Chapitre 10 :
Mitsuaki Anshin
Lorsque Nikolaï arriva au manoir le lendemain, il fut accueilli par un elfe de maison.
- Les maîtres sont dans la chambre du jeune maître Gabriel monsieur Kitaëv, lui signala-t-il de sa voix aiguë.
Le mage de combat fronça les sourcils, soudain inquiet. Il grimpa rapidement à l'étage et trouva la pièce qu'il cherchait. Il toqua légèrement à la porte et appuya sur la poignée. Il passa sa tête dans l'ouverture et vit Lucius l'inviter à entrer d'un signe de tête. Il devina immédiatement à l'expression de l'homme qu'il s'était passé quelque chose. Les rideaux des baies vitrées étaient ouverts, laissant entrer le soleil, mais pas ceux du lit. Seul un pan de velours sombre avait été relevé pour permettre à Narcissa de s'asseoir au bord du matelas. Le lit était encore plongé dans une presque obscurité coupée par la lumière de Méli. Lucius était debout près de sa femme qui se retourna et adressa un signe de tête au russe en guise de salut. Puis elle reporta son attention sur son fils encore paisiblement endormi et dont-elle caressait la joue. Nikolaï s'approcha en silence et vit son élève dormant contre le flanc du grand félin noir. Le couple semblait inquiet ce qui n'aida pas à calmer son angoisse éveillée par son instinct. Il leva un regard interrogatif vers son ami. Lucius pressa doucement l'épaule de sa femme qui tourna le visage vers lui :
- Laissons le dormir encore, il en a besoin, murmura-t-il. Allons discuter en bas.
Elle acquiesça, se releva et referma les rideaux autour du lit. Les trois adultes redescendirent s'installer au salon et aussitôt le russe demanda :
- Que s'est-il passé ?
- Nous avons enfin découvert pourquoi Gabriel semblait de plus en plus fatigué jour après jour, annonça Lucius.
Il garda le silence et son ami l'interrogea du regard.
- Draco nous avait dit qu'il faisait des cauchemars, reprit le blond. Et bien, c'est pire que ce que nous avions imaginé.
Il raconta en détail ce qui s'était produit la veille sans rien omettre, que ce soit ses propres sensations, celles de l'adolescent ou encore ce qu'il avait entendu et vu. Il rapporta également les longues minutes de tension qui avaient suivi son réveil et la discussion qu'ils avaient eu ensuite. Lorsqu'il se tut, sa colère était revenue et Nikolaï ne semblait pas plus heureux. Il y eut un lourd silence et finalement le russe inspira profondément pour se calmer. La vengeance attendrait, il devait d'abord aider son élève.
- Nous pouvons lui donner des potions de sommeil sans rêves pendant quelques jours mais on ne peut risquer de lui en donner plus longtemps. Ce serait dangereux pour lui, remarqua Narcissa.
- Tu as une idée Lucius ? Demanda son ami avec son accent slave.
- Mahotokoro et Mitsuaki Anshin, lâcha-t-il alors que le visage du russe se fendait d'un sourire.
Lorsque Gabriel ouvrit de nouveau son œil, il avait l'esprit embrumé mais il se sentait bien. Il n'avait plus fait un seul cauchemar et il avait profondément dormi. Il avait dormi comme jamais depuis sa naissance. Les rideaux de son lit s'ouvrirent lentement, laissant le soleil venir réchauffer sa peau. Naël releva la tête et vint effleurer doucement son visage de son museau. Le jeune homme sourit et se mit à lui grattouiller le front, provoquant un doux ronronnement. Bientôt, Feiwan, Méli et Nea vinrent réclamer un peu d'attention à leur tour. Une fois ses bonjours fait, Gabriel se redressa et frotta ses yeux baillant largement.
- Tu as bien dormi mon poussin ? Fit la voix de Narcissa.
Regardant vers la porte, le jeune homme vit sa mère adoptive qui venait d'entrer. Avec un sourire elle avança vers lui et s'assit au bord du lit après l'avoir embrassé sur la joue.
- Je n'avais jamais aussi bien dormi, répondit-il d'une voix pâteuse.
- Tant mieux. As-tu faim ? Demanda-t-elle ensuite.
- Un petit peu, dit-il. Ai-je dormi longtemps ?
- Nous sommes en début d'après-midi mais ne t'en fait pas, continua-t-elle en le voyant déjà s'inquiéter, tu en avais besoin. Tu n'as pas refait de cauchemar ? Demanda-t-elle doucement.
- Non.
- Bon. Tu vas aller te laver et je vais préparer tes vêtements pendant ce temps là. D'accord ?
Le jeune homme acquiesça avec un sourire. Assis sur le dos de Naël, il gagna la salle de bain alors que Narcissa chantonnait joyeusement en voyageant dans le dressing. Finalement, Gabriel se retrouva habillé d'une longue tunique noire descendant jusqu'à mi-cuisse et fendue à partir de ses hanches de chaque coté. Légèrement moulante et sans manches, son col aux inspirations chinoises couvrait le bas de son cou et un fin laçage de cuir formait un petit « v » et descendait sur le haut de son torse. Un pantalon blanc un peu bouffant couvrait ses jambes et des bottes de cuir noir montaient jusqu'à ses genoux. Un étui à baguette fut fixé sur sa cuisse et l'outil y trouva rapidement sa place. Ses cheveux furent coiffés en une multitude de fines tresses terminées d'une perle de nacre blanc. Dans sa nuque, un large bandeau noir les rassemblait grossièrement et des chaînettes d'argents fixées à son cache œil tombaient jusqu'au morceau de tissu ébène. Sa tenue alliée à son bandeau et ses brassards le rendaient très élégant. Narcissa était heureuse. Son fils était magnifique, ce qu'elle ne pouvait s'empêcher de crier à voix haute, et il semblait en meilleure forme après cette nuit de sommeil même si elle se doutait qu'il faudrait encore de nombreuses heures de repos pour rattraper son épuisement. Au moins, ce matin, il avait le sourire.
Nea vint se poser avec délicatesse sur son épaule, étonnamment légère malgré sa taille plutôt imposante. Feiwan s'enroula autour du cou de Naël, dissimulée par son abondante crinière et Méli prit place sur la tête du félin. Gabriel, installé sur le dos de son familier et accompagné de Narcissa qui marchait à côté de lui, descendit alors au rez de chaussé. Ils rejoignirent une véranda dans laquelle étaient installés Lucius et Nikolaï qui accueillirent le jeune homme souriant avec bonheur, appréciant son teint moins pâle. Le blond se leva et le porta pour l'installer dans l'un des fauteuils d'osier blanc aux coussins de lins couleur du café au lait. Il le serra furtivement contre lui avec tendresse, lui tirant un soupir d'aise. Narcissa lui fit apporter un plateau repas léger qui se retrouva rapidement sur ses genoux et il mangea calmement en discutant avec les trois adultes. Lorsqu'il eut terminé, un elfe vint le débarrasser.
- Gabriel, commença alors Lucius, pendant que tu dormais, moi, Narcissa et Nikolaï avons discuté de tes cauchemars, annonça-t-il.
L'adolescent se fit alors très attentif et se tendit un peu, inquiet.
- Nous avons peut-être trouvé une solution pour toi, continua-t-il.
- C'est vrai ? Demanda-t-il plein de l'espoir de se débarrasser des rêves noirs qui le hantaient depuis des années.
- Puisqu'on te le dit, ricana Nikolaï.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda l'adolescent curieux.
- C'est un homme qui s'appelle Mitsuaki Anshin qui devrait pouvoir t'aider et par la même occasion t'apprendre plein de choses, expliqua le blond. Il est japonais. C'est le chef de la famille Anshin qui est l'une des grandes familles principales de notre peuple, comme les Malfoy. Il dirige l'école magique de Mahotokoro au Japon. La particularité de son école est qu'on y enseigne une magie accès sur la maîtrise de l'esprit. Les asiatiques sont très portés sur la méditation et le contrôle total à la fois de leurs corps et de leurs émotions. Ce sont généralement des sorciers très doués en matière d'occlumencie et de légilimancie. Mitsuaki est le meilleur dans son domaine. Il pourra t'aider à contrôler tes émotions, mettre de l'ordre dans tes pensées, ton esprit et tes souvenirs. Il pourra t'enseigner à les enfermer pour ne pas qu'ils te tourmentent. Je te propose donc de passer un peu de temps dans son école.
- En plus, poursuivit Nikolaï, dans l'école, il y a des osen magiques. Des sources d'eau chaude naturelles gorgées de magie qui aideront sûrement pour la rééducation de tes jambes. Tu pourrais aussi y apprendre beaucoup de choses sur l'art du combat grâce aux arts martiaux asiatiques qui, je dois l'avouer, sont formidables.
- Si tu veux y aller, Nikolaï viendra avec toi et tu pourras rentrer passer tes week-end et tes vacances au manoir si tu veux. Nikolaï restera tout le temps avec toi donc tu ne seras pas lâché tout seul dans un monde inconnu et il continuera tes cours et ta rééducation, précisa Narcissa.
Gabriel, qui avait écouté avec attention, réfléchit un moment et tous le laissèrent analyser ce qu'on venait de lui proposer patiemment. L'idée lui plaisait beaucoup. Au début, il avait tout de suite eu peur de quitter le manoir et ses parents, mais s'il pouvait rentrer régulièrement ça lui allait, et en plus Nikolaï l'accompagnerait. Il ne savait pas s'il avait le courage de se lancer de nouveau en société mais le russe avait déjà toute sa confiance alors s'il était avec lui, ça lui faisait moins peur. Et puis il avait toujours voulu voyager et apprendre, alors de ce côté là, c'était le rêve. En plus, ça pourrait l'aider pour ses jambes et pour ses cauchemars. Au bout de plusieurs minutes de silence, il releva le regard vers les adultes :
- Cela me plairait beaucoup, dit-il, mais...
Il jeta un coup d'oeil sur les autres qui l'encourageaient du regard à poursuivre.
- ...mais je ne parle pas japonais, finit-il l'air gêné.
Narcissa, Lucius et Nikolaï, le regardèrent, surpris puis le couple blond pouffa alors que le russe éclatait de rire.
- C'est normal. Peu d'anglais parlent japonais, remarqua le russe très amusé. Mais si c'est le seul problème que tu as ne t'en fais pas. Mitsuaki parle anglais et je connais un sort qui te permettra d'apprendre à parler une nouvelle langue couramment en quelques jours à peine.
- Vraiment ? S'extasia le jeune homme avec un grand sourire. J'ai toujours eu envie d'apprendre de nouvelles langues !
- Vraiment,confirma Nikolaï qui avait bien du mal à se calmer.
- Dans ce cas, j'aimerais beaucoup, dit-il avec un sourire.
- Bon. Je vais contacter Mitsuaki, annonça Lucius. Je vais devoir lui parler de toi et de ton statut vis à vis de notre peuple. C'est un homme très discret et correct, en qui on peut avoir confiance. Il saura garder tes secrets. Ça ne te gêne pas ? Demanda-t-il.
- Je vous fais confiance, répondit-il simplement.
- Je m'occupe de tout, reprit Lucius en se levant et en quittant la pièce.
- Bien, et si nous allions exercer un peu ces jambes, proposa Nikolaï enthousiaste. Je vais en profiter pour te dire ce que je sais sur Mahotokoro et Mitsuaki.
Gabriel acquiesça et le duo alla s'installer sur la terrasse baignée de soleil accompagné de tout les familiers du jeune homme. Lucius lui, se dirigea vers la salle à la boule de cristal. C'était pour lui le moyen le plus rapide et le plus sûr d'envoyer un message à son homologue japonais. Il posa une main sur le globe de cristal et prononça le nom de Mitsuaki Anshin. Celui-ci s'inscrivit dans la boule et Lucius ajouta :
- Convocation.
La fumée vira à l'orange avant de disparaître dans un tourbillon. Le blond savait que Mitsuaki serait là rapidement malgré les neuf heures de décalage horaire entre l'Angleterre et le Japon. L'homme était d'un naturel curieux et il était rare que Lucius l'appel de la sorte. Les messages envoyés par les boules trouvaient toujours une réponse rapide. Aussi, il ne fut pas étonné lorsque, une heure plus tard un elfe de maison le prévint de l'arrivée du japonais. Il le fit installer dans un petit salon privé avant de s'y diriger à son tour.
Mitsuaki Anshin était un homme assez jeune, il n'avait pas encore trente ans. Mesurant un mètre soixante douze, il avait une carrure assez fine. Ses longs cheveux noirs étaient attachés en un chignon traditionnel. Il portait un kimono bleu foncé, fermé d'une ceinture de satin de la même couleur. Un haori plus clair couvrait ses épaules. Les deux hommes se saluèrent chaleureusement avant de s'installer pour discuter confortablement autour d'un thé.
- Comment se porte ton école ? Demanda le blond.
- Très bien, répondit Mitsuaki avec son accent particulier. Mais je doute que ce soit pour cela que tu m'ais appelé, remarqua-t-il avec un sourire.
- C'est vrai. J'ai besoin de ton aide.
- Que puis je faire pour toi ? Je suppose que c'est important pour t'être servi de la boule.
- Je vais t'expliquer. Il y a quelques semaines maintenant ma boule de cristal s'est activée pour me communiquer un appel à l'aide de la part d'un Myrdiaël que je n'avais pas encore découvert. Je suis immédiatement allé à son secoure et j'ai trouvé un enfant de treize ans. Il était enfermé dans un cachot, au bord de la mort avec un nombre impressionnant de blessures. Je l'ai ramené au manoir et ma médicomage l'a soigné. Il passé très près de la mort, vraiment très près. Les soins ont pris une nuit entière mais finalement il a été sauvé.
Il marqua une pause alors que le japonais l'écoutait avec une grande attention.
- Quelle était l'étendue des blessures ? Demanda Mitsuaki.
- Il avait de multiples fractures aux deux jambes et aux deux bras, des côtes brisées, la colonne vertébrale touchée, une épaules luxée, des lacérations sur le visage, les bras et le dos. Des brûlures, des lésions internes, des bleus et j'en passe et des meilleurs, répondit-il avec un soupir. Le problème était que son niveau de magie était tellement bas que nous ne pouvions utiliser la magie pour le soigner, il n'aurait pas supporté.
- Et les potions ?
- Le pire est là. Katia, ma médicomage, a découvert que de nombreux sorts lui avaient été jetés dont un qui empêchait l'utilisation des potions sur lui.
- Comment ça ?
- Mitsuaki. Cet enfant a été battu et maltraité depuis sa naissance. Quand il est arrivé, Katia nous a révélé qu'il avait été violemment frappé voir torturé depuis de nombreuses années, avec et sans magie. Il était, et est toujours très maigre, il a des carences et un retard de croissance. J'ai appelé Nikolaï pour qu'il étudie les sorts qui lui avaient été posés. Il y en avait une quantité effarante.
- Dit moi, pria calmement l'asiatique.
- On avait bridé sa magie et brouillé celle à laquelle il avait accès. Et ce, depuis son plus jeune âge, c'est pour cela que je n'avais pu le trouver lorsqu'il était petit et qu'il est resté caché à nos yeux. Il y avait un charme contre les potions, pour limiter ses déplacements, pour brider sa mémoire et ses capacité d'apprentissage, pour attirer l'hostilité des autres et un contrat de promesses forcées. Au final, cet enfant était entièrement enchaîné et il l'avait été par sa propre famille qui se servait de lui comme un bouclier, comme leur petit jouet.
- Je ne comprend pas. Pourquoi avoir fait une telle chose à cet enfant ?
- Tu comprendras peut-être mieux si je te dis qui était la famille de cet enfant : les Potter, lâcha-t-il avec gravité.
- La famille du Survivant, murmura Mitsuaki en réfléchissant. Je crois que je commence à comprendre. Laisse moi deviner : il s'agit du frère jumeau du survivant et ils se sont servi de lui comme bouclier pour leur petite célébrité.
- Exact, ils l'ont traité comme un animal. Ce jeune homme a eu une vie totalement affreuse.
- Et comme il s'agit des Potter, nous ne pouvons pas nous venger n'importe comment, constata le japonais d'une voix neutre.
- Il n'y a pas que les Potter dans l'histoire, il y a aussi Dumbledore, précisa le blond.
- Peu importe. Que ce soit maintenant ou plus tard, ils regretteront d'avoir touché à l'un de nos enfants, assura-t-il avec calme et détermination. Continues ton histoire s'il te plaît, je ne crois pas que tu ais fini.
- Tu as encore raison. Bon, lorsque je l'ai ramené au manoir, j'ai fait en sorte qu'on le crois mort pour que personne ne le cherche. Mon fils s'est très vite attaché à lui, comme tout le monde ici d'ailleurs. Il était hors de question qu'il retourne dans son ancienne vie alors Narcissa et moi avons décidé de l'adopter. J'ai fais en sorte de lui construire une nouvelle vie.
- Bonne décision. C'est bien mieux pour lui, approuva Mitsuaki.
- Oui mais nous n'étions pas au bout de nos surprises, dit-il en titillant la curiosité de son vis à vis. Il est resté immobilisé pendant trois semaines dans un lit. Nous devions attendre que son niveau de magie remonte pour qu'ensuite Nikolaï annule les sorts permettant ainsi à la médicomage de terminer proprement les soins. Il a beaucoup souffert pendant sa convalescence et sans le secoure des potions, des sorts et comme les médicaments moldus ne marchent pas vraiment sur les sorciers, nous ne pouvions pas y faire grand chose. Ça a été pénible pour tout le monde et encore plus pour lui. Finalement, Nikolaï a pu entrer en action et une fois sa magie libérée, nous avons fait une découverte de taille.
Il marqua une pause et jetant un coup d'oeil au japonais, il remarqua qu'il attendait la suite :
- Ce jeune homme est notre nouveau prince Mitsuaki, annonça-t-il. J'ai vu sa couronne et j'ai senti sa magie, il n'y a pas d'erreur possible.
Pour la première fois depuis qu'il était arrivé, la neutralité du visage de l'asiatique disparût pour laisser place à la surprise puis à la joie et à l'excitation.
- Tu ne me fais pas une vulgaire blague Lucius ? Demanda-t-il.
- Un Malfoy ne fais pas de blague aussi mal choisie.
- Pourquoi ne l'as tu pas encore annoncé à tout le monde ?
- Nous ne pouvons pas encore faire une telle chose. Il faut que tu comprennes : il a eu une vie vraiment terrible, il est complètement traumatisé et pour le moment il n'a pas besoin du tumulte que provoquerait une telle annonce. C'est un adolescent qui a d'abord besoin de se soigner et de se reconstruire. Nous en avons discuté un peu et pour l'instant, il apprend à connaître le monde qu'il l'entoure et notre peuple. Il goûte à la liberté et à la sensation d'avoir une véritable famille. Il est aussi en train de réfléchir à son statut. Je ne veux pas qu'on le presse, il n'a pas besoin de ça.
- Tu as raison, c'est vrai, acquiesça le japonais qui avait suivi son raisonnement. Même si je crois que je comprends pourquoi tu m'as appelé, explique moi.
- Ce qu'il a subi a laissé de lourdes traces et son esprit a accumulé de gros dégâts. Il fait des cauchemars toutes les nuits qui l'empêchent de se reposer et de récupérer. Ses souvenirs le tourmentent. J'ai assisté à l'un d'entre eux hier soir. J'ai dû utiliser la légilimancie pour le réveiller tellement il était enfermé dans son rêve. Ce que j'ai vu m'a fait froid dans le dos, ces gens ce sont comportés comme des monstres avec lui, expliqua-t-il alors que sa colère transparaissait dans sa voix. Je voulais te demander si tu pouvais l'accueillir dans ton école et l'aider à remettre de l'ordre dans son esprit, il en a un grand besoin. C'est le chaos dans sa tête et changer d'air lui fera du bien.
- Bien sûr. Il n'y a pas de problème.
- Il aimerait devenir mage de combat et Nikolaï a accepté de le prendre comme apprenti.
- Vraiment ?!
- Oui, il l'apprécie beaucoup, dit-il avec un sourire. Et il a aussi gardé des séquelles physiques, Nikolaï s'occupe de sa rééducation. Alors si ça ne te dérange pas, il l'accompagnera.
- Ça ne me pose aucun problème. En plus je suppose qu'il doit être assez craintif, il aura besoin d'un point de repère pour se rassurer.
- On ne peut rien te cacher. J'aimerais aussi qu'on lui laisse la possibilité de rentrer le week-end.
- Ce sera mieux pour lui. Tu as réussi à le remettre un peu en confiance ?
- Oui mais en dehors de moi, Narcissa, Draco et Nikolaï c'est difficile. Il prends très vite peur pour n'importe quoi.
- C'est normal. Ce genre de chose prend beaucoup de temps. Le calme de Mahotokoro devrait beaucoup l'aider. Les sources devraient aussi lui être utiles pour son corps. Quelles séquelles a-t-il gardé ?
- De nombreuses cicatrices. Son visage est lourdement marqué. Il restera toujours plus petit et fragile qu'il ne devrait l'être. Il a perdu l'usage de son œil droit. Mais ce sont ses jambes qui ont pris le plus de dégâts. Elles fonctionnent toujours mais il va avoir besoin de temps pour remarcher et il aura toujours des faiblesses à ce niveau. Nikolaï travail là dessus avec lui. Pour l'instant, il peut à peine bouger les jambes, il se déplace grâce à son familier.
- Je vois, répondit tristement l'asiatique. Puis-je le voir ?
- Allons-y, proposa Lucius en se levant.
-Je suppose qu'il a changé de nom, avança Mitsuaki alors qu'ils marchaient à travers le manoir.
- Oui. Il a abandonné le nom d'Harry Potter pour laisser son ancienne vie derrière lui. Aujourd'hui, il s'appelle Gabriel Myrdhin Malfoy.
- Choix judicieux, sourit le japonais.
Ils arrivèrent rapidement devant les baies vitrées donnant sur la terrasse et ils s'y arrêtèrent un moment pour observer le russe et le jeune homme assis l'un en face de l'autre. Naël était allongé, arqué autour des pieds du fauteuil de son maître. Nea trônait fièrement sur le dossier, ses serres posées au milieu des anneaux de Feiwan installée au même endroit, pendant au dessus de la tête du jeune homme. Et Méli était toujours à sa place favorite. Ils les observèrent rapidement, Nikolaï en train de faire faire un exercice au jeune homme, l'aidant à plier et déplier ses genoux en de lents mouvements. Mitsuaki le détailla, remarquant sans peine son état physique et sa faiblesse apparente. Il avait frissonné en posant les yeux sur lui et il comprit que sa magie réagissait déjà à la présence de son prince.
Ils finirent par sortir pour avancer vers le duo. Immédiatement, les familiers relevèrent la tête vers eux, analysant l'inconnu. Nikolaï tourna la tête vers eux et reposa la jambe de Gabriel qu'il tenait avec douceur. L'adolescent posa alors son regard vert sur les nouveaux arrivants et l'asiatique le vit se tendre violemment à sa vue alors que la peur s'allumait instinctivement dans son oeil. Et il enragea intérieurement contre ceux qui avaient fait du mal à son prince. Ça aussi c'était instinctif pour les Myrdiaël et malgré tout le contrôle qu'il pouvait avoir sur lui même, sa colère grondait telle une tempête. Cependant, aucune trace n'en était visible sur son visage.
L'impressionnant lion noir s'assit à côté de lui, entre le fauteuil et les deux hommes, comme pour faire barrière. Il renversa la tête en arrière et ronronna pour rassurer son maître. Ce qui sembla fonctionner. L'adolescent se détendit en caressant l'imposante tête féline. Lucius et Mitsuaki stoppèrent devant eux et le blond prit la parole :
- Gabriel, je te présente Mitsuaki Anshin. L'homme dont nous avons parlé ce matin. Mitsuaki, je te présente Gabriel.
- Je suis enchanté de vous rencontrer mon prince, répondit l'asiatique d'une voix chaleureuse en s'inclinant captant la gêne que provoquait ce geste pour le jeune homme.
- Je suis moi aussi heureux de vous rencontrer, répondit celui-ci d'une voix un peu hésitante.
- Nikolaï, salua ensuite le japonais à l'attention du russe. Cela faisait longtemps.
- C'est vrai, remarqua celui-ci.
Lucius conjura de nouveaux sièges pour lui et son homologue et ils s'installèrent pour discuter. Gabriel observait le nouvel arrivant d'un œil discret de peur de l'offenser. Quand son père lui avait dit qu'il était directeur d'une école de magie, il s'attendait à une personne bien plus âgée, à la place il avait un homme plutôt jeune en face de lui. Sa première réaction de peur instinctive passée, il analysa un peu plus ce qu'il ressentait vis à vis du directeur de Mahotokoro. Une impression de grand calme se dégageait de lui. Son assurance était flagrante et son regard comportait bien plus de sagesse que son âge le suggérait. Une aura de douceur et de maîtrise l'entourait, c'était agréable et il se détendit complètement.
- Lucius m'a parlé de vous, de votre vie et de vos problèmes, commença le japonais sans détour mais d'une voix calme et engageante. Je serais ravi de vous aider et de vous accueillir dans mon école, annonça-t-il.
Le visage de Gabriel se fendit d'un sourire.
- Merci beaucoup, répondit-il simplement.
- Voilà ce que je propose, enchaîna le japonais, vous venez avec Nikolaï vous installer à Mahotokoro. Je mettrais un appartement privé à votre disposition dans l'école. Vous pourrez profitez de tout le domaine. Vous pourrez passer du temps avec les étudiants si vous le désirez et venir pendre vos repas avec toute l'école si cela vous tente. Vous pourrez continuer vos leçons avec Nikolaï et chaque jour je vous donnerez moi même des cours. Et avec le temps, si vous en avez envi, vous pourriez même suivre des leçons avec le reste des élèves et intégrer une classe ou si vous préférez, prendre des cours particuliers avec mes enseignants. Vous pourrez rentrer en Angleterre tout les week-end et pendant les vacances. Est-ce que cela vous conviendrait ?
- Oui. Oui, très bien. Merci, répondit le jeune homme qui commençait à être excité à l'idée de découvrir de nouvelles choses.
- À l'école, il y a quelques élèves qui sont aussi des Myrdiaël et quelques uns sont de votre âge. Nous leur dirons que vous faîtes parti du peuple mais nous garderons votre statut spécial pour nous. Ce sera à vous de voir si vous voulez leur dire et quand. Ils vous aideront et vous pourrez peut-être vous en faire des amis si vous vous entendez bien. Vous pourrez aussi en apprendre plus sur notre peuple, ajouta l'asiatique. Je pense aussi que nos sources aideront beaucoup vos jambes, elles font des miracles.
Il fut heureux de voir un grand sourire s'étirer sur les lèvres de son jeune prince lorsqu'il lui dit cela.
- Est-ce que mes familiers pourront venir avec moi ? Demanda l'adolescent timidement.
- Bien sûr. Beaucoup d'élèves en ont.
Gabriel était sur un petit nuage. Très heureux à l'idée de voyager et d'apprendre. D'un côté, il avait peur de quitter le manoir mais il pourrait rentrer souvent pour voir ses parents et Nikolaï et ses familiers seraient avec lui, donc il était un peu rassuré. Et la perspective de se débarrasser des cauchemars qui le hantaient depuis si longtemps grâce aux cours de Mitsuaki l'attirait beaucoup.
- Merci, dit-il sincèrement à l'attention du japonais qui le gratifia d'un sourire.
- Bon, si nous sommes d'accords, dit-il en récoltant les affirmations silencieuses de Nikolaï et Lucius, je vais rentrer tout préparer. Je reviendrais vous chercher d'ici deux jours. D'accords ?
Gabriel regarda son père qui acquiesça d'un signe de tête et il se tourna alors vers l'asiatique et approuva avec un grand sourire.
- Dans ce cas, à bientôt mon prince, salua-t-il en s'inclinant.
- Au revoir et merci beaucoup, répondit l'adolescent.
Lucius raccompagna son homologue, discutant encore un peu avec lui alors que Nikolaï se tournait vers son élève :
- Et si on se mettait à l'apprentissage du japonais, parce que ce n'est pas tout ça mais moi non plus je n'en parle pas un mot, dit-il d'une voix enjouée.
Et c'est tout excité qu'ils gagnèrent la bibliothèque pour commencer cette nouvelle langue avec le secoure des sortilèges du russe pour faciliter son assimilation. Grâce à cela, Gabriel oublia momentanément ses malheurs et se plongea totalement dans son prochain voyage. Heureux. C'était une chose qu'il expérimentait régulièrement depuis qu'il était arrivé dans sa nouvelle famille et ce nouveau bien être le transportait dans un rêve où le bonheur n'était plus un étranger, mais un ami proche, et où l'avenir ne se dessinait pas qu'en noir.
Le lendemain, alors qu'il travaillait ses jambes avec Nikolaï dans sa chambre, un bruit attira l'attention de Gabriel vers la fenêtre. Un immense sourire fendit son visage en reconnaissant Fennesis.
- Dray, murmura-t-il en reconnaissant le familier du blond.
Heureux de voir une telle joie sur le visage de son élève, le russe s'empressa d'aller ouvrir la fenêtre pour laisser entrer l'aigle qui vint immédiatement se poser sur l'accoudoir du siège de l'adolescent qui lui offrit une caresse. L'oiseau tendit une patte où était attachée une enveloppe vers le jeune homme qui s'empressa de la récupérer avec délicatesse. Pressé, il déchira presque le papier sous le rire léger de son professeur amusé. Il récupéra la lettre à l'intérieur et la déplia précipitamment avant de se mettre à lire. Il souriait en lisant les mots de son frère adoptif. Celui-ci lui demandait comment il allait ? Si sa santé allait mieux ? Il lui parla des nouveaux premières années arrivés à l'école avec le dédain qui lui était propre et qui amusait beaucoup Gabriel. Il lui parla aussi de ses projets de pièges pour ceux qui avaient le malheur de ne pas être des Serpentard. Il lui parla aussi de ses amis, Blaise, Pansy et Théodore. Il raconta comment s'étaient déroulés ses premiers cours. Gabriel lisait avec le sourire. Draco lui manquait beaucoup et il était heureux d'avoir de ses nouvelles. Une douce chaleur le réchauffa lorsque, à plusieurs reprise, le blond lui disait qu'il lui manquait déjà. C'était bon de savoir que quelqu'un pensait à lui.
- Je peux lui répondre tout de suite ? Demanda-t-il à Nikolaï avec un regard suppliant.
- Vas-y, nous continuerons plus tard, sourit le russe.
Nikolaï le porta jusqu'à son bureau, l'installant sur sa chaise. Aussitôt, il attrapa une feuille de parchemin pour écrire sa réponse. Il donna de ses nouvelles, ne parlant pas de sa fatigue ou de ses cauchemars pour ne pas inquiéter son ami. Il fut bien plus enthousiaste pour lui parler de l'oeil d'Orion, de sa nouvelle baguette et de la décision d'aller au Japon. Il lui raconta tout sachant pertinemment qu'il pouvait se le permettre parce que Fennisis ne permettrait à personne d'autre que son maître d'avoir la lettre. Il lui dit qu'il lui manquait beaucoup aussi et qu'il était pressé d'être à Noël pour le voir.
Pendant ce temps là Nikolaï avait nourri l'aigle et regardé, attendrit, son jeune élève gratter rapidement le papier de sa plume pour couvrir plusieurs pages d'encre avec un grand sourire. Lorsqu'il eut terminé, ils attachèrent la lettre à la patte de l'aigle qui repartit immédiatement pour Poudlard. Ils reprirent alors leur séance de rééducation dans la bonne humeur, Gabriel plus déterminé que jamais. L'après-midi leur servit ensuite à l'étude du japonais.
Le lendemain, il reçut de nouveau une lettre de Draco qui le félicitait pour l'oeil et sa baguette. Il lui dit aussi que c'était une très bonne idée d'aller avec Mitsuaki et qu'il pouvait lui apprendre beaucoup de choses. Il lui dit également de profiter du Japon qui était, selon lui, un magnifique pays plein de raffinement. Il lui dit que lui aussi était pressé de le revoir et il lui dit de prendre soin de lui et de profiter du temps qu'il passerait dans l'école de magie japonaise. Il lui proposa de faire transiter leurs lettres par le manoir et qu'il pourrait les recevoir et en envoyer lorsqu'il rentrerait le week-end, doutant que Fennesis ait la force de faire des allers retours Japon-Angleterre.
Dans l'après-midi, Narcissa l'aida à préparer ses valises avec émotion. Elle était heureuse qu'il s'éloigne un peu de l'Angleterre qui avait vu tout ses malheurs et qu'il puisse en même temps trouver un moyen de remettre de l'ordre dans ses idées. Mais elle était aussi un peu inquiète. Elle aurait aimé le garder près d'elle. Cependant, elle savait qu'elle pouvait faire confiance à Mitsuaki et Nikolaï pour s'occuper de lui.
Ils reçurent également une visite de Katia qui examina l'adolescent en détail. Elle déclara qu'il avait encore besoin de repos et qu'il ne devait pas forcer, qu'il devait dormir et bien manger. Connaissant les bienfaits des sources chaudes magiques, elle fut ravie d'entendre qu'il allait à Mahotokoro. Elle lui prépara une série de potions. Certaines pour traiter ses carences encore présentes, d'autres pour favoriser sa récupération, d'autres pour renforcer son corps fragile et son système immunitaire. Elle lui donna encore pour trois jours de potion de sommeil sans rêve, au delà, il devrait attendre trois semaines pour en reprendre. Toutefois, elle espérait que d'ici là, ce ne serait plus utile. Elle lui fit toute sorte de recommandations et discuta un peu avec le russe, lui disant bien de ménager le jeune homme et de lui laisser le temps de s'adapter au décalage horaire. Nikolaï assura à la jeune femme qu'il prendrait bien soin de son petit protégé avec un sourire charmeur qui la fit rougir. Il fut fixé qu'elle verrait l'adolescent une fois par mois pour faire un bilan de son état de santé et elle pria le mage russe de ne pas hésiter à l'appeler s'il y avait un problème.
Ce soir là, ils mangèrent tous ensemble dans la bonne humeur avant de s'installer dans un petit salon où un feu de cheminé avait été allumé. Narcissa s'était installée au côté de son fils adoptif dans un fauteuil. Lucius avait pris place dans un siège à côté d'eux et Nikolaï était installé en face.
- Nous avons un cadeau pour toi, annonça le blond en sortant une petite boîte.
Il la tendit à son fils adoptif qui la prit avec délicatesse, très surprit et ayant encore du mal avec le fait qu'on puisse lui offrir quoi que ce soit. Il leva un regard étonné vers son père qui lui sourit. Il reporta son attention sur le cadeau et l'ouvrit lentement et avec beaucoup de soin. Il s'agissait en faîte d'un écrin à bijou et lorsqu'il l'ouvrit, Gabriel découvrit une médaille de cristal. Il reconnut très vite les armoiries des Malfoy qui y étaient gravées. Le médaillon pendait sur une fine chaîne d'argent. Le cadeaux toucha énormément le jeune homme. En lui offrant ce bijou, ils lui prouvaient qu'il faisait partie de la famille et qu'il pouvait arborer leur blason. Ils lui confirmaient qu'ils étaient fier qu'il fasse parti de leur famille et qu'ils n'avaient pas honte de le montrer ouvertement. Ça lui donnait un sentiment de chaleur et de joie. Il avait enfin un chez lui, un père et une mère.
- Merci beaucoup, dit-il sincèrement.
Narcissa prit délicatement le bijou et lui demanda de relever ses longs cheveux. Elle lui mit autour du cou en prenant la parole :
- N'oublie pas que tu as une famille désormais, ce bijou en est le symbole. Nous serons toujours là au moindre problème, dit-elle doucement. Si quelque chose ne va pas, tu peux toujours venir trouver notre aide.
Alors qu'il effleurait la médaille du bout des doigts, il fut certain d'y sentir un peu de magie et releva un regard interrogatif vers son père :
- Ce n'est pas qu'un simple bijou. Si jamais un jour, tu te retrouves dans une situation dangereuse, prononce ton nom complet à voix haute et demande à rentrer chez toi. Le pendentif agira comme un portoloin et te ramènera au manoir. Il fonctionnera n'importe où dans le monde et même s'il y a des barrières contre ce genre de transport. Seulement fait attention, ça ne marchera qu'une seule fois ensuite ce ne sera qu'un simple médaillon. Et il te pompera une bonne quantité de magie aussi, alors il faudra être prudent. Ne l'utilise que si tu n'as pas le choix. Il est aussi indétectable et incassable. C'est un objet très rare mais je serais plus rassuré de te savoir avec. Et puis comme ça tout le monde saura que tu es un Malfoy.
- Merci beaucoup. J'en prendrai grand soin , remercia-t-il avec un grand sourire.
Ils discutèrent un long moment et Gabriel avait fini par poser la tête sur les genoux de Narcissa qui caressait ses cheveux avec tendresse. L'adolescent avait besoin d'affection et il commençait doucement à oser la réclamer. Et lorsqu'il le faisait tous étaient ravis de lui offrir. Que ce soit les sourire rassurant de Lucius, le soutient de Nikolaï ou les câlins de Narcissa, toutes les marques d'affections lui permettaient se sentir bien.
Peu avant minuit Mitsuaki Anshin arriva par portoloin. Il salua tout le monde en commençant par Gabriel devant qui il s'inclina avec respect.
- Êtes-vous prêt ? Demanda-t-il calmement.
- Oui, répondit le jeune homme.
Avec l'aide du russe, il s'installa sur le dos de Naël et tous gagnèrent le hall d'entrée où attendaient les bagages des deux voyageurs. D'un coup de baguette l'asiatique envoya les valises dans son école. Narcissa le serra dans ses bras puis Lucius en fit de même, lui disant de bien veiller sur lui et de profiter de son séjour au Japon. Mitsuaki donna un portoloin au couple, expliquant qu'il les amènerait devant Mahotokoro s'ils voulaient venir le voir. Une fois les au revoir fait, Mitsuaki sortit un portoloin créé par ses soins et le russe, son élève et ses familiers partirent pour l'école de magie japonaise.
Avec les neuf heures de décalage horaire, lorsqu'ils arrivèrent, il était neuf heure du matin et le soleil brillait. Gabriel resta subjugué par le décor qu'il découvrit. Il se trouvait dans une grande pièce dont le sol était couvert de tatamis. Nikolaï lui avait montré un livre sur les décors japonais et il retrouvait devant lui celui des palais traditionnels que le russe lui avait montré.
- Nous sommes dans la pièce principale de votre appartement, signala le directeur.
Sur les murs de magnifiques et fines peintures de cerisiers couraient sur un fond blanc, les pétales roses volant délicatement sur les parois de toute la salle. Dans la vaste pièce où ils se trouvaient était aménagé un espace salle à manger avec une table basse et des chaises sans pieds, typiques du Japon. Dans un autre coin, un salon confortable était installé.
- Venez, je vais vous faire visiter, annonça Mitsuaki.
Il leur montra les autres pièces. Il y avait trois chambres. Une pour Nikolaï, une pour Gabriel et une pour d'éventuels visiteurs. Il y avait aussi un cabinet de travail. Une cuisine, bien que l'asiatique précisa qu'ils pouvaient commander leurs repas aux cuisines de l'école s'ils le voulaient. Il y avait une grande salle de bain. Tout était décoré dans la pure tradition japonaise, avec goût et luxe, émerveillant Gabriel qui se croyait dans un nouveau monde. Mitsuaki les mena ensuite vers une autre pièce pour leur faire découvrir un grand bassin empli d'eau chaude creusé dans la pierre, entouré de plantes vertes.
- C'est l'une de nos source magique, expliqua le directeur. Celle-ci est privée et vous est réservée.
- Merci beaucoup Mitsuaki, répondit le russe. Ça va beaucoup aider.
- J'ai également aménagé une salle avec un peu de matériel pour vous aider à remettre votre corps en forme, continua l'asiatique en regardant son prince.
Il leur pointa un panneau coulissant un peu plus loin. Gabriel était subjugué, incapable de parler devant l'environnement enchanteur. Mais il adressa un regard et un sourire empli de gratitude au japonais qui lui adressa un signe de tête en réponse. Il les ramena ensuite dans la pièce principale et ouvrit les grands panneaux coulissants dévoilant un grand jardin toujours complètement asiatique avec un plan d'eau.
- Ce jardin est privé aussi. C'est pour vous, annonça-t-il.
Gabriel y vit un salon d'extérieur ainsi qu'une grande terrasse. Cet endroit, il le trouvait juste magnifique. De plus, le lieu respirait le calme et la sérénité, apaisant déjà son esprit.
- Voilà, j'espère que ça vous plaît, dit Mitsuaki.
- C'est splendide, remarqua Gabriel en un murmure. Merci beaucoup.
- Ce n'est rien mon prince, vous méritez bien cela, répondit-il.
- Je ne pense pas avoir fais quoi que ce soit pour mériter un tel luxe, bredouilla-t-il en baissant la tête.
Le japonais s'avança et se plaça face à lui. Le jeune homme releva le regard et planta son œil vert dans ceux bruns du directeur qui le regardait avec une douceur qui le surprit.
- J'estime que votre vie a été suffisamment pénible comme ça. Il est temps que vous profitiez un peu des bonnes choses et je pense que ceci est peu mais c'est un début. Vous le méritez pour avoir survécu à tout ce qui vous est arrivé, dit-il avec une conviction qui convainquit finalement le jeune homme.
Gabriel lui sourit, rassuré.
- Je vais vous laisser vous installer tranquillement et peut-être aussi vous reposer, reprit Mitsuaki. Je vous conseille juste de ne pas vous coucher trop tôt, c'est encore le matin ici. Demain, je vous ferai visiter l'école et je vous montrerais l'endroit où se dérouleront nos cours mon prince. Nous commencerons dés demain si vous êtes en forme comme ça nous pourrons rapidement éloigner vos cauchemars. Nous attendrons quelques jours que vous vous soyez accoutumé à l'école et que vous terminiez l'apprentissage de la langue puis nous vous introduirons auprès des étudiants et des professeurs pour que vous puissiez faire connaissance si vous le voulez. Nikolaï, tu sais comment appeler si vous avez besoin de quelque chose.
- Oui, merci. Cet appartement est parfait, dit-il en voyant l'air émerveillé de son élève.
- Bon, j'y vais dans ce cas.
L'asiatique disparût derrière un panneau coulissant laissant ses invités prendre possession des lieux. Gabriel était ravi. Il se sentait déjà très bien en cet endroit. C'était le début d'une nouvelle aventure qui le ravissait déjà.
Et le temps commença à passer tranquillement avec un nouveau rythme pour le jeune homme qui profitait de sa nouvelle vie.
C'était la mi-novembre et Lucius était satisfait. Il venait de recevoir une information qui le réjouissait. Il avait enfin réussi à tenir ce qu'il avait promis à son fils adoptif le jour de la libération de sa magie et il en était très heureux. Il avança d'un pas décidé, se tenant droit et fier. Il gagna rapidement la pièce qu'on lui avait indiqué : un salon confortable. Arrivé devant la porte, il actionna la poignée et entra sans aucune hésitation.
Là, debout au centre de la pièce un peu obscure, se tenait un homme, le feu de bois brûlant derrière lui. Il semblait irréel dans le salon luxueux avec ses vêtements en aillons. Il était sale et maigre. Ses cheveux bruns mi-longs étaient gras et emmêlés. Sa barbe et sa moustache mal taillées accentuaient le creux de ses joues. Cependant, son regard d'un bleu d'une intensité surprenante traduisait sa force et sa noblesse bien qu'un peu entaché par les épreuves. Son apparence n'étonna pas le chef de la famille Malfoy. Comment cela aurait pu être autrement ? Il se permit un sourire : il avait bien la personne qu'il cherchait en face de lui. Il n'y avait pas d'erreur. Le brun se tenait droit bien que visiblement accablé. Il posa un regard étonné et curieux sur le nouvel arrivant :
- Lucius Malfoy, constata-t-il. Si je m'attendais à me retrouver face à toi, dit-il ironiquement.
- Sirus Black. Ça faisait longtemps...
À suivre...
Audragon
