Bonjour bonjour !
Eh bien, il semblerait que mon chapitre précédent vous ai pas mal fait réagir... On se demande bien pourquoi, ah ah. Bon, forcément vous vous doutez bien que les choses vont se compliquer encore plus... Il ne va pas suffire d'une bonne discussion pour qu'ils soient "heureux pour toujours" (enfin si, ça aurait peut-être suffit mais encore faut-il qu'ils discutent XD).
Breeeef ! Je vais éviter de m'étendre plus avant de vous révéler toute mon intrigue, hé hé.
Sinon, dans une autre catégorie (celleux qui me suivent sur Facebook l'ont déjà lu, désolée pour la répétition) mais ma belle-famille est chez moi ce weekend et ma belle-soeur m'a confié s'être également mise à l'écriture. Elle a commencé à publier une Dramione (of course, sinon j'aurais dû renier tout lien entre nous) en UA sans magie. Son pseudo est glitterpuline si vous voulez faire les curieuxes :)
Bon trêve de blabla, je sais très bien que vous êtes impatient-e-s d'avoir les pensées de Drago suite à son départ précipité. Donc bonne lecture !
Et une fois encore, un immense merci pour tous vos retours. C'est une histoire qui me fait très peur, en fait, vu que caser du Drastoria et du Romione en pleine Dramione est un pari risqué, et votre soutien va au-delà de toutes mes espérances.
RARA:
Delph : Disons que j'aime de plus en plus leur compliquer la vie. J'étais nettement moins sadique dans mes premières histoires XD Contente que ça te plaise et merci pour ta review !
Aventure : Je pense que personne ne s'attendait à ça, mdr et ne t'inquiète pas, ils n'ont pas fini de "mariner", ces deux-là... loin de là ! Pour le reste, le chapitre du jour devrait répondre à tes questions ;) Merci pour ta review !
Alexandra : Ah mais la fin... J'étais pas sûre qu'ils iraient jusqu'au bout avant de l'écrire mais j'ai toujours su qu'il partirait pendant qu'elle serait dans la salle de bain, mdr. Par contre, je rappelle quand même qu'Hermione lui avait laissé une note, elle. Et ils ne venaient pas tout juste de faire l'amour XD Par contre, le "jeu" est loin d'être fini, ils sont pas prêts d'arriver à la case "heureux pour toujours" ;) Merci beaucoup pour ta review !
Cecile : Hi hi contente que tu aies aimé ! C'était évident qu'ils ne parleraient pas, non ? La communication, dans un couple, y a rien de plus important mais ces deux-là sont loin d'être dans cette optique... Enfin, Hermione l'était apparemment, mais c'est notre Serpy préféré qui est en face, ah ah. Enfin, pour les raisons du départ de Drago, tu auras les explications dans ce chapitre, t'inquiète ;)
Contente que tu aies aimé en tout cas et merci beaucoup pour ta review et tes compliments :)
Guest : (guest-qui-a-oublié-son-pseudo ou guest-guest ?). Ravie que tu aies aimé ! J'espère que les pensées de Drago te plairont. Et oui, Hannah au Chaudron Baveur, c'est du Pottermore-news ;) Merci pour ta review !
Merci à Damelith, Deborah Petra, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.
Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt
L'Autre
2001 - Drago/Hermione
Drago regarda la porte de la salle de bain se refermer sur Granger et sentit aussitôt la panique le gagner.
Par Merlin, il venait tout juste de lui faire l'amour. Ils n'avaient pas juste couché ensemble, non, leur échange avait été bien plus profond que ça. Il l'avait fait avec suffisamment de femmes pour faire la différence !
Jamais, par les quatre fondateurs, il n'aurait pu imaginer que les choses se passeraient ainsi entre eux. Pourtant, il ne pouvait pas ignorer ce qu'il avait ressenti lorsqu'elle avait posé ses lèvres sur son torse, lorsqu'elle l'avait caressé si intimement, lorsqu'il était finalement entré en elle.
Son odeur, sa douceur, ses cris de plaisir. Tout résonnait encore en lui avec tellement d'intensité. Et il savait qu'elle devait se trouver actuellement dans le même état que lui. C'était impossible qu'il en fût autrement.
Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas assumer qu'un tel lien les unisse. Pas alors qu'au final, ils se connaissaient à peine.
Il ne pouvait pas admettre qu'une fille - qu'une femme, plutôt - qu'il avait détestée pendant tant d'années puisse lui faire tout oublier par un simple baiser.
Il ne pouvait pas prendre le risque de laisser tout ce qu'ils venaient de vivre prendre l'ascendant sur son existence. Il lui avait dit qu'il ne se passerait jamais rien de plus entre eux et ce n'étaient pas des paroles en l'air.
Il ne pouvait tout simplement pas se permettre de perdre le peu de contrôle qu'il avait réussi à reprendre.
Il attira donc ses vêtements à lui d'un coup de baguette et se rhabilla rapidement. Lorsqu'il entendit la chasse-d'eau couler dans la pièce adjacente, il se dirigea vers la porte de la chambre, sa cape sous le bras, et la referma silencieusement derrière lui.
Il dévala les escaliers à toute vitesse, traversa la salle du Chaudron Baveur, les yeux fixés sur le sol et, une fois dans la cour, transplana jusque dans sa chambre.
Tout ce qu'il voulait, pour l'instant, c'était rester seul.
.
Cela faisait une semaine que Drago n'avait pas quitté sa chambre, refusant de voir qui que ce soit. Seul Bonaryen était autorisé à y entrer pour lui apporter à manger et récupérer sa vaisselle et son linge sales.
Astoria lui avait envoyé une lettre, quelques jours plus tôt, mais il n'y avait toujours pas répondu. Que pourrait-il lui dire de toute façon ? "J'ai couché avec Granger pour que ce truc entre nous ne soit plus que physique et non plus mental, mais à présent, c'est pire que tout" ? Impossible, elle ne le lâcherait plus jamais avec ça. Déjà que là, elle faisait une fixette sur ce qu'il s'était passé à Clairvent…
Pourtant, la connaissant comme il avait appris à la connaître, elle ne resterait pas longtemps sans nouvelles… Il allait devoir se ressaisir, et vite, s'il voulait qu'elle ne perçoive pas son trouble. Car mine de rien, elle avait également appris à le cerner depuis qu'ils étaient amis.
Il n'eut cependant pas plus l'occasion de s'apitoyer sur son sort car des coups secs furent frappés à sa porte, mettant temporairement fin à sa torpeur.
- Laissez-moi tranquille, ronchonna-t-il suffisamment fort pour être entendu depuis le couloir.
- Drago, cesse de faire l'enfant et ouvre-moi tout de suite, répondit sa mère, implacable.
Il sortit la tête de sous sa couette et soupira, agacé. Il avait demandé à Bonaryen de lui dire qu'il était malade et qu'il avait besoin de repos, sachant qu'elle l'éviterait car elle avait une sainte horreur des microbes. Mais apparemment, le jeu était fini. Il tenta malgré tout de gagner du temps.
- Bonaryen ne t'a rien dit ? dit-il en accompagnant sa réponse d'une toux forcée. Je suis malade !
- Ne mêle pas notre elfe à tes caprices, Drago Abraxas Malefoy ! Je veux bien croire, à la limite, que tu as pu être malade les premiers jours, mais si tu l'es toujours au bout d'une semaine, cela veut dire qu'il est plus que temps de te rendre à Ste-Mangouste. Et nous savons tous les deux qu'il n'en est rien. Donc ouvre-moi cette porte tout de suite avant que je ne la force !
Résigné, Drago attrapa sa baguette posée sur sa table de nuit et déverrouilla sa porte. Narcissa Malefoy pénétra aussitôt dans la pièce, le regard sombre et le nez froncé.
- On dirait que ta chambre est infestée de bandimons, c'est épouvantable ! remarqua-t-elle avant d'ouvrir tentures et fenêtre d'un coup de baguette.
- Il pleut ! protesta Drago en se redressant dans son lit.
- Et ? Crois-moi, un peu d'air frais, même humide, ne fera pas de mal à cet endroit. Vas-tu me dire ce qu'il t'arrive ?
- Je suis malade, je te l'ai dit.
Comme s'il allait dire à sa mère qu'il se sentait mal parce qu'il avait couché avec Hermione Granger et qu'il avait un peu trop aimé ça ?!
- Tu t'es disputé avec Astoria ? insista-t-elle, pas dupe un seul instant. Vous ne restez jamais si longtemps sans vous voir.
- Non, non, tout va bien. Elle a beaucoup de boulot, avec sa roseraie. La malgrippe qui a contaminé ses Pilgrims s'attaque à présent à Je-ne-sais-plus-quelle-espèce.
Astoria avait beau avoir une passion pour ses roses, lui ne voyait pas du tout l'intérêt de retenir tout ce qu'elle pouvait bien lui dire sur elles, malgré leur amitié.
- Très bien, commenta Narcissa. Alors tu vas me faire le plaisir d'aller prendre une douche, te raser et de me rejoindre aussitôt dans le jardin d'hiver. Il faut que nous parlions, mais ça sent trop mauvais ici pour que j'y reste une minute de plus.
Sur ces dernières paroles, elle tourna les talons et quitta la chambre rapidement.
Drago souffla par le nez mais se leva malgré tout pour aller dans sa salle de bain. Il avait appris à identifier depuis bien longtemps les moments où tenter de négocier avec Narcissa Malefoy était vain. Celui-ci en était clairement un.
Il en ressortit une quinzaine de minutes plus tard, indubitablement plus frais, et s'habilla rapidement. Son regard se posa sur l'ensemble de sa chambre et il ne put que reconnaître que sa mère avait raison. La pièce sentait le bouc.
- Bonaryen ! appela-t-il.
- Oui, Maître ? répondit l'elfe après avoir transplané à ses côtés.
- Range ma chambre, veux-tu ?
- Tout de suite, Maître, obéit-il en s'inclinant.
Pendant que le serviteur usait déjà de sa magie pour mettre de l'ordre, Drago rejoignit sa mère, pas motivé un seul instant par l'idée de se faire sermonner.
Il pénétra quelques minutes plus tard dans le jardin d'hiver et s'installa dans l'un des fauteuils en rotin qui se trouvait au centre de la véranda. Son regard se perdit sur les plantes qui ornementaient la pièce, attendant que sa mère prenne la parole. Après tout, c'était elle qui voulait lui parler, lui était très bien sous sa couette.
Elle lui servit une tasse de thé, dans leur service en porcelaine bordé d'argent, sans prononcer le moindre mot.
- Crois-tu qu'Astoria me fournirait des plans de roses grimpantes pour le kiosque du parc ? lui demanda-t-elle, brisant le silence.
- Pardon ?!
- Je le trouve un peu vide, laissé à nu comme ça, et je pense qu'elle cultive des Madame Alfred Carrière, non ?
- Euh… C'est possible, en effet...
Drago ne comprenait plus rien. Elle était venu le chercher dans son lit pour une histoire de roses ?!
- Eh bien, demande-le-lui lorsque tu la reverras.
- D'accord…
Il attendit quelques instants qu'elle poursuive, mais elle se contentait de siroter son thé, perdue dans ses pensées. Blasé, il finit par se lever de son siège pour retourner dans sa chambre.
- Reste assis et bois ton thé, le reprit-elle, d'une voix sèche. Je n'en ai pas fini avec toi.
Évidemment, pensa-t-il, ça aurait été bien trop simple.
- Depuis combien de temps es-tu revenu de voyage ?
- Hum… Depuis environ un an et demi, pourquoi ? répondit-il, sur ses gardes.
- Et quand comptes-tu enfin faire quelque chose de tes journées ? lui demanda-t-elle, ignorant sa question.
Drago préféra ne pas répondre. Mieux valait attendre de voir où elle voulait en venir.
- Écoute, je sais que tu es passé par des moments… délicats, dirons-nous, il y a quelques temps. Tu étais bien trop jeune pour faire face à ce que tu as dû affronter. La bataille, la violence, le jugement, j'aurais aimé t'épargner tout cela. Je comprends pourquoi tu as préféré partir, lorsque la presse ne nous lâchait pas, mais cela va beaucoup mieux à présent. Ils se sont trouvé d'autres sujets de préoccupation et donc, il est temps que tu cesses de te chercher des excuses.
- Je ne me cherche pas des excuses ! protesta Drago.
- Cela fait une semaine que tu ne sors pas de ta chambre en prétextant être malade. Dis-moi ce que c'est, si ce n'est pas te chercher des excuses ?
- …
- Il me semblait bien. Et donc, je te le redemande, Drago, quand comptes-tu faire quelque chose de tes journées ? Les Malefoy sont peut-être riches mais ils ne sont pas oisifs, mon fils. Ton père se fait beaucoup de souci pour ton avenir…
- Ça lui va bien de dire ça, grommela-t-il.
- On en a déjà parlé des dizaines de fois, Drago ! Ton père pensait réellement agir pour le mieux. Si tu acceptais d'aller le voir, il te l'expliquerait lui-même. Je refuse de jouer au hibou plus longtemps entre vous ! Il va falloir te trouver une occupation, c'est comme ça. Errer dans ce manoir comme si tu avais reçu le baiser d'un détraqueur n'est plus envisageable.
- J'ai le temps d'y réfléchir ou tu as déjà décidé de ce que je devais faire ? répliqua-t-il, amer.
- M'occuper de surveiller les comptes familiaux commence à me lasser, en effet. Donc si tu n'as pas mieux à me proposer rapidement, tu t'en occuperas jusqu'au retour de ton père.
- Et si je n'en ai pas envie ? la défia-t-il.
- Je ne vois pas ce qui a bien pu te faire croire, dans notre conversation, que tu avais le choix. Ressaisis-toi.
Sur ces derniers mots, Narcissa termina sa tasse de thé puis se releva avant de quitter la pièce sans lui accorder le moindre regard supplémentaire.
Drago adorait sa mère, vraiment, mais parfois, elle lui faisait peur. En même temps, sans cette force qui lui était propre, ils n'en seraient pas là aujourd'hui. Le règne du Seigneur des Ténèbres et ses conséquences l'avaient fortement ébranlé et sans elle, il aurait sans doute définitivement fui le pays et le regard que les gens posaient sur eux.
Narcissa, elle, avait fait face, faisant fi de la pression, des ragots, de la diffamation. Elle était restée intègre, fidèle à elle-même, refusant de nier qui elle était pour se faire accepter. Certes, elle s'était faite discrète dans les premiers temps qui avaient suivi l'emprisonnement de Lucius à Azkaban, mais jamais elle n'avait baissé les yeux face à l'adversité.
Drago la revoyait encore, lors de son procès, répondre d'une voix posée aux questions de Kingsley Shacklebolt face à un Magenmagot au grand complet. Elle n'avait rien tenté de minimiser, assumant tous ses actes, mais sans oublier de leur rappeler que sans elle, Potter serait actuellement mort. Potter et ses amis qui avaient bien évidemment confirmé le tout. Sans eux, le seul témoignage de sa mère - et le sien pour les événements du Manoir - auraient été insuffisants.
Et forcément, repenser à toute cette période lui rappela ce qu'il essayait d'oublier depuis une semaine. Elle.
Sa mère avait raison, il devait absolument trouver de quoi s'occuper pour se remplir la tête avec d'autres préoccupations.
Hermione arriva au Portoport de Bucarest à 16 heures 22 minutes, heure locale. Les Portoports étaient une invention relativement récente et permettaient aux sorciers de voyager d'un pays à l'autre à l'aide d'un Portoloin officiel, partant pour différentes destinations à heure fixe. Les objets du commun, comme ceux utilisés lors de la Coupe du Monde de Quidditch de 1994, n'étaient plus réservés que pour les déplacements exceptionnels. La jeune femme effectuait ses voyages longue distance uniquement par ce biais depuis qu'elle en avait pris connaissance, lorsqu'elle était partie en Australie pour retrouver ses parents.
Elle fut aussitôt redirigée vers le Ministère de la Magie roumain où elle s'enregistra comme touriste, bien qu'elle fut surtout là pour affaires.
Une fois qu'elle eut franchi le portail magique permettant de camoufler le bâtiment officiel aux Moldus, Hermione se retrouva sur un trottoir relativement désert. Elle se saisit de son sac de voyage, prête à partir à la recherche d'un bus pour la mener jusqu'à l'hôtel moldu où elle avait réservé une chambre, quand elle fut fermement étreinte par l'arrière.
Elle s'empara aussitôt de sa baguette, prête à se défendre, quand une voix grave résonna au creux de son oreille.
- Du calme, petite lionne, ce n'est que moi !
- Charlie ?! s'écria-t-elle en se retournant. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- Hum… Aux dernières nouvelles, je suis celui qui vit en Roumanie, non ? Je devrais plutôt te poser la question à toi !
- Ne joue pas à ce petit jeu avec moi, Charlie Weasley ! Comment as-tu su que je serais là à ce moment précis ? Ne me fais pas croire que ce n'est qu'une coïncidence !
- Absolument pas. J'ai reçu une lettre de Ginny hier, me prévenant que tu arrivais au pays pour ton truc de nés-Moldus. Mais elle te trouve bizarre, depuis quelques jours, et elle s'inquiète. Elle m'a donc demandé de garder un œil sur toi. Tu comptais aller où, d'ailleurs ?
- Dans un hôtel moldu, lui avoua-t-elle, en baissant légèrement les yeux.
Ainsi, Ginny avait bel et bien remarqué qu'elle n'allait pas très bien, dernièrement… En même temps, comment aurait-il pu en être autrement ? Elle avait baissé sa garde, cédé aux avances absurdes de Malefoy pour finir traitée comme… comme une vulgaire poupée gonflable tout juste bonne à se soulager !
Dire qu'elle avait été convaincue de ne pas avoir été la seule à ressentir le lien qui était passé entre eux… Non mais quelle idiote ! Ah, il devait bien faire le fier, à présent, à se vanter auprès de ses copains d'avoir réussi à ouvrir les cuisses de la sage Hermione Granger.
Et en même temps, elle ne parvenait pas totalement à regretter ce qu'il s'était passé ce soir-là. Elle avait pris tellement de plaisir, à s'abandonner ainsi à ses caresses et à lâcher prise, juste pendant quelques instants. Il avait fallu qu'il gâche tout, comme à son habitude.
Ginny lui avait bien posé quelques questions pour tenter de savoir ce qu'elle avait, et Hermione pensait qu'elle les avait esquivées avec brio, mais visiblement, elle s'était lourdement trompée.
- Hors de question ! répliqua Charlie, inconscient de tout ce qui pouvait passer, en boucle, dans la tête de la jeune femme. Tu viens avec moi à la Réserve ! Les gars ont hâte de te revoir.
- Mais c'est à l'autre bout du pays, et j'ai rendez-vous avec Costal Gregoriu demain matin à neuf heures et…
- Et rien du tout, je te ferai transplaner, ne t'inquiète pas pour ça. J'ai promis à ma petite sœur de m'occuper de toi, même si je ne lui ai pas encore envoyé ma réponse, et je ne trahirai pas cette promesse !
- Charlie…, tenta de plaider Hermione.
- Écoute, ma belle, je vois bien que tu en as gros sur le cœur, ok ? Donc évite de rester seule et viens avec moi.
Hermione soupira, résignée, et se saisit de la main qu'il lui tendait afin de la faire transplaner jusqu'à la Réserve.
.
Hermione était affalée dans le canapé de l'appartement de Charlie, légèrement pompette. A peine était-elle arrivée que cinq grands gaillards de plus d'un mètre quatre-vingt lui étaient tombés dessus, ravis de la revoir.
La jeune femme avait été agacée, lors de sa visite précédente, de constater que le staff était entièrement masculin, et ce, à la plus grande indifférence de Charlie. Que ça lui plaise ou non, lui avait-il répondu, c'était un boulot extrêmement physique, et rares étaient les femmes à faire ce choix de carrière. Il en avait bien rencontré une ou deux, lors d'une convention en Sibérie, mais guère plus.
Et donc, ils venaient de passer la soirée à boire de la tequila en chantant et en se racontant des nouvelles depuis sa première et dernière visite, dix-huit mois plus tôt. C'étaient eux, d'ailleurs, qui l'avaient initiée à cet alcool.
Mais pour l'heure, ils étaient tous rentrés chez eux, devant se lever tôt le lendemain pour soigner leurs dragons, sauf Charlie, bien évidemment.
Charlie qui était actuellement en train de ramasser les cadavres des bouteilles qui trainaient un peu partout. Et Hermione ne parvenait pas à le quitter des yeux. Comment pouvait-il être à ce point si semblable et si différent de Ron ? Ils partageaient le même regard, ce même sentiment de sécurité et de familiarité, mais le dragonnier était beaucoup plus râblé que son frère et surtout, beaucoup plus confiant.
Si la jeune femme avait craqué pour la maladresse dont pouvait faire preuve son meilleur ami, l'assurance de son aîné l'attirait comme un niffleur face à une pièce d'or.
Quand Charlie la regardait, lorsqu'ils étaient seuls, elle se trouvait tout simplement désirable. Il avait cette lueur de gourmandise qui la faisait fondre, malgré elle. Elle savait que coucher avec lui était une mauvaise idée, que ça ne les mènerait nulle part, et pourtant, elle en mourait d'envie. Mais bon, il n'avait eu aucun geste allant dans ce sens depuis son arrivée, peut-être était-il passé à autre chose ?
Elle l'aurait compris sans problème. Après tout, Charlie vieillissait, il allait doucement sur ses trente ans. Il devait avoir envie de se caser, de fonder une famille et non plus de fricoter avec la meilleure amie - et accessoirement ex-petite amie - peu expérimentée de son petit frère…
- A quoi penses-tu ? lui demanda-t-il, interrompant ses pensées.
- A rien de spécial, mentit-elle.
- A d'autres, Hermione, tu avais ce regard perdu au loin, celui que tu as toujours quand tu cogites trop.
- Très bien, céda-t-elle en soupirant, alors qu'il s'asseyait à ses côtés dans le canapé de son salon. Je me demandais si tu n'avais pas envie de… te stabiliser…
- C'est une demande en mariage ? se moqua-t-il.
- Mais non, idiot ! C'est juste que… je ne sais pas. De mémoire, tu n'as jamais présenté quelqu'un à ta famille et… tu vas avoir trente ans…
- Tu me trouves vieux, c'est ça ?! la coupa-t-il, un air amusé faisant briller ses yeux.
- Tu es infernal ! protesta-t-elle. Tu n'es pas vieux, non, c'est juste que voilà, tu voulais savoir à quoi je pensais, je te le dis, c'est tout.
- J'aime ma vie telle qu'elle est, Hermione. Mes amis, mes dragons, profiter des occasions quand elles se présentent, tout simplement. Finir en couple avec sept enfants, comme mes parents, ne m'intéresse pas le moins du monde.
- Il y a quand même un juste milieu entre le célibat et la famille nombreuse…
- Je sais, oui, mais je sais aussi que je ne suis pas fait pour être en couple. Je l'ai été, peu après mon arrivée ici, et je l'ai trompée… Elle a souffert, j'ai culpabilisé, je ne veux plus de ça. J'aime juste ma liberté.
- Je comprends, oui…
- Et toi, alors ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Je ne sais pas trop, lui avoua-t-elle. J'ai l'impression de flotter entre deux eaux, en ce moment. Je fais des mauvais choix, je ne me reconnais plus. J'essaie d'aller de l'avant mais… je ne sais pas.
- Et ton projet de centre d'aide, ça en est où ?
- C'est confus, je ne sais pas par quel bout attaquer… C'est pour ça que j'ai demandé un entretien avec Costal Gregoriu… C'est lui qui a mis ce projet en place ici, en Roumanie. J'espère qu'il pourra me donner quelques conseils, même si nos administrations sont différentes. A défaut de pouvoir mettre de l'ordre dans ma vie personnelle, je vais au moins essayer de structurer la professionnelle. Je me cherche des excuses depuis trop longtemps.
- Viens par-là, l'invita-t-il en lui ouvrant ses bras.
Hermione s'y blottit aussitôt et se sentit immédiatement mieux.
- J'ai couché avec Drago Malefoy, lâcha-t-elle de but en blanc.
- Pardon ?! s'exclama-t-il en se redressant, s'éloignant légèrement d'elle.
- Tu as parfaitement entendu.
- Tu veux dire ce petit merdeux qui vous a pourri votre scolarité, à Poudlard ?
- Lui-même.
- Et comment une telle chose a bien pu se produire ?!
- Je n'en ai aucune idée, justement. C'est arrivé il y a dix jours, maintenant… J'avais juste besoin de… je ne sais pas… de tendresse ? Va savoir.
- Tu étais donc consentante ? demanda-t-il, taquin.
- Bien sûr ! Qu'est-ce que tu vas imaginer ?!
- Eh bien alors, je ne vois pas où est le problème.
- Il s'agit de Malefoy, quand même…
- Oui, et ? Tu en avais envie, tu as suivi cette envie, point. Je ne vois pas en quoi c'est gênant.
- Il est parti pendant que j'étais dans la salle de bain, avoua-t-elle en rougissant.
- Donc tu as couché avec un connard. Ça arrive à tout le monde, Hermione. C'est rude, je te l'accorde, mais ce n'est pas dramatique.
- Peut-être…
- Tu veux que je te fasse oublier cette mauvaise expérience ? lui proposa-t-il, charmeur.
Les joues d'Hermione devinrent instantanément d'un rouge plus soutenu qu'elles ne l'étaient déjà.
- Arrête de rougir, ça me donne encore plus envie de toi.
- Charlie !
- Eh bien quoi ? Ce ne serait pas la première fois, non ? Et si ça peut t'aider à chasser cet abruti de ta tête, je suis à ton service !
Hermione réfléchit quelques instants en se mordillant la lèvre inférieure, nerveuse. Pourquoi pas, après tout ? Elle en avait marre de penser à lui, à tout ce qu'elle avait ressenti quand il l'avait touchée, embrassée, caressée… Charlie était un très bon amant, c'était indéniable, et son ami aussi. Et peut-être… peut-être pourrait-elle en profiter pour lui demander…
- A quoi tu penses, encore ? s'enquit-il.
- Comment ça ?
- Ton regard lointain, Hermione.
- Oh… Euh…
C'était ridicule, elle ne pourrait jamais lui demander ça, il la prendrait pour une quiche…
- Hermione, la menaça-t-il doucement.
- Oublie…
- Pas moyen. Dis-moi ce qu'il se passe dans ta petite tête.
- Tu vas te moquer !
- Promis que non.
Elle se frotta le visage d'un geste las et décida de se jeter à l'eau. Si elle ne pouvait pas parler de ça avec lui, elle ne le pourrait avec personne.
- Eh bien…, bredouilla-t-elle, peu sûre d'elle malgré sa résolution, quand j'étais avec Malefoy, j'ai pensé à… mais je n'ai pas osé… et enfin… je me disais que peut-être… dans le feu de l'action… tu pourrais… enfin…
- Viens-en au fait, Hermione, je ne comprends pas où tu veux en venir, la recadra-t-il.
- Je veux que tu m'apprennes à faire une fellation.
- …
- ...
- Tu as trop bu, Hermione !
- N'importe quoi ! tenta-t-elle de nier, avant de se raviser. Enfin, si, j'ai bu, je ne vais pas prétendre le contraire - surtout que tu étais là - mais on a déjà bu ensemble et tu sais très bien comment je suis quand je suis saoule. Et là, je ne le suis pas...
- O.K. Donc, tu es sérieuse, là ?!
- Je savais bien que c'était totalement idiot…, s'empourpra-t-elle, à nouveau.
- Non, ce n'est pas ça, c'est juste que je ne m'y attendais pas ! Tu es sûre de toi ?
- Eh bien oui, comme je te l'ai dit, j'ai eu envie d'essayer, mais j'avais trop peur d'être ridicule… Toi, je sais que tu ne te moqueras pas, si je ne m'y prends pas bien… et… Bref, oublie ! Je n'ai rien dit !
Charlie garda le silence durant quelques instants, perdu dans ses pensées, jusqu'à ce qu'il pose son regard gourmand sur elle.
- Très bien ! accepta-t-il en se relevant pour déboutonner son pantalon. Règle numéro un : aucune obligation, jamais, tu arrêtes quand tu veux. C'est d'ailleurs valable pour n'importe quelle pratique...
Hermione le dévisagea, les yeux grands ouverts, surprise de voir que son sexe était déjà à moitié en érection.
- Tu veux plaisanter ?! s'exclama-t-elle, mi-amusée, mi-choquée. Hors de question que je fasse ça, comme ça, à… à froid !
- Alors viens-là qu'on réchauffe tout ça, la contra-t-il en se mettant au-dessus d'elle, capturant ses lèvres pour un baiser langoureux.
Décidément, en arrivant à Bucarest en fin d'après-midi, elle n'aurait jamais cru qu'elle finirait la journée en apprenant une telle leçon...
.
Drago, Charlie... et moi qui vous parle de Romione qui est encore nulle part... Y a de quoi être perdus, non ? XD
Mais bon, retour à Drago. C'est bien la peur qui l'a fait fuir, eh oui. Il a ressenti la même chose qu'Hermione mais contrairement à elle, n'était pas du tout prêt à l'assumer... Heureusement que Narcissa est là pour lui secouer un peu les puces, non ? Je crois que la Narcissa forte reste celle que je préfère exploiter :)
Et donc, Hermione qui essaie aussi de se secouer un peu professionnellement parlant... Elle traine, la petite, ça ne lui ressemble pas (comme coucher comme ça sans lendemain, vous allez me dire, mais tout prendra sens le moment venu, j'ai toujours à coeur de ne pas les rendre OOC ;) )
En tout cas, merci Charlie d'être aussi un confident pour elle. Au final, tout ça vire en "firends with benefits", ah ah. Pour le dernier point, la demande de "leçon particulière", mes bêtas étaient partagé-e-s mais perso, c'est un passage que je me suis beaucoup amusée à écrire. Ahhh les effets de la tequila XD
Bref, c'en est fini pour l'instant d'eux (même si on va probablement les recroiser du point de vue d'Astoria ou de Ron ;) ).
J'ai hâte de lire vos retours et vous dis à la semaine prochaine pour la suite.
Des bisous !
