Bonsoir bonsoir ! Je publie ce chapitre en ayant déjà écrit (presque) la fin de la fic. Du coup, ça me rend un peu tristoune. En même temps, je suis vachement fière d'avoir tenu une histoire de bout en bout dans un assez bref laps de temps. \o/ Mission accomplie quoi.

Bref résumé : Harry et Draco, après leur réveil, ne comprennent pas grand chose aux réactions de... de tout le monde en fait. Blaise, devant la salle de Potions, insulte vaguement Potter et Draco lui gueule qu'il parle sans le connaître, en jeune pucelle qu'il est devenu. Enjoy !


DRACO SANS HARRY ET HARRY SANS DRACO

Chapitre 10 : Où l'on a renoncé à comprendre


- Tu parles sans le connaître !

Après ce cri du cœur de demoiselle amoureuse, il était difficile, voire impossible, pour quiconque de reprendre contenance. Mais n'oublions pas qu'il n'avait pas été poussé par n'importe qui mais bien par Malfoy, le petit roi de la rhétorique.

Une remarque à ce propos : il faut l'excuser si certaines paroles trop pâquerette s'échappaient ces derniers temps de sa bouche. Soyez certains que si ses souvenirs n'avaient pas été modifiés, jamais il n'aurait toléré un tel degré de poufsoufflerie de sa part. Rappelez-vous seulement qu'il n'était plus vraiment lui-même, sous l'emprise de ses souvenirs faussés.

Il était, le pauvre, dupé par sa propre mémoire. On peut dire qu'il ne se possèdait plus. Bref, Draco n'était donc pas sincèrement devenu un débiloïde sans cervelle, fou de passion pour l'Elu. Il croyait l'être, tout simplement. Toutefois, n'oublions pas que la foi, c'est croire envers et contre tout, en dépit des preuves, des oppositions, des faits eux-même.

Et Draco et Harry, après leur réveil, avaient une foi absolue en leur nouveau passé. Draco supposait que quelque chose d'anormal s'était passé dans l'alcôve, mais, vous-mêmes, réfléchissez bien : est-ce qu'à chaque événement étrange vous accusez et remettez entièrement en cause toute votre mémoire ? Non, la mémoire, justement, c'est notre amie fidèle...

Il y a peut-être une seule chose qui pourrait vraiment les faire flancher : les témoignages de masse. Mais alors, d'une très, très, très grosse masse.

Malheureusement pour eux, ils étaient tellement perturbés par ce monde qu'ils ne comprenaient pas, que leur confiance en leurs amis respectifs ne cessait de décroître. Que ce soient Hermione et Ron ou Blaise, ils cherchaient tous à séparer Harry et Draco, sans raison apparente.

Plutôt que de penser que le problème venait d'eux-mêmes, ils le croyaient venir des autres – compréhensible. Fin de la parenthèse, revenons-en à notre déclaration d'amour enflammée.

- Tu parles sans le connaître !

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Neville regardait Ron qui regardait Hermione qui regardait Harry qui voulait regarder n'importe qui, sauf Draco. Mais il ne pouvait quitter ses yeux du blond.

Est-ce qu'il avait bien entendu ? Le blond avait-il bien insinué (pour l'esprit peu perspicace de Harry ce n'était qu'une insinuation, pour le nôtre, c'était tout-à-fait explicite) qu'il... enfin, que... Comment formuler ça ? Draco l'avait défendu, voilà tout.

Pour Harry, c'était la naissance d'une sorte de fleur de l'espoir colorée et parfumée s'épanouissant généreusement dans son cœur – mais en même temps de la honte et de la gêne. Beaucoup de gêne. Il ne voulait pas qu'on suppose, à tort ou à raison, une quelconque histoire entre eux deux.

La réaction des autres témoins de la scène, cependant, était bien pire, car eux, contrairement aux deux intéressés, avaient conscience que le Gryffondor et le Serpentard étaient censés se haïr cordialement.

Neville n'arrivait pas à en croire ses oreilles, qui le trahissaient souvent, de toute manière. Malfoy, cet imbécile fini, défendre Harry ? Empêcher Zabini de l'insulter ? C'était incompréhensible. Malfoy adorait, le mot était même un peu trop faible, insulter Harry, c'était un de ses passe-temps favoris. Il adorait lui donner des surnoms dégradants et blessants, lui rappeler que ses parents étaient morts et que lui n'allait pas tarder à les rejoindre. C'était le cours normal des choses.

Mais là, le voir émotif et perdre le contrôle, le voir agir heu... comme... Il n'y avait pas de comparaison possible, mis à part, peut-être, avec le personnage féminin d'un téléfilm romantique américain... C'était effrayant et effarant. C'était comme si Malfoy s'était dévêtu en public et avait balancé son caleçon à la gueule de Snape. Non, même dans une situation aussi improbable, il aurait su garder sa dignité.

xXx

Mais ne nous inquiétons pas trop, Draco avait gardé des vestiges enfouis de son ancien caractère et retrouva, un instant, une répartie digne de ce nom. Peut-être que son ancien Lui se révolta littéralement de sa condition misérable, et tenta de sauver les apparences. Le fait est qu'il réussit à s'extirper tant bien que mal de ce dérapage de pathétisme aigu.

- Tu fais erreur, Blaise, répliqua donc Draco avec une assurance factice. Harry Potter n'est pas une petite connasse. C'est une jeune fille au cœur sensible qui s'endort dans des alcôves, au milieu de la Nature. C'est tout-à-fait différent. Plus noble mais plus ridicule.

Draco avait dit ça avec son petit sourire narquois si habituel que Blaise y crut et sourit à son tour. Le blond avait ainsi eu sa petite vengeance contre Harry, qui l'avait lui-même traité de « jeune fille romantique » la veille au soir, quand ils rentraient de l'alcôve.

Harry, bien entendu, quoique sidéré par l'attitude du Serpentard, ne pouvait pas répondre que Draco Malfoy, lui aussi, était une jeune fille au cœur sensible qui s'endormait dans des alcôves. Ce serait tendre le gourdin au troll pour se faire battre : en effet, ça ne pourrait qu'engendrer d'autres rumeurs, qui grossissant, grossissant, finiraient par raconter que Harry Potter lui-même avait affirmé fourniquer avec Malfoy dans des alcôves en lisant des poèmes champêtres.

Bref, Harry décida de limiter les dégâts, c'est-à-dire de ne pas nier ni répliquer. En silence, il entra dans la classe de potions, accompagné de Ron et Hermione.

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Plusieurs jours passèrent dans cette ambiance étrange, où Draco et Harry se confrontaient régulièrement l'un et l'autre à des réactions d'incompréhension de la part de leurs entourages respectifs.

Tantôt c'était Crabbe et Goyle qui voulaient, ce n'était pas très brillant, envoyer des boules puantes derrière eux, où se trouvaient Harry, Ron et Hermione. Ils se heurtaient au refus catégorique de Draco, ce dernier prétextant qu'ils n'étaient plus en première année et que même en première année, il ne se serait jamais abaissé à faire cela.

Les deux autres Serpentards, perplexes, étaient pourtant persuadés d'en avoir jetées abondamment, et sur ordre de Draco, dans le dos de Potter durant leurs premiers temps à l'école. Mais ils avaient toujours obéi servilement à Malfoy, et même s'il leur semblait changé, plus pensif et moins drôle, ils n'osèrent pas lui faire de remarques et mirent son abattement sur le compte de sa difficile tache, tuer Dumbledore.

Leur imagination, aussi fertile que celle d'une morue, ne pouvait pas concevoir que Draco puisse éprouver autre chose que de la haine envers de Potter. Ils avaient peur du changement et pour eux, tout serait toujours pareil, comme si le futur était du passé. Draco pour toujours leur leader et Potter, leur ennemi juré.

Tantôt c'était Ginny, qui venait parler Quidditch à son ex-petit ami et capitaine d'équipe, et voulait qu'ils élaborent une tactique spéciale anti-Serpentard. Harry, gentiment, lui rappelait alors que la compétition entre les Maisons n'était pas à encourager et qu'il fallait surtout être solidaires, en ces temps durs.

Ginny supposa que le Survivant était trop concentré sur des missions secrètes confiées par le Directeur pour pouvoir pleinement se consacrer au sport. Sa combativité entièrement mobilisée contre Vous-savez-qui, il n'en aurait gardé que peu pour Malfoy. Elle trouvait ce brusque changement incompréhensible mais très raisonnable et le laissa tranquille.

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Les quelques proches des deux garçons, donc, n'osaient pas tellement leur faire part de leur désarroi : après tout, Draco comme Harry étaient considérés comme des héros et, de ce fait, légèrement craints.

Du côté des Serpentards, l'appréhension et la lâcheté clouaient les bouches de la plupart d'entre eux. Que Malfoy passe moins, ou plus du tout, de temps à emmerder Potter, après tout, c'était son problème.

Blaise, depuis l'épisode devant la classe de potions, n'avait pas trop adressé la parole à Draco. Il évitait de lui rappeler son existence, de peur de subir sa vengeance pour l'humiliation que Blaise lui avait accidentellement fait souffrir.

Pansy Parkinson pensait que le blond se confierait de lui-même à elle : au contraire, Dracp était bien content qu'elle ne lui prête aucune attention. Il avait toujours détesté la manière dont elle le collait de bien trop près, agitant indécemment sa poitrine sous son nez. Non pas que ça lui déplaisait, mais il trouvait qu'elle manquait d'amour propre.

Les seules personnes à Poudlard à savoir pourquoi le blond et le brun semblaient en décalage depuis quelques jours, étaient Ron et Hermione. Ils étaient les plus embarrassés par la tournure malencontreuse des choses.

Eux savaient parfaitement que quand Harry niait devant Colin Crivey avoir jamais joué au Quidditch en première année, ce n'était pas par fausse modestie ou à cause de la fatigue mais bien parce qu'il n'en avait aucun souvenir.

C'était comme si lui et le blond évoluaient dans un univers parallèle qui s'était accidentellement superposé à leur monde. Presque tout concordait mais des petits trucs – pas grand chose, mais suffisamment pour que ça se remarque – coinçaient.

Personne pourtant ne contredisait franchement Harry quand il avait tort, même s'il y avait toutefois des échanges de regards, dans un silence pesant. Ron grognait seulement, désespéré de voir son meilleur ami perdu.

Il aurait voulu tout lui avouer. Le plus tôt serait le mieux selon lui. Mais Hermione le lui avait fermement défendu, alors qu'ils se disputaient, une fois de plus, sur la suite des événements.

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- Ecoute, dit Hermione d'un ton fatigué, je sais bien que ça te fait de la peine de le voir comme ça, mais si on lui raconte tout, ça pourrait le rendre fou ! Imagine qu'on te dise soudain que tous tes souvenirs sont faux, qu'ils sont seulement des fantaisies de ton imagination... Que ton identité n'est basée que sur du vent ? C'est comme te dire que tu n'existes pas, que tu t'es toi-même inventé !

Ron était furieux et surtout très triste. Il venait encore d'écouter Harry monologuer sur Malfoy, cet étrange et mystérieux Serpentard, auquel il n'avait jamais prêté attention jusque-là mais qui désormais l'intriguait beaucoup.

Ce blond à l'air si parfait et si profond, tellement différent des autres..

« Mais chut Ron ! Si tu es mon ami, garde le secret, j'ai honte... »

Tout ce baratin sur la fouine ennuyait profondément le roux et éveillait en lui un sentiment de pitié envers son ami, ce qu'il détestait par dessus-tout.

Qui pourrait pourtant ne pas avoir pitié de Harry, alors qu'il tombait peu à peu sous le charme d'un type qu'il prenait pour un saint mais qui lui avait fait les pires crasses du monde, dans une autre vie ?

- Ça ne peut pas continuer indéfiniment ! s'exclama Ron. Il faut bien que ça s'arrête. On a assez joué avec lui, tu ne crois pas ? Il est celui qui souffre ici, sans même plus savoir pourquoi. Qu'importe le choc, il faut qu'il sache la vérité, le laisser vivre dans un mensonge vraiment...

- Mais il était d'accord ! répliqua Hermione avec désespoir. Harry et Malfoy n'en pouvaient plus l'un de l'autre. Ça aussi, il fallait que ça s'arrête, c'était invivable.

Hermione avait les larmes aux yeux. Elle se raccrochait au fait que oui, Harry et Draco avaient désiré ce sort.

- Et tu crois qu'ils sont plus heureux, là, hein ? Tu crois que Harry a plus de temps à consacrer à rechercher Tu-sais-qui ? Bordel, c'est qu'un ado, on est tous des gosses ! Malfoy, c'était la seule préoccupation de gosse qu'il avait, un rival, voilà, juste un rival d'écolier. Des plaisanteries de mauvais goût, certes, mais des farces de gamins. Sans lui, il n'est plus que l'Elu. Il a perdu son identité pour juste devenir son putain de rôle d'Elu !

D'ordinaire, Hermione Granger avait toujours raison. C'était quelque chose de formidable mais d'aussi très embêtant dans les cas exceptionnels où, invraisemblablement, elle avait tort. Elle était si habituée à tout expliquer à son meilleur ami ou à son copain, à être considérée par tous comme une source sûre qu'elle avait du mal à se remettre en question.

Toutefois, elle reconnaissait que Ron était un meilleur tacticien qu'elle car il savait faire une chose qui demande beaucoup de courage, chose dont elle est incapable : foncer sans trop avoir réfléchi. « Sans trop », voilà exactement ce qui était admirable chez Ron : il réfléchissait tout juste assez.

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Pendant cette dispute-là pourtant, elle eut du mal à admettre que Ron avait raison. Elle était la personne qui avait jeté le sort ayant fait de leur meilleur ami un étranger très familier. Elle ne pouvait pas avoir fait d'erreur.

Elle avait auparavant pensé à tout, envisagé toutes les conséquences : Harry et Draco auraient du revenir au présent sans animosité et sans grand intérêt l'un pour l'autre.

Tout semblait s'être passé comme dans ses plans. Harry leur avait raconté tout-à-l'heure, après que Ron lui ait demandé plus ou moins subtilement de le faire, les souvenirs qu'il croyait avoir eus avec Draco.

Le Gryffondor en avait peu, et ils n'étaient pas vraiment palpitants. Ce n'était que de courts échanges entre deux élèves d'une même école. Il leur avait d'ailleurs révélé n'avoir appris son prénom que très récemment.

Sans doute Harry avait-il trouvé l'intérêt de ses amis pour Malfoy assez suspect, mais tout le monde, de toute façon, se comportait étrangement ces derniers temps. Harry supposait que les élèves étaient en manque de ragots et qu'ils avaient jeté leur dévolu sur les deux personnes arrivées en retard au banquet cette soirée-là, voilà tout.

Donc, si on se référait au court récit de Harry, le sort avait été une réussite. Les deux garçons étaient bien revenus sans se connaître vraiment. Alors quand est-ce qu'avait pu s'éveiller cette malsaine attirance ?

Car, sujet de dispute courant encore une fois, Harry et Draco étaient inéluctablement attirés l'un par l'autre. Ça se sentait, aux regards un peu insistants, aux sourires. Et puis, Harry l'avait ouvertement avoué à Ron. Pourquoi ? Comment ? Quand et où ? Tant de grosses questions qui trituraient les méninges des deux meilleurs amis de Harry.

Hermione culpabilisait et le mot n'était pas assez fort. Elle était celle qui avait proposé et jeté le sort, elle était la véritable responsable de la perte de leur ami et de son amour insensé pour cet imbécile fini de Malfoy.

Le pire, c'était que quand elle croisait le Serpentard, elle ressentait une drôle de nostalgie pour son ancien vilain caractère, si enflammé. Elle n'avait pourtant jamais aimé Malfoy et l'avait même, une fois, giflé de toutes ses forces. Mais jamais elle n'aurait pu souhaité, malgré tout ce qu'il avait pu leur faire, voir son regard gris éteint, comme flou.

- Ron, Ron... Je ne sais pas quoi faire, avoua Hermione en pleurant doucement.

- Ecoute, je crois qu'on ne peut qu'attendre. Après tout, c'est toi la voie de la raison, lui répondit Ron avec tendresse, avant de la serrer dans ses bras.

Harry leur manquait tellement !

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Hermione avait remarqué le regard terne de Draco Malfoy. Effectivement, ce dernier était le plus atteint des deux victimes du sort. A chaque instant, il sentait monter en lui une envie folle de parler à Harry Potter. Il ne savait pas d'où elle venait, mais c'est comme si le brun lui manquait.

C'était exactement ça : une sensation de manque, de vide d'une personne qu'il ne connaissait pourtant que très peu. C'était angoissant, parce que le Serpentard avait bien du mal à se concentrer sur autre chose que sur le Survivant.

Heureusement, il était plutôt facile d'obtenir des renseignements sur Harry : il lui suffisait d'ouvrir quelques livres ou de feuilleter les journaux, on en parlait continuellement. Draco avait d'ailleurs du mal à se rendre compte que l'icône de toute une génération, l'enfant qui a survécu, le garçon le plus célèbre de toute la communauté magique tout de même, Était presque sous son nez. Il était là, au château, mais insaisissable.

Draco, en réalité, avait envie que sa fascination soit réciproque, mais ne pouvait y croire. Il n'avait pas grand chose à offrir au héros, mis à part la grande richesse de sa famille et leur sympathique réputation de Mangemorts.

A ce moment-là, la situation était la suivante : on avait un petit Draco timide et complexé, un Harry un peu paumé dans la vie, lui aussi intrigué par le blond, et des élèves chuchotant sur une possible relation entre les deux ennemis jurés d'antan.

Draco se retourna, surpris. Il avait cru entendre son nom. Peut-être qu'il était vraiment trop parano.

Ils étaient en cours commun de potions et le blond s'ennuyait ferme. Une semaine s'était écoulée depuis le réveil du sort. Les rumeurs s'étaient un peu calmées, étant donné que Harry et Draco ne s'étaient pas adressés la parole depuis le désastre devant la salle de Potions.

Tout doucement, un tout petit bout de parchemin atterrit dans les mains du Serpentard. Il n'y avait que quelques mots : « Salle sur demande, après les cours ».

Ne condamnez pas son cœur qui rata un battement, car le vôtre aurait certainement fait pareil dans la même situation. Comment ne pas ressentir de l'excitation à la réception d'un rendez-vous du type qui vous attire ?

Draco aurait bien voulu se retourner mais il se reprit. Il avait encore failli se comporter comme une Poufsouffle écervelée ! Horreur.

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Il se produisait une terrible joute en lui dont il ne soupçonnait absolument pas l'existence. Il y avait, en surface, ce Draco sans Harry, midinette effroyablement niaise, mais aussi plus sincère et peut-être plus humaine. Au fond de lui, recouvert par l'autre, il y avait toujours le vrai Draco, qui détestait Harry Potter et les cœurs roses.

Les deux Draco cohabitaient, l'un suffoquant sous le poids de l'autre, cherchant à refaire surface, criant à l'autre d'arrêter de niquer sa réputation ! Il reprendrait bientôt le contrôle... Mais chaque chose en son temps.

Notre Draco pour l'instant était toujours romantique et attendait la fin du cours avec impatience et appréhension. De quoi Harry voulait-il bien lui parler, eux qui avaient pourtant décidé tacitement de ne rien faire qui puisse faire enfler les rumeurs ?

Harry avait hésité à parler de ce rendez-vous avec Ron et Hermione. Quelque chose le retint. J'aimerais écrire que c'était son autre Lui qui, comme celui de Draco, se réveillait de temps en temps pour l'empêcher de se ridiculiser encore plus et pour le retenir d'aller voir son ennemi de toujours de son plein gré avec un sourire idiot cousu sur le visage.

Malheureusement, le vrai Harry luttait bien moins que celui de Draco. Cela tenait au fait que le sort n'avait tout simplement pas tellement changé le Gryffondor : il était toujours obnubilé par Malfoy, et suivait toujours son nom sur la carte du Maraudeur.

Son caractère était resté plus ou moins le même, sa haine contre Malfoy en moins. C'était parce qu'il était le héros et un héros peut vivre sans son rival. Malfoy, lui, n'avait pas eu la chance d'être le personnage principal : il dépendait du héros, existait pour et par lui. Sans Harry donc, Draco était tout-à-fait autre chose, ce qui ne plaisait pas du tout au vrai Draco.

Bref, donc si Harry ne confia pas son rendez-vous avec Malfoy à Ron et Hermione, ce n'était pas à cause de l'éveil de son vrai Lui, mais par méfiance. Il trouvait le couple un peu bizarre, un peu distant.

Souvent, ils s'éclipsaient dans la bibliothèque, dans des salles de classe désertes et le laissaient seul. Il savait bien qu'ils formaient un couple et qu'ils ne pouvaient pas passer tout leur temps libre avec lui, mais il avait quand même l'impression d'être mis à l'écart, comme s'ils étaient maintenant gênés en sa présence.

Le brun avait hâte de rejoindre le Serpentard, avec qui il était certain de pouvoir partager et rire de ce qu'il avait lu ce matin.


Voilà voilà ! Au chapitre prochain, donc, un joli RDV dans la Salle sur demande... Je ne sais pas encore comment je vais couper tout ça, enfin bref, on verra bien, vu que c'est déjà écrit !

Si vous avez le temps/envie, laissez un petit message histoire de savoir comment vous appréhendez tout ça :D