Merci ChuckluvsBlairBass & Gellergreen

Quelques réponses à tes questions. Et non, le rétablissement de C ne sera pas l'épilogue.


Lily tentait de garder son calme. Son fils était en salle d'opération depuis deux heures déjà. L'intervention devait durer entre trois et quatre heures. Le chirurgien lui avait expliqué qu'il resterait sous assistance respiratoire durant tout le processus pour minimiser les risques d'arrêt cardiaque.

Rufus resserra son étreinte autour de sa taille. Il était arrivé peu après Eléanor pour la soutenir dans cette épreuve. Non, pas qu'il porte spécialement Chuck dans son cœur, mais il était le fils de Lily et il n'oubliait pas qu'il l'avait un jour sauvée des griffes de Jack. Il n'oubliait pas non plus qu'il avait défloré sa petite fille mais, quoi qu'il en soit, il ne souhaitait pas de mal au jeune-homme et un tel accident lui apparaissait comme tragique.

Serena tendit un café à Nate qui s'en saisit en la remerciant d'un regard. Les heures semblaient des siècles. C'est la vie de son meilleur ami qui était en jeu. Ils s'étaient souvent accrochés sur des désaccords, mais ils étaient aussi complices comme des frères et leur amitié finissait toujours par reprendre le dessus. Quand l'un en avait besoin, l'autre était toujours là. Il soupira et avala une gorgée de café insipide.

Blair avait disparue de la salle d'attente, il y a vingt minutes environs. Elle ne supportait plus de rester là, enfermée, à attendre. Aussi s'était-elle réfugiée là où il serait allé. Elle avait gravi les étages jusqu'au toit. Elle admirait la vue, comme il l'aurait fait. C'était idiot mais elle se sentait plus proche de lui, ici, que nulle part ailleurs.

Elle pria pour la énième fois afin que Dieu ne lui reprenne pas l'amour de sa vie. Pour qu'il lui permette de revoir encore un jour ses beaux yeux sombres dans lesquels elle se noyait si facilement.

Elle posa une main sur son ventre. Elle avait une échographie prévue pour le lendemain matin. A sa plus grande surprise, sa mère n'avait pas hurlé, ni pleuré. Elle lui avait simplement demandé si elle avait considéré toutes les options et toutes les conséquences que cela impliquerait de mener une grossesse à terme a à peine vingt ans.

Eléanor n'avait pas osé mentionner le fait qu'elle n'aurait peut-être pas de père à ses côtés pour l'élever.

En aucun cas, Blair ne voulait mentir à Louis mais, il était hors de question qu'elle l'épouse uniquement parce qu'elle porterait peut-être son enfant. Elle n'était pas amoureuse de lui, pas comme elle l'était de Chuck.

Elle avait été séduite par son titre et impressionnée par son yacht et son château. Elle ne l'avait même pas trouvé attirant la première fois qu'elle l'avait vu, pas jusqu'à ce qu'elle sache qu'il était sur la liste des héritiers potentiels à la couronne de Monaco.

Elle avait fini par rallumer son smartphone. Elle avait une bonne vingtaine de messages vocaux ou écrits de Louis. Tous l'implorant de lui pardonner pour le soir du gala. Il pensait encore que c'était la cause de son départ.

Tôt ou tard, elle devrait l'affronter et lui expliquer la véritable raison. Elle espérait de toute son âme que ce serait avec Chuck à ses côtés. Elle se doutait bien que si son enfant était un Grimaldi, les choses deviendraient encore plus compliquées.

Sophie ne la laisserait jamais en avoir la garde et exigerait qu'il soit élevé sur le rocher. C'est ce qu'elle redoutait le plus. Elle n'avait pas souhaité cette grossesse mais elle voulait voir grandir son fils ou sa fille. Elle ne laisserait personne le lui arracher.

Elle avait même envisagé ne rien dire à Louis l'espace d'un instant, ça aurait sans doute tout simplifié, mais ça aurait été aussi bien trop cruel. Elle savait combien Chuck avait souffert du mensonge de son père à propos d'Élisabeth et elle en gardait un goût amer dans la bouche. Elle ne pourrait jamais infliger pareille chose à ce bébé.

La porte s'ouvrit derrière elle, Nate et Serena s'avancèrent bras-dessus bras-dessous sur le terrassement. Sans un mot, ils s'installèrent à la balustrade à leur tour. Regardant la ville qui s'étendait sous leurs pieds. Les lumières de la nuit commençant à apparaître avec la tombée du jour.

Blair resta silencieuse elle aussi, chacun sachant parfaitement à quoi ça les ramenait. Chuck avait toujours eu une passion pour les toits, ils ne pouvaient pas être ailleurs en cet instant précis.

Nate accrocha un bras autour des épaules de la brune. Son ami aurait voulu qu'il prenne soin d'elle et c'est exactement ce qu'il allait faire jusqu'à ce que Chuck soit en état de le faire par lui-même.

Il accrocha également un bras aux épaules de Serena. Elle tentait d'être brave mais il la connaissait assez pour savoir qu'elle considérait véritablement Chuck comme un frère, elle-aussi.

La jeune femme blonde essuya une larme qui perlait aux coins de ses paupières. Elle ne devait pas flancher, elle devait être forte, pour Blair, pour Nate, pour Chuck. L'ombre d'un sourire flotta sur ses lèvres en repensant au nombre de fois où elle l'avait jeté hors de sa salle de bain quand ils avaient emménagés avec Bart.

Il prenait un malin plaisir à la faire sortir de ses gonds et à la rendre dingue. Malgré tout, il avait toujours été là quand elle en avait besoin, même quand Bart l'avait réexpédié tout seul dans sa suite au Palace pour ne pas qu'il trouble la quiétude du reste de leur famille.

Elle avait trouvé ça horrible, c'est à ce moment-là qu'elle avait commencé à comprendre ce qu'avait été la vie de Chuck avec son père depuis sa naissance. Pas étonnant qu'il se comporte comme un sale con.

Heureusement, la situation s'était améliorée. Ils étaient devenus de plus en plus proche ces dernières années et elle le considérait comme son frère au même titre qu'Éric aujourd'hui.

Le bruit de la porte la sortit de ses réflexions. Rufus venait les informer que l'intervention était terminée. Le chirurgien avait dit que tout s'était bien passé compte tenu des circonstances. L'important étant que le cœur de Chuck ait tenu le coup pendant toute la durée de l'opération.

Les trois jeunes New-Yorkais rejoignirent Lily dans la chambre de leur ami en attendant qu'il y soit ramené mais les infirmières étaient catégoriques : aucune visite avant le lendemain matin. Le patient avait subi une intervention chirurgicale très risquée et il avait besoin de calme et de repos.

Il resterait, en tout état de cause, plongé dans le coma encore plusieurs jours, voir semaines, comme initialement prévu pour permettre la cicatrisation de son pneumothorax et lui éviter la douleur qui l'accompagnait.

Blair refusa de quitter le Mont Sinaï sans l'avoir vu, au moins aperçu, dans le couloir, lorsque les brancardiers le réinstalleraient dans la chambre 10-89. Elle fit les cents pas dans le corridor pendant trente minutes avant de voir arriver un jeune homme qu'elle n'attendait pas le moins du monde.

- Louis ? s'étonna-t-elle en le regardant s'arrêter à sa hauteur. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je ne vais pas te perdre sans me battre, Blair ! l'informa-t-il d'un air déterminé.

- Louis …

- Pardonne-moi, s'il te plaît. Si je ne suis pas venu te prendre c'est parce qu…

- Ça n'a plus d'importance, maintenant, le coupa-t-elle.

- Si, bien sûr que si, quand je t'aurai tout expliqué...

- Louis, je ne suis pas partie à cause de ça !

- Je sais, tu as dis que ma mère avait gagné et maintenant, j'ai compris. Les pivoines, la robe, mais je te promets que, désormais, je te soutiendrai. C'est toi qui décideras de tout et …

- Je suis désolée, Louis, mais je ne suis pas amoureuse de toi.

Elle aurait voulu pouvoir être moins directe et faire les choses avec plus de douceur, mais les heures étaient éprouvantes et elle n'avait pas la force de se préoccuper des états d'âmes de son ex-fiancé. Elle voulait juste voir Chuck et être certaine qu'il était toujours là, que ses prières avaient été exhaussées.

Le prince accusa le choc et en resta sans voix pendant plusieurs secondes.

- Blair …, supplia-t-il finalement.

- Non, Louis, ça ne sert à rien d'insister. Mon cœur appartient à quelqu'un d'autre et peu importe combien lui ou moi voudrions changer cet état de fait parfois, il ne peut pas en être autrement.

- Il te rend malheureuse !

- Non, il me rend heureuse au contraire, même si notre histoire est compliquée et qu'il y a des moments affreux et dramatiques.

- Blair … tenta encore le prince.

- Je suis désolée. Je sais que la rupture de nos fiançailles va avoir des retombées médiatiques mais, je ne peux pas faire autrement. Je ne peux pas remettre cette bague à mon doigt quand elle me brûle la peau par le mensonge.

- Alors, c'est fini ? Comme ça ?

- C'est fini, Louis, en tout cas en ce qui concerne notre futur mariage.

Elle n'en dit pas plus, elle venait de changer d'avis. Elle attendrait d'avoir fait le test de paternité, dans deux semaines, avant de l'informer de sa grossesse. A condition qu'il y ait quoi que ce soit dont elle ait besoin de l'avertir qui le concerne. Inutile de le faire souffrir inutilement et de compliquer les choses si cet enfant n'était pas de lui, ce qu'elle espérait de tout son cœur.

Il soupira, il était vain d'insister, elle avait pris sa décision. Il avait toujours su, au fond de lui, qu'elle ne pourrait jamais l'oublier, mais il avait espéré qu'elle se contenterait de son amour et de tout ce qui accompagnait le titre de princesse qu'il pouvait lui offrir. Peu d'hommes pouvaient s'enorgueillir d'être un vrai prince avec château et royaume.

Blair avait été une bouffée d'air frais dans sa vie, un peu trop frais pour le protocole sans aucun doute. Sa mère allait exploser quand elle apprendrait qu'il l'avait laissée partir. Mais que pouvait-il faire ? L'obliger à l'épouser contre son gré et l'enfermer dans une cage comme aux siècles passés ?