Bonjour, n'étant pas là ce week end, je vous poste le 10ème chapitre dés à présent.
Comme toujours, je vous remercie pour vos reviews et vous souhaite une bonne lecture ^^
Chapitre 10
Le cardinal de Richelieu faisait les cent pas dans son bureau. Il se rendit compte que depuis que toute cette affaire avec Athos et ses mousquetaires avait commencé, cela lui arrivait de plus en plus souvent. Le souci et l'exaspération le rongeaient. Son valet lui avait apporté son courrier du matin, mais malgré l'heure plutôt avancée, il n'avait pas encore eu le courage de l'ouvrir.
Son Eminence avait l'esprit ailleurs.
Il avouait bien volontiers s'être grandement trompé en engageant Mirebeau et ses hommes, seulement, il avait pensé bien agir en faisant appel à des vauriens étrangers qui n'étaient que de passage à Paris. Depuis quelques temps, Milady semblait bien trop accaparée par son passé avec Athos et il ne lui avait pas fait confiance pour mener cette mission à bien. De plus, malgré son extrême efficacité, elle n'était qu'une femme et il ne l'imaginait pas traverser la moitié de Paris avec un poids mort de la corpulence d'Aramis sur les épaules.
Bref, quoi qu'il en soit, cette histoire commençait vraiment à l'agacer. Sa haine contre les mousquetaires était si forte qu'il avait agi avec empressement, sans réfléchir aux conséquences.
Pourquoi était-il allé se vanter auprès du prisonnier ?
Il connaissait la réponse à cette question. Bien qu'il soit un grand stratège et un conseiller d'Etat, Richelieu était avant tout un homme. Un homme qui avait été blessé, trompé et bafoué à cause d'Aramis. Jubiler de sa victoire avait tout simplement été plus fort que lui.
Seulement à présent, il était au bord du gouffre. Bien heureusement, il avait demandé à l'un de ses hommes d'engager Mirebeau, il était ainsi presque impossible de remonter jusqu'à lui. Mais si ces satanés mousquetaires mettaient la main sur lui, alors il serait en danger. Tout seul, le témoignage d'Aramis ne valait rien, mais combiné à celui de l'un des vauriens… peut-être que…et si Athos et D'Artagnan trouvaient son espion…
Non, il faisait confiance à Milady. Elle ne l'abandonnerait pas.
Le capitaine De Tréville était venu lui rendre visite la veille au soir alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui et l'avait accusé de s'en prendre à ses mousquetaires.
Il était parvenu à le calmer, mais Richelieu sentait l'étau qui se resserrait autour de lui.
Il n'aimait pas cela !
De plus, Milady était en retard.
Quand enfin elle entra dans son bureau, il écarquilla les yeux.
La belle jeune femme était toujours impeccable, vêtue de magnifiques robes et capelines de soies. Mais elle apparut aujourd'hui dans un état pitoyable. Son jupon était déchiré, dévoilant la dentelle de l'étoffe précieuse, et elle était couverte de poussière blanche. Ses cheveux étaient lâchés, dégringolant sur ses épaules en une cascade de boucles brunes emmêlées. Elle avait un bras en écharpe et son visage était taché d'une poudre noire qu'il ne put identifier.
_Milady ! Que vous-est-il arrivé ? Demanda le cardinal en se précipitant à ses côtés.
Il l'invita à s'asseoir sur un siège avant qu'elle ne lève les yeux vers lui pour cracher :
_Eux. Encore et toujours eux.
Son pouls s'accélérant considérablement de panique, il souffla :
_Racontez-moi.
La jeune femme lui fit le récit de sa journée et sa nuit mouvementée. Elle lui cacha par contre sa découverte sur la relation entre Athos et D'Artagnan, gardant cette information pour elle. C'était une affaire personnelle et le cardinal n'avait pas à le savoir. Il aurait tempéré ses ardeurs et elle refusait qu'il connaisse quoi que ce soit concernant son passé.
De plus… ils ne l'ennuieraient plus à présent.
_Ils ont fait parlé le poltron de Mirebeau et Aramis a été gracié, termina-t-elle.
Ouvrant de grands yeux horrifiés, Richelieu se redressa pour fouiller dans le courrier qui reposait sur son bureau. Il sélectionna une lettre portant le sceau royal qu'il n'avait pas vu auparavant, pour l'ouvrir.
Elle lui apprenait l'horrible nouvelle.
Se sentant las, un poids terrible s'abattant sur ses épaules, il vint s'asseoir face à Milady et enfouit son visage dans ses mains.
_Mais je me suis vengée, ajouta la jeune femme.
Quand il releva la tête vers elle, son visage était agrémenté d'un sourire mauvais et jubilatoire.
_Comment ça ? S'enquit le cardinal, reprenant espoir.
_J'ai suivi Athos et D'Artagnan à la Cour des Miracles alors qu'ils allaient chercher Aramis et Porthos pour leur annoncer la bonne nouvelle. Sur mon chemin, j'ai eu la chance de tomber sur des barillets de poudre qui datent de votre insurrection contre cette bande de voleurs. J'ai fait exploser le couloir où ils se trouvaient tous deux, répondit-elle, une lueur de joie malsaine brillant dans ses yeux verts.
Richelieu comprit alors que les tâches noires sur son visage étaient en réalité de la poudre.
_Aramis reste libre, fit-il remarquer.
_Peut-être, mais ses amis étant morts, le Roi ne leur accordera pas la protection de Buckingham. De plus, j'ai pris la liberté de m'occuper de l'homme que vous avez engagé à ma place pour contacter Mirebeau. Sa parole ne vaut rien sans preuve, ni témoin. Vous êtes hors de danger, conclut Milady avec un sourire satisfait.
Se redressant, le cardinal saisit sa main pour y déposer un profond baiser.
_Votre ingéniosité m'étonnera toujours. Je vous suis une fois de plus redevable, Milady.
La jeune femme inclina la tête en signe de respect puis se releva.
_Si vous voulez bien m'excuser, un bain brûlant m'attend. Votre Eminence, le salua-t-elle avant de prendre congés.
Quand elle eut disparu dans un pan de mur, Richelieu laissa échapper un soupir de soulagement. Un petit sourire réjoui ornant ses traits, il passa derrière son bureau pour enfin se mettre au travail. Mais on lui annonça presque immédiatement la visite du capitaine De Tréville.
Levant les yeux au ciel, il accepta de le recevoir, s'apprêtant à garder un masque de glace quoi qu'il vienne lui annoncer.
Avait-il déjà appris la mort d'Athos et de D'Artagnan ?
Le chef des mousquetaires entra, son visage ne reflétant aucune émotion particulière.
C'était plutôt bon signe.
_Votre Eminence, déclara-t-il en s'inclinant brièvement.
_Capitaine, que me vaut cet honneur ? Avez-vous d'autres accusations ineptes à me lancer où est-ce une simple visite de courtoisie ? S'enquit Richelieu, faisant semblant d'être plongé dans la rédaction qu'un papier.
_Rien de tout cela, cardinal. Je venais juste pour récupérer la liste des futurs mousquetaires que le Roi vous a fait parvenir afin d'avoir votre avis, répondit Tréville.
Levant un sourcil dédaigneux, il récupéra la feuille demandée pour la parcourir rapidement avant de demander d'une voix neutre :
_Etes-vous toujours garant de ce D'Artagnan ?
_Bien sûr, votre Eminence. C'est lui et Athos qui sont parvenus à innocenter Aramis du terrible crime dont il a été faussement accusé. C'est un jeune homme intelligent et plein de ressources. Il fera un excellent mousquetaire. Il vient tout juste de me faire son rapport concernant l'enquête qu'ils ont menée et durant laquelle ils ont à plusieurs reprises frôlé la mort. Les découvertes qu'ils ont faites m'ont vraiment déconcerté. Bien que je n'ai pas été si étonné que cela… lui répondit Tréville sur le ton de la conversation.
Mais son regard perçant était plongé dans celui de Richelieu.
Il ne fallait pas être un devin pour lire entre les lignes.
Tout d'abord, Athos et D'Artagnan avaient échappé à l'explosion de Milady.
Ces hommes mourraient-ils un jour ?
Ensuite, ils lui avaient bien évidemment fait part de leurs soupçons quant à l'implication du cardinal dans le coup monté.
Et pour finir, le capitaine lui faisait comprendre que même s'ils n'avaient aucune preuve pouvant l'inculper, ils seraient vigilants à présent et qu'ils savaient… ils savaient que son Eminence était leur ennemi dorénavant.
_Très bien. Voici la liste, capitaine. Vous pouvez disposer, grinça Richelieu, prenant sur lui pour ne pas laisser transparaître sa colère.
Tréville eut un petit sourire avant de prendre le papier des mains du cardinal.
Juste avant de passer la porte, il jugea préférable de préciser :
_Oh, je ne sais pas si vous avez déjà été mis au courant. Mais le Roi m'a demandé de réassigner Athos et ses hommes à la protection du Duc de Buckingham, qui arrive dans quelques jours. Il leur est très reconnaissant d'avoir innocenté notre Reine bien aimée en même temps qu'Aramis. Une sale affaire, vraiment. Mais à présent, notre cher souverain est au petit soin pour sa femme. Je n'avais encore jamais vu le couple royal si harmonieux…
Sur ce, il quitta le bureau de Richelieu.
Attendant d'être certain que le capitaine soit loin, le cardinal donna un violent coup de poing sur son bureau avant de pousser un hurlement de rage.
Ne gagnerait-il donc jamais contre ces saletés de mousquetaires ?
Une fois que la porte fut fermée et qu'ils furent assurés qu'ils étaient bien seuls, Athos accula D'Artagnan contre le mur. Ils étaient toujours mouillés, leurs vêtements humides d'eau glacée. Une de ses mains reposant à plat sur le pan de bois au niveau de la tête du Gascon, l'aîné glissa l'autre le long du flanc du jeune homme jusqu'à saisir son menton entre ses doigts. Souriant en le sentant frémir tout contre lui, il plongea son regard dans ses yeux sombres qui le mettaient dans tous ses états.
_J'ai bien cru que nous ne nous en sortirions pas cette fois-ci, déclara-t-il tout contre ses lèvres violacées à cause du froid.
Les bras de D'Artagnan s'enroulèrent autour de ses hanches, se liant derrière son dos, pour s'assurer qu'il n'irait nulle part, avant de répondre :
_Heureusement que Porthos nous a retrouvés avant que l'eau n'ait atteint le plafond.
Athos pencha la tête sur le côté, le dévisageant avec convoitise, ses yeux étincelants de luxure. Le jeune Gascon déglutit difficilement sous l'intensité de son regard. Il avait l'impression d'être une proie sur le point d'être mangée toute crue par un fauve sauvage. Lorsque leurs bassins entrèrent en contact, la sensation de froid disparut immédiatement, remplacée par la coulée de lave qui descendit le long de leurs reins.
_Béni soit ce cher Porthos, souffla Athos en se redressant pour le toiser.
Sentir la respiration brûlante et haletante du mousquetaire venir doucement picoter son visage fut de trop pour D'Artagnan. Perdant toute notion de décence, il saisit le col de la tunique humide d'Athos pour l'attirer contre lui. La petite parcelle de peau nue que découvrait leur chemise s'épousa, enflammant leurs sens.
_Tais-toi, embrasse moi ! Ordonna le Gascon d'une voix autoritaire et suppliante à la fois.
Le mousquetaire sourit et relâcha le menton de D'Artagnan pour glisser sa main dans ses longues mèches brunes toujours humides. Il approcha doucement son visage du sien avant de saisir sa lèvre inférieure entre ses dents pour tirer dessus. La tête du jeune homme quitta le mur pour suivre son geste en poussant un petit soupir d'indignation.
Ce petit jeu, bien que terriblement excitant, n'était pas ce dont il avait envie à cet instant précis. Il avait besoin d'une union franche, totale, qui le consumerait de l'intérieur. Mais il savait qu'Athos adorait le faire enrager. D'Artagnan réprima donc son désir primal d'empoigner ses cheveux pour plaquer sa bouche contre la sienne et laissa à son aîné le plaisir de redessiner le contour de ses lèvres à l'aide de sa langue.
Les doigts de sa main gauche caressaient toujours sa nuque alors que la droite quitta sa place sur le mur pour s'enrouler autour des hanches du Gascon et reposer paume grande ouverte juste au creux de sa chute de rein. Tirant sur la chemise d'Athos tout en ondulant doucement des hanches tout contre lui, D'Artagnan referma ses dents sur la langue du mousquetaire pour lui faire comprendre son impatience.
Il saisit le message.
Ses lèvres cessèrent donc de taquiner lentement celles du Gascon pour les happer dans une bataille des sens.
Quelque chose sembla exploser au creux de leurs entrailles et tout s'accéléra.
Ils ne jouaient plus.
Athos recula, attirant D'Artagnan dans son sillage, n'ayant de cesse de l'embrasser à en perdre haleine. Il voulait être certain que sa langue avait bien cartographié chaque parcelle de cette bouche qu'il n'aurait jamais de cesse de dévorer. Il était totalement insatiable quand il s'agissait du jeune homme. D'un geste rapide, le Gascon fit disparaître la veste en cuir du mousquetaire pour ensuite s'attaquer à sa chemise toujours trempée. Il tira sur les cordons qui se perdaient sur son torse et s'arracha un instant aux lèvres d'Athos pour le détailler avec avidité. Le tissu blanc devenu transparent laissait entrevoir le torse finement sculpté de son aîné, épousant le galbe de ses muscles. Les cheveux ébouriffés par ses propres mains, ses pupilles dilatées et ses lèvres rougies et gonflées, jamais il ne l'avait trouvé plus désirable. Poussant un véritable grognement affamé, D'Artagnan saisit les pans de la tunique du mousquetaire pour la déchirer. Il eut à peine le temps de voir le petit sourire coquin d'Athos avant que ce dernier ne le saisisse par la boucle de sa ceinture pour l'envoyer s'écraser contre son torse nu. Sa bouche attaqua à nouveau celle du Gascon qu'il sentit soupirer contre sa langue joueuse, avant que ses mains ne lui arrachent ses vêtements en quelques secondes seulement. Il le débarrassa tout aussi rapidement de ses pantalons pour venir assaillir sa nuque découverte à l'aide de ses dents. D'Artagnan, à présent nu comme un ver, laissa échapper une suite de plaintes tout simplement délicieuses pendant qu'Athos mordillait sa peau, calmant ensuite sa sauvagerie par de petits coups de langues. Il se laissa lentement tomber à genoux à mesure que ses lèvres descendaient le long du torse à la peau mate du Gascon, qui, une main ancrée dans ses cheveux en bataille, le laissait faire en se contentant de gémir de plus belle. Quand la bouche gourmande du mousquetaire se referma autour de l'un de ses tétons durcis, un éclair de plaisir brut envahit le corps de D'Artagnan, lui coupant les jambes.
_Athos, le lit… supplia-t-il.
Ne perdant pas un instant, l'aîné se redressa, saisit la main du jeune Gascon pour l'attirer vers sa couche et l'inviter à s'y asseoir. S'installant à genoux devant lui, Athos vint se placer entre ses cuisses offertes pour se voir ensuite enveloppé par les jambes et les bras de D'Artagnan, qui l'enlaça étroitement. Le mousquetaire revint embrasser son cadet tout en glissant sa main entre leurs deux corps pour saisir la hampe dressée du jeune homme qu'il sentait grandir contre son torse. Le Gascon eut à peine le temps de laisser échapper un petit cri avant qu'Athos ne se penche en avant et gonfle ses joues pour le prendre presque tout entier dans sa bouche. Retombant à la renverse sur les couvertures, D'Artagnan sentit ses yeux rouler à l'intérieur de son crâne. Poussant un véritable hurlement extatique, la vague de pure volupté qui traversa son corps, envahissant jusqu'à ses veines, lui coupa le souffle. Haletant, le cœur à la limite de l'explosion, le jeune Gascon se redressa légèrement sur les coudes pour observer Athos. Il restait immobile, ses lèvres enflées entourant son érection depuis la base, le reste étant enfermé dans l'antre veloutée et brûlante de sa bouche. Le mousquetaire le fixait de ses yeux habituellement si limpides et dont les prunelles turquoise étaient à cet instant totalement dilatées. Son regard incandescent fut presque suffisant pour mener D'Artagnan au septième ciel. Il savait qu'Athos ne bougerait pas tant qu'il n'aurait pas suffisamment retrouvé ses esprits pour ne pas exploser immédiatement. Traînant sa main tremblante jusqu'à celle du mousquetaire qui reposait sur son ventre, le jeune Gascon entremêla leurs doigts et lui fit un petit signe de tête.
Il était prêt.
Athos enveloppa alors son érection de sa langue pour la caresser doucement, parcourant ses veines, soulignant ses nerfs à vifs. D'Artagnan lutta pour garder les yeux ouverts, son regard toujours plongé dans celui de son aîné alors qu'il lui faisait démonstration de tous ses talents. Reculant légèrement la tête, il relâcha doucement la hampe du Gascon pour que ses lèvres et sa langue le caressent sur toute sa longueur avant de l'accueillir à nouveau dans sa bouche. Allant et venant à un rythme délicieusement lent, Athos détendit sa gorge pour laisser échapper un soupir lascif qui se répercuta sur le membre de D'Artagnan, remontant le long de son corps. Il avait l'impression que son être tout entier allait entrer en combustion spontanée. Les caresses buccales de son aîné lui faisaient perdre la tête.
C'était juste trop enivrant, trop intense… trop bon.
Il ne se rendit compte qu'il gémissait comme un damné que lorsque le son de sa voix changea soudain pour laisser échapper un rugissement rauque quand Athos osa l'abandonner pour remonter le long de son torse, sa langue dardée traçant une ligne imaginaire sur sa peau frémissante.
_Athos…pourquoi ? Se lamenta-t-il en passant ses bras autour de ses épaules pour le forcer à s'allonger contre lui.
Le mousquetaire y consentit, revenant l'embrasser tendrement.
_Je ne veux pas que ce moment finisse trop tôt, répondit-il entre deux baisers.
D'Artagnan déversa toute sa frustration au travers de ses lèvres qui dévoraient celles du mousquetaire, ses dents venant mordre sa chair au point de le faire saigner. Mais son amant s'en moquait bien, surtout quand cette petite étincelle de douleur le fit onduler des hanches, permettant à leurs entrejambes de se caresser frénétiquement. Sa langue s'arrachant au palet de son aîné qui haletait entre ses bras, D'Artagnan souffla :
_Athos, prends-moi. J'ai tellement envie de toi.
Ces supplications brisèrent les dernières défenses du mousquetaire. Se redressant, il ôta ce qui lui restait de vêtement pour ensuite tendre la main en direction de sa table de chevet. Il sortit un petit flacon d'une huile bien particulière du tiroir avant de revenir flotter au-dessus de D'Artagnan qui le regardait faire, totalement nu et magnifique entre ses draps. Ils rampèrent sur le lit pour trouver une position plus confortable avant que le jeune Gascon n'écarte les jambes pour qu'Athos s'agenouille entre elles. Ainsi abandonné et offert, lui octroyant une confiance sans limite, il renvoyait une image qui se planta droit dans le cœur du mousquetaire. Versant un peu d'huile sur ses doigts, il se pencha sur D'Artagnan pour lui souffler :
_Je t'aime.
Un sourire éblouissant éclairant son visage, le Gascon prit son visage en coupe pour déposer un petit baiser sur la cicatrice qui barrait sa lèvre supérieure.
_Je t'aime, lui répondit-il.
Ses doigts se pressèrent alors contre l'intimité palpitante d'anticipation du jeune homme. Laissant sa tête retomber entre les oreillers, D'Artagnan serra les dents quand l'habituelle morsure douloureuse envahit son corps. Mais Athos trouva presque immédiatement le point si spécifique en lui qui lui faisait perdre la tête. Il le caressa de l'intérieur, s'assurant bien que les parois de son intimité étaient imprégnées d'huile avant de se positionner entre les cuisses offertes du Gascon. Saisissant ses hanches pour les surélever légèrement et trouver le meilleur angle possible, Athos le pénétra doucement. D'Artagnan en profita pour nouer ses jambes autour de sa taille, le forçant à se rapprocher, encore et encore. Même si le mousquetaire connaissait cette sensation délirante par cœur, se retrouver emprisonné dans un étau de velours si serré lui fit voir des étoiles pendant quelques instants. Se stoppant lorsqu'il fut introduit jusqu'à la garde, Athos se laissa ensuite retomber sur les coudes pour venir embrasser D'Artagnan. Sa langue joua langoureusement avec la sienne, aimant plus que tout venir retracer la forme de ses lèvres. Il ne se décida à bouger que quand le Gascon commença à onduler des hanches en soupirant :
_Athos…Athos… Athos…
Il répéta son nom telle une litanie à chaque fois que le membre du mousquetaire entrait en contact avec cette bulle orgasmique ancrée au sein de son corps. Donnant de petits coups de reins très efficaces, l'aîné du masquer les cris extatiques de D'Artagnan en le muselant à l'aide de sa bouche. Sa langue mimait le délicieux mouvement de va et vient qu'il entama, réduisant les membres du Gascon à l'état de chiffons désarticulés. Il ne put que s'accrocher aux épaules d'Athos, son corps s'élançant en avant pour rencontrer chaque mouvement du mousquetaire sans qu'il puisse le contrôler. Une main de l'aîné maintenait ses hanches en place pour être certain de ne pas le blesser, l'autre se perdant dans ses cheveux pour masser son crâne avec délice. Le rythme langoureux et patient de leurs hanches s'accéléra soudain et D'Artagnan dut venir s'accrocher au montant du lit pour ne pas que l'ardeur d'Athos les fasse basculer sur le sol. La sueur et l'eau qui recouvraient toujours leurs peaux rendaient leurs gestes maladroits, les doigts et les mains glissant sur leurs corps. Poussant un rugissement d'exaspération, le mousquetaire vint saisir le Gascon entre ses bras pour le soulever du matelas. Laissant échapper un petit cri de surprise, D'Artagnan se retrouva alors assis à califourchon sur les cuisses d'Athos, qui, accroupi, le tenait fermement enlacé. Cette position verticale accentuant l'union de leurs deux corps, le jeune homme ouvrit la bouche, rendu muet d'extase par la sensation d'être empli comme jamais auparavant. Pour calmer le Gascon qu'il sentait trembler contre lui, Athos passa une main sur son visage bouleversé avant de venir l'embrasser avec douceur. Il recommença doucement à onduler des hanches, son souffle plaintif se joignant à celui de D'Artagnan au sein de leurs baisers. Le jeune homme posa ses genoux sur le lit de part et d'autre des cuisses du mousquetaire pour donner plus d'intensité à leur union, allant et venant de haut en bas, rencontrant chaque coup de rein d'Athos pour multiplier leur plaisir au centuple. Ils surent qu'ils ne tiendraient pas très longtemps dans cette position où le mousquetaire ne cessait de heurter la prostate de D'Artagnan. En réponse à cela, les parois de l'intimité du Gascon se resserraient, emprisonnant le membre palpitant d'Athos dans un étau trop doux et trop étroit pour qu'il puisse tenir la cadence plus de quelques minutes. Passant ses bras autour des épaules du mousquetaire, le jeune homme se saisit d'une touffe de cheveux brune pour le forcer à redresser la tête. Il plongea ses yeux sombres dans ceux d'Athos et lui sourit. Il pouvait lire sur son visage qu'il était tout aussi proche de l'explosion que lui. Le souffle court et le cœur battant la chamade, l'aîné vint enfermer l'érection de D'Artagnan, abandonnée entre leurs deux ventres, dans une poigne câline pour la caresser avec vigueur. Le Gascon se mordit la lèvre inférieure pour museler son soupir voluptueux, refusant de le lâcher des yeux, malgré ses paupières lourdes. Le petit volcan qui crachait des nuées de lave dans son ventre explosa tout à coup pour répandre une nuée de cendres orgasmiques qui fit hurler chaque parcelle de son être d'un plaisir brut et profond. Enfin, le jeune homme se déversa dans la main d'Athos, son corps tout entier se cambrant dans ses bras alors qu'il rejetait la tête en arrière pour pousser un cri étranglé. Mais, ne voulant pas manquer l'expression bouleversante du mousquetaire lorsqu'il jouissait, D'Artagnan revint poser son front contre le sien. Deux petits coups de reins suffirent et Athos explosa en son sein, la vague de ravissement qui menaçait de l'emporter depuis plusieurs minutes ravageant son être. Des paroles sans queue ni tête, contenant le nom du jeune Gascon, s'écoulèrent de la bouche de l'aîné avant qu'il ne retombe en avant contre le torse de D'Artagnan.
Haletant, il le serra contre son cœur avant de se laisser basculer en arrière, entre les draps. Ils restèrent enlacés pendant quelques instants, profitant des derniers vestiges de leurs ébats, avant que le plus jeune ne tende une main en direction de la table de chevet. Il tâtonna jusqu'à trouver un linge propre grâce auquel il entreprit de nettoyer leurs deux torses de sa semence.
_Si mes jambes n'étaient pas transformées en coton, j'irais prendre un bain et je t'y traînerais avec moi…déclara Athos d'une voix rocailleuse chargée de sommeil, sa tête reposant toujours sur l'épaule de D'Artagnan.
_Tout à l'heure, lui répondit le Gascon avant de déposer un baiser au sommet de son crâne.
Réarrangeant les couvertures du mieux qu'il put, il les couvrit tous les deux d'un drap froissé qui avait vu de meilleurs jours. Enlacés l'un contre l'autre au point que leurs membres en devinrent indissociables, ils s'endormirent rapidement, ne voyant pas que depuis la fenêtre dont ils avaient oublié de tirer les rideaux, deux yeux verts et perçants avaient observé toute la scène…
Milady sauta de son perchoir, le visage défiguré par la rage.
Comment était-ce possible ? Comment avaient-ils pu survivre à cette explosion ?
Le cardinal allait l'apprendre, si ce n'était pas déjà fait, et elle passerait pour quoi devant lui à présent ?
Une amatrice ? Une femme qui perdait tous ses talents quand cela touchait sa vie privée ?
Non.
Elle refusait qu'ils l'humilient à ce point là.
De plus, ce lien indéfectible, cet amour rayonnant qui émanaient de D'Artagnan et Athos durant leur étreinte avait enfoncé une dague empoisonnée dans son cœur.
C'était une chose de les savoir ensemble, mais d'assister à leurs ébats en était une autre. C'était la preuve, si elle en doutait encore, que son emprise sur son époux était définitivement morte.
Il ne l'aimait plus…
Et face à ce qu'il partageait avec D'Artagnan, elle se demanda s'il l'avait vraiment aimé un jour.
Avec elle, Athos n'avais jamais semblé si heureux, si épanoui…
Elle ne savait pas encore quoi faire, mais Milady trouverait un moyen de les faire payer.
En attendant, la jeune femme prévoyait de les suivre partout, sans relâche. Elle ne se représenterait pas devant son Eminence avant d'avoir accompli sa mission jusqu'au bout.
C'était la guerre, et cette fois, Athos et D'Artagnan devraient mourir…
En ce matin, un vent doux soufflait sur Paris. Le soleil pointait à l'horizon, prévoyant une belle journée. Tout le monde dormait dans la maison des mousquetaires. Aujourd'hui débutait leur mission auprès du Duc de Buckingham, seulement, ils ne devraient partir que dans l'après-midi afin d'arriver au Havre le lendemain en fin de journée, heure à laquelle l'ambassadeur débarquerait sur le sol français. Profitant des quelques jours qui avaient suivi la libération officielle d'Aramis durant lesquelles ils avaient eu quartier libre, les quatre compères avaient rattrapé le sommeil qu'ils avaient en retard. Athos et D'Artagnan sortirent très rarement de leur chambre (ils avaient élu domicile dans celle de l'aîné) et n'étaient descendus que pour manger et discuter rapidement avec leurs deux amis. Aramis et Porthos passèrent leurs journées entre leur lit et les rues de Paris. Pensant qu'ils n'auraient plus jamais l'occasion de s'y promener, ils arpentèrent leurs lieux préférés, tels deux novices aux yeux brillants. Ils proposèrent souvent à Athos et D'Artagnan de se joindre à eux, seulement ils refusèrent toujours.
D'avoir frôlé la mort de si près avait comme déclenché une étincelle en eux et le feu vorace qui en découlait s'en trouvait inextinguible. Ils profitèrent donc d'avoir la maison pour eux tous seuls, (ils avaient également donné congés à leurs serviteurs pour quelques jours) afin de faire l'amour dans toutes les pièces. Prenant bien soin de tirer les rideaux, tel un jeune couple marié, ils avaient inauguré tous les sofas du salon, la table et les chaises de la salle à manger, les étagères de la cuisine, le sol de chaque pièce, la porte de la salle de bain, la baignoire et même les escaliers (cette fois-ci, D'Artagnan avait eu la mauvaise idée de passer ses doigts dans les cheveux d'Athos, pensant que cette caresse serait innocente, et s'était retrouvé les quatre fers en l'air au beau milieu de son ascension où son amant lui avait arraché ses vêtements pour lui faire voir des étoiles…).
On pourrait croire que de passer la journée à batifoler comme des lapins serait lassant, mais pour eux, cela ne faisait que renforcer leurs sentiments. Jamais de toute sa vie, D'Artagnan n'avait eu envie de quelqu'un à ce point là. Le moindre regard, un simple sourire d'Athos et il était perdu. Le mousquetaire de son côté, pensait savoir ce qu'était la passion amoureuse. Avec son ex femme, et même dans sa jeunesse, il n'avait jamais été avare de rapports sexuels, mais en compagnie du Gascon, il découvrait un nouvel univers. Dans ses bras, il s'épanouissait comme jamais, aimait à en avoir mal partout et se nourrissait de chacun de ses souffles comme un noyé à l'agonie. Il se sentait vivant et capable de tout conquérir.
Ils étaient tout simplement heureux.
Porthos et Aramis furent les premiers à se lever ce matin là. Courbaturés de leurs activités de la veille, durant lesquels ils avaient fait une sorte de concours de "qui gémira le plus fort" avec les deux autres amants qui se trouvaient pourtant à l'autre bout du couloir. Ils mirent du temps à reprendre leurs esprits. Nichant son nez dans le cou de son amant, le métis y déposa un petit baiser avant de souffler :
_Je meurs de faim.
Il le sentit rire tout contre lui, cela envoyant de petites vibrations dans tout son corps, lui donnant la chair de poule.
_Nous avions un repas frugal qui nous attendait hier soir, mais une certaine personne que je ne nommerais pas a trouvé plus intéressant de m'attirer dans ce lit pour lécher chaque parcelle de mon corps, répondit Aramis, ses doigts caressant doucement les cicatrices sur le dos de Porthos.
Ce dernier sourit avant de saisir le lobe de son oreille entre ses dents tout en marmonnant :
_Mais tu es tellement plus délicieux que le pain et le fromage que nos deux rapiats de meilleurs amis nous ont laissé. Quelle bande de débauchés ! Ils se dépensent tellement dans leur chambre à coucher qu'ils ont dévoré la moitié du garde manger en seulement quelques jours.
Aramis pouffa.
Il était vrai qu'Athos et D'Artagnan le surprenaient. Il ne s'attendait pas à une telle insatiabilité de leur part (surtout venant de son camarade mousquetaire qui avait toujours eu l'air si froid, si impassible...)
Comme quoi, il fallait se méfier de l'eau qui dort…
Ils étaient en train de battre son propre record !
_Mon cœur, on va manger ? Demanda Porthos d'une voix plaintive, quelques secondes plus tard.
Aramis leva un sourcil, son rythme cardiaque augmentant d'un cran. Il se redressa sur un coude pour faire face au métis qui semblait figé de stupeur face au petit surnom qui venait de sortir de sa bouche sans son autorisation.
_Est-ce que je deviendrai fou, ou viens-tu juste de m'appeler "mon cœur" ? S'enquit-il avec un petit sourire moqueur.
Pour toute réponse, Porthos, mortifié, enfouit son visage rougissant dans l'oreiller. Il bougonna quelque chose à propos de sa fatigue, son estomac et sa faim qui lui faisaient perdre la tête, avant qu'Aramis ne passe une main dans ses cheveux pour le forcer à le regarder.
Une fois qu'il fut plongé dans ses beaux yeux marron, il souffla :
_Je t'aime.
Porthos eut le sourire le plus béat de l'univers et se jeta sur les lèvres de son amant pour échanger un baiser affamé. Ce fut le bruit du ventre gargouillant du métis qui les sortit de leur bulle de bonheur. Ils éclatèrent de rire avant de passer une tunique pour aller apaiser la faim du mousquetaire. Lorsqu'Aramis ouvrit la porte, son amant le retint un instant par la manche pour plonger dans son regard.
_Je t'aime aussi, tu sais ? Avoua-t-il d'une voix rauque d'émotion.
_Je sais, répondit-il avec un petit clin d'œil complice.
Alors qu'ils descendaient les escaliers, ils tendirent l'oreille pour entendre des gémissements extatiques provenir de la chambre d'Athos.
Encore ?
Ils échangèrent un regard amusé avant de se dépêcher d'aller déjeuner. D'ici quelques minutes, leurs amis les rejoindraient et s'ils voulaient avoir l'occasion de manger quelque chose, ils devaient faire vite avant que les deux ogres sur pattes ne vident le garde-manger.
Cela faisait quelques jours que le Cardinal n'avait pas nouvelles de Milady. Suite au fiasco retentissant de leur dernière entreprise contre les mousquetaires, il l'avait fait mander, mais elle semblait avoir disparu. Même ses meilleurs hommes ne parvinrent pas à la trouver. Il savait qu'elle avait dû se sentir gravement diminuée et vexée qu'Athos et D'Artagnan aient survécu à l'explosion qu'elle avait déclenchée, mais cela n'expliquait pas son silence.
Au début, Richelieu avait été très en colère contre la jeune femme. Elle s'était montrée empressée et avait commi des erreurs. Il savait qu'il existait un sombre passé entre Milady et Athos et que cela embrumait son jugement, mais à présent, il était inquiet pour sa meilleure espionne.
Et s'il lui était arrivé malheur ?
A la veille de l'arrivée du Duc, cela serait vraiment fâcheux. Même si les mousquetaires faisaient partie de sa garde personnelle, ils pouvaient toujours tenter de lui nuire. Une fois qu'il serait à Paris, les occasions seraient nombreuses. Il avait besoin d'elle à ses côtés.
Mais où était-elle donc passée ?
Alors même qu'il sortait d'un entretien privé avec le Roi, qui trépignait d'appréhension face à la visite de Buckingham, son Eminence croisa le chemin de son valet personnel. Ce dernier lui tendit une lettre cachetée en s'inclinant devant lui.
_Ce pli est arrivée pour vous ce matin, monseigneur.
Le cardinal reconnut le sceau imprimé dans la cire.
Milady.
Se dépêchant de regagner son bureau, il ouvrit la missive d'une main qu'il fut étonné de trouver tremblante.
Votre Eminence,
Pardonnez ce silence éhonté, seulement je suis à présent engagée dans une entreprise dont je ne peux plus repousser l'échéance.
Si je parviens à la mener à bien, vous ne serez plus jamais inquiété par Athos et ses mousquetaires. Je suis actuellement en chemin pour Le Havre et poursuis notre plan pour discréditer notre ennemi commun. Si je ne survivais pas à cette mission, je vous prie d'agréer mes sincères excuses. Il n'a jamais été dans mon intention de vous décevoir.
A bientôt,
Ou peut-être adieu,
MdW.
Loin de le rassurer, cette lettre plongea le cardinal dans une profonde perplexité. Il devait l'avouer, il avait appris à apprécier Milady. Il lui demandait d'accomplir les plus basses besognes, mais au fond de lui, il l'avait toujours considéré comme la fille qu'il n'avait jamais eue.
Elle était intelligente, clairvoyante, ambitieuse et impitoyable.
Il se retrouvait en elle.
Et tout comme la jeune femme, il avait commis des erreurs lorsqu'il avait mêlé sa vie privée à ses affaires. Le fiasco Aramis en était la preuve flagrante.
Richelieu espérait simplement que Milady lui reviendrait car sinon… sa vengeance contre les mousquetaires serait terrible.
Athos, Porthos, Aramis et D'Artagnan étaient partis plus tôt que prévu. Ainsi, ils pourraient se rendre au Havre sans avoir besoin d'épuiser leurs cheveux. Il ne savait pas pourquoi, mais depuis ce matin, le Gascon avait un mauvais pressentiment. Il avait tenté d'en faire part à son amant, mais ce dernier l'avait fait taire (enfin, sauf si l'on comptait les gémissements comme des paroles cohérentes) en se glissant sous les couvertures pour venir picorer son entrejambe de baisers enflammés.
Seulement plus le temps passait, plus son appréhension grandissait. Chevauchant un peu en retrait, derrière Aramis qui chantonnait, Porthos qui riait et Athos qui restait silencieux, comme toujours, il n'avait de cesse de regarder par-dessus son épaule.
Il avait l'impression qu'on les suivait. Mais à chaque fois qu'il se retournait, ses yeux ne tombaient que sur la route déserte ou la forêt calme.
Athos finit par ressentir son malaise car il ralentit l'allure pour arriver à son niveau.
_Qu'est ce qui ne vas pas ? Demanda-t-il en le dévisageant par-dessous son chapeau.
_Je ne sais pas, avoua D'Artagnan. J'ai l'impression qu'on nous observe depuis ce matin. C'est comme si j'avais sans arrêt des yeux braqués sur le dos.
Le mousquetaire fronça les sourcils, perplexe.
_Tu veux que j'envoie Aramis sur nos pas pour vérifier que nous ne sommes pas suivi ? Proposa-t-il.
Il n'aimait pas sentir son jeune amant si anxieux. Leur mission ne serait pas simple, le capitaine De Tréville le lui avait assez répété. Ainsi, même le plus insignifiant des pressentiments n'était pas à négliger.
D'Artagnan réfléchit pendant un instant et ne sortit de ses songes que quand la main gantée d'Athos vint caresser sa pommette.
_Non, ça ira, répondit enfin le Gascon avec un petit sourire.
Il tourna son visage pour déposer un baiser contre la paume du mousquetaire pour le rassurer. Ce ne fut peut-être pas la meilleure des idées car les yeux turquoise d'Athos s'assombrirent immédiatement et sa mâchoire se crispa.
Oh oh… pensa D'Artagnan.
Sous ce regard brûlant, il se sentit immédiatement trop à l'étroit dans ses pantalons pourtant amples.
Ce n'était pas du tout le moment pour ça !
Ils étaient en mission pour la couronne… mais la main d'Athos descendait le long de son cou, le cuir de son gant ne pouvant masquer la chaleur de ses doigts…
Aramis et Porthos étaient à quelques mètres… mais leurs cuisses se frôlaient au rythme des pas de leurs chevaux et cette friction était juste délicieusement érotique…
Ils étaient au beau milieu de nulle part et il y avait des arbres pour les protéger de la vue de tous… et ils étaient très en avance… et la mousse avait l'air siiii confortable…
Ils ne se quittèrent pas des yeux une seconde, leurs regards mettant le feu à leur corps tout entier.
_Porthos, Aramis, appela Athos sans cesser de dévisager D'Artagnan. Partez en éclaireur, nous vous rejoignons au prochain village dans une petite demi-heure.
_Une heure, le contredit le Gascon avec un petit sourire coquin.
_Oui, plutôt une heure, décida le mousquetaire avec un rire rentré.
Ils ne virent pas leurs deux amis lever les yeux au ciel, mais le devinèrent sans mal.
Une fois qu'ils eurent disparu au galop au croisement d'une petite dune, Athos et D'Artagnan sautèrent de cheval. Les mains tremblantes d'impatience, le jeune homme eut du mal à attacher sa bride à une branche. Le mousquetaire y parvint bien avant lui et alors qu'il luttait avec son nœud, son amant vint l'enlacer par derrière pour enfouir son visage dans son cou. Ses mains glissèrent immédiatement à l'intérieur de ses pantalons et D'Artagnan poussa une exclamation lascive. Il avait ôté ses gants…
_Athos, nous sommes encore sur la route. On pourrait nous voir, fit-il remarquer en se mordant la lèvre inférieure pour contenir ses gémissements.
Le mousquetaire le caressait déjà en roulant des hanches contre sa chute de rein. Malgré son rappel, le jeune homme émit un grognement indigné quand Athos s'arracha à lui pour saisir sa main.
_Viens! Ordonna-t-il d'une voix tempétueuse.
Ouhhhh…Son amant était d'humeur tyrannique…
Ils pouvaient être deux à jouer à ce petit jeu.
Le suivant presque en courant, D'Artagnan jugea qu'ils étaient assez enfoncés dans la forêt avant d'acculer le mousquetaire contre un arbre. Unissant leurs corps frémissants, le Gascon lui ôta son chapeau avant de venir l'embrasser à pleine bouche. Sa langue vint immédiatement retrouver sa consœur qui, fougueuse, se lia à elle pour une bataille de caresses et de soupirs. Leurs mains étaient partout à la fois, tirant sur leurs tuniques, arrachant un bouton par-ci, ôtant un veston par là, s'immisçant sous les vêtements pour caresser, saisir, posséder cette peau brûlante et avide qu'ils dénudèrent à la hâte. D'Artagnan se retrouva agenouillé, nu devant Athos et avant même qu'il comprenne ce qui lui arrivait, le mousquetaire fut enveloppé dans l'étau chaud et soyeux de la bouche du Gascon. Passant une main dans les cheveux du jeune homme qui jouait de sa langue et de ses lèvres avec virtuosité, il plongea son regard affamé dans le sien. Comme toujours quand il était avec D'Artagnan, il fut surpris par la portée de ses propres gémissements, rauques et désespérés, tout comme par la vitesse à laquelle cette bouche pouvait le mener au septième ciel. Athos tira sur ses mèches pour le forcer à se redresser mais le Gascon ne bougea pas d'un pouce. A force d'entraînement (surtout durant ces derniers jours), le jeune homme avait perfectionné sa technique et était devenu vraiment très doué dans cet exercice.
_D'Artagnan, arrête… je…
Trop tard. Il explosa dans la bouche de son amant en laissant échapper une plainte si forte que les oiseaux qui nichaient dans les arbres alentours s'envolèrent.
Souriant comme un beau diable, extrêmement content de lui, le Gascon se redressa pour venir poser son front contre le sien le temps qu'il reprenne ses esprits.
_Tu es… souffla Athos, hors d'haleine.
_C'est ta faute. C'est toi qui m'a tout appris, le coupa D'Artagnan en riant.
Le mousquetaire eut vite fait de retrouver sa fougue. Il souffla quelque chose à l'oreille du Gascon qui le fit écarquiller des yeux et envoya une décharge de lave directement dans son bas ventre. L'aîné saisit sa hampe honteusement dressée entre ses mains puis changea leur position pour que ce soit le jeune homme qui soit adossé contre l'arbre.
_Accroche-toi bien, lui conseilla Athos avant de plonger sur son cou pour le couvrir de baisers. Il le souleva de terre comme s'il ne pesait rien, le forçant à entourer ses hanches de ses jambes pour le maintenir contre lui.
Bien heureusement, D'Artagnan s'agrippa à tout ce qui lui passait sous la main, les épaules du mousquetaire, ses cheveux, l'écorce et même les branches basses de l'arbre… mais malgré cela, il fut souvent à deux doigts de basculer en arrière ou de se liquéfier de plaisir sur le sol.
Ses cris firent fuir la moitié des animaux.
Bonté divine… qu'il aimait Athos !
Les deux amants rejoignirent leurs compagnons avec une petite demi-heure de retard, mais ils repartirent sur les routes sans se presser, ayant toujours beaucoup d'avance. Ils passèrent la nuit dans une taverne petite mais coquette et se levèrent à l'aube. Lorsqu'ils arrivèrent en vue du Havre, il était midi à peine et le Duc ne débarquerait pas avant le milieu de l'après-midi. Ils profitèrent de leur temps libre pour arpenter les quais afin d'appréhender les alentours et de prévenir le moindre incident. Ils partirent en équipe de deux, Aramis insistant pour être avec D'Artagnan de peur que ses deux amis ne trouvent encore une excuse ou un coin sombre pour batifoler. Il savait qu'Athos était extrêmement sérieux quand il était en mission et qu'à présent qu'ils étaient au Havre, il se montrerait égal à lui même, digne et exemplaire. Il voulait juste le taquiner.
D'Artagnan allait mieux. Il avait toujours une petite appréhension dont il ne connaissait pas la raison, mais ses ébats rocambolesques avec Athos l'avaient apaisé. Il se focalisa donc sur sa tâche et discuta joyeusement avec Aramis pendant tout le reste de l'après-midi.
C'était un jour de marché et de nombreux établis étaient disséminés un peu partout sur les quais. D'Artagnan fit halte devant un vendeur de livres et sourit quand il vit qu'il vendait L'Odyssée d'Homère. Athos avait conservé la copie qui lui avait sauvé la vie comme porte bonheur, mais elle était fichue. Les pages étaient recouvertes de sang et le poignard avait déchiré la couverture. Ce serait l'occasion d'en acheter un nouvel exemplaire.
_Qu'est ce que tu fais ? Porthos et Athos nous attendent, l'appela Aramis.
Se tournant vers lui, le Gascon répondit :
_Vas-y, je te rejoins tout de suite, juste le temps d'acheter un livre.
Son ami souffla le dépit.
_Ne tarde pas, sinon j'en connais un qui va me reprocher de ne pas t'avoir assez materné…
Sur ce, Aramis continua son chemin, secouant la tête en marmonnant quelque chose sur la lecture qui ramollissait les cerveaux. D'Artagnan eut un petit rire puis fit face au vendeur.
Il marchanda son ouvrage à un bon prix et repartit sans vraiment regarder où il allait, les yeux plongés dans le livre. Il percuta quelqu'un de plein fouet. Laissant retomber son achat par terre, il allait s'excuser quand soudain, il leva les yeux vers la personne qu'il venait de bousculer.
Milady.
Elle portait une magnifique robe vert bouteille accompagnée d'une capeline noire. Elle lui souriait de toutes ses dents. Avant même qu'il ait pu dégainer, la jeune femme pointa son petit pistolet contre son flanc de manière à ce que personne ne le voit.
_Bonjour, mon petit Gascon, déclara-t-elle.
_Qu'est-ce que vous voulez ? Demanda D'Artagnan d'une voix sombre.
_Ce que je veux ? Ohhh… je veux un tas de choses. Par exemple, je veux que mon cher mari paye pour ce qu'il m'a fait, et puis que vous cessiez, toi et tes amis, de vous mettre en travers de mon chemin. Mais pour l'instant, je veux surtout que tu mes suives. Sinon…
Elle n'eut pas besoin de terminer sa menace. Le canon qu'elle enfonça dans ses côtes parla pour elle.
_Mets tes mains où je peux les voir ! Ordonna-t-elle avec acidité.
D'Artagnan fut contraint d'obéir et la suivit jusqu'à une petite ruelle sombre et déserte. Là, elle le repoussa contre le mur et le tint en joug à distance pour éviter qu'il ne la désarme.
_Il est vraiment très difficile de te parler en tête à tête. Tu es toujours collé à mon mari, fit-elle remarquer sur un ton boudeur. Je vous suis depuis votre départ et pas un seul instant tu n'as quitté son ombre.
Le jeune homme déglutit avec difficulté.
C'était donc pour cela qu'il s'était senti observé depuis leur départ de Paris…
Il réfléchit à toute vitesse. Il pouvait toujours tenter de saisir son pistolet ou son épée, mais il ne serait jamais assez rapide pour éviter une autre balle. Durant leur dernière altercation, seule l'intervention d'Athos lui avait sauvé la vie. S'il ne l'avait pas poussé de la trajectoire du pistolet, il serait mort.
_De quoi voulez-vous me parler ? S'enquit-il sur un ton qu'il voulut calme et posé.
_De toi… et d'Olivier. Vous formez un si joli couple, répondit Milady avec une moue moqueuse. Je vous ais vu, tu sais ? Dans votre chambre et hier dans la forêt. Tu es un très très vilain garçon. Qui aurait pu imaginer qu'une telle bouille d'ange puisse se montrer si débauchée… et cette bouche… mon Dieu… si j'avais su que tu étais aussi doué avec ta langue, je me serais montrée bien plus insistante…
_Taisez-vous ! Rugit D'Artagnan.
Il n'aimait pas son ton malsain. Ce qu'il faisait avec Athos n'avait rien de dégradant, cela faisait partie de son intimité la plus précieuse, de son jardin secret.
Il refusait que Milady en parle de la sorte.
_Oh. J'ai touché une corde sensible on dirait. Ca t'intéresserait que je te raconte ce qu'Olivier me faisait dans notre lit nuptial ? Il est vrai que c'est un très bon amant, s'amusa-t-elle.
Le Gascon sentit sa mâchoire se crisper de colère. Son cœur battait la chamade. Il savait qu'il était ridicule d'être jaloux de cette femme. Athos l'aimait et il ne douterait jamais de sa fidélité. Seulement, même si son amant lui avait tout raconté sur son passé, une partie de lui demeurait effrayé que son lien avec Milady soit encore trop fort.
Pourrait-il vraiment la tuer ?
Ou la laisserait-il toujours s'enfuir ?
Quand il reporta son attention sur la jeune femme, elle souriait, très fière d'elle.
Mais son visage se fit ensuite de marbre et elle lança :
_Enlève ta ceinture ! Tout doucement. Au moindre geste suspect, je te fais exploser la cervelle.
D'Artagnan n'avait pas le choix. Il la déboucla et la laissa retomber sur le pavé, emportant avec elle toutes ses armes. Il lui restait un poignard dans sa botte, mais il ne pouvait pas l'atteindre. Les mains en l'air, il la vit s'approcher doucement avant de pointer son canon au milieu de ses deux yeux. Avant que le jeune homme ait pu faire un geste, Milady lui donna un violet coup de crosse sur le crâne. Il se sentit chuter lourdement sur le sol et ensuite, tout devint noir.
Quelques minutes plus tard, paniqués, Athos, Porthos et Aramis arpentèrent le marcher.
_D'Artagnan ! Hurlèrent-ils.
Le cœur battant douloureusement quelque part dans sa gorge, l'aîné des mousquetaires observait les alentours d'un regard frénétique. Il buta soudain dans quelque chose. Baissant les yeux, il vit qu'il s'agissait d'un exemplaire de L'Odyssée d'Homère. Ce fut comme si un poing de fer se refermait sur sa poitrine, le privant d'air.
Porthos arriva à ses côtés et confirma ses pires pressentiments. Il tenait la ceinture et les armes de D'Artagnan dans la main.
_Je les ai trouvés dans la ruelle, juste là. Et… il y avait du sang sur le pavé, lui expliqua le métis.
Athos se laissa retomber sur les genoux pour saisir le livre abandonné d'une main tremblante.
D'Artagnan s'était fait enlevé, et il savait par qui.
La suite la semaine prochaine! Vos avis ?
