Bonjour à tous ! Me revoici de retour de vacances ! Désolée pour le retard mais le retour a été épique et je n'ai allumé mon ordinateur qu'aujourd'hui. J'ai préféré publier ici en premier car je n'avais pas à faire de recherches (contrairement au journal). Je ne promets pas de publication régulière mais je vais faire de mon mieux, les prochaines semaines vont être chargées.

Alors, à propos de ce chapitre. Il est un peu plus court et me sert de transition. Je vais me faire maudire une fois de plus à la fin. Evitez de m'insulter trop, je vous promets que le prochain chapitre vous allez l'adorer.

Je tiens à m'excuser pour les reviews. Seules les reviews d'inscrits envoyées avant mon départ ont eu une réponse. Les autres, plus les anonymes n'en auront pas. C'était le chapitre ce soir ou les réponses, je me suis dit que vous préfèreriez le chapitre. Je me rattraperai promis.

Bonne lecture !

Lauriane



Chapitre 9. Retour à la réalité

***

Plus je m'avançais, plus je reculais en moi. Je n'allais pas y arriver. Enfin qu'est-ce que j'ai imaginé ? Je ne supporte aucun contact, et surtout je suis muette. Allez dire à quelqu'un que vous ne parlez pas vous !

La salle dans laquelle je mis les pieds était un grand amphithéâtre. A première vue, toutes les personnes présentes semblaient pouvoir rentrer. Je choisis je me mettre au milieu de la salle, mais sur un côté afin de pouvoir m'enfuir si besoin était. Je sortis ensuite mon lecteur MP3 et me mis la berceuse qu'Edward m'avait composée en boucle. Peu à peu je me déconnectai de la réalité et me détendis. Je ne fis pas attention aux personnes qui prirent place autour de moi. Je ne remarquai pas ce bourdonnement incessant.

La première chose que je remarquai fut le silence. Tout le monde s'était tu, et je compris vite que quelqu'un venait de prendre la parole. Je défis mes écouteurs, coupai mon lecteur et portai mon attention sur le locuteur. C'était un homme, la bonne cinquantaine, costume-cravate.

- … espère que ces années que vous passerez ici vous seront bénéfiques. Il n'y a pas de raison qu'elles ne le soient pas si vous travaillez convenablement. Vous avez la chance d'être dans un cadre agréable, propice à l'étude, et je suis certain que vous pourrez tous devenir de grands journalistes.

Blablabla… S'il voulait endormir son auditoire, il était bien parti. Heureusement que je ne l'ai jamais vu au journal télévisé – enfin d'après mes quelques souvenirs – sinon nous aurions été mal. Ou plutôt, bon pour aller nous coucher tôt.

Le discours me sembla durer une éternité. Je m'employai alors à observer les personnes qui partageraient ma promotion en toute vraisemblance. Une grande majorité avait déjà fait comme moi : décroché du discours. Il semblait y avoir une grande homogénéité. A peu près autant de garçons que de filles. De tous les styles vestimentaires. Je remerciais encore intérieurement Alice pour la tenue extraordinaire qu'elle m'avait faite. Je me sentais aussi à l'aise que possible.

Enfin, il passa la parole à quelqu'un d'autre. Malheureusement ce ne fut pas plus intéressant. La seule chose que je retins c'est qu'il me fallait aller chercher mon emploi du temps dans le couloir en face du secrétariat. Première épreuve. Il y aura certainement énormément de monde et les contacts seront obligatoires. Une autre solution s'imposa à moi face à cette pensée : j'ai la vie devant moi, j'attendrai qu'il y ait moins de monde.

Mon téléphone vibra.

Coucou ! Tout va bien ? Nous t'embrassons tous les deux. Alice et Edward.

Ce message eut l'avantage de m'arracher mon premier sourire depuis que j'avais quitté Emmett. Je leur répondis immédiatement.

Oui, tout va bien pour l'instant. Les profs sont encore plus soporifiques que dans les séries TV. Bisous à tous les deux. Bella

Je rangeai ensuite mon téléphone. Ce n'était pas le moment de se faire remarquer. Finalement la délivrance arriva et on nous laissa partir. Je ne sais pas si c'est parce que je n'ai aucune véritable idée des raisons de mon choix d'étude ou si c'est parce qu'ils étaient vraiment ennuyeux, mais je fus extrêmement soulagée de pouvoir m'enfuir de cet amphithéâtre où je ne me sentais pas à ma place.

La première bouffée d'air ne fut pas vraiment salutaire. Les fumeurs avaient déjà allumé leur cigarette et je n'en fus que plus angoissée. Cette odeur me rappelait quelque chose, mais quoi ? Je l'ignorais. Cependant, la deuxième bouffée fut salvatrice. Je me sentais libérée. Hors de ce confinement. Hors de ces bavardages plus ennuyeux qu'incessants. Hors de mon angoisse de me faire toucher.

Déjà les élèves se précipitaient vers le secrétariat afin d'avoir leur emploi du temps. Moi je restais à l'écart, attendant que la foule se soit dissipée. J'avais conscience que je pouvais encore attendre longtemps mais je m'en fichais. Il est vrai que depuis que j'avais su que j'aurais dû mourir dans cette ruelle je voyais la notion du temps différemment.

Malheureusement pour moi, tout ne pouvait pas être aussi simple. Un groupe de deux filles vint vers moi.

- Bella ? Je ne savais pas que tu voulais être journaliste !

Une angoisse sans précédent dans la journée s'empara de moi. La blonde me connaissait et moi je me trouvais devant une parfaite étrangère.

- Alors comment vas-tu ? Je n'ai pas eu beaucoup de tes nouvelles depuis la fin du lycée.

Je ne pus que lui faire un sourire d'excuses et baisser le regard. Comment j'allais me tirer de ce pétrin ?

- Dis donc tu n'es pas très bavarde. Oh ! J'ai oublié de vous présenter. Angela, Bella. Bella, Angela. Bella était une copine de lycée. Je suis certaine que vous vous entendriez bien, elle est aussi discrète que toi.

- Tout le monde ne peut pas être bavarde comme toi Jess. Enchantée Bella.

Ainsi elle s'appelait Jess, enfin certainement Jessica. Je me tournai vers Angela et lui fis un sourire que je qualifierai de « enchantée de vous connaitre ».

- Bella tu as perdu ta voix ou quoi ?

Je ne pus m'empêcher de baisser à nouveaux les yeux et mes joues devinrent cramoisies. Je ne savais pas qui elle était, mais quelque chose me disait de me méfier d'elle. Peut-être mon subconscient aidé de mes anciens souvenirs cachés et inaccessibles.

- Oh. Tu… tu es vraiment muette ?

J'hochai la tête en guise d'approbation. Prenant mon courage à deux mains, je relevai les yeux. Je n'aurais pas dû. Tout ce que je pus voir c'était un visage de pitié disant « oh la pauvre petite Bella qui ne peut plus dire un mot ! ». Quelle horreur ! En revanche, je fus un peu plus apaisée par l'expression d'Angela qui reflétait plus la sincère compassion.

- Connais-tu le langage des signes ? Car je le maîtrise…

Je lui fis non de la tête.

- Si tu as envie, je pourrai te l'apprendre à l'occasion si tu en as besoin, ça ne me dérange absolument pas.

Effectivement elle semblait vraiment gentille. Pendant l'heure qui a suivi nous nous assîmes sur l'herbe et Jessica déblatéra sans jamais s'arrêter. Elle raconta des souvenirs communs de lycée. C'était du « Oh et tu te souviens… ? Et puis ce jour là… ! » Epuisant. J'écoutais néanmoins avec attention car si elle ne savait pas que je n'avais aucune idée de ce dont elle parlait, je m'en servais néanmoins pour tenter de retrouver la mémoire. Chaque détail pouvait être important et tout me ramener d'un coup. Mais rien, encore une fois. Toujours rien. Non seulement je m'étais imposée de l'écouter sans lâcher mon attention une seule seconde, mais en plus ce travail inhumain n'avait servi à rien.

Une heure plus tard il y eut moins de monde au secrétariat. Nous nous y rendîmes finalement. Enfin, nous commençâmes à nous y rendre. Jusqu'à ce que Jessica eut le délire de vouloir y aller bras dessus-dessous. Elle m'empoigna le bras pour l'enrouler autour du sien. Je me figeai immédiatement. Je pris alors une très grande inspiration afin de ne pas me mettre à trembler de toute part.

- Bella ? Tu vas bien ?

Angela semblait visiblement inquiète pendant que Jessica n'affichait qu'une expression d'étonnement. Je fis le meilleur sourire que je pus et me remis en marche, bras libres, pour éviter toute question. Alors que j'entrais dans le secrétariat, je fus happée par la secrétaire que j'avais déjà vu plus tôt dans la matinée.

- Ah mademoiselle Swan. Voulez-vous bien venir quelques minutes s'il vous plait ?

Je la suivis comme elle me l'avait demandé sans adresser de regard à mes deux accompagnatrices. Au moins mon silence me permettrait d'avoir une bonne excuse pour ne pas répondre à leurs questions.

- J'ai informé le doyen de votre position et il a certifié qu'il n'y aurait aucun problème. Il espère cependant que vous n'allez pas rester dans votre coin à cause de cela car il y a habituellement beaucoup d'échanges. Je vois néanmoins que vous n'êtes pas toute seule ce qui est très bien. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. Je voulais juste vous rassurer.

Je la remerciai d'un sourire. Bon au moins, du côté de mes profs et de l'administration il ne devrait pas y avoir de problème.

Peu à peu je me retrouvais propulsée dans un monde inconnu : la réalité. Je devais tenir une « conversation » avec des personnes qui ne savaient même pas que j'étais amnésique, j'en rencontrais d'autres qui ne me connaissaient absolument pas et avec qui je devais me faire comprendre, et surtout j'évoluais sans famille ou amis pour m'observer à chaque seconde de sorte à ce que je ne m'effondre pas.

C'était loin d'être aisé, mais malgré un ou deux dérapages j'étais assez fière de moi pour l'instant. J'avais réussi à ne pas m'enfuir, et j'étais toujours là à évoluer comme n'importe quel élève. Quand je rejoignis Angela et Jessica elles étaient encore en train de bavarder. Enfin Jessica déblatérait, Angela écoutait. Quand elles me virent, Angela me tendit un papier presque immédiatement.

- Je te l'ai recopié. Je me suis dit que ce serait ça de fait !

Vraiment adorable. Mon téléphone vibra à nouveau.

Hey ! Tu as fini ? J'ai un petit creux. On mange tous ensemble ? Emmett

Je lui répondis immédiatement. Ce n'est pas que je voulais m'éloigner d'Angela qui me semblait vraiment gentille. Non, c'était Jessica. Je n'avais qu'une envie, c'était crier « Au secours ! »

J'ai fini, et je n'attends que toi. Une certains Jessica prétend me connaitre du lycée, ça te dit quelque chose ? Bella.

La réponse ne se fit pas attendre. L'intéressée avait à peine pu prononcer un « c'est qui ? » stupide que le vibreur se faisait déjà ressentir.

Ne bouge pas je viens te délivrer de la vipère. Prends garde au venin !

La réponse me fit sourire. Ainsi je ne m'étais pas trompée. Je me gardai bien de montrer les messages aux deux filles. Je leur proposai de la main de se diriger vers la sortie.

Je compris en observant l'emploi du temps que je n'aurais pas cours de l'après-midi, mes cours ne commençant que le lendemain matin. Cela me rassura, au moins je pourrais souffler. De plus je devais voir le docteur Hale l'après-midi et si j'avais dû être en cours en même temps il m'aurait fallu annuler, la dernière chose à faire. Il me faudrait cependant revoir les horaires des semaines suivantes.

Quelques minutes plus tard mon sauveur vint me délivrer.

- Ah Bella tu es là ! Alors tout s'est bien passé ?

Je me tournai vers mon frère et lui fit mon plus grand sourire chaleureux. J'étais sincèrement heureuse de le revoir.

- Emmett ! Ça fait super longtemps ! Tu es encore plus beau qu'avant ce que je ne croyais pas possible. Comment vas-tu ?

- Jessica ! Alors comme ça tu fais une école de journalisme ? Bah écoute ça va plutôt bien et toi ?

- Bien ! J'ai été surprise de retrouver Bella, mais pas autant que de voir qu'elle ne parlait plus. Que s'est-il passé ?

Non mais je t'en prie ! Fais comme si je n'étais pas là !

- Rien qui puisse t'intéresser Jessica. Oh pardonnez-moi je ne me suis pas présenté. Emmett Swan, unique grand frère de Bella et accessoirement garde du corps.

Ou comment faire comprendre que le premier qui s'en prend à moi aura à faire à Emmett. Pauvre Angela qui n'avait rien fait ! D'ailleurs elle déglutit et je fis les gros yeux à mon nounours préféré pour lui faire comprendre qu'il s'était trompé de cible.

- Angela. Enchantée.

Je confirme. Pauvre Angela.

- Bien, ce n'est pas que je m'ennuie, mais mon ventre hurle famine depuis au moins une heure et je vais bientôt râler avec lui. Le lutin a commandé chinois et ils nous attendent. Ça te dit ?

J'approuvai et le suivi après un signe d'au-revoir en direction de mes deux accompagnatrices.

Une fois dans la voiture Emmett éclata de rire.

- Je suis désolé Bella, mais là je dois vraiment de discerner la palme de la poisse. Sur toutes les pestes du coin il a fallu que tu tombes sur Jessica, la plus grande commère du code la région. Si on ne veut pas qu'Edward et Alice ne soient emmerdés il va falloir faire très attention. Ça ne m'étonne même pas qu'elle veuille devenir journaliste. Je la vois très bien dans la presse people. Le jour où elle apprendra que tu connais le grand Edward Masen elle va mourir de jalousie.

Je n'étais pas certaine de partager son hilarité mais il fallait bien avouer qu'il avait raison. J'étais la spécialiste des poisses en tout genre.

Toutefois je m'interdis de continuer de penser ainsi car à travers toutes ces poisses je suis extrêmement chanceuse. J'ai une famille extraordinaire. J'ai rencontré des amis hors du commun et en qui j'ai aujourd'hui entièrement confiance. Et je suis toujours en vie malgré tout ce qui m'est arrivé. Dorénavant je dois voir la vie du bon côté pour avancer mais aussi prendre conscience qu'à travers tous ces malheurs je suis loin d'être à plaindre. Oui. Le jour où Jessica l'apprendrait elle pourrait mourir de jalousie. Mais pas pour les raisons que l'on croit. Pas parce que je connaissais Edward Masen. Mais parce que je connaissais Edward Cullen.

Quand j'arrivai à la maison, je découvris une maison toute décorée de serpentins, de ballons et de banderoles. Alice.

- Toutes nos félicitations Bella !

Le lutin avait organisé une mini-fête familiale – car ils faisaient bien partie de la famille de part le cœur – afin de me féliciter du grand pas que j'avais fait aujourd'hui. Je me tournai vers mon frère avec des yeux accusateurs.

- Quoi ? Je t'ai dit qu'Alice avait commandé chinois, c'est vrai ! Nous mangeons bien traiteur chinois. J'ai juste oublié de te dire qu'elle avait révolutionné la maison en t'attendant !

Le repas se passa ainsi. Sous des rires et des soulagements. Ils avaient peut-être été même plus tendus que moi à l'idée de cette rentrée. Ils me posèrent des questions dont les réponses étaient soit « oui » soit « non » afin de savoir comment j'avais vécu tout ça. Quand ils apprirent que j'avais eu un véritable contact ils se contractèrent. Je réussis cependant à les rassurer, ce qui les conforta encore davantage dans leur soulagement.

Finalement il fallut partir pour aller voir le docteur Hale. Cette fois encore, Emmett, Alice et Edward m'accompagnèrent. Dans la voiture Alice ne cessa d'être hystérique.

- Bella il faut que tu m'aides ! Je n'ai pas prévu de revoir Rosalie avant la semaine prochaine et qui sait quand je pourrais revoir son frère « par hasard » ? Tu dois m'aider !

Cette Alice… elle ne changera jamais ! Tant mieux d'ailleurs.

J'ai bien cru que le docteur Hale allait se prendre une porte ou un mur avec les yeux ravageurs que lui faisait Alice. Une fois ses esprits repris, nous pûmes entamer notre séance. Il fut très satisfait de ma matinée et m'encouragea encore plus. Nous modifiâmes en même temps nos horaires pour les prochains rendez-vous.

Une fois sortie du bureau, je retrouvai le regard de chien battu arboré par ma meilleure amie. Mais le docteur Hale me battait dans le domaine du cramoisi, ce que je ne croyais pas possible. Finalement nous nous dirigeâmes vers la sortie, Edward en premier.

Il ne vit pas la voiture arriver beaucoup trop vite de derrière le virage. Il entendit à peine ce klaxon et ces freins. Une seule réaction ne me vint.

­- EDWARD !!!!!


Mon sadisme vous avait aussi manqué, avouez ! XD