Et voilà le nouveau chapitre ;) Les choses commencent à avancer mais on n'est pas encore sorti de l'auberge...

Eclat d'Etoile : Merci d'être toujours fidèle au poste ! Tes reviews nous font chaud au cœur ! Oui Bryce est un sale type et après avoir vu 13 reasons why on avait envie de lui régler son compte et Raphaël s'est gentiment proposé pour lui mettre une raclée ^^ On adore le Saphaël aussi et on voudrait leur écrire une histoire qui aurait lieu dans le même univers que cette fic mais on préfère avancer le Malec d'abord pour ne pas se disperser.

N'hésitez pas à nous donner vos impressions ça nous fait toujours très plaisir et ça nous motive à écrire :)

Bonne lecture :3


Un admirateur secret - POV Magnus

Mardi 2 novembre 2016

12h12 - Cafétéria de Liberty High

Magnus savait pertinemment qu'il avait une tête horrible. Il avait passé la soirée de la veille à se morfondre dans son lit en regardant The Real Housewifes et en mangeant de la crème glacée pour essayer d'oublier ce qu'il s'était passé. Il n'avait pas fermé l'œil le soir du bal. Il se sentait incroyablement mal et coupable de ce qui était arrivé à la jeune fille. Quand Garroway était venu le chercher et lui avait expliqué la situation, il avait lutté de tout son être pour ne pas tourner de l'œil ou vomir sur les chaussures vernies de son professeur. Il avait même hésité à venir au lycée ce matin... Mais il avait pris son courage à deux mains et il se trouvait maintenant assis devant Raphaël qui avait une tête sûrement aussi horrible que la sienne. Il avait les yeux enfoncés et le regard lointain.

Magnus se mordilla la lèvre en jouant pensivement avec une tomate cerise solitaire qui trainait dans sa salade qu'il n'arrivait pas à avaler. Raphaël avait affronté bien pire que lui et pourtant il semblait beaucoup mieux le vivre. Malgré son air hagard, il mangeait tout à fait normalement et il arrivait même à sourire aux gens qui le saluaient. Magnus admirait sa force de caractère... Mais en réfléchissant un peu, il ne put s'empêcher de se dire que ce détachement, il l'avait sûrement développé à cause de son enfance bien plus que difficile. Magnus fut tiré de ses pensées quand un jeune homme brun à lunettes se rapprocha de leur table un plateau à la main et se racla la gorge d'un air un peu embarrassé. Lui aussi avait les traits tirés d'une personne qui a trop réfléchi et qui n'a pas bien dormi.

- Excusez-moi, est-ce que je peux m'assoir ?

Raphaël leva les yeux vers le nouvel arrivant et un sourire fatigué étira ses lèvres quand il désigna la place à côté de Magnus.

- Bien sûr Simon, assied-toi.

Simon... Magnus fit tout de suite le rapprochement. Raphaël lui avait raconté sa version de cette soirée de l'enfer. Simon était la personne qui l'avait prévenu. Se sentant subitement de trop, il se leva rapidement.

- Prends ma place si tu veux, j'allais y aller de toute façon. À plus tard Raphaël.

Il adressa un signe poli au jeune homme qui s'était assis face à son ami et s'éloigna. À contre cœur, il jeta le contenu de son plateau avant de le poser sur le dépose plat. Il détestait le gâchis alimentaire mais à l'heure actuelle, il était incapable d'avaler quoi que ce soit.

D'un pas las, il se dirigea vers la sortie. Il jeta un coup d'œil rapide à sa montre. Il lui restait presque une heure à tuer. Ne sachant pas vraiment quoi faire, il prit la direction des bureaux de l'ADLH. Au moins là-bas il serait seul et ne serait pas obligé de subir les piaillements des Freshman Year qui parlaient du viol comme du dernier potin people de l'année.

Alors qu'il fouillait dans son sac pour retrouver les clés du bureau, quelqu'un l'apostropha de l'autre côté du couloir. Il se retourna et vit Miles qui lui faisait de grands signes. Magnus soupira discrètement. Il aurait vraiment voulu être seul. Tant pis.

Il lui fit signe d'approcher pendant qu'il poussait la porte de l'ADLH. Quand Miles arriva à sa hauteur, il remarqua que le jeune homme semblait rayonnant. Il se tenait plus droit que d'habitude et avait un petit sourire heureux qu'il semblait avoir du mal à effacer. Magnus l'invita à entrer avant de s'assoir sur son bureau et de lui lancer un regard interrogateur.

- Dis-moi ça à l'air d'aller pour toi ?

Miles lui offrit un sourire franc. Il chercha du regard un endroit où s'assoir avant de changer d'avis, il semblait bien trop excité pour tenir en place.

- Tu te rends compte que Bryce est parti ? Mon pire cauchemar a mis les voiles... Ils l'ont enfin viré ! J'suis tellement heureux putain !

Miles se tapa le front du plat de sa main comme pour s'assurer qu'il n'était pas en train de rêver. Magnus fronça les sourcils. Dans un sens il comprenait la joie de Miles mais d'un autre il ne comprenait pas une seule seconde que l'on puisse se réjouir de ce qui venait de se passer. D'une voix beaucoup plus froide et dure qu'il ne l'aurait voulu, il reprit la parole.

- Une fille s'est faite violer... Et tu es heureux ? Est-ce que tu t'entends ?

Magnus le fixait à présent d'un regard noir. Miles perdit presque instantanément son sourire et se tordit les mains avec violence. Magnus aurait juré voir ses yeux devenir subitement humides. Le jeune homme lui lança un regard oscillant entre la culpabilité et l'inquiétude avant de bafouiller.

- Je... Ce n'est pas... Je... Désolé.

Devant l'air encore consterné de Magnus, Miles resserra son emprise sur la bretelle de son sac à dos et tourna les talons avec une rapidité déconcertante. Quand la porte du bureau se referma, Magnus passa une main fatiguée sur son visage. Décidément tout allait de travers en ce moment.

Lundi 7 novembre 2016

11h58 – Couloir de Liberty High

Les bras chargés de différentes versions de son book, Magnus sortit du cours d'art avancé de Madame Fairchild accompagné de Théodore, Catarina et Méliorn. Ce dernier s'était lancé dans un long monologue sur la scénographie qu'il jugeait douteuse de la dernière pièce de théâtre de son père. Magnus, lui, était perdu dans ses pensées. Sa professeure d'art semblait persuadée qu'il trouverait facilement une école avec un travail de cette qualité mais... Il ne pouvait s'empêcher de douter. Il avait déjà sondé le terrain l'année dernière auprès des universités et il n'avait eu aucune réponse satisfaisante. Soit le jury était enthousiasmé par ses réalisations mais ses notes n'étaient pas assez bonnes, soit les frais de scolarités étaient clairement hors de sa portée. Il arriva devant son casier en soupirant. Il était en train de ranger précieusement ses books quand il fut sorti de ses pensées par le coude de Théodore qui s'enfonçait discrètement dans ses côtes. Il fronça les sourcils et lança un regard interrogateur à son ami qui semblait profondément choqué.

- Ferme doucement ton casier et regarde à trois heures, lui chuchota le jeune photographe.

Sans vraiment comprendre les raisons du comportement de Théodore, Magnus lui obéit. En suivant ses instructions, il croisa le regard de Lightwood qui semblait le fixer avec... Intensité ? Quand il se rendit compte que Magnus l'avait repéré, il lui sourit d'une façon tout à fait étrange. Ses lèvres s'étaient étirées en un sourire crispé et forcé. Magnus resta un moment interdit. Qu'est-ce qu'il était censé comprendre exactement ? Il arqua un sourcil et se tourna à nouveau vers Théodore qui haussa les épaules devant sa question muette. Se rappelant de l'enfer qu'il lui avait fait vivre pendant son mois de punition, Magnus ne put se résoudre à laisser Alexander sans aucun signe de sa part. Avec un manque de conviction extrême, il lui fit un léger signe de la main.

- Euh... Bonjour ?

A son grand étonnement, le sportif sursauta et rougit violemment avant de s'enfuir dans la direction opposée d'un pas rapide. Magnus resta un moment interloqué. Il n'y comprenait plus rien. Que venait-il de se passer exactement ? Il se retourna dans l'espoir de comprendre la raison de la fuite de Lightwood mais le couloir était pratiquement vide...

- Ok... Alors ça c'était vraiment chelou, s'exclama Théodore.

Il semblait aussi perdu que lui. Ils échangèrent un regard d'incompréhension. Vraiment étrange.

Mardi 8 novembre 2016

12h11 – Couloir de Liberty High

Magnus venait d'assister au cours de littérature de Monsieur Garroway. Au grand plaisir de Catarina, qui suivait ce cours avec lui, ils avaient étudié les poètes français. Pendant toute la durée du cours, Catarina avait eu des étoiles dans les yeux en entendant leur professeur parler de Baudelaire et Verlaine. Magnus l'avait rarement vue aussi attentive. Il avait aussi remarqué une lueur triste naître dans son regard quand ils avaient abordé la lecture d'un poème parlant d'un amour impossible. Il s'était d'ailleurs promis de mener sa petite enquête. Il adorait Catarina mais elle était si réservée qu'elle ne parlait que très rarement d'elle, même à ses meilleurs amis.

Alors qu'ils se dirigeaient vers la cafétéria pour le déjeuner et qu'ils parlaient de tout et de rien, Catarina le stoppa sans crier gare en lui attrapant vivement le bras pour le tirer en arrière. Sans le ménager, elle l'attira devant son casier.

- Oh regarde Magnus !

Elle avait parlé d'une voix aigüe, cette voix que prenait les filles quand elles trouvaient quelque chose absolument adorable. Magnus regarda avec étonnement la porte de son casier. Quelqu'un avait glissé la tige d'une magnifique fleur à l'intérieur de façon à ce que seules les pétales soient visibles. Il jeta un rapide regard autour de lui. Son casier était visiblement le seul à avoir été fleuri. Il se sentit à la fois flatté et extrêmement gêné. Personne n'avait jamais eu ce genre d'attention à son égard... Catarina semblait hypnotisée par la fleur. Sans la quitter des yeux, elle reprit la parole.

- Ouvre ! Il y a peut-être un mot à l'intérieur !

En fronçant les sourcils, Magnus s'exécuta. Il déverrouilla la porte et fouilla vaguement entre ses cahiers et ses livres au cas où un mot se serait égaré à l'intérieur. Catarina poussa un soupir de déception quand il lui affirma qu'il n'y avait rien de plus que la fleur. Il extirpa la tige de son casier avec délicatesse puis se tournant vers Catarina, il haussa les épaules.

- Peut-être que quelqu'un se paye ma tête après tout.

- Ne raconte pas n'importe quoi ! Tu crois vraiment que quelqu'un se serait donné la peine de t'acheter une fleur pour te jouer un vilain tour ? S'exclama Catarina en lui adressant un regard sévère.

Magnus haussa à nouveau les épaules. Il referma son casier et observa la fleur qu'il tenait encore à la main. Après quelques secondes de réflexion, il l'accrocha à une boutonnière de sa chemise.

- Tu sais... On n'est à l'abri de rien de nos jours.

Catarina le réprimanda à nouveau de sa mauvaise foi. Peut-être qu'il ne voulait simplement pas croire à un admirateur secret de peur d'être déçu et blessé. Pendant que Catarina le serinait encore et encore sur le romantisme de la situation et son pessimisme, ils arrivèrent à la cafétéria. Après avoir récupéré un plateau et de quoi se restaurer, ils allèrent rejoindre Théodore qui les attendait seul à une table. Quand Magnus s'assit en face de lui, Théodore se pencha par-dessus les plateaux et observa d'un air amusé la fleur à sa chemise en arquant un sourcil.

- Oh oh en voilà une bien jolie fleur Magnus ! Où est-ce que tu as déniché ça ?

Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour répondre à son ami, Catarina le coupa et débita d'un ton mi-professoral mi-réprobateur.

- Elle était sur son casier. Je pense qu'il a un admirateur secret mais lui ne veut pas y croire. Il pense qu'on se moque de lui. Dis-lui toi que c'est impossible !

Magnus la fusilla du regard. Autant mettre tout le lycée au courant tout de suite ! Bizarrement, il n'avait pas vraiment envie que cette histoire s'ébruite et prenne de l'ampleur. Il ne voulait pas se laisser entraîner dans un tourbillon d'optimiste et de spéculation. Il ne voulait pas se retrouver comme un con à avoir espérer une belle histoire romantique alors que le risque qu'il s'agisse d'une blague était bien présent.

- Je pense qu'il a raison de se montrer prudent. Peut-être que la cuvette des toilettes n'est plus assez satisfaisante pour humilier les gays et qu'un petit malin veut s'amuser à briser des cœurs, s'exprima Théodore après quelques instants de réflexion.

Magnus adressa un regard triomphant à Catarina. Il lui avait bien dit que cette histoire n'était pas nette ! Cette dernière grogna d'agacement et les traita de rabats joie avant de se plonger dans la dégustation de son plat de spaghettis à la bolognaise et de les ignorer ostensiblement.

Samedi 12 novembre 2016

15h58 – Stade de Liberty High

La foule était en liesse. Après un match particulièrement difficile les Eagles avaient réussi à arracher la victoire sur un magnifique Touch Down. Jace Wayland le Quarterback avait fait une passe courte à Raphaël, le Fullback, qui après avoir parcouru quelques Yards à grand renfort de coups d'épaules avait fini par faire une passe mémorable à Alexander Lightwood qui avait profité d'un petit espace pour franchir les barrières de la défense. D'un saut acrobatique, il avait réussi à récupérer le ballon et à courir jusqu'à la Endzone grâce aux crochets qui avaient fait sa renommée. Trop heureux que les Eagles remportent le premier match de la saison, Théodore, Catarina et Magnus s'étaient mutuellement sautés dans les bras en hurlant de joie. Magnus était fier de la partie que venait de disputer Raphaël et il devait bien avouer que Lightwood jouait aussi de mieux en mieux. Reprenant leurs esprits après cette effusion de joie, ils reportèrent tous trois leur attention sur le terrain. Les Liberty's Tigress venaient de faire leur entrée pour célébrer cette victoire pendant que les joueurs se rapprochaient des tribunes pour saluer leurs amis ou simplement faire des accolades à leur coach et coéquipiers.

Magnus chercha Raphaël du regard mais fit une toute autre rencontre. Sous ses yeux, Alexander Lightwood venait d'enlever le haut de son équipement, mettant son torse à nu. Des gouttes de sueur glissaient entre ses pectoraux et le long de ses abdos avant de venir mourir dans la fine ligne de poils qui naissait sous son nombril. Difficilement, il fit remonter son regard vers le visage du jeune joueur. Et ce qu'il vit le ravi tout autant. Les yeux mi-clos, Lightwood s'aspergea d'eau avant de venir passer une main dans ses cheveux trempés. Cette scène avait tout du cliché des teen-movie mais... Magnus avala difficilement sa salive. Bon dieu qu'il était beau.

- ... Et j'ai fait une sextape avec une licorne.

Sortant violemment de sa contemplation divine, il reporta son attention sur ses amis. Théodore semblait tout aussi sonné que lui mais Catarina les contemplait d'un air agacé. Elle fronça les sourcils.

- Essayez de vous contenir. Vous allez inonder le stade à force de baver.

19h23 – Café Monet's

En quittant les tribunes, le trio d'amis avait croisé Méliorn qui était également venu au stade. Avec un sourire conquis, il leur avait avoué être venu pour encourager sa nouvelle petite amie qui faisait partie des Tigress. Il en avait aussi profité pour parler à Magnus d'une nouvelle audition qu'il allait passer dans quelques temps. Il avait besoin d'un nouveau costume. Magnus avait alors proposé d'aller boire un verre chez Monet's pour se détendre et parler plus en détail de cette nouvelle création. Tout le monde avait accepté l'offre avec une vive approbation à l'exception de Théodore qui avait décliné, affirmant qu'il avait un nombre incroyable de photos à trier pour le prochain numéro du What's up Liberty ?.

Cela faisait maintenant plus de deux heures, qu'ils parlaient avec passion du nouveau costume de Méliorn. Ce dernier donnait des détails sur son personnage à Magnus qui griffonnait des ébauches de projet pendant que Catarina donnait son avis sur le choix des matières et des couleurs. Ils étaient arrivés à un bon compromis. Satisfait du résultat de son ébauche, Magnus posa son calepin sur un coin de table avant d'attraper son éternel verre de lait et d'en boire une gorgée. Après avoir demandé à Méliorn s'il y avait quelque chose à ajouter, il rangea ses affaires dans son sac... Avant de lâcher un juron.

- Merde ! J'avais oublié que j'avais encore une fleur dans mon sac... Il y a plein de pollen sur le dessin !

D'un air dépité, il extirpa de son sac un bleuet qui semblait avoir vécu la guerre. Du bout des doigts, il le déposa sur la table. Méliorn l'examina d'un air intrigué.

- Qu'est-ce que tu fais avec des fleurs dans ton sac ? Demanda-t-il en arquant un sourcil.

Magnus allait trouver une excuse minable pour se justifier sans le mettre au courant de la vérité quand il croisa le regard réprobateur de Catarina. Sa façon de lire en lui si facilement était parfois extrêmement flippante. En levant les yeux au ciel, il raconta à Méliorn que depuis le début de la semaine un mystérieux inconnu lui déposait tous les matins une nouvelle fleur dans son casier.

- Le lendemain de l'élection de... (Il frissonna rien que d'y penser) Trump, il m'a même glissé un mot avec... « Ça ira mieux demain ». Je ne comprends pas ce que ça veut dire... Pourquoi il ne me laisse pas un mot pour qu'on se rencontre ? Ce serait beaucoup plus simple ! Du coup j'ai tendance à croire que c'est un canular mais Catarina pense que c'est sincère.

Méliorn lui lança un drôle de regard entre l'amusement et la culpabilité. Il s'adossa plus confortablement au fond de sa chaise avant de croiser ses longues jambes avec élégance.

- Peut-être qu'il est timide... (Il prit une gorgée dans sa tasse de thé) Ou alors il te parle fleur.

Ce fut au tour de Magnus et Catarina de lui lancer un regard étonné. Il ne devait pas y avoir que du thé dans sa théière. Parler fleur ? Qu'est ce que ça voulait bien pouvoir dire ? S'agenouiller devant un bosquet et murmurer des mots doux aux plantes ? Devant leurs yeux de merlans fris, Méliorn secoua la tête comme s'il avait affaire à de parfaits abrutis.

- Le langage des fleurs. Peut-être qu'il te parle en langage des fleurs. C'est un très vieux langage utilisé depuis la Rome Antique. Chaque fleur représente une émotion, un message. Tu devrais peut-être essayer de regarder si ça veut dire quelque chose.

21h47 – Chambre de Magnus Bane

Les écouteurs enfoncés dans les oreilles, Magnus écoutait Perfect illusion de Lady Gaga à plein volume remuant la tête en rythme et chantant les paroles en playback. Il était penché sur son carnet de dessins en train de parfaire le costume de Méliorn. Dessiner en musique avait toujours été une sorte d'échappatoire et cela lui permettait de libérer son coup de crayon et son imagination. Quand les dernières notes de la chanson se firent entendre, il observa un instant son dessin. Satisfait, il releva les yeux de son cahier et fronça les sourcils. En face de lui reposait un vase avec trois fleurs. Il manquait le bleuet qu'il avait abandonné chez Monet's mais il l'avait trop amoché pour pouvoir en faire quoi que ce soit de toute façon...

Il fronça les sourcils un peu plus intensément en repensant à ce que lui avait dit Méliorn. Et s'il avait raison ? Et si toutes ces fleurs avaient un message caché ? Il fallait qu'il essaye de savoir... Mais il fut rapidement confronté à un problème de taille. Contrairement à sa mère, il n'avait jamais été doué en matière de plante. Il n'en avait identifié qu'une seul en plus du bleuet... Un petit bouquet de lavande. Arrachant ses écouteurs d'un geste décidé, il s'éclaircit la voix.

- MAMAN ?

Comme elle en avait l'habitude quand son fils l'appelait à la rescousse, Astina Bane franchit le pas de sa porte en ronchonnant.

- Qu'est ce qu'il y a, chéri ? J'espère que c'est urgent, je vais louper la fin de l'épisode des Experts avec tes bêtises.

Magnus sourit de toutes ses dents à sa génitrice, il savait que c'était le meilleur moyen de l'amadouer. Histoire de mettre toutes les chances de son côté, il adopta l'attitude d'un enfant pris en flagrant délit.

- Désolé de t'embêter mais... Je viens de me rendre compte que j'ai oublié un truc super important pour le cours de poésie. Le prof nous a donné ces fleurs et je dois les identifier pour pouvoir trouver leur signification. Je devais donner leur nom à Catarina ce matin mais avec le match j'ai complètement oublié... Je sais juste que ça (Il montra le vase du doigt) c'est de la lavande.

Devant le regard réprobateur de sa mère, Magnus se sentit coupable de lui mentir à nouveau. Mais il la connaissait par cœur et s'il lui racontait la vérité, elle deviendrait sans doute encore plus hystérique que Catarina et lui demanderait un rapport détaillé des prochains jours... Hors de question. Après avoir réprimandé son fils sur son manque de sérieux, Astina se pencha vers le vase en ajustant ses lunettes.

- La rose avec les petits pétales, c'est un géranium. Et la bleue une Jacinthe.

Posant une main protectrice sur son épaule, sa mère lui demanda s'il avait besoin d'autre chose. Magnus la remercia, mais il n'avait plus besoin de ses lumières. Il avait largement de quoi entamer ses recherches. Quand sa mère quitta sa chambre, il attira son ordinateur portable vers lui et fila sur internet. Après quelques minutes de recherches, il tomba sur un site qui lui semblait plutôt fiable. Avec un air circonspect, il se mit à chercher la signification des fleurs posées devant lui. Il commença par s'intéresser au géranium, celle qui avait rejoint son casier en premier. D'après le site internet, le géranium était une façon élégante de demander une permission. La permission de quoi ? Magnus fronça les sourcils et se mit à rechercher la signification de la Jacinthe... Peut-être lui apporterait-elle un début d'explication ? A sa grande frustration, le petit mot qui l'avait accompagné était presque l'exacte définition que lui donnait le site, elle était censée apporter du réconfort. Tant pis, il passa à la troisième, la lavande. D'après ce qu'il en comprit, elle exprimait une idée de protection et de prendre soin d'un être cher. Sans être vraiment plus éclairé, il passa à la dernière fleur qu'il avait reçu. « Je suis timide mais je me soigne. » Magnus arqua un sourcil et ne put s'empêcher de penser que si son mystérieux inconnu s'était soigné plus tôt, il ne serait pas dans cette situation ridicule à chercher la signification de telle ou telle plante.

Lundi 14 novembre 2016

13h03 – Couloir de Liberty High

Quand Magnus se dirigea vers son casier après la pause déjeuner pour récupérer ses livres d'histoire, il ne fut pas étonné de trouver une nouvelle fleur qui semblait l'attendre. En la voyant, il ressentit presque du soulagement. Étrangement, il n'avait pas vraiment envie que ce rituel cesse. Une partie de lui ne pouvait s'empêcher de se sentir spécial quand l'autre n'arrêtait pas de lui répéter de ne pas se laisser atteindre par cette supercherie.

Comme à son habitude depuis une semaine, il tira délicatement la fleur pour la faire sortir. Aujourd'hui, elle était d'un orange vif. Il réfléchit un moment avant de casser la tige pour la raccourcir et il la coinça ensuite derrière son oreille. Puis il ouvrit son casier pour récupérer ses livres. Son cœur rata un battement.

Aujourd'hui, il n'y avait pas qu'une simple fleur... Il y avait aussi un mot et un chocolat. La main tremblante, il attrapa le petit bout de papier soigneusement plié et l'ouvrit avant de le refermer aussitôt les joues rosies par la gêne. Jetant un regard par-dessus son épaule pour s'assurer que Théodore ou Catarina ne lui sauteraient pas dessus, il le rouvrit avec précaution.

Tu ensoleilles mes journées.

L'écriture était penchée, un peu maladroite mais dégageait une certaine élégance. Dans une tentative un peu désespérée, il essaya de se rappeler s'il avait déjà vu cette écriture. En vain. Quelque peu déçu de ne pas réussir à enfin percer ce mystère, il rangea soigneusement le petit mot dans une poche de son pantalon avant de déballer le chocolat et de l'avaler avec gourmandise. Personne ne serait au courant de ce mot. S'il en parlait à ses amis, il ne donnait pas cher de sa peau. Il serait le sujet de dizaine de spéculations... Et peut-être qu'au final, il préférait laisser le temps faire les choses et voir ce qui se passerait ensuite.

Mercredi 16 novembre 2016

22h12 – Salle de bain des Bane

Magnus était en train de se shampouiner les cheveux en se dandinant en rythme sur Judas de Lady Gaga quand il entendit son téléphone vibrer pour la première fois. Les mains pleines de mousse, il décida d'ignorer l'alarme et de se rincer les cheveux. Quand il vibra pour la seconde fois, il était en train de pester contre le savon qui venait de couler dans ses yeux. Il tentait désespérément d'atténuer la brûlure en se passant le jet sur le visage. À la troisième sonnerie, il cherchait à tâtons une serviette derrière le rideau de douche. À la quatrième vibration, il était en train de se battre pour essayer de démêler ses cheveux. Excédé par cette pluie d'alarmes, il décida d'éteindre son téléphone sans y jeter un coup d'œil et il finit de se préparer.

Une serviette autour de la taille, il se brossa les dents avant d'enfiler un caleçon et un vieux t-shirt. Sans le rallumer, il attrapa son portable avant de quitter sa salle de bain et de rejoindre sa chambre. Il n'était pas si tard mais il se sentait épuisé. Il se laissa tomber sur son lit les bras en croix, le regard fixé au plafond. Il grimaça légèrement en repensant à la journée qu'il venait de passer. Sa stratégie pour cacher les petits mots qui accompagnaient à présent les fleurs n'avait pas été un franc succès. Aujourd'hui, Théodore avait réussi à le prendre par surprise et lui arracher le mot des mains avec un air taquin avant de le tendre triomphant à Catarina et en fanfaronnant un insupportable « Je t'avais dit qu'il nous cachait quelque chose ! »

Heureusement pour lui, le mot ne renfermait rien de bien dramatique. Un simple « Passe une bonne journée » qui semblait avoir largement déçu ses deux amis qui devaient s'attendre à un message beaucoup plus évocateur. Il n'empêchait qu'ils avaient passé le reste de la journée à le bassiner avec son admirateur secret. Même Théodore semblait commencer à adhérer à la théorie romantique de Catarina. Se passant une main lasse sur le visage, il se demanda si les vibrations de son téléphone n'étaient pas du fait de Théo qui aurait continuer à le harceler ce soir pour tenter d'avoir de plus amples informations. Pris de remords vis à vis de son meilleur ami, il ralluma son téléphone. A peine eut-il entré son code pin que son portable vibra comme s'il allait rendre l'âme puis se calma en indiquant qu'un numéro inconnu lui avait laissé seize messages. Intrigué, il arqua un sourcil et cliqua sur sa boîte de réception.

De +555-0976, 22h12 : Salut

De +555-0976, 22h14 : C'est Alec

De +555-0976, 22h15 : Alexander Lightwood

De +555-0976, 22h17 : Le Halfback des Liberty's Eagles

De +555-0976, 22h23 : C'est Raphaël qui m'a donné ton numéro

De +555-0976, 22h30 : Je voulais savoir comment tu allais

De +555-0976, 22h35 : Comment vas-tu ?

De +555-0976, 22h43 : J'espère que tu as passé une bonne journée

De +555-0976, 22h47 : Bonne nuit

De +555-0976, 22h52 : Pardon de t'avoir dérangé.

De +555-0976, 22h55 : Tu peux me répondre si tu veux

De +555-0976, 22h56 : Mais tu n'es pas obligé

De +555-0976, 22h58 : Bref

De +555-0976, 22h59 : Bonne nuit

De +555-0976, 23h04 : Encore désolé de t'avoir dérangé

Magnus sentit tout un tas d'émotions l'assaillir. Il venait de faire le lien. Les regards bizarres, les fleurs, les petits mots... Et maintenant ça ! Magnus avait bien failli y croire. Il avait failli tomber tout droit dans son piège. Il avait failli se laisser amadouer par cette histoire d'admirateur secret alors qu'il se foutait ouvertement de sa gueule. Il le savait depuis le début putain ! Depuis le début il sentait qu'on essayait de le rouler dans la farine. C'était quoi le but ? L'humilier ? Voir jusqu'où Lightwood pourrait draguer une tapette ? Magnus était furieux. Une partie de lui était profondément blessée et l'autre affreusement en colère. Il se traita mentalement de con avant de donner un coup de poing rageur dans son oreiller. Depuis le début il s'en doutait mais il lui avait quand même ouvert une petite fenêtre de tir et il venait d'y déverser toutes ses flèches. Les mains tremblantes de rage, il saisit à nouveau son téléphone.

À Raphaël, 23h13 : Pourquoi t'as filé mon numéro à Lightwood putain ?

C'en était trop. Demain, il irait parler au footballer pour lui faire comprendre une bonne fois pour toute qu'il ne fallait pas jouer avec le cœur de Magnus Bane.


Bon... Vous voulez probablement nous tuer mais promis la suite arrive la semaine prochaine *partent se cacher dans un coin*

Petit lexique du football américain pour mieux comprendre :

1) Crochet : Geste technique qui consiste à effacer un adversaire direct en déportant légèrement le ballon vers un côté puis en accélérant vers l'avant. Le crochet est dit intérieur ou extérieur suivant qu'il est réalisé avec l'intérieur ou l'extérieur du pied. Un joueur peut faire un double, triple crochet s'il déporte le ballon alternativement vers la gauche, la droite, la gauche, etc.

Ici Alec en fait plusieurs à la suite pour éviter les défenseurs adverses.

2) Petite explications des postes : Jace est quaterback, Raphaël joue au poste de fullback et Alec est halfback. Ce sont trois postes d'attaquants qui sont souvent complémentaires, dans le sens où ils agissent ensemble et se coordonnent pour attaquer.

Quaterback : celui qui dirige l'offensive et appelle les jeux, il doit avoir une bonne vision du jeu, un excellent leadership ainsi qu'un calme et un sang-froid à toute épreuve.

Porteurs de ballon - running back : rapides et puissants, leur but est de franchir le rideau défensif adverse. Il existe deux postes de running backs : le demi-arrière nommé halfback (HB), très rapide, et le fullback (FB) plus puissant mais moins rapide en règle générale que le halfback, il est également utilisé comme nettoyeur de la défense devant le halfback.