre cette scène, mais je ne tire jamais de conclusions hâtives d'après des rumeurs, me comprenez-vous ?

Lucy acquiesça, clignant des yeux pour faire disparaître ses larmes, et l'observa se détourner. Les mots jaillirent de sa bouche sans qu'elle n'y pense.

-Professeur ! Euh, juste... Rosier, il... Il porte la Ma-

-Ce que portent, ou ne portent pas les élèves, ne me regarde pas, lui répondit-il avec un sourire, sachant de quoi elle parlait. Tant qu'ils se trouvent dans cette école, ils sont sous ma protection. Ce qu'ils font en dehors ne sont pas mes affaires.

-Mais Professeur, il doit y en avoir d'autres, et ils se promènent librement dans le château ! Et si Il leur ordonnait de passer à l'attaque ? Demanda-t-elle, un peu affolée à cette idée.

-Vous êtes intelligente Miss, on aurait tort de vous sous-estimer, lui lança-t-il avec un clin d'oeil. Cependant, bien que j'aimerais, il n'y a rien que je ne puisse faire. Je ne peux pas les renvoyer, ce sont mes élèves. Et vous n'avez pas à vous inquiéter, le château est bien protégé, et je ne le laisserais pas perturber la vie ici.

Son regard s'était fait dur et résolu, comme si d'un côté il se parlait à lui-même. En fait, Lucy avait souvent l'impression que quand il s'adressait à elle, il parlait en réalité pour lui-même, comme ce que l'on fait pour se rassurer.

-Si j'ai néanmoins un conseil à vous donner, c'est d'être prudente à l'avenir, Miss. Ne vous mêlez pas des affaires de ces personnes, pour votre bien. Toutefois, je constate que vous êtes bien protégée, s'éloigna-t-il en pouffant dans sa barbe et en regardant la porte en bois.

Lucy suivit son regard en méditant ses paroles. Sirius était derrière et il avait sans aucun doute fait allusion à lui et peut-être même aux autres Maraudeurs mais ce n'était pas le plus important. Elle trouvait ça quand même poussé qu'il sache que certaines personnes se destinaient à devenir Mangemorts sans rien y faire, au risque de voir des élèves être blessé !

Elle y réfléchit pendant encore longtemps. Non, ce n'était pas normal. Mais en même temps, c'était vrai, que pouvait-il faire ? Il n'allait pas renvoyer des élèves en mettant ça sur le compte de leur nom de famille un peu douteux ou d'un hypothétique tatouage, sans avoir aucune preuve.

Mais elle non plus ne pouvait rien faire. Elle n'avait aucun pouvoir, aucune influence. Et ça l'enrageait de savoir que d'autres personnes se feraient peut-être attaquer. Comme elle...

XxX

-Lucy !

Un nuage roux lui sauta dessus aussitôt qu'elle passa les portes de l'infirmerie.

-Ca va ? Oh mon Dieu, je suis désolée, tout est de ma faute, tout est de ma faute...

Lily se mordit la lèvre en la tenant à bout de bras et en la regardant avec inquiétude. Ses yeux étaient voilés par le chagrin et la culpabilité.

La blonde sourit.

-Je suis en pleine forme !

Bon, ok, elle exagérait, et même largement, mais Lily avait vraiment l'air de s'attribuer toute la faute.

-Il ne m'a pas fait grand chose t'inquiètes, il parle beaucoup mais en fait, c'est qu'une façade, lui lança-t-elle avec un clin d'oeil qu'elle espérait convaincant.

Encore un mensonge. Décidément, ces derniers temps, elle les accumulait. Mais celui là ne pouvait pas faire de mal.

Un poids sembla disparaitre des épaules de sa meilleure amie et un sourire s'installa doucement sur son visage.

-Je suis tellement contente que tu ailles bien, petit poussin ! Tu ne te rends pas compte à quel point je tiens à toi.

Lucy l'attira dans une étreinte en remerciant silencieusement son amie, qui s'en le vouloir la faisait toujours sourire.

-Au fait, comment t'as su que j'etais là ?

-Oh, j'etais dans la salle commune en train de me ronger les sangs, voyant que tu ne revenais pas, et finalement à un moment, assez tard je crois, Sirius est rentré. Il m'a... Dit brièvement ce qui s'était passé. T'es folle d'être allée voir Severus, franchement, il valait pas la peine que tu endures tout ça!

La blonde acquiesça.

-En parlant de lui, ca va toi ?

-Mais oui, moi j'en ai plus rien à faire de lui ! Si il préfère ses amis perfides, il n'a qu'a rester avec eux !

Lucy vit bien le bref éclair de douleur qui passa dans ses yeux à l'évocation de Rogue. Tiens, finalement, elle n'était peut-être pas la seule des deux à dire des mensonges...

-En tout cas, Rosier est un connard !

-Lily ! La regarda la blonde, faussement choquée par tant de vulgarité.

-Mais quoi, c'est vrai ! Si je le chope, je-

-Non.

Lucy posa brusquement la main sur le bras de la rousse. Son regard était ferme et ne laissait pas la place aux négociations, mais en même temps, un peu affolé.

-Non, Lily, laisse-le. Ne t'approche pas de lui. Plus jamais. Si il te dit quelque chose, ignore-le, s'il te plait.

Sa voix était suppliante.

-Promets-moi que tu ne le provoqueras pas et ne chercheras pas à te venger pour moi. Promets-le.

Lily la regarda, étudiant attentivement l'expression de son amie. Elle n'avait jamais vu cet air sur le visage de Lucy. Ça ne lui ressemblait tellement pas d'avoir, quoi... Peur ? Et si... Et si, finalement, il s'était vraiment passé quelque chose avec lui ? Que son affirmation quelques instants plus tôt qu'il ne lui avait pas fait grand chose n'était que là pour la rassurer ? Elle aperçut un coin de peau sous l'oreille de la blonde. Bleu, tirant sur le violet. Ça, ce n'était surement pas ce qu'elle appelait "pas grand chose". La colère et le dégoût envers Rosier gonfla sa poitrine. Mais soit, elle n'irait rien lui faire, parce qu'elle s'imaginait bien, même en ne sachant pas tout, qu'il l'avait menacée. Et que les menaces d'Evan Rosier n'étaient pas à prendre à la légère.

-D'accord. Je n'irai pas me venger, même si j'en crè-

-Merci. Et maintenant, on ne parle plus de ça.

Lily aperçut un garçon adossé au mur, dans l'ombre d'une statue. Elle eut un sourire imperceptible.

-Ok, de toute façon, c'est pas tout ça, mais maintenant, tu vas aller gentiment te reposer pendant que je vais travailler pour nous deux sur ce devoir de Métamorphoses. Interdiction de travailler de la journée ! sourit-elle en essayant d'oublier toutes les mauvaises choses.

Elle n'allait pas leur gâcher le dimanche à toutes les deux.

-Je ne suis pas un bébé à dorloter, Lily. Je t'ai dis que j'allais bien.

-Non, non, tu vas te reposer, dit-elle en pointant un doigt sur la blonde.

Lucy soupira. Elle savait qu'il n'y avait plus rien à faire. Il était terriblement dur faire changer Lily d'avis quand elle était décidée, et elle ne connaissait pas une personne qui l'avait déjà faite craquer, à part elle une ou deux fois.

Lily lui fit un petit signe de la main et s'éloigna rapidement en direction des escaliers. La blonde soupira encore une fois. Elle ne voulait pas se reposer, même si elle était assez fatiguée. Mais elle savait que si elle s'allongeait sur un lit, les souvenirs et sensations désagréables garderaient ses yeux ouverts. Elle ne voulait pas se retrouver seule pour cogiter. Mais à quoi Lily avait-elle pensé en la laissant seule ?

Elle commença à faire quelques pas hésitants, ne sachant où aller. Et puis finalement, elle se dirigea vers la Hall et sortit dans le parc. Elle n'avait pas vu l'ombre qui était doucement sortie de derrière la statue, qui se découragea en la voyant partir. Au final, elle sortit elle aussi avec une idée en tête.

Comme la veille, il faisait beau, mais pas grand monde ne sortait le matin. Elle se trouvait donc presque seule sur la berge du lac, qu'elle regardait presque hypnotisée par sa noirceur.

Un aboiement se fit entendre et elle tourna instantanément la tête. Un gros chien noir courait joyeusement vers elle, la langue pendante. Une sourire se peignit immédiatement sur son visage.

-Eh, coucou, toi ! Juste quand je pensais que j'aurais bien aimé te voir !

La bête lui sauta dessus avec plein d'entrain et faillit lui lécher la figure dans la précipitation. Elle rit et se rassit en la prenant sous son bras, et le caressa juste derrière les oreilles. Elle savait que tous les animaux aimaient ça. Comme elle ne disait rien, le chien tourna ses yeux vers elle et lui poussa l'épaule de sa grosse tête. Elle le regarda avec tendresse.

-Heureusement que tu es là brave bête, parce que je me sentais tellement seule ! J'avais peur que je repense à ce qui s'était passé hier... Oh, juste pour info, un Serpentard m'a pris et m'a menacé puis m'a frappé. J'ai eu si peur, si tu savais...

Comme pour lui répondre, le chien grogna. Elle rit en se disant que cet animal était très rusé, parce qu'elle avait l'impression encore une fois qu'elle la comprenait.

-Mais c'est fini maintenant, tout ça, n'est-ce pas ? Dit-elle en lui frottant le pelage. Ah, je t'aime bien, toi, t'es toujours là quand il faut. On dirais que tu lis dans mes pensées, pouffa-t-elle de rire.

Et pourtant, elle n'était pas si loin de la vérité...

-Bon, ben alors maintenant je sais que quand j'ai des problèmes, ce qui semble m'arriver souvent cette année, j'aurais juste à penser très fort à toi pour que tu apparaisses, hein ? Lui lança-t-elle avec un clin d'oeil. Oh là là, je dois vraiment être désespérée pour parler et rigoler avec un animal. Mais bon, rien à faire, toi au moins tu me remontes le moral ! Allez, petite boule de poils, à la prochaine, je vais voir Syl parce que sinon cette chouette va me faire une crise de jalousie si elle nous voit !

Elle gratta furieusement la tête du chien qui semblait apprécier ça, lui fit un petit câlin et s'en alla, direction la volière.


Au cours des jours suivants, et même des semaines, plus rien ne se passa pour Lucy. Elle s'était doucement remise de son agression, mais elle se réveillait quand même parfois au milieu de la nuit, pantelante, suite à un cauchemar. Toujours le même. Elle se trouvait toute seule, dans une salle, adossée au mur. Seulement elle ne touchait pas le sol, une main serrée sur sa gorge la retenant en l'air de quelques centimètres. Malgré tout ce qu'elle pouvait faire, se débattre, frapper au hasard ou tenter d'atteindre sa baguette dans sa poche, la main se resserrait et se resserrait encore, la privant d'air. Juste avant qu'elle ne perde conscience à chaque fois, la menant inexorablement au réveil, elle entendait un rire froid, sans joie, résonner dans la pièce. Parfois, même, l'ombre qui la tenait susurrait quelques mots.

Toujours les mêmes.

"Préparez-vous. J'arrive."


-Lucy, tu veux du pain ? ...Lucy ? Réveille-toi !

Lucy sortit de ses pensées après que Lily ait passé sa main devant ses yeux ouverts.

-Non, merci, je n'a plus faim.

-Même plus pour un dessert ?

-Non, non.

-Ok, je prends le tien alors.

La rousse se servit une part de gâteau au chocolat, et dans un autre contexte, Lucy se serait encore une fois demandé comme cette fille pouvait manger autant de trucs sucrés sans grossir.

Après un silence où Lily se demandait si finalement c'était vraiment prudent de demander, elle soupira.

-Lucy, ces derniers temps, je te trouve vraiment ailleurs. Qu'est-ce qui se passe ? Tu peux tout me dire tu le sais non ?

La blonde la regarda, presque émerveillée par tant d'attention. Sa meilleure amie valait vraiment de l'or. Quoique, après réflexion, elle valait même plus.

-Merci de t'inquiéter, Lily, mais ça va. Il ne s'est rien passé de plus que j'aurais du te dire, et je suis juste tracassée par quelques petites choses, mais rien de grave, je te promets.

Elle n'allait pas lui dire qu'elle faisait toujours des cauchemars, après presque un mois, et que l'ombre parlait de plus en plus souvent. D'ailleurs, Lily ne savait même pas que la blonde faisait de mauvais rêves. Lucy avait peur que son amie ne la croie pas, même si d'un côté, elle savait que c'était totalement absurde de penser ça de la rousse.

-Tu peux quand même me dire tout ça, même si ce n'est pas important, je serais toujours là pour t'écouter, tu en as conscience, n'est-ce pas ?

-Oui, sourit la blonde simplement.

-Bien. Maintenant, je me reprend un bout de ce gâteau, parce qu'il est succulent. Il faudra vraiment un jour que j'aille voir ces elfes en cuisine et les remercier pour leurs excellents plats. C'est même meilleur que ce que ma mère cuisine !

Lucy éclata de rire à cette remarque et lui dit qu'elles iraient prochainement. Depuis que la blonde avait trouvé le passage pour aller en cuisine quand elle était en troisième année, elle et son amie allait parfois manger un petit quelque chose pour remplir cet estomac sur pattes qu'était Lily. Oui, vous savez maintenant que si vous voulez demander quelque chose à Lily-la-butée, peut-être le seul moyen existant pour la faire changer d'avis est de l'attirer avec de la nourriture. Et non, ne demandez pas comment Lucy a trouvé le passage pour aller en cuisine, elle trouvait toujours ça dérangeant, encore maintenant, de chatouiller une poire sur un tableau pour qu'une poignée apparaisse.

Un tintement se fit entendre dans la Grande Salle et les conversations se turent progressivement, tandis que Dumbledore se levait de son fauteuil.

-Mes chers élèves, j'ai une annonce à vous faire. Un bal sera organisé à Halloween.

Cette déclaration s'ensuivit des nombreux cris de joie.

-Cependant, ce bal sera réservé aux élèves de cinquième, sixième et septième année, étant donné que c'est un bal costumé.

Quelques cris de déceptions, vite remplacés par les hurlements de filles hystériques pouvant y aller.

-Le choix du costume est libre, mais le mieux serait quand même d'en choisir un collant avec la fête d'Halloween. Oh, et pourquoi ne pas s'inspirer des Halloweens moldus ?

Il donna ce petit conseil gaiement, et les plus proches purent même apercevoir un clin d'oeil.

-Les costumes effrayants sont acceptés, c'est pour cela que les élèves en dessous de la cinquième année ne peuvent venir. Merci de votre attention, et bonne fin de repas !

Les murmures reprirent, si l'ont pouvait encore qualifier les discussions comme des murmures. Lily se tourna vers Lucy avec un grand sourire.

-Oh, je sens qu'on va bien s'amuser, toi et moi ! On va chercher de beaux costumes et on sera super classes !

-Il y a intérêt, sourit en retour la blonde.

Ce n'était pas qu'elle aimait particulièrement les bals ou se déguiser, mais elle accueillit cet événement comme un bon moyen pour se changer les idées. Bien que le bal se passait deux semaines plus tard, elle devait encore trouver une idée pour son déguisement et surtout l'acheter ensuite, ou si vraiment, le créer elle même.

-On va effrayer tout le monde.

Lorsqu'elles sortirent de la Grande Salle après le repas, elles virent déjà une affiche accrochée au mur. "Chères créatures de la nuit, au bal d'Halloween, un roi et une reine seront nommés, pour toute la soirée vous gouverner ! A vos costumes !"

Lucy sourit en se disant que certains ne perdaient vraiment pas de temps. Mais elle n'allait surement pas postuler pour etre reine. Les concours de filles, tout ça, très peu pour elle. Les duels étaient de loin meilleurs.

-Bon, alors, tu restes pour les vacances, maintenant ou pas ? Lui demanda Lily.

-Ben, je pourrais juste après le bal prendre le train pour rentrer, mais j'ai pas tellement envie... Je vais m'ennuyer pendant deux semaines !

-Oui, mais ici, tu ferais quoi ? Moi, je rentre en tout cas, je l'ai dit à ma mère.

-Oh, tu me laisses encore une fois toute seule pendant les vacances ! Dit Lily, un peu déçue, mais s'y attendant.

-Désolée. Mais au moins quand je rentrerai, je pourrai voir Sev... Ah... Non.

Lucy la regarda en biais. Son amie avait presque réussi à oublier que leur amitié était finie, mais la réalité la frappa à nouveau. Elle savait que quand Lily rentrait chez elle pendant les vacances, elle n'habitait pas loin du quartier sorcier, alors elle voyait très souvent Rogue. C'était un peu leur moment privilegié, puisqu'à l'école, c'était plus dur de se voir.

-C'est pas grave, j'irai voir mes autres amis moldus, dit-elle, faussement enjouée. Ca fait longtemps qu'on ne s'est plus vus !

Lucy ne dit rien, parce qu'elle savait qu'il n'y avait aucun mot capable d'effacer la douleur de la rousse. Il y avait bien un sort pour oublier, mais c'était trop facile, n'est-ce-pas ?

-Bon, de toute façon, pour moi c'est décidé, je n'ai pas trop envie de rentrer ces vacances. Peut-être à Noël... En tout cas, il faut que j'aille envoyer une lettre à ma mère pour le lui dire, je te rejoins plus tard au dortoir ?

-Tu ne veux pas que je t'accompagne ? Demanda la rousse.

-Non, c'est bon, et puis ça fait longtemps que j'ai pas vu Syl, alors tu la connais, elle va me faire la fête, sourit-elle.

-Ta chouette peut vraiment être folle parfois. Je préfère la mienne !

-Ah, mais tu ne comprends pas, entre Syl et moi, c'est toute une histoire d'amour, dit la blonde pour blaguer.

-Mouais, je préférerais que tu t'intéresses à des garçons plutôt qu'à des chouettes, ma vieille !

-Ahah, un jour, ne t'inquiètes pas. Sur ce, à toute !

Lily se retrouva seule.

-Oh, je crois que ce jour arrivera plus vite que tu ne le penses, Lucy. J'ai bien l'impression que quelqu'un s'est entiché de toi. Bah, en même temps, je le comprend !

Elle espérait juste que son amie ne serait pas trop aveugle pour le voir. Elle était sûre que Lucy commencait aussi à avoir des sentiments pour cette personne, même si elle ne le savais pas encore. Elle sourit. Ah, Black, le petit chanceux.

-Coucou, Lily ! Dit une voix grave, enthousiaste.

Elle ne se tourna pas tout de suite vers l'origine du son, parce qu'elle ne voulait pas qu'il voie son sourire qui s'était élargi. Elle ne voulait pas qu'il pense qu'il avait gagné. Elle apprendrait à ce gars qu'on n'obtenait pas tout en claquant des doigts.

-James, dit-elle finalement en le regardant.

Elle sentait qu'elle allait bien s'amuser avec lui.


-Voilà, ma fille, tu peux y aller. Et évite de t'arrêter en route sinon tu sais bien que je vais m'inquiéter ! Tu auras tous les rongeurs que tu veux en rentrant ici.

Lucy sourit en caressant avec affection sa chouette. L'animal poussa un cri, voleta autour d'elle puis partit par la fenêtre. C'était bon, sa lettre était envoyée. Elle éprouvait un petit pincement au coeur de ne pas voir ses parents, mais elle n'avait vraiment pas envie de rentrer chez elle. Enfin, elle considérait Poudlard presque plus comme son chez-soi que sa vraie maison. Et puis, ce n'était pas grave, elle ne rentrait généralement pas chez elle pour Halloween les autres années, et elle verrait ses parents surement à Noël. Elle ne volait juste pas que sa mère pense que c'était de sa faute.

Elle soupira en s'appuyant sur le rebord de pierre et observa le petit point argenté de sa chouette disparaitre dans la nuit. Elle laissa ses pensées vagabonder, comme d'habitude, pour imaginer des choses et d'autres. Ce serait bien si plus tard, elle pouvait travailler avec les animaux. Elle se sentait tellement bien avec eux, et il y avait encore plein de créatures magiques à découvrir. Elle trouvait ça passionnant, c'était d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle elle était une des seule qui aimait le cours de Soins aux Créatures Magiques fait par Hagrid. Il était très gentil, malgré ce que tout le monde disait.

Elle repensa aussi au chien noir, qu'elle allait voir de plus en plus souvent. parfois elle le trouvait, parfois non. Mais la petite ballade lui faisait toujours du bien et l'aidait à y voir plus clair dans ses pensées. Mais le chien était vraiment adorable. Il l'écoutait toujours raconter sa vie, parce que souvent les humains ne suffisaient pas. Ce n'était pas de leur faute pourtant, mais Lucy était beaucoup plus à l'aise pour parler aux animaux. Elle n'avait pas l'impression d'être jugée. C'était un petit peu bête, mais elle considérait presque le chien comme son meilleur ami. Mais il y avait encore maintenant quelque chose qui la rendait perplexe à son propos. Ses yeux. Elle avait toujours la furieuse impression de les avoir déjà vus quelque part, mais elle n'arrivait pas à se souvenir. Et elle se faisait à chaque fois la réflexion que ces yeux-là avaient l'air tellement intelligents, tellement humains.

Elle reprit contact avec la réalité quand elle aperçut le saule cogneur au loin qui s'agitait. Elle se demanda un instant comment elle arrivait à le voir d'aussi loin alors qu'il faisait nuit. Ses yeux montèrent et se posèrent sur la lune, qui était parfaitement pleine. voilà l'explication. Les environs baignaient dans la lumière de la lune, qui éclairait presque comme en plein jour. Elle observa l'astre un moment en se rappelant d'une légende moldue, qui disait que la lune dans le ciel avait perdu son amour et se trouvait donc toute seule, tellement triste. Et elle avait toujours l'impression que cette lune avait un visage, déchiré par la tristesse.

Le saule cogneur battait furieusement ses branches et attira à nouveau son attention. C'était bizarre, il ne bougeait que quand quelqu'un l'approchait. Pourtant, à cette heure, plus personne ne se promenait dans le parc, et encore moins près de l'arbre. Mais elle aperçut une forme noire se déplacer, et se fit la réflexion que cette forme n'était pas la silhouette d'un humain. Quand soudain, la forme rejeta sa tête en arrière, sa longue gueule pointée vers le ciel, et hurla.

Un hurlement déchirant. Un hurlement à vous glacer le sang.


Alors, vous avez aimé :)? A dans deux semaines !