- Oh Mon Dieu ! S'exclama Caroline en se détournant précipitamment.

Damon laissa échapper un soupire agacé tandis qu'il se retirait d'Elena à regret. Il remonta son pantalon négligemment et tendit son t-shirt à son amante qui s'en couvrit hâtivement. Elle se précipita derrière un arbre pour enfiler son jeans.

- Non, mais sérieux !? Vous n'avez pas trouvé d'autre endroit pour faire… CA ?! Poursuivit Caroline d'une voix aigue, pleine du ton moralisateur qui lui avait toujours été propre.

- Pourquoi ? Vous êtes fâchés qu'on soit arrivés avant vous ? La provoqua Damon avec un sourire en coin.

Caroline se pétrifia. Elle avait finit par oublier que, pour certain - Damon en tête - le sexe était avant tout un amusement. Et, lorsqu'elle sentit ses entrailles se contracter dans un foudroiement, elle se demanda si, un jour, elle serait à nouveau capable d'éprouver une telle désinvolture à ce sujet. Etrangement, son cœur se tourne vers Stefan. « Peut-être… ? »

Mais elle se figea en découvrant le visage de son ami.

Il restait pétrifié à ses côtés, le teint blafard et le regard résolument baissé sur ses pieds. Il serrait tellement les poings que les jointures des ses doigts étaient entièrement exsangues.

Damon, agacé de n'avoir par réussi à faire rougir Caroline comme il pensait que sa réflexion le ferait, leva enfin ses beaux yeux bleux sur les intrus. A son tour, il se pétrifia en découvrant l'expression du visage de son petit frère. Depuis des mois que Stefan vivait enfermé avec Caroline, il avait imaginer que son cadet avait enfin réussit à se détacher d'Elena. Les traits du visage de Stefan, en cet instant, lui firent brutalement prendre conscience à quel point il avait tord. Son cœur se serra.

- Stefan ! Murmura Caroline en entourant de ses doigts délicats la main crispée de l'intéressé.

Pendant une seconde, il ne sembla pas l'avoir entendu. Et puis, il revint à la réalité et offrit un sourire triste mais réconfortant à la jeune femme.

- On ferait mieux de les laisser ! Lui souffla-t-il.

- Stefan ?! S'inquiéta Elena lorsqu'elle réalisa qu'à aucun moment, Stefan n'avait levé les yeux sur elle ou sur Damon.

Mais Stefan persista à se tourner exclusivement vers Caroline.

- Allons-y !

Caroline hocha la tête, incapable d'émettre un son tant la souffrance de son ami lui brisait le cœur. Elle glissa ses doigts dans la main de Stefan et, avec un regard emplit de reconnaissance, ce dernier lui sourit doucement.

La seconde suivante, ils avaient disparus, laissant Damon et Elena à une culpabilité et une stupeur silencieuse. Damon envoya un coup de poings dans le premier arbre à sa portée, l'arrachant à ses racines et l'envoyant voler quelques mètres plus loin.

- Et merde ! Jura-t-il.

Stefan et Caroline ne stoppèrent leurs courses que de longues minutes plus tard, lorsqu'ils réalisèrent qu'ils étaient sur le point de quitter l'Etat. Ils s'arrêtèrent sur le bord de la Nationale déserte, entre 2 mûrs d'arbres, alors que la pénombre du soir commençait déjà à envahir le ciel.

- Est-ce que ça va ? S'inquiéta Caroline.

- Hum ! Lâcha Stefan en détournant les yeux.

Caroline prit le visage de Stefan entre ses mains et le força à lui faire face.

- Est-ce que ça va ? Répéta-t-elle plus fermement.

Son sérieux fit soudain sourit son compagnon.

- Ca va ! Lui confirma-t-il dans un sourire.

- Sure ?

- Sure !

Caroline sourit à son tour.

- La prochaine fois que je te fais une réflexion que le destin qui vous lie, Elena et toi, rappelles moi de la boucler ! Ironisa-t-elle non sans pouvoir se défaire de l'inquiétude qu'éveillait en elle la situation de son ami.

Stefan laissa échapper un sourire amer et Caroline soupira.

- C'est pas vraiment ce que j'avais imaginé pour notre après-midi de folie ! Grimaça-t-elle. Je voyais la journée plus… insouciante ! Et largement plus amusante !

- Que veux-tu ? J'ai un don naturel pour le comique ! Enchaîna Stefan sur le même ton.

Ils rirent ensemble.

Puis laissèrent échapper un soupire las.

- Je n'ai pas envie de rentrer. Avoua Caroline en abandonna son front sur l'épaule de son ami.

- Moi non plus ! Fit-il en déposant ses lèvres sur les cheveux de la jeune femme et en pressant sa nuque de sa main.

Elle sentait bon le champoing à la vanille. Pendant un instant, ni l'un ni l'autre n'esquissèrent de mouvement. Doucement, la proximité de la jeune femme apaisa le cœur meurtrit du vampire et, peu à peu, cette dernière se détendit contre lui. Il était son monde à présent.

- Alors, allons nous baigner ! Décréta soudain Caroline en se redressant. Après tout, c'était le plan et je refuse que Damon et Elena nous gâchent notre journée !

Stefan rit enfin

- D'accord ! Où veux-tu aller ?

- Au bout du monde ! Sourit son amie.

Le sourire de Stefan s'accentua et le cœur de Caroline se gonfla à sa vue.

- Les chutes de *** ? Suggéra-t-elle.

C'était les chutes les plus éloignées de Mystics Fall. Elles se déversaient dans un lac de taille moyenne, mais sur une petite hauteur seulement. Ce qui n'encourageait pas les habitants à s'y rendre en pèlerinage tant elles paraissaient peu spectaculaires par rapport à leurs consoeurs plus proche de la ville. Ils étaient quasiment certains de n'y croiser personne. « Et surtout pas Damon et Elena ! » Songea la jeune femme.

En quelques minutes d'une course vampirique, ils atteignirent l'endroit.

Inondé par la pénombre du crépuscule, le lac avait quelque chose d'inquiétant. Mais Caroline et Stefan, se sachant les créatures les plus dangereuses des environs, n'y prêtèrent pas attention. Au contraire, soudainement anxieuse à l'idée de dévoiler son corps meurtri pour la première fois depuis des mois, Caroline fut soulagée de constater que la nuit tombait plus rapidement qu'elle et Stefan ne l'avait imaginé.

Ce dernier laissa échapper un long soupire soulagé à la vue du désert dans lequel baignait les petites chutes et le lac attenant. Puis, il se laissa tombé sur le tapis d'herbe qui couronnait l'étendue d'eau stagnante. Soudain, Caroline prit conscience qu'elle avait peut-être été maladroite en choisissant comme première sortie pour son ami un lac similaire en tous points à celui duquel il avait été prisonnier pendant des mois. Mais, comme lisant dans ses pensées, Stefan laissa échapper un soupire d'aise.

- Ca fait du bien… l'isolement

Caroline s'assit à ses côtés.

- Tu n'en as pas assez ? S'étonna-t-elle. De n'avoir que moi pour compagnie depuis des semaines ? des mois même?

Un nouveau sourire étira les lèvres du vampire.

- Je pourrais passer l'éternité avec toi pour seule compagnie !

Caroline rougit violemment.

- Tu ne devrais pas dire des trucs pareils à une fille. Bafouilla-t-elle. Elle pourrait se faire des idées

Stefan se redressa et tourna un regard étonné vers son amie. Puis il sourit.

- Fais-toi toutes les idées qui tu veux. Vint-il lui murmurer à l'oreille d'une voix volontairement rauque. Je te l'ai dit. Pour toi, je ferais tout !

Caroline tressaillit farouchement et, pendant une seconde, Stefan regretta son impertinence et son manque de tact. « Caroline ne devait pas avoir besoin de ça ! ». Mais bientôt, les doigts de Caroline vinrent effleurer les siens, abandonnés dans l'herbe, et sa bonne humeur fut soudain remplacée par une bouffée d'un désir angoissant.

- Ne rigole pas avec ça ! Bafouilla-t-elle encore. Je pourrais te prendre au mot

Pendant un long moment, Stefan observa son amie. Elle gardait ses grands yeux bleus résolument baissés sur ses genoux tandis que ses joues rosissaient délicatement. Le rideau de ses cheveux lui dissimulait en partie son visage mais toute sa silhouette trahissait une angoisse apeurée. « La même que celle qui le nouait, lui, en cet instant ? » Espéra-t-il sans pouvoir réellement y croire. Mais, lorsque soudain Caroline vint déposer un baiser sur sa joue, à la commissure de ses lèvres, il se figea.

Il n'eut pas le temps de réagir que déjà son amie bondissait sur ses pieds, ôtait son t-shirt et faisait glisser son short jusqu'à ses pieds, dévoilant un prudent maillot de bain une pièce bleu ciel, avant de se jeter dans l'eau sombre du lac.

Pendant une éternité, Stefan resta hypnotisé par la surface inerte de l'eau.

Puis Caroline réapparut, le tirant de sa léthargie. Il se leva, ôta son t-shirt et son jean, et effectua un plongeon parfait qui le mena sous la surface du monde, loin des sons de toutes vies et de ses sombres pensées.

Lorsqu'il réapparut à la surface quelques minutes plus tard, il avait l'impression qu'il avait abandonné toutes ses préoccupations et sa tristesse au fond du lac, et lorsqu'il croisa le regard et le sourire timide – mais lumineux - que Caroline lui adressait, il réalisa qu'il n'avait pas besoin d'autre chose qu'elle en cet instant. Elle était comme un baume sur son cœur et sa conscience.

Lentement, il nagea à sa rencontre. Elle ondulait au rythme de ses battements de jambes mais ne s'éloigna pas lorsqu'il s'arrêta à quelques centimètres à peine d'elle. « Pourtant, son regard était soudain emplit d'une hantise évidente ». Nota Stefan.

- On n'est pas obligé de faire quoique ce soit… Lui sourit-il tendrement.

- Mais… J'en ai envie. Confessa la jeune femme. Je suis fatiguée de me demander comment ça sera la première fois, d'avoir peur… Et…

Et ?

Et je préfère que ça soit avec toi qu'avec un autre

Stefan déposa un baiser sur le front de la jeune femme avant de les rapprocher l'un et l'autre de la rive.

- Je ne veux pas te faire mal. Dit-il lorsqu'ils eurent rejoint la rive. Je te l'ai dit : Je ferais tout ce que tu voudras… Alors, tu devrais attendre d'être prête…

- Mais je suis prête ! S'exclama la jeune femme avec véhémence, alors qu'un flot de larme inondant ses yeux contredisait ses propos.

Comme toujours son caractère volontaire arracha un sourire à Stefan.

- Tu es sure ?

- Je suis sure !

Le sourire de Stefan se teinta de tendresse.

- D'accord !

Les larmes de Caroline disparurent derrière un sourire timide.

Doucement, Stefan la poussa à s'étendre sur le tapis d'herbe humide qui entourait le lac. Pendant un long moment, penché sur la jeune femme, il se contenta de l'observer. Elle était belle. Elle l'avait toujours été. Mais à présent, elle était également dotée d'une force que son compagnon ne put s'empêcher de lui envier. Elle était si courageuse, si resplendissante… Il pourrait se perdre en elle, il en avait la conviction.

Il se pencha et effleura les lèvres joliment dessinées de Caroline d'un baiser. Il sentit la jeune femme frissonner sous lui et aussitôt, s'écarta. Mais elle le ramena à elle d'une main doucement posée sur sa nuque.

- Tout ce que je veux, tu as dit ! Lui rappela-t-elle dans un murmure en attirant de nouveau les lèvres de Stefan jusqu'aux siennes.

Délicatement, il recouvrit la bouche de sa compagne de la sienne. Anxieusement, il laissa sa langue venir aguicher la chair pulpeuse des lèvres de Caroline. Il sentait son souffle, chaud et agité, venir à la rencontre du sien. Pendant longtemps, il ne chercha pas à forcer le barrage de cette bouche, il se contenta de jouer avec, de la caresser avec douceur, de la réchauffer. Et puis, dans un soupire soulagé, il sentit enfin Caroline se détendre sous lui et les lèvres de la jeune femme s'entrouvrir pour laisser venir à lui la langue de son amie. Insensiblement, craintivement, elles entamèrent un balai langoureux, lent et hypnotique. Au fur et à mesure que les craintes des 2 amis s'estompaient, la langueur de leur baiser s'intensifiait et le désir venait lentement grisé leurs esprits. Stefan écrasa la jeune femme sous son poids et il la sentit venir entremêlé ses doigts entre les cheveux qui se dressaient sur sa nuque. Il laissa ses mains caresser délicatement le corps de la jeune femme contre lui. A aucun moment, il ne la sentit se dérober sous lui, ou tressaillir d'angoisse. Un sourire heureux étira ses lèvres et il se sépara de la jeune femme pour le lui offrir.

Il fallut un instant à Caroline pour revenir à la réalité et, lorsqu'elle croisa le regard complice que Stefan posait soudain sur elle, elle haussa un sourcil surprit.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Ne put-elle s'empêcher de demander, surprise et agacée que Stefan mette fin à un baiser qui lui avait fait oublié le reste du monde.

Stefan ne répondit rien Au lieu de ça, son sourire se teinta de d'une heureuse satisfaction et il reprit possession des lèvres de la jeune femme. Caroline l'accueillit avec reconnaissance.

Puis, elle sentit la main de Stefan remonter le long de sa jambe, parcourir sa hanche et ses côtes, avant de se perdre sur son épaule et sa nuque où, soudain, l'attache de son maillot de bain lâcha. Ses propres paumes parcoururent le torse si parfait de son compagnon, ses épaules carrées, ses abdominaux si fermes et si bien dessinés, son dos, la cambrure de ses reins… Le désir se réveilla en elle, ravivant la douleur qui ne semblait pas vouloir quitter ses entrailles dans ces moments là. Mais cette fois, Caroline était bien décidé à ne pas laisser sa peur et sa douleur se mettre entre elle et ce qu'elle voulait. Et ce qu'elle voulait en cet instant, plus que tout autre chose, c'était sentir Stefan en elle, les sentir ne faire plus qu'un… Elle voulait que le plaisir l'étourdisse et que sa perception du monde défaille…

Prudemment, Stefan fit descendre le maillot de bain de Caroline sous ses seins, puis sous ses fesses, puis finalement par delà ses chevilles. Il n'avait pas besoin de regarder sa compagne pour savoir qu'elle était magnifique nue, mais il avait peur de se remémorer la dernière fois où il l'avait tenu ainsi entre ses bras. Elle était brisée à l'époque ! Aujourd'hui, il voulait espérer qu'elle allait mieux, qu'elle allait bien…

Il repoussa les images de cette soirée fatidique loin de ses pensées. La Caroline qu'il pressait de son corps en cet instant était toute autre. Le souffle court, elle levait un regard grisé de désir sur lui. Ses mains, maladroite, cherchait une prise à la lisière de son boxer de bain pour le lui ôter mais l'impatience la rendrait fébrile et gauche. Stefan sourit et se défit lui-même de son ultime vêtement. Il était à peine nu que les doigts froids de Caroline saisissaient sa verge et l'attirait entre ses cuisses écartées.

Devant l'impatience de son amie, Stefan s'écarta. Ébahi, il découvrit que, dans le bleu des yeux de Caroline, le désir avait laissé la place à une sorte de colère. Il s'écarta d'avantage sous le regard ulcéré de la jeune femme.

- Caroline ? Murmura-t-il en forçant la jeune femme à croiser son regard.

Mais cette dernière se déroba.

- Parles-moi ! Lui intima-t-il doucement.

- Je voudrais que ça soit déjà finit ! Finit par avouer la jeune femme tandis que ses yeux s'emplissaient de larmes.

- Finit ? Répéta le jeune homme tandis qu'une boule douloureuse lui nouait soudain l'estomac.

Pendant une longue minute, il observa sa compagne. Comment avait-il pu croire qu'elle allait aussi bien qu'elle s'évertuait à le lui faire croire, et plus probablement, à se le faire croire également ? Sous le regard inquiet et scrutateur de son ami, Caroline rougit.

- Je… J'ai peur ! Avoua-t-elle dans un souffle.

Stefan laissa échapper un sourire triste.

- Le contraire aurait été étonnant !

- Mais je ne veux plus avoir peur ! Protesta la jeune femme en ravalant ses larmes.

- On peut y aller doucement… Suggéra Stefan dans un sourire tendre.

- C'est-à-dire ? Bouda la jeune femme. Je ne veux pas attendre une décennie

- On pourrait commencé par te faire redécouvrir ce qu'est le plaisir… ? Suggéra Stefan.

Ce qu'il sous-entendait fit rougir Caroline jusqu'à la racine des cheveux.

- Développe… Lui accorda-t-elle néanmoins d'un ton toujours boudeur.

Avec un sourire franc cette fois, Stefan déposa une baiser rapide sur les lèvres de la jeune femme… avant de descendre le long de son cou, jusqu'à la pointe d'un sein qu'il agaça résolument pendant une longue minute, avant de couler finalement tout droit entre ses cuisses. Dans un hoquet de surprise, Caroline sentit la chaleur et l'humidité de la langue de Stefan venir taquiner ses chairs les plus intimes. Elle tenta de protester mais un frisson de plaisir, né sous le jeu de la langue de Stefan, la coupa presque aussitôt.

Abasourdie par l'audace de son compagnon – et, elle dut le reconnaître, par la bouffée de timidité et de honte que suscitait en elle sa position actuelle, elle ne réalisa que quelques secondes plus tard ce à quoi Stefan la soumettait, alors que le plaisir qu'il lui procurait la laissait déjà pantoise. La bouche de son magnifique compagnon semblait recouvrir entière son sexe, et les caresses tantôt délicates, tantôt déterminées, que la langue de Stefan infligeait à la chair gonflée et humide qui s'y trouvait, semblait emplir graduellement la moindre parcelle de son corps d'une bouffée de chaleur étourdissante. Bientôt, elle sentit son esprit vaciller sous les à-coups courts et rythmés auxquels son clitoris était soumit. Tantôt suçoté avec force, tantôt délicatement caressé, le jeu de Stefan la menait inexorablement au bord du gouffre du plaisir. Elle se cambra en gémissant et en criant lorsque, lors d'un énième assaut, elle jouit dans un hoquet de surprise.