307
Eternité
Les
choses n'étaient pas censées se passer comme ça,
vraiment.
C'est
la seule pensée à peu près cohérente que
ton cerveau est capable de formuler, pour l'instant.
Le
visage de Sasuke ne devrait pas être ce masque vide, à
mi-chemin entre l'ennui résigné et le désintérêt
le plus total.
Il
n'aurait pas dû pouvoir proférer toutes ces paroles
qui te transperçaient comme autant de flèches avec ce
froid détachement, comme si vraiment, cela n'avait
aucune espèce d'importance, et qu'il aurait tout aussi
bien pu être en train d'indiquer le chemin a un parfait
inconnu.
Il
n'aurait pas dû se mouvoir avec une telle rapidité, et
ton propre corps n'était certainement pas censé
rester figé comme cela, tétanisé par le choc et
totalement engourdi.
Un
mot, un mouvement, et toutes tes défenses ont été
balayées comme des fétus de paille emportés par
le vent. Tu es un ninja pourtant, mais tout les réflexes si
durement acquis, les gestes automatiques d'esquive et de contre
attaque si profondément enracinés que tu les accomplis
sans même y penser semblent avoir prit un jour de congé
collectif. Disparus.
Tu
es immobile, et bien incapable de bouger, ne serait-ce que pour
sauver ta propre vie –ce serait pourtant une bonne idée,
t'informe une petite voix qui doit être ce qui reste de ton
instinct de survie.
Tes
jambes n'auraient pas dû être si faibles que tu ais
l'impression que si Sasuke te lâchait, tu t'effondrerais.
Tu
ne devrais sûrement pas être en train de penser, alors
même qu'il susurre de sa voix rauque des promesses de mort a
ton oreille, a quel point sa main sur ton épaule est chaude.
Mais
pourtant c'est la pensée qui s'impose surtout le reste,
sur les Bouge ! frénétiques que t'envoi ton
cerveau, sur le vague calcul de probabilité qu'il puisse te
porter un coup de cet angle, sur la question accessoire de savoir si
quelqu'un va intervenir ou non, sur le Il est sérieux. Il
va vraiment le faire. terrifiant qui hurle au fond de toi.
La
main de Sasuke est chaude, pas ce froid reptilien auquel tu t'es
instinctivement attendu une fraction de seconde avant qu'il ne te
touche. La pensée stupide tourne en boucle, sur elle-même,
comme un animal sauvage soudain jeté dans une cage et qui
cherche frénétiquement une sortie.
Sa
main est chaude, brûlante même, alors que le contact est
si léger à travers les vêtements. Sasuke, qui a
toujours fuit comme la peste le moindre contact physique… Sasuke
dont le bras est passé autour de ton épaule…
Tu
as l'impression que le moment dure une éternité.
Qu'il pourrait durer une éternité, toute
entière contenue dans les battement sourd du sang contre tes
tempes, dans la chaleur de sa main, dans le vide douloureux qui te
submerge.
Et
puis tu entends le frottement léger mais tellement
reconnaissable de l'acier contre le cuir, le frottement de la lame
qu'il tire de son fourreau.
Et
l'éternité s'achève.
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Rha... Le chapitre 307... #air rêveur# La classe intégrale. A votre avis, c'est autorisé pour un personnage masculin de tant ressembler a sa mère ?
Bref, tout ça pour dire que j'ai encore dérapé sur le précipice des drabbles alors que je devrais bosser sur Konoha Gaiden (ne vous inquiétez pas ce ne devrait plus être long.)
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