Merci à tous mes reviewers.
Encore un chapitre que j'aime beaucoup avec beaucoup plus d'explications sur les liens qui unissent Gibbs et Tony. De nombreux flash-back de différentes époques aussi ; ça risque d'arriver souvent dans les chapitres suivants, mon histoire est loin d'être linéaire…
J'espère que vous connaissez Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry sinon, non seulement vous manquez quelque chose (mais c'est tout à fait rattrapable) mais en plus vous risquez de perdre un peu de l'histoire… Enfin, vous verrez.
Pour le chapitre précédent, les policiers de Baltimore ne cherchent pas vraiment à tuer Tony, c'est plus nuancé que ça, mais disons que si on leur donnait le choix entre la vie de Tony et celle d'un des leurs, ils n'hésiteraient pas un instant. Et être flic sans pouvoir faire confiance à ses partenaires équivaut à un aller simple vers le cimetière…
Bonne lecture !
Chapitre 10 :
« Comment allait Tony ? demanda finalement Ziva.
_ Pas très bien, c'est le moins qu'on puisse dire, répondit doucement Ducky. Cela faisait plus de dix-huit heures qu'ils le torturaient… Mais il a très rapidement repris conscience. A son grand regret probablement quand il a appris qu'il allait probablement devoir passer les deux prochains mois à l'hôpital… »
***
Gibbs avait passé une demi-douzaine d'heures dans la salle d'attente de l'hôpital, à regarder sans le voir le ballet des patients et des infirmières un soir de Noël, s'asseyant sur les inconfortables chaises en plastique avant de se relever, de marcher de long en large dans la salle et de se rasseoir pour recommencer son manège quelques minutes plus tard. Les autres personnes présentes le fuyaient comme la peste mais Gibbs en avait surpris plus d'un à le regarder avec compassion quand ils pensaient qu'il ne les voyait pas. Il avait ordonné à ses agents de régler les détails avec la police de Baltimore avant de monter dans l'ambulance puis les avait renvoyés chez eux pour qu'ils pussent profiter de Noël.
Il ne pouvait s'empêcher de revoir le corps torturé du jeune inspecteur, son corps se superposant à celui des autres victimes, mortes ! Il était presque arrivé trop tard ! Peut-être que c'était toujours le cas… Cela faisait des heures désormais que Dinozzo avait été amené au bloc opératoire et personne n'était encore venu l'informer de son état. Qu'est-ce que cela signifiait ? Etait-ce un bon ou un mauvais signe ? Ducky était parti s'informer depuis près d'une heure et Gibbs craignait ce qui pouvait expliquer que cela prît autant de temps.
Il ne pouvait s'empêcher de repenser à la conversation qu'il avait eu avec le chef de la police. Gibbs n'avait jamais été policier et les marines avaient leurs propres règles mais il savait que les dynasties policières signifiaient quelque chose. Particulièrement dans une ville comme Baltimore où le taux de criminalité était bien au-dessus de la moyenne urbaine nationale. Si on rajoutait le peu de respect que le gamin semblait porter à la hiérarchie, il s'était effectivement attiré beaucoup d'ennuis… C'était totalement injuste bien sûr, mais ce n'était pas comme si la vie était juste. Il y avait probablement à parier que Dinozzo ne travaillerait plus depuis longtemps à Baltimore si Samuel Bensey n'avait pas tâcher de le protéger. Avec peu de succès, soit dit en passant. Mais l'homme prenait sa retraite. Il n'y aurait plus personne pour éviter au gamin d'être viré ou même pire…
« Alors Ducky ? demanda Gibbs en se précipitant vers le médecin légiste qui entrait à peine dans la salle d'attente.
_ Il vient de sortir du bloc. L'opération est un succès et les médecins sont optimistes. C'est un battant. Les médecins ne voulaient pas croire qu'il soit resté conscient aussi longtemps. Il a été capable de signer les autorisations d'opérer avant de s'évanouir… »
Gibbs pensa avec une certaine amertume que c'était probablement parce qu'il n'y avait personne pour le faire à sa place. Un problème récurrent pour les personnes sans famille… Cela faisait des années qu'il avait inscrit Ducky comme la personne à contacter et son tuteur s'il se trouvait incapable de prendre les décisions nécessaires à sa santé. Il aurait parié que le gamin n'avait personne.
***
Gibbs avait résolu ce problème la première fois que Dinozzo avait été assez sérieusement blessé pour nécessiter une intervention chirurgicale.
Cela devait faire environ six mois qu'il travaillait au NCIS et il avait pris une balle dans le ventre en sauvant la fille d'un commandant qui avait été kidnappée pour faire chanter son père. La fillette était sauve mais Tony se vidait de son sang et avait perdu conscience avant d'arriver à l'hôpital.
Les chirurgiens ne pouvaient opérer sans une autorisation. C'était la première et dernière fois que Gibbs appela Dinozzo senior. Il dût menacer d'appeler le FISC pour enfin obtenir de parler au père de son agent qui raccrocha aussitôt après lui avoir dit qu'il n'avait pas de fils. Il était heureux pour lui qu'il se trouvât à plusieurs centaines de kilomètres de Gibbs car celui-ci lui aurait probablement tiré une balle dans la tête.
Il fallut se débrouiller. Avec l'aide d'Abby, dont les talents de faussaire n'étaient plus à prouver, il s'inscrivit lui-même comme personne à contacter pour Tony. Et, quand le gamin se réveilla, il lui ordonna d'un ton rude qui cachait mal son soulagement de le voir réveiller de choisir quelqu'un pour qu'il ne risquât plus de mourir pour de stupides paperasseries légales. Gibbs se sentit inexplicablement ému quand le gamin laissa son nom. Il aurait dû comprendre que cela le conduirait à passer plus de temps dans des salles d'attente d'hôpitaux qu'il ne l'avait fait de toute sa vie précédant sa rencontre avec Dinozzo. Il en profita pour améliorer son rôle de bâtard fini dans tous les hôpitaux de la région. Le personnel hospitalier tremblait à chaque fois qu'on leur annonçait qu'un agent du NCIS était hospitalisé et ils n'étaient jamais aussi efficaces – et effrayés – que quand Tony était blessé. Plus personne ne lui parlait d'heures de visite et les chefs de service étaient obligés de lui faire eux-mêmes leurs rapports sur la santé de Dinozzo. Mais, toute aussi effrayées qu'elles fussent, les infirmières se montraient aimables et compatissantes – comprenez qu'elles lui apportaient du café et des coussins pour que ses nuits fussent plus confortables – gloussant sur le tableau « so cute » que formaient « le père et le fils ». Gibbs avait toujours trouvé plus simple de ne pas les contredire sur leur situation familiale. Après tout, l'important était qu'on le laissât rester auprès de son agent…
***
Gibbs avait refusé de quitter l'hôpital avant que le gamin ne se fût réveillé et que les médecins l'eurent assuré qu'il survivrait. Il n'était alors parti qu'un peu plus d'une heure, le temps de prendre une douche à son hôtel, de se changer et de faire des réserves de café. A son retour, Samuel Bensey se tenait auprès du jeune inspecteur qui semblait toujours revenir d'un séjour en enfer mais qui était conscient et déjà pressé de quitter l'hôpital. Le chef de la police était manifestement présent depuis un certain temps mais Gibbs n'aurait su dire avec certitude de quoi ils avaient parlé. Il était probable que Bensey avait mis Dinozzo au courant des derniers événements de l'enquête.
« Vous trouverez ma lettre de démission dans le tiroir du haut de mon bureau. Vous n'aurez qu'à remplir la date dans l'espace laissé vide, entendit Gibbs.
_ Anthony… commença le chef de la police. »
L'homme semblait avoir pris dix ans et paraissait gêné et attristé. Gibbs aurait presque pu se sentir désolé pour lui. Presque…
« Je crois que nous n'avons plus rien à nous dire, continua le gamin d'un ton froid mais qui ne parvenait pas à dissimuler sa faiblesse. Mes presque deux années à Baltimore auront été une expérience riche en enseignements…
_ Anthony…
_ Je vous souhaite un joyeux Noël, monsieur. »
Samuel Bensey soupira mais finit par quitter la chambre après un joyeux Noël peu convaincu. Il jeta un drôle de regard à Gibbs quand il le croisa devant la porte de la chambre mais ne dit rien.
« Une lettre de démission toute prête dans un tiroir ? releva Gibbs en entrant dans la chambre, s'attirant un regard surpris du gamin. »
Celui-ci haussa difficilement une épaule.
« Pas la première fois que je ne suis pas capable de donner ma démission en main propre, c'est plus pratique comme ça… »
***
Gibbs remarqua le regard que Ziva et McGee posèrent sur le bureau de leur partenaire.
« Il n'y en a plus, arrêta-t-il Ziva avant que la jeune femme n'ouvrît les tiroirs du bureau de Tony.
_ Comment peux-tu en être sûr ? »
Gusman éclata proprement de rire, faisant se tourner les deux agents vers lui.
« Probablement parce qu'il a vérifié, réussit à répondre Gusman entre deux éclats de rire. Quand as-tu forcé ce tiroir pour la dernière fois ? ajouta-t-il en s'adressant à Gibbs cette fois-ci. La dernière fois que tu as crû avoir tout bousillé ? »
Gibbs préféra ne pas répondre. De toute façon, il n'avait pas eu à forcer le tiroir. Cela faisait longtemps que Tony ne le fermait plus à clef.
Ziva et McGee alternaient les regards chargés d'incompréhension entre Gusman et lui. Abby et Ducky étouffaient plus ou moins bien leurs gloussements. Bande de traîtres !
« Gibbs s'arrangeait toujours pour partir après Tony afin de pouvoir forcer son tiroir et déchirer sa lettre de démission. Ça a duré exactement trois mois, deux semaines et cinq jours…
_ Comment est-ce que tu peux savoir ça ? grogna Gibbs. »
Gusman lui adressa un sourire moqueur.
« Vous observer tous les deux était devenu le jeu principal au NCIS. Même le directeur s'y intéressait. Il ne participait pas aux paris par contre… Tu aurais dû voir ton visage ce jour-là… »
***
C'était un soir de début juin. Un vendredi. Comme d'habitude, Gibbs attendit que Dinozzo fût parti pour se diriger vers le bureau de son agent, ouvrir le tiroir et prendre la lettre. Mais sa routine fut brisée quand il ne trouva pas la feuille posée en évidence tout au-dessus de la pile d'objets hétéroclites et de papiers que semblaient collectionner le gamin. Gibbs fouilla le tiroir. Rien. Il le retourna complètement. Toujours rien. Il força les autres tiroirs, constatant dans un coin de son esprit qu'aucun des tiroirs n'avaient été fermés à clef contrairement à l'habitude. Il ne trouva aucune lettre. Il n'y avait pas de lettre. Il. N'y. Avait. Pas. De. Lettre. Le gamin n'avait pas laissé de lettre de démission dans un tiroir. Il n'y avait pas de lettre ! Gibbs se sentait euphorique. Est-ce que cela signifiait que son agent avait enfin décidé de rester ? Avait enfin compris que Gibbs ne le laisserait jamais partir ? Est-ce qu'il se sentait enfin chez lui ? Auprès des siens ?
Il allait commander une pizza. Pepperonis, saucisses et œuf. Et acheter un pack de bières. Ce pourrait être amusant de passer chez le gamin pour partager un repas au lieu de l'enlever – une habitude que Gibbs avait prise quand il craignait que Tony ne prît la fuite.
Il allait peut-être falloir qu'il arrêtât de sourire comme cela s'il ne voulait pas provoquer de crise cardiaque. Et il faudrait vérifier qu'il n'y avait toujours pas de lettre le lendemain. Juste au cas où…
***
« C'est tellement étrange de penser que Tony ne voulait pas rester au NCIS, dit finalement Ziva. »
McGee approuva vigoureusement et Gibbs ne put empêcher un petit sourire de satisfaction. Il avait eu du mal mais il était finalement parvenu à attacher Tony. L'homme lui avait donné du fil à retordre mais cela valait le coup. Après tout, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
« Il ne voulait déjà pas y entrer, répondit Ducky, amusé.
_ Pourquoi ? demanda Ziva. Il venait de démissionner. Gibbs ne lui a pas proposé un job ?
_ Oh, si. Il l'a fait ! »
Et le sourire de Ducky était tout à fait moqueur.
***
« Une idée de ce que tu vas faire maintenant ? demanda Gibbs en se laissant tomber sur la chaise à côté du lit de Dinozzo.
_ Les médecins veulent me garder deux mois ! s'exclama le gamin, clairement horrifié.
_ Je suppose qu'ils savent ce qui est nécessaire… tenta Gibbs qui se sentait mal venu de commenter alors qu'il avait toujours lui-même été du genre à ne pas écouter les prescriptions médicales.
_ Ils disent que ma guérison puis ma rééducation nécessitent ma présence à l'hôpital. Je déteste les hôpitaux !
_ Eh bien… Euh… »
L'éloquence n'avait jamais été une des grandes qualités de Gibbs mais là, il se surpassait !
« Et quand tu sortiras de l'hôpital, tu sais ce que tu vas faire ?
_ Pas vraiment. Je trouverai bien. Ce n'est pas comme si cette situation était nouvelle…
_ Tu… Tu pourrais venir travailler avec moi, proposa presque timidement Gibbs. »
Bon sang, le gamin le mettait vraiment dans tous ses états !
Dinozzo le regarda les yeux ronds.
« Pardon ?!
_ Au NCIS. Comme agent spécial, expliqua Gibbs qui se rappela que le gamin venait à peine de se réveiller d'une sérieuse opération.
_ Non.
_ Non ? Non quoi ?
_ Je ne veux pas de votre pitié ! cria presque le gamin.
_ Ce n'est pas… Enfin pourquoi faut-il toujours que tu croies que j'agis avec toi par pitié ? Ce n'est pas de la pitié ! Je te propose un job…
_ Eh bien je n'en veux pas, affirma Dinozzo, buté.
_ Quoi ? Mais pourquoi ? Tu tiens donc tant à rester au chômage ? grinça Gibbs qui venait probablement de décrocher l'oscar du plus pitoyable orateur. »
Evidemment, le gamin avait pris la mouche.
« Vous savez ce que vous pouvez en faire de votre offre d'emploi ? cria-t-il. Vous pouvez vous la fourrez dans le cul et la faire remonter jusqu'à vous en étouffer ! »
Gibbs se releva brusquement. Manquant s'étouffer de colère et d'un autre sentiment qu'il refusait de nommer, il sortit de la chambre en claquant la porte.
« Où est-ce que tu vas, Jethro ? demanda Ducky en l'arrêtant alors qu'il remontait les couloirs de l'hôpital à grands pas rageurs.
_ Je m'en vais !
_ Tu t'en v… Comment ça tu t'en vas ? J'aurais crû que tu resterais auprès de ce cher jeune homme… »
Gibbs voulut continuer sa route mais devant l'absence de volonté du légiste de se dégager de son chemin, il se trouva forcé de répondre.
« Je lui ai proposé de venir travailler au NCIS.
_ Parfait. Je suis sûr qu'un peu de sang frais fera du bien à l'équipe. Mais tu devrais encore plus rester auprès de lui. Ce n'est pas une situation facile pour lui…
_ Il a refusé ! le coupa Gibbs.
_ Ah, répondit simplement le médecin.
_ Ah ! C'est tout ce que tu trouves à répondre ? Maintenant laisse-moi partir ! Je n'ai plus rien à faire ici…
_ Tu n'es pas seulement vexé, Jethro. Tu es aussi blessé. »
Gibbs lui adressa un regard noir mais son vieil ami n'y prêta aucune attention.
« Je t'ai connu plus insistant. Quoi ? Tu lui as proposé de travailler pour toi, il a refusé et… c'est tout ? Où est le Jethro que je connais ? Celui qui ne lâche jamais son os ? Qui insiste jusqu'à obtenir ce qu'il veut ?
_ Il ne veut pas travailler avec moi ! répondit Gibbs en insistant sur le verbe. »
Même à lui sa voix lui apparut blessée.
Ducky soupira.
« Ce qui est important est rarement facile, Jethro… »
Gibbs se jura de se mettre à hurler si le médecin légiste entreprenait de lui raconter une de ses histoires.
« As-tu déjà lu le Petit Prince, le coupa Ducky, le prenant totalement par surprise. »
Gibbs ne put s'empêcher de se demander si son vieil ami n'avait pas pris un coup sur la tête. Il hocha cependant la tête. Il ne se rappelait pas avoir lu le Petit Prince lorsqu'il était enfant ou adolescent mais il l'avait lu à Kelly. Shannon était persuadée qu'il n'était jamais trop tôt pour lire les classiques… (1)
« Te souviens-tu du passage avec le renard ? »
Gibbs hocha lentement la tête, ne voyant toujours pas où son ami voulait en venir.
« Eh bien, il ne te reste plus qu'à imiter ce cher petit prince. Apprivoise-le ! »
Et Ducky le laissa planté là, après lui avoir collé un café dans les mains, l'air hagard et des questions sur la santé mentale du légiste.
Apprivoiser Dinozzo ? Est-ce que le gamin ressemblait à un renard ? Et pire encore, est-ce qu'il avait lui-même quoi que ce fût à voir avec le petit prince du livre ? Bien sûr que non ! A la rigueur, s'il fallait vraiment chercher des analogies, il se voyait assez dans le rôle de l'aviateur. Du coup, Dinozzo ferait un petit prince plutôt convaincant : un gamin aussi exaspérant qu'attachant… Sauf que dans l'histoire, le petit prince mourrait, à la fin ! Oh bien sûr, on racontait qu'il était retourné sur sa planète mais Gibbs n'était pas crédule. Il mourrait ! Et de toute façon, il partait loin de l'aviateur… Tout ça à cause d'un maudit serpent ! Il ne laisserait aucun serpent lui prendre Dinozzo ! Le gamin finirait forcément par y passer si personne n'était là pour le protéger. Gibbs se sentait une âme de chasseur de serpents…
***
« Je n'arrive pas à croire que Tony ait refusé de travailler avec Gibbs, s'étonna McGee. C'est tellement étrange !
_ Et pourtant, c'est l'exacte vérité, répondit Ducky. Tony a toujours été une personne compliquée…
_ Et donc, qu'a fait Gibbs ? demanda Ziva.
_ Pendant les six semaines qui ont suivi, répondit Gusman, on a vu Gibbs faire le trajet jusqu'à Baltimore tous les jours, sans la moindre exception, qu'il eut une affaire ou non, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. »
(1) Ayant dernièrement relu le Petit Prince, je me suis aperçu que bien que son auteur fut français, ce livre avait d'abord été publié en anglais aux Etats-Unis. Il n'y a donc rien d'improbable à ce que Ducky et Gibbs le connaissent.
