Salut à toutes et à tous !
Je viens de me rendre compte que nous sommes déjà au dixième chapitre de cette histoire ! Comme promis, nous entrons dans une nouvelle phase de cette histoire. Je vous remercie de continuer à suivre cette fiction avec autant d'enthousiasme, merci infiniment ! Je ne peux pas te remercier directement Curly pour ta review, toutefois je te dis merci beaucoup c'est très gentil à toi !
Je vous souhaite une bonne lecture.
Playlist : Holding on and Letting go – Ross Copperman ou Thing Called Love - NF
Maléfice
Synopsis :
Superficiel et trop gâté, Derek, 18 ans, est le garçon le plus populaire de son lycée. Obsédé par son image et sa notoriété, il va s'en prendre à la victime de trop… Pour s'amuser, Derek cherche à humilier Lydia, une fille de son lycée, qui selon la rumeur, est une sorcière. La jeune fille décide de lui donner une bonne leçon et lui jette un sort qui le transforme en un monstre aussi hideux à l'extérieur qu'il l'est à l'intérieur. Victime du maléfice, Derek a un an pour trouver quelqu'un qui puisse l'aimer sincèrement malgré son apparence, sinon il restera un monstre à jamais. Son seul espoir repose sur une personne discrète qu'il n'avait jamais remarquée jusqu'à présent, Stiles.
Chapitre 10 : Tourner la page
« La vie est une longue histoire. Un mauvais chapitre ne désigne pas nécessairement la fin du livre » anonyme.
Après leur retour, Stiles était retourné dans sa chambre n'adressant qu'un « bonne nuit » à son sauveur. Ce n'était pas grand-chose, pourtant le cœur de Derek s'apaisa. C'était la première fois que l'hyperactif ne l'avait pas envoyé balader. Ces simples mots suffisaient amplement au maudit. Ce contact d'une incroyable banalité lui donnait le sentiment d'être humain à nouveau. Soudain, un picotement désagréable traversa l'avant-bras de Derek. En baissa les yeux, il s'aperçut de l'entaille faite par le couteau de l'agresseur. Il regarda la plaie fixement. Pourquoi ne cicatrisait-il plus ? Cette question rongeait l'esprit de la bête qui ne comprenait pas pourquoi son pouvoir de guérison ne fonctionnez plus. Que se passait-il encore ? Il se contenta donc de nettoyer la blessure, puis d'appliquer un bandage adhésif pour protéger la lésion.
Le lendemain, la bête décida de tester la méthode de son précepteur, autrement dit de garder le silence en attendant que le jeune homme finisse par venir vers lui. Il resta donc sur la réserve. Tandis que Stiles n'était pas sorti de sa chambre. Derek se demandait toujours si le garçon continuerait à l'éviter ainsi. Le maudit était effrayé à l'idée que Stiles lui en vieille encore malgré le sauvetage d'hier soir. Alors pour s'assurer de sa sécurité il l'espionna via le miroir. C'était le seul moyen de garder un œil sur lui en attendant. Le fils du shérif avait l'air d'apprécier les livres et les roses déposées volontairement sur les meubles et les étagères à son intention. Comme à son habitude, Stiles semblait absorber par sa lecture. Derek lisait tout ce qu'il lisait pour ne pas être distancé par le jeune homme. Le plan de Deucalion était peut-être une mauvaise idée. Mais avait-il une autre alternative ? La journée défila à une vitesse déconcertante et le garçon n'était toujours pas descendu le voir à sa plus grande déception.
Ce soir-là, Derek resta éveillé plus longtemps que d'habitude, à l'affût des moindres bruits que composait l'appartement. Il avait l'impression d'entendre des pas. Ceux de Stiles ? Impossible. Le maudit n'aurait jamais pu les percevoir à cette distance. Ne parvenant toujours pas à trouver le sommeil, la bête se releva repoussant les draps au passage et descendit au rez-de-chaussée afin de regarder la télévision dans le salon. Il mit une chaine au hasard en prenant soin de baisser le son pour ne pas déranger Stiles. Il s'installa confortablement dans son canapé pour profiter du programme télé. Derek avait même pris la peine de se revêtir d'un jeans et d'un t-shirt, alors qu'autrefois il serait certainement resté en boxer. Stiles avait beau avoir décidé de rester habiter avec lui, le maudit ne voulait pas risquer de l'effrayer à nouveau et de passer pour un exhibitionniste en prime.
Le temps continuait d'avancer, tandis que ses paupières devenaient de plus en plus lourdes. Alors qu'il était sur le point de s'endormir pour de bon à force de s'en s'ennuyer, un bruit attira son attention. Derek entendait une porte s'ouvrir. Était-ce Stiles ? Non, il devait sûrement se tromper. Cependant, les bruits semblaient provenir de l'étage. Le maudit s'efforça de ne pas broncher, les yeux rivés sur l'écran et le cœur battant à cent à l'heure. Il ne voulait pas se levait pour voir ce qui se passer là-haut, histoire de ne pas flanquer la trouille à quelqu'un en s'aventurant dans les couloirs à cette heure. Il patienta donc ainsi durant quelques interminables minutes. Avec le son dérangeant des cliquetis réguliers de l'horloge qui bourdonnait dans ses oreilles.
C'était bien Stiles. Il était descendu à la cuisine où il rinçait une assiette et des couverts avant de les placer dans le lave-vaisselle. La bête se retint de lui dire qu'il n'avait pas à s'occuper de ça, que c'était le travail de Mélissa. Toutefois, le fil de ses pensées s'arrêta net lorsqu'il comprit que le fils du shérif entrait calmement dans le salon. Il était si proche du maudit qu'il risquait presque de le découvrir. Derek ne put s'empêcher de l'avertir :
- Je suis assis sur le canapé, murmura la bête tout doucement. N'ai pas peur.
Derek se mordit immédiatement la joue, lui dire de ne pas avoir peur sous-entendez qu'il y avait des chances qui le soit. « Capuche rouge » ne lui répondit pas, mais ses yeux se posèrent sur lui. La lumière qui régnait dans la pièce était tamisé par le téléviseur. Malgré cela, Derek avait terriblement envie de plaquer un coussin sur son visage pour se cacher. Mais il s'abstint de le faire. Il fallait bien que le garçon le voit tel qu'il était maintenant. D'ailleurs Lydia avait été très claire sur le sujet.
- Tu es descendu, enchaîna la bête.
- Est-ce que l'on pourrait se voir ? demanda Stiles. Maintenant ?
- Non !
Derek avait répondu à toute vitesse sans pour autant réfléchir à ses mots. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, tandis qu'il essayait de dissimuler son visage. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait ?! Stiles l'avait pourtant déjà vu, alors pourquoi avait-il aussi peur de se montrer à lui sous son vrai jour ? Avait-il honte à ce point de dévoiler son immonde visage ?
- Ok, souffla le fils du shérif déçu.
Tentant de reprendre son calme en respirant régulièrement, le maudit crispa ses poings sous sa frustration.
- Tu as toujours vécu ici ? questionna Stiles.
Le soudain intérêt de « capuche rouge » à son égard le prit de court.
- Non ça ne fait pas très longtemps, avant j'habitais avec mon oncle mais c'est le genre de personne qui a du mal à gérer.
- C'est n'est pas moi qui vais le critiquer, poursuivit Stiles avant de reprendre son souffle. Et ta famille ?
Sa famille. Mais de quelle famille parlait-il ? Les mots de Derek restèrent coincés par le nœud dans sa gorge. Il était trop tôt pour se livrer à cœur ouvert dans ses blessures du passé.
- Ma mère est morte quand j'avais dix ans, avoua Stiles sans retenue. Alors pas de mères, une drôle de figure paternelle, on n'a pas grand-chose en commun, ironisa-t-il en haussant les épaules.
La bête n'arrivait tout simplement pas à lui répondre comme statufié sur place. Il ne savait pas du tout quoi lui dire ou quoi faire pour que le jeune homme reste un peu plus de temps à ses côtés. Devant le manque de réponse de la part de la bête, Stiles finit par se renfrogner.
- Bon je crois que je vais aller me coucher, conclut l'hyperactif en tournant les talons. Bonne nuit.
Derek se gratta le front en hésitant encore. Il ne voulait pas gâcher cette occasion.
- Une minute, s'exclama-t-il en regrettant déjà ce qu'il était sur le point de faire.
Stiles s'arrêta dans l'encadrement de la porte et se retourna pour observer « Miguel » toujours assis. Ce dernier posa ses mains sur ses genoux pour prendre appuient afin de se lever. Une fois debout et dos à Stiles, il attendit quelques secondes pour apaiser ses tremblements et son estomac noué. Alors sans précipitation, Derek se retourna vers le jeune homme. Stiles l'affronta en face et ses prunelles faisaient des allers-retours entre Derek et la pièce.
- Ce n'est pas beau à voir, hein ? demanda le maudit.
Le fils du shérif en resta bouche bée. Il ne devait pas être aussi étonné, mais à chaque fois qu'il le voyait tout sembler si irréel comme tout droit sortie d'un roman.
- Tu es vraiment un monstre, lâcha l'hyperactif d'une voix blanche. Mon père m'avait prévenu… mais je n'osais pas y croire. Je pensais que… mais tu ressembles à une bête. Oh mon Dieu !
Il détourna les yeux. « Le dégout » souligna la bête. Le visage de Derek s'assombrissait un peu plus et sa mâchoire se contracta.
- Je n'ai pas l'intention de te faire du mal. Je sais de quoi j'ai l'air, sauf que ce n'est pas vraiment moi. Je ne t'attaquerai jamais.
- Je sais, déclara Stiles. Moi qui pensais que tu n'étais qu'un type… une sorte de pervers. Mais tu n'as jamais défoncé ma porte de chambre, ni rien en fin de compte. De plus tu m'as sauvé la vie.
- Je suis heureux que tu sois sorti de ta chambre, Stiles, avouât Derek en tentant malgré tout de garder un ton calme. Je m'inquiétais beaucoup à propos de notre première rencontre. Je croyais que tu resterais confiner à jamais dans tes appartements. Mais maintenant que tu es là je… J'espère que tu t'habitueras.
Stiles prit une profonde inspiration avant de lui répondre :
- Je marche la nuit. Je suis incapable de rester exiler là-haut. J'ai l'impression d'être un animal en… Oh pardon ! Ce n'est pas du tout ce que je voulais dire, s'excusa l'hyperactif complètement gêné.
Derek ignora sa nervosité en voyant à quel point Stiles était dans le même état que lui. S'il se comportait en humain, le fils du shérif verrait peut-être qu'il en était un aussi malgré son apparence désastreuse.
- Le repas préparé par Mélissa était délicieux, n'est-ce pas ? l'interrogea le maudit sans le regarder afin de diminuer sa laideur.
- Oui c'était parfait, acquiesça Stiles.
La bête avait finalement compris la leçon, il n'attendait plus de remerciement désormais.
- Mélissa est une super cuisinière, enchaina-t-il histoire d'alimenter leur conversation. Lorsque je vivais avec mon oncle, il refusait systématiquement qu'elle prépare des plats sud-américains. Du coup, elle se bornait à des trucs basiques du style viande grillé et pommes de terre. Quand il a fini par m'exiler ici, je ne faisais plus attention à mon alimentation. Alors sans que je m'en aperçusse, Mélissa me concoctait ses spécialités. C'est mieux ainsi.
Le maudit interrompit son monologue stérile pour reprendre son souffle. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas parlé autant avec quelqu'un de cette manière. Il se creusa la tête pour trouver un autre sujet de conversation. Cependant Stiles le devança.
- Exilé ? Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Je vis avec Mélissa et Deucalion, expliqua Derek en continuant de fixer le sol plutôt que de croiser le regard du jeune homme. Deucalion est mon professeur. Si tu le souhaites, il peut te donner des cours.
- Professeur ?
- Comme il m'est impossible d'aller au lycée… et bien disons qu'il se charge de mon éducation.
- Le lycée ? Mais tu as quel âge ?
- Dix-sept ans. Bientôt dix-huit.
L'étonnement de Stiles ne lui est pas échappé. Le fils du shérif avait dû croire que Derek était juste une espèce de vieux pervers. Il hocha la tête, tandis qu'un éclair de pitié traversait ses incroyables yeux whisky. Or, Derek ne voulait pas de sa pitié. Si c'était le sentiment qu'il lui inspirait, l'hyperactif allait le considérer comme une créature pathétique prête à tout et n'importe quoi pour le forcer à être sien. En même temps, la pitié valait mieux que la haine.
- Te manque-t-il ? hésita l'hyperactif. Ton oncle ?
- J'essaye de ne plus y penser, répondit-il en optant pour la vérité. Après tout, ceux à qui nous ne manquons pas ne devraient pas nous manquer, tu ne crois pas ?
Stiles acquiesça.
- Quand la situation avec mon oncle a dégénéré entre lui et moi, j'ai compris qu'il ne valait plus la peine que je continue à faire semblant. Même si c'est la seule famille qu'il me reste, poursuivit Derek.
-Je suis désolé, murmura le fils du shérif en baisant la tête.
Estimant que le sujet familial présentait trop de risques, le maudit passa à autre chose :
- Aimerais-tu suivre les cours de Deucalion ? Nous avons des sessions quotidiennes. Tu es sûrement plus intelligent que moi, qui ne m'applique pas à fond. Mais j'imagine que tu as dû côtoyer des élèves médiocres au lycée, non ?
Comme Stiles semblait absent, il ajouta :
- Il peut aussi te donner des cours à part, si tu préfères. Je sais que tu m'en veux de t'avoir amené ici. C'est légitime, s'indigna la bête.
- Non, ça ne l'est pas.
- Pardon ? s'étonna le maudit.
- Je n'aurais pas dû être si méchant avec toi. Je pense que de nous deux, c'est toi qui dois le plus souffrir de cette solitude. Je n'aurais pas dû te juger si vite, sans te connaitre.
Le cœur de Derek rata un battement, il cligna plusieurs fois des paupières. Il sentit son visage s'échauffer en devinant ses futures rougeurs. Il n'en croyait pas ses yeux, il retrouvait enfin le Stiles généreux qui voyait toujours en lui cette part de bonté qu'il ne connaissait pas. Le maudit était aux anges, depuis le temps qu'il attendait de pouvoir parler de cette façon avec sa fameuse « capuche rouge ». C'était le bon moment pour tenter sa chance.
- Est-ce que je peux te montrer quelque chose ? demanda soudain Derek.
- Quoi ? rétorqua le jeune homme d'une voix inquiète.
- Ne t'inquiète pas, s'empressa-t-il de le rassurer. Il s'agit d'une serre. Je l'ai construite de mes propres mains à partir de mes plans. Elle ne contient que des roses. Aimes-tu les roses ? (Question idiote, bien sûr qu'il aime les roses, imbécile. C'est lui qui te les a fait aimer.) C'est un peu mon passe-temps.
Le maudit arrêta de parler. Il avait l'impression de passer pour de ces ringards comme on en croisait des tonnes au lycée.
- Les fleurs dans ma chambre, chuchota Stiles. Elles viennent de toi ? C'est toi qui les as cultivées ?
- Oui, affirma Derek. J'en ai encore des tonnes. Si tu acceptes d'aller sur le toit pour les admirer ou pour suivre les cours, je peux encore demander à Deucalion ou à Mélissa d'être présent. Comme ça tu n'auras pas à te soucier d'une éventuelle agression de ma part.
Il n'insista pas sur l'évidence, à savoir qu'il était déjà seul avec lui en ce moment. Qu'il était uniquement protégé par une femme, un aveugle et une porte fragile… Mais il espérait que Stiles n'arrive pas à cette conclusion. Lorsque Derek releva les yeux vers son interlocuteur, il fut surpris de constater que ce dernier l'observer intensément.
- Tu es vraiment comme ça ? finit par lâcher le fils du shérif intrigué. Tu ne te caches pas derrière un masque ?
Si tu savais à quel point j'aimerais que ce soit le cas.
- Non malheureusement.
Cela lui faisait mal d'être examiné par Stiles de cette façon, c'était difficilement tolérable. Déjà que Derek évitait de se regarder dans un miroir, alors imaginez un peu son malaise à cet instant. Néanmoins, le maudit ne tressaillit pas sous le regard inquisiteur du jeune homme. La bête songeait à Esméralda incapable de regarder Quasimodo en face. Derek se voyait toujours comme un monstre. Un monstre repoussant.
Tout à coup, le fils du shérif leva sa main et avança d'un pas vers lui. Leurs regards se croisèrent la seconde d'après.
- Est-ce que je peux toucher ? demanda Stiles la voix confuse.
Les yeux verts de la bête s'écarquillèrent subitement.
- Bien sûr, je t'autorise à toucher mon visage si tu le souhaites.
L'hyperactif secoua la tête de haut en bas. Puis il approcha sa main vers le visage du maudit en retenant son souffle. Une sorte de décharge électrique parcourut le corps tout en entier de Derek lorsque sa main rencontra son visage. Le pouls de Derek accéléra si brutalement qu'il en ferma les yeux. Le contact des doigts de Stiles dessinant délicatement les traits bestiaux sur son visage le laissait presque euphorique. Derek reprit sa respiration, puis rouvrit ses paupières. Il se rendit compte, à présent qu'il était plus proche de Stiles. Ses yeux le détaillaient sans vergogne, en revanche Derek n'arrivait pas à décrocher son regard des lèvres charnues du jeune homme. Quand l'hyperactif finit par rompre leur contact, il eut un petit geste du menton. Derek décelait la compassion que Stiles éprouvait.
- Je pense que j'apprécierais d'avoir un cours en compagnie de Deucalion, annonça le jeune homme en souriant. Nous essaierons de travailler ensemble, afin de ne pas gaspiller son temps mais si tu es trop nul pour suivre le mouvement, il faudra que l'on change de méthode. Je suis habitué à un certain niveau, déclara Stiles.
Il avait l'air de plaisantait, pourtant Derek savait pertinemment était tout de même sérieux un peu sérieux aussi.
- Les cours seront dans la serre sur le toit. Nous commençons à neuf heures en général, souligna le maudit. Nous sommes plongés dans la poésie en ce moment.
- Vraiment ?
- Oui.
Derek cherchait un vers à citer. Il avait appris par cœur des pages et des pages de poésie durant son exil. Il tenait la parfaite occasion de l'impressionner. Cependant, le silence causé par sa timidité insoupçonnée était assourdissant.
- Cool, J'adore le théâtre et les poèmes, confia Stiles.
Le fils du shérif le gratifia d'un second sourire gêné. Était-il aussi soulagé que lui par cette nouvelle rencontre ?
- Eh bien je ferais mieux de me coucher, alors. Pour être en forme demain matin.
- Oui. Bonne nuit et à demain.
- Bonne nuit Miguel.
Tournant les talons, il partit. Derek le regardait grimper les marches d'escalier, puis il tendit l'oreille au bruit de ses pas quand le jeune atteignit sa chambre. Ce n'est que lorsqu'il entendit sa porte se refermer que Derek s'élança dans une danse de la victoire bien méritée, avant de se plonger comme un fou dans son canapé le sourire jusqu'aux oreilles. C'était la plus belle soirée de sa vie !
Ce soir-là, quelque chose avait changé chez Derek comme pas mal de trucs depuis sa transformation d'ailleurs, cependant cette fois-ci c'était différent. Il était passé par de nombreux stades avant de devenir celui qu'il était aujourd'hui. Il avait vécu la perte de sa beauté comme la mort d'une partie de son être. Tel un deuil, il avait traversé plusieurs phases.
Tout d'abord, le choc. Une période indéterminée dans laquelle il avait dénié et refusé catégoriquement la réalité. Il était difficile pour lui d'envisager qu'il avait perdu la seule chose qui le rendait spéciale à ses yeux. Ses émotions avaient peu à peu disparu, devenant plus que l'ombre de lui-même. C'était comme être en dehors de la réalité. Puis s'ensuivit la colère. Lorsque son déni s'effaçait et qu'il prenait conscience de son état, il avait graduellement ressenti une forte douleur et l'envie de se révolter. Ce fut difficile pour lu,i car tous ses principes se confrontaient et rentraient en contradictions. Il s'en était voulu de ne pas avoir écouté les conseils de Mélissa. Ensuite, il était passé dans au stade du marchandage. Il avait tenté de négocier avec Lydia pour retrouver son apparence. Mais lorsqu'il comprit qu'aucun retour n'était possible, il s'était plongé dans une autre phase. La dépression. Une longue traversée du désert, accompagnée d'une profonde tristesse, une détresse émotionnelle et de remise en question. Lui donnant, l'impression de ne pas pouvoir s'en sortir. Il avait même pensé à en finir quelquefois. Mais enfin, il avait terminé par accepter la perte de sa beauté. Il ressentait toujours de la tristesse face à son reflet, mais il avait retrouvé progressivement l'envie de vivre malgré tout. La force de se relever malgré les échecs.
Il avait tout perdu : sa beauté, sa popularité, ses amis qu'il n'avait jamais eu, son amour-propre, son oncle Peter, sa maison, sa vie. Le sol s'était effondré sous ses pieds et il était le seul responsable de cette douloureuse chute. Il s'était toujours comporté comme un sale égoïste prétentieux pour cacher ses faiblesses. Mais cette épreuve lui a permis de devenir un homme grandi et plus sage. Certes, il avait encore beaucoup de choses à apprendre, toutefois il pouvait toujours compter sur le soutien de Deucalion et de Mélissa. Il n'avait plus honte de demander un coup de main lorsqu'il en avait besoin.
Et puis il avait rencontré cette fameuse « capuche rouge » et son monde a basculé. Il esquissa un fin sourire en repensant à l'état du fils du shérif lors de la fête Halloween. Parmi toutes les personnes qu'il avait côtoyées, Stiles était le seul pour qui il était prêt à tout pour se racheter une conduite. Devenir quelqu'un d'aussi généreux et passionné que le garçon, pour pouvoir briller à ses yeux. Ses yeux qui obsédaient constamment ses pensées. Quand il refermait ses paupières il revoyait sans cesse son visage angélique, même s'il fallait avouer qu'il avait un fort caractère. Mais c'était ce qui lui avait toute suite plus chez lui. Stiles lui avait permis d'obtenir une seconde chance bien qu'il ne le méritait absolument pas. Même sous cette hideuse apparence, Stiles ne l'avait pas jugé, bien au contraire il compatissait devant son malheur. Stiles était l'unique personne à voir bien au-delà des apparences.
Le temps continua de s'écouler. Il se faisait tard, pourtant lorsque Derek rentra dans sa chambre il était incapable de se coucher. C'était impossible de dormir en sachant que le lendemain matin il serait enfin en compagnon de Stiles. Comme un enfant attendant ses cadeaux de Noël, il n'arrivait pas à calmer sa joie, ni à fermer l'œil de la nuit. Le maudit abandonna donc l'idée de s'endormir. Il attrapa une chaise et s'installa rapidement à son bureau. Il prit quelques feuilles et plaça son stylo plume dans sa main. Il s'arrêta et fixa la page blanche. Tout à coup, il ouvrit le capuchon et commença à griffonner sur le papier. Pour tourner définitivement la page sur son misérable passé, Derek allait en écrire une nouvelle.
Cher Stiles,
Ces temps-ci, je me suis mis à penser aux lettres, aux vrais lettres celles que nous écrivons à la main et à quel point il est dommage que plus personne n'en écrive. Alors j'ai décidé de t'en écrire une aujourd'hui…
J'espère que vos avez appréciez ce nouveau chapitre, comme toujours n'hésitez à me donner votre avis, je vous répondrai le plus vite possible !
Stiles qui commence à se rapprocher à son rythme vers "Miguel" et un Derek sur un petit nuage !
Il est temps pour notre maudit de passer en mode séduction, vous ne pensez pas ?
Je vous dis à la prochaine pour la suite ! Je vous adore !
Câlins, lapins et tout le bonheur du monde !
