Bonjour, chers lecteurs! Je vous présente aujourd'hui mon chapitre 10, en espérant que vous prendrez plaisir à le lire!
Bonne lecture à vous!
CHAPITRE 10 : CHASSE AU DRAGON
Alors que Casey et Mélody s'apprêtaient à partir, Donatello s'approcha timidement du joueur de hockey en se triturant les doigts, hésitant.
-Euh, Casey? Je peux te demander un service ? Demanda le génie en remontant nerveusement ses lunettes sur son nez.
-Bien sûr, Donnie, répondit le justicier tandis qu'il resserrait la sangle d'un sac à dos sur son épaule.
-Je...j'aurais besoin que tu me rapportes un livre de la bibliothèque, si tu veux bien...
Casey leva un sourcil, perplexe.
-Quel genre de livre ?
Donatello ria nerveusement avant de se racler la gorge.
-Twilight, chapitre 1, de Stephenie Meyer...chuchota-t-il, terriblement gêné.
Casey du faire un effort colossal pour s'empêcher de rire au nez de ce pauvre Donatello.
-Ne m'dis pas que tu aimes ce genre de connerie ? Se moqua-t-il.
Vexé, Donnie croisa les bras avant de déclarer d'une voix un peu plus ferme :
-Je n'ai pas à me justifier.
-Ok, ok, Don, tu peux compter sur moi.
Donatello hocha la tête, satisfait, un léger sourire reconnaissant sur les lèvres. Il ne voulait surtout pas que ses frères le sache, mais cette histoire intéressait grandement l'inventeur de la famille. Une histoire d'amour entre une humaine et un non-humain...parfait pour lui, qui était un grand romantique.
-Qu'est-ce que tu caches dans ton sac ? Demanda le génie, fronçant les sourcils, suspicieux.
-Trois fois rien, de quoi me défendre si on venait à se faire griller. D'ailleurs, il faudrait qu'on trouve une boutique sur le chemin, Mélody ne peut pas déambuler dans les rues de New York avec cette tenue...
-Elle a qu'à aller se changer chez elle, j'vois pas où est le problème, grogna Raphael.
Mélody maugréa, agacée.
-Le problème c'est que j'habite dans le quartier de Manhattan, gros malin, et qu'on va devoir se taper l'aller-retour !
Le mutant au bandeau rouge jeta un regard dédaigneux envers la jeune fille. Qu'est-ce qu'il en savait, lui, qu'elle habitait à Manhattan, cette gourdasse ?
-Bon, on y va ! Décida Casey.
Mélody, qui avait horreur du shopping (sauf quand il s'agissait d'acheter des vêtements de justicier...), ne s'était pas attardé dans la boutique. Elle avait juste acheté un jean ainsi qu'un pull gris sans même les essayer, ce qu'elle regretta peu après, car son pull lui provoquait des démangeaisons insoutenables...
Alors qu'elle se grattait, Casey ne put s'empêcher d'éclater d'un rire moqueur.
-Alors chaton, on a des puces ?
La jeune fille balança son poing dans la figure de son équipier, qui se maintint le nez dans des gémissements douloureux.
-Oh putain, Mélo ! Maugréa Casey, on travaille ensemble j'te rappelle !
-Plus jamais tu me traites de chaton, espèce de dromadaire boulimique.
-...qu'est-ce que t'as dit ? La menaça Casey de son poing, surpris.
Les deux partenaires se fusillaient du regard, mais avant même qu'il ne puisse passer à l'action, la jeune fille le coupa, brandissant sa combinaison-short.
-Prend mes fringues au lieu de jouer les rigolos.
-Mouais, approuva Casey en saisissant la boule de tissus, mais tu vas m'le payer, Bloom ! Il enfourna le vêtement dans son sac à dos avant de reprendre la route.
Les deux équipiers déambulaient dans les rues de Brooklyn, à la recherche des moindres indices sur le gang. Alors que tous deux passaient devant une petite bibliothèque, Casey s'arrêta soudainement, se rappelant de la demande de Donatello.
-Attends !
Surprise, Mélody se retouna.
-Donnie voulait que je lui rapporte un livre de la bibliothèque, dit-il en montant les marches de pierres.
La jeune fille se racla la gorge d'un air taquin, avant de passer devant Casey.
-Je devrais y aller, t'as jamais tenu un livre de ta vie, tu vas faire une crise d'angoisse si tu rentres là-dedans.
Le justicier s'adossa au mur avec un sourire malin.
-Ha, ha, ha, vraiment très drôle. Twilight, chapitre 1. Amuse-toi bien.
Mélody dû faire un gros effort pour ne pas éclater de rire. Même elle, qui était pourtant une « fille », avait horreur de ces romans à l'eau de rose...mais bon, elle était assez intelligente pour respecter les goûts de chacun...
Elle poussa la lourde porte de bois pour pénétrer dans l'enceinte du petit bâtiment. Il n'y avait pas grand monde à cette heure-ci, elle allait pouvoir être peinarde pour rechercher ce foutu bouquin.
Elle était somptueuse, cette petite bibliothèque. Le sol était fait d'un plancher qui avait plutôt bien vieilli, de larges fenêtres laissaient le soleil de novembre éclairer la salle de ses halos chaleureux et les étagères qui contenaient les livres s'enchaînaient harmonieusement le long des allées.
Mélody était loin d'être patiente, après dix secondes de « recherches intensives », elle se dirigea vers le petit bureau de bois qui trônait au fond de la bibliothèque pour se renseigner auprès de la jeune bibliothécaire. Des cheveux châtains retombaient gracieusement sur ses fines épaules tandis qu'elle gribouillait des lettres sur sa feuille de papier cornée.
-Hum, 'scusez-moi ?
La jeune femme leva de magnifiques yeux émeraude sur le visage blafard de Mélody, avant de la gratifier d'un sourire accueillant.
-Bonjour mademoiselle, je peux vous aider ?
-Euh, ouais, je cherche le tome 1 de Twilight, vous auriez ça ?
La bibliothécaire à la peau fine et fragile se leva maladroitement de sa chaise pour accompagner la justicière à l'autre bout de la salle. La jeune femme portait un haut blanc en dentelle dont les manches étaient presque transparentes, et Mélody pouvait nettement apercevoir une cicatrice difforme longer son bras chétif.
« La vache, je sais pas ce qu'il lui est arrivé, à celle-là, mais elle a dû morfler ! »
-Tous les livres de romance se trouvent ici. Celui que vous cherchez est juste là !
La jeune femme saisit un roman au nombre de pages plus qu'honorable avant de le tendre à la justicière dans un grand sourire.
-Génial, merci beaucoup, euh... ?
-Angèle. Je vous en prie, c'est mon travail. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous enregistrer.
Mélody acquiesça sans broncher. La bibliothécaire prit place derrière son bureau avant de saisir un formulaire. Puis elle leva des yeux rieurs vers la jeune brune.
-C'est étonnant, vous n'avez pas une tête à lire ce genre de roman, fit-elle remarquer.
-Oh, c'est pas pour moi, j'vous rassure.
-Il me faudrait votre nom et votre prénom.
-Bloom, Mélody.
Après quelques griffures, la bibliothécaire tendit le livre à la justicière.
-Voilà, au plaisir de vous revoir, bonne journée !
-Euh, merci, vous aussi, Angèle !
Mélody quitta la bibliothèque, le livre de Donatello en main. Elle l'aimait bien, cette petite jeune femme.
-C'est bon Bloom ? T'as la marchandise ?
-La ferme. Elle glissa le roman dans le sac de Casey. Bon, concentrons-nous sur la véritable mission maintenant si tu veux bien.
Après plus d'une heure de patrouille, les deux justiciers n'avaient toujours aucun indice sur l'activité des Dragons. Enfin, jusqu'à ce qu'ils aperçoivent une bande longer joyeusement le port.
-Les voilà ! On va monter sur le toit pour éviter de se faire repérer !
Casey pointa une échelle du doigt avant d'inviter la jeune fille à l'escalader.
-N'en profite pas pour mater mon cul, Jones ! Railla Mélody.
-Ça va être dur ton fessier mesure le quart du Royaume-Uni...
-T'as mangé un clown ce matin.
Une fois sur le toit, les deux justiciers suivirent du regard les hommes. Pour cela, ils durent bondir de toit en toit.
-Ça fait bizarre de faire ça en plein jour...et en tenue de civil ! Fit remarquer Mélody.
-Je crois qu'ils s'arrêtent, la coupa Casey.
Après avoir regardé de gauche à droite, les Dragons Pourpres pénétrèrent dans l'enceinte d'un vieil entrepôt désaffecté, sauf deux d'entre eux, un grand brun ainsi qu'un plus petits aux cheveux noirs et aux traits asiatiques.
-Bingo. Fit Casey.
-Mission accomplie, ajouta Mélody.
-Bon ok, on prend quelques photos et on rentre.
La jeune fille extirpa son téléphone de sa poche afin de réaliser quelques clichés. Alors qu'elle prenait quelques photographies, Casey essayait de se concentrer sur leur conversation, ce qui était assez compliqué, car ils prenaient soin de ne pas trop élever la voix.
-... sais pourquoi ils nous demandent de leur rapporter des objets électroniques ?
Les deux justiciers tendirent l'oreille, attentifs. Le deuxième homme demanda plus d'informations.
-Tu le sais, toi ?
-Ouais. Et crois-moi, ça fou les jetons.
-Vas-y craches le morceau ! L'incita son camarade.
Le grand brun prit une inspiration avant de déglutir, gêné.
-Stockman est en train de fabriquer...une arme de combat. Puissante.
Casey et Mélody se jetèrent un œil effrayé.
-Une...une arme ? Répéta son compagnon, mais pourquoi ?
-Parle moins fort, abruti !
Au plus grand dam des deux justiciers, les Dragons Pourpres poursuivirent leur conversation en chuchotant.
-T'entend quelque chose ? Paniqua la jeune fille.
-Boucle-la, j'entendrais mieux !
Après un ronchonnement mécontent, la jeune fille tendit l'oreille pour en apprendre davantage.
-...j'entends... « ro »...
- « Ro » quoi ? « Rognon ?», «Rôti de porc » ? Proposa Mélody.
-J'ai pas entendu, ils parlent pas assez fort.
Les deux justiciers se regardaient, une lueur d'appréhension dans le regard. Ils savaient ce qu'ils avaient à faire.
-On y va ? Demanda immédiatement la jeune fille.
Un seul mot pendait au bord des lèvres de Casey : « oui ». Mais il avait malgré tout du mal à le laisser sortir. Il devait prendre garde à ne pas mettre l'adolescente en danger.
-'Me dis pas que tu hésites, Jones ?
-Ben si, figure-toi !
Mélody en resta interdite, elle n'en croyait pas ses oreilles.
-J'ai des hallucinations auditives ou quoi ?! Dit-elle franchement.
Mais le justicier gardait un œil sérieux sur sa partenaire.
-Mélo, ça grouille de Dragons, là-dedans, tu veux vraiment prendre le risque d'aller jeter un œil ? Sans nos armes ?
La jeune fille resta bouche bée. Il n'avait pas totalement tort, cependant, pénétrer dans l'enceinte de cet entrepôt leur permettrait d'en savoir plus sur les agissements des Dragons Pourpres.
-On doit y aller, Casey. On a un rôle de reconnaissance, on doit ramener un max d'informations à Splinter !
-C'est de la folie, on va se faire tuer si on se fait repérer ! On n'est pas des ninjas, nous !
Mélody soutenait le regard de son équipier il avait marqué un point. C'était clairement se jeter dans la gueule du loup.
-T'as raison, céda-t-elle. On devrait y aller avec les gars.
Casey hocha la tête en signe d'affirmation avant de tourner les talons.
-Allez, on y va.
Mais alors que la jeune fille s'apprêtait également à franchir les tuyaux divers qui jonchaient le toit, elle trébucha sur l'un d'eux avant de s'éclater le genou sur le béton dans un bruit sonore, alertant ainsi les deux gardes.
-Bordel de merde ! Jura-t-elle.
-Là-haut ! Une fille !
L'apprentie justicière tenta en vain de se remettre sur pied, mais une violente douleur lui arracha un cri déchirant. Elle était fichue, elle ne pouvait plus s'enfuir maintenant.
-'Fais chier ! Poursuivit Casey.
Il s'apprêtait à aider sa partenaire à se relever jusqu'à ce que celle-ci repousse grossièrement sa main.
-Ça sert à rien, j'me suis pété le genou, casse-toi, ils ne t'ont pas vu !
Jones restait sur place, effaré.
-Tu délires, Bloom, j'te laisse pas toute seule ici !
-Je pourrais pas faire deux pas sans me retrouver clouée au sol. Barre-toi, Jones ! Va prévenir les autres et s'il te plaît, revenez vite, je ne veux pas avoir affaire à leur arme secrète.
Casey lisait de la peur dans le regard de la jeune fille, mais elle avait raison, il fallait qu'au moins un des deux puisse avertir les garçons. Il marmonna un juron avant de poser la main sur l'épaule de son équipière.
-Je fais au plus vite, j'te l'promet, Bloom !
Mélody regardait son équipier prendre la fuite, impuissante, mais satisfaite.
Deux ombres lui cachèrent la lumière du soleil avant de l'observer d'un œil narcissique et victorieux.
-C'est qui celle-là ?
-J'suis ta sœur, rétorqua froidement la jeune fille, n'hésitant pas à les foudroyer d'un regard venimeux.
L'homme aux cheveux noirs la dévisageait avec intérêt, il semblait réfléchir.
-Je connais ce regard...ce foutu regard qui te dit que t'es dans la merde...
Son camarade tourna la tête, perplexe. Non...il n'allait tout de même pas la reconnaître ? Alors là, ce serait vraiment la cerise sur le gâteau...
-Ouais...confirma le grand brun dans un murmure. Ouais, t'as raison.
-Tu crois que...
Mélody retint son souffle, non, ils ne pouvaient pas la reconnaître...Malheureusement, la jeune fille avait un regard bien spécifique, un regard à la fois brun et orangé, et sa queue-de-cheval la trahirait également.
« Bravo, Mélody. Première mission, tu te fais griller et en plus ils connaissent ton véritable visage. Bien joué, vraiment. »
-... La « briseuse de mâchoire », lâcha le brun avec amertume. Alors toi, on va pas te louper.
La jeune fille serrait les dents, elle avait été démasquée, ils allaient lui faire payer.
Elle n'eut le temps de voir qu'un poing s'abattre sur son visage défaitiste.
Dans le Queens, les quatre frères vadrouillaient en plein jour, en toute discrétion. Pour une fois, Michelangelo n'avait pas sorti son skateboard, sous peine de se faire repérer. Ils couraient dans un râle d'effort; cela faisait deux bonnes heures qu'ils parcouraient le Queens, sans résultat. D'un geste de la main, Léonardo stoppa la course de ses frères avant de poser les mains sur ses genoux, passablement essoufflé.
-On fait une pause, les gars, déclara-t-il.
-Ahhhhh, soupira Michelangelo, soulagé, avant de s'adosser à une cheminée.
-Vous pensez qu'ils s'en sortent bien, là-bas ? Demanda timidement Donatello en remontant ses lunettes sur son nez.
-Brooklyn n'est pas un quartier très vaste, expliqua le leader au bandeau bleu, ils peuvent y arriver.
-Avec ces deux têtes de mule, on peut s'attendre à tout et n'importe quoi. Surtout avec Mélody, cette fille est carrément bornée.
Michelangelo fronça les sourcils, était-il vraiment le seul à apprécier la jeune fille à sa juste valeur ?
-Vous êtes pas sympas, les mecs ! Moi j'la trouve super cool Mélody ! Ok, elle est un peu caractérielle, mais Raph aussi a un sale caractère, et pourtant, je le traite pas de tortue bornée ou idiote !
Peu après avoir achevé sa phrase, le cadet lui donna une grande frappe derrière le crâne, vexé.
-Michelangelo, commença Léonardo. On la connaît à peine, cette fille. Tout ce qu'on sait d'elle, c'est qu'elle s'est alliée à Casey et qu'elle frappe fort. Ça ne nous suffit pas à lui faire confiance. Je reste donc sceptique.
Mikey n'en croyait pas ses oreilles.
-Mais Mélody ne s'en prend qu'aux criminels, tout comme Casey, tout comme nous ! On est dans le même panier !
Léonardo parcourra le visage rond et innocent de son petit frère. Il ressentait une certaine peur, le fait que Michelangelo s'intéresse à une fille aussi impétueuse que Mélody l'inquiétait.
-Mikey, poursuivit raisonnablement Léonardo, je sais que tu apprécies cette jeune fille, va savoir pourquoi, mais je te demande de rester prudent.
Le benjamin ne disait rien, il tourna juste légèrement la tête. Le leader savait à quel point Michelangelo s'attachait aux individus, et il avait peur qu'il en souffre, un jour ou l'autre.
-Bon, vous avez fini ? Grommela Raphael, on a une ronde à...
Mais sa phrase fut interrompue par une sonnerie s'échappant de la télécommande que portait Donatello au poignet.
-C'est Casey, souffla Donnie, inquiet. Il pressa un bouton avant d'attendre la voix grave et sifflante du joueur de hockey, qui s'essoufflait s'échapper du micro.
-Casey ? Que se passe-t-il, vous allez bien ? Demanda Léonardo.
-Les mecs, on a un gros souci.
-Il y a un problème ? Vous vous êtes fait attaqués ?
-Euh, ouais, en quelque sorte... Mélody s'est fait choper les gars, j'suis désolé, il faut qu'on aille l'aider ! Elle est à la merci des Dragons Pourpres, s'ils la reconnaissent, elle est foutue !
-Merde ! Jura Raphael.
Cette déclaration suscita l'inquiétude chez Mikey, dont ses grands yeux bleus trahissaient son effroi.
-Vous avez trouvé leur planque ? Interrogea le leader, la voix grave.
-Ouais, c'est un entrepôt désaffecté près du port de Brooklyn.
-C'est pas vrai ! Pesta Léonardo, bon Casey, on est dans le Queens, là, on arrive dans vingt minutes, on fait au plus vite !
-Grouillez-vous les mecs, ces types parlaient d'une arme, je veux pas que Mélo soit le premier cobaye.
Les quatre ninjas se regardaient à tour de rôle, inquiets.
-On arrive, Casey. Donnie va te localiser à l'aide de ton téléphone, ne bouge pas.
Mélody émergeait de son sommeil forcé. Lentement, ses paupières se soulevaient, avec difficulté. Tout était encore brumeux autour d'elle. Au premier abord, elle se trouvait dans une pièce très sombre. Seul une ampoule fixée à un fil électrique pendait au-dessus de sa tête. Mais plus elle revenait à elle, plus elle voyait clair. Elle était certainement à l'intérieur de l'entrepôt. Elle sentit un goût métallique dans la bouche, le Dragon qui avait levé la main sur elle lui avait fracassé de nez, et le sang avait coulé jusque sur ses lèvres, et même sur son pull gris. Une violente douleur au niveau de sa jambe la fit tressaillir malgré elle. Elle s'était donc bien cassé le genou.
-Alors c'est toi, la briseuse de mâchoires.
La jeune fille entendit une voix s'élever de la pénombre.
-Qui est là ? Demanda-t-elle, une pointe d'inquiétude dans la voix.
Pour toute réponse, elle entendit des pas se rapprocher, avant que l'ampoule au-dessus de sa tête ne révèle un homme d'origine afro-américaine, dont la blouse immaculée était souillée de graisses et de trous en tous genres.
-On peut dire que tu tombes à pic, j'avais justement besoin de tester mon nouveau jouet, et tu seras le parfait cobaye. Tu vas regretter tout le mal que tu as fait aux Dragons Pourpres.
L'apprentie justicière serra les dents, frustrée. Alors elle allait faire face à leur arme secrète ? C'est cela qu'il essayait de lui faire comprendre ?
-Mais vous êtes qui, putain !
Une deuxième voix surnaturelle provenant de son dos la fit frémir.
-Nous sommes ceux qui allons te réduire au silence.
Mélody éprouvait un certain malaise quant au timbre de sa voix. Elle ne paraissait pas...humaine.
Cependant, elle l'était bel et bien. Hun fit le tour de la chaise, menaçant, faisant pâlir plus qu'elle ne l'était déjà l'adolescente.
-Où est son équipier ? Demanda-t-il d'une voix sèche en se tournant vers Baxter.
-Elle était seule. Soit il s'est échappé, soit elle n'était pas accompagnée.
Hun dévora de ses yeux noirs le visage constellé de sang de la jeune fille.
-Peu importe, occupez-vous d'elle, il sera le prochain. Cette fois, tu ne feras plus jamais aucun mal à mes hommes, la briseuse de mâchoires. Stockman. Mettez le projet Next Machine en marche.
Le scientifique acquiesça de la tête avant de donner une dernière précision.
-N'oubliez pas, Hun, nous devons impérativement quitter ces lieux avant la mise en route du Next Machine, au cas où il viendrait à disjoncter. J'ai ici un tableau de commandes portable.
Baxter Stockman pointa son bureau de la tête, montrant ainsi un appareil rectangulaire muni d'un écran et de multiples boutons.
-Je le mets en route, je rentre l'ordre à exécuter, dans le cas présent, tuer, et il s'exécutera.
Mais de quoi parlait-il ? Mélody était complètement perdue et commençait sérieusement à avoir peur. Si elle avait bien suivi, leur arme était tellement puissante qu'ils devaient s'éloigner de l'entrepôt ? Que lui réservaient-ils ?
-Un bateau nous attend d'ores et déjà sur le port, Stockman. Alors pas de temps à perdre. Activez-le et rejoignez-moi.
-Qu'est-ce que vous allez faire de moi ! Paniqua la jeune fille.
Hun ne lui répondit que par un regard dédaigneux avant de quitter la salle principale, tandis que Stockman se rendait dans une pièce qui faisait face à la chaise.
-Hé ! Répondez-moi ! S'écria la jeune fille, qui n'arrivait plus à dissimuler l'inquiétude dans sa voix, QU'EST-CE QUE VOUS COMPTEZ FAIRE DE MOI ?
Après quelques instants, le scientifique refit son apparition, un sourire malsain sur ses lèvres.
-Nous allons t'exterminer.
-Vous...vous n'êtes même pas sûrs que je suis la fille que vous recherchez !
Stockman se pencha sur la jeune fille en prenant appui sur les accoudoirs de ses mains abîmées.
-C'est la que tu te trompes. Nos hommes t'ont clairement reconnu. On n'oublie pas un regard comme le tien. Et qu'est-ce que tu faisais sur le toit, à proximité de notre cachette ? De plus, tu n'as jusque ici, pas nié que tu étais effectivement la briseuse de mâchoires.
Mélody serra les poings, furieuse et effrayée. Elle sentait une colère phénoménale monter en elle. C'est donc d'une voix tremblante qu'elle déclara :
-Ouais, c'est moi la briseuse de mâchoires. Et j'espère pour toi que vous allez pas me louper, parce que je te jure que si j'arrive à m'en sortir, tu seras le prochain sur ma liste.
Interloqué par ces paroles cinglantes et le regard déterminé de l'adolescente, il ne put que rire ouvertement.
-C'est bon, je crois que tu es à point. Mais ne t'inquiètes pas, tu mourras. Dans d'atroces souffrances.
La jeune fille déglutit, le souffle court. Ça y est, elle tremblait de tout son corps et se sentait extrêmement nerveuse. Alors, c'était la fin ?
-Fais de beaux rêves, lâcha le scientifique d'une voix rauque et menaçante, avant de lui-même quitter les lieux, le tableau de commande dans les mains.
Une fois qu'il eut quitté la pièce, un étrange cliquetis se fit entendre, suivit d'un bruit de ventilateur, comme un ordinateur que l'on mettrait en route. Le rideau de fer qui lui faisait face se releva dans un grincement strident, dévoilant au grand jour une machine monstrueuse. Un robot humanoïde de plus de deux mètres de haut lui faisait face, clignotant. Son visage artificiel s'illumina dans le noir, rendant alors sa face bleutée. Son corps, fait d'un puissant alliage, semblait indestructible. Plus aucun fil ne pendait, Stockman avait achevé le Next Machine. Et il était puissant.
Face à cette horreur inhumaine, Mélody se débattit furieusement, tirant sur les cordes qui maintenaient ses mains prisonnières, n'arrivant pas à quitter des yeux la montagne de ferraille qui lui faisait face. Mais constatant la difficulté apparente et la solidité du nœud, elle se mit à pleurer, prise de panique, les larmes salées se mélangeant au sang qui parsemait son visage. Tandis que le monstrueux robot s'avançait dans des pas fluides et puissants, la jeune fille s'agita de plus belle sur sa chaise, essayant à tout prix de se libérer. Désespérée et apeurée, elle ne put que crier :
-AIDEZ-MOIIII !
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, il m'a pris plus de temps que prévu pour l'écrire ! Pour ceux qui connaissent l'héritage, vous aurez remarqué le petit clin d'œil à ma fic, l'apparition de mon premier OC, Angèle ! Oui, je suis une grande sentimentale, je me suis attachée à mon personnage...
Autant être honnête avec vous, je n'ai plus aucun chapitre d'avance, je repars de zéro ! Mais promis, j'essaie de vous publier ça pour disons...dans une semaine, voire une semaine et demie...quoi qu'il en soit, pas de panique, je travaille dessus.
Je vous remercie vraiment de suivre cette fic, j'aime beaucoup travailler dessus, c'est un bonheur pour moi que vous la suiviez, et n'hésitez vraiment pas à me donner votre avis, il compte énormément pour moi, surtout que j'ai un sacré coup de faiblesse en ce moment.
Sur ce, mes chers lecteurs, je vous dis à bientôt et portez-vous bien !
~Nifelheim
