Maka toqua à la porte de la salle de bain et Médusa, qui avait laissé le pommeau de douche couler pour masquer d'éventuels bruits lors de sa petite expérience expéditive dans l'évier, ferma le robinet avant de répondre qu'elle arrivait.

Glissant dans la poche de sa veste la capsule du mélange qui lui ferait profiter de tous les efforts de Maka à ses propres fins, elle se lava les mains puis sortit. Celle-ci tournait en rond dans la pièce principale, vérifiant que le peu des affaires qui leur étaient nécessaires dans ce tout dernier voyage se trouvaient bien dans leurs sacs. Il était dix heures passées, le GPS dans les bracelets de Médusa était maintenant désactivé et elles pouvaient partir. Le bruit de la serrure de la porte d'entrée fermée à double-tour avait quelque chose de définitif, plus jamais elle ne reviendrait ici.

Devoir refaire la route jusqu'au Mexique s'annonçait rude au vu des cernes sous les yeux de Maka mais Médusa ne se gêna pas pour dormir dans la voiture, pendant que celle-ci conduisait. Il faisait encore plus chaud que lors de leur précédent voyage, même avec la climatisation et elles firent une longue pause dans l'après-midi en attendant que le soleil quitta son zénith et que la température baissa. Il leur fallait de toute manière déjeuner afin de reprendre des forces et d'en accumuler assez pour le reste du voyage.

Une fois arrivées en ville dans la soirée, elles se contentèrent d'un sandwich en guise de dîner. Maka aurait voulu directement aller chercher le balai et Médusa dut la convaincre de d'abord se reposer un peu. Au vu de la fatigue mentale accumulée au cours du trajet, il aurait été dangereux de s'envoler immédiatement. Elles mangèrent sur le banc d'un petit parc, dans un silence pesant d'avant la bataille.

Quand le soleil commença à se coucher, elles se rendirent jusqu'à la cachette souterraine. Là encore, Médusa indiqua à Maka qu'il était inutile de se presser. Elles vérifièrent que le balai était en aussi bon état qu'elles l'avaient précédemment laissé, Maka posa le gros de ses affaires à l'intérieur du repère, ne gardant que le sac en bandoulière contenant la solution qu'elle avait soigneusement préparé et stocké dans un grand flacon de verre.

Elles attendirent que la nuit fut totalement tombée pour qu'il y ai moins de badauds puis ressortirent, prenant garde de ne pas attirer l'attention malgré leur étrange bagage. Après avoir trouvé une impasse, elles se mirent en position de décollage, Médusa enlaçant la taille de Maka pour les faire s'envoler.

Cette nuit d'été avait conservé un peu de la chaleur de la journée et l'absence de vent rendait la pression de l'air désagréable au fur et à mesure qu'elles s'élevaient. Les étoiles scintillaient dans le ciel sans nuages, la lune formait une tâche noire ronde sur cette toile sombre constellée de points lumineux.

Il fallut plusieurs minutes avant que leur but ne sembla se rapprocher, grandissant millimètre par millimètre. La montée s'avérait lente et monotone, semblable à la sensation déstabilisante d'apesanteur provoquée par un ascenseur. Son ventre se serrait mais elle ne pouvait dire s'il s'agissait juste de l'appréhension ou d'un léger malaise provoqué par le changement d'altitude. L'air n'était plus le même, se refroidissant peu à peu, passant de celui d'une nuit fraîche au vent glacé des hauteurs montagneuses. Médusa avait déjà la chair de poule lorsqu'elle sentit les premiers effets de la folie environnante de la lune.

À ce nouveau changement d'atmosphère, les muscles de Maka se tendirent et Médusa s'accrocha un peu plus fermement à elle, instinctivement. Le balai bascula légèrement, comme alourdi par la puissance qui se dégageait dans l'air, Maka tira le manche vers le haut en grognant sous l'effort. La lune apparaissait bien plus grande qu'elles à présent, elles pouvaient distinguer différentes nuances de noir à sa surface, des spirales et des vaguelettes s'enroulant pour former cette masse surnaturelle.

« Nous sommes trop lentes, est-ce que tu peux essayer d'accorder ta longueur d'âme à la mienne pour voir si cela nous fera voler plus efficacement ? »

Médusa ne pouvait pas dire qu'elle en comprenait assez sur la concordance des âmes pour savoir si cela serait vraiment utile mais elle voulait tout autant arriver jusqu'à la lune au plus vite. Aussi, acquiesça-t-elle et se serra davantage contre Maka dans l'idée de rendre la chose plus facile. Son dos était confortablement chaud comparé au froid glacial les enveloppant, elle ferma les yeux pour mieux se concentrer et sentir l'aura de Maka effleurer la sienne. Faisant de son mieux pour ignorer les cahots du balai qui tanguait, elle laissa s'enrouler l'énergie de l'âme voisine autour de son corps, lui prêtant de ses forces. Bien qu'elles ne furent pas totalement reliées, Médusa sentit le balai accélérer, son vol maintenant bien plus stable et elle put se détendre. Cela avait été plus facile que la veille, peut-être parce qu'elle savait comment cela se déroulait ou bien parce que Maka en demandait beaucoup moins d'elle cette fois-ci, il s'agissait juste de lui passer un peu de ses forces après tout.

La lune apparaissait maintenant si grande qu'elle englobait tout son environnement, seul un bout de ciel et quelques étoiles apparaissaient aux coins de sa ligne de vision et elle tendit le cou en arrière pour voir à quel distance la terre semblait être. Des nuages se rassemblaient au niveau de la côte ouest des États-Unis, cachant une partie du continent, les spirales blanches se découpaient sur le bleu vif des océans.

Dans l'air raréfié, il devenait difficile de respirer et elle ne savait pas si la concentration de folie pesait davantage sur leur organisme ou au contraire les aidait à résister en influant sur leur esprit pour les pousser plus loin. La question aurait été intéressante à étudier mais cela n'était clairement pas le moment pour.

Enfin, elles furent assez proches pour pouvoir toucher la gigantesque sphère de sang noir. Le visage de Maka avait considérablement pâli dans l'atmosphère malsaine et ses mains tremblaient légèrement sur le balai. Malgré tout, elle continua de s'élever afin de se retrouver au dessus de la masse sombre et de se placer du mieux qu'elle pouvait vers le centre de la sphère pour y verser la solution sur laquelle elle avait tant travaillé.

Médusa agrippa le manche d'une main pour l'aider à le maintenir en place tandis qu'elle sortait le flacon contenant sa formule du sac en bandoulière. Maka en laissa d'abord couler quelques gouttes qui provoquèrent des remous sur la surface solide. Un trou se forma alors que le sang se dé-solidifiait, prenant une texture semblable à de la mélasse. Inclinant davantage le flacon, elle laissa couler le reste en un fin fil liquide à l'intérieur même de la prison de sang. Une vapeur noirâtre commença à s'échapper de la mélasse et au bout de quelques minutes, le trou fut assez grand pour qu'elles puissent y entrer avec le balai. À l'intérieur, le sang était passé à un état mi-liquide mi-gazeux, tandis que la surface gardait son aspect de mélasse, à la fois molle mais assez solide pour contenir le reste. Si la formule de Maka avait été correctement dosée, cela s'étendrait à l'ensemble de la masse entourant la lune.

À peine eurent-elles touché du bout du pied la partie liquide qu'un frisson traversa tout le corps de Médusa jusqu'à la racine de ses cheveux. L'ampleur de cette vague de folie par rapport a celle ressentie lors du concert de Soul Evans était aussi grande que la différence entre l'océan et un simple lac. Chez elle, cette sensation provoquait une euphorie rare mais il n'en allait pas de même pour Maka qui, à son profil se découpant juste devant elle, tentait de retenir sa nausée. Au moment où elles furent totalement à l'intérieur de la sphère, elle dut clore les paupières un instant pour se remettre.

En dessous d'elles, le croissant de lune souriait à pleine dents, comme toujours. Pour la première fois depuis leur envol, Médusa glissa une main dans sa poche. Elle s'était retenue de le faire jusqu'ici, pour être sûre de parer à une éventuelle suspicion de dernier instant par Maka, bien qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser au risque que la capsule tomba lors du vol en balai. De l'électricité statique dansait dans cet environnement de chaos et sur l'épiderme de ses doigts lorsqu'ils touchèrent le bout de plastique. Un petit soupir de satisfaction glissa entre ses lèvres.

Heureusement, la capsule se trouvait toujours là et Médusa s'empressa de l'ouvrir, laissant son contenu couler dans le sang noir tout autour d'elles. Il ne faudrait probablement que quelques minutes à la réaction chimique pour prendre effet et liquéfier entièrement la sphère de sang noir.

Si elle avait de la chance, Maka trouverait peut-être Crona avant mais cela importait peu maintenant que tout était joué. Médusa sentit un sourire grandir sur ses lèvres, qu'elle essaya de retenir, considérant que ce n'était pas de très bon goût de se réjouir à l'avance même dans le cas d'une victoire sûre et certaine. Ses chaînes étaient d'ailleurs encore en place, il lui faudrait les briser lorsque l'attention de Maka serait entièrement détournée.

Elles posèrent le pied au milieu d'un des nombreux cratères de pierre jaunâtre et poudreuse. Ni Asura ni Crona n'étaient visibles à l'horizon, Maka se dirigea vers la bouche de la lune, avec Médusa à sa suite qui observait attentivement les lieux. N'ayant pas participé à la grande bataille sur la lune, elle n'avait aucune idée de l'endroit probable où se trouveraient les deux grands dévoreurs, contrairement à sa compagne qui pouvait de toute manière utiliser sa longueur d'âme pour chercher. Elles marchèrent l'une à côté de l'autre, dans une tranquillité qui jurait avec l'atmosphère suintante du trop plein de folie. Le paysage extra-terrestre possédait une beauté froide de monde post-apocalyptique stérile, où ne résidait aucune trace de vie si ce n'était leur présence.

Rien ne pouvait les préparer à ce qu'elles découvrirent au centre d'un immense cratère.

Du haut de la colline rocheuse où elles les aperçurent, elles ne distinguèrent d'abord qu'un amas de vêtements. Il aurait pu s'agir d'une personne allongée sur le sol, peut-être même roulée en boule, d'après la forme. Ce ne fut qu'en s'approchant davantage qu'elles aperçurent des tâches blanches dépasser des habits en vérité trop aplatis pour que la moindre personne fut en train de les porter.

Il s'agissait d'ossements.

Maka s'immobilisa l'espace d'une seconde, avant de se précipiter en avant pour mieux voir, traînant maladroitement dans sa course le balai d'une main.

Bien qu'autant sous le choc, Médusa fit par réflexe grésiller la magie entre ses doigts, créant un minuscule éclair qui ondula le long de sa jambe avant de rentrer dans la minuscule serrure d'une des menottes. En même temps, elle s'avança à son tour mais plus lentement, se contentant de marcher.

Deux crânes se trouvaient parmi le tas d'os et de tissus. Une vague de sang noir repoussa un pan de vêtements, laissant apparaître deux âmes sombres. Ils avaient tout deux péris depuis longtemps, enfermés dans cette prison lunaire.

« Comment ? »

L'interrogation tournait en boucle dans la tête de Médusa. Elle n'avait jamais été complètement sûre de la possibilité de la survie de Crona sans la moindre nourriture mais elle savait qu'Asura n'en avait pas besoin, cela ne pouvait pas être l'unique cause de leur mort. Aucunes coupures, brûlures ou lacérations n'avait abîmé leurs vêtements, les os visibles ne laissaient pas apparaître de traces de blessures causés par un combat et aucune âme n'avait été dévorée, ils ne s'étaient donc pas non plus entre-tués. L'hypothèse du suicide semblait tout aussi douteuse, surtout celui d'Asura pour qui la mort était la plus grande crainte. Était-ce le sang noir alors, qui les avaient tués ? La folie environnante avait-elle été insupportable, avait rongé leurs chairs et miné leur espérance de vie ? La sphère de sang de leur prison, similaire à celui coulant dans leurs artères, aurait aspiré leur énergie pour se maintenir en place ?

Avec un petit clic, le premier bracelet s'entrouvrit et le serpent d'énergie magique se glissa jusqu'à l'autre serrure. Tout en continuant d'accumuler des théories, de chercher une réponse, Médusa tourna son regard vers le dos de Maka, complètement immobile devant les deux cadavres, la tête légèrement penchée. Pas un son, pas un cri d'incompréhension ou de désespoir ne sortait de sa bouche. Elle regardait, simplement. Elle regardait le fruit de ses efforts tourner à la ruine, avant même que le plan de Médusa n'ai été exécuté.

Un tremblement traversa le sol, comme si la lune s'apprêtait à basculer. Tout autour, la bulle de sang noir commençait enfin à se disloquer, des premières gouttes couleur d'encre tombèrent en bruine, formant des trous dans la sphère à travers lesquels on pouvait voir en points blancs les étoiles lointaines. Maka ne bougeait toujours pas. Le second bracelet de Médusa se désactiva au moment où le sang noir leur tomba sur la tête et elle se rua pour saisir le bras de Maka, agrippa son poignet en même temps qu'une vague les engloutissaient. Alors seulement, Maka tendit sa main libre vers un des crânes blanc nageant dans cette mer noire, cherchant à atteindre l'impossible. Les âmes étincelèrent avant de se désagréger sous les gouttelettes. Puis elles se firent emporter.

Le sang coula de la lune en torrent, les faisant basculer dans le vide au milieu d'une pluie de folie. Dans la chute, Médusa sentait les muscles de son bras tirer à lui donner l'impression qu'il allait s'arracher mais elle ne lâcha pas celui de Maka, qui elle-même tenait heureusement encore fermement le balai dans sa main. Ce n'était cependant pas suffisant, il aurait fallu qu'elle le fit flotter pour arrêter leur descente vers la mort. Elle ne pouvait pas voler sans Médusa mais celle-ci n'avait pas non plus la force de le faire sans elle.

Luttant contre la douleur et l'emprise de la gravité la fouettant avec la rage d'un ouragan, elle attrapa le balai de l'autre main pour se rapprocher davantage de Maka, remonta par à-coups la main agrippée à son poignet le long de son bras puis la pris par la hanche et la ramena contre elle, l'enlaçant pour ne pas risquer de la laisser tomber. Encore une fois, celle-ci ne réagissait pas, ses cheveux battus par le vent cachaient son visage et Médusa avait de toute manière du mal à ouvrir les yeux dans leur position. Elle la mordit, entre le cou et l'épaule.

Ce choc eut le mérite de la faire sursauter, sa main libre s'accrocha par réflexe à la chose la plus proche, qui se trouvait être une des manches de Médusa et quelques secondes plus tard, le balai stoppait sa chute à ce qui semblait être une dizaine de kilomètres du sol. Une pluie de sang noir continuait de tomber, s'écoulant de sous la lune qui réapparaissait progressivement dans le ciel, de grosses gouttes glissant entre les dents blanchâtres de sa bouche difforme. Peut-être était-ce juste la distance mais Médusa avait l'impression de la voir s'élever de plus en plus haut, allégée par la disparition du fléau qui l'encerclait.

Dans son bras, la douleur se propageait jusqu'à ses doigts crispés sur le manche de bois, que Médusa doutait de pouvoir tenir encore longtemps. Maka s'en rendit compte et elle la lâcha pour se hisser avec difficulté sur le balai de la force de ses deux mains. Elle haletait, le souffle court et les yeux perdus dans le vide, lorsqu'elle l'eut enfin enjambé. Puis elle tira Médusa par le bras pour l'aider à se hisser à son tour dessus. L'espace d'une seconde, Médusa manqua de basculer de l'autre côté mais Maka la retint et elle put se stabiliser en s'appuyant contre elle. Maka se détourna et commença à diriger le balai vers la terre ferme.

« C'est toi qui a modifié ma formule ? »

La question était rhétorique, aussi Médusa ne se donna pas la peine de répondre et Maka n'ajouta rien jusqu'à ce qu'elles eurent touché le sol. Elles avaient atterri dans une étendue désertique, aux touffes d'herbes jaunes et rachitiques. Au loin, quelques arbres et buissons peuplaient le paysage et sur la ligne d'horizon, des montagnes se démarquaient vers l'est où le ciel était un peu plus clair. Médusa avait reconnu la forme de l'Amérique se rapprochant dangereusement au début de leur chute mais elle ne pouvait même pas dire si elles s'étaient retrouvées sur le continent nord ou sud.

L'averse de sang était devenue une fine pluie dont le bruit des gouttes s'entrecoupaient de brèves secondes de silence. Une odeur d'humidité et de folie teintait les alentours, l'insanité s'étant infiltrée dans la terre même. La pluie reviendrait, tout ne s'était pas encore écoulé de la lune et lorsque l'eau s'évaporerait elle emporterait une part de folie avec elle dans le ciel. Bien que Crona et Asura ne furent plus là pour semer le chaos, celui-ci se propagerait tout de même, de manière plus lente et insidieuse. Presque impossible à stopper même, car on ne pouvait tuer ni l'eau ni l'air. Les purifier, oui mais pas sans mal quand le monde entier était contaminé.

Un petit rire s'échappa de la gorge de Maka et dans son regard tourné vers les hauteurs, Médusa pouvait voir la lumière des étoiles se refléter.

« Qu'est-ce que je pensais arriver à faire, au juste ? »

Elle se laissa tomber à terre, assise dans la boue humide de sang, ses bras entourant ses genoux écartés, les yeux scrutant des galaxies lointaines. Quand son regard s'abaissa, il se dirigea sur les chevilles de Médusa, qui se rendit compte pour la première fois qu'elle ne souffrait plus le poids des fers. Les bracelets ouverts avaient tout naturellement glissés de ses pieds pendant la chute. Elle était entièrement et complètement libre. Elle avait gagné.

« Bravo », se contenta de dire Maka avant de rire encore un peu.

La folie ou le désespoir –peut-être était-ce du pareil au même– semblaient presque l'avoir touchée de plein fouet un instant mais le suivant, son visage reprit une expression naturelle.

Médusa se surprit à la regarder pour observer l'évolution de ses réactions, au lieu de partir immédiatement. Elle n'avait plus de raison de rester là, elle pouvait s'en aller, se devait de le faire même avant que Shibusen, alerté par la destruction de la sphère de sang noir n'envoya des troupes à leur poursuite, avant que Maka ne regagna ses esprits et n'essaya de l'arrêter bien inutilement. Pourtant, à peine avait-elle fait un pas que ses yeux se tournèrent à nouveau vers le profil de Maka, serein dans la défaite.

Elle passa sa langue sur ses lèvres, tentant de se retenir de parler.

« Que vas-tu faire maintenant ? »

Maka la fixa un instant, puis se releva lentement et la prit par la main.

« Avec ce que j'ai commis, Shibusen ne risque pas de me pardonner mes crimes, c'est vrai... Je suppose que je vais devoir être une fugitive, moi aussi. »

Ses doigts étaient toujours aussi chaud, elle la tenait avec une douceur qu'il aurait était facile de briser mais Médusa ne bougea pas.

Comme une idiote, elle avait perdu son occasion de lui échapper. Elle voulait croire qu'il n'y avait aucune chance pour que Maka lui demanda de venir avec elle mais si jamais elle posait la question fatidique, si jamais elle lui proposait de l'accompagner, Médusa se rendit compte qu'elle ne trouverait pas la force de dire non. Et malgré tout, au lieu de s'enfuir, elle attendait.

Dans le ciel, la lune riait à s'en décrocher la mâchoire.