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Je suis désolée de n'avoir pu poster plus tôt mais un changement d'opérateur Internet me pose des soucis. Le délai étant très long, je suis actuellement au McDo pour poster le chapitre suivant.

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Un très grand merci à Odvie qui n'a pas hésité à commenter chaque chapitre. A vrai dire, j'ai adoré lire ses commentaires très rafraichissants. Merci de continuer, je les attends avec impatience.

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Chez moi, les choses se mettent lentement en place. J'adore prendre le temps de poser les choses et de les faire évoluer à un rythme lent mais régulier. Mais à la fin, la raison l'emportera. Vous le constaterez si vous suivez cette histoire jusqu'à sa conclusion.

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Chapitre 9 : Entente laborieuse

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Dès le début de la semaine, l'italien avait eu l'étrange sentiment qu'il allait passer une dure semaine. Il s'avéra que son instinct ne l'avait pas trompé. Dès le mardi, il avait à peine mis le pied au bureau que le téléphone de Gibbs sonna alors que personne n'occupait encore leur espace. Il prit l'appel, nota l'adresse et s'empressa de joindre ses coéquipiers afin de les avertir.

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Vu l'heure matinale, il était à peine six heures, McGee grommela lorsqu'il fut réveillé par la sonnerie insistante de son portable. Il répondit abruptement lorsqu'il prit l'appel et se rendit compte que c'était DiNozzo qui l'appelait, comme s'il était toujours le responsable.

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« McGee, debout, nous avons une enquête » dit Tony. « Rendez-vous au bureau dans une demi-heure. »

« Tu te rends compte que tu n'es plus le chef d'équipe, DiNozzo tu n'as pas à me donner d'ordre » déclara McGee d'une voix à peine aimable. « J'attendrais l'appel de Gibbs pour obéir. »

« Sois à l'heure » fut tout ce que Tony lui répondit avant de raccrocher.

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Ziva devait sans doute être debout depuis un moment et revenir de son jogging car sa voix était essoufflée.

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« David, rendez-vous au bureau dans une demi-heure, nous avons une enquête » répétant Tony mot pour mot à la jeune femme le même message qu'à McGee.

« Je suis déjà levée, je serais là-bas avant toi, comme d'habitude » ironisa-t-elle. « Si tu étais aussi professionnel que moi, tu commencerais ta journée bien plus tôt au lieu de… »

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Lorsque Tony comprit qu'elle allait lui envoyer une vanne, il coupa la communication sans lui laisser le temps de l'insulter.

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Gibbs fut le dernier qu'il joignit. L'ancien Marine grogna lorsqu'il entendit la voix de son second.

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« Bonjour, Gibbs, nous avons une enquête » débuta-t-il. « Le corps d'un Marine a été trouvé dans le Parc Anacostia. »

« Ok, DiNozzo » grogna Gibbs comme à son habitude. « Appelle les autres et sois au bureau dans 20 mn » ordonna-t-il.

« Déjà appelé McGee et David » l'informa Tony sans lui préciser qu'il était d'ores et déjà au bureau depuis près de deux heures. « McGee a précisé qu'il attendait ton appel pour obéir » ajouta-t-il tout en sachant pertinemment que l'informaticien ne serait pas réprimandé.

« Très bien, je me mets en route » indiqua l'ancien Marine. « Eh, DiNozzo ! »

« Oui ! »

« Ne sois pas en retard » dit-il avant de couper abruptement la communication comme souvent.

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Ensuite, il appela Ducky.

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« Duck, désolé de te déranger si tôt mais nous avons un Marine mort au Parc Anacostia » l'informa-t-il.

« Oh, Anthony, quelle terrible façon de commencer la journée » affirma l'écossais en répondant à l'appel. « Je te retrouve au bureau dans… »

« Une demi-heure si possible, j'ai déjà averti les autres et ils sont en chemin » lui précisa-t-il.

« Et tu es sans doute déjà là, n'est-ce pas ? » indiqua le légiste d'un ton sans surprise.

« Suis arrivé il y a un moment » confirma son interlocuteur sans autre précision.

« Bien, je me mets en route » soupira Ducky avant de raccrocher.

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Tony s'en fut ensuite au garage préparer le camion et inspecta rapidement son contenu pour s'assurer d'avoir tout ce qu'il fallait. Il réapprovisionna le véhicule avec diverses fournitures en constatant que McGee n'avait pas procédé lui-même à l'opération comme il aurait dû le faire.

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Il remonta ensuite à son bureau pour attendre l'équipe. Il en profita pour avancer un peu plus dans la paperasse qu'il avait déjà traitée depuis son arrivée plus tôt. Il termina la tasse de café qu'il avait prévu pour se maintenir éveillé.

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L'ascenseur fit entendre sa sonnerie et les portes libérèrent le passage pour l'entrée des trois Agents. Gibbs stoppa lorsqu'il constata la présence de Tony et McGee qui le suivait le percuta, ce qui lui valut un regard froid de la part de son chef. Ziva réussit à éviter la collision et fronça les sourcils lorsqu'elle vit l'italien à son bureau. Aucun d'eux ne salua Tony tant la surprise de le voir présent avant eux les perturba.

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« Bonjour » dit simplement Tony à aucun d'eux en particulier tout en se levant et en prenant son sac.

« En route, DiNozzo » bougonna Gibbs en repartant vers l'ascenseur.

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Sans même daigné le gratifier d'un salut, McGee et David le fixèrent encore quelques secondes avant de faire demi-tour et de rejoindre le patron. Tony soupira discrètement, la journée risquait d'être longue et elle commençait déjà sur une note plutôt frisquette. Ses collègues n'avaient encore rien dit mais il savait que les remarques ne tarderaient pas.

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« Quant à vous, McGee, la prochaine fois que vous recevrez un ordre et que vous voudrez que je le confirme, vous pourrez prendre vos affaires et allez voir ailleurs » poursuivit-il en toisant McGee d'un regard dur. « Suis-je suffisamment clair ? »

« Patron, je… » tenta son agent avant de se taire. « Il n'est plus le chef d'équipe » tenta-t-il de se justifier.

« Que ça vous plaise ou non, McGee, DiNozzo a le droit de vous informer que votre présence est requise pour une enquête » précisa Gibbs, toujours fâché. « Je ne suis pas toujours celui qui reçoit les appels et DiNozzo est parfaitement autorisé à vous appeler. Que ceci ne se reproduise pas ou vous connaissez les conséquences. »

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Puis l'ancien Marine se tourna vers l'israélienne qui n'eut pas le temps d'effacer le petit sourire narquois qui étirait ses lèvres. Gibbs sentit la moutarde lui monter au nez et décida de mettre un terme définitif à de futures complications.

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« Ceci est valable pour vous aussi, Officier David et j'espère que vous vous conformerez à mes recommandations avant de vous retrouver dans une situation qui ne serait pas forcément à votre goût. Compris ? » demanda-t-il en la fixant, attendant sa réponse.

« Oui, Gibbs, j'ai compris » confirma-t-elle en relevant le menton et en jetant un regard accompagné d'un air de défi en direction de Tony.

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Le reste du trajet se fit en silence, Tony avait juste donné l'adresse sans commenter plus avant.

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La scène de crime était déjà délimitée et deux policiers s'attelaient à contenir les badauds attirés inévitablement par la curiosité morbide du meurtre. Tony descendit de voiture et, sans se préoccuper des autres, fit son chemin vers le corps qu'il contempla quelques secondes avant de s'atteler à sa tâche habituelle, croquis et photos.

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Gibbs le regarda satisfait de le voir se mettre au travail sans attendre ses instructions. Il donna ses ordres à McGee et David qui, eux, attendaient toujours qu'il leur indique leurs tâches. Il soupira lorsqu'ils se furent éloignés tout en se demandant quand ses deux subordonnés apprendraient à anticiper. Il leur restait visiblement encore pas mal à apprendre s'ils voulaient un jour être à la hauteur de ses exigences.

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Le travail de terrain se passa sans incident majeur, pour une fois, et sans aucune remarque acerbe de Gibbs envers l'un ou l'autre de ses agents. Ducky lui donna ses premières observations sans digression, ce qui choquait toujours l'ancien Marine plusieurs semaines après son retour. Le légiste n'avait pas encore fait l'impasse sur leur brouille et restait donc prudent lors de leurs conversations.

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Le seul fait qui intrigua une partie de l'équipe fut lorsque McGee pesta lorsqu'il constata qu'il manquait de sachets pour les indices récoltés.

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« Merde, pas assez de sachets ! » grogna-t-il assez fort pour être entendu de Ziva qui se trouvait près de lui.

« As-tu pensé à réapprovisionner le stock la dernière fois que tu étais en charge du camion, Tim ? » demanda-t-elle en espérant que c'était le cas.

« Pas eu le temps de le faire, je le crains » s'excusa-t-il en soupirant.

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Gibbs, qui avait entendu leur conversation, s'approcha derrière son agent et lui assena une tape sur la tête qui surprit à la fois l'israélienne et l'informaticien qui ne put s'empêcher de gémir.

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« Qu'ai-je déjà dit au sujet des fournitures du fourgon, McGee ? »

« Elles doivent être remplacées après chaque enquête » répondit automatiquement le jeune Agent.

« Donc, comment se fait-il que ce n'est pas le cas ? »

« Trop occupé… » rétorqua-t-il d'une petite voix.

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L'ancien Marine lui jeta un regard froid tandis que la colère se lisait dans ses yeux.

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« Si je comprends bien, Agent McGee, vous trouvez que c'est une excuse valable parce que vous étiez en charge du réapprovisionnement ? Dans ce cas, pour quelles raisons vous rejetez cette même excuse lorsque c'est DiNozzo qui doit pourvoir à cette tâche ? Expliquez-moi la différence qu'il y a ? »

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McGee le regarda mais ne put fournir la moindre réponse et il savait que le sujet serait à nouveau abordé dans peu de temps. Ziva, qui avait décidé de s'éloigner pour éviter d'être prise pour cible, revint auprès d'eux avec quelques sachets dans les mains.

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« Tiens, Tim, en voici quelques-uns » dit-elle en lui en tendant plusieurs. « Tu as dû en remettre, il y en a tout une pile. »

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Sans réfléchir à la perche qu'elle lui tendait, il s'empressa de la contredire.

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« Non, je suis certain de n'avoir pas rechargé le stock, Ziva » répliqua-t-il en secouant la tête.

« Alors estimez-vous heureux que DiNozzo y ait pensé, Agent McGee » ironisa Gibbs.

« DiNozzo… ! » s'étonna le jeune Agent. « Et quand aurait-il eu le temps de le faire ? »

« Sans doute ce matin avant votre arrivée » suggéra Ducky qui s'était approché pour écouter.

« Oui, c'est ça » se moqua McGee. « Je le vois bien faire le travail d'un autre. »

« Timothy, c'est mesquin ce que tu dis » le coupa le légiste. « Anthony était déjà au bureau lorsqu'il vous a appelés, c'est facilement vérifiable auprès des agents de sécurité. Il est donc inutile de prétendre que c'est impossible » ajouta-t-il. « Et ce n'est certainement pas la première fois, ni malheureusement la dernière, qu'il ferait un travail qui ne lui incombe pas » termina Ducky pour faire bonne mesure avant de s'éloigner.

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Gibbs lança un regard perplexe au légiste avant de houspiller ses deux subordonnés pour activer le travail qui restait à faire. Il remarqua que les deux jeunes gens semblaient gênés par la dernière remarque du médecin et qu'ils discutaient ou plutôt se disputaient et quelques mots lui parvinrent.

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« Idiot, tu aurais dû confirmer mes propos » disait Ziva.

« Désolé, pas réfléchi assez vite » dit-il en haussant les épaules.

« Oui, c'est ce qui fait que tu ne seras jamais un bon candidat pour les missions sous couverture » répliqua-t-elle en gloussant.

« Eh, je peux parfaitement en assumer une et je le prouverais un jour » s'indigna-t-il en soupirant.

« Je demande à voir, Tim parce que ce serait un bon moyen de visser le bec de DiNozzo » dit-elle en riant.

« Clouer, Ziva, on dit clouer le bec » rectifia son compagnon en fermant le sachet qu'il tenait. « Allez, viens, on a fini ici, il est temps de regagner la voiture. »

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Et tous deux s'empressèrent de prendre leur matériel et de rejoindre la voiture sans même se préoccuper de savoir si leur tâche était réellement terminée. Gibbs les regarda partir sans intervenir mais il fulminait intérieurement. Ne pas faire d'esclandre sur une scène de crime requérait de se maîtriser et il avait bien du mal à respecter cette résolution en entendant les commentaires de ses agents.

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L'ex Marine remarqua le coup de main que DiNozzo donna à Palmer pour déplacer le corps et le charriot jusqu'au fourgon mortuaire. Durant toute l'opération de transfert, les deux hommes bavardèrent sans retenue et il entendit même leurs rires. Il lui semblait que les deux jeunes gens avaient noué une amitié rapide et Gibbs constatait que les paroles de l'italien lors de leur entretien quelques jours plus tôt n'étaient pas exagérées.

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« Eh, Tone, merci pour le coup de main » lança le jeune assistant légiste à l'italien qui s'éloignait. « J'apprécie de pouvoir manipuler le brancard avec facilité lorsque j'ai de l'aide et surtout lorsque la victime est bâtie comme un lutteur de sumo. »

« Quand tu veux, tu demandes, Jimmy » lui renvoya Tony. « Tu peux compter sur moi n'importe quand, tu le sais, il me semble. Peut pas dire que tu puisses compter sur quelqu'un d'autre, n'est-ce pas ? »

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Gibbs jeta un dernier regard sur leur scène de crime avant de les suivre et de rejoindre ses deux agents. Il fit signe à Ziva de monter à l'arrière et durcit son regard lorsqu'elle tenta de résister à son ordre. Il prit place derrière le volant et attendit patiemment que son second refasse son apparition. Le fourgon de Ducky était déjà parti et il ne pouvait pas laisser l'italien sur place sans moyen de transport.

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« Patron, qu'est-ce qu'on attend ? » demanda finalement McGee intrigué de voir que l'ancien Marine ne démarrait pas.

« DiNozzo » lâcha simplement Gibbs.

« Sans doute en train de flirter comme à son habitude » marmonna Ziva en soupirant.

« Ou il s'est encore en train de suivre une de ses chimères » poursuivit McGee en ricanant.

« Ca suffit vous deux » tonna soudain l'ancien Marine. « Au lieu de le dénigrer, vous feriez mieux de vous taire avant de vous retrouver suspendu pour une semaine. »

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Il mit le moteur en marche en apercevant l'italien revenir vers la voiture. Il lui laissa le temps de déposer son matériel à l'arrière du camion et de s'installer avant de démarrer tandis que Tony l'informait de ses recherches à la honte de ses collègues qui ignoraient ce qu'il avait fait.

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« Trace de pneus et de pas un peu plus loin, j'ai fait un moulage de chaque » expliqua-t-il. « Un pick-up d'après la largeur des empreintes et un homme d'après la taille et la profondeur des empreintes de chaussures, ce qui semble cohérent. »

« Cohérent avec quoi ? Avec une de tes fumeuses théories ? » ricana sans retenue McGee.

« Oh, je ne sais pas, Le Bleu » se moqua Tony aussitôt. « Sans doute parce qu'une femme ne pourrait déplacer le corps de notre victime à moins qu'elle ne soit Hulk ! »

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Et ne trouvant aucune réplique à l'argumentaire de son collègue, McGee choisit prudemment de se taire.

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Le retour au bureau se fit ensuite en silence, un silence qui rendit l'atmosphère du véhicule plutôt lourde. Gibbs jura intérieurement, il avait de plus en plus souvent des flashs qui surgissaient inopinément lorsqu'un évènement précis provoquait l'apparition d'un souvenir. Et là, il savait que l'italien n'était jamais aussi silencieux qu'il l'était depuis ces derniers temps.

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Il se rappelait l'entendre raconter des scènes de films qui collaient presque souvent avec leur enquête en cours et la tape qu'il lui donnait sur la tête pour l'obliger à se concentrer sur son travail. Depuis son retour, rien ne se passait comme il se souvenait. DiNozzo se comportait différemment, plus sérieux, plus silencieux et plus calme que jamais. Et cette attitude si contraire à ses souvenirs l'exaspérait parce qu'il ne la comprenait pas.

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La symbiose qui existait entre les deux hommes avant l'explosion et qui facilitait leur travail, qui leur permettait de communiquer sans dire un mot (ce qui irritait et intriguait ceux qui en étaient témoins et avait, en son temps, rendu perplexe l'Agent Todd malgré ses qualités de profileuse) avait totalement disparu.

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DiNozzo savait encore parfaitement déchiffrer les humeurs de l'ancien Marine mais désormais Gibbs ne pouvait préjuger de celles de son second. L'homme était devenu indéchiffrable pour lui et cette absence de transparence rendait son comportement plus difficile à prévoir et donc pour Gibbs, de se préparer à toute éventualité. Et désormais, Tony anticipait ses désirs ou ses ordres au lieu de le lui laisser les lui donner comme dans le passé. Sans doute une conséquence de sa brève période dans la peau d'un chef d'équipe.

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Les quelques heures qui suivirent leur arrivée au bureau seraient occupées à collecter toutes les informations possibles sur leur victime, ses relations professionnelles et personnelles, à attendre le résultat des premiers tests effectués par Abby et le rapport d'autopsie que Ducky et Palmer avaient entamée sitôt rentrés.

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Gibbs profita de ce moment pour observer ses trois agents. Et comme il l'avait déjà noté, ses deux juniors travaillaient de pair tout en laissant leur collègue se débrouiller seul. DiNozzo ne semblait pas affecté par ce comportement et parvenait toujours à apporter sa contribution à leur enquête même lorsqu'il devait avoir recours à l'informatique.

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Il semblait avoir développé ses compétences en la matière car il l'utilisait volontiers sans demander d'aide, ce qui lui valait des regards incrédules de la part de McGee lorsqu'il s'en rendait compte. L'informaticien le narguait un moment mais Tony ne prenait pas la mouche, il le regardait simplement, l'air moqueur et le laissait enrager seul sans lui donner la moindre explication.

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Gibbs soupçonnait Tony d'avoir toujours su se servir de l'informatique, après tout, s'il se souvenait correctement, son agent possédait un ordinateur portable personnel et il n'était pas manchot avec, il surfait parfaitement sur Internet sans problème et arrivait toujours à obtenir le renseignement qu'il cherchait même si la recherche était parfois complexe.

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Et avant l'intégration de McGee au sein de l'équipe, DiNozzo se chargeait d'effectuer le travail préliminaire de recherches et donc de le faire informatiquement. Il avait cessé lorsqu'il avait été évident que l'agent junior qui venait de rejoindre l'équipe pouvait s'en charger. DiNozzo se concentrait alors sur d'autres méthodes de recherches qui s'avéraient tout aussi nécessaires et parfois même indispensables.

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En tant qu'ancien policier, il avait pratiqué le travail de fourmi pour trouver un indice avant que l'informatique ne soit un outil indispensable pour accélérer les recherches. Pourtant, cette méthode d'investigation avait aussi ses limites et d'autres manières de réunir des indices devaient être employées. Un point de vue que l'informaticien semblait avoir perdu de vue au fil du temps.

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Mais bientôt la collecte d'informations stagna et la frustration commença à montrer son nez, McGee tapait avec plus de forces sur ses touches, David fulminait et jurait en Hébreu, signe qu'elle était énervée, DiNozzo se mordillait la lèvre inférieure et contemplait son écran en fronçant les sourcils. Gibbs sentait ses Agents au bord de l'explosion.

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Et une bonne manière de gérer ce problème était de les focaliser sur autre chose. Et quoi de mieux qu'une bonne séance dans la salle de gym pour leur permettre d'évacuer toute la tension qui les habitait. Sûr qu'il lui faudrait être un peu plus vicieux que d'habitude. Il réfléchit un moment puis prit sa décision.

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« Bon, c'est assez » déclara-t-il finalement. « Nous sommes coincés tant que Ducky et Abby ne nous aurons pas donné quelques éléments. En attendant, nous allons aller transpirer un peu. »

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Si Tim et Ziva le regardèrent, incertains de comprendre ses propos, Tony soupira et se passa la main sur le visage.

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« Crois-tu que ce soit vraiment une bonne idée, Gibbs ? » osa-t-il demander tout en sachant qu'il allait se faire rembarrer.

« Discuterais-tu un ordre, DiNozzo ? » l'interrogea son supérieur d'une voix froide.

« Pas du tout » interjeta son second. « Je pense que… » commença-t-il en jetant un coup d'œil à l'ancien Marine. « Laisse tomber » termina-t-il finalement en se levant.

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Il contourna son bureau et s'arrêta juste à côté de son patron.

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« Ils ne vont pas être coopératifs avec moi » dit-il en guise d'avertissement avant de poursuivre son chemin.

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Et c'était le moins qu'il pouvait dire.

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Il suivit l'équipe dans le gymnase et se dirigea vers son vestiaire d'où il prit sa tenue de sport. Tout en se changeant, il laissa son esprit vagabonder et quelques pensées se former, des pensées qui lui arrivèrent en un flot puissant et qu'il ne put canaliser.

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Durant l'absence de Gibbs, Tony avait évité le plus possible d'avoir recours au même procédé pour canaliser ses deux subordonnés sachant que McGee avait en horreur les séances de gym et que pour David, ce serait l'occasion de le massacrer si elle pouvait le faire sans en subir de conséquences.

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Il ne s'était jamais fait d'illusion sur l'israélienne et ses capacités au combat. Son entrainement avait certainement été intensif mais elle avait suivi une seule forme de combat au corps à corps, celui dispensé par le Mossad. Elle n'avait jamais éprouvé le besoin de se tourner vers une autre discipline pour compléter sa formation estimant être suffisamment préparée avec celle qu'elle connaissait.

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Contrairement à elle, Tony avait pratiqué divers sports depuis son entrée à RIMA. Il s'évadait dans une pratique sportive et lorsqu'il s'investissait, il le faisait de manière intensive. Il avait ainsi non seulement pratiqué le basket et le football mais également d'autres disciplines qui ne figuraient pas dans son dossier. Il n'avait jamais estimé devoir mentionner tous les sports qu'il pratiquait, il aimait garder pour lui certaines choses.

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Et aujourd'hui, il allait dévoiler un aspect de sa vie que personne jusqu'ici ne connaissait. Les dernières semaines avaient eu raison de sa prudence et il allait démontrer à son équipe qu'il n'était pas l'idiot que tous pensaient qu'il était.

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Gibbs serait étonné et chercherait à savoir ce qu'il savait faire et la raison de son silence à ce sujet. David allait être grandement surprise d'être la récipiendaire d'un savoir-faire dont elle ignorait tout. McGee serait incrédule et aurait du mal à accepter que l'italien soit autre chose qu'une grande gueule, un beau sourire et un imbécile.

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Comme chacun d'eux le sous-estimait, Tony n'avait jamais tenté de les faire revenir sur leur jugement à son égard. A l'époque, il n'avait que faire de ce qu'ils pensaient de lui. Désormais, leur opinion était encore moins importante pour lui mais il jugeait qu'il avait le droit de montrer qui il était réellement sans se préoccuper de leur réaction. De toute façon, quoiqu'il fasse ou dise, il n'aurait jamais grâce à leurs yeux. Alors pour quelle raison devrait-il les préserver.

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Il avait choisi très tôt de ne pas dévoiler tout ce qui le concernait lorsqu'il avait été envoyé à RIMA. Il savait que savoir se préserver un minimum était nécessaire, il avait simplement poussé le fait jusqu'à cacher qui il était réellement afin de se protéger au maximum. Cette précaution ne l'avait pas empêché d'être bizuté pour une raison ou une autre.

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C'était grâce à cette expérience traumatisante que Tony avait décidé de se frotter à certains groupes bien particuliers et d'apprendre d'eux ce qu'il voulait. Les gangs de rues étaient remplis de bons professeurs pour peu que l'on sache les convaincre de vous apprendre ce qu'ils savent.

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Un savant mélange de techniques de combat rapproché, d'arts martiaux divers, de capoeira, de boxe et autres méthodes faisaient qu'il pouvait se battre en utilisant différents styles avec un même adversaire et le surprendre malgré tout au cours de plusieurs combats.

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Ziva David ne pouvait parvenir à un résultat identique dans la mesure où elle ne connaissait qu'un seul type de technique. Elle n'avait jamais trouvé utile et nécessaire de se perfectionner dans un autre style estimant que le Krav Maga était suffisant pour se défaire d'un adversaire. Elle allait déchanter rapidement mais pas sans essayer de le battre comme plâtre, il en était certain.

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Il avait appliqué la méthode du secret dans ses différents postes, il y avait toujours quelqu'un pour s'emparer d'une information et la déformer pour en faire une arme contre lui. Lorsque la fortune supposée de sa famille avait été découverte à Peoria, il y avait eu pas mal de rumeurs sur la validité de sa promotion et notamment l'obtention de sa plaque de détective.

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A partir de son transfert vers Philly, il avait minimisé à dessein qui il était et ce qu'il savait faire. Certes, certains aspects de sa personnalité ressortaient parfois mais il l'avait toujours mis sur le compte de sa facilité à jouer un rôle, cette explication avait souvent suffi pour le tirer d'un mauvais pas. Ses collègues de travail n'étaient pas toujours des plus malins ou ne voyaient pas la nécessité d'approfondir le sujet.

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Ici, au NCIS, il avait éprouvé une envie viscérale de se prémunir après quelques rencontres avec la gothique. Sa propension à bavarder à tort et à travers et sa piètre capacité à garder un secret avaient été évidentes pour lui peu de temps après son arrivée à l'agence. Il avait alors choisi de ne pas se confier à la laborantine qui le pressait de lui raconter sa vie.

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Il avait pris la décision de jouer un rôle à l'intégration de l'Agent Todd. Le constant rappel de son diplôme de profileuse qui lui permettait de juger le caractère d'une personne en quelques minutes l'avait poussé à la mettre à l'épreuve. Elle n'avait jamais soupçonné qu'il puisse être autre chose qu'un play-boy, un coureur de jupons ou tout ce dont elle le qualifiait.

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Malgré la proclamation de son quotient intellectuel supérieur, McGee n'avait jamais remis en question l'image que son collègue présentait. Il s'était appuyé à tort sur le jugement de Todd sans chercher à le connaître mieux. Tony l'avait laissé croire ce qu'il voulait et c'était sans doute ce qui lui nuisait maintenant. Il n'avait pas cherché à obtenir le respect de l'informaticien et ne pouvait que s'en prendre à lui-même.

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Quant à l'israélienne, le dossier qu'elle avait compilé sur lui était, de toute évidence, incomplet. Il ignorait si le Mossad l'avait jugé de peu d'importance dans la vie de Gibbs et si c'était la raison pour laquelle Haswari avait choisi de ne pas le prendre pour cible lorsqu'il pourchassait l'ancien Marine de sa vindicte. Il était néanmoins heureux de savoir qu'il avait réussi à duper une agence comme le Mossad qui se targuait d'être l'une des meilleures au monde en ce qui concernait le renseignement.

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L'appel de Gibbs le ramena à la réalité et il termina de se préparer et de rejoindre le reste de l'équipe pour ce qui s'annonçait comme un entrainement de survie parce que l'israélienne allait tenter de lui prouver sa supériorité sans la moindre pitié. Elle porterait ses coups de manière à le blesser 'accidentellement', de cela, il était certain.

Elle allait en être pour ses frais.

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J'espère récupérer une connexion très bientôt pour poster le chapitre suivant dans un délai raisonnable.

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En attendant, j'attends vos commentaires.

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A bientôt

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Chtimi