Chapitre 33 : Flirter avec les embrouilles

Harry était installé à la table de la salle à manger, souriant alors que Sirius essayait de préparer le petit déjeuner. Rémus reprenait des forces à l'infirmerie, ceci étant dû à sa transformation, et il leur avait laissé le soin de se faire à manger. Ils avaient de la chance, c'était un samedi, en conséquence Sirius ne travaillait pas.

Pour le moment, Sirius retournait violemment le pain perdu, noir.

« Je ne comprends pas. Rémus les laisse cuire, les retourne de temps en temps et tout va très bien. Je le fais et le résultat ressemble à un morceau de pneu brûlé. »

Harry ricana. Sirius n'avait pas encore compris qu'Harry pouvait cuisiner; quinze ans à être considéré comme un elfe de maison pour son oncle et sa tante lui avaient donné ce talent.

Deux autres tentatives de pain perdu et trois œufs brûlés plus tard, Harry eut pitié de son parrain et offrit de cuisiner.

Sirius soupira mais une lueur d'amusement brillait dans ses yeux bleu clair. « Très bien, je m'en remets à ton expertise culinaire mais j'ai accompli mon objectif ce matin »

« Drôle, je pensais que tu voulais manger ce matin, que voulais-tu accomplir? » dit Harry en cassant trois œufs pour les brouiller.

« Je voulais te faire sourire pour te faire oublier ce que Ron t'a dit. Il va revenir. Une amitié comme la vôtre ne finira pas comme cela. »

Le sourire d'Harry disparut quand il se rappela la raison de sa mauvaise humeur ce matin.

« Non, Harry, le sourire ! », protesta Sirius en agitant les bras, « Maintenant, mon travail ne servira à rien ! »

Harry fit un petit sourire à son parrain ''bouleversé'' alors qu'il posait une assiette devant lui et une autre pour lui-même.

« Drago ne se joint pas à nous ce matin ? » Demanda Sirius la bouche pleine d'œufs brouillés. Harry plissa son nez face aux horribles manières de son parrain à table avant de secouer la tête.

« En fait, il est encore endormi, ce qui est bizarre. Je ne me souviens pas m'être endormi dans mon lit, mais j'y était ce matin et Drago dort comme s'il n'avait pas dormi de la nuit »

Sirius haussa les épaules. « Tu sais que je suis resté avec Moony toute la nuit, Patmol le distrait. »

Harry se mordit la lèvre. Harry ne pouvait pas garder le secret plus longtemps, Sirius était digne de confiance, il ne dirait rien jusqu'à ce qu'ils soient sûrs que cela marche. »

« Si Rémus pouvait être guéri, penses-tu qu'il serait prêt à prendre le risque ? » Demanda prudemment Harry, remuant ses œufs.

Sirius renifla. « Bordel, oui.C'est horrible ce qu'il se passe, même avec sa potion, tu le sais, alors pourquoi demandes-tu ? »

« Parce que nous avons peut être trouvé un remède ».

La déclaration fut accueillie par un silence jusqu'à ce que la voix tremblante de Sirius ne réplique.

« Harry, cela ne se guérit pas. Les gens ont essayé de trouver un remède depuis que les loups garous ont été créés ».

« Je sais » commença Harry « Mais Lucius, Rogue, Drago et moi avons découvert quelque chose qui pourrait aider. Penses-y. La lycanthropie est bien appelée malédiction ? Eh bien, toute malédiction a un contre sort ».

Sirius réfléchit pendant un instant avant de pointer Harry de sa fourchette.

« Qu'en est-il des Trois Impardonnables ? Ils sont impardonnables parce qu'ils ne peuvent pas être arrêtés ».

Harry dû y réfléchir un moment, puis lentement, commença à répondre.

« Eh bien, ils ne peuvent pas être soignés, arrêtés ou encore traités avec un contre sort magique, n'est-ce pas ? C'est plus une question de force de caractère. Quelques sorciers et sorcières n'arrivent pas vraiment à appréhender les potions ou les sorts et meurent de toute manière, quelle que soit la simplicité du maléfice. Commençons avec le Sort Imperium, » dit Harry, soulevant un doigt.

« Il contrôle l'esprit et finalement le corps. Certains peuvent se libérer, la plupart ne le peuvent pas. Les personnes qui peuvent résister sont connues pour être indépendantes, possédant une forte volonté et une grande ténacité. »

Harry leva un autre doigt « Le Sortilège Doloris provoque une douleur intolérable. Encore une fois, des moldus sont connus pour être capables de repousser la douleur et de ce fait devenir plus forts. Il est possible de contrôler son esprit pour contrer la douleur. »

Sirius hocha la tête, mais leva un sourcil. « Et le Sortilège de Mort ? Seul toi y a survécu. »

Harry baissa les yeux et se racla la gorge. « J'ai cette théorie. Pour jeter l'Avada Kedavra, on doit ressentir de la haine, de la colère, de la rage,... des émotions négatives. Dumbledore dit que ma force réside dans ma capacité à aimer. C'est niais je sais, mais ce sont ses paroles. Il m'a également dit que ma mère s'est sacrifiée pour moi et c'est ce qui m'a sauvé. Donc, ma réponse est l'amour. »

Sirius était pâle. « Li » il se reprit. « Lily s'est sacrifiée ? Tu veux dire que Voldemort ne l'a pas tuée en la voyant? »

Harry le regarda, les yeux écarquillés. « Tu ne savais pas ? Les détraqueurs me font revivre le souvenir de cette nuit-là. Papa demandant à maman de me prendre et d'aller en haut pendant qu'il occupe Voldemort. Après l'avoir tué, Voldemort est allé à l'étage dans ma chambre et a dit à maman de s'écarter. Elle ne l'a pas fait. Elle l'a supplié de la tuer à ma place et il l'a fait, mais s'est quand même tourné vers moi après. Tout ce dont je me souviens ensuite, c'est d'une lumière verte et d'un picotement au front. »

Sirius avait mis ses coudes sur la table, les mains devant sa bouche, les yeux fermés. Harry soupira.

« J'ai mentionné tout cela parce que devenir loup-garou est considéré comme une malédiction. J'en déduis que le phénomène n'est pas purement physique car cela signifierait que la malédiction serait même présente dans la salive, salive que tu as déjà échangée avec un loup-garou sans te transformer. Il est donc magique. Tu sais que mon sang est pur, encore plus que celui de Drago, et qu'il est ainsi car il élimine les impuretés. Eh bien, si nous utilisons une potion avec quelques gouttes de mon sang … il se pourrait que cela marche».

Sirius hocha la tête et un sourire apparut sur son visage. « Tu sais quoi Harry ? Ce pourrait être le cas. »

Drago arriva à ce moment-là dans la cuisine, baillant et s'étirant, faisant sourire Harry.

« Hey, qu'est ce qui est arrivé aux manières que chaque sang pur se doit de respecter ? »

Drago se tournait pour foudroyer l'impertinent Gryffondor du regard quand Harry laissa échapper un hoquet de stupeur, rapidement suivi d'un grognement, sa main agrippant le menton de son compagnon.

« Celui que a fait ça va souhaiter que ses grands-parents ne soient jamais nés quand je vais lui régler son compte» siffla Harry alors que la température de la pièce montait en flèche.

L'eau dans le verre de Sirius commença à bouillir alors que les yeux d'Harry se plissaient tels ceux d'un félin, sombres et belliqueux. Les cheveux hérissés comme la fourrure d'un chat effrayé ses canines, sans s'allonger, s'aiguisèrent.

Malgré ces changements, Harry n'était pas laid comme l'oiseau-vélane à la coupe du monde de Quidditch, mais ressemblait au puissant vélane élémentaire qu'il était. Harry semblait toujours humain, juste une version amélioré de ce dernier.

Sirius se dirigea prudemment vers son filleul.

« Harry, tu as besoin de te calmer. Je suis sûr que Drago a une explication quant à la raison pour laquelle son visage semble avoir combattu avec une porte et perdu. »

Harry grogna sur Sirius avant de lever une main brillante pour toucher doucement l'ecchymose. Drago tressaillit et Harry glissa son autre main sur le côté droit du visage de Drago, apportant l'ecchymose à ses lèvres. Tout aussi doucement que ses mains, Harry déposa un baiser rayonnant sur sa joue contusionnée la trace du vélane élémentaire demeurant, comme un baume à lèvres fluorescent, avant de se fondre avec la joue de son compagnon. Le bleu diminua puis disparut, faisant place à une peau parfaitement blanche.

Ces yeux émeraude comme ceux d'un chat ne quittèrent jamais ceux de Drago alors que la main d'Harry glissait entre eux pour disparaître sous son tee-shirt. À cet endroit, elle vint se poser sur les côtes que Weasley avait aussi blessées la nuit précédente. Appuyant légèrement, les pouvoirs d'Harry laissèrent cette fois l'empreinte luminescente d'une main, guérissant la blessure, avant de caresser la peau saine de nouveau et se retirer. Le contact manquait à Drago.

Sentant la déception de son compagnon, Harry enroula ses bras autour du corps mince à côté de lui, appuyant son front contre le côté du sien.

« Tu vas mieux, maintenant ? » murmura-t-il, les yeux fermés, la chaleur s'effaçant tout comme les caractéristiques physiques qui montraient la colère d'Harry.

Drago hocha la tête. « Oui, merci ». Le blond tourna la tête et engloba la cuisine du regard. « Qu'est-ce qu'i manger ? »

Harry en était bouche bée. « Tu ne... qu'est-ce que... pourrais-tu... bordel de merde, qu'est-il arrivé à ton visage Drago ! »

Sirius était debout, les bras croisés, semblant tiraillé entre l'amusement face à la possessivité de Harry et la nécessité de le réprimander pour son langage.

Drago soupira, l'air nerveux. Tout l'intérêt de l'enlèvement de Weasley était que, si la discussion ne se passait pas comme prévu, Harry n'aurait pas besoin de le savoir. Si la discussion aboutissait, Drago s'en vanterait certainement un peu.

« Est-ce que tu veux une réponse honnête ? »

Harry leva les yeux au ciel alors que Drago se reculait et s'asseyait à table, tirant le petit déjeuner d'Harry et commençant à le manger.

« Non, bien sûr, je veux que tu me mentes. As-tu vu ce que j'ai fait ? J'ai presque cuit Sirius parce que tu étais blessé ! Je pense que tu me dois une réponse! »

Sirius fit un drôle de bruit avec sa gorge. « Pourquoi me cuirais-tu ! Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne suis responsable en rien ! Pourquoi vouloir me cuisiner ! »

Harry s'assit à côté de Drago. « Je ne peux pas blesser mon compagnon. Tu étais la seule autre personne dans la pièce que la magie aurait pu attaquer si je m'étais énervé. Estime-toi heureux que je me contrôle mieux que cela. »

Drago soupira, repoussant l'assiette vide. C'était honnêtement dans l'intérêt de tout le monde d'expliquer ce qui était arrivé à Harry. Le jeune homme était intelligent, il verrait Weasley en classe avec quelques contusions et ferait le rapprochement. Même si Harry ne voulait certainement pas tuer Ron, le vélane élémentaire s'en ferait un plaisir et ne laisserait même pas quelque chose à enterrer.

Harry et Sirius plaisantaient sans relâche quand Drago les interrompit.

« Après que tu sois allé dormir la nuit dernière je suis allé voir Weasley. J'ai essayé de faire entendre raison à son crâne épais, mais on a fini par se battre. »

Harry semblait choqué. « Ro... Ron t'a fait ça ? »

Drago acquiesça avant de rapidement donner une explication quand les yeux d'Harry se plissèrent de colère et qu'il commença à trembler.

« Ne fais rien que tu pourrais regretter Harry. Je l'ai cherché et ai donné le premier coup de poing. J'ai tenté d'obtenir le retour de ton ami. Si cela peut arranger la situation, il ne te déteste pas, il est juste en colère et croit que je t'ai volé. Un peu possessif le Weasley. Est-ce un autre trait de Gryffondor ? »

Harry prit une profonde inspiration. « Donc, tu essayais de faire revenir mon ami même si tu détestes le dit ami ? »

Drago haussa les épaules. « D'accord cela peut paraître un peu farfelu, mais c'est vrai. Tu es tout tristounet sans ton Weasel. »

Sirius pouffa. « Si je ne t'aimais pas tellement Drago, je serais assez contrarié à ce sujet. Les Weasley font partis de la famille tu sais. »

Drago renifla. « Pas pour moi. » Sirius leva les yeux et articula 'Malfoy' à Harry qui ricana.

Drago continua comme si de rien était. « Si tu veux qu'il revienne, tu as juste à lui parler. »

Harry se moqua en secouant la tête. « Il est celui qui a mis fin à notre amitié. S'il veut parler, il viendra à moi. »

Sirius sourit. « Et voici le trait numéro quatre des Gryffondors ! L'entêtement ! » L'homme aux cheveux noirs commença alors une chanson sur le thème de l'entêtement avec pour seul mot ''entêtement'' chanté sur un air de Spider man.

Drago fronça les sourcils. « Quatre ? Je n'en ai que trois. »

Harry sourit. « Tu as manqué le trait Complexe de Culpabilité que nous avons tous eu d'une façon ou d'une autre. »

« Ah, il y a donc la culpabilité, le tempérament violent, l'entêtement et le complexe du héros ? »

La chanson de Sirius avait pris fin. « Donc si Harry est têtu, permettez-moi de parler à Ron pour vous. Si je ne peux pas arrondir les angles alors c'est une cause perdue. »

Drago renifla. « Eh bien Harry, j'espère que tu as de bons souvenirs de Weasley parce que Black ici présent va tout foirer. »

« Tu sais gamin, je t'apprécierais bien plus si tu étais le genre marrant Hahaha que le genre marrant sarcastique. J'y vais ! » déclara Sirius alors qu'il attrapait un morceau de pain noir, le fourrait dans sa bouche et il partit à la rencontre de l'ex-meilleur ami de Harry.

Drago buvait le jus d'orange de Harry pendant que le vélane élémentaire le regardait pensivement.

« Tu sais, je pense que je suis en train de te transformer en romantique ».

Drago s'étouffa dans son jus d'orange.

« Tu penses quoi ? Ne sois pas ridicule ! Qu'ai-je fait pour être accusé de devenir romantique ? »

Harry sourit et posa son menton sur sa main.

« Tu m'aiderais à récupérer mon meilleur ami, issu d'une lignée que ta famille déteste depuis des siècles, parce que cela me ferait plaisir. Admets-le. »

Drago s'agita. « Peut-être que je l'ai fait pour sauver ma peau. Ça ne m'enchante pas plus que cela de passer toute mes journées avec un vélane élémentaire déprimé, solitaire et trépignant après son Weasley pour jouer au Quidditch avec lui. »

Harry rit. « Eh bien, quelle que soit la raison, si cela fonctionne, je t'en dois une ».

Au lieu de continuer leurs petites moqueries entre eux, comme Harry en avait l'intention, ces mots eurent un effet sur son compagnon.

« Cela me rappelle que nous devons discuter.»

Harry se sentit un peu mal à l'aise. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Mon père a cette opinion que je partage. » commença Drago. « Nous essayons de nous lier émotionnellement Harry. Complètement. Si l'un de nous deux meurt, nous perdons définitivement toute chance de fin heureuse. Pourquoi ne pas partir jusqu'à ce que le danger s'éloigne ? Jusqu'à ce que la guerre cesse ? Nous serons en sécurité. »

Le visage de Harry était fermé, il portait un masque, Drago réalisa qu'Harry avait un masque.

« Non Drago. Je ne peux pas faire cela. Nous ne pouvons pas faire cela. Nous nous enfuirions ! Nous nous cacherions ! Si nous faisons cela, quel message envoyons-nous ? Nous allons le laisser gagner ! »

Drago posa son verre, se tourna et jeta un regard furieux vers Harry.

« Je ne peux pas me lier avec toi si tu es mort, n'est-ce pas? Nous serons en sécurité jusqu'à la fin de la guerre ! Tu pourras revenir et botter l'arrière train de quelques mangemorts pour satisfaire ton complexe du héros si tu en as besoin ! »

Harry grogna sur Drago. « Et laisser Sirius et Remus, Hermione et Ginny, les Weasley, laisser ta famille et tes amis faire face ? Pour mourir à notre place ? »

Drago se leva en colère. « Ce n'est pas ta guerre Harry ! »

« Bien sûr, qu'elle l'est ! »

Les deux adolescents étaient silencieux. Drago était en colère. Toute la douleur de la veille, sur le fait qu'Harry n'avait pas confiance en lui, refaisait surface.

« À cause de la prophétie ? À cause des insanités proférées par un vieux qui recherche quelque forme d'attention, tu resterais pour te faire tuer? »

Harry avait pâli. « Tu sais à propos de la prophétie ? »

« Je sais que c'est à propos de toi et Voldemort. Pourquoi ne rien m'avoir dit? »

Harry rit brusquement. « Pourquoi ? As-tu vraiment envie d'entendre que tu es le compagnon d'une cible sur pattes ? Voldemort tuerait pour cette information. Dis-moi, mourrais-tu pour l'avoir entendu ? Mourrais-tu pour garder le secret ? Mourrais-tu pour moi ? »

Drago avait l'impression qu'Harry se moquait de lui. « Bien sûr. Quel genre de stupide question est-ce donc ? »

« Pourquoi? » Demanda Harry, en regardant Drago comme s'il était un enfant qui n'arriverait pas à invoquer un certain sort.

« Pourquoi ? … Parce ce que ...je…Parce que je le ferais juste d'accord ! »

Harry le regardait tristement. « Donc, tu ne m'aimes pas mais tu pourrais mourir pour moi? Tu ne comprends donc pas que ta vie dépend de cela ? »

« Et tu ne comprends pas que ta vie en dépend aussi ? Une prophétie ne signifie rien du tout si tu ne peux pas me faire assez confiance pour te lier et que tu meures en janvier qui est, je te le rappelle, juste dans deux mois! »

Harry pencha la tête sur le côté. « Sais-tu ce qu'elle dit ? La prophétie? »

Drago haussa les épaules. « Est-ce si important ? Toutes les prophéties se doivent d'être complétées. Qu'est-ce qui est le plus susceptible d'arriver en premier, notre besoin de nous lier ou cette prophétie avec Voldemort ?»

Harry haussa les épaules. « Franchement, c'est pile ou face».

Drago soupira de frustration. « Harry, si nous partons jusqu'à ce que la guerre se termine, cela n'aura pas d'importance ».

« Si, cela en aura ! Drago, la prophétie me nomme comme étant le seul possédant le pouvoir de vaincre Voldemort. »

Drago se figea. « Cela ne ce peut … Dumbledore … ? »

Harry soupira. « Drago, Dumbledore est vieux. Voldemort n'a pas beaucoup changé depuis son dernier règne de Terreur. Bientôt le corps de Dumbledore ne sera plus en mesure de suivre avec son esprit. Et puis, Drago ? Ça a toujours été moi et Voldemort. »

Drago secoua la tête. « Il … il doit y avoir une erreur. Raconte moi en entier. »

Harry soupira. « Le seul avec le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... né de ceux qui l'ont par trois fois défié, né alors que le septième mois meurt... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un doit mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres naîtra lorsque mourra le septième mois... Elle est assez simple et se répète rapidement. »

Drago avait un air grave et vaincu. « Donc c'est toi. À la fin ce sera toi et lui ? »

Harry se racla la gorge avant de se rapprocher de son compagnon bouleversé. Drago fit un pas en arrière. Blessé, Harry essaya de s'expliquer.

«Ça aurait pu être Neville, mais Voldemort a choisi différemment, il m'a choisi moi. Seulement Dumbledore, moi-même et maintenant toi connaissons la prophétie dans son intégralité. Je ne pouvais pas te le dire … . » La voix de Harry se brisa. « Parce que je l'ai découvert en juin dernier. Je ne pouvais pas te le dire en raison de notre relation à ce moment. Je suis, comme qui dirait, une cause perdue. Je suis déjà mort. »

Drago prit une respiration tremblante. « Tu aurais dû me le dire. Merlin, Black et Lupin … ils ne savent pas non plus ? Ou Granger, Weasel ou Weaslette? »

« Je ne peux pas ! » Dit Harry, la peur inscrite sur son visage. « As-tu une idée de ce que Voldemort leur ferait … à leurs familles! S'il pensait qu'ils savent pour la prophétie! Sirius est déjà mort une fois ! »

Drago ferma les yeux. « Donc, c'est une autre façon de sauver tout le monde mais en te laissant souffrir ici? Est-ce que tu réalises à quel point c'est tordu? Tu est peut-être le seul pouvant tuer Voldemort, mais nous nous battons dans cette guerre aussi. Sans toi, la moitié des Weasley serait déjà morte ! Si tu nous l'avais dit nous aurions pu aider. Nous le pouvons encore! »

Harry leva les mains en l'air. « Tu ne comprends pas ! Savoir cela va les...te...mettre en danger !»

« Nous sommes déjà en danger ! Ma famille a commencé l'espionnage avant même que tu n'y penses ! Les Wealey sont le plus grand groupe de « traîtres à leur sang » de ce côté de la Grande-Bretagne et Granger est née de moldus. Nous serions en danger sans toi. Je choisis de t'aider parce que je crois que tu peux le faire ! Mais pas sans aide ! »

« Venant du gars qui, il y a quelques instants, voulait courir loin de la guerre la queue entre les jambes ? Nous voilà en train d'affronter le danger de face ? Ce n'est pas ton combat. Le mien : oui, le tien : pas vraiment. Dis à ton père qu'il peut t'emporter mais je ne suis pas. Voldemort me suivra peut importe où je me trouve.»

Drago resta sur ses positions. « Je ne pars pas sans toi. Si tu restes, je reste aussi. »

Harry commença a paniquer. Le repousser, son esprit lui disait alors que son cœur était en désaccord. Seulement jusqu'à ce que le danger passe.

« Peut-être que je ne veux pas de toi ici. Peut-être que ce serait mieux de faire une pause. Tu n'es pas plus prêt à l'engagement maintenant que tu ne l'étais en août. »

Les yeux gris clair de Drago étaient larges avant de s'étrécirent de colère. « Bien. Tu essaies de faire retomber le blâme sur moi alors que c'est toi qui a menti. Quelle putain de norme ambivalente. Quand un Serpentard ment il est malfaisant, quand un Gryffondor ment..., » Drago se dirigea vers la porte, « c'est pour ton bien-être ! Va te faire foutre ! » Il claqua la porte.

Harry sentit le lien entre eux s'étirer douloureusement avant de se contracter tristement, comme pour dire « cours après lui idiot ! » mais Harry ne le fit pas. Si vous aimez quelque chose, remettez le en liberté s'il revient, il est vôtre, s'il ne le fait pas, il ne l'a jamais été.

Du moins, c'est ce que Harry se disait.

Drago prit d'assaut le couloir d'un pas raide, éparpillant dans un même temps les premières et deuxièmes années. Comment Harry pouvait être si …. frustrant ! Drago n'avait jamais eu autant envie de frapper une personne et de la serrer fort dans ses bras ensuite comme Harry.

Alors que le blond fulminait silencieusement, ses pieds le portèrent vers les appartements privés de son parrain. Il avait pris le plus long chemin, ne voulant pas montrer à quiconque l'entrée des appartements d'Harry. S'il n'avait pas été si en colère et frustré, ainsi qu'effrayé même s'il ne l'admettrez jamais, Drago aurait remarqué que de nombreux élèves le pointaient du doigt et chuchotaient à son passage.

Tournant à un angle, Drago marchait seul dans l'obscure couloir des donjons, ses bottes noires lustrées claquant sur le sol froid de pierre. À quelques mètres de l'entrée de la salle commune des Serpentards se trouvait une alcôve. S'arrêtant, Drago murmura le mot de passe et attendit que les pierres de déplacent comme pour l'entrée du Chemin de Traverse. S'introduisant rapidement, Drago inspecta les alentours alors que les pierres se remettaient en place d'elles-mêmes. Seuls Drago, Pansy, Théo et Blaise, et leurs parents savaient où étaient les appartements personnels de Sev. Et Dumbledore. Cet homme savait tout … du moins, beaucoup plus que la plupart des gens.

Le salon revêtait le vert et argent traditionnels avec un peu de noir convenant aux goûts personnels de Severus. On pouvait observer une salle à manger de taille moyenne et une cuisine connectée à un couloir menant à une salle de bain, la chambre du maître des lieux et deux chambres d'amis. Tout au bout se trouvait le laboratoire de potions personnel de Severus. Comme l'avait soupçonné le blond, Rogue était présent, travaillant sur le remède pour Loup-garou.

« Drago, bonne nouvelle. Cette variation fonctionne. J'ai administré le remède la nuit dernière et le sang était libéré de la lycanthropie ce matin. Encore quelques tests et nous obtiendrons peut-être l'accord de Potter pour l'essayer sur Lupin. »

Drago acquiesça, partagé entre sa colère envers Harry et l'excitation face à la réussite de la potion. Severus remarqua tout de suite les émotions contradictoires de son filleul.

« Qu'est-ce qui t'arrive Drago ? Toi plus que les autres devrait trépigner d'une joie puérile à cette découverte. »

Drago soupira et se mordit la lèvre. Il voulait dire à ses parents ainsi qu'à Severus ce qu'il venait de découvrir.

« Où sont papa et maman ? Ils ont besoin d'entendre cela aussi. »

Sev hocha la tête, retira son chaudron du feu et enleva son tablier en peau de dragon. Rapidement il nettoya ses mains et fit un signe vers la porte.

« Lucius et Narcissa ont offerts de surveiller la colle de Londubat pour moi. Il était dehors après le couvre feu la nuit dernière. Ton père a aussi un autre prototype du remède qu'il teste. »

Drago hocha la tête, la classe de potion était à l'étage, juste au dessus des appartements personnels de Sev, afin qu'il puisse entendre si quelqu'un s'introduisait. Paranoïaque comme toujours.

Arrivé à la classe de potion, Rogue commença à aboyer sur Londubat qui était dans un coin, bricolant quelque chose.

« Londubat ! Qu'est ce que vous pensez faire ? »

Le peureux Gryffordor sursauta, manquant de renverser l'armoire de stockage d'ingrédients de Sev.

Neville était pâle. « Jjj je cherchais jjj... juste un ppp...produit de nnn...nettoyage, Monsieur. »

Rogue ricana. « Dans le coin Londubat? Votre idiotie me stupéfie. » Drago poussa son parrain à se dépêcher de finir de terroriser le Gryffondor tremblant.

« Vous trouverez ce qu'il vous faut dans le placard à potions du fond. Ne renversez rien...la plupart des choses dedans ont plus de valeur que vous.»

Sa cape volant derrière lui, Rogue laissa le garçon blême dans sa classe et entra dans son bureau avec Drago sur ses talons.

Les deux Serpentards furent accueillis par un étrange spectacle. Le bureau de Rogue était recouvert d'un chaudron fondu, d'où sortait une fumée verte nauséabonde. Lucius était recouvert de suie de la tête au pied et Narcissa riait, tenant un petit lapin d'un blanc pur.

Lucius leva les yeux et fit un sourire sinistre. « Celle-ci n'a pas été un succès ».

Rogue renifla. « Cela me semble évident. » Narcissa se leva avec son nouvel animal de compagnie et sourit à son fils.

« Drago ! Viens voir cela. Il est assurément la chose la plus précieuse que j'ai jamais vue ! ».

Drago sourit se dirigea vers sa mère. Narcissa Malfoy était comme toujours une Lady de premier ordre... et adorait les petits animaux tout doux.

« Il est charmant Mère. Mais il y a un sujet dont je voudrais vous parler à tous. »

Immédiatement le Charme de Silence fut lancé. La porte ne fut pas verrouillée car Severus avait une colle en cours et il était imprudent de laisser Londubat seul dans une pièce vide, peu importe qu'elle soit pleine de potions ou non.

Lucius était toujours recouvert de suie alors qu'il s'asseyait, il regarda son fils.

« Comme je vous l'ai dit, Harry n'a pas bien pris l'idée de partir ».

« En raison de la prophétie ? » demanda immédiatement Rogue, sentant l'hésitation de son filleul.

Drago hocha la tête. « Nous nous sommes disputés et il m'a dit la vérité, pour une fois. Selon un quelconque cinglé qui a décidé de rendre ses annonces publiques Harry est le seul à pouvoir tuer Voldemort. Le seul a en avoir le pouvoir. Soit il tue le Seigneur de Ténèbres soit le Seigneur des Ténébres le tue. »

Narcissa eu le souffle coupé et serra le lapin plus étroitement contre sa poitrine.

« Mais c'est seulement un garçon. De seize ans. Personne ne peut attendre ça de lui ».

Drago renifla. « Dumbledore. L'ensemble du Monde Magique le fait. Et donc, nous l'avons fait. »

« Comment peut-on être certains que c'est lui ? Les prophéties sont très nébuleuses quand on en vient aux détails » demanda Lucius.

Encore une fois Drago renifla. « Pour quoi Harry est-il foutrement connu ? Pour avoir vaincu Voldemort quand il avait un an. Pour sa cicatrice. La prophétie dit quelque chose à propos de lui étant marqué par Voldemort. C'est Harry, Père. »

Severus semblait en état de choc. « Ceci est juste incroyable. Quels pouvoirs le garçon pourrait éventuellement posséder pour tuer un Immortel ? Il est peut être une vélane élémentaire mais Lily l'était aussi quand elle a été assassinée ! ».

Drago secoua la tête. « La mère de Harry s'est sacrifiée pour lui. Elle n'a pas riposté. Son compagnon était mort, le mieux qu'elle pouvait faire était de protéger son fils. Elle serait morte peu de temps après, même si elle avait par miracle vaincu Voldemort cette nuit là. »

Narcissa semblait prête à pleurer. « Comment sais-tu cela ?. »

Drago soupira alors qu'il s'asseyait. Il était épuisé « Harry me l'a dit. Il se souvient de cette nuit. La faute aux Détraqueurs. »

Severus était sur le point d'ouvrir la bouche quand une voix venue de l'extérieur passa la porte du bureau.

« Neville ! Comment ça va garçon ? Encore collé, à ce que je vois ? » Il y eut une pause dans la voix de Sirius Black alors que Neville marmonnait une réponse.

Rogue grogna. Pas Black, pas ici, pensa t-il alors que la voix de Rémus se fit entendre.

« Sais-tu si le professeur Rogue est ici, Neville ? Dans son bureau ? Je te remercie. »

Le groupe dans le bureau n'eut pas à attendre longtemps avant que Sirius ne face irruption, laissant Rémus à la porte, prêt à frapper celle-ci.

« Sirius, » commença Rémus, semblant un peu agacé, « il n'est pas très poli de rentrer tout simplement sans y être invité comme chez un vieil ami. La plupart des gens frappe. »

Sirius regarda son amant et sourit. « Mais je ne suis pas la plupart des gens, Remmy ». Soudain, l'animagus se mit à chercher dans le bureau soulevant les papiers et ouvrant les tiroirs. « Hey, Snapy, as-tu d'autres potions analgésiques ? Poppy n'en a plus jusqu'à cet après-midi et Rémus en a besoin. »

Rogue bouillonnait de rage comme il se dirigeait vers l'ex-détenu, refermant la porte qu'il ouvrait, coupant presque les doigts de l'homme.

« Retire tes mains dégoûtantes de ma propriété si tu souhaites les garder attachées, Black ».

Sirius semblait prêt à mordre le Maître des Potions quand une autre voix les interrompit.

« Drago ! Tu es ici ? Quelque chose est arrivé ! » fit la voix de Pansy quand elle entra dans le bureau, suivie par Théo et Blaise.

« Qu'est-il arrivé ? C'est Harry ? » Demanda Drago, culpabilisant de la façon dont il avait laissé les choses avec le vélane.

Pansy était penchée en avant, haletant, Théo répondit alors.

« Il s'avère que que Weasel ne peut pas garder la bouche fermée. Quand lui et sa sœur se sont disputés la nuit dernière, l'idiot a craché le morceau à propos d'Harry et de Drago. Maintenant toute la satanée école le sait. »

« Y compris le tueur. » Ajouta Blaise.

La pièce était silencieuse alors qu'ils traitaient l'information.

« Donc Drago est en danger ? » Demanda Nacissa en se mettant subitement debout. Pansy hocha la tête.

Soudain, il y eu un fracas dans la classe, suivi d'un cri.

« Londubat. » Siffla Rogue alors qu'il entrait dans la classe, suivi par le reste du groupe de son bureau.

Neville se tenait au fond de la salle, baguette à la main, regardant le trou qui brûlait le plancher à cause de l'acide qu'il avait renversé. Tendu, Rogue le fustigea.

« Londubat idiot ! Qu'est-ce que vous avez à dire pour votre défense? »

Au lieu de se recroqueviller comme la plupart l'espérait, le garçon se retourna lentement, un sourire mauvais sur son visage poupin.

« Juste une chose ». Dit-il, sans bégayer d'une voix moqueuse.

« Quoi ? » Gronda Rogue furieux contre l'insolence du garçon.

« Je jure fidélité au Seigneur des Ténèbres, Voldemort est mon maître maintenant et pour toujours. »

Les Serpentards dans la classe avancèrent mais il était trop tard, la salle commença à se désintégrer devant leurs yeux et il plongèrent dans les ténèbres.