Réponses aux reviews
Rinne-chan : Effectivement, si Meldy s'en mêle ça risque fort d'embrouiller les choses encore plus :)
Lehanna : Oui, mais le Jerza, c'est forcément un peu triste, c'est LE couple mélodramatique tragédique destinique du manga ! Et oui, le bracelet scintillant c'est bien le Lien Sensoriel (Kankaku Link en VO). Oui, Jellal est pervers ! Un peu OC, peu-être, mais il faut bien ça pour les faire avancer un peu !
Lauraine Tonksm : Le caleçon nounours va devenir la référence culte de cette fiction, je le sens XD
Taraimperatrice : Oui, Erza dit qu'elle n'a pas regardé plus bas que les abdos, mais on se doute qu'elle a bien du mirer un peu quand même :) Et oui le Jerza c'est mignon comme tout !
Lily-Chan06 : Oui, le 8 est mieux aussi, on y rigole plus :) Merci de me lire et de me relire, tu n'as pas eu de chance, tu es arrivée juste avant ma longue pause révisions ! Mais voici la suite. :) Bonne lecture !
klacec : Oui, le chapitre 8 est sûrement un des plus réussis. Avec le prologue/chapitre 0.
Unisson Link. 9
Assise confortablement dans un fauteuil devant la cheminée de sa chambre, une tasse de thé sur la petite table à côté d'elle, Erza feuilletait tranquillement le dernier catalogue Printemps/Été d'Heart Kreuz.
Elle avait racheté - sur les conseils de Laki et Mira - une nouvelle armoire, plus grande que l'ancienne. Par prudence, elle l'avait placé de sorte à ce qu'elle ne se retrouve pas en face de la fenêtre, histoire d'éviter de devoir racheter une armoire toutes les deux semaines.
L'armoire était là - avec doubles portes et penderie -, il fallait maintenant la remplir. Côté lingerie - elle rougit, mi-honteuse mi-énervée, à ce souvenir -, c'était bon. L'ensemble que Jellal avait complimenté se trouvait bien caché sous quatre épaisseurs de lingerie ordinaire, dans son tiroir à sous-vêtements. Juste au cas où.
Pour le reste, elle serait bien passée à la boutique HK pour faire quelques essayages, mais son dernier souvenir était vivace et elle avait eu quelques réticences - non, Titania n'avait peur de rien, juste qu'elle n'avait pas envie de se faire mater une nouvelle fois en petite tenue. Ou pire, nue - sachant qu'elle avait une vilaine propension à se déshabiller complètement quand elle faisait des essayages.
Délaissant les pages consacrées aux robes de soirée - il serait peut-être temps qu'elle s'en rachète une d'ailleurs, sa robe violette commençait à prendre de l'âge -, elle passa dans la partie pour hommes. Pas que les vêtements l'intéressent, mais elle avouait volontiers que les mannequins étaient assez plaisants à regarder. Même s'ils auraient été mieux avec les cheveux bleus.
Elle arriva dans les pages dédiées aux sous-vêtements et sourit en voyant un caleçon à motif de nounours. Elle se demanda ce que donnerait un tel accessoire sur Jellal et rigola toute seule devant l'image grotesque. Elle l'imagina facilement détourner la tête, les joues rouges, comme le grand timide qu'il était. Trop mignon.
Elle posa le magazine sur la table pour se saisir de sa tasse, savourant son thé à la fraise - le meilleur quoi qu'on en dise, même si Juvia soutenait que cette distinction revenait à l'Earl Grey. Elle sirotait sa boisson quand le décor changea brusquement.
La sensation était différente de d'habitude. Le lien qu'elle partageait avec Jellal était complexe, elle le savait, mais elle avait la sensation que quelque chose n'allait pas.
Elle sentait le dossier du fauteuil dans son dos, sa tasse de thé entre les mains et la chaleur de la cheminée. Les contours de sa chambre étaient flous et elle distinguait le relief d'un autre paysage, un chemin de terre dans une forêt. Elle sentait le vent sur sa peau, la fraîcheur de l'air et elle distinguait en un vague écho le bruit de la brise qui soufflait dans les branches.
Ce second paysage bougeait. Il reculait par rapport à elle - forte de ses expériences visuelles avec Jellal, elle devina qu'il devait avancer. Elle voulut contacter Jellal par télépathie, pour savoir s'il lui arrivait la même chose, mais se heurta à une barrière mentale.
L'inquiétude la prit et sans le vouloir, elle revint à la réalité. Le double paysage était toujours là, la forêt continuant de défiler. Mal à l'aise, Erza décida d'aller voir Polyussica. La vieille guérisseuse lui avait dit de passer immédiatement s'il se passait quelque chose de bizarre avec le lien magique.
Elle allait se lever lorsqu'elle remarqua une marque sur son poignet. Intriguée, elle scruta l'étrange tatouage rose pâle qui scintillait faiblement. L'explication s'imposa à elle en un éclair.
Lien sensoriel. Meldy.
Curieuse, elle se demanda pourquoi la jeune fille avait activé un lien sensoriel entre elle et... Et qui d'ailleurs ? Dans tous les cas, elle subodora que c'était la magie sensorielle de Meldy qui bloquait actuellement sa liaison télépathique avec Jellal.
Soulagée, elle se rassit - ou plutôt se laissa retomber lourdement dans son fauteuil - et se concentra sur ce que voulait lui montrer Meldy.
Le paysage forestier réapparut, plus net cette fois-ci. La voix de Jellal lui parvint à l'esprit, plus lointaine que quand ils communiquaient par télépathie, entrecoupée d'images - des souvenirs ? Instinctivement, elle comprit qu'il ne savait pas qu'elle écoutait. Elle se dit qu'elle devrait se comporter en adulte et ne pas fouiner dans sa tête juste parce qu'elle en avait l'occasion, quand une image en particulier lui sauta aux yeux.
Elle, dans ce fameux ensemble en dentelle noire, devant le miroir d'une cabine d'essayage.
Erza s'étouffa en comprenant. Ce pervers se repassait la scène en boucle ! Et il en riait, cet imbécile ! La rousse mit ses résolutions aux oubliettes et se pencha plus en avant sur ce qui se trouvait actuellement dans la tête de Jellal.
Celui-ci avait, heureusement pour sa survie, cessé de se repasser les images de son moment de voyeurisme - le poing d'Erza se referma sur l'accoudoir de son fauteuil, faisant gémir le tissu dudit mobilier - et se rejouait uniquement les dialogues échangés ce même jour. Erza entendait la voix de Jellal qui la taquinait, puis la sienne, gênée et énervée.
Et je te signale que tu ne mens pas mieux que moi !
Elle sentit Jellal rire, puis se tendre après cette phrase, qu'il se repassa plusieurs fois dans sa tête alors qu'elle sentait l'anxiété du bleu monter, se transformant presque en panique.
Alors seulement, Erza réalisa la bourde qu'elle avait fait ce fameux jour. Elle avait sous-entendu qu'elle savait qu'il avait menti !
Des images passèrent brièvement devant ses yeux. Tartaros, le Projet Éclipse, les Grands Jeux Inter-Magiques... Elle comprit que Jellal remontait le fil de ses souvenirs. Tentait-il de retrouver le moment où il lui avait menti ?
L'image de ce fameux jour où ils s'étaient presque embrassés apparut un quart de seconde, remplacée par d'autres, avant de revenir, une fois, deux fois, trois fois...
Erza sentit le désarroi s'emparer de Jellal et elle sut qu'il savait qu'elle savait. Par contre, elle nota quelque chose d'intéressant : Jellal ne savait pas qu'elle savait qu'il savait qu'elle savait. Une phrase, dont elle ne sut pas si c'était un souvenir ou une pensée immédiate de Jellal, retentit dans son esprit, entachée d'une incommensurable tristesse.
Je n'ai pas le droit d'aimer quelqu'un qui suit le chemin de la lumière.
Immobile sur son fauteuil, Erza mit quelque temps à comprendre ce qu'impliquait cette simple phrase.
Imperceptiblement, la scène devint plus vivace et elle sentit quelque chose se débloquer dans son esprit. Un coup d'œil à son poignet confirma ses hypothèses : Meldy avait désactivé son lien sensoriel.
La phrase de Jellal revint, et plus elle se la repassait, plus sa colère montait.
Jellal, espèce d'abruti !
Hein ?!
Furieuse, Erza remarqua à peine que Jellal lui avait répondu, et qu'il était visiblement choqué de son invective.
Crétin, idiot, imbécile ! Non mais tu te prends pour qui ?!
Erza, qu'est-ce qui te prends ?
La voix de Jellal était inquiète et choquée à la fois. Ça l'énerva encore plus.
La ferme ! Tu vas continuer encore combien de temps avec tes idioties ? Abruti ! Toi et tes règles débiles, aussi ! Tu m'étonnes, qu'Ultear passe son temps à te botter le derrière ! Et là tout de suite, je lui filerais bien un coup de main !
Erza, mais qu'est-ce qu'il y a ?
La fureur de la rousse passa le poing de non-retour. L'accoudoir du fauteuil explosa en morceaux.
Ce qu'il y a ? Pauvre crétin ! De quel droit tu décides que tu ne peux pas aimer quelqu'un ? Et pour une raison totalement futile en plus !
Que-
Et si moi j'ai envie, hein ? Tu y as seulement pensé, à ça, Monsieur Je-sais-tout ?
Aucune réponse n'émana de Jellal. Erza s'était retenue trop longtemps, et maintenant qu'elle avait commencé à sortir out ce qu'elle avait sur le coeur, elle irait jusqu'au bout. C'est long, quinze ans, quand on se retient tout le temps.
Mais non, ça ne t'est jamais venu à l'esprit, ça ! Tu dis vouloir expier tes fautes ? Drôle de façon d'expier que de me faire encore plus mal au coeur qu'avant !
Les mots, bien que pensés, étaient comme crachés. Rares étaient les moments où Erza était si venimeuse dans ses propos. Mais bon, Jellal avait toujours provoqué des réactions hors normes chez elle.
Et je ne parle même pas de ton mensonge pitoyable ! Une fiancée ? Non mais tu me prends pour qui ? Je te connais depuis quinze ans ! Quinze ans espèce d'abruti fini ! Tu croyais sincèrement que je tomberais dans le panneau ?
Elle s'était tue à l'époque, parce que sur le coup, ça lui avait vraiment fait mal au coeur qu'il la rejette comme ça, alors qu'ils étaient plus proches qu'ils ne l'avaient été depuis quinze ans.
Quand je pense qu'à une époque c'est toi qui m'a appris le courage ! Que c'est toi qui m'a appris à me battre pour mes idéaux ! Depuis quand es-tu devenu aussi lâche, Jellal ? Depuis quand est-ce que tu fuis comme une pauvre lopette devant le moindre problème, hein ?!
Pourquoi ? Qu'il lui dise la vraie raison, au lieu de lui mentir effrontément ! Quelle qu'elle soit, elle l'accepterait, puisqu'il serait sincère.
Et puis tu m'énerves, à toujours broyer du noir ! Tu as déjà oublié ce que je t'ai dit pendant l'incident du Nirvana ou tes combats avec les guildes noires te l'ont effacé du cerveau ? Au lieu de te vautrer dans le remords pour un passé que tu ne pourras jamais changer, regarde l'avenir et vis le présent ! C'est pas si compliqué quand même ! Ultear, Meldy et les autres de ta guilde y sont bien arrivés, alors pourquoi pas toi ?!
Erza ne savait pas quand elle avait commencé à parler - hurler ? - à voix haute, mais elle avait manifestement alerté les autres occupantes de Fairy Hills, car on frappa à sa porte et elle entendit les voix étouffées de ses amies qui lui demandaient si tout allait bien. Se refusant à les laisser s'inquiéter pour elle, elle adressa une dernière phrase à Jellal avant de couper sèchement le lien télépathique.
Si tu oses te montrer devant moi sans une excellente explication, je te jure que personne sur Earthland ne sera plus jamais en mesure de te reconnaître !
