Titre: Le Prophète

Disclaimer: Les personnages de JK Rowling ne sont pas à moi, et je ne me fais pas d'argent sur son dos. Enfin bref la routine quoi, sauf que cette fois l'univers est sortit de ma petite trombine. La Voix, et toute ma définition à d'un prophète est à moi. J'y tiens assez je dois l'avouer.

Avertissement: Cette fic est un UA et ne tient donc pas compte des tomes d'HP.

Résumé: Harry est enlevé à ses parents. Dans le royaume, la rumeur se répand qu'un monastère aurait trouvé une personne capable de percer les voiles du temps et qui lirait l'avenir au plus offrant. Jusqu'au jour où il a le malheur de prédire la mort du roi…Dès lors la vie du petit Harry en sera bouleversée.

Note: Pardon pour le retard! Voici un chap qui a lui aussi connu bien des péripéties. Il en est revenu raccourcit et complètement chamboulé. Je le hais. Croyez-moi , si j'avais pu poster bien avant (matériellement ou personnellement) je l'aurais fait.

Chapitre, où l'on apprend plus sur l'éducation de Ryry, sa relation complexe avec la Voix et son importance, sur le roi Peter et Snape…Où vous allez sûrement trouver qu'une fic entièrement du point de vue du chibi est frustrante huhuhu. ( Et le style est peut-être peu différent du fait que son atmosphère était dure à retrouver. )

Merci à tous pour les reviews du chapitre précédent ! Je n'ai pas voulu répondre avant d'avoir bouclé ce chapitre, alors je m'excuse pour l'attente. Merci à Meri-Chan 91, Flo ( Il y aura bien du yaoi avec Harry dans la 2° partie mais c'est top secret :) ), Mizu-copinamoa-caliiiiiiiiiiiiiiiiiiiin-, Dia, Luinil Azuretoile, Satya, Mushu (EXDR, j'adore ta manière de présenter les choses « je comprends mieux comment il peut voir parce que c'est vrai que voir avec des lunettes mal formées et aveugle c'est un peu difficile. » Vrai que ce serait un peu difficile. Kisu), Thealie, Nyxxx, Nymoue et Ornaluca.

Un merci particulier à mon harceleuse préférée, sans qui ce chapitre serait moins long, et toujours pas arrivé : Jaïga.


Chapitre 10. (1)

« Chut. » ordonna-t-il à Harry. « Je ne suis pas là, d'accord? Tu ne m'as pas vu! »

« Pourquoi? C'est un autre jeu? » demanda aussitôt le jeune prophète sans comprendre.

« Chut! » l'interrompit à nouveau l'autre qui se dissimula derrière les feuilles. Harry referma la bouche sans poser ses autres questions sur les règles du jeu.

Les voix indistinctes se transformèrent en brides de paroles, en éclats de rire partagés. Harry oublia l'autre enfant, pour focaliser son attention sur la porte entrain de s'ouvrir. Les voix se firent surprises, à peine moins rieuses.

« Tient. C'est bien la première fois… »

« …que nous voyons cette porte ouverte. »

« Bonjour toi. »

Et Harry n'avait eu aucun mal à tenir son secret. Il avait vu arriver les deux musiciens roux observés en cachette. Cette rencontre avait été pour lui une sorte de cadeau du ciel. Il en avait complètement oublié le garçon blond, charmé par ses deux hommes au physique si semblables. En louchant sur ces deux silhouettes en tout point identiques, Harry su qu'il allait passer un très bon moment. Un de ceux qu'il mettrait de côté pour le jour où les choses iraient moins bien pour lui.

Naturellement, il eut raison.

Bien que surpris par sa présence, les jumeaux avaient rapidement pris le garçonnet en charge, prenant sur eux pour le distraire. Fred et George avaient cinq frères et sœurs. Aucun d'eux n'avaient été aussi sage, désespérément sage et émerveillé à la simple idée de pouvoir réclamer un peu de leur attention.

Enchantement fut le mot.

De ce moment passé ensemble, Harry devrait retenir les rires des jumeaux, la sensation de leurs mains ébouriffant ses cheveux, pinçant son nez, le son du pipeau que Fred avait sortit de sa poche, sa gaucherie toute enfantine quand George avait voulu le faire danser.

Un tourbillon de joie qui avait emporté le jeune prophète. Il s'était oublié l'espace d'un moment, avait oublié qui il était, ce qu'on attendait de lui, ce qu'on lui avait inculqué. Il s'était amusé.

Sa tête lui avait tourné, peu habituée à supporter tant d'évènements et d'agitation. Il avait titubé, gloussant à la manière de certains hommes ivres. Mais des mains amicales l'avaient rattrapé quand il s'était endormi comme une masse. Debout. Un sourire béat, mais exténué aux lèvres.

Il rêva. Il était entouré des jumeaux, et ils s'amusaient encore tous ensembles. Harry était heureux, et cela ne semblait pourtant pas devoir s'arrêter. George lui avait passé son pipeau pour qu'il en tire quelques notes, mais lui avait aussitôt retiré, ses oreilles douloureuses. Harry avait demandé s'ils reviendraient un jour au château pour jouer encore du violon. Il rêverait de les entendre à nouveau jouer. C'était un art qui lui paraissait magique. Mais ils n'avaient pas répondu.

Peut-être étaient-ce la dernière fois qu'ils se voyaient. Peut-être avaient-ils d'autres choses à faire. Des choses sans aucun rapport avec la musique. La Voix, présente jusque dans ses rêves, le murmurait presque sournoisement. Elle n'aimait pas ces êtres qui avaient pourtant charmé le petit.

Elle ne manquait jamais de lui donner son avis sur chaque nouvelle rencontre. Un peu à la manière d'une présence jalouse et protectrice. On pouvait se demander si le petit Harry avait déjà formulé un jugement qui ne soit pas influencé par la Voix. Elle ne l'avait pas quitté un seul instant de sa courte vie, aussi entremêlée qu'un de ces rosiers grimpants autour de son esprit, ses épines profondément ancrées dans ses chairs. Sûrement que tenter de les séparer ne ferait que briser l'esprit du Prophète et l'abîmerait de manière irrémédiable. Sûrement que son enfance chez les moines était pour quelque chose dans ce lien si étroit.

Une secousse sur son épaule tira Harry de son rêve. Deux bras le portaient. Fred. Deux yeux noirs le fixaient. Severus penché sur lui le réveillait sans ménagement. Il avait l'air fâché.

Ses yeux étaient embrumés de sommeil, état comateux qu'Harry avait du mal à quitter. Le petit manquait de sommeil, et voilà longtemps qu'il n'avait dormit aussi bien. Ses jambes vacillèrent quand on le posa, mais les bras qui le portaient le soutinrent fermement. Fred et George pour qui le silence semblait être synonyme de mort, ou d'hérésie, ne dirent pas un mot. Calmes. Trop. Leurs yeux étaient fixés sur l'homme qui les avait rejoint à grandes enjambées furieuses une fois le bambin repéré.

Harry était adorable en cet instant. Irrésistible aurait pu dire certains.

Pourtant, Severus était insensible à son charme. Sa main, aux doigts si longs, saisit l'enfant par l'épaule.

« Debout, gamin. » Il sonnait agacé, et pressant. « Allez. Ne me fait pas perdre mon temps. »

Les jumeaux étaient royalement ignorés. Ils fusillaient l'homme du regard, lui reprochant son attitude envers le gamin. 'Tu aurais pu le laisser dormir, vieille pie rabougrie. Tch, pour qui tu te prends.' disaient ces yeux.

Harry se frotta les yeux, et bailla. Il promena un regard plus éveillé autour de lui. La nuit tombait. Il reconnut le couloir où il avait fait ses glissades aux torches présentes aux murs. Ses yeux se levèrent vers Severus. Un homme qu'il avait adopté dès le premier instant. Mais un homme aux abords si peu avenants que son affection pour lui pouvait être qualifiée d'étrange. Severus le poussa, ferme dans son intention de partir. Alors Harry fit quelques pas hésitants, testant ses jambes encore incertaines. Il n'avait pas très envie de quitter ses nouveaux…amis. Etait-ce ça des amis ? Non, il en doutait. Sa nouvelle source d'admiration plutôt.

La main dans son dos le poussa à nouveau. « On y va, Harry. » Voyant que l'enfant se tordait le cou pour voir les jumeaux, il captura sa main, et accéléra le pas.

¤

« Déshabille-toi et va te coucher. » Severus lui tendit une grande chemise en guise de tenue de nuit. Il était toujours contrarié. Il n'avait pas dit un mot tout au long du trajet. Et Harry comprit que c'était de sa faute.

« Oui, monsieur. » Harry posa le vêtement sur le dossier du canapé, et déboutonna docilement ses nouveaux habits. Après l'avoir observé quelques instants pour s'assurer que le gamin faisait ce qu'il attendait de lui, l'homme disparut dans la pièce adjacente. Ils étaient de retour dans les appartements de Severus. Lui était logé dans un petit salon, alors il supposa que la pièce suivante était la chambre proprement dite. Il s'était endormi avant d'avoir exploré les lieux la dernière fois.

Avec un dernier coup d'œil sur la porte laissée entrouverte, Harry se hâta d'enfiler la chemise. La couverture qu'il utilisait la nuit était sagement pliée sur un coin du canapé. Il la déplia, et l'arrangea pour qu'il n'ait plus qu'à se glisser dessous, puis s'installa à genoux face à son futur lit. Les coudes posés sur la couverture, il joignit ses mains et ferma les yeux. Un murmure continu s'éleva bientôt de la pièce. Il priait.

Les moines lui avaient appris à prier chaque soir avant de s'endormir. Pas seulement pour respecter la prière rituelle, mais surtout pour se confesser de ses mauvaises actions de la journée, et se repentir. L'abbé avait fondé son éducation sur ce qui ferait de lui un bon petit garçon, et ce qui au contraire lui ferait honte. Il espérait ainsi tenir le jeune prophète sous sa coupe avec plus de facilité. Ce qui s'était avéré un bon raisonnement jusqu'à présent.

Harry avait beaucoup appris aujourd'hui, beaucoup fauté aussi. Il pria longtemps, ignorant ses genoux douloureux, et ses pieds engourdis. Ce murmure incessant, semblable à un bourdonnement parasite, du intriguer son protecteur du moment, car bientôt la porte s'ouvrit interrompant cette litanie interminable. Harry leva les yeux vers Severus. L'autre avait encore un regard agacé, mais aussi un brin intrigué par son attitude.

« Tu ne dors pas. » constata-t-il. Et l'enfant cligna des yeux, craignant malgré lui une punition pour ce qui lui semblait naturel, mais contrecarrait un peu l'ordre de l'homme. « Et que fais-tu encore debout ? »

« Ma prière, monsieur. »

Un sourcil fut arqué. « Et bien tu as finit. File te coucher, nous avons audience avec le roi tôt demain. Je serais moins clément avec toi si tu ne te réveilles pas. »

En un éclair la couverture vola, et le petit garçon se précipita dessous, ayant bouclé son cérémonial d'une rapide excuse envers Dieu. Les lèvres fines de l'homme esquissèrent une sorte de sourire, et la porte se referma.

Harry garda un moment les yeux rivés sur le plafond couvert d'une couche de peintures, et serti d'images, presque comme à la chapelle. Il se demanda ce que faisaient frère Nicholas, et frère Alexandre, s'inquiéta vaguement de la colère possible de l'abbé, sur quoi il ferma les yeux précipitamment. Il préférait ne pas savoir.

¤

Il n'avait pas remarqué à quel point la salle était immense, et le plafond haut. Le rideau, par lequel ils étaient passés la dernière fois, était à leur gauche. Le roi était là, sur son grand fauteuil. Le seul de la pièce. Ses habits étaient luxueux, et aux couleurs riches et chaudes. Encore une fois, il ne prêtait pas attention à eux. Un homme était profondément incliné devant lui, et le roi l'écoutait.

Severus l'avait levé à l'aube, l'avait habillé de nouveaux beaux habits fournis par Mlle Cho, et l'avait tiré ici, lui donnant une pomme à manger en chemin. Depuis, ils attendaient, presque à l'entrée de la pièce, debout côte à côte, le bon vouloir du roi. Severus lui tenait la main, fermement, comme pour l'empêcher de faire des bêtises.

Harry s'ennuyait. Il détestait devoir rester debout sans bouger. Il n'était pas une image de manuscrit. Il ne savait pas rester immobile aussi longtemps lui. Il tira doucement sur la main pour attirer son attention. Attention qu'il n'eut pas.

« Reste tranquille, murmura l'homme. Il n'y en a plus pour longtemps. »

L'enfant gonfla ses joues de désappointement. « Pourquoi on attend ? »

« L'entretien précédent n'est pas fini. Tais-toi maintenant, et ne fait pas de grimaces. »

Et l'enfant gonfla mentalement ses joues. Il se rappela d'une chose qu'il souhaitait lui demander la veille. Et il occulta complètement la consigne qui venait d'être donnée.

« Pourquoi des gens veulent tuer le monsieur ? »

Cette fois-ci, il eut sa totale attention. Harry en sursauta presque lorsque les yeux noirs se rivèrent dans les siens, à sa hauteur. Les mains de l'homme lui serraient les épaules. Il semblait préoccupé. « Que veux-tu dire ? As-tu entendu quelqu'un dire qu'il voulait tuer le roi ? »

Harry haussa les épaules, boudeur. « Non. »

Il ne l'avait pas entendu. Il l'avait vu quand il jouait avec Fred et Georges. Comme une image en surimpression à leurs jeux. Ils disaient à un homme qu'ils en auraient pour moins d'une semaine à faire le repérage des lieux. Et l'homme avait répondu que c'était parfait, qu'ils n'auraient ainsi plus qu'à attendre les ordres pour tuer le roi.

« Qui va le tuer, qui ? »

« Je sais pas. » Il n'avait jamais dit qu'il serait tué. Il savait juste que certains y pensaient un peu trop fort. Il voyait toujours le roi après tout. Et Severus faisait peur à lui tenir les épaules pour le forcer à parler.

« Pourquoi des gens voudraient tuer le roi ? » demanda Harry curieux.

L'autre soupira. « C'est compliqué. Un roi est une personne qui a beaucoup de pouvoirs, et de responsabilités, tu comprends ? Il doit s'occuper de pleins de choses en même temps, et doit veiller sur le bien-être et la prospérité des habitants et du royaume. Sans lui le royaume ne pourrait pas fonctionner correctement.»

« …Un peu comme l'abbé ? »

« Si tu veux. » accorda Severus. « Mais tant de pouvoirs est toujours convoité. Et il y a des personnes qui seraient prêtes à tout pour prendre sa place. »

Une vague d'images remplaça soudain l'homme devant ses yeux. Il voyait toujours Severus, mais ils étaient dans un autre lieu. Il faisait sombre. Severus observait un enfant blond jouer dans un coin, sans le savoir observé par Peter. Il vit Severus se glisser dans un bureau richement meublé, et utiliser le sceau royal pour sceller un parchemin. Il le vit dans les cachots recueillir des informations auprès d'un prisonnier et n'en transmettre qu'une partie. Harry sentit toutes ses informations gracieusement fournies par le flux de la Voix, mais n'en retint qu'une bride.

« Comme vous. »

« Comment tu… » Severus brusquement crispé voulu sûrement le faire parler, inquiet pour sa position et les connaissances que le prophète possédait et qu'il aurait pu divulguer. Mais le roi choisit ce moment pour les appeler. Et on ne fait pas attendre le roi.

Le roi n'avait pas changé. Il était toujours aussi jeune, toujours aussi grassouillet, et portait même la même chose en or sur la tête. Son regard, lorsqu'il se posa sur la frêle silhouette escortant Severus, fut empli de convoitise. Sans le réaliser, Harry se cacha peu à peu derrière ses jambes. Il connaissait ce regard. Beaucoup venaient jouer avec le même, et ne se contenaient qu'à cause de la présence de l'abbé. Mais le roi ne l'entendait de cette oreille, et d'un geste de la main, le fit s'avancer un peu devant Severus. Il l'observa. Puis, il se désintéressa de lui, et s'adressa à Severus comme s'il eut été seul.

« Alors, Severus, j'attends votre comte rendu. Avons-nous le Prophète ? »

Harry leva les yeux vers Severus pour le voir hocher lentement la tête. « Oui, majesté. »

« En êtes-vous certain ? »

« Parfaitement. »

« Bien. » Un sourire découvrit les dents du roi. Il baissa les yeux, et fixa l'enfant. Son regard brûlait d'envie à peine dissimulée. Il était le roi. Personne ne pouvait le contredire. « Petit, à partir de maintenant considères-toi comme à mon service personnel. Sois heureux. »

Son nouveau serviteur le dévisagea sans comprendre. Il regarda Severus qui gardait ses yeux fixés sur le roi. Harry ne comprenait pas ce que lui voulait le roi. Voulait-il jouer ? Mais jouer ne lui faisait pas plaisir. Heureusement, une porte claqua dans le château. Le bruit fut suivit par des murmures inhabituels enflant dans les couloirs, jusqu'à l'orée de la salle d'audience. Aussi, on en oublia Harry pour s'intéresser à la cause de cette soudaine agitation. Un messager entra en courant dans la salle. Sans avoir prit le temps de se faire annoncer, sans permission aucune. Il était brun de terre et de poussière.

« Majesté ! » Il dépassa bientôt Harry et son compagnon, pour s'incliner puis se prosterner précipitamment, un poing au sol, l'autre croisé sur sa poitrine. Ses yeux étaient rivés sur les dalles aux pieds du roi, faisant bien attention à ne pas croiser le regard royal. Il n'osait plus parler, et son attitude agaça visiblement le roi Peter.

« Et bien, maintenant que tu nous as dérangé, parle. »

« Je…Votre Altesse…Puis-je vraiment… ? » Le messager jeta un rapide coup d'œil aux seules autres personnes présentes à savoir Harry et Severus, le garde surveillant les portes étant trop loin pour entendre quoi que ce soit.

Le roi soupir, et lui fit signe d'approcher. « Allons, hâtez-vous. »

Le messager devait posséder une superbe chevelure blonde, mais elle était recouverte par la crasse. Saleté qui contrastait violement avec la chevelure du roi, parfumée et huilée. Il avait du faire le chemin d'une traite sans prendre le temps de s'arrêter, ni de se reposer. L'homme se pencha à l'oreille du roi, hésitant à approcher de trop près cette personne sacrée.

« Le seigneur Jedusort est mort. Il s'est donné la mort voilà deux jours. » Il reprit sa respiration, ne pu s'empêcher de jeter un coup d'œil à Harry visiblement troublé par la présence d'un enfant en ces lieux. « Ses conseillers prétendent qu'on lui avait prédit sa fin. »

Peu après, toujours en présence du roi qui n'en perdait pas une miette, Severus s'était penché sur lui. « C'est toi qui a prédit la mort de Jedusort, n'est-ce pas ? » Sa réponse affirmative scella son destin.

¤

Ainsi commença la vie de prophète du roi pour le garçon. Sa valeur semblait avoir été prouvée sans qu'il n'ait à faire quoi que ce soit. Seulement, personne dans ce château ne paraissait connaître le protocole nécessaire au Jeu. Cérémonial nécessaire pour qu'Harry fasse appel à la Voix pour répondre à leurs questions. L'abbé l'avait éduqué, non, dressé ainsi. On n'avait jamais apprit à l'enfant brun comment contrôler cette connexion. C'est ainsi, qu'il ne la maîtrisait vraiment que lors des séances de Jeu, ancrées dans son être comme le réflexe de déglutition.

Aussi, malgré qu'Harry soit un enfant plein de bonnes volontés, il ne pouvait pas aller contre le quasi endoctrinement de l'abbé. Il regardait Severus ses grands yeux verts emplis d'incompréhension devant son agacement croissant.

« Je sais pas. » répétait-il presque en boucle à chaque nouvelle question de l'homme. Il ne comprenait pas pourquoi il ne commençait pas le Jeu s'il tenait tant à ses réponses. Mais s'il ne pourrait répondre qu'à une seule question de sa part. Peut-être serait-il le premier à s'en contenter.

« Le roi laissera-t-il son fils aîné monter sur le trône ? »

« Pourquoi il ne voudrait pas, monsieur ? » demanda à la place l'enfant avec curiosité.

« Harry… » Severus se mit à sa hauteur, à genoux devant lui. « Harry, gamin, dis-moi pourquoi tu ne réponds pas à mes questions ? »

« Mais je réponds ! » protesta vivement le garçonnet.

« Je sais que tu peux trouver les réponses. Ne me ment pas. Pourquoi est-ce que tu ne le fais pas ? »

La lèvre du brun commença à trembler, et l'adulte vit avec une horreur grandissante ses prunelles s'embuer sous l'effet de larmes naissantes. Et il était de notoriété publique que la chose que Severus Rogue haïssait le plus était bien de voir les gens chialer. La simple vision de larmes dégoulinant, de la tristesse déformant hideusement les traits du pleurnichard, n'évoquaient pas la compassion chez l'homme, mais bien un dégoût instinctif.

« Je réponds ! » hoqueta l'enfant. « Je vous jure je réponds ! »

« Alors donne-moi des réponses au lieu de chialer, gamin. »

Loin de le réconforter et le calmer, l'attitude de l'homme ne faisait qu'empirer la situation, perdant encore plus l'enfant, l'effrayant même et ne faisant qu'augmenter ses hoquets. Il savait qu'il ne devait pas pleurer. Ca finissait toujours mal quand il se mettait à pleurer. Dès que l'abbé l'apprenait, il le faisait punir. Il avait l'interdiction formelle de pleurer.

Alors, Harry tenta de réprimer ses pleurs en essuyant ses yeux de ses poings. Mais un enfant n'est pas fait pour retenir ses sanglots. Ses tentatives furent peu productives. Une main, grande, froide, se posa sur le sommet de son crâne. Il tourna des yeux étonnés vers Severus.

« Ca suffit, gamin. Cesse donc de pleurer. Ca ne sert à rien. » Les mots n'étaient guère apaisants, mais sa voix elle l'était plus. Autorité dans du velours. Elle n'arrêta pas ses pleurs, mais Harry se calma.

« Tu ne peux vraiment pas répondre, n'est-ce pas ? » La voix de l'homme sonnait résignée.

Un peu craintif, le prophète secoua négativement la tête.

« Bien… » Le roi n'allait pas être content. Et ceci était un euphémisme. Le voilà pourvu d'un prophète incapable de faire son travail.

« Est-ce que monsieur Peter voudra jouer avec moi ? » s'enquit Harry bien plus tard. Une fois la séance terminée, et l'homme bel et bien résigné.

« Non. Je ne pense pas. » Oubliant la conversation qu'il avait eut avant son arrivée au château avec l'enfant, il scella à son tour son destin.

A suivre…


Mwahahahahaha, vous avez vu ? J'ai réussis : pas de fin en queue de poisson !

Proposition de fin, j'aimerais savoir si un petit topo sur la Voix, expliquant peut-être mieux les indices que je sème partout vous intéresserait.

Ps, s'il vous plait si vous me laissez une review en souhaitant une réponse à une question, laissez votre E-mail please. Je répondrais toujours mais ce serait plus pratique. Merci. :)


(1) A partir du chap. 4 je viens de remarquer un problème d'apellation des chapitres. Je le corrigerais quand j'aurais le temps excusez-moi.