Pour une fois qu'elle devait se lever tôt, elle s'endormit. Se fut Evans qui la réveilla -avec prudence, elle avait comprit la leçon la veille - bien après que ces autres camarades soient parties. Elle n'était parvenu à s'endormir que trois heures plus tôt, épuisée, et avait donc perdu l'occasion d'attraper Potter dans sa chambre.
- Où est Potter ? Demanda Eleana en guise de salut en remarquant qu'Evans était déjà prête et tout le monde partie.
Evans fut surprise par sa demande assez étrange.
- Je ne sais pas... Pourquoi qu'a-t-il encore fait ?
Trop tard Eleana n'attendit pas qu'elle finisse sa phrase. Elle s'élança dans la salle de bain, passa un coup d'eau bienvenu sur son visage et d'un coup de baguette défroissa son uniforme dans lequel elle s'était endormi. Elle n'avait ni le temps de se changer, ni de se laver ainsi elle s'en passa. Il fallait qu'elle attrape Potter avant que ce crétin ne fasse elle ne savait quoi avec sa beuglante -au risque de mourir dans d'atroces souffrances. Elle sortit aussitôt de la salle de bain et sans attendre Evans sortit en courant.
- Eleana !
Mais cette dernière ne s'arrêta pas. Tout en courant vers la Grande-Salle, la main serrait sur sa baguette cachée dans sa poche, elle réfléchit à toute vitesse. Pour quelles raisons avait-il prit sa lettre, si c'était bien Potter et non Ivanoshi ? Une curiosité malsaine ? Dans le but de l'humilier ? Car elle était sûr que sa mère n'avait pas mâché ses mots. Elle était certaine que la beuglante venait de sa mère car jamais son père ne s'abaisserait à en envoyer une. Non, lui il avait bien d'autres moyens bien à lui pour montrer sa déception. Elle ralentit à l'approche des portes de la Grande-Salle. Elle ne voulait pas entrer toute essoufflée. Elle avait une image à entretenir quand même ! Quand elle passa les portes, personne n'aurait pu dire qu'elle venait de courir à travers la moitié du château. Néanmoins ses cheveux noirs inquiétèrent immédiatement Sirius qui venait de l'apercevoir. Potter debout devant leur table étaient entourés par de nombreux Gryffondor, quand elle s'approcha calmement. Un éclat rouge attira aussitôt son regard. Sa beuglante était bien dans la main de Potter !
- Potter !
Son cri le fit sursauter et il la remarqua enfin.
- Oh Black, ça va ?
Elle allait le tuer ! Ce crétin souriait de toutes ses dents.
- Espèce de sale voleur ! Donne-la moi !
Elle ne parvenait pas à garder un ton calme, elle était bien trop furieuse. Elle lui faisait face désormais et comme par magie tout le monde s'était écarté en la voyant débouler, armé de sa baguette.
- De quoi tu parles, Black ?
- Ma lettre, espèce de sale troll !
- Ta lettre ? Tu m'agresses pour rien, c'est MA lettre.
Il tourna la lettre et lui montra l'entête. Elle était au nom de Potter. Son sourire éclatait de plus belle. Elle le croyait absolument pas ! Elle était certaine qu'il l'avait trafiqué d'une quelconque manière.
- Je ne te crois pas, dit-elle d'une voix plus calme néanmoins.
Elle avait récupéré son sang-froid. Il haussa les épaules et d'un geste théâtrale, bien conscient que ses camarades assistaient à leur confrontation, il s'apprêta à l'ouvrir.
- Non ! Ne l'ouvre pas ! S'écria-t-elle bien trop loin encore pour l'atteindre.
- Je vais te prouver que c'est ma lettre.
Il ne vas pas l'ouvrir devant tout le monde quand même ?
Et il l'ouvrit avant qu'elle n'ait pu l'en empêcher. Impuissante, la beuglante prit vie et sous ses yeux horrifiées, la voix furieuse d'Aria Black retentit.
- ESPÈCE DE SALE INGRATE ! COMMENT AS-TU OSE NOUS FAIRE ÇA ? REJOINDRE CE TRAÎTRE-À-SON-SANG, TOUS CES TRAÎTRES-À-LEUR-SANG, LES SANG-DE-BOURBE !
Sa mère avait toujours eu le goût pour le mélodrame.
- … NOUS TRAHIR DE LA SORTE ! J'AI TOUJOURS SU QUE TU ALLAIS NOUS POSER DES PROBLÈMES, DÉJÀ TON RENVOIE DE DURMSTRANG À CAUSE DE TES STUPIDES MANIES À N'EN FAIRE QU'À TA TETE, ET MAINTENANT TU TE RETROUVE PARMI LES TRAÎTRES ! SI ÇA NE TENAIT QU'À MOI JE TE RENIERAIS SUR LE CHAMP ! MAIS TON PÈRE SEMBLE CROIRE QU'ON PUISSE ENCORE FAIRE QUELQUE CHOSE DE TOI. GRAND BIEN LUI FASSE, IL SE COLLERA TOUT SEUL À LA TACHE. JE NE DISPENSERAIS PLUS UNE SEULE SECONDE DE MON TEMPS POUR UNE INGRATE, UNE TRAÎTRE COMME TOI !
Il eut un grand silence pendant lequel la beuglante reprit son souffle et son calme.
- … Ton père viendra te chercher vendredi à 18 heures précise dans le hall.
Et sur ces mots la beuglante se détruisit d'elle-même en mille morceaux.
Le visage d'Eleana était fermé, vidé de toute expression. Néanmoins il ne fallait pas s'y fier. Elle avait l'impression d'être en état de choc et elle devait l'être probablement. La première pensée qui lui vint à l'esprit avant même de penser à la mort éminente de Potter fut de se demander comment son père avait bien pu obtenir l'autorisation de la ramener chez elle. Elle avait pensé avoir au moins jusqu'au vacances d'octobre. Puis elle revint à l'instant présent et à son envie de meurtre. Le crétin de Potter venait de l'humilier devant tout le monde. Il venait de dévoiler sa vie privée, celle qu'elle protégeait, cachée depuis des années à absolument chaque élève de Poudlard - même les absents seraient au courant bien assez tôt. Il venait de passer du statut de crétin à celui de salaud. Une énorme promotion en soit. Elle pointa d'un geste brusque sa baguette sur Potter. Avec un sourire que se voulait désolé mais semblait plutôt narquois, il leva les mains dans un geste innocent.
- T'énerves pas, Black, je pensais vraiment que c'était la mienne. Je ne sais pas ce qu'il se passe.
Les gens s'étaient brusquement éloigné de Potter dans un rayon de trois mètres. Personne n'avaient envie de prendre un sort à sa place. Ce fut seulement à cet instant qu'un professeur daigna se lever pour intervenir. Pendant ce laps de temps, Sirius en profita pour se glisser entre sa baguette et Potter.
- Dégage de là, Sirius, le menaça-t-elle.
Elle avait toute une multitude de sortilèges plus horribles les uns que les autres qu'elle avait envie de tester sur Potter. Sirius tourna lentement la tête de droite à gauche comme si il avait à faire à un hippogriffe. Elle ne le fusillait même pas du regard, elle était bien au-delà de la colère. Si Sirius ne bougeait pas, elle allait bien voir si il était si solidaire que ça envers son meilleur ami. Sirius parut l'apercevoir dans son regard car il hésita et jeta un coup d'œil au professeur Slughorn qui approchait à pas lent pas très motivé à sa tâche de juge.
- Ella, baisse ta baguette s'il-te-plaît. Tu vas t'attirer des ennuies.
- Ah Ouais ? Dit-elle d'une voix dure. Tu veux m'éviter d'avoir des ennuies ou protéger ton copain ?
Le professeur était pratiquement à leur hauteur. Elle continua de fixer son cousin et d'un geste précis lança un sort. Potter se jeta à terre. Sirius lui n'avait pas bougé d'un pouce. Elle n'avait pas attaqué son cousin mais brûlait les restes de la maudite beuglante. Elle s'agenouilla de manière à ce que Potter et lui seul ne puisse l'entendre.
- Je vais te détruire. Tu as dépassé mes limites aujourd'hui, Potter, dit-elle d'une voix doucereusement calme. Tu ne pourra plus marcher dans les couloirs sans avoir peur que je ne me venge. Et crois-moi quand je me serais vengé, tu seras le premier au courant. Les seconds seront l'école entière... Tu sera étonné de voir ce que m'a appris Durmstrang... Et Sirius ne te protégera pas.
Le professeur Slughorn était à leurs côtés désormais. Elle se releva et sans un regard en regard quitta la salle.
Elle n'aurait su dire combien de temps elle avait vagabondé dans la château, ni comment elle avait atterrie dans la tour. Tout était bien trop floue. C'était comme si elle s'était mise en pilote automatique et s'était laissé avancé. Peu lui importait comment elle y était parvenue, la seule chose qui lui importait s'était qu'elle était seule. Assise sur le rebord de la tour, ses pieds pendaient dans le vide, se balançant en cadence. Elle ne voulait pas penser à ce qu'il venait de se passer elle voulait juste souffler quelques précieux instants. Malheureusement elle n'avait pas pu emporter son nimbus. Elle ne connaissait rien de mieux que voler sur son balais pour se vider la tête. Hélas elle devrait se contenter de cette tour. Elle ferma les yeux et continua à balancer ses jambes au rythme des bourrasque de vent qui lui fouettaient le visage. Néanmoins « sa bulle » de tranquillité ne pouvait pas rester très longtemps, elle le savait. Elle ne fut pas le moins étonnée quand elle éclata brusquement au son reconnaissable d'une personne montant les escaliers. Elle ne bougea pas laissant l'intrus monter. Elle ne se retourna que lorsqu'elle sentit l'intrus debout à quelques mètres d'elle. C'est avec surprise qu'elle reconnut son cousin. Pas Sirius mais Regulus, son frère. Elle enjamba le rebord et se tourna pour qu'elle puisse le voir sans a avoir a tourner la tête de façon pas très confortable.
- Regulus, dit-elle simplement.
Elle ne savait pas trop comment se comporter avec lui. Quel partie avait-il choisit ? Lui pardonnerait-il de ne pas avoir été à Serpentard ? Ils ne s'étaient pas parlé depuis des mois. Après un long silence pesant de non-dit elle se décida à refaire une tentative :
- Comment m'as-tu trouvé, Reg ?
Il esquissa un bref sourire qui illumina son visage. Il n'avait aucun doute sur le fait que Regulus était un Black, il avait les mêmes traits que son frère.
- Je me doutait que tu chercherais la hauteur. J'ai hésité entre cette tour et le terrain de quiddich, mais je me suis douté que tu n'avais pas encore pu le visiter.
Se fut à son tour de sourire.
- Quel fin observateur tu fais ! Tu devrais penser à devenir Auror !
Elle l'avait dit sur un ton légèrement railleur mais elle le vit tressaillir au mot « Auror ». Elle se gifla mentalement, consciente de sa bêtise. Lui comme elle savait qu'ils ne sauraient jamais Auror. Non, son avenir promettait d'être beaucoup plus sombre. Pendant un instant elle eut un doute quant à sa réaction. Se pouvait-il qu'il soit déjà...
Non ! Il n'a pas pu être aussi idiot.
Devait-elle lui demandait de but en blanc si il avait choisi de suivre le chemin maudit de son père ? Non, elle ne dit rien. Elle ne voulait pas savoir. Il y a des vérités qui sont dangereuses. Qui peuvent vous briser. Elle préféra changer de sujet.
- Alors, Reg, si tu es ici, qu'as-tu décidé ?
Il ne fit pas semblant de ne pas comprendre. Il comprenait parfaitement où elle voulait en venir. Pour toute réponse il l'enlaça. Il avait bien grandit, désormais il la dépassait d'une tête. Entre ces bras elle se sentait fragile. Le visage enfouit dans son cou, elle huma son odeur apaisante. Elle avait eu peur de ne plus pouvoir être aussi proche de lui. Tout comme Sirius, son contact ne la dérangeait pas. C'était toujours plus maladroit entre eux, ils n'avaient pas l'habitude d'être aussi expressifs l'un envers l'autre, mais tout changeait en fonction des événements. Ils n'étaient pas aussi proches que Sirius et elle, c'était un fait. Personne n'était capable de rivaliser avec le lien qui les rapprochait, mais ils n'en restaient pas moins proche. Elle pouvait compter sur les doigts de la main combien de personnes de sa famille elle appréciait vraiment. Avec qui elle pouvait se déclarer proche, en qui elle pouvait avoir confiance. Sirius, Regulus et Androméda. Par contre citer tous ceux en qui elle n'avait aucune confiance était beaucoup trop long. Et ceux qu'elle détestait carrément était impressionnant. Son père, sa mère, Walburga, Bellatrix... Il n'y avait qu'une seule personne qu'elle ne parvenait pas à classer : Narcissa.
- Tu es ma cousine, Ella, chuchota Regulus à son oreille comme si cela expliquait tout.
- Et Sirius est ton frère, répliqua-t-elle.
Elle le sentit se raidir. Il recula coupant ainsi cour à leur étreinte.
- Ce n'est pas la même chose, Ella, répondit-il la mâchoire crispée.
Elle avait été trop loin elle le savait mais comment s'en empêcher ?
Regulus t'as pardonné, ne commence pas une nouvelle dispute, Ella... Je dois me faire pardonner pour avoir été répartie à Gryffondor... Pourquoi ne suis-je pas né dans une autre famille ?
Le cours de ses pensées commençaient à partir dans tous les sens, elle se re-concentra sur sa conversation.
- Je pense que c'est la même chose, Regulus. Si tu peux passer outre pour moi, pourquoi ne pas le faire pour lui ?
- Lui, c'est un traître, il a quitté la maison !
Désormais ce n'était plus seulement sa mâchoire qui était crispée mais ses poings aussi.
- À qui la faute ? Vous le rabaissiez à chaque instant. Il vivait un véritable enfer là-bas... Juste parce qu'il était différent de ce que voulait tes parents...
Le voyant prêt à répliquer de nouveau elle le coupa aussitôt.
- Laisse tomber, Reg. Je pense qu'on ne parviendra à rien aujourd'hui en poursuivant cette conversation.
Il hocha la tête, soulagé que ce sujet prenne fin. Eleana allait vraiment devoir trouver un moyen pour que les deux frères soient confrontés et mettre fin à cette bêtise.
- Que vas-tu faire au sujet de Potter ?
- Me venger d'une telle façon qu'il sera encore plus humilié que moi.
Regulus eut un sourire carnassier digne de son statut de Serpentard.
- Si t'as besoin d'aide pour ça, je suis là.
Elle le remercia d'un sourire
- Bon il faut que j'y aille avant qu'Avery ne me cherche.
Il l'embrassa sur la joue.
- Je sais que tu vas y arriver vendredi. Ça va aller, Ella, tu es forte.
- Merci, Reg, répondit-elle touchée par ses quelques mots.
Il essayait de la rassurer à sa façon.
Elle le regarda partir. Lucius et Regulus maintenant. Tous les deux à ses côtés. Finalement peut-être qu'avoir été répartie à Gryffondor n'était pas une si mauvaise chose. Elle pouvait voir qui était réellement à ses côtés.
Hey !
Et me revoilà enfin ! Vraiment désolé pour cette longue attente !
Qu'avez-vous pensez de ce chapitre ? Dîtes-moi tout ;)
Le chapitre 9 est en cours d'écriture est au rendez-vous nous aurons le droit à de la vengeance tout droit sortie des talents si particuliers d'Eleana ^^
Vous avez hâte ?
Encore merci à Emilie d'avoir la patience de me corriger !
À très vite, merci pour vos reviews ça fait plaisir, n'hésitez pas en laisser, j'adore avoir vos avis :)
