Auteur: Yuna Asakura

Pairing: AiUno, SoiUlqui et UkiUno.

Rating:K+

Résumé: SoiFon Unohana, 16 ans, vit, à Senbonzakura, depuis qu'elle est toute petite avec sa mère – Retsu, 36 ans, médecin de renom et directrice respectée de l'hôpital local – son petit frère – Toshiro, 15 ans, adolescent taciturne et adulé par ses camarades de classe – et sa petite sœur – Yachiru, 5 ans, concentré d'énergie et de joie adoptée 4 ans plus tôt.

La vie de SoiFon n'est pas triste, mais une chose lui manque pour parfaire son bonheur : Son père.

Lorsqu'un soir, elle rencontre par hasard, sur un quai de gare, un homme lui parlant de sa mère, tout commence…

Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo sauf certains qui m'appartiennent mais qui ne sont pas très importants.


Chapitre 10 : Bee's tears in the Suzumebachi

Retsu finissait de ranger la cuisine en se demandant si elle ne ferait pas mieux de renoncer à ses projets pour l'après-midi. Yachiru l'observait, cachée sous la table. Elle vit le balai passer à côté des pieds d'une chaise tout près d'elle. Le pied fin de sa mère écarta ladite chaise pour faciliter l'accès au balai.

L'instrument de nettoyage toucha Yachiru qui attrapa le bas du manche. Un étage plus haut – au sens figuré, mais sur un plan technique, c'est l'étage au-dessus – Retsu tirait sur son balai qui refusait de revenir. Elle se baissa et aperçut le visage de Yachiru.

« Coucou miss, tu me rends mon balai s'il te plait ?

-Non.

-Allez Yachiru, rends moi mon balai.

-J'ai pas envie.

-Yachiru.

-Je veux pas ! »

La petite fille avait cet air buté qu'arborait souvent SoiFon.

Finalement, songea la mère. Elles ne sont peut-être par sœurs de sang, mais elles se ressemblent d'une certaine manière.

Retsu lâcha provisoirement l'objet et se posa à côté de Yachiru. Elle se souvint alors des jeux auxquels Juushiro, Shunsui et elle avaient joué lors de leur enfance. Elle se souvint de sa mère qui cuisinait au-dessus d'eux, de son père qui venait prendre connaissance des menus pour les Ukitake. Elle appartenait aux Unohana, la famille au service de celle de Juushiro.

En repensant à tout cela, elle attira Yachiru contre elle et embrassa le haut de la tête rose. Yachiru lâcha également le manche du balai, se retourna pour se blottir contre sa mère. La main pâle et chaude de la mère vint se placer sur la tête de l'enfant, qui ne remua pas. Les lèvres de Retsu s'étirèrent en un sourire doux.

« Dis moi poussin, il y a quelque chose qui te tracasse ?

-Shiro-niisan…

-Oui, mon ange continue.

-Il a dit que tu aimais le monsieur à lunettes qu'on a vu quand on est allé à l'école d'Oniisan…

-C'est vrai, ma puce… et ?

-ça veut dire que tu aimes plus ?demanda timidement Yachiru en levant de grands yeux larmoyants vers Retsu.

-Bien sur que non, mon chou, je t'aimerai toujours quoi qu'il arrive, pareil pour Toshiro et SoiFon, répondit Retsu sur un ton proche de l'effarement. C'est pour ça que tu te cachais sous la table ? »

La petite fille ne répondit pas et plongea ses yeux chocolat dans la nuit qu'était ceux de sa mère.

« Promis ? Finit-elle par dire.

-Promis…chuchota Retsu. »

Et comme pour sceller cette promesse, elle baisa le front de Yachiru.

Baiser sur le front, protection, disait sa mère.

Elles restèrent encore un moment blotties sous la table de la cuisine, jusqu'à ce que Toshiro trouve la cuisine déserte et crie :

« Okaasan ! Imouto-chan ! Où êtes-vous ?!

-Sous la table, répondit calmement Retsu.

-Sous la table ?! »

Il éclata de rire, mais finit tout de même par regarder sous la table.

« Et qu'est-ce que vous faites sous la table ?

-On discute ! fit Yachiru en prenant un air important.

-Et de quoi ?

-C'est un secret, na ! On sort d'ici Okaasan ! »

Yachiru s'échappa des bras de sa mère, on entendit ses pas dans les escaliers puis plus rien.

Toshiro tendit la main vers sa mère comme pour l'aider à se relever. Elle observa les yeux turquoise de son fils et au fond, elle réussit à y voir une once de colère mais aussi une pointe de culpabilité.

Finalement, elle prit sa main et sortit de sa cachette.

Ce fut ensuite SoiFon qui débarqua dans la cuisine et débita d'un seul coup :

« M'man, je suis désolée si tu as prévu un truc cet aprem' mais je peux pas venir avec vous. A+ »

La brune s'enfuit en courant par la porte d'entrée. Dehors, il faisait froid, d'épais nuages noirs peuplaient le ciel, les hirondelles étaient parties et le vent soufflait (dans les saules non…) dans les branches nues des arbres. Elle courut jusqu'au Suzumebachi. Il n'était pas encore arrivé, elle s'assit donc au bord de l'eau et consulta sa montre : elle était un peu en avance. L'eau dans le canal produisait de petits clapotis réguliers, elle s'engouffrait sous le vieux pont et continuait son chemin pour se jeter dans le Saishi 200 mètres avant le Hyonrinmaru, 500 mètres après le Minazuki et 800 mètre avant le Kusajishi.

Pour les autres, ce n'était qu'une simple berge ; pour SoiFon, c'était un coin de paradis. Vous savez, ces endroits que vous découvrez par hasard au détour d'un chemin ou dans une forêt, ces endroits que vous voudriez faire connaître à tout le monde pour leur prouver qu'il existe le paradis, mais dont vous ne parlez jamais pour les garder secrets.

Lorsqu'une main se posa sur son épaule, elle sursauta, se retourna en une demi-seconde et mit le propriétaire de la main à terre. Le pauvre Ulquiorra toucha douloureusement terre.

« Oh ! Désolée Ulquiorra ! Je croyais que c'était… En faite je ne savais qui c'était…

-C'est…c'est rien. »

SoiFon l'aida à se relever et ils s'assirent face à l'eau.

« Alors qu'est-ce que tu voulais me dire de si important ?

-Mon père est muté… Ma mère est une étrange personne, tu sais… Elle préfère partir sans rien dire… Nell n'est même pas au courant, et moi, elle me l'a dit hier soir.

-Mais et… les cours ?! On était supposé reprendre après-demain !

-Apparemment, Shihōin-san le savait également et il se trouve qu'elle a aidé ma mère à me trouver une école dans le style de la notre…

-Oh… et comment s'appelle la ville où tu vas ?

-Benihime et l'homologue de Shihōin-san, s'appelle Urahara si je me souviens bien…

-Oh ! C'est là où j'ai fait mon stage ! Tu vas voir, tu vas bien t'amuser !

-Mais, je ne serai plus avec toi…et les autres…

-On pourra se voir pendant les vacances et quand on se retrouvera on sera encore plus heureux. »

SoiFon baissa la tête comme si elle avait du mal à croire en se qu'elle disait. Elle se sentait désemparée et surtout, triste. Elle ne voulait pas pleurer mais ses glandes lacrymales n'étaient pas d'accord sur ce point.

« Et… SoiFon, regarde-moi s'il te plaît. »

Et c'est son visage ruisselant de larmes qu'elle leva vers lui.

« Je suis désolée, je ne voulais pas pleurer… c'est que tu vas quand même me manquer…»

Brusquement et en rougissant, il la prit dans ses bras.

« Je sais, moi aussi…chuchota-t-il. Et puis j-»

Thinks of the world
Imi nado nai to iu no ni Soko ni
Thinks of our world

Avec un petit regard d'excuse, il la lâcha et décrocha son portable.

« Oui. Oui, j'arrive ! J'arrive je te dis ! C'est ça à tout de suite ! »

Il raccrocha.

« Tu dois partir maintenant, c'est bien ça ?

-Oui…

- Tu ne nous oublieras pas ?

-Je n'oublierai jamais les personnes avec qui j'ai passé de merveilleux moment !

-J'aime pas quand tu parles comme ça, ça fait film à l'eau rose ! »

Ils rirent et soudain Ulquiorra retrouva son sérieux.

« SoiFon, je veux que tu saches, j'aurais dû te le dire plus tôt, mais je n'oublierai pas, parce que je… Je t'aime. »

Sans prévenir, il l'embrassa. C'était un baiser maladroit, mais il fit perdre tous ses moyens à SoiFon qui rougit à son tour tandis que ses yeux à peine secs, se remirent à produire des larmes.

« Pardonne-moi… »

L'instant d'après, il n'était plus là et SoiFon s'effondra…