10. Où es-tu Pansy?
Blaise et Drago attendirent sur le chemin de la tour de Gryffondor à la sortie de la grande salle. Potter finirait bien par apparaitre.
Les deux Serpentard s'étaient cachés au détour d'un couloir et avaient bondi sur Harry. Celui-ci se retrouva immobilisé par deux baguettes pointées sur lui. Ron et Hermione réagirent immédiatement en sortant la leur et en la dirigeant chacun sur un des assaillants.
—Où est Pansy ? demanda Blaise avec colère.
—Que lui as-tu fait ? cria à son tour Drago.
—De quoi parlez-vous tous les deux ? questionna Hermione.
—Lui le sait ! déclara Blaise, en désignant Harry.
Harry se sentit un peu désorienté ainsi positionné. Ron lui regardait les quatre autres à tour de rôle.
—Oui dit nous ce que tu sais Potter ! invectiva Drago furieux.
—Où est-elle ? ajouta Blaise.
—Dans la grande salle ou dans votre salle commune probablement, enfin vous devriez le savoir mieux que nous non ? riposta Hermione.
—Lâchez vos baguettes ! houspilla Ron.
Harry était éberlué et inquiet, qu'était-il arrivé à Pansy pour qu'ils viennent le menacer de cette façon ? Que savaient-ils ?
—Pourquoi saurais-je où elle est ? finit-il par dire.
—Tu es le dernier à l'avoir vue crétin !
Ron et Hermione ne comprenaient rien à ce qui se passait et Harry pas beaucoup plus.
—Hermione, Ron vous pouvez nous laisser s'il vous plait ? quémanda Harry, en hochant la tête .
—Certainement pas ! rétorqua Ron.
—Vous lâchez vos baguettes et Ron et Hermione partent, ok ?
Les deux Serpentard acquiescèrent et baissèrent leur baguette tandis que Ron luttait avec Hermione.
—Faîtes-moi confiance, déclara Harry à ses deux amis.
Ils finirent par capituler et partirent inquiets en direction de la tour.
—Bon alors Potter dis-nous ce que tu sais ou je ne réponds plus de moi ! avertit Blaise.
—Pourquoi croyez-vous que j'ai quelque chose à voir avec sa disparition ? lança Harry difficilement.
Sans leur baguette braquée sur lui, les deux garçons paraissaient beaucoup moins menaçants, ils avaient l'air surtout préoccupé. Avait-elle vraiment disparu d'ailleurs ? Harry ne savait pas quoi penser de cette altercation et se demandait bien pourquoi ils étaient venus le voir.
Drago et Blaise lui expliquèrent qu'ils avaient suivi Pansy après le match et avaient vu qu'il était avec elle. Ils avaient été tenté de les suivre mais avaient constaté que c'était impossible de le faire sans se faire remarquer, alors ils avaient rejoint le château et l'avaient attendue pour avoir des explications.
Harry leur fit bien comprendre qu'il n'avait rien avoir avec sa disparition, il l'avait laissée sous les gradins et ne l'avait pas revue depuis.
—Je reviens dans dix minutes!
Sans attendre une quelconque réponse de leur part il s'était dirigé en courant vers la tour des Gryffondor.
A peine était-il entré dans la salle commune, que Ron et Hermione se dirigèrent vers lui.
—Pourquoi croient-ils que tu sais quelque chose à propos de Parkinson Harry ? demanda Hermione.
—Qu'est-ce qu'ils te voulaient ces deux crétins?
—Je n'ai pas le temps ! cria Harry à leur encontre.
Il se dirigea rapidement vers son dortoir et ses deux amis le suivirent. En fouillant dans sa valise, il trouva enfin ce qu'il cherchait, c'était la carte des Maraudeurs.
—Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, déclara t-il.
Ses intentions n'étaient pas mauvaises du tout, il voulait retrouver Pansy.
—Cessez vos questions ! lança Harry. Aidez-moi plutôt à trouver Pansy sur la carte.
La seule chose que Ron retint en premier lieu c'était le fait que Harry ait prononcé le prénom de Parkinson. Ils cherchèrent tous les trois pendant quelques minutes avant de voir le point de Pansy Parkinson immobile dans les toilettes du rez-de-chaussée. Sans attendre ses amis, il se précipita vers la sortie. Ron et Hermione eurent des difficultés à le suivre. Drago et Blaise les accompagnèrent. C'était un curieux petit groupe qui se dirigeait vers les toilettes des filles, ce qui abasourdit d'ailleurs la plupart des élèves qui le croisèrent.
Harry fut le premier à ouvrir la porte des toilettes. Il poussa un cri et frissonna en découvrant Pansy allongée sur le sol au beau milieu de la pièce. L'effroi passé, il se précipita vers elle et releva sa tête. Elle était blanche et respirait faiblement. Ron se dirigea rapidement dehors pour aller chercher un professeur.
McGonagall transporta Pansy à l'infirmerie suivie de près par Harry, Blaise et Drago. Elle avait ordonné à Hermione et Ron d'éloigner les curieux.
Ils attendirent tous les trois devant la porte de l'infirmerie pendant un long moment jusqu'à ce que Rogue sorte de la pièce. McGonagall était déjà partie depuis plusieurs minutes et ne leur avait rien expliqué. Rogue leur intima de rentrer dans leur dortoir. Harry fit semblant de ne pas se sentir bien et de vouloir voir l'infirmière ce à quoi Rogue soupçonneux l'avait laissé faire. Mais il voulait en savoir plus. Qu'était-il arrivé à Pansy ?
Lorsqu'il entra dans la salle, Pomfresh se dirigea vers lui et lui toucha le front.
—Pas de fièvre Mr Potter ?
—Non.
—Migraines, toux, vomissements, rien depuis votre sortie ?
—Non Madame.
—Très bien que faîtes-vous là alors ?
—Je viens voir Pansy.
—Vous avez vu l'heure Mr Potter ? Vous reviendrez demain, votre camarade a besoin de repos !
—Qu'est-ce qu'elle a ?
Devant l'air inquiet du brun, Pomfresh céda.
—Une petite complication suite la mononucléose.
—C'est grave ?
—Non une pneumonie se guérit très bien Mr Potter, elle sera vite rétablie.
Harry était vraiment soulagé.
—Je peux ? demanda-t-il, en désignant le lit de Pansy.
L'infirmière leva les yeux au ciel.
—Bon puisque vous êtes là, mais pas plus de cinq minutes !
Harry se rapprocha du lit de Parkinson presque sur la pointe des pieds. Il ne voulait en aucun cas la réveiller. Elle était allongée sur le lit recouvert d'un drap blanc. Elle dormait. Elle paraissait fragile. Elle semblait aussi magnifique qu'un ange, ce qu'elle était pourtant loin d'être en vérité. Harry s'avança encore un peu plus. Il s'était figé à côté d'elle. Il toucha sa main timidement. Elle n'était pas froide. Elle était toujours vivante. Il n'avait ni envie de la secouer ni de la réveiller. Il savait qu'elle irait bien grâce aux bons soins de Pomfresh. Il aurait dû s'apercevoir sous les gradins que Pansy n'allait pas bien. Il aurait dû le sentir, mais il n'avait rien vu, il avait été aveuglé d'abord par la tension qui avait régné entre eux, puis par la colère qu'il avait ressentie contre elle. A présent il ne voulait plus être fâché avec elle. Il voulait juste continuer à la regarder dormir paisiblement.
Au bout de quelques minutes, il avait voulu s'asseoir près d'elle et la prendre délicatement dans ses bras pour lui signaler sa présence. Pour lui dire qu'il ne s'était jamais vraiment éloigné d'elle depuis une semaine. Malgré leur séparation. Malgré leur silence. Malgré leurs disputes et la rancœur. Malgré tout, il ne s'était jamais aussi senti si proche de quelqu'un. Il n'avait jamais eu autant envie d'être proche d'une personne. Cette personne était peut-être la plus arrogante personne qu'il connaissait, la plus bornée et la plus tranchée dans ses idées, mais elle était aussi la plus admirable. La plus envoûtante. Il voulait lui murmurer à l'oreille qu'il était là près d'elle. Cependant il ne bougea pas. Il aurait voulu rester la nuit dans cette position. Il se serait moqué de l'engourdissement de ses jambes et aurait refusé la fatigue qui se serait emparée de lui. Il aurait balayé les réprimandes de l'infirmière et aurait attendu que le jour se lève pour voir le visage de Pansy bercé par la lumière de l'aube. Il aurait voulu faire toutes ces choses, mais il n'en fit rien. Il partit sans un mot en gravant dans son esprit l'image de cette extraordinaire jeune femme qu'il avait appris à connaître et à aimer.
Harry ne retourna pas voir Pansy à l'infirmerie. Elle y resta quatre jours. Quatre jours pendant lesquels Harry se tortura pour ne pas aller la voir. Elle occupait ses pensées jour et nuit. Une petite chose ressemblant à de la culpabilité l'en empêchait. Ses deux meilleurs amis avaient fini par comprendre ce qui se passait. Hermione était parvenue à déchiffrer les silences de Harry. Il ne leur avait rien raconté de son séjour durant la quarantaine. Il ne leur dévoila même pas qu'il était tombé amoureux de Pansy. Il avait encore des difficultés à se l'avouer, mais les faits étaient là, il le savait pertinemment.
Lorsque Pansy se réveilla à l'infirmerie, elle crut un instant être revenue une semaine en arrière. Elle était seule, elle avait mal, elle avait froid et elle avait envie de pleurer. En fin de journée, elle reçut la visite de Blaise et Drago qui avaient tenté vainement de la faire sourire. Puis les filles de sa classe étaient venues glousser avec elle. La nuit, elle se sentit seule au monde. Elle avait pensé à Harry. Harry pour qui elle avait pleuré toutes les larmes de son corps avant de retourner au château la veille. Harry qui hantait ses pensées. Elle savait que plus jamais elle ne lui reparlerait. Elle en donnerait des choses pour simplement se disputer avec lui. Il lui avait dit qu'elle était horrible et c'était ce qu'elle était, une horrible personne méprisable et sans cœur. Elle prenait plaisir à tourmenter les autres, à être cruelle parfois. Elle n'oserait plus jamais regarder Harry dans les yeux. Elle l'avait déçu et elle s'en voulait terriblement.
Le second jour, Adrian Pucey vint la voir, puis il revint le troisième jour, le quatrième jour, elle sortit de l'infirmerie se sentant beaucoup mieux et Adrian l'embrassa.
Adrian Pucey avait appris que Pansy était à l'infirmerie le soir même. Le lendemain, toute l'école racontait déjà que Harry avait sauvé in extrémis la jeune femme d'une mort certaine. Depuis qu'ils étaient sortis de leur quarantaine, Adrian n'avait pas reparlé avec Harry. Ils n'étaient pas amis après tout. Relation exceptionnelle dans contexte exceptionnel voilà ce qu'il s'était dit. Même si dans le fond, il appréciait bien le garçon-qui-avait-survécu. Il l'avait observé lors des repas et Potter semblait un peu désorienté.
Le lendemain Blaise Zabini lui avait raconté sa visite à l'infirmerie et l'avait incité à aller voir la jeune femme. Ce qu'il avait fait le soir même. Contrairement à ce qu'avait dit Blaise, Pansy ne semblait pas au bord du suicide. Elle paraissait être toujours la même. La fille cassante et jolie. Il n'avait jamais été amoureux d'elle, pourtant il savait qu'avec le temps, il le serait devenu. Pansy était le genre de filles qui n'était pas forcément attirante au premier abord ni très sociable. Elle paraissait même superficielle, mais au bout d'un temps quand on apprenait à la connaitre, on voyait bien que ce n'était qu'une apparence. Elle était beaucoup plus que ça, même si son caractère demeurait bien trempé.
Pansy ne lui avait pas parlé de Potter, elle avait même évité le sujet. Il était donc resté un long moment avec elle jusqu'à ce que l'infirmière le jette dehors.
Il était revenu le lendemain à la même heure et ils avaient tellement ri qu'il s'était surpris à vouloir l'enlacer. Le quatrième jour, il avait été là pour sa sortie et il ne résista pas à son envie et l'embrassa. Surprise tout d'abord, elle sourit et accepta. Eux qui n'avaient pas été très démonstratifs devant les autres au mois d'octobre. Elle se permettait à présent de le prendre par la main jusqu'à la grande salle et de manger avec lui. Chose qu'ils n'avaient jamais fait auparavant.
Les mains de Harry tremblaient énergiquement. Il était assis à sa table dans la grande salle et les avait vus. Ils ne s'étaient pas cachés. Harry ferma les yeux quelques secondes pour tenter d'atténuer la douleur qui s'était emparée de lui. Il les rouvrit et respira. Il n'avait pas rêvé, hélas non. Pansy et Adrian étaient rentrés dans la grande salle main dans la main. Il aurait voulu crier, frapper Adrian, pleurer ou tout en même temps mais il perçut une main réconfortante sur son bras, c'était Hermione.
Il ne voulait plus rien ressentir.
Ce coup-ci, je dirais Pauvre Harry...Vont-ils parvenir à se synchroniser ces deux-là? ^^
A demain!
