Russians Love their children too
(St Petersbourg 1645)
Myrcella était enroulée dans son grand manteau de fourrure alors qu'elle affrontait le froid glacial de Russie. Elle ne le ressentait plus depuis plus de 600 ans maintenant, mais il aurait parut étrange au gens de St Petersbourg de voir une femme sans manteau par un froid pareil. Elle se rendait à son rendez-vous avec Niklaus. Myra se demandait ce qu'il lui voulait.
Elle rejoignit la taverne où il lui avait donné rendez-vous. Quant elle franchit le seuil, une odeur de graillon lui assaillit le nez. C'était une petite pièce enfumée, la clientèle semblait être composée de la pire vermine de St Petersbourg. Plusieurs hommes l'avaient regardé d'un œil étrange. Myra espérait pour eux qu'ils ne tenteraient rien sinon elle leur ferait payer très cher leur impudence…
Myra repéra son beau frère au fond de la salle. Il détonnait au milieu de ces brigands avec ses habits luxueux. Elle s'assit en face de lui et prit la parole en première :
« -Qu'est-ce que tu me veux Niklaus ?
-Bonjour à toi aussi Myrcella, répondit son beau frère amusé.
-Puisque tu n'as pas l'air décidé à me dire ce que tu attends de moi, je vais m'en aller loin de cet endroit mal famé. »
Elle se leva pour s'en aller mais Niklaus la retint par le poignet et l'obligea à se rasseoir.
« -Tu me manques de respect comme ça une dernière fois et ce sera la dernière chose que tu feras crois-moi ! La menaça-t-il, puis il reprit d'un ton adouci, je suis venu te confier une mission Myrcella.
-Et quelle est donc cette mission Niklaus ? demanda Myra inquiète.
-Elle se nomme Igor Andropov.
-Et qui est donc cet Igor Andropov ?
-Igor Andropov est un vampire âgé d'environ trois cents ans qui a réussi à se rapprocher de moi au travers de Rebekah.
-Laisse-moi deviner ta sœur a encore eu un amant qui c'est révéler être un affreux connard.
-Les choix de ma sœur en matière ont été encore une fois déplorables, dit d'un ton sinistre Niklaus. Bref, cet Andropov m'a dérobé le cercueil de Flint et fait pression sur moi. Je veux que tu le récupères puis que tu tues Andropov.
-Et pourquoi-moi ? Cet Andropov n'est qu'un bébé vampire, n'importe lequel de tes hommes de main pourrait s'en occuper.
-Disons que toi au moins sait tuer un traitre de façon convenable et que de plus Andropov a un faible pour les jolies femmes.
-Laisse-moi rire Niklaus, railla Myra, je suis loin d'être une belle femme et je ne suis pas la séductrice du siècle ! De plus, si Kol apprenait que je n'avais que serait-ce un peu badiner avec un autre homme il entrerait dans une colère noire et tu sais que Kol en colère est loin d'être bonne chose.
-Et si je te disais que je sais où se trouve ta précieuse petite Hermine et que je ne te le révèlerais que si tu faisais ce que je voulais. Accepterais-tu mon offre ? »
L'ordure il la tenait, elle avait essayé de rechercher Hermine mais elle avait échoué. Myra ne pouvait raisonnablement pas refuser.
« -J'accepte, murmura-t-elle.
-Très bien alors je peux t'annoncer que ta mission commence dès maintenant. Dans exactement dix minutes Igor Andropov viendra ici pour s'encanailler ainsi que le fait nombre de nobles oisifs de cette ville. Bonne chance, belle sœur. »
Puis Niklaus s'en alla, laissant une Myra hébétée.
Igor entra dans la taverne comptant se saouler et faire la fête. Peut-être se taper Rose la fille du patron, une vraie chatte en chaleur, et sûrement en boire un peu. Ces plans s'évanouirent quant il repéra quelque chose ou plutôt quelqu'un au fond de la taverne.
C'était une femme sûrement noble qui revêtait un manteau de fourrure. Ce n'était pas le genre de femme qui fréquentait une taverne en tout cas. Il se dirigea vers elle. Il fut un peu déçu en voyant qu'elle n'était pas très belle même si on ne pouvait pas décemment l'appeler laide. Non, elle était commune. Igor s'assit tout de même en face d'elle se disant qu'elle était quand même mieux que Rose ou les catins qui fréquentaient cette taverne. Et qu'elle devait être bien mieux éduquée.
« -Bonjour ma dame, dit-il de sa voix la plus suave, qu'est-ce qu'une dame telle que vous fait-elle dans un endroit pareil ? »
Myra faillit éclater de rire aux paroles du bellâtre. Rebekah avait décidément mauvais goût en matière d'homme. Certes, il était beau, mais beau comme une statue grecque. Quelque chose que tu aimes regarder dans un musée, pas avoir dans ton lit, pensa-t-elle crument. Elle répondit en essayant de ne pas être trop moqueuse :
« -Si je ne semble pas être à ma place ici, il en est de même pour vous Monsieur…
-Andropov, comte Igor Andropov et vous êtes ?
-Oksana Aleksandrova, mentit Myra.
-Un joli nom pour une jolie femme Oksana, susurra le vampire.
-Vous essayez toujours de séduire les femmes comte Andropov ?
-Appelez moi Igor, chère Oksana et je complimente juste les belles femmes, ce sont elles qui me séduisent.
-Vous n'avez pas de chances alors, comte Andropov car je ne suis pas de celles qui se laissent complimenter ni de celles qui veulent séduire. Je vous souhaite une agréable soirée, le salua-t-elle.
Puis elle partit, laissant un Andropov plus qu'intrigué par ce petit bout de femme. C'était le genre de femme qu'il séduisait facilement pourtant. Normalement elle aurait déjà du être dans son lit. Il aurait cette péronnelle, il le jurait.
Myra quant elle rentra dans la demeure qu'elle occupait avec Kol, pensait à Tatia. Sa cousine lui avait toujours dit que ce genre d'hommes aimait être ignoré, que c'était le seul moyen pour qu'ils mordent à l'hameçon.
Tatia, cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas pensé à elle. Myra l'évitait quant elle le pouvait, cela lui faisait encore mal après tout ces siècles.
Quant elle franchit le seuil de sa porte, sa servante Natasha vint directement prendre son manteau. Alors qu'elle le faisait, Myra lui ordonna de lui faire couler un bain. Natasha courut le faire. Natasha lui rappelait la servante qu'elle avait à Paris. Quel était son nom déjà ? Ah oui, Azenor ! Des fois elle se disait qu'elle aurait du écrire ce qu'elle vivait pour ne rien oublier car quant on vit depuis très longtemps, on a tendance ce qui avant avait de l'importance.
Alors qu'elle prenait son bain, Kol la rejoignit dans l'eau, il se mit en face d'elle. Il arborait un air sombre.
« Qu'est-ce qui ne va pas Kol ? lui demanda-t-elle inquiète.
-As-tu déjà entendu parler de Silas, Myra ?
-Ma mère me racontait des histoires sur lui quand j'étais petite pourquoi ?
-Alors tu sais que le réveiller est très dangereux ?
-Voyons Kol ce ne sont que des contes pour enfants…
-Vu le monde dans lequel nous vivons, je pensais que tu croirais que les contes qu'on nous racontait enfants seraient vrais.
-Où veux-tu en venir Kol ?
-J'ai croisé un groupe d'adorateurs de Silas que j'ai tué.
-Pourquoi les as-tu tués ?
-Ces malades veulent libérer Silas, ils disent que quant il sera de retour, il mettra fin à notre monde. »
Myra choquée par ce qu'elle venait d'entendre se tut. Alors Silas, le Silas dont sa mère lui parlait le soir avant de s'endormir existait ? Elle eut du mal à s'endormir cette nuit là…
Le lendemain soir, Igor retourna à la taverne dans l'espoir de retrouver celle qui l'avait rejeté, cette Oksana Aleksandrova. Il la repéra vite avec son grand manteau de fourrure. Il s'assit en face d'elle comme la veille.
«-Bonjour Oksana, la salua-t-il »
Voyant qu'elle ne répondait pas, il répéta plus fort cette fois ci :
« -Bonjour Oksana ! »
La jeune femme sortit de sa torpeur et lui répondit d'une voix douce :
« -Je suis désolée, je voyais vos lèvres bouger mais aucun son ne sortait, bonjour comte Andropov. Vous pouvez vous en aller maintenant.
-Mais…
-Peut-être ne me suis-je pas faite assez claire hier. Votre présence m'est indésirable, je vous prierais donc de partir. »
Igor était furieux, aucune femme ne s'était jamais comportée comme cela avec lui, le grand Igor Andropov ! Il sortit de l'auberge irrité et partit l'attendre à côté. Cette péronnelle allait mourir ce soir, il avait pris sa décision.
Myrcella finit la boisson qu'elle avait commandée. Puis elle sortit calmement de l'infâme bouge. A peine eut elle franchit la porte qu'Andropov se jeta sur elle. Il la plaqua contre le mur, l'étranglant. Myra faillit rire, s'il pensait qu'il lui faisait peur ce petit vampire d'opérette. Elle contrattaqua et ce fut au tour d'Igor de se retrouver plaqué, la tête appuyé sur le mur avec force. Il lâcha choqué :
« -Vous êtes une vampire Oksana ?
-Oui, et une plus vieille que vous en plus. »
Après lui avoir répondu elle le relâcha puis elle partit en lui lançant un « A demain Comte Andropov ! ». Il était tellement choqué qu'il n'essaya pas de la poursuivre.
Le lendemain elle le revit et lendemain après cela et le lendemain encore après… Andropov lui demanda de raconter son histoire. Elle mentit du début jusqu'à la fin. Ils allèrent au théâtre, à l'opéra, partout où le beau monde se rencontrait.
Un jour, Andropov voulut qu'ils aillent chez lui. Myrcella était contente face à cette idée. C'était le moment où jamais pour retrouver le cercueil de Finn et en finir avec cette histoire.
Comme d'habitude Igor avait vu grand, le palais qu'il habitait était un des plus beaux de St Petersbourg, pour ne pas dire de Russie. Une vraie petite merveille. Il l'emmena dans son salon rouge comme il l'appelait. Il en avait quatre, le salon bleu, le salon vert, le salon jaune et le salon rouge. Le salon rouge était le plus intimiste, avec sa petite taille et un nombre de meubles moins importants que dans les autres pièces. Il n'était composé que d'un canapé de style baroque en velours rouge. Il y'avait également un tapis de Perse et une commode très ouvragée.
Ils s'assirent sur le canapé un verre de vin à la main. Myra était mal à l'aise sous le regard plein de désirs que lui lançait Andropov. Soudain le russe l'embrassa, Myra sous le choc laissa faire, elle allait le rejeter quant un hurlement se fit entendre :
« -Sale putain, tu oses me faire ça ! »
Myra sentit un frisson lui parcourir l'échine en entendant cette voix qu'elle connaissait si bien. Très vite le russe fut balancé à l'autre bout de la pièce et bientôt il ne resta plus rien d'Igor Andropov. Elle n'avait jamais vu Kol dans un état pareil, Myra n'avait jamais eu aussi peur de Kol. Il massacrait Andropov à un tel point qu'elle se demanda si à la fin, il resterait quelque chose de lui. Au bout d'un long moment, son mari laissa les morceaux d'Andropov et se retourna vers elle. Il ne lui adressa qu'un regard dégoûté :
« -Tu n'es qu'une sale catin Myrcella !
-Je ne t'ai pas trompé avec cet homme Kol, protesta vivement Myra.
-Tu l'embrasses devant moi et tu oses me dire que tu ne me trompais pas ?! Tu me prends pour un con ou quoi ?
-Kol, il m'a embrassé sans mon accord, au bout de plus de 500 ans de mariage je ne t'ai jamais trompé, je ne vais pas commencer maintenant !
-Dégage catin, dégage avant que je ne te tue ! »
Myra réalisa que rien ne convaincrait son mari de son innocence, elle venait de le perdre… Elle avait les yeux pleins de larmes quant elle lui dit « -Adieu. ». Puis Myra s'enfuit loin et le plus vite possible.
