Pour ce chapitre je vous conseille d'avoir Sin With Sebastian -Shut up and sleep with me- dans la tête ;)

Dédicace à Nemerys pour cette chanson haha !

Bonne lecture :D


La réminiscence

Danny ouvrit les yeux, debout dans son jardin. Le vieil homme en gris était toujours appuyé sur son bâton.

- Et qui êtes vous vous ?

- Vous connaissez mon nom mais vous ne savez pas que c'est le mien. Je suis Gandalf. Et Gandalf c'est… moi.

Danny resta bouche bée. Diable ! Il savait très bien qui était Gandalf ! Mais à ce propos, comment le savais-t-il ?…

- Pas le magicien errant qui nous racontait dans les réunions de si merveilleuses histoires de dragons, de géants, de la délivrance de princesses et de la chance inespérée de fils de veuves ? Pas le Gandalf qui faisait de fantastiques feux d'artifices ? Ah ! Je me les rappelle ceux là ! Le vieux Took en avait toujours à la fête de la Saint-Jean. Ainsi vous êtes toujours en activité…

- Et où voudriez-vous que je sois ? dit le magicien l'air bougon. Enfin… Je suis content que vous vous souveniez un peu de moi. Même si ce n'est que pour mes feux d'artifices. Oui, je pense que vous êtes la bonne personne.

- Bonne personne ?

- Je vais vous lancer dans une aventure…

- Quoi ? Non, non, non…

- … Ce sera très bon pour vous… Et des plus amusant pour moi.

- … Non ! Je regrette ! Je ne veux pas d'aventures, merci. Pas aujourd'hui. Bonjour ! Mais venez prendre le thé demain -quand vous voudrez ! Pourquoi pas demain ? Venez demain. Au revoir !

Sur quoi, Danny se détourna du magicien et se réfugia à toute vitesse derrière sa porte ronde, qu'il ferma vivement, tout en tentant de rester le plus polis possible.

Soudain il se rendit compte de ce qu'il venait de faire et se demanda pourquoi il l'avait inviter à venir prendre le thé. Quelle idée saugrenue. La journée passa normalement, et le lendemain il avait complètement oublié Gandalf.

Aussi lorsque la sonnette retentit, il leva des yeux interdit vers la porte. Il délaissa son repas, et courut dans l'entrée.

C'était un nain à l'air dur, au physique battit pour les batailles, des tatouages sur le crâne, et une silhouette vraiment imposante.

Tiens, il lui rappelait Daniel.

- Dwalin, pour vous servir.

Danny n'en crut pas ses oreilles. Le nain venait de se présenter par le surnom de Daniel. Et d'ailleurs, instinctivement, Danny avait sut que c'était un nain. Mais comme lui était plus petit, qu'était-il ?

- Bilbo Baggins, à votre disposition, dit-il.

Mais non, il avait voulu se présenter en tant que Danny Williams, pas en tant que Bilbo Baggins.

Il l'invita à entrer, un peu perturbé. Ils n'étaient pas à table depuis bien longtemps lorsque la sonnette retentit à nouveau.

Danny s'en fut répondre à la porte.

- Balin, pour vous servir.

- Bonsoir, murmura Danny suffoqué.

- Oui, oui, il fait bon. Je vois qu'ils ont déjà commencé d'arriver.

Le nain qui entra était la copie conforme de Bastien. Là ce rêve devenait un peu angoissant. Ses deux invités trouvèrent sans mal le chemin des réserves et commencèrent à s'y servir. Danny allait leur dire sa façon de penser quand à nouveau on le demanda à la porte. Il fut tellement surpris qu'il piétina sans mot dire jusqu'à l'entrée. Il ouvrit sa porte sur Kili et Fili qui avait juste des cheveux longs et de portaient la barbe.

- Fili…

- Et Kili…

- A votre service !

Comme c'était similaire à sa rencontre avec les deux frères.

- Vous devez être monsieur Boggins, déclara gaiement Kili.

Outré que le nain écorche son nom, Danny se renfrogna.

- Non vous n'entrez pas, vous vous trompez de maison.

- Quoi ? Ça a été annulé ? s'inquiéta Kili.

- Personne ne nous a prévenus, renchérit Fili.

- Quoi ? Annulé ? Non rien n'a été annulé, assura Danny sans savoir de quel sujet il était question.

- Ha je préfère ça, souffla Kili en s'imposant pour rentrer suivit de son frère qui exagéra sa démarche comme si c'était un prince.

Danny n'insista pas non plus quand Fili se servit de lui comme d'un porte-manteau. Là ils devenaient envahissant. Un ultime coup de sonnette le poussa hors de ses gonds. Il jeta toutes les affaires de Fili sur le sol et marcha rageusement sur la porte. Lorsqu'il l'ouvrit, il faillit s'étrangler.

Gandalf se tenait derrière huit nains qui s'étaient étalés à ses pieds. Chacun portant le visage des hommes qu'il avait rencontré plus tôt. Et il ne cru plus à une coïncidence lorsqu'ils se présentèrent respectivement sous les noms Ori, Dori, Nori, Oin, Gloin, Bifur, Bofur, Bombur.

Danny, tout en rouspétant après ces nains, était en train de se demander si il était en train de faire un amalgame entre la réalité et son imagination débordante ou si c'était plus tordu que cela.

Et quand on frappa à la porte une dernière fois, et que Gandalf ouvrit à un nain au visage de Tom se prénommant Thorin, c'en fut trop pour Danny.

Il se réveilla en sueur. Tout était calme dans la voiture. Il était allongé à l'arrière, une ceinture passée sur son ventre, une veste, la veste de Tom -qu'il était gentleman-, sur lui. En regardant par la fenêtre il remarqua que la pluie avait commencée à tomber. Il se releva maladroitement et s'assit comme il pu, tout les membres engourdit.

- Tu es réveillé, enfin, soupira Tom. Tu as dormi deux bonnes heures.

- Deux heures, s'étrangla Danny.

Il remarqua que le voisin de Tom était Daniel.

- On a fait une pause pour manger et on a échangé les voyageurs, lui indiqua ce dernier avec un grand sourire.

Danny pensa qu'il était bien moins effrayant que dans son rêve. Certes il était tout aussi barbus, mais son crâne était entièrement chauve ce qui diminuait l'aspect dangereux, et il n'avait pas de tatouages -excepté sur les avants bras.

- On a mit les garçons dans la voiture de Bastien.

- Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'est arrivé.

- Tu dois être en manque de sommeil. Mary m'avait prévenu que tu avais tendance à être insomniaque et perpétuellement fatigué, ce qui provoquait des malaises.

- Et depuis quand t'entends-tu si bien avec ma sœur, pour parler de moi derrière mon dos, demanda sèchement Danny sur le ton de la rigolade.

Tom éclata de rire, mais prit soin de ne pas répondre. Danny se massa la nuque et fit craquer son dos. Il était encore un peu mal. Il sentait que cela allait revenir. L'impression d'aspiration.

- Est ce que ça vous dérange si je me repose encore un peu ?

- Absolument pas, répondit joyeusement Daniel.

Danny se rallongea donc, et il eu raison car à l'instant où sa tête se posa sur le siège, il fut replongé dans ses étranges rêves.

Il n'était pas à l'aise sur son poney. L'animal devait le sentir et s'en amuser car il était un peu taquin et avait des mouvements brusques qui effrayait Danny. Le crin de cheval lui démangeait horriblement le nez et s'étant rendu compte qu'il avait oublié son mouchoir -celui où sa mère avait brodé ses initiales B.B- on lui avait donné un bout de vêtement -un torchon en vérité- qu'il se refusait à utiliser.

En parlant de ses initiales, depuis quand B.B était les initiales de Danny Williams ? Il avait un problème avec l'alphabet ou bien ?

- C'est une belle journée pour partir à l'aventure Bilbo, lui dit Gandlaf qui chevauchait près de lui.

Le magicien semblait complètement satisfait de la tournure des événements. Danny ne lui répondit pas.

- Enfin Bilbo, j'espère que vous apprécierez ce petit voyage.

- Moi aussi…

Gandalf lui lança un regard plein de compassion.

- Ce sont des souvenirs.

Danny fronça les sourcils.

- Je vous demande pardon ?

- Ces rêves sont vos souvenirs Danny. Ceux d'une autre vie.

Danny, prit par la surprise faillit tomber de son poney.

Il se réveilla encore une fois à court de souffle. La voiture était arrêtée sur une aire d'autoroute. Il en sortit, chancelant. Les autres voyageurs étaient assis à des tables de pierre en train de grignoter.

Il les rejoignit, se trouvant un peu idiot.

- Alors belle au bois dormant, bien dormit ? ricana Byron.

- Très drôle… Et oui ça va. Encore désolée.

C'était la première fois qu'il se retrouvait avec tout les yeux de la compagnie braqués sur lui, et il trouvait la situation particulièrement gênante.

- Tu croques un bout avec nous ? lui proposa Oan.

Danny accepta volontiers et s'assit avec eux pour casser la croûte. Les paroles de Gandalf ne cessait de lui revenir. C'était un rêve, il le savait, pourtant il ne pouvait pas s'empêcher de croire qu'ils pouvaient peut être s'agir de souvenirs.

- Et sinon Danny, par rapport à ce qu'on disait avant que tu t'endormes comme un paresseux, tu peux toujours nous aider ? vint lui demander Kili.

Danny qui avait la bouche pleine, pointa son doigt sur l'adolescent et finit d'avaler.

- De un, je ne suis pas un paresseux, …

- Mais c'est mignon.

- … de deux, -non c'est pas mignon- je n'ai pas dit que je vous aiderais. Votre chanson me semble tout à fait appropriée, elle se suffit à elle même, pas besoin d'en rajouter.

- Mais, intervint Fili, on pensait qu'écrire quelque chose, une histoire, comme un conte, nous plongerait plus dans le thème du voyage.

- A la vérité, je pense sincèrement que la chanson suffit. Elle décrit très bien les événements qui nous pousse à partir aujourd'hui.

Kili fit la moue. Sûrement aurait-il définitivement voulu un écrit.

- Sinon moi j'aimerais savoir pourquoi je ne suis pas un nain, mais un hobbit, enchaîna Danny. Je ne sais même pas ce que c'est.

- Il vous ont traité de hobbit ? s'étonna Noan.

Danny fit un mouvement affirmatif de la tête.

- Et ben mes couillons, leur lança Brendon avec un sourire narquois. Z'y allez pas avec le dos de la cuillère.

Danny se sentit insulté. Dans la bouche des adolescents, ''hobbit'' n'avait pas eu l'air d'une insulte, mais avec la réaction de Brendon, il cru compris que ça n'avait rien d'amical.

- Mais quoi ? défendit Ori. Danny n'a pas la carrure d'un nain. Il fait bien plus hobbit.

- Mais qu'est ce que c'est ? intervint Danny.

- Un hobbit, monsieur Williams, est un semi-homme. Petite taille -généralement pas plus d'un mètre 20-, aux grands pieds recouverts de poils soyeux, cheveux ondulés, petites oreilles pointues, et capable de passer tout à fait inaperçu.

Danny faillit s'étouffer. C'était exactement comme ça qu'il était dans ses rêves. Byron lui donna une grande tape dans le dos. Finalement ''hobbit'' n'était pas un terme péjoratif.

- Il est vrai que vous ressemblez beaucoup à un hobbit, reconnut Ghiles en lui proposant une bouteille d'eau que Danny accepta avec joie.

- Vraiment ?

- Vous êtes grand, plus grand qu'Ori et Kili au moins, mais vous êtes tout menu et vos cheveux sont tout ondulés.

- On dirait que vous en prenez grand soin, dit Driss en riant.

Danny se retint de faire tout commentaire à propos de la collection de produits de soin capillaire de Tom. Il fut donc officiellement décidé que Danny serait le hobbit de la compagnie. Cela faisait de lui une sorte de mascotte. Après quelques échanges, constata avec plaisir que tout les membres de la compagnie étaient de fervent adorateur d'héroïc fantasy. Il se sentait dans son élément, et ce fut tout naturellement que la gêne le quitta et qu'il se retrouva, comme Tom le lui avait dit, tout à fait intégré au groupe.

Ils commençaient à ranger pour reprendre la route quand le premier incident du voyage arriva. Danny récupérait les déchets et se chargeait de les mettre à la poubelle avec Ori. Quand ils eurent finit, il retournèrent vers le groupe. Et bien évidemment c'est quand Tom interpella Danny que le téléphone de celui-ci se mit à sonner.

Shut up and sleep with me why don't you sleep with me come on and sleep with me Shut up and sleep with me come why don't you sleep with me Shut up Shut up and sleep with me come why don't you sleep with me Shut up…

Danny attrapa si vite son téléphone qu'il aurait pu rivaliser avec Lucky Luke ! Il décrocha l'appel entrant et vissa son portable à son oreille.

- Danny ?

- Myles ! T'es sérieux ! Sin With Sebastian !?

- Ha t'a aimé ma petite surprise ?

- Non !

Myles était mort de rire à l'autre bout du fil. Autour de Danny, les autres membres du voyage lui lançait de petits regards amusés. Aussitôt qu'ils avaient entendu le nom de Myles, Fili et Kili avait relevé la tête et s'étaient approchés. Mais pour Danny le plus important du moment c'était d'échapper au regard de Tom. Ils se regardaient dans les yeux à l'instant où la musique s'était fait entendre et Danny n'avait pu s'empêcher s'imaginer chanter ça à son voisin. Ce qui évidemment le mettait un peu mal à l'aise. Comme il aurait aimé égorger Myles en cet instant.

- Ben ça t'apprendra à abandonner ton meilleur ami, reprit ce dernier. Tu m'as jamais parlé d'un voyage en amoureux.

- En amoure-… Mais n'importe quoi d'où tu sors ça ?

- C'est Myles ? demanda furtivement Fili.

Danny hocha la tête.

- Mary m'en a parlé ce matin quand je lui ai demandé pourquoi tu n'étais pas chez toi.

- Myles j'aimerais que tu comprennes que tu n'es pas le centre de mon monde…

- Non en effet plus maintenant qu'un certain voisin des plus attirants t'a porté jusque dans ton lit, coupa son ami.

Merde. Il était au courant pour ça aussi ? Danny allait devoir faire une petite mise au point avec sa sœur par rapport à sa vie privé. Comme il espérait que Tom ignore de quoi ils parlaient -de qui en vérité.

- Bon Myles je raccroche.

- Quoi tu ne m'aimes plus ? Tu demandes le divorce !?

Danny roula des yeux. Que Myles était dramatique.

- Salut.

- Dannyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy…

La coupure fut brutale. Danny attendit quelques secondes avant d'oser se retourner vers Tom. Ce dernier était partit s'occuper du rangement de la voiture. Évidemment, c'était pas sa nounou, il n'allait pas rester près de lui pour toujours.

Danny soupira profondément et rangea son téléphone, un peu déçu. Soudain, sans raison, il se mit à suffoquer et tomba à genoux. Sa vision se brouilla. Il entendit le lointain écho de Fili qui appelait Tom. En quelques instants, son voisin était sur lui.

Comment diable avait-il fait pour couvrir la distance qui les séparait en si peu de temps ?! Avait-il des super pouvoirs de téléportation ?

- Danny ? l'appela Tom paniqué.

Le décor changea autour d'eux. Tout devint vert. Des plaines et des collines à perte de vue. Et ce n'était plus Tom qui le soutenait.

- Thorin ? Murmura Danny d'une voix brisée.

Il sentit les mains qui le tenait trembler violemment. Puis tout redevint normal. Mais pas pour Danny. Il eu l'horrible impression d'avoir un trou de mémoire et oublia complètement ce qui venait d'arriver.

- Tom ? Que c'est-il passé ? J'étais au téléphone avec Myles et...

Et rien. Pas moyen de savoir ce qui s'était passé pour qu'il soit à terre dans les bras de son voisin, la compagnie penchée sur lui.

- Tu… tu vas bien ? demanda Tom d'une voix blanche.

- Heu oui… Je crois. J'ai encore fait un malaise c'est ça ?

Tom ne répondit pas.